Bonjour/Bonsoir !
Merci à Ouji-chan0005, Ic'ilver, loulou380, otaku-chocolat, Heavenly0 et nikkouyoku pour leurs commentaires !
Résumé : "Dans l'amas de ferraille et boulons en vrac, se cache peut-être une perle. Peut-être est-elle plus brillante que les autres, peut-être pas. Et toi chirurgien, tu en penses quoi ?" LawxOC
Disclaimer : Le monde de One Piece ne m'appartient pas évidemment.
Sur ce bonne lecture !
Under the iron chapitre 18
La jeune fille restait, malgré elle, le poing paralysé près de la grande porte d'entrée. Dans son coeur se mélangeaient joie intense et anxiété. Son père sera-t-il comme elle l'imaginait ? Et elle, correspondrait-elle à ses attentes ? Sa gorge se serra rien qu'à y penser. Alors que son bras s'abaissait lentement, une main au teint café lui saisit le poignet.
-Si tu as peur maintenant, n'avance pas plus. Tu as le choix.
-Mais je ne veux pas mourir...
-Moi non plus.
Qui le voudrait, après tout ? Mir jeta en regard en biais à Law. Son coeur trembla un peu plus fort. Le chirurgien avait sur cette grande porte le regard d'un fauve. S'attendait-il à voir une armée de soldats derrière ? C'était du moins ce qu'il laissait paraître, mais le cyborg ne doutait pas qu'il était trop stratège pour montrer ses émotions à ce stade de la course.
Avec le soutien de son frère, Krys tourna la poignée.
La porte s'ouvrit avec un grincement de protestation. Leurs muscles se tétanisèrent un peu. Un monstre n'allait pourtant pas leur sauter à la gorge : c'était un grand hall vide avec un sol en damier. Ils pénétrèrent un à un et Law fut le premier à lever les yeux au plafond. Seulement un lustre brillant. Et autour d'eux, rien que des portes. Au fond, un large escalier menant à l'étage du dessus. Et quand le chirurgien pensa à fouiller les lieux en silence, Krys, elle, s'humecta les lèvres et se racla la gorge.
-Hum ! Il y a quelqu'un ?
Mir lui couvrit la bouche de sa main. Le docteur et son assistants n'étaient pas des hommes très sociables. Alors que penseraient-ils de cette intrusion ? Aux aguets, les pirates se dispersèrent dans tout le hall. Mais soudain, une voix nette et ferme les fit sursauter.
-Ce n'est pas souvent que l'on reçoit de tels invités...
Un homme de quarante ans environ, à l'allure prétentieuse, vêtu d'une longue blouse immaculée, se tenait en haut de l'escalier. Il fixait Law sans même se préoccuper des autres. Et pourtant, il en avait des choses à leur dire. Le laborantin descendit les marches qui les séparaient.
-Enchanté, monsieur Trafalgar, murmura-t-il en le détaillant de la tête aux pieds derrière sa petite paire de lunettes.
-Qui êtes-vous ?
Mir, qui lui aussi ne lâchait plus l'homme du regard, répondit à sa place.
-C'est l'assistant du docteur, Howard.
-Exact. Mais je vous en prie, ne faisons pas semblant de ne pas nous connaître. Vous savez déjà certaines choses sur nous Trafalgar, et nous en savons assez pour avoir tenté de vous tuer. Je ne m'excuserais pas pour ça. C'est un système de sécurité et vous présentiez un danger évident. Vous en présentez toujours un d'ailleurs, alors je vous demanderai à tous de bien vouloir déposer vos armes dans cette malle à l'entrée.
Lydia ne contesta pas, elle qui ne portait rien que sa tenue extravagante, et Gabriel s'exécuta sans discuter, ce qui étonna Krys. Mais les pirates, ainsi que le géant, restèrent sans bouger d'un poil.
-Même les invités doivent se plier aux règles du manoir, insista Howard. Si vous voulez rencontrer Sirius, je vous le conseille fortement. (Sa voix se déforma d'une pointe de méchanceté. Il se tourna vers Mir.) Et toi, le sauvage, même si tu n'es clairement pas invité, je te demanderai de le faire.
Le cyborg le toisa avant de jeter ses couteaux dans la malle. Law s'y ajouta peu après, et son équipage le suivit. Seul Krys resta inerte cette fois-ci, elle garda la dague sur sa cuisse. Et contre toute attente, l'assistant implacable lui sourit.
-Hé ! Qu'est-ce que ça veut dire ? s'énerva Lydia.
-Silence.
Rien que sa voix eut sur elle un effet incomparable et la blonde se fit aussi petite que possible. Howard haussa nonchalamment les épaules.
-En attendant que le docteur soit prêt à vous recevoir, je vous demanderais de rester ici avec votre équipage.
Le capitaine pirate acquiesça et l'homme poursuivit.
-Quant à vous quatre, dit-il en s'adressant aux cyborgs, vous retournerez chacun dans vos chambres respectives.
-Hum... Je ne me souviens plus où était ma chambre, balbutia la jeune fille.
-Tu logeras avec Gabriel de toute façon.
Les deux concernés se regardèrent dans le blanc des yeux.
-Pourquoi c'est moi qui me la coltine encore ? On n'a plus besoin de jouer aux frères et sœurs, elle a grandi !
-Vous êtes une famille. Je ne me répèterai pas, M-21 dormira dans ta chambre. Partez maintenant. J'ai déjà trop à organiser sans en plus m'occuper de vous et vos chamailleries...
Effectivement, la brune ne doutait pas qu'il dirigeait ce manoir d'une main de fer. Et avec lui pas de questions à poser, à moins d'en soulever une deuxième. Après que le "majordome" ait éjecté les cyborgs dans leurs appartements, celui-ci lança un sourire fourbe aux Heart.
-Est-ce normal pour une proie de séduire son prédateur ?
-Je ne me considère pas comme la proie en question, répondit Law.
-Ils sont conçus pour anéantir votre génération pirate. N'oubliez pas ce détail quand vous vous adressez à eux, car ils seront bientôt en mesure de vous affronter.
-Je me fiche de vos cyborgs. C'est avec le Dr. S que je veux passer un accord.
-Avant, puis-je connaître la nature de cet accord ?
-C'est confidentiel.
Howard poussa un discret grognement. Ce n'était pas comme s'il allait tout déballer d'un coup évidemment, mais il n'insista pas. Au moment où il se retourna pour prendre congé, une longue épée fit son apparition sur son cou.
-Ne vous ai-je pas dit d'attendre ? bafouilla l'homme pris dans son étreinte mortelle.
Il fit pression sur sa gorge. Le laborantin toussota.
-J'ai compris. Il est dans son bureau. Lâchez-moi et je vous y conduis, mais seulement vous.
-Je n'en demandais pas plus.
Le chirurgien s'exécuta et échangea un hochement de tête avec son second avant de gravir les marches de l'escalier à la suite de l'assistant. Ce dernier déglutit en s'arrêtant devant une porte de bois noir profond.
-Le Dr. S est aussi compétent que messieurs Vegapunk ou Ceasar Clown, veuillez donc restez poli malgré votre milieu.
Law s'humecta les lèvres. Un homme avec de tels préjugés sur eux ne valait pas la peine qu'il s'y intéresse. Il entra de lui-même et Howard ferma la porte. C'était une pièce spacieuse, bordée par deux bibliothèques, avec des meubles sophistiqués. Dans l'ombre, il trouva le visage ridé d'un vieil homme trapu dans sa blouse blanche. Celui-ci le fixait sans un mot depuis son bureau.
-Docteur Sirius. J'attendais notre rencontre depuis un moment.
-Je sais... Je sais des choses, affirma le laborantin. "Chirurgien de la mort". C'est une plutôt belle appellation.
-Je crois que ça en dit long. Votre assistant m'a fait comprendre que les négociations devaient être courtes, si je voulais quelque chose. Mais j'ai bien l'intention de l'obtenir et peu importe la manière.
Un curieux silence s'installa. Sirius éclata de rire.
-Ha ha ha ! Je n'en attendais pas moins. Alors, qu'est-ce que vous attendez d'un pauvre vieillard comme moi ? Je n'ai que mes créations et assez d'argent pour vivre confortablement. C'est ce que vous cherchez ? Vous voulez me voler ?
-Non.
-Alors quoi ?
-Vous me devez un service : j'ai sauvé votre fille et l'ai ramenée en vie.
Le vieil homme haussa les épaules.
-C'est elle... n'est-ce pas ? Si c'est elle que vous me demandez alors je ne peux rien pour vous.
Trafalgar posa ses mains sur le bois ciré en se penchant en avant.
-J'ai longtemps réfléchi à ma demande, Dr. Sirius. Mais une vie ou un objet, ce n'était pas assez. Je sais exactement avec qui vous êtes en contact maintenant, je sais que le Gouvernement vous menace, j'ai vu les traces de balles cachées derrière les volets. Ce n'est pas récent. Et ce manoir a été rénové pour camoufler tout cela.
-Bonne déduction...
-Je ne suis là pour juger personne. Il n'y a que Joker qui m'intéresse.
Le docteur se figea, avant de prendre un air menaçant.
-Comment savez-vous à propos de Joker ?
-Une histoire aussi longue que la vôtre.
-Tss... Je ne parlerais pas à propos de mes contacts. (Il croisa les bras.) Si c'est tout ce que vous voulez, alors vous avez fait un bien long chemin pour rien.
-Ne vous en faites pas, je l'obtiendrais avec le temps, assura-t-il d'un air prétentieux. Mais il n'y a pas que ça. Krys n'a plus que trois mois à vivre.
-Je suis au courant. C'est dû à la perte d'un des leurs, c'est comme ça qu'ils fonctionnent. Plus ils sont proches et plus ils sont forts. Mais étant donné qu'un des cinq est mort, cette énergie vitale a fortement diminué avec le temps.
-Et donc ?
-J'ai préparé un traitement au cas où ça arriverait, donc vous pouvez repartir, elle ira bien.
-Je regarderai votre traitement... en tant que médecin.
-Ha ha. Vous tenez vraiment à ces informations sur Joker ! Hé bien, oui, pourquoi pas. Mais n'oubliez pas que vous êtes mon invité Trafalgar. N'allez pas trop loin, même si vous êtes près du but... Qui sait ? C'est parfois dangereux.
Le chirurgien hocha la tête. Dangereux ? Oh oui que ça l'était ! Mais certainement pas pour lui.
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La jeune fille n'avait pas gardé beaucoup de souvenirs du manoir. Mais elle se souvenait n'avoir jamais été la bienvenue dans la chambre de Gabriel. Elle n'aimait pas cette pièce. Il y avait toujours cette odeur de fer, et elle n'avait jamais su d'où ça provenait ; et elle ne voulait pas le savoir. De toute façon, si elle lui posait la question, il lui raconterait sans aucun doute une affreuse histoire de cannibalisme pour la faire détaler comme un lapin. La cyborg haussa nonchalamment les épaules en répondant au regard fourbe du rouquin.
-J'espérais que ce soit lui qui descende l'escalier pour venir me rencontrer... Est-ce qu'il me déteste Gabriel ?
-Te détester ? Toi ? La petite privilégiée ! Aucune chance ! Il est juste occupé, comme toujours. Jamais de temps à accorder aux autres. Puisque que nous ne sommes que ses insectes... finit-il à voix basse.
Elle ignora ses murmures inaudibles et fronça les sourcils.
-Mir n'a pas l'air content d'être ici.
-Hé bien... Je suppose que tu peux le considérer comme un rebelle, si tu vois où je veux en venir. Peu importe ce qui va se passer maintenant, tu ne dois pas le suivre.
-C'est mon frère. Je peux le soutenir.
-Oui. Et je retrouverai ton cadavre dans la boue des marécages. Ne le suis pas, c'est tout. Il est contre les projets du docteur, comme Henry, et regarde un peu comment ça se termine. On est pas du même monde. Ce mec n'a pas besoin de vivre ! Il veut juste se persuader qu'il se bat pour quelque chose ! Mais il va juste mourir, et pas nous.
Le prenant par surprise, la jeune fille saisit son col, avec une force qu'il ne lui connaissait pas.
-C'est toi qui va crever...
-Moineau. Je plaisantais, hein !
-Alors t'attends pas à ce que je rigole.
Il écarquilla les yeux de surprise. Visiblement, ce n'était pas que lui qui l'avait mise en colère.
-Quoi ? Miss est fâchée à cause de son prince charmant ? T'étais prévenue ! cria-t-il en la dévisageant.
-Ça n'a rien à voir avec lui !
-Putain ce que t'es aveugle...
Gabriel tourna le menton. Il aimait énerver les gens, mais il détestait par-dessus tout devoir jouer l'ange pour eux. Jamais il ne montrerait la lumière à Krys. Elle n'était pas plus pure que lui, alors pourquoi le mériterait-elle ? Au moment où le cyborg posa la main sur la poignée, il se prit un coup dans la mâchoire qui le fit presque tomber à terre. Gabriel se ressaisit.
-Je pensais pas que t'avais assez de cran pour oser... Parfait, moineau, c'est toi qui l'aura voulu.
Il faucha sans prévenir les jambes de la jeune fille et l'expédia contre la commode avant qu'elle n'ait le temps de se relever. Krys toussa, la mort dans le regard. Il le devinait : elle n'était pas bien, et ça n'allait qu'empirer. Pourtant elle se redressa sur ses jambes et tenta de l'assommer avec son poing de métal. Il répondit par un coup du genou qui lui fit à nouveau mordre la poussière. Et même à terre, le cyborg continuait de la frapper. Au début, ce n'était qu'un sentiment de douleur qu'il lui donnait, mais son sang ne tarda pas à couler et tacher le bois... Gabriel, quant à lui, ralentissait à vue d'œil, les poumons en feu. Il tomba les genoux baignant dans le sang.
-Hé... ça a déjà commencé.
-Quoi ? suffoqua-t-elle.
-On perd notre énergie. On devient fous. C'est ta faute... (Il toussa dans sa manche.) Si ce traitement ne fonctionne pas, je te jure que tu seras la première à partir...
-J'en ai plus rien à faire. Tu peux me tuer maintenant si tu veux.
Elle rampa dix centimètres de plus vers lui et déposa sa dague au sol.
-Je comprends Mir. Ce monde n'a pas besoin de nous. La Justice, n'a pas besoin de nous.
-Tu te trompes... Les humains sont stupides ! Ils nous sont inférieurs !
-Non. C'est nous, le problème, Gabriel. Je veux pas vivre si c'est pour mettre le monde à feu et à sang.
-Mais tu ne peux rien faire contre ça. Même moi, j'ai beau parler, je n'ai pas plus que toi vermisseau. Je suis pas pareil, c'est clair, mais je suis aussi faible.
Il caressa du pouce ses joues pâles.
-Range-ça. Je te hais depuis toujours, et pourtant j'ai jamais voulu te tuer. Alors c'est pas pour aujourd'hui.
Elle baissait mollement la tête et s'asseyait sur ses chevilles quand la porte s'ouvrit brusquement. C'était Trafalgar, qui les fixait, tous les deux par terre l'un en face de l'autre et dans une flaque de sang. La cyborg le devança avant qu'il ne les questionne.
-Ce n'est rien.
Il n'était pas encore assez stupide pour y croire face à ces traces de combat dans la pièce. Le chirurgien, la main sur son nodachi, menaçait Gabriel de parler.
-Une mauvaise blague, mentit celui-ci. Je voulais lui faire peur.
-La peinture ne sent pas le fer, je crois.
-Je n'ai jamais dit que c'était de la peinture.
Le capitaine ne chercha pas à entendre plus. Il saisit brutalement le bras de la jeune fille. Celle-ci se mordit la langue pour ne pas hurler : elle pouvait encore sentir les coups de Gabriel sous sa peau, bien qu'il n'y ait pas de marques pour en témoigner et heureusement. Krys eut beau tirer comme elle le pouvait, Law restait largement plus fort qu'elle.
-Laisse-moi tranquille !
Il la jeta dehors et ferma la porte. Un frisson parcourut les jambes de la brune lorsqu'il se retourna. Et maintenant, allait-il s'excuser ou la jeter par-dessus la barre d'escalier...
-Qu'est-ce que je dois faire pour que tu me comprennes ? Dis-le moi ! Je ne le devinerai pas !
Elle sursauta bêtement. Entendre Law crier, ça ne laissait jamais de marbre.
-Ecarte-toi, répondit-elle. Je dois parler avec Gabriel...
-Tu ne parleras avec personne. Plus jamais tu n'entreras dans la chambre de ce fou !
-Alors ce n'est plus moi la folle maintenant ?
-Je ne parlerais pas de notre relation Krys. Mais je te demande de... (Il prit un air intransigeant.) Je t'ordonne de me suivre.
-Et pourquoi je le ferais ? Ici tu n'as aucune autorité sur moi !
-Je suis ton capitaine. Que ce soit ici ou partout ailleurs je fais ce qu'il me plaît.
Trafalgar n'hésita pas une seconde à poser la main sur ses bandages au bras pour l'obliger à le suivre. Il la fit entrer dans une petite chambre à l'écart des autres pièces. Immédiatement, la jeune fille se retourna vers la porte, qu'il avait déjà pris soin de fermer à clé. En examinant les lieux, elle trouva les affaires du chirurgien sur le bureau, la commode. C'était la chambre qu'on lui avait assigné. Une colère sourde monta en elle.
-Qu'est-ce que ça veut dire... Law !
-Installe-toi. Ce sera ta chambre dorénavant.
-Ouvre cette porte.
-C'est moi qui donne les ordres. Je me fiche pas mal de ce que Gabriel pourrait te faire, mais c'est un plan, pour moi. Et tu vas t'y tenir.
-Hmpf... Alors commence par me dire en quoi je suis "utile" pour ton putain de plan !
-Sirius nous a volontairement écartés. Alors j'ai regroupé mon équipage et tu n'y fais pas exception. Pense ce que tu veux, c'est une stratégie.
La bouche de Krys se tordit en une grimace ironique.
-Si tu voulais pas être tout seul dans ton lit, tu n'avais qu'à appeler Lydia. Elle t'aurais invité, elle.
-Est-ce que c'est de la jalousie que j'entends ? répondit-il, tout aussi moqueur.
Elle serra les dents. Il voulait la défier ? Parfait ! Ce n'était pas elle la fautive.
-Je suis pas jalouse. Je suis en colère.
-Vraiment ? Pourquoi ça ? J'ai été gentil il me semble.
Gentil ? Ha... Espèce d'hypocrite. La jeune fille souffla par le nez.
-Tu m'as fait espérer deux fois Trafalgar. Deux fois j'ai cru que tu étais sincère ! Deux fois tu as joué avec moi comme si j'allais gober chacun de tes mensonges !
-J'ai dit que je ne voulais pas en parler.
-Ben à part ça j'ai rien à te dire, capitaine, conclut la jeune fille comme une insulte.
Le chirurgien fronça les sourcils et son visage se durcit.
-Honnêtement, tu as le droit de savoir, et je peux te le dire. Si tu acceptes mes conditions.
-Qu'est-ce que c'est ?
-Premièrement, tu ne peux en parler qu'avec mon équipage et discrètement. Ensuite, n'aie confiance qu'en moi. Tu ne dois croire que ce que je te dirais, et admettre que les autres te mentent, sinon ça perd tout son sens.
-Et pourquoi je ferais ça ?
-Parce que tu pourrais bien te faire tuer... et parce que j'ai besoin de toi, avoua-t-il en grommelant un peu.
La jeune fille ouvrit soudain de grands yeux innocents en se pointant du doigt.
-Moi ? Tu... as besoin de moi ?
-Est-ce que c'est un événement historique ? ironisa le chirurgien.
Elle reprit son sérieux et fit mine d'être réticente.
-Hum... Si tu me dis la vérité, je suppose qu'il y a moyen de s'arranger. Mais je peux respecter tes conditions.
-Parfait. Assis-toi.
Elle s'exécuta et il s'installa sur le lit, tout près d'elle. Krys avait cependant le regard fuyant. Elle ne s'imaginait pas être si proche de lui après avoir été si en colère. Comment pouvait-il être si doué dans ses mots, à toujours la convaincre de croire en lui, même si tout la persuadait du contraire ?
-Je sais ce que tu penses de moi Krys-ya mais tu te trompes. Je ne suis pas venu ici pour te regarder mourir, tuer des gens, ou une autre bêtise sordide. Il y a une personne que je cherche depuis longtemps, et je crois qu'elle connait cet endroit. Non, j'en suis sûr.
-Ah bon ?
-Cet homme travaille dans la pègre, et Sirius est étroitement lié à ce milieu. Je suis certain qu'ils se connaissent, même s'ils ne se sont probablement jamais vus.
-Ok, admettons. Je peux faire quoi ?
Il posa ses mains sur les épaules de la cyborg et constata silencieusement qu'elles étaient glacées.
-Si je ne pensais pas ce que je t'ai dit la dernière fois, peux-tu me rendre un service ?
-Quand tu m'as traitée d'esclave tu ne le pensais pas ? fit-elle en croisant les bras sur sa poitrine avec une moue énervée.
-... non. Absolument pas.
Un sourire radieux illumina son visage pâle. Elle ne se sentait vraiment pas bien, mais était juste heureuse de l'apprendre.
-C'était une manière de nous rendre plus distants Krys : je voulais voir comment tes amis cyborgs réagiraient.
-Ah... Je vois. C-C'est bien alors, bredouilla-t-elle en tournant la tête. Et ce service ?
-Je veux que tu sois proche de moi.
Elle faillit s'étouffer. Son rythme cardiaque se mit à jouer sur tous les tons.
-Proche ?
-Oui. Pour obtenir ce que je souhaite de Sirius.
Cette chaleur dans sa poitrine retomba aussitôt. Elle se leva du lit en prenant une grande inspiration.
-C'est bien ce que je te disais Law ! Demande-ça à Lydia.
-Ne sois pas stupide, je l'aurais déjà fait si je le voulais. Mais je ne veux pas.
-Et moi je ne jouerais pas au couple amoureux pour tromper les gens !
La cyborg se précipita sur la porte, qu'elle tenta bien d'ouvrir dans tous les sens, mais impossible sans la clé. Le chirurgien poussa un grognement. Il se leva à son tour, saisit son poignet et la jeta sur le lit.
-Tu t'attends à ce que je te dise juste de partir ?
-...
-Ne me prends pas pour un idiot. Si je te laisse sortir de cette chambre tu te feras un plaisir de tout ruiner.
-Tu t'es servi de moi, je ne fais que me venger !
-J'ai utilisé Gabriel. J'ai utilisé Lydia. Et maintenant je vais utiliser Sirius. Mais ton nom n'est pas dans le lot, alors calme-toi avant que je ne change d'avis, et tu pourrais le regretter, menaça-t-il.
Sa main froide caressa d'abord doucement l'épaule de la brune et remonta ses clavicules avant de la saisir brusquement à la gorge. Elle le regarda droit dans les yeux, sans douleur ni colère, car son combat avec le roux l'avait déjà trop épuisée, et elle n'était pas sûre de vouloir l'affronter lui. Trafalgar la relâcha en soupirant, comme s'il était soulagé qu'elle n'ait rien tenté.
-La pauvre fille en kaki se serait mise à pleurer.
-J'ai changé, tu trouves ?
-Tu as grandi.
Il plaqua sa paume contre le front de la cyborg.
-N'en parlons plus. Si tu ne veux pas alors ce n'est pas la peine. Pourquoi tu t'es battue avec Gabriel ?
Elle ne chercha pas à mentir ou à se défendre, et lui dit toute la vérité : elle avait eu un moment de faiblesse et n'avait pas su contenir sa haine à l'égard du rouquin. De toute évidence, Law l'avait déjà deviné, puisqu'il devinait toujours tout.
-Et cette flaque de sang ? dit-il en voyant qu'elle ne portait aucune plaie.
-J-J'ai vomi... bredouilla-t-elle.
Le médecin poussa un long soupir exagéré. Elle eut un petit sursaut lorsqu'il jeta son sac sur le lit. Il lui semblait de plus en plus effrayant, à mesure qu'ils discutaient. Law déposa devant elle deux boîtes blanches et un sachet.
-J'ai récupéré ça dans l'infirmerie du manoir. Tu as des antibiotiques, de l'anti-douleur, et une pommade.
-Merci.
-Y a pas de quoi, répondit-il sèchement. Je vais dans la salle de bain. Ne sors pas de là, c'est compris ?
-J'ai pas huit ans, c'est toi qui le dit...
Il haussa malgré lui le coin des lèvres, et le supernova eut un mal fou à se retenir de frotter son cuir chevelu avant de s'enfermer dans la salle de bain. Sûrement une mauvaise habitude qu'il avait prise en devenant plus proche d'elle : le contact. Une chose qu'il n'avait pas avec beaucoup de gens. Voir personne. Et il avait sa propre hypothèse sur le sujet. En tant que médecin, il avait une parfaite connaissance de l'humanité, peu de choses pouvaient encore l'étonner. Et Krys était l'opposé de ce sentiment ennuyeux. Sa soif de connaissance ne serait jamais tarie à travers elle.
La jeune fille examina minutieusement le contenu chaque boîte avant de se servir. Elle avala les comprimés sans eau et se laissa tomber sur le matelas, les bras grands ouverts et le regard voguant vers le plafond. Tout son corps la faisait souffrir mais elle savait que ce n'était pas uniquement dû à son combat. Elle l'avait déjà senti ce matin. Elle s'affaiblissait lentement, comme le lui avait dit Gabriel. Et c'était apparemment le cas pour eux quatre.
La brune fouilla par curiosité le sac à dos du chirurgien. Sans surprise, elle y trouva des médicaments, des notes éparpillées, mais un petit carnet qu'elle n'avait encore jamais vu. Pourtant, à force de ranger son bureau, elle était quasi-certaine de connaître ses affaires par coeur. Elle le prit sur ses genoux et le feuilleta doucement.
Ses grands yeux bleus s'écarquillèrent. Ce fut d'abord de l'étonnement, de la curiosité, avant d'être un sentiment de reproche envers elle-même. Law n'était vraiment rien de ce qu'elle pensait. Pas même un psychopathe ou un sadique. Le chirurgien avait écrit plus d'une dizaine de pages, rien que sur elle. Tout ce qu'elle avait pu montrer, dire ou faire, il l'avait recensé avec de l'encre. Alors qu'elle semblait n'être qu'une poussière face à son regard, à lire ce carnet, on croirait qu'elle était la chose la plus importante. Enfin... dans un sens. Et dans le deuxième elle était juste sa patiente, à ne pas s'y tromper. Mais son côté rêveur la poussait vers les sentiments et elle aimait donc cette manière dont il décrivait ses goûts et ses problèmes. Sur le papier elle n'était pas "folle". Juste différente.
La jeune fille ne pouvait s'empêcher de rire et sourire au fil de sa lecture. Pas invisible, se disait-elle. Je ne suis pas invisible ! Elle prit de longues inspirations pour calmer son coeur tout affolé et s'efforça d'atténuer sa joie. Il ne fallait pas non plus qu'elle commette encore la même erreur et se retrouve à pleurer parce qu'on avait anéanti ses espoirs. Krys se tapotait les joues pour remettre ses idées dans l'ordre quand le sujet de ses gloussements sortit de la salle de bain déjà séché et habillé, au grand damne de la jeune fille. Mais ça, elle ne le dirait pas. Cependant il plissa les paupières en voyant qu'elle tenait entre ses mains son carnet. Il le lui arracha sans ménagement.
-Personne ne t'a enseigné la politesse j'imagine !
-Je ne l'ai pas ouvert... fit-elle le rose aux joues et le regard joyeux.
-Tch. Qui va te croire ? Sérieusement, regarde-toi dans une glace avant de me mentir.
La brune souffla.
-Bon... j'ai lu une page. (Il insista du regard.) J'ai tout lu ?
-C'est mieux.
-Mais pourquoi tu écris sur moi ? Je suis jolie, c'est ça ?
-Tout ce que tu as pu lire était uniquement écrit d'un point de vue médical. Ne te fais pas d'idées.
-Oh. Alors c'est pas la peine de le cacher... bougonna-t-elle.
-Je ne le cache pas !
Un sourire farceur s'imprima sur son visage.
-Mais ça veut dire que tu m'observes... comme un pervers ! Ah !
-Abrutie, grommela le chirurgien en croisant les bras.
Krys ricana comme une enfant avant de le regarder avec les yeux qui pétillent. Elle s'humecta les lèvres.
-Je ne veux pas faire semblant d'être un couple, mais je m'excuse pour ce que je t'ai dit avant. Je croyais que si je le voyais pas c'est que c'était inexistant et en fait pas du tout. Tu es méchant, mais tu prends soin de moi, murmura-t-elle en pointant du doigt son carnet. Et puis aussi, je pense que tu crois en moi, même si ça ne se voit pas.
-Un coup je suis le pire et le lendemain un héros. Ou tu me fais confiance ou non, Krys. Mais maintenant décide-toi.
-J'ai toujours eu confiance en toi, en tant que capitaine.
-Et en tant qu'homme ?
-J'aimerais. Mais tout le monde me le dit, et je sais que je ne pourrais pas supporter de te voir proche d'une femme comme Lydia, alors je laisse tomber, avoua-t-elle avec le sourire malgré tout.
-Hm ça m'étonne de t'entendre dire ça. Tu étais apparemment prête à tout pour moi. Et tu abandonnes dès la première concurrente ? ricana-t-il.
-Arrête de te moquer !
-Non, je suis très sérieux. C'est bizarre mais je comprends. Et puis, au fond, même en disant cela tu m'aimes.
-Qu... Sale narcissique ! Tu te crois beau ? Tu... Tu te crois magnifique ? Tu es juste... joli.
La cyborg se mordit la langue en grimaçant. Pourquoi fallait-il toujours qu'elle sorte des absurdités ?! Et le pire, c'était qu'il avait raison. Elle l'aimait toujours, elle l'aimait encore. Elle l'aimerait demain. Mais cette fois elle ne se laisserait pas convaincre par cet amour et c'était la seule différence. Sans prévenir, le chirurgien lui tira les joues.
-Oh... Alors on a faible pour moi ? ria-t-il en faisant mine de ne pas déjà le savoir. (Il se lécha les lèvres et la fixa intensément.) Est-ce que ce serait mon regard qui te met dans cet état ?
La bouche entrouverte comme un poisson hors de l'eau, elle se tenait la poitrine où son coeur rebondissait à un rythme infernal. Tant d'émotions en une seule journée, cela devrait être interdit. Elle baissa les yeux et se cacha derrière ses cheveux bruns.
-Laisse-moi tranquille...
-Tu as fouillé mes affaires miss, j'ai bien le droit de m'amuser à mon tour.
Les lèvres du capitaine pirate partirent explorer la nuque blanche de Krys et embrasser ses épaules. La jeune fille se laissa dompter un moment avant de sursauter brusquement lorsqu'il posait les mains sur la fermeture de son short. Elle lui donna une petite tape sur le bras.
-Je le savais. T'es un pervers qui tient un journal sur moi !
-D'abord, je ne suis pas un pervers, et c'est un rapport sur ton état de santé ! rétorqua-t-il en enlevant ses mains.
-Gnagnagna...
Malgré toutes ses tentatives, la cyborg se débattait contre ses caresses, au point qu'elle commençait vraiment à prendre ça pour un jeu, ce qu'il ne voulait pas. Loin de lui l'intention de lui faire du mal mais maintenant que le malentendu était éclairci entre eux, il ne pouvait se permettre d'en abuser. Law se saisit d'un petit flacon, qu'il dé-bouchonna sous le nez de Krys.
-Qu'est-ce que c'...
Elle plongea d'une seconde à l'autre dans un état de plénitude totale. Le regard dans le vague, elle marmonnait des choses incompréhensibles, et auxquelles il ne fit pas attention. Il déposa un baiser fugace sur sa joue et ferma la porte derrière lui.
Ce soir, Krys ne serait pas présente au dîner. Elle ne rencontrerait pas Sirius. Mais Law aurait une bonne excuse, car après tout, elle lui appartenait. Et il n'avait pas besoin de collier pour le prouver.
Ha ha ! On se demanderait qui est le plus méchant de tous...
Laisse-moi un petit message et Law viendra t'endormir avec son flacon magique ! \o/
