Disclamer : Les personnages d'HnG ne m'appartiennent pas. Je ne reçois aucune rémunération pour cette fic (sauf en reviews)
Note : Un chapitre assez difficile à écrire^^''. Même si j'ai les idées, Il s'agit dans ces deux premiers chapitres de planter le décor de l'histoire; Ce décor, qui va permettre aux idées de se coordonner, est difficile à dépeindre de manière parfaite; Comme il s'agit d'un AU, je ne peux donc m'appuyer que sur quelques éléments de l'anime. Ce ne sera donc pas forcément aussi bien que je le voudrais. Merci tout de même à Tigrou et à cmoa pour leurs encouragements. J'espère que ce second chapitre vous plaira.
Akira-san s'exclama Akiko Tôya en voyant son fils franchir la porte de la cuisine, une expression de surprise mêlée de joie, adoucissant les traits de la jeune femme au foyer.
Il fallait dire que depuis que le jeune professionnel avait pris son appartement, il y avait deux ans de cela, il était rare que ses parents reçoivent sa visite en cours de semaine, qui plus est un midi, tant son emploi du temps était chargé par des parties pédagogiques à donner à des clients, des parties de ligue et autres obligations dues à son statut. En plus d'avoir un mari éternellement absent, il fallait qu'elle subisse le même sort avec son unique enfant ! C'est donc tout naturellement qu'elle laissa tomber la pâte à petits pains aux haricots rouges qu'elle était en train de malaxer pour embrasser son jeune fils.
« Ton père est absent commença-t-elle avant qu'elle ne se mette à rire de sa propre stupidité. Mais j'imagine que tu le sais déjà ! »
Akira opina avec un léger sourire.
« Je l'ai croisé ce matin rapidement à l'Institut. Comme vous pouvez vous en douter, je venais prendre de vos nouvelles. »
S'essuyant les mains dans son tablier, elle haussa les épaules puis d'un mouvement ample du bras, désigna la table de la cuisine couverte de farine.
« Comme tu peux le voir, je m'essaye un peu à la pâtisserie… Je meuble mon temps libre comme je le peux. Mais donne-moi plutôt de tes nouvelles, cela fait un moment que je n'en ai pas eues, hormis par téléphone, bien sûr »
Délaissant sa pâte qu'elle avait par ailleurs déjà ratée, elle ouvrit la marche jusqu'au salon, suivie d'Akira.
« Tu prendras bien un thé ? » Demanda-t-elle tout en prenant deux tasses dans son buffet.
Après avoir fait chauffer l'eau et servi les tasses fumantes, disposant l'une en face d'Akira et s'asseyant dans son fauteuil la sienne dans les mains, elle osa enfin demander.
« Alors que se passe-t-il Akira-san ? J'imagine que tu n'es pas venu ici alors que tu dois être extrêmement occupé juste pour me demander si je vais bien. »
La première expression gênée d'Akira fut vite remplacée par une expression plus habituelle, son regard luisant de détermination.
Prenant une forte inspiration, il décida de se lancer.
« Je ne sais pas si Père vous a fait part de son souhait de me voir me marier. » commença-t-il, fermement
Ah c'était donc cela se dit la mère du jeune homme. Il était vrai que la question du mariage d'Akira avait été abordée plusieurs fois entre son mari et elle. Les mariages arrangés entre personnes de bonne famille étaient encore monnaie courante et ne se soldaient pas que par des unions ratées puisqu'elle en avait bénéficié elle-même. Elle avait néanmoins préféré que ce soit son mari qui aborde ce sujet quelque peu épineux avec leur fils, sachant par avance que malgré sa réticence face à une tradition qu'il jugeait démodée, le jeune professionnel pourrait y réfléchir eu égard son admiration et son fort respect pour Koyo Tôya.
« Bien sûr que oui, ton père et moi en avons longuement parlé, c'est même moi qui le lui ai suggéré. Tu peux trouver qu'à vingt ans, tu es trop jeune pour te marier mais je pense que tu as besoin de quelqu'un pour prendre soin de toi, de ton foyer duquel tu risques d'être souvent absent de par tes nombreuses obligations. »
Les doigts d'Akira retraçaient inlassablement les courbes d'une rose finement ciselée peinte sur la tasse qu'il tenant entre ses mains.
« Je ne vous cacherai pas être très hostile à cette idée. Je comprends que vous vous inquiétez de me voir seul. Il est aussi de notoriété publique que ma vie sociale est inexistante et qu'il peut ainsi, m'être difficile de me trouver une compagne. Je ne suis pourtant pas certain que de recourir à un omiai* soit une bonne idée. Je préférerai nettement choisir moi-même celle qui devra partager ma vie et cela sans qu'il soit question d'intérêts ou d'avantages sociaux. »
Akiko but une gorgée de thé avant de la poser sur la soucoupe posée sur la table devant elle. Elle eut un sourire avenant envers ce fils dont elle n'était pas aussi proche que son mari mais qui avait toujours été pour elle une source de fierté.
« Akira-san, je comprends que tu puisses trouver cette institution vieux jeu. Mais l'organisation d'un omiai est une excellente façon de te trouver une femme qui corresponde à ton mode de vie et qui puisse partager tes goûts comme tu peux légitimement le souhaiter. Le choix de ton épouse t'appartiendra toujours de manière définitive : plusieurs rencontres sont aménagées pour cela. »
Que pouvait-il répondre à cela ? Il avait cru pouvoir trouver en sa mère un soutien, une personne capable de faire comprendre à son père qu'un mariage précoce était une mauvaise idée mais il avait eu tort de penser que ses parents ne s'étaient pas au préalable ligués contre lui.
Exhalant un profond soupir, il abandonna sa position défensive, son regard empli d'amertume et de résignation.
« Comme vous l'avez dit, ce sera tout de même à moi de choisir ma vie. J'imagine donc que je peux au moins essayer d'assister à ces rencontres » dit-il avant se lever du canapé, et de parcourir les quelques mètres qui le séparaient de sa mère pour l'embrasser sur la joue.
Celle-ci lui caressa les cheveux un instant avec tendresse avant de lui murmurer à l'oreille d'une manière qu'elle espérait rassurante qu'il avait fait le bon choix et qu'il s'en apercevrait dans peu de temps.
« Je vais devoir y aller, je dois retourner à l'Institut. J'essaierai de repasser la semaine prochaine.
-Passe une bonne journée. Je te téléphonerai pour connaître tes disponibilités afin que l'on organise des rencontres avec tes fiancées potentielles et leurs parents. »
Hochant la tête, un léger sourire étira ses lèvres. L'expression enchantée de sa mère lui réchauffa un peu le cœur. Il se surprit à penser que peut être ce qu'il jugeait être une mascarade lui permettrait de trouver une femme ayant les mêmes qualités que celle qui l'avait élevé.
Il déchanta assez rapidement lorsque l'agence d'omiai lui fit rencontrer un certain nombre de jeunes femmes, certes belles, raffinées mais n'ayant aucun esprit et pire que tout n'ayant aucun intérêt pour le go.
Il en avisa ses parents et sa mère, craintive que son fils ne finisse par annuler les prochaines rencontres contacta l'agence afin que les prochaines jeunes filles qui seraient présentées à Akira aient au moins une connaissance du jeu leur permettant de partager la passion de son fils. Le meijin était souvent absent, il avait été décidé que s'ils le souhaitaient, seule la mère de la prétendante pouvait y assister. Koyo Tôya faisait pleinement confiance à sa femme pour s'occuper de telles affaires.
C'est ainsi qu'Akira se retrouva, une semaine plus tard, installé face à une jeune fille tout à fait charmante. D'une taille moyenne, féminine mais pas à l'excès, il irradiait de sa personne un charme et une gentillesse qui plurent au fils du Meijin.
Du coin de l'œil alors qu'elle discutait avec la mère de la jeune fille, Akiko fut rassurée de voir que son fils, contrairement à ce qu'il s'était produit avec les autres candidates était totalement détendu. Toute occupée à les espionner, elle s'aperçut qu'elle n'avait pas entendu ce que venait de lui dire son interlocutrice.
« Excusez-moi, que me disiez-vous ? » lui demanda-t-elle avec un sourire poli bien que gêné.
Sa vis-à vis ne lui tint pas rigueur de son manque d'attention et lui sourit à son tour.
« Je vous disais qu'il est extrêmement amusant que nous soyons ici ce soir. Ma fille admire Akira-san depuis un certain nombre d'années et je pense qu'elle n'aurait jamais imaginé le rencontrer en personne et encore moins pensé qu'elle aurait la possibilité de l'épouser. »
Voyant un air incrédule se peindre sur le visage d'Akiko Tôya entreprit de lui expliquer pourquoi elle tenait de tels propos.
« Voyez-vous, ma fille a été Insei mais elle a fini par abandonner l'idée d'être professionnelle après avoir raté trois fois de suite l'examen pro.
-Mais comment se fait-il qu'ils ne se soient pas rencontrés alors ? Il y a tous les ans, ce tournoi opposant les Insei aux professionnels, non ? »
La mère d'Asumi Nase eut un petit rire.
« Cela ne se voit sans doute pas mais Asumi a trois ans de plus qu'Akira-san. Elle a abandonné l'année précédant l'entrée de votre fils dans le monde des pros.
Face à ces révélations, Akiko ne fut aucunement surprise de voir les deux jeunes gens quitter la table pour se rendre au salon où ils allaient sans doute disputer une partie. Elle savait aussi que si tel était bien le cas, cette partie déterminerait l'issue de cette rencontre.
« Juste par curiosité, quel est le niveau de votre fille ? » demanda-t-elle en fixant la porte derrière laquelle Akira et Asumi avaient disparu.
-Il est plutôt bon sans pouvoir égaler celui d'Akira-san comme vous pouvez vous en douter. Elle était classée parmi les meilleurs dans les Insei. Malheureusement, seuls trois inseis deviennent professionnels chaque année et elle n'a pas assez confiance en elle. Il faut avouer que le milieu du go est exclusivement masculin, je me suis souvent dit que cela n'avait pas dû être facile tous les jours. »
Un silence pesant envahit la pièce tandis que les deux mères semblaient tendre l'oreille comme si elles avaient le vain espoir de pouvoir entendre le bruit caractéristique des pierres posées sur le goban.
Il fallait dire que pour la famille Nase, l'entrée de leur fille dans une famille aussi aisée et respectée que celle des Tôya serait un réel avantage. A 23 ans, Asumi était en âge de se marier. Après avoir abandonné l'idée d'être professionnelle, elle avait travaillé sans relâche pour entrer au lycée avec un an de retard. Elle n'avait cependant pas souhaité faire des études universitaires et suivait à présent une formation à distance pour devenir institutrice tout en cumulant les petits boulots pour payer son loyer.
Le niveau de vies des deux familles n'était pas comparable et c'était la première chose dont avait été informée Akiko par l'agence. Mais ce n'était pas une fille riche qu'elle recherchait pour son fils, c'était une personne capable de l'épauler et surtout de le comprendre.
omiai : Rencontre arrangée entre deux personnes en vue d'un mariage.
Dans le salon
Akira Tôya et Asumi Nase se faisaient face par-dessus le goban.
«Veux tu faire nigiri ou préfères-tu une partie avec handicap ? » demanda le jeune professionnel.
« Nigiri » répondit Nase avec enthousiasme.
Tandis qu'Akira comptait les pierres qu'il avait déposées sur le goban, il observa le profil de la jeune fille lui faisant face. Elle lui avait répondu sans aucune hésitation et le sourire qu'elle arborait ne laissait aucun doute quant à son amour du jeu.
« Tu es noir » lui déclara-t-il en lui tendant le goke contenant les pierres noires tandis qu'elle faisait de même avec l'autre.
« Bonne partie » s'exclamèrent-ils en s'inclinant.
Elle a une bonne lecture du jeu, elle joue vite et bien se dit Akira en plaçant une pierre destinée à réduire l'extension menée par noir vers le bord gauche du goban. Jusqu'à présent, il avait surtout cherché à sonder son niveau, il allait donc passer aux choses sérieuses.
Jouant un jeu de plus en plus offensif, il fut satisfait de constater que la jeune fille tenait le coup et répondait suffisamment intelligemment à ses coups pour ne pas trop se laisser mener mais que son choix de ne pas prendre de nombreux risques ne lui permettrait pas de renverser l'issue à présent prévisible de la partie.
Quelques minutes plus tard, Nase s'inclinait en abandonnant.
« Merci pour la partie. Comme je l'avais escompté, je ne pouvais te battre » dit-elle avec une moue presque déçue qu'Akira trouva adorable.
Ils abordèrent alors le commentaire des coups.
« Si tu avais joué ici, tu aurais sérieusement entamé mon territoire » dit-il en désignant un emplacement sur le goban
« Mais dans ce cas, je me retrouvais dans une situation délicate puisque tu pouvais attaquer les faiblesses de ce groupe de pierres » s'exclama-t-elle en pointant le doigt sur ledit groupe.
Akira eut un sourire indulgent.
« C'est vrai mais en jouant par la suite ici, tu pouvais le protéger. »
Asumi considéra ce que le jeune professionnel lui montrait avec attention avec une expression sceptique. Elle n'avait pu envisager ces coups parce que sa stratégie avait manqué de profondeur.
Remarquant l'air attristé de la jeune fille, Akira lui adressa un sourire rassurant.
« Tu as un bon niveau, très proche de celui d'un professionnel. Tu as un réel potentiel et je suis persuadé que tu t'amélioreras encore. J'espère que tu me feras l'honneur de jouer le plus souvent possible avec moi »
A ces mots, l'expression d'Asumi se fit radieuse et elle hocha vigoureusement la tête.
«Ce sera pour moi un plaisir Tôya-kun »
En voyant leurs enfants revenir et discuter comme s'ils étaient des vieux amis, les deux mères eurent un soupir intérieur de soulagement.
« Il semblerait que vous ayez sympathisé » constata avec bonheur Akiko.
« En effet, Asumi-san est une excellente joueuse et nous discutions du fait que nous aurions encore l'occasion de jouer des parties ensemble. Comme elle a été Insei, nous voyions si nous avions des connaissances en commun. »
Puis il se tourna vers Sakuno Nase et s'inclina respectueusement.
« Je vous demande solennellement la permission de courtiser votre fille »
La mère se leva et posa ses mains sur les épaules du fiancé de sa fille.
« Je vous la donne Akira-san en espérant que ma fille saura se montrer digne de vous.
-Je n'en doute aucunement Nase-san » dit-il avec courtoisie.
Akiko ravie, applaudit.
« Nous pouvons donc ouvrir une bouteille de champagne pour fêter ces fiançailles tout en parlant de l'organisation du mariage.
Il fut ainsi décider que le mariage aurait lieu six mois plus tard pour laisser le temps aux jeunes fiancés d'apprendre à mieux se connaître.
Quelques jours plus tard
Bien que très occupé, Akira faisait toujours un effort pour passer au moins quelques heures par semaine avec sa fiancée. Ils se donnaient rendez-vous au salon de son père en soirée pour jouer une partie et sortaient par la suite à la demande de la jeune fille.
Bien qu'intéressée par le go, le jeune professionnel se rendit vite compte que sa fiancé n'était pas pour autant dépourvue de sociabilité et qu'elle sortait parfois avec ses amies, le plus souvent pour chanter dans un karaoké.
Elle se préoccupait toujours de ce qu'il avait pu lui arriver, à qui ils avaient pu être opposés. Il était facile de se rendre compte qu'Asumi était le genre de personne qui s'entendait avec tout le monde. Elle l'avait fait sourire véritablement à de nombreuses reprises surtout quand elle lui racontait ses années en tant qu'Insei quand elle faisant partie du groupe d'Isumi et Waya, passés pros depuis cinq ans.
"Ne fais pas attention à Waya s'il te fait la tête et semble ne pas te supporter! Déjà quand on était Insei, il faisait rarement preuve de maturité! C'est pas un mauvais garçon mais il est simplement trop orgueilleux et puéril. C'est à se demander comment Isumi et lui parviennent à s'entendre!" lui avait-elle déjà dit quand il avait dit combien l'attitude à la chevelure hisurte à son égard lui avait toujours paru hostile.
« Joues-tu au go en ligne ? » lui demanda-t-elle alors qu'elle l'avait emmené dans un café et qu'ils s'asseyaient à une table.
« Non mais je sais qu'Ogata-san y joue ainsi que d'autres professionnels. » répondit-il tout en inspectant la carte.
Voyant qu'il semblait perdu face à la pluralité de choix, elle sourit. Il semblait que c'était la première fois qu'il sortait dans un tel café. Il ne lui avait jamais caché sortir peu et c'est pourquoi elle cherchait à le sociabiliser sans toutefois chercher à l'y forcer.
. C'était une de ses amies du lycée qui lui avait parlé de cet endroit où les pâtisseries étaient superbement bien confectionnées. Le cadre du café était plaisant, la décoration bien que sobre ravissait les yeux du fait d'une peinture et d'un mobilier aux couleurs chatoyantes.
« Ce café est la fois des pâtisseries orientales et occidentales. Il parait que leur gâteau au chocolat et au thé vert est fabuleux. Pour en revenir à ce que je disais, je joue aussi au go sur le net et je me demandais si tu avais entendu parler d'un certain joueur… »
Elle ne put terminer sa phrase car un serveur vint leur demander s'ils avaient fait leur choix.
« Ce sera pour moi un thé à la menthe avec un gâteau au chocolat et au thé vert. » commanda-t-elle
-La même chose pour moi s'il vous plait » répondit Akira.
Le serveur reprit les cartes et tourna les talons.
« J'imagine que tu veux parler de Sai, ce joueur qui a réussi à battre de nombreux joueurs professionnels. » lui demanda-t-il.
Nase hocha la tête.
« C'est vraiment un excellent joueur. Ce qu'il y a de plus prodigieux a été sa progression. Durant les trois premières années, il avait un niveau très correct mais beaucoup plus proche d'un insei qu'un professionnel. Deux ans plus tard, il avait acquis le niveau d'un pro plus qu'acceptable. Puis en l'espace de trois ans, il est tout simplement devenu imbattable, en continuant à s'améliorer de jour en jour. »
Fouillant dans son sac, elle en retira un kifu et le tendit à son fiancé.
« Voilà une de ses dernières parties contre un pro coréen. »
Akira l'observa attentivement. Les rumeurs sur ce joueur étaient loin d'être infondées. Blanc encerclait complètement noir. Lui-même n'était pas sûr au vu du niveau que semblait avoir ce joueur être de taille contre lui.
«Je me demande bien qui cela peut bien être » soupira rêveusement Asumi, son menton reposant contre la paume de sa main.
-Personne ne semble le savoir et d'après ce que j'ai entendu dire, il ne cherche pas non plus à se faire connaître. De nombreuses personnes ont cherché à prendre contact avec lui via le net et il n'y a jamais répondu.
-Cela m'étonne que tu n'aies jamais voulu jouer une partie contre lui. Pourquoi cela ? »
« C'est parce que je préfère nettement sentir le contact des pierres mais aussi parce que je trouve extrêmement frustrant de ne pouvoir jouer contre un tel joueur face à face. S'il n'est pas professionnel jusqu'à maintenant, c'est qu'il ne souhaite pas l'être. Pourtant un tel gâchis de talent me met en colère. Pourquoi ne souhaite-t-il pas le devenir ? Pourquoi ne met-il pas à contribution ce talent pour faire du Japon une nation aussi forte que la Chine et la Corée au go ? »
Tôya cessa sa tirade enflammée pour reprendre son souffle.
« Excuse moi, je ne voulais pas m'emporter ainsi »
Asumi secoua la tête et prit sa main et serra ses doigts pour le rassurer.
« Je comprends ce que tu veux dire et ce que tu ressens, ne t'en fais pas. Mais peut-être a-t-il de bonnes raisons pour ne pas vouloir se montrer ? »
Il haussa les épaules et eut un sourire crispé.
« Peut-être mais je ne veux pas avoir à poursuivre une personne telle une chimère, qui n'a pas d'existence concrète à mes yeux. Mon premier objectif est déjà de réussir à battre mon père.
-Tu y parviendras, j'en suis certaine » lui affirma-t-elle.
Quelques minutes plus tard, un autre serveur vint leur apporter leur commande. Akira se demanda comme il avait pu être embauché dans un café si chic avec sa chevelure décolorée. Il lui sembla que les yeux verts du jeune homme s'étaient troublés quand ils avaient accroché le kifu alors qu'il déposait le plateau sur la table. Mais cette impression avait été si fugace qu'il se dit qu'il avait rêvé.
