Bonjour/Bonsoir !

Merci à vous tous qui continuez de suivre mon histoire, je vais laisser un petit mot (google traduction : un paragraphe) à la fin de ce chapitre et voilà, J'aurais juste aimé poster ce chapitre plus tôt dans le mois mais le déménagement m'a pris du temps. Bref, j'espère que vous avez passé de bonnes vacances !

Résumé : "Dans l'amas de ferraille et boulons en vrac, se cache peut-être une perle. Peut-être est-elle plus brillante que les autres, peut-être pas. Et toi chirurgien, tu en penses quoi ?" LawxOC

Disclaimer : Le monde de One Piece ne m'appartient pas évidemment.

Sur ce bonne lecture !


Under the iron chapitre 14

La peur était un sentiment qui protégeait les humains de beaucoup de choses. Ce devait être pour cela qu'à son âge avancé le docteur ne trouvait pas la mort.

La jeune femme mordit sa propre chair jusqu'au sang, qu'elle laissa couler sur la terre tout en avançant. L'odeur ne manqua pas d'attirer ses amis, les créatures du docteur, celles qu'il avait rejetées et reniées car dites "incomplètes". Et comment être complet ? Aux yeux de Lydia il n'y avait rien de plus beau qu'eux. Ce n'était pas des êtres purs ou nés de la nature, mais ne leur ressemblaient-ils pas ?

Elle prit dans ses mains le gigantesque museau gris et l'embrassa. La bête était immense, couverte d'une douce fourrure un peu encrassée aux tons sombres. Elle la fixait de ses grands yeux noirs, avide de nourriture, affamée. La jeune femme en vit d'autres arriver du fond des bois. Elle jeta à ses loups un grand sac qu'il déchiquetèrent littéralement pour dévorer cette délicieuse viande rouge et crue qu'il contenait. Mais l'un d'eux se détourna du repas pour venir lécher le sang qui gouttait encore au bout de ses ongles vernis de noir pour la journée. C'était son plus jeune. Les louveteaux de la meute faisaient généralement la taille d'un gros chien, tandis que les plus matures atteignaient presque la taille d'un cheval. La boule de poils avait de grands yeux blancs et aveugles, ce qui faisait d'elle une proie plus qu'un prédateur. Lydia ne lui en tenait pas rigueur du moment qu'il se montrait efficace.

Elle le laissa s'abreuver jusqu'à ce que sa gueule béante dégage de fortes effluves métalliques. La blonde appuya au sommet de son crâne pour le détendre et calmer son excitation. La créature avait les oreilles plaquées en arrière par la crainte.

-Oui... Tu peux le sentir. C'est moi ton alpha.

Il cessa de remuer la queue et plongea son regard vide dans celui de sa maîtresse. La déformation du gène de loup avait permis aux plus chanceux d'établir une connexion avec elle. Ses lèvres rouges et délicates embrassèrent les crocs puants.

-Tu es magnifique. Tue pour moi. Emmène la meute et tue ces étrangers. Je ne veux aucun témoin, même s'il s'agit de X-09. Allez... va ! rugit-t-elle.

Les poils de la bête se hérissèrent. Il mordit le flan d'un de ses congénères et s'élança avec eux à la poursuite de ceux qui avaient osé souiller le sanctuaire que représentait ces bois.

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Lorsque Krys ouvrit les yeux, la lumière qui perçait entre les feuilles des arbres l'éblouit. Elle était allongée sur un tapis de mousse. Par curiosité, elle se caressa la joue gauche du bout des doigts. Sa coupure avait disparue... Et la femme, où était-elle ? Krys se releva précipitamment. Mais que lui était-il arrivée... ça ne pouvait pas être un rêve. Tout semblait si réel la nuit dernière ! La jeune fille nettoya comme elle le pouvait la terre sur son short. Elle ne connaissait pas du tout cette partie de la forêt, et à coup sûr, elle se perdrait. Mais ça ce n'était pas son capitaine qui allait s'en préoccuper ! Krys décida de tenter sa chance et se dirigea vers le côté qui lui paraissait le moins sombre. Si elle n'avait pas juste rêvé, si cette blonde existait vraiment, alors elle devrait pouvoir la retrouver. En même temps que progresser, la jeune fille se parlait à elle-même pour remettre de l'ordre dans ses idées.

-Je me suis éloignée du camp, et j'ai croisé cette femme... Elle... !

Elle se figea.

-Elle m'a appelée... moineau ? Mais il n'y a que les autres qui connaissent ce surnom ! C'est pas possible.

Krys posa les poings sur les hanches en réfléchissant. En admettant qu'elle la connaisse, alors il paraissait logique qu'elle connaisse Gabriel et Mir. Ce dernier avait d'ailleurs, la veille, comparé le rouquin à une certaine "garce". Restait à savoir qui était la garce.

La flemmardise eut raison d'elle, Krys s'assit sur un rocher. Elle ne pouvait voir d'où provenait ces gazouillements qui l'avait accompagnée le long de son chemin mais elle espérait silencieusement que ce ne soit pas des choses dangereuses car cette forêt en être infestée. Leur mélodie était, en tout cas, très prenante. Ses doigts tapotaient sur ses genoux dans ce rythme-là. Elle leva les yeux vers la cime des arbres.

Un jour, un jour...

Sous ma fenêtre,

Chanteront les oiseaux.

Tu y verras les moineaux.

Et quand nous sortirons de l'eau,

Pense-y, pense-y...

Et quand nous briserons le verre,

Tu me diras qu'aujourd'hui,

Et si...

« ... on était en vie. »

Juste vivant,

Pas heureux ni joyeux.

Alors ne sois pas souriant.

Et je te dirais qu'aujourd'hui...

Tu étais parfait.

« Mais ne sois pas ainsi... »

Sois comme moi,

Sois haïe,

Et aime la perfection.

Car c'est juste une abomination.

Donc ne souris pas,
Ne m'appelle pas par ce nom...

« Il n'est pas le bon. »

Alors, petite fille.

Tu souris pour moi ?

-Gabriel... songea-t-elle.

Les oiseaux invisibles continuèrent de gazouiller, cette fois sans sa voix. Les démons se cachaient parfois au plus profond du cœur des anges. Gabriel n'était clairement pas du côté de la bienveillance mais si on jugeait les faits plutôt que les paroles, il n'était qu'à demi-innocent. Une vraie histoire se cachait derrière sa chanson d'enfance, et Krys était bien décidée à la découvrir, même si ça revenait à tous les replonger dans le passé. Trop de choses avaient été mises sous silence. Elle ne pouvait plus se permettre de feindre l'ignorance.

En déambulant comme un fantôme sans énergie, elle tomba sur un petit point d'eau, qu'un certain chirurgien semblait avoir trouvé avant elle. Il était assis sur une roche, le regard dans le vague.

-Où est-ce que tu as passé la nuit ?

Son ton à demi-énervé l'interpela.

-Hum... Pourquoi je devrais te répondre, alors que tu vas juste me dire que tu t'en fiches ?

-Parce qu'aux dernières nouvelles je suis ton capitaine. Alors, où étais-tu ?

-Je crois que je peux me déplacer sans que tu sois au courant.

Trafalgar tourna le menton vers la cyborg.

-C'est quoi cette insolence ? Tu ne m'as pas bien compris ?

-Si. Mais je ne suis juste pas d'accord avec toi. C'est vrai que tu fais énormément, alors que rien ne t'y oblige, mais ça n'a jamais été pour moi. Tu cherches quelque chose.

-Ha ha... Très amusant, Krys-ya. Et qu'est-ce que je cherche, selon toi ?

La jeune fille lui rendit son sourire prétentieux.

-Gabriel m'a parlé d'une liste que garderait Sirius, avec le nom des potentiels acheteurs, en plus du Gouvernement. C'est ce que tu cherches.

-Bien, et ensuite ?

-Tu vas nous éradiquer.

Le capitaine se raidit légèrement.

-Pourquoi ferais-je une chose si cruelle ?

-Peut-être parce que tu me hais.

-J'ai l'impression d'avoir déjà entendu ça... Mais, soit, pense ce que tu veux et change de ton quand tu t'adresses à moi. Tu ne veux sûrement pas finir mutilée, je me trompe ?

Krys ravala difficilement sa salive. Qu'elle le veuille ou non, il restait un homme effrayant. D'un geste de la main il l'invita à s'asseoir sur le rocher voisin, ce qu'elle fit. Le chirurgien lui jeta une petit sac sur les genoux. A l'intérieur se trouvait quelques fruits secs et des baies ressemblant de près à celles qu'elle avait vues chez Mir. Son ventre grogna à la vue de cette simple nourriture.

-Miss n'a pas pris la peine de se trouver à manger, pas vrai ? fit-il d'un ton qui se voulait moqueur.

-J'étais occupée... mentit la jeune fille.

-Occupée à chanter avec les oiseaux.

Sa mâchoire tressaillit. Avait-il vraiment tout entendu ?

-Ce n'est pas encore un crime... murmura la cyborg.

Elle engloutit quelques fruits et noix avant de lui rendre son sac. Krys mit ses mains dans l'eau pure et les remplit comme une coupe. Elle se débarbouilla la face et s'hydrata un peu avant de se rasseoir.

-Je crois que j'ai dormi en dehors du camp.

-Parce que je t'avais mise en colère ?

-Qu'est-ce qui te fait croire que j'étais en colère ?

-Juste là... lança-t-il en approchant ses doigts de son front blanc.

La cyborg eut un mouvement de recul en fronçant les sourcils.

-Quoi ?

-Tu as le front qui rougit quand tu t'énerves.

-Et alors ? N'importe qui serait en colère en était traité comme ça ! Je ne suis pas ton chien !

-Non, tu es ma cuisinière. Pas bien douée, honnêtement, mais efficace.

-Tch ! Tu crois pouvoir m'acheter avec des mots ?

-Je connais un autre moyen pour toi.

Le coin de sa lèvre remonta en un sourire séducteur. Krys déglutit difficilement. Il était trop démoniaque d'user de ses charmes ! Le chirurgien encercla sa taille et la ramena sur ses jambes.

-Alors, dis-moi, est-ce je t'ai déjà lancé la balle ?

-Non...

-Je t'ai déjà privée de quoique ce soit ?

-Non...

-Tu as mangé des restes au dîner ?

-Non ! Mais ça ne veut rien dire ! Tu joues avec moi !

-Qui a parlé de jeu ?

Ses lèvres caressèrent doucement celles de Krys. La cyborg avait fermé les yeux comme si elle craignait de voir le ciel tomber. Elle mordit la langue de Trafalgar.

-Si ça ce n'est pas un jeu ! pesta la brune en se relevant.

Il palpa sa bouche douloureuse. Elle n'avait jamais résisté à ses baisers auparavant.

-Crois-moi ça ne va pas arranger ton cas...

-Pourquoi ? Parce que tu avais déjà l'intention de me faire du mal ?

-Ce n'est pas ce que j'ai dit !

-C'est ce que tu penses ! C'est pour ça que tu peux m'embrasser tout en me détestant !

Il saisit presque brutalement le bras de la jeune fille.

-Si c'est ce que tu veux croire alors vas-y, mais je ne te laisserais pas me manquer de respect. Tu es encore sous mes ordres.

Elle ignora la douleur dans sa chair pour lui lancer un regard mauvais.

-T'as jamais cru en moi.

-C'est faux.

-Je ne serais pas ton pion ! Tu ne peux pas m'utiliser, je suis libre maintenant !

Le chirurgien resserra sa prise, mais c'est à peine si elle le sentit tant elle était en colère. L'insolence de la jeune fille n'était pour lui pas une surprise. Il se doutait bien que le comportement désinvolte de Gabriel allait tôt ou tard déclencher quelque chose en elle. Car sa nature était celle d'une enfant désireuse de grandir, comme un esclave désirerait goûter la liberté. Sur le moment, l'enchaîner à lui semblait être la meilleure solution, sauf que le supernova avait oublié que Krys était une femme et que les femmes préféraient l'amour à un baiser sans signification. Mais était-ce une raison pour le mordre ? Cette cyborg était bien un chiot rebelle ! Mais contre toute attente, il esquissa un sourire sans aucune méchanceté.

-Tu n'es pas libre, tu es à moi. Et ça n'a rien à voir avec le fait d'être esclave.

Son ton autoritaire la fit frissonner. Elle était peut-être allée un peu loin, et avait dite des choses qu'elle ne pensait pas forcément, mais le principal était là. Sa colère était forte, mais sa tristesse encore plus. Elle renifla sous son poignet.

-J'étais prête à tout pour toi...

-Tu t'es blessée seule alors ne m'accuse pas.

-Je n'accuse personne, je sais que c'est ma faute ! Je n'aurais jamais dû te croire quand tu disais que je vivrais ! Tu n'y pensais même pas. Dans ta tête j'étais déjà morte, pas vrai ? Tu m'as utilisée pour venir jusqu'ici...

Il ne lui répondit que par un regard hautain, ce qui suffit largement à Krys pour s'en aller. La jeune fille était à bout de nerfs. Son propre capitaine l'avait trahie ! Mais alors à qui faire confiance ? C'était comme si le monde entier voulait sa mort ! Gabriel, lui, était obligé de la ramener en vie, mais il n'hésiterait pas à lui faire du mal. Quant à Mir, elle le connaissait depuis trop peu de temps... elle ne pouvait faire confiance à personne. Pour la première fois, elle allait être confrontée à son destin. Il n'y avait qu'elle-même qui pouvait sauver sa vie, ça paraissait logique. Et pas besoin d'un psychopathe sans cœur pour lui montrer le chemin ! Si elle était vraiment une arme de guerre comme Gabriel le prétendait alors il était temps de sortir ses griffes.

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Law rentra bredouille, les mains dans les poches de son jean. Ce n'était pas comme si il en avait vraiment rien à faire mais de toute manière, ce n'était pas le genre à fuguer comme une gamine. Ou... si ? Elle n'aurait jamais le courage de faire deux mètres sans un homme à ses côtés ! Sans lui, à ses côtés. Il l'avait quand même libérée d'un système qu'elle n'aurait jamais pu quitter elle-même ! Elle lui devait beaucoup et pas seulement l'obéissance.

Le pirate frotta son bouc en jetant un coup d'œil sur l'ours polaire avachi. Krys n'avait pas de secrets. Tout ce qu'elle savait, elle le lui disait. Et la seule fois où elle avait voulu lui mentir, elle avait fini en larmes à se chercher de plates excuses. C'était très cruel en comparaison à tout ce qu'il cachait. Mais à chaque homme son histoire. Il n'avait pas besoin d'une femme à son écoute. Et puis, lui n'était pas un menteur. Même s'il ne le dirait pas, il n'était pas venu là uniquement dans son propre intérêt. Lui aussi avait un peu de cœur ! Qui resterait de marbre en apprenant la mort d'une personne ? Certes, le chirurgien ne pleurerait pour personne mais sauver les gens, c'était un peu ce qu'on lui avait appris. Et il savait aussi les tuer en cas de besoin.

Le petit camp qu'ils avaient fait sur la clairière s'étendait sur la moitié de l'espace. Mais les pirates commençaient sérieusement à s'ennuyer en attendant les ordres de leur capitaine. Penguin donna un coup de pied dans la boîte vide qui traînait dans l'herbe.

-Ne, Bepo, tu as vu Krys-chan ? Me dis pas qu'on l'a encore perdue !

-Désolé...

-Arf ! Tu pourrais répondre normalement ?

-Je suis désolé...

Gabriel, qui écoutait chaque conversation dans la clairière d'une oreille attentive, se tourna immédiatement vers Law. Il s'approcha doucement du capitaine et claqua des doigts pour attirer son attention.

-Hey ! Trafalgar, vous n'auriez pas vu le petit monstre ? lança-t-il d'une voix guillerette.

-Je pensais qu'elle rentrait.

-Haaar... souffla le roux. Ça va pas être facile de faire croire à Sirius que j'ai paumé sa fille ! Vous avez pas une idée d'où elle a filé ?

Le chirurgien aurait bien répondu par le nom de Mir, mais ce dernier le regardait fixement.

-Je n'en sais rien. Si elle se perd encore c'est son problème, je ne ferais pas un autre détour.

-Et donc on la laisse là ? Mouais, ça me plaît bien comme idée ! J'aurais qu'à dire qu'un loup l'a mangée, au pire...

Ses poils se hérissèrent sur sa nuque. Il retourna instinctivement son regard au cyborg qui le fixait bras croisés. Des choses étranges étaient en train de se produire. Déjà que la petite rébellion de l'autre idiote lui avait moyennement plu, il fallait maintenant qu'elle se retrouve seule en milieu hostile. Law se détourna du rouquin et se planta face à son équipage.

-Je pars trouver un raccourci. Personne ne quitte le camp avant mon retour.

-A vos ordres, capitaine ! crièrent-ils à l'unisson.

Trafalgar fit mine de ne pas voir le cyborg abandonner son coin d'ombre et partir avant lui. Se Mir pouvait retrouver cette inconsciente avant lui, ça l'arrangerait. D'autant plus qu'il n'avait pas tant envie de lui reparler. Ce petit ton insolent qu'elle eu devant lui l'avait mis en colère. Alors sur le chemin du retour il avait réfléchi... Est-ce que considérer Krys comme sa propriété était mal ? Evidemment que pour un humain c'était dégradant, c'était même similaire à l'esclavage. Mais c'était ce qu'il n'arrivait pas à faire comprendre car en disant ce genre de chose il ne pensait pas du tout ressembler à un de ces hommes qui achetaient des vies comme des meubles. Lui la considérait comme sienne parce que... c'était juste comme ça que ça devait être ! Cette gamine ne saurait pas mettre un pied devant l'autre s'il n'était pas sans cesse en train de la pousser vers l'avant !

Le chirurgien pressa le pas. Tout compte fait, c'était lui qui allait la trouver.

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La meute se déplaçait avec une agilité incroyable, peu importe le terrain. Leurs muscles saillants leur donnaient aussi une poussée considérable dans leurs bonds. Les bêtes se dispersèrent tout autour de la clairière verdoyante et se tapirent dans les plantes. Entendre tous ces cœurs humains battre dans un rythme désordonné excitait leur estomac. Ils pénètrent la clairière.

Certains crièrent en sortant leurs armes, d'autres restèrent figés dans le sol en les regardant venir, ces bêtes immenses... Penguin réveilla à bons coups de pied ceux qui arrivaient encore à dormir dans ce brouhaha et se mit en position d'attaque. Gabriel, qui avait choisi de ne pas suivre Law dans les bois, restait au centre de la clairière, protégé derrière les pirates. L'ours polaire nota dans un coin de sa tête que le cyborg n'avait clairement pas envie de se battre contre ces loups, mais qu'il n'était pas effrayé par eux non plus. Comme s'il attendait juste de les voir à l'œuvre.

Shachi donna un puissant coup de poing au premier qui voulu planter ses crocs. La meute devait bien compter une quinzaine d'individus, s'ils n'étaient pas plus nombreux. Mais les pirates ne tardèrent pas à se rendre compte que ces animaux étaient tenaces face aux balles, et que même un bon coup ne les assommait que cinq secondes. Ils essayèrent bien de s'y mettre à plusieurs mais les bêtes se relevaient toujours, et ce n'était qu'une question de temps avant que l'un d'eux ne se fasse mordre. Le second ne pouvait se le permettre.

Bepo se servit de ses compétences en arts martiaux pour immobiliser l'une des créatures pendant que Penguin lui plantai un couteau dans le cœur. Le sang s'écoula du poitrail gonflé comme d'une fontaine avant que les grands yeux enragés du loup ne s'éteignent. Son corps raide tomba sur l'herbe grasse, ses semblables s'immobilisèrent.

L'ours polaire en profita pour essuyer discrètement le liquide qui avait taché sa belle fourrure. Il n'avait pas choisi le plus imposant de la meute pour rien, car même chez les animaux, il existait une hiérarchie. Mais il semblait s'être trompé car les bêtes reprirent rapidement leur carnage, encore plus sauvagement, comme si la mort de l'un des leurs les rendait plus forts encore. Ce loup qu'il avait terrassé était énorme, pourtant il n'était pas l'alpha. Bepo évita de justesse un coup de dents.

Visiblement le seul moyen de les tuer était de viser l'organe vital, mais si en contrepartie les autres devenaient plus agressifs, c'était embêtant. Et l'équipage peinait à contenir cette rage qui habitait la meute... Gabriel, jusqu'alors resté passif, fit craquer ses phalanges avant de faire mordre la poussière à un jeune loup. Il le coinça à terre et lui brisa la nuque. Le craquement sec avait arraché un sourire au cyborg. Ce que son œil humain lui permettait de voir était magnifique. Le sang coulait à flot sur toute la clairière, et le camp pirate n'était rien de moins qu'un champ de bataille désordonné. Gabriel ignora le regard surpris que lui jetait Shachi. Le jeune homme ne s'attendait sûrement pas à le voir éliminer une de ces créatures si facilement. Pour eux il n'était que le chien qui aboie mais ne mord pas. Il l'était aux yeux de tout le monde. Mais il allait leur montrer à tous ce qu'il est réellement.

Le contour de son œil à la pupille turquoise se teinta de rouge. Il décocha un coup de poing à la créature qui guettait la jambe de Shachi, prête à lui arracher les tendons. Le loup fit voler des mottes d'herbe dans sa chute. Il se releva en boitillant misérablement sur les trois pattes qu'il lui restait. Le roux acheva l'animal d'un coup sur le crâne.

-Anw... Je me serais bien excusé si vous n'étiez pas si laids.

Le cyborg ramena sa chevelure flamboyante en arrière. Et bientôt, les bêtes affaiblies finirent toutes par succomber. La perte d'un membre rendait certes la meute plus agressive, mais leur retirait un quart de leur force. Les pirates commençaient déjà à empiler les corps quand Shachi vint voir Gabriel. Il inclina légèrement la tête.

-Je dirais au capitaine ce que tu as fait, même si je n'ai toujours pas confiance en toi.

-Ouais, ouais... Je connais la chanson. Vous allez faire quoi de ces choses ?

-Je pense qu'on va brûler les corps, au cas où.

Le roux acquiesça. Mieux valait qu'il n'en reste aucune trace.

Tard dans la nuit, le feu crépitait encore. Une odeur désagréable emplissait la clairière mais tout le monde semblait vouloir l'ignorer. Ils étaient surtout trop fatigués pour s'en plaindre. Et inquiets aussi, car personne n'était revenu des bois. Ni Krys, ni Law, ni Mir. Leur capitaine avait pourtant dit chercher un raccourci, mais à ce rythme-là, ils mettaient trop de temps.

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Le cyborg s'assit un rondin de bois, à une certaine distance du chirurgien. Les deux hommes avaient finalement décidé de faire route ensemble, même si l'envie n'y était pas. Et Mir ne le cachait pas, il n'avait aucune confiance. Que ce soit envers les pirates ou les siens. Le temps de leur fratrie à cinq était une époque révolue depuis des années. Ce n'est pas Krys ou cet homme qui feront revenir ceux qui sont déjà tombés. Personne ne peut combler la cupidité des humains, c'est un fait. Il gratta la terre sèche sur ses bottes pour s'occuper avant de reprendre la route.

-Vous regrettez ?

-J'ai une raison... ? répondit Law d'une voix un peu hautaine.

-Vous êtes le dernier à lui adresser la parole, elle disparaît dans les bois. Là où j'ai vécu auparavant on ne croit pas aux coïncidences. Ni à la chance. Et comme moi vous l'avez remarqué, il se passe des choses étranges.

-Pour des expériences mi-humaines ce n'était pas déjà le cas ? lança-t-il avec un sourire.

-Des choses encore plus étranges. C'est depuis que vous avez posé le pied ici.

Le cyborg guettait du coin de l'œil les réactions du supernova. Mais celui-ci semblait se croire innocent.

-Je n'y suis pour rien.

-Il n'y a qu'une chose dont je suis sûr, vous n'avez pas l'intention de tuer.

-Ha ha. Il y a plein de facteurs qui trahissent un être humain. Ne vous laissez pas berner Mir, il y a bien une personne que je prévois d'assassiner, mais c'est en notre faveur à tous. Et puis, je crois qu'on ne peut pas faire le bien dans ce monde, sans blesser un peu de notre entourage. C'est le deal.

-Et Krys dans cette histoire ?

Law nota dans un coin de son esprit la colère qui transparaissait dans les yeux de l'homme.

-Vous la croyez insensible peut-être ? poursuivit Mir avec ce même ton provocateur.

-Je vous demande pardon ?

-Même un aveugle devinerait quelle genre de relation vous... Tch ! Mais vous devez le savoir, n'est-ce pas, que c'est mal.

-Je fais ce qu'il me plaît de ma cuisinière. A présent si on se remettait en route ? Je n'ai pas tellement envie de retrouver un cadavre...

Le cyborg arquait un sourcil pendant que le chirurgien se levait du rondin. Parlait-il de Krys... ou de lui ? Et pourquoi mettait-il subitement fin à leur conversation ? Sûrement pas par gêne. Le capitaine pirate était plutôt celui qui mettait les autres dans l'embarras. Le genre manipulateur, qui vous soutire lentement tout ce qu'il désire.

-Mais dites-moi une chose Trafalgar, vous êtes bien sûr de vouloir nous connaître ? Nous et Sirius.

-C'est un avertissement ?

-Non, je ne tiens pas à vous aider. Mais l'histoire entre les murs du docteur, notre histoire, dépasse la simple imagination. Quand j'ai dit qu'il se passait des choses étranges depuis votre arrivée il y a eu un malentendu. Ce que je voulais dire c'est que les choses changent enfin. Votre rencontre avec Sirius va tout changer, j'en suis certain, mais comme vous l'avez dit, on ne fait pas le bien sans commettre un peu de mal. Partez devant, je vais m'assurer qu'on n'ait pas été suivis.

-Comme vous voudrez...

Le cyborg observa le chirurgien s'en aller d'un air morne. Il n'arriverait rien à cet homme-là, c'était sûr. Mir se retourna donc sans inquiétude et rebroussa chemin. Il restait encore quelques petites traces de leurs chaussures éparpillées ci et là dans les terres humides. Mais plus il allait loin et plus elles s'effaçaient. C'est sans surprise qu'il sentit son cœur trembler d'excitation jusqu'à vouloir quitter sa poitrine. Il posa une main sur son pectoral gauche tout en serrant les dents pour contenir ce surplus d'émotions et lutter contre la chaleur qui se saisissait de lui. De longs ongles noirs se mirent à parcourir sa peau mate et retracer ses peintures. Ils stoppèrent leur course près de ses lèvres.

-J'aurais largement préféré tomber sur ce beau médecin plutôt que toi, Mir.

-Ne me touche pas...

La belle blonde s'humecta les lèvres.

-Hé, autant utiliser ce qu'on a de plus que les humains. Mais on peut savoir à quoi tu joues l'homme des bois ? Parce que je crois qu'ici c'est pas ton terrain de chasse... ou alors tu pensais toucher à mes loups ?

-Je m'approche pas de tes bêtes, ni de toi. Vous puez autant.

-C-Comment oses-tu ?! Espèce de rustre ! Mal élevé ! Je m'inquiète pour toi et tu oses m'insulter ! rugit-elle dans un mouvement de recul.

Le cyborg profita de ce moment de colère pour récupérer un total contrôle et placer un couteau sous sa gorge blanche.

-Pourquoi j'ai l'impression que tu as fait de mauvaises choses ? murmura-t-il.

-Je... Non, non. Je n'ai rien fait !

-Lydia ! Tu comptais le tuer ou quoi ? Pourquoi tu nous suivais ?

-Hé, calme-toi ! (Mir écarta seulement sa lame de quelques centimètres.) Je n'allais vraiment rien faire, ok ! Et puis je te l'ai dit non ? Je m'inquiétais pour toi !

-Le jour où tu t'inquièteras pour autre chose que ton petit cul...

-Tch ! Moi au moins j'ai un cœur !

-S'abaisser à ce genre de blague, franchement... Allez. Parle.

La bouche rouge passion de la jeune femme se tordit en un sourire machiavélique.

-Ben quoi ? Tu ne m'avais pas dit que «petite sœur» était rentrée... susurra-t-elle. Alors je me suis juste occupée de l'accueillir. C'était hier soir. Elle s'est montrée bien plus docile que toi, je dois même dire que j'étais surprise.

-Attends... Tu veux dire que c'est à cause de toi si elle a disparu ?

-Quoi ? Non, bien sûr que non ! Je lui ai seulement fait prendre conscience de la vraie nature des mâles... tu m'en veux pas ? Hé hé !

-Krys ne t'avait rien fait !

-Elle avait la main sur ce qui m'intéresse, soit le beau médecin, alors je l'ai retiré du jeu.

La mâchoire du cyborg tressauta. Autant pour lui si la jeune fille s'écartait d'elle-même de ce criminel mais il n'avait prêté assez d'attention à la blonde. Cette dernière était seule, chose anormale pour une personne aussi vaniteuse et inquiète de sa petite personne. D'ordinaire elle gardait un ou deux louveteaux à ses côtés et surtout lorsqu'elle prévoyait de le rencontrer. Mais il eut beau scruter les bois, pas un bout de museau ni de patte griffue.

-Où sont-ils ?

-Sois plus clair !

-Tes loups...

-Ah. Je les ai juste envoyés accomplir une petite tâche pour moi, ils devraient être rentrés d'ici ce soir. Pourquoi tu demandes ? C'est que tu me soupçonnes vraiment aujourd'hui...

Sa voix mielleuse le poussa encore une fois à réfléchir. Tout ne coïncidait pas parfaitement et impossible pour lui de deviner ce que désirait Lydia car elle pourrait très bien agir pour le compte du Dr. S. La jeune femme haussa les épaules.

-Tu as perdu ta langue ? Pourtant tu adores m'accuser à tort !

-Je sais juste pas dans quel camp tu es.

-Est-ce qu'il y a seulement un seul bon côté ? Peu importe ce que je choisis, ou toi, c'est jamais la bonne réponse. Alors oui j'ai fait quelque chose Mir ! Mais je l'ai fait pour nous et je ne te dirais pas quoi !

Il adopta un ton plus doux, tout en posant une main réconfortante sur son avant-bras.

-Dis-moi la vérité.

-Je... Je devais le faire, balbutia-t-elle d'une voix de détresse. C'est Sirius qui me l'a demandé ! Je ne sais pas comment mais il était au courant de tout !

-C'est pas grave. Dis-moi seulement ce que tu as fait.

-E-En plus d'avoir écarté Krys, j'ai ordonné à la meute de tuer les pirates.

Tout forme d'empathie disparut des traits de Mir. Les mains du cyborg créèrent une étreinte mortelle autour de la gorge blanche.

-Oublie ce que je viens de dire, les gens comme toi ne méritent vraiment pas la pitié des autres. Tu veux séduire Trafalgar ? Alors vas-y, amuse-toi. Et cache ce que tu as fait le plus longtemps possible.

La jeune femme suffoquait tandis que son teint de porcelaine rougissait à vue d'œil. Il la relâcha finalement.

-C'est pas obéir à ce malade mental qui va te sauver la vie.

-B-Bien au contraire... Maintenant que Krys est rentrée, il va lancer le traitement. Il a même dit que je serais la première à en bénéficier pour tous mes efforts !

Mir lui tourna le dos. Il ne voulait pas voir ça. Ses yeux remplis d'étoiles ou son bête sourire d'enfant lorsqu'elle parlait de cette nouvelle vie qui leur avait été promise. Lui se souvenait d'une petite blonde à peine plus âgée que lui et avec qui il aimait jouer lorsqu'ils étaient enfants. Pas cette garce arrogante sur talons aiguilles qui se croit irrésistible. Néanmoins, il avait maintenant la certitude que Krys était en vie. Sûrement loin d'ici mais vivante. Ce qui l'inquiétait par contre était la réaction de Trafalgar Law lorsqu'il se rendrait compte que son équipage resté au camp avait été décimé. Le scénario était juste prévisible : Gabriel serait le coupable et Lydia s'en sortirait bien, comme toujours. La blonde en profiterait même pour se rapprocher du chirurgien. Cette image arracha un bref sourire au cyborg. Impossible que cette homme-là se laisse séduire aussi facilement... par une garce, qui plus est.


Hep ! Fin du chapitre !

Donc je vous ai prévenu en haut, j'ai des choses à dire... Déjà merci, hein. Comment ne pas vous remercier alors que vous m'écrivez de si belles choses, en pm ou en review ! Mais je vous dois des excuses. Et oui. Car je pense que la dernière fois j'ai envoyé ça un peu trop vite, sans même réfléchir alors que voilà, c'est les vacances, et donc vous n'avez pas forcément le temps ou internet. Moi-même les vacances je pars souvent à la campagne et pour internet là-bas c'est Koh Lanta avec les cousins !

Donc je m'excuse de ne pas y avoir réfléchi, j'espère que ça ne vous a pas froissé et que vous ne l'avez pas pris comme une plainte. Et puis j'ai (encore ?) autre chose à dire. Nombreux sont ceux qui lisent mais ne laisse pas de reviews. J'appelle ça des lecteurs fantômes ou ghosts readers pour faire plus classe (à l'anglaise !) mais j'ai eu tort de le reprocher. Car moi aussi et comme beaucoup j'en faisais partie avant de m'inscrire. Ce n'est vraiment qu'en devenant auteure de fanfiction que j'ai compris ce problème de communication entre nous et les lecteurs.

Ça y est j'ai fini de vous ennuyer ! Merci pour vos conseils, faut vraiment que j'arrête de psychoter sur chaque détail ^^