Bonjour/Bonsoir !
Merci à Tenshi D. Clara, Guest's, nikkouyoku, otaku-chocolat, Emma Dela Luna, Miyakko et Nocturnis-Lepus pour leurs commentaires ! J'espère que cette suite vous plaira !
Résumé : "Dans l'amas de ferraille et boulons en vrac, se cache peut-être une perle. Peut-être est-elle plus brillante que les autres, peut-être pas. Et toi chirurgien, tu en penses quoi ?" LawxOC
Disclaimer : Le monde de One Piece ne m'appartient pas évidemment.
Sur ce bonne lecture !
Under the iron chapitre 4
Le savant posa ses doigts contre le verre. Il voudrait bien rester... Il aimerait tant rester. Juste un peu plus longtemps. Juste pour la voir grandir et évoluer en ce monde. Mais quelle idée stupide de s'y engager ? Les promesses sont faites pour être tenues.
-Dr. S ? appela une voix.
Le laborantin se retourna vers son jeune assistant.
-Qu'y a-t-il ?
-Doit-on vraiment partir, et laisser tout ça derrière nous... Je veux dire, était-ce nécessaire ?
-C'était notre devoir.
Oui, eux et leur stupide sens du devoir. Mais envers qui ou quoi ? L'avenir et l'expérience étaient censés le leur avouer. Mais tous ces sacrifices leur avaient au moins prouvé qu'ils étaient les maîtres d'une grande cruauté, pas d'un grand destin. Dans ces rangées de tubes en verre, survivaient autrefois des dizaines de gens. Ils flottaient tous, inconscients, dans un liquide transparent. Et ils étaient nombreux. Et ils étaient spéciaux. Du moins aux yeux de la science et la technologie. Mais l'avenir les avait fait disparaître, jusqu'à n'être plus qu'une petite poignée de gens. Et eux, étaient là pour ça. Ils étaient là pour les trouver.
Les deux hommes ne se remémoraient que trop bien leurs pertes. Que ce soit parmi leur équipe ou leurs sujets d'expérience. Il ne se passait pas un jour sans que quelqu'un ne disparaisse. On leur en voulait de faire ça... chercher la vérité et fuir à tout prix l'ignorance. On disait leurs actions « monstrueuses » mais ils n'abandonnèrent pas. Ils étaient certains que la clé de l'évolution résidait en ces hommes et ces femmes, ces enfants flottant là comme des spectres. Mais ils étaient désormais si peu à survivre... Et le savant se sentait grandir en lui un sentiment affreux. Il se voyait changer lui-même alors qu'il n'était pas l'homme enfermé dans un de ces tubes comme un objet ou petite souris d'expérience.
Les tests s'enchaînaient. Ils disparaissaient. Plus que cinq. On ne saurait dire s'ils avaient survécu par le fruit du hasard ou alors s'ils étaient par un quelconque miracle les survivants du destin. Cinq personnes totalement différentes qui avaient pourtant enduré sans même le savoir les pires atrocités de ce monde.
-Dr. S ! Il faut partir ! lui rappela une énième fois l'assistant.
-Je le sais, je le sais... J'aimerais seulement laisser un souvenir.
-En ont-ils besoin ? Ce ne sont que des cobayes !
-Ils ont eu une vie. Certes, nous leur avons retiré, mais ça n'en reste pas moins des êtres humains. Je vais leur laisser à chacun un souvenir. (Il prononça le reste à voix basse.) Lui laisser un souvenir.
Les doigts du savant cavalèrent à une vitesse folle sur les touches.
-Ton nom était Krys. Tu...
Le savant renifla d'émotion, chose qui ne lui arrivait que très rarement.
-Tu as eue une famille. Tu étais une enfant comme les autres. Et les mots... ne seraient pas assez pour te remercier de ton sacrifice au nom de la science.
Il recula, se tourna vers les quatre autres.
-Nous vous remercions tous.
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L'ours polaire avait la gueule grande ouverte et ne se retournait qu'après environ dix minutes de l'autre côté, comme s'il bronzait. Dans ce cas, c'était l'inverse. L'animal s'offrait une sieste dans le couloir du sous-marin. L'époque de torture était passée et l'immersion du sous-marin était maintenant un réel plaisir pour lui. Car désormais, était née la machine du bonheur. Un appareil arrondi, noir, discret et fixé au plafond. Le vent glacé qui s'en échappait lui caressait la fourrure et lui évoquait la banquise, les doux hivers et la neige à perte de vue. Il bénissait la cyborg de cette invention.
Tandis que l'ours se prélassait au frais, on ne pouvait pas en dire autant des autres... Krys se précipita dans le couloir, poursuivie par Penguin. La pauvre boitait aussi vite que possible sur sa prothèse et serrait une feuille de papier et un crayon contre sa maigre poitrine.
-Je te l'ai dit Krys, c'est pas si gave que ça ! lui répéta le pirate.
La jeune fille se contenta de l'ignorer, la mine boudeuse. Elle pénétra dans le bureau du capitaine en mordillant sa lèvre inférieure et mit la feuille sous les yeux de ce dernier. Derrière elle, Penguin faisait la grimace.
-Y faites vraiment pas attention capitaine... Krys me l'avait demandé.
Le capitaine devina au petit « P » noté en dessous qui était l'auteur de ce dessin raté, censé le représenter. Il les regarda un à un et soupira bruyamment.
-Vous n'avez donc rien de mieux à faire ?
-Pourquoi moi je sais pas dessiner ?! hurla la petite cyborg comme une enfant gâtée.
Penguin pouffa.
-Peut-être parce que t'es gauchère, et que ta main gauche est en métal, ricana-t-il sans vouloir vraiment la vexer.
-Mais... je veux dessiner aussi.
Law haussa un sourcil.
-Tu es tout à fait en mesure de dessiner.
-Ah bon ?
-Ta prothèse a été faite avec beaucoup de précision alors je suppose que tu en es capable.
Un sourire rayonnant lui éclaira le visage.
-Apprends-moi !
-Non.
-Mais moi aussi je peux t'apprendre Krys-chan... bouda Penguin en pointant du doigt sa face.
-T'es trop nul.
Le pirate haussa les épaules.
-C'est le fait d'être en métal qui te rend tellement insensible ou quoi ?
-... je suis très sensible.
-Ben faut voir quand alors.
Il quitta la pièce en adressant à Trafalgar un hochement de tête. La cyborg réprima néanmoins une grimace au commentaire de Penguin et se précipita vers son capitaine.
-Tu veux bien me montrer comment on dessine ?
-Tu n'aurais pas un dîner à préparer ?
-Il est fait.
-Nettoyage ?
-Fait aussi.
Il plissa les paupières devant le sourire malicieux que lui adressait la jeune fille.
-Viens t'asseoir, et ne me fais pas perdre mon temps.
La brune se saisit d'une chaise et se mit aux côtés de son capitaine, qui la trouvait bien trop souriante aujourd'hui. Il lui en fit d'ailleurs la remarque mais impossible d'ôter le sourire à une enfant pareille. Law prit le crayon entre son pouce et son index et hésita quelques instants, la mine près du papier, puis dessina quelque chose. Krys y reconnut les murs en pierre d'une maisonnette, une cheminée et un toit d'ardoise. Elle avait les yeux grands ouverts, émerveillée par cette facilité qui accompagnait chacun des traits et la complexité dans les détails. Puis soudain, ce n'était plus le dessin qu'elle regardait. Le visage du capitaine devenait à ses yeux un dessin encore plus beau que celui sur la table. De ses yeux qui semblaient être uniquement faits pour les expressions les plus froides à ses jolies mains en train de dessiner. Elle penchait légèrement la tête de côté pour mieux l'admirer et se demanda, bien que ce soit une question étrange, s'il n'avait jamais éprouvé de sentiments forts.
Il termina par une fenêtre aux volets clos, et lui tendit le crayon.
-A ton tour.
Elle hoqueta de surprise lorsque Trafalgar la tira de sa rêverie et tenta de saisir le crayon, mais il finissait toujours par retomber entre ses doigts métalliques. Le pirate souffla, agacé. Il posa sa paume contre la main cybernétique et l'aida à tenir le crayon correctement. La froideur de sa prothèse lui arracha un frisson jusqu'au coude.
-C'est parce que je n'arrive pas à le sentir que je le lâche... murmura-t-elle en baissant les yeux.
-Tu n'en as pas besoin. Regarde juste ce que tu fais.
Le chirurgien garda sa main près de celle de Krys et fit bouger ses doigts, comme une marionnette, de sorte à ce qu'elle saisisse le crayon d'elle-même. Cela paraissait tellement simple comme geste mais la cyborg s'énervait intérieurement de ne pas y réussir toute seule. Et ne même pas sentir cette main chaude contre la sienne lui donnait l'impression d'être pitoyable. Lentement, Law se détacha de la prothèse cybernétique et laissa le crayon entre les doigts de métal. La brune lui sourit et commença sur la feuille son propre dessin, puis le tendit fièrement à son capitaine.
-Regarde ! J'ai fait un dessin moi aussi !
-... c'est laid.
Tout le petit monde de Krys s'effondra. Elle reprit la feuille en baissant les yeux, les joues rouges.
-C'est mon premier dessin Trafalgar...
-Donc je suis censé t'en féliciter ? (Il croisa les bras sur sa poitrine.) Fais quelque chose de correct.
Le ton du chirurgien était dur et implacable, elle n'osa pas se plaindre. Krys se remit immédiatement à son gribouillage tandis qu'il l'observait d'un œil plutôt curieux. Il avait trouvé surprenant qu'elle n'arrive même pas à tenir un crayon alors que les outils de bricolage ne lui posaient aucun problème. Mais son aide était uniquement celle qu'un scientifique apporterait pour obtenir des résultats concluants. Il voulait simplement savoir ses limites en tant que demi-machine. Le pirate dégagea son bonnet en arrière et jeta un bref coup d'œil aux « progrès » de la cyborg.
-C'est toujours d'une laideur...
La brune grogna malgré elle.
-Ce n'est pas ma faute si je n'y arrive pas comme toi !
-Tu abandonnes déjà Krys-ya ? lança-t-il avec un sourire malicieux.
-Hmph...
La jeune fille croisa les bras sur sa combinaison, l'air de bouder.
-Et si tu commençais par quelque chose de simple ? Regarde.
Il lui fit dans un coin de la feuille, un petit soleil, qu'elle imita sans avoir besoin de réessayer une dizaine de fois. La cyborg eut un grand sourire et en dessina partout, jusque sur le bureau. Law lui prit alors le crayon des mains.
-Va jouer ailleurs maintenant, tu m'as assez ennuyé pour la soirée.
Le sourire de la jeune fille ne s'estompa qu'un tout petit peu. Elle se pinça doucement la lèvre.
-Merci de m'avoir appris à dessiner !
-Va donc agacer quelqu'un d'autre.
-Tu pourrais au moins dire « de rien »...
-Krys-ya, penses-tu réellement avoir de quelconques leçons à me donner en matière de politesse ? demanda-t-il sur un ton qui se voulait plutôt menaçant.
Elle ravala péniblement sa salive.
-Bah... c'est un peu la moindre des choses que de répondre gentiment...
-Tu veux que je t'apprenne pourquoi « gentillesse » et « faiblesse » ça rime ou tu vas sortir d'ici ?
-Tu vois ? C'est bien ce que je dis. Tu as besoin de te sociabiliser Law-san.
Le pirate jeta sur elle un regard noir.
-Ne m'appelle pas comme ça.
-Oui L... Trafalgar.
-C'est mieux. Et qu'est-ce que tu fais encore là ? Ne t'ai-je pas déjà dit à quel point tu m'ennuyais ?
La cyborg haussa nonchalamment les épaules.
-J'ai vraiment rien à faire... Tu veux bien me laisser rester dans ton bureau ? Je serais sage.
-Du moment que tu me fiches la paix...
-Roger mon capitaine ! s'écria-t-elle en portant sa main à son front.
Elle se jeta dans le canapé du chirurgien et sortit des poches de la combinaison une petite figurine appartenant à Penguin. Comme une gamine, elle jouait avec, la faisait tournoyer et tomber près de Law, juste pour attirer l'attention du capitaine pirate sur elle. Bizarrement, Krys aimait beaucoup quand son regard se posait sur elle, même si ce n'était pas par gentillesse. Enfin, cet homme ne semblait pas connaître le concept même de la gentillesse. Pour rigoler un peu, elle balança la figurine sur le bureau du chirurgien. Mais celui-ci ne le prit pas d'un bon œil. Il se leva en récupérant son Nodachi appuyé contre le mur et se planta face à la cyborg, recroquevillée et tête basse dans le canapé.
-Krys-ya.
-Ou... oui ? bégaya-t-elle.
-Jusqu'alors je t'ai donné de nombreux avertissements mais je crois que tu ne comprends pas encore ta situation.
Les yeux couleur d'acier semblaient plus proches que jamais et pourtant il ne s'était même pas penché vers elle. Il restait droit comme un bloc de glace.
-Tu n'es plus une esclave, tu es pirate maintenant. Les pirates sont chassés par la Marine et sont les ennemis du Gouvernement Mondial. Alors au lieu de t'amuser à dessiner, jouer avec figurines et faire l'idiote dans mon sous-marin, commence par te rendre utile.
Lentement, des larmes vinrent embuer les yeux de Krys qui reniflaient sans cesse pour les arrêter. Mais trop tard, elle pleurait déjà.
-Maintenant tu me détestes toi aussi... sanglota la cyborg. Comme mon rideau, tu me détestes !
-Arrête de pleurer, ordonna-t-il en la regardant de haut.
La jeune fille essaya de se calmer et sécha ses larmes à l'aide des manches orange de la combinaison.
-Toutes ces histoires de rideau, je ne veux plus jamais en entendre parler.
-Mais il...
-Il n'y a pas de « il » !
Elle se renfonça dans les coussins du canapé, presque effrayée par son propre capitaine. Il n'avait encore jamais haussé le ton comme ça devant elle...
-Je me fiche pas mal de ta vie ou de ton passé, alors tu as intérêt à laisser ça dans un coin de ton esprit et ne plus jamais m'en reparler parce que je ne vais pas continuer à me fatiguer longtemps avec une gamine dérangée. Ou tu t'arrêtes maintenant, ou c'est moi qui m'en occupe.
-Mais je suis... je suis folle ? Tu n'es pas médecin ? Aide-moi.
Le chirurgien plissa les paupières. On ne guérit pas la folie. Mais comment lui dire qu'une balle dans le crâne serait l'idéal ?
-C'est à toi de t'en guérir.
-Chaque fois que j'essaye de ne plus l'entendre, il revient... et je fais des cauchemars horribles. Depuis que je suis partie, il me dit des choses affreuses ! Je t'en supplie ! Je ferai des efforts, je ferai tout ce que tu me diras mais aide-moi ! J'en ai assez de faire semblant d'être normale...
-Passe à l'infirmerie demain matin.
Il sortit du bureau. Krys se laissa couler contre les coussins du canapé, soulagée d'un poids.
-Tu seras comme les autres Krys... ça va être génial... murmura-t-elle, le visage enfoui dans ses genoux.
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Toute pressée, elle enjamba l'ours polaire étalé en plein couloir et se précipita vers l'infirmerie. Aujourd'hui était un grand jour, et elle ne voulait surtout pas le rater ! Essoufflée, elle ouvrit la porte et sautilla partout dans la pièce, qui était d'une blancheur éclatante. Une main tatouée, sortie de nulle part, lui saisit le bras et la jeta sans aucune délicatesse sur une chaise. Mais Krys esquissa un grand sourire en découvrant le sweat jaune poussin de son capitaine. Avant même qu'elle n'ouvre la bouche pour le saluer, il saisit son menton et lui fourra un thermomètre dans la bouche.
-Quèche qui s'passe ? demanda-t-elle.
-Silence.
La cyborg obéit et attendit patiemment qu'il daigne enfin lui dire quelque chose. Lorsque Trafalgar lui retira le thermomètre, il se saisit d'un stylo et nota le résultat sur un carnet à la couverture de cuir noir.
-Ta température est normale. Ouvre la bouche.
-Aaaah... ?
-Et ravale ta salive, petite imbécile.
Le sang lui monta aux joues. Elle baissa les yeux vers les chaussures de son capitaine mais celui-ci lui releva la tête de force et plaqua un bâtonnet de bois sur sa langue, avant de le jeter à la poubelle et revenir à son carnet.
-Toujours rien...
-Hum, pourquoi tu fais ça ? Je suis malade ?
-Tu es folle. C'est une nouveauté ?
-Euh... Mais là c'est une espèce d'examen que tu me fais passer. Pour les fous c'est pas plutôt une thérapie ?
-Tu veux m'apprendre mon métier ? Non ? Alors tais-toi.
Krys réprima difficilement son envie de grogner. C'était toujours difficile pour elle d'accepter son attitude implacable. C'était comme si tout était parfait, cadré et mesuré autour de lui. Elle avait du mal à suivre sa perfection... Tout à coup, un faisceau de lumière lui éblouit les yeux. Il venait d'allumer une petite lampe devant elle.
-Ah ! s'écria-t-elle.
-Ce n'est pas ça qui va te brûler les yeux Krys-ya.
-Mon affichage rétinien n'apprécie pas je crois... minauda-t-elle.
Le chirurgien éteignit sa petite lampe. Il prit une chaise à roulettes et s'assit devant elle en posant sa cheville sur son genou.
-Es-tu seulement consciente que les rideaux ne parlent pas ?
-Bien sûr ! Tous les autres esclaves me le disaient mais quand quelqu'un vous parle, c'est malpoli de ne pas répondre.
-Alors tu répondais à un rideau ?
-C'est ça.
Trafalgar haussa les sourcils et griffonna quelques mots sur son carnet, puis releva les yeux vers elle.
-A part ce rideau rouge tu as vu d'autres objets te parler ?
-Mon système de refroidissement.
Soudain, la brune sursauta contre la chaise et se raidit. Ses doux traits se déformèrent de douleur et elle se prit la tête entre les mains.
-Ça recommence ! Ils me font du mal ! hurla la cyborg en laissant, malgré elle, couler des larmes sur ses genoux.
Law saisit le fin poignet de Krys et le serra jusqu'à ce qu'elle se détourne de sa douleur pour ressentir celle qu'il lui infligeait.
-Il n'y a rien.
-Mais ils...
-Deuxième fois, Krys ! Il n'y a pas de « ils » !
Elle grimaça, incapable de dire autre chose que ce que le chirurgien refusait d'entendre.
-Tout ça n'existe pas. Ce que tu viens de ressentir n'était pas réel et tout ce qui te fais mal, c'est ça. (Il resserra un peu plus sa prise sur le bras de la jeune fille, qui en cria.) Cette douleur-là est réelle. Le reste n'existe pas. N'essaie plus jamais de te persuader du contraire car c'est ce qui te rend folle.
Le coeur de Krys semblait cogner contre sa poitrine. Elle avait le souffle court et se remettait lentement de ses émotions soudaines, tout en essayant de comprendre ce qu'il venait de lui dire. Mais avait-elle vraiment ressentie cette douleur dans sa tête ? Ces voix qui lui criaient de se taire ? Au fond, tout ce qui lui faisait du mal, c'était cette main autour de son poignet. Elle en gardait d'ailleurs des marques rouges mais c'était pour elle une douce souffrance que de sentir la réalité. Un mince sourire étira ses lèvres. Elle se pendit au cou du chirurgien.
-Merci...
-Allez, tu peux partir.
Krys eut un petit rire. Il faisait toujours ça, essayer de l'écarter dès qu'il voyait l'affection venir. Mais Krys n'obéit pas et resta. Le doux parfum qui émanait des cheveux bruns de son capitaine élargit son sourire mais ce petit instant fut de courte durée, lorsqu'elle vit le regard meurtrier qu'il lui portait. Elle se recula immédiatement.
-Ah ! Excuse-moi Trafalgar ! J-Je n'ai vraiment pas fait attention !
-Sors !
-A tes ordres, à tes ordres...
La cyborg fit mine de s'échapper de l'infirmerie. Et pourtant, son cœur refusait d'oublier. Il battait encore à toute vitesse et son affichage rétinien lui criait que sa température avait trop monté en l'espace de quelques secondes. Mais elle se sentait pousser des ailes et papillonnait gaiement dans le couloir, comme si son pied cybernétique n'était plus un poids constant. Même les couloirs du sous-marin ne lui semblaient plus si gris ! Et ça, c'était un miracle vu à quel point ils étaient démoralisants. Tandis qu'elle sautillait comme une enfant, vint la petite chute tant attendue. Elle trébucha sur une grosse boule poils blanche vêtue d'une combinaison semblable à la sienne. L'ours polaire ne broncha même pas, tant il était occupé à se rafraîchir la face sous ce petit engin au plafond. Krys soupira bruyamment. Au moins il y en avait un qui se plaisait dans ces couloirs... La jeune fille s'excusa néanmoins de l'avoir heurté et reprit son chemin en fredonnant.
Soudain, elle se stoppa et posa ses doigts de chair contre ses lèvres. La jeune fille n'avait pas souvenir de ces mots, et ne les avait jamais fredonnés auparavant.
Un jour, un jour...
Sous ma fenêtre,
Chanteront les oiseaux.
Tu y verras les moineaux.
Et quand nous sortirons de l'eau,
Pense-y, pense-y...
Et quand nous briserons le verre,
Tu me diras qu'aujourd'hui,
Et si...
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