Bonjour,

Dernier petit chapitre d'introduction... Bonne lecture

Merci EliH pour ta fidélité.

CHAPITRE 4 :

Sirius

Dans un compartiment différent du train, deux autres garçons de onze ans allaient aussi faire connaissance, et commencer une amitié qui allait se révéler sans faille, enfin presque, pendant plus de sept ans !

Mais pour le moment, dans ce compartiment ne se trouvait qu'un seul garçon. Ses cheveux bruns, plutôt long et quelque peu ébouriffés, sa grande taille et son maintien aurait absolument pu le faire passer pour un ancien de Poudlard. Même son sourire ne pouvait pas le trahir. De tous les élèves qui prenaient aujourd'hui le Poudlard Express pour la première fois, il était probablement le seul dont les lèvres ne formaient pas un sourire éclatant. Quelqu'un qui serait entré dans le compartiment l'aurait cru en train de contempler nonchalamment le magnifique paysage qu'il fallait avoir déjà contemplé de nombreuses fois pour qu'il cesse de vous émerveiller.

En fait, malgré son regard tourné vers les forêts et les champs qui défilaient par la fenêtre, le jeune garçon ne s'intéressait nullement au paysage... Il était simplement perdu dans ses pensées, allant d'un mauvais souvenir de son enfance à un autre…mauvais. Il ne trouvait pas étrange que dans tous ses souvenirs pour le moins déplaisant, il se trouvait toujours en compagnie de sa mère ou des amis proches de ses parents les Malfoy ou les Lestrange lors de petites fêtes organisées au Manoir. Malheureusement, le terme fête était probablement mal choisi car dans aucune de ces réunions il ne s'était amusé…pas une seule fois.

A travers ces quelques souvenirs, il revoyait pour ainsi dire en accéléré tout ce qui avait fait son enfance mais surtout tout ce qu'il allait enfin pouvoir quitter ! Le seul fait de penser aux dix mois qui l'attendaient sans qu'il n'ait à revoir sa mère, ou son frère, une seule fois l'emplissait de bonheur et le rassurait. Il n'aurait plus de raisons pour dormir d'une seule oreille ou de craindre à chaque instant la colère de sa génitrice. Bien sûr, cette nouvelle était trop belle, la vie n'aurait pas pu lui faire un si beau cadeau sans demander un paiement en retour. Ainsi, il allait devoir passer toute l'année en compagnie de ses nombreux cousins qui s'étaient tous empressés de promettre à sa mère qu'ils surveilleraient de très près le mouton noir de la famille.

Lucius avait failli partir pour Durmstrang mais ses parents avaient finalement opté en faveur de l'école anglaise pour une raison qui restait encore floue…

« Poudlard ne s'en réjouit probablement pas non plus », pensa-t-il.

Ce cher Lucius était en fait son cousin préféré. Comme les autres, il le détestait, lui et tout ce qu'il représentait mais au fond, il avait toujours pensé que Lucius était en un sens différent des autres... En fait, ils se ressemblaient un peu : tout deux étaient grands pour leur âge, ils avaient les cheveux longs et une démarche très sure, pleine d'arrogances et d'assurances... De plus, Lucius savait s'imposer et était fier de ses convictions. Convictions pour le moins dérangeantes mais le jeune garçon lui accordait au moins qu'il avait le courage de les assumer. On ne pouvait assurément pas en dire autant de ces petits enfants gâtés qui le suivaient partout : Cork, Goyle et d'autres. Ceux-là, il les détestait vraiment, du plus profond de son être. Trop lâches, ils ne cherchaient que protection et pouvoir auprès de Lucius !

A ce moment-là, la porte du compartiment s'ouvrit doucement mais des années de peur l'avaient bien formé, il avait appris à être toujours sur ses gardes, attentif au moindre son. Avec un rire forcé, il se disait souvent qu'il devrait presque remercier sa mère pour cela. Ainsi même si la porte s'ouvrit presque sans émettre le moindre bruit, cela ne lui échappa pas.

Il se secoua. Il s'était encore laissé aller à pester contre sa famille et leurs idées, et avait quitté le monde réel. Il se leva pour aller à la rencontre du visiteur qui étrangement n'était pas entré. Sur le pas de la porte se tenait un jeune garçon, de son âge à priori, mais plus petit et plus dodu. Il lui apparut de suite comme sympathique mais très timide. Voyant que le nouvel arrivant n'osait pas parler, il prit les devants n'ayant aucun mal à deviner ses intentions...

« Tu n'as pas trouvé de place? demanda-t-il

-Euh... non, répondit le garçon d'une voix très faible, à peine audible.

-Et donc tu aimerais me demander si tu peux venir dans le mien, dit-il amusé. Habituellement il aimait taquiner les gens, mais avec ce garçon le jeu n'était pas très drôle. Il semblait si effrayé qu'il en faisait presque pitié.

-Euh...non, enfin si vous...vous voulez, cela serait gentil...mais je ne vous force pas, non, continua très rapidement le garçon.

-Allez entre, mais c'est bien parce que tu me l'as demandé gentiment ! », s'exclama-t-il en riant.

Malgré ses malheurs, ou peut être grâce à ceux-ci, notre jeune garçon arrivait toujours à retrouver rapidement son sourire. C'était en effet la seule défense qu'il n'ait jamais pu trouver contre l'oppression de sa mère. L'autre garçon paraissait quelque peu étonné de son attitude, mais rentra rapidement, probablement de peur qu'il ne change d'avis. Pendant cinq bonnes minutes, il essaya désespérément de monter sa grosse valise, sous le regard amusé de son compagnon de compartiment dans le filet prévu à cet effet, juste au-dessus d'un des sièges, jusqu'à ce que celui-ci ne soupire et lui vienne en aide:

« Allez, écarte-toi, je vais le faire. »

Il se leva, pris sa baguette et d'une voix assurée prononça :

« WINGARDIUM LEVIOSA ! »

Immédiatement la valise se souleva d'elle même pour aller se ranger dans le filet. Le garçon était médusé et en admiration devant son nouvel "ami". En tous cas, même s'il ne pouvait encore réellement l'appeler ainsi, après ce qu'il venait de voir, il mourait d'envie de le devenir ! Quant à ce dernier, il avait l'air très satisfait de l'effet de son petit numéro.

« Alors comment tu t'appelles ? demanda-t-il.

-Euh...moi c'est Peter, Peter Pettigrow, répondit-il encore tout intimidé.

-D'accord, moi c'est Sirius ! Enchanté de te connaître, continua-t-il. Tu es en première année ?

-Oui, et je ne connais rien du tout à la magie, toi par contre…J'ai hâte de savoir faire ça !

-Moi aussi je suis en première année, le coupa le dénommé Sirius. Par contre c'est vrai que je connais quelques trucs, dit-il d'un air très sûr de lui. On est parti depuis longtemps, tu cherches un compartiment depuis le départ ?

-Non…j'étais dans un compartiment, dit Peter visiblement gêné.

-Et ? Pourquoi tu n'y es plus ? l'interrogea Sirius qui ne parvenait pas à comprendre.

-En fait... j'ai préféré partir, laisser ma place... »

Sirius voyait que Peter était gêné par ce qu'il venait de lui révéler, qu'il essayait aussi de garder la face devant lui. Mais il voulait à tout prix savoir si son intuition avait vu juste, et continua donc son interrogatoire :

« Et tu ne l'aurais pas laissé à une certaine Bellatrix, juste par le plus grand des hasards ?

-Hein ? Peter n'était plus étonné, mais sidéré par les connaissances de son camarade. Comment Sirius pouvait-il connaître le nom de cette fille ? Euh...oui, tu la connais ?

-Ah, j'aurais dû m'en douter… Ainsi ma chère cousine n'a même pas pu se tenir correctement dans le Poudlard Express ! »

Devant le regard ahuri de Peter qui paraissait en état de choc devant cette nouvelle, Sirius préféra ajouter :

« Eh oui, c'est ma cousine… Mais ne t'inquiète pas. Elle, elle est méchante, très moche et nulle en sortilèges c'est-à-dire exactement tout le contraire de moi qui suis fort, beau...

-Tu es de sa famille ? répéta Peter qui semblait de nouveau mal-à-l'aise.

-Oui, enfin je suis un Black quoi. »

Sirius avait conclu sa phrase avec un ton qui exprimait clairement que cela devait tout expliquer mais à sa grande surprise, ce ne fut pas le cas.

« Un Black ? Désolé mais je ne connais pas. »

En plus d'être gêné, Peter était devenu tout rouge à l'idée de ce que Sirius pouvait désormais penser de lui. En fait, il se trompait. Mais peut-être aurait-il été encore plus gêné s'il avait su ce que Sirius pensait vraiment. Bien sûr, Peter semblait très timide et pas forcément très doué au premier abord mais quelque chose chez lui attirait Sirius. Il ne paraissait pas méchant et en plus il ne connaissait pas la réputation des Black, ce qui constituait une véritable aubaine pour Sirius. Il allait peut-être enfin pouvoir avoir un ami…

« Tu voudrais être dans quelle maison ? demande Peter.

-Hum, ma mère voudrait que j'aille à Serpentard. Non, rectification : ma mère ne me voit pas ailleurs qu'à Serpentard. Donc sans hésiter je dirai n'importe où en dehors de Serpentard ! Et toi ?

-Moi je rêve d'aller à Gryffondor, ils sont tellement cools…mais je ne suis pas courageux du tout... »

Sirius n'était pas vraiment habitué à ce genre de situations : les occasions où il avait eu l'occasion de parler librement avec un garçon de son âge se comptaient sur les doigts d'une main. Par conséquent, il ne savait pas trop quoi dire pour relancer la conversation. Mais, une fois de plus, ce fut Peter qui le surpris en surpassant sa timidité :

« Euh... C'est un balai ça, non ? Il est à toi ? demanda-t-il.

-Oui, bien sûr... tu aimes le Quidditch ?

-Euh... En fait...

-Oui ?

-Je n'en ai jamais fait... dit Peter, rougissant pour la énième fois.

-Tu n'as pas à en rougir, tu sais. Rares sont les enfants qui ont eu la chance d'en faire avant Poudlard ! »

Mais les paroles de Sirius ne firent qu'augmenter la gêne de son "ami", honteux d'être si expressif. Désireux de conserver son nouvel ami, Sirius se retint de rire et ajouta :

« Tu sais, je ne suis pas très fort, je me ridiculise souvent quand je vole dessus, continua Sirius.

-Pourquoi l'as-tu pris alors ? Demanda Peter. Mais…tu n'es pas obligé de répondre...

-Mais non arrête de t'inquiéter, le coupa Sirius. D'ailleurs c'est une bonne question, je n'en avais pas trop envie, c'est ma chère mère, toujours elle, qui m'a demandé de le prendre. Bien sûr, elle n'a pas voulu me dire pourquoi mais elle a pris cette décision il y a quelques mois après une visite des Malfoy au manoir...

-Tu as un manoir ? Whaou… Est-ce qu'il est aussi grand que ceux dans les livres ? s'extasia Peter.

-Oui, je pense », répondit Sirius mal-à-l'aise face à la tournure que prenait la conversation.

Heureusement, son nouvel ami vit la gêne qu'il avait à parler de ce qui touchait de près ou de loin à sa famille, et il changea de sujet. Ils continuèrent ainsi à discuter pendant tout le trajet qui se passa plutôt normalement et dans le calme. Pour son plus grand bonheur, aucune personne de sa famille ne vint voir Sirius. Le contraire ayant pu être assez problématique, autant pour sa nouvelle amitié que pour sa propre santé. Il se surprit même à penser qu'il ignorait ce qui l'aurait attristé le plus des deux. En fait, la seule personne qui les dérangea fut la vendeuse de friandises ! Sirius en acheta un bon paquet, autant pour lui que pour son camarade.

« Avec tout l'argent que ma mère m'a donné, je peux me le permettre et puis ça l'énervera probablement donc c'est tout bénéfice », dit-il devant le regard médusé de Peter qui semblait n'avoir jamais vu autant d'argent !

Dès que le chariot fut reparti, ils ne tardèrent pas à s'empiffrer de friandises en tout genre. Tout en savourant une Chocogrenouille, Sirius se dit que Peter lui avait fourni une très agréable compagnie, ce qui constituait une première pour lui. Ils s'étaient tellement bien amusés qu'ils n'avaient pas du tout vu le temps passer et durent enfiler en vitesse leur uniforme car l'arrivée du train en gare était imminente.

Cette année à Poudlard donnait vraiment l'impression à Sirius qu'un nouveau départ lui était offert. Et il avait bien l'intention d'en profiter...

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Le directeur avait convié tous les professeurs à une dernière réunion avant que les élèves n'arrivent à l'école. Alors qu'elle attendait l'arrivé de Dumbledore, assise dans la salle des professeurs, elle repensa à sa découverte, plus tôt dans la matinée.

Pour qu'elle ait une chance de réussir sa mission sous le nez de Dumbledore, Jack Potter lui avait tout de même donné un très grand avantage en lui confiant ce secret. Il lui avait donné accès à l'unique chose dont elle n'aurait pu se passer : une salle hors de portée du Directeur de Poudlard. Une salle dont l'existence était un des plus grands secrets de l'ordre. Vivant, ils n'étaient que deux au courant, il avait été clair lorsqu'il lui avait révélé les détails de sa localisation.

Elle-même, avec les instructions du maître et sa formation, avait mis deux jours entiers pour la trouver. Rien d'étonnant à ce qu'elle n'ait probablement jamais été découverte auparavant Dès qu'elle y était entrée, la fonction originelle de cette salle lui était apparue aussitôt et elle n'avait pu que s'extasier du fait qu'elle avait déjà presque tout ce dont elle avait besoin sur place.

Il ne manquait plus que le plus important et elle pourrait ensuite commencer sa mission.

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Comme à chaque fois lorsqu'il s'apprêtait à le rencontrer, il était très nerveux. Il remercia Merlin de n'avoir que de bonnes nouvelles à lui annoncer, tous savaient ce qui arrivait à ceux qui avaient la malchance d'apporter de mauvaises nouvelles au maître.

Dans un pop caractéristique, il apparut devant lui. Son aura était unique, elle était si imposante et si oppressante qu'il fut obligé de le saluer en posant le genou à terre.

« Maître, Votre contact avait vu juste, il a accepté Votre idée.

-Bien. Tu connais ta mission, attends mes ordres et ne me déçois pas.

-Bien sûr Maître. »

Il ne releva pas la tête, de peur de croiser son regard, avant d'avoir entendu un second pop, signe que son maître avait transplanné.

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« L'école de Sorcellerie Poudlard recèle de très nombreux secrets dont la plupart furent perdus à la mort de ses quatre Fondateurs. La seule personne vivante qui puisse se vanter de connaître nombre d'entre eux est sans aucun doute Albus Dumbledore, le directeur actuel de l'école. »

Extrait d'une interview de Richard Codd,

Auteur du best-seller Poudlard et ses secrets.

Merci d'avoir lu jusqu'au bout. J'espère que ce chapitre vous a plu. N'hésitez pas à laisser un petit commentaire.