Bonjour/Bonsoir !
Merci à Ouji-chan0005, Ic'ilver et Heavenly0 pour leurs commentaires !
Résumé : "Dans l'amas de ferraille et boulons en vrac, se cache peut-être une perle. Peut-être est-elle plus brillante que les autres, peut-être pas. Et toi chirurgien, tu en penses quoi ?" LawxOC
Disclaimer : Le monde de One Piece ne m'appartient pas évidemment.
Sur ce bonne lecture !
Under the iron chapitre 19
Ce matin-là elle s'était réveillée à moitié dans les vapes, avec très peu de souvenirs de la veille. Juste sa discussion avec Law et d'autres choses éparpillées ci et là dans son esprit. Le chirurgien était assis sur le rebord de la fenêtre, un vieux bouquin dans les mains. La voyant quitter le lit en bâillant, il eut un petit sourire en coin.
-Tu as ronflé. Toute la nuit.
-Ah bon ? s'écria-t-elle.
-Nan. Je t'aurais déjà étouffée avec un coussin sinon. (Il posa son livre sur le côté et écarta les bras.) Tu viens me dire bonjour ou tu restes plantée là ?
La cyborg lui répondit par un vaste signe de la main, les yeux mi-clos, et partit se débarbouiller dans la salle de bain, se demandant pourquoi il était de si bonne humeur. Au point de la réclamer dès le matin... Brrr. Elle frissonna. Le Law affectif était encore plus effrayant que le normal. A peine fut-elle sortie qu'il la fusillait du regard.
-J'attends miss.
La brune frotta ses paupières gonflées avant de venir se coller à son torse chaud.
-Bonjour Law...
-Bonjour petit chiot. Bien dormi ?
-Hm. J'ai jamais dormi aussi bien depuis qu'on a quitté le sous-marin !
Il retint un rire mauvais. Si elle savait ce qui l'avait faite dormir comme une souche, elle s'inquiéterait.
-Ton père t'attend dans son bureau.
-Quoi ? Et tu ne me l'a pas dit ?
-Je viens de le faire.
-Mais je suis même pas présentable... J-Je devrais...
Trafalgar saisit brutalement ses épaules.
-C'est l'homme qui t'a rejetée, pourquoi tu devrais lui plaire ?
Elle lui répondit par une moue boudeuse. Evidemment qu'il ne pouvait pas comprendre ça... La jeune fille récupéra dans la commode une chemise et une petite jupe, en espérant qu'elles soient à sa taille. Lorsqu'elle sortit de la salle de bain, elle partit faire valider sa tenue par le regard intransigeant de son capitaine. Ce dernier nota avec un sourire que Krys n'était pas si "plate". Bon, un peu quand même. C'était Krys-ya.
-Ne me regarde pas comme ça, gloussa-t-elle, je vais presque croire que je te plais...
-Hm, pas tout à fait.
-Menteur. Dans tes yeux ça dit que je suis mignonne !
Il soupira. Impossible de lui faire entendre raison lorsqu'elle partait dans ses rêves. Le supernova sortit sa clé et lui ouvrit la porte.
-Si je vois que tu n'es pas revenue avant 11h, je t'enferme dans une cage. Compris ?
-Pff... rabat-joie. A tout à l'heure !
D'une seconde à l'autre elle se retrouva dans les couloirs du manoir. Sa tête se remplit d'idées farfelues toutes dues aux obligations que lui imposait le chirurgien. Elle avait soudainement envie de s'enfuir, ne pas même pas savoir d'où elle venait ou combien de temps elle survivrait... Et elle l'aurait fait si elle n'avait pas lu le carnet de Trafalgar. Son attention était sa seule raison de rester, alors elle avança les mains derrière le dos et stoppa nette devant la porte où se tenait Howard.
-M-21.
-Monsieur Howard. Vous savez où est le docteur ?
Il ignora sa question.
-Que faisiez-vous hier soir ? Votre absence s'est faite remarquée, si je puis me permettre.
Elle arqua un sourcil, et, même si elle n'était au courant de rien, décida elle aussi de jouer au jeu de la politesse. Law le lui avait bien montré.
-Veuillez m'excuser. Nous avons fait un long voyage et je ne me sentais pas d'humeur à parler de choses aussi déprimantes que notre avenir.
-C'est... compréhensible. Votre capitaine est déjà tombé sur un accord avec votre père. Il restera donc ici pour une certaine durée, vous également. Si vous êtes prête à nous entendre bien évidemment.
-Je crois que j'attendais ce moment depuis des années...
-Tant mieux. Entrez.
L'assistant tourna la poignée et la laissa pénétrer la première dans bureau. La jeune fille se faisait aussi petite que possible tandis qu'elle fouillait les lieux du regard, à la recherche de son prétendu père et dont on ne cessait de lui parler depuis des mois. Etait-ce ce vieil homme dans le fauteuil, aux grands yeux vifs et délavés, et aux rides brisées sur le front ? Sirius se leva en la voyant. Il retira ses lunettes et les laissa pendre au bout de leur cordon.
-Ciel... ma fille.
Sa main de chair tremblait et enviait la deuxième de rester immobile. Il en était de même pour ses pieds. Ses poumons ne se remplissaient plus d'air mais de peur. Pourquoi ? Elle-même ne saurait le formuler avec des mots. Cette rencontre était pourtant son rêve. Mais cette énergie néfaste qui émanait du scientifique était son cauchemar. Sans même qu'elle ne s'en rende compte, Howard l'assit dans un fauteuil. Les ongles plantés dans la peau, elle ne cessait de voir un meurtre se dérouler. Celui d'Henry Keegan. Car c'était bien son père le meurtrier. Elle l'avait lu. Alors que tout le monde la croyait trop innocente pour ça, elle s'était tue. Mais maintenant elle en était sûre.
-Krys, comment te sens-tu ? Ces pirates t'ont-ils fait du mal ?
La cyborg prit une grande inspiration. Sa tête la faisait souffrir.
-Je vais bien...
-M-21, appela Howard. Mademoiselle Krys, pardon, se reprit-il devant son supérieur. Êtes-vous toujours d'accord pour continuer le projet ?
-Moui... murmura-t-elle, complètement dans les vapes.
Sirius esquissa un sourire mauvais. Ou du moins, elle crut le voir, car son visage redevint aussitôt plein de sérénité.
-Howard, je pensais plutôt à discuter de notre famille... ça doit bien faire une dizaine d'années, vois-tu.
-Excusez-moi docteur.
-Mais bon, puisque le sujet est lancé, poursuivons. Te souviens-tu de ce qu'il s'est passé Krys ? Pourquoi j'ai été contraint de vous faire partir ?
-Non...
-D'accord. Permets-moi de remonter jusqu'au tout début. Tu as eu un accident... Seulement, je ne pouvais pas accepter que ma fille perde ses chances de vivre comme tout le monde. Je n'ai eu d'autre choix que de te faire devenir une cyborg. Mais pas une simple demi-machine. Tu es une cyborg améliorée. (La voyant plisser les paupières, il s'expliqua.) Tu l'as sûrement déjà remarqué, non ? Tu ne peux pas tomber malade. Le rêve, pour un être humain.
-Mais quel est le prix ? chuchota-t-elle en regardant ce métal taillé pour imiter ce qu'elle n'aurait plus jamais.
Le vieil homme ne l'entendit pas, il poursuivit.
-Comme rien ne reste secret bien longtemps, le Gouvernement a eu vent de mes travaux. Ils m'ont obligé à me lancer dans un projet... complètement fou. Créer des armes cyborgs pour lutter contre la menace pirate. J'ai été forcé d'expérimenter sur des humains. Mais ce qui a marché sur toi ne pouvait pas fonctionner sur tout le monde. Beaucoup sont morts. Et quand ils me restaient cinq sujets complets, j'ai décidé de tout arrêter. Mais ils ne voulaient pas. Ils me disaient de recommencer jusqu'à en avoir au moins une dizaine, puis une armée. Ils m'ont menacé, m'ont bombardé... C'était trop dangereux pour vous. Howard s'est chargé de tous vous envoyer dans des milieux différents, puis nous avons laissé le destin faire. Et vous revoilà.
D'un effort titanesque, elle retint non pas ses larmes mais sa colère. Cette histoire, elle n'était qu'à moitié vraie et elle le savait. La vraie version ? C'était une guerre entre le Gouvernement et le monde du crime, qui s'était stoppée le temps de leur disparition, et allait reprendre maintenant. Qui aurait les armes ? Ça allait se décider. Mais elle, faisait-elle aussi partie de la marchandise ? Krys lâcha les accoudoirs du fauteuil.
-C'est peut-être un peu tôt pour en parler... Mais j'aimerais savoir ce qu'il est arrivé à Henry.
La mâchoire du vieil homme se crispa légèrement. Et contre toute attente, Howard répondit à sa place.
-K-28 était un renégat.
-En quoi l'était-il ? Il était à peine plus âgé que moi quand c'est arrivé. Que pouvait faire un petit garçon ?
-Vous n'êtes au courant de rien mademoiselle. C'est ce petit garçon qui aurait pu tous nous faire exécuter en racontant de tels mensonges au Gouvernement. Nous n'avons fait qu'appliquer les mesures nécessaires.
Elle en resta bouche bée. Pendant une dizaine de secondes elle souhaita que son père intervienne et démente les propos de son assistant, mais il n'en fit rien. Et son frère, un garçon trop intelligent pour son âge, se retrouvait criminel.
Ils étaient venus nous kidnapper un à un comme du bétail, et maintenant ils nous volent à chacun notre humanité. Ma vie à moi n'a pas changé. J'ai survécu. Mais c'est parce que j'ai survécu que j'ai le droit de revendiquer mes droits humains. Mes frères et sœurs morts ne le pourront pas, alors je le fais pour eux, ils seront morts en tant qu'humains et non en tant que soi-disant échec.
Howard et Sirius me tueront pour ça. Mais de là où je serais, je penserais à ceux qui ont, comme moi, perdu un morceau de ce qu'il étaient.
Mir. Lydia. Krys. Gabriel. Vous êtes humains.
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Du coin de l'œil, le rouquin observait ce qu'il était en train de se dérouler dans le manoir. Il pourrait écrire un roman rien que sur ça : Lydia profitant de l'absence de Krys pour tourner autour du chirurgien comme une mouche et ce dernier l'ignorer en grommelant rien de mieux que des injures. Il devait sûrement avoir un mal fou à se retenir de lui briser les genoux.
Et même si la blonde semblait ne voir que lui, Penguin la regardait en silence s'amouracher de son capitaine depuis le seuil de la chambre qu'il partageait avec Shachi. Quand Law, au bout de sa patience, partit s'enfermer dans ses appartements, l'air frais et accueillant de la blonde disparut aussitôt. Bien au contraire, elle passa devant leur porte en le regardant de travers. Le pirate saisit doucement son épaule.
-Est-ce que ça va ?
-Et pourquoi ça n'irait pas ?
-J'ai entendu dire que votre état se dégradait.
-Ne t'adresse pas à moi avec ce regard ! Je n'ai pas autant souffert pour qu'un simple humain me prenne en pitié !
-Euh... j'ai jamais dit ça...
-Ici les gens de votre espèce n'ont aucun droit ! Et bientôt ce sera partout comme ça. C'est nous, qui allons faire régner l'ordre ! Profite bien de ta liberté.
Elle partit sous le regard indigné de Shachi.
-Une vraie peste celle-là...
Penguin ne répondit que par un hochement de tête absent. Il suivit discrètement la jeune femme au travers des couloirs. Il n'y avait que les ailes principales qui étaient éclairées, dans le manoir, et celle-ci n'en faisait pas partie. Il ne la vit donc pas se retourner, les larmes aux yeux.
-On est pas amis parce que j'ai accepté ton aide juste une fois ! Dégage !
-Je ne crois pas que tu penses la moitié de ce que tu dis. Tu n'attends pas d'avoir les moyens de nous tuer Lydia, ou de tuer d'autres pirates. C'est juste ce qu'on a décidé pour toi, mais rien ne t'y oblige. Krys n'en a pas l'intention et le capitaine peut lui faire confiance là-dessus.
-T'essaies de faire quoi là ? dit-elle avec un regard suspicieux.
-J-Je veux faire en sorte que tu ne meurs pas, avoua Penguin, caché derrière sa visière.
La moue désagréable de la blonde devint un sourire chaleureux et engageant. Mais c'était Lydia : impossible de savoir si elle était sincère. La jeune femme passa sans prévenir une main derrière son cou, une autre dans ses cheveux auburn, et embrassa sa joue.
-Ne t'inquiète pas pour moi joli coeur.
Son visage se réchauffa à une vitesse incroyable après avoir senti le contact de ses douces lèvres. Avant qu'elle ne s'échappe comme une idée vague, il agrippa son poignet.
-Je ne suis pas stupide, d'accord ? J'ai imaginé des tas de fois ce qu'il pourrait t'arriver.
-Alors tu me regardes à ce point, gloussa-t-elle.
-Je suis sérieux. Tu devrais leur montrer que tu es de notre côté et pas du leur.
-Tch... Ne deviens pas agaçant avec moi. Je t'aime bien Penguin, mais tu réfléchis trop à mon goût. (Elle se lécha les lèvres d'un air aguicheur.) Sirius ne me fera rien de mal, il me l'a promis.
-S'il te plaît... tu ne peux pas le croire lui !
-Fais-moi confiance joli coeur, je me débrouille bien. Contente-toi de rester naturel et de ne pas fourrer ton nez dans leurs affaires, ok ?
-Moui...
-Bien. Je reviendrais pour ton déjeuner. Ils n'apprécient pas trop de vous voir rôder dans la cuisine.
Elle l'embrassa une dernière fois, les yeux toujours à l'affût et jamais focalisés sur lui, ce qu'il regrettait bien, et fila dans ses propres appartements, de peur que les deux maîtres de ce manoir ne l'aperçoivent. Penguin ferma lui aussi la porte à ses pensées amoureuses.
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Quand Krys se planta face à lui, Law eut le réflexe de jeter un œil à la pendule de la chambre. Celle-ci donnait 10h50 : elle était rentrée selon ses avertissements. Néanmoins, la jeune fille avait les sourcils froncés et les yeux brillants comme si elle n'attendait que de pleurer depuis longtemps. Il ne se leva pas pour la réconforter, se disant que c'était bien la dernière chose qu'il faille faire.
-Comment cela s'est-il passé ? demanda le chirurgien.
Elle haussa les épaules et se laissa tomber mollement à ses côtés.
-Je n'en sais rien... J'espérais juste que ce soit un peu mieux que dans mes cauchemars.
-Et ça l'a été ?
-Il ne m'a pas arraché les yeux. Il n'a pas tenté de me tuer, ou de me poignarder, alors je crois que c'est bien.
Trafalgar fronça les sourcils à son tour en l'entendant parler de choses si peu ragoûtantes et qui ne lui ressemblaient pas. Il déposa le livre entre ses mains sur la table de chevet.
-Est-ce qu'il t'as forcée à quoi que ce soit ?
-Tu ne comprends pas Law... il a tué Henry.
-Ne te laisse pas manipuler. On s'en doutait tous les deux, ce n'est qu'une affirmation. Le plus important est de savoir tout d'abord si tu fais partie de ceux qui seront vendus au Gouvernement ou à des criminels.
Elle souffla en croisant les bras sous sa maigre poitrine. Il ne semblait faire attention qu'à ce qui l'intéressait.
-Nous n'avons pas parlé de ce genre de chose. Mais je pense que c'est Gabriel et Lydia qu'il prévoit de vendre au nom de la Justice, Mir serait trop difficile à dompter pour eux. Et non, je ne sais pas ce qu'il veut faire de moi. Et ça m'est égal.
Law hocha seulement la tête. Il garda dans son esprit, son idée à lui, puisqu'elle ne semblait pas encline à discuter longtemps. En vérité le capitaine était quasi-certain du joli montant sur la tête de la cyborg, et qui n'avait rien à voir avec ce prix minable qu'on lui attribuait à Shabondy. Et il se doutait aussi de qui était l'homme possédant une telle fortune, prêt à en dépenser autant pour une arme de destruction. Mais oui, il resta silencieux aux côtés de Krys. Il jugeait qu'elle n'avait pas besoin de savoir pour l'instant quelle serait son destin sans lui, ça ne la rendrait que plus paranoïaque, et elle risquerait de perdre à nouveau confiance. Trafalgar s'efforça de paraître moins froid, tandis qu'elle reniflait dans son coin, et entoura chaleureusement ses épaules.
-Est-ce que tu as encore quelque chose à me dire ?
-Hum. Je sais que tu es un peu déçu que je n'ai pas plus d'informations, mais je pense m'être souvenu de quelque chose à propos de cette liste importante, dont tu parles...
-Je t'écoute.
-Elle n'est pas dans le bureau de Sirius, comme on pourrait le croire, mais dans le... la pièce ! Oui, c'est ça ! Le laboratoire souterrain !
-Où est-il ?
-La manoir a été rénové alors je ne sais plus trop. Mais on pourrait demander à Mir ou Gabriel !
-Sûrement pas !
La jeune fille déglutit avec le regard d'un gamin pris en faute.
-Il faut rester le plus discret possible... se rattrapa Law d'une voix plus douce. Tu viendras avec moi, après le dîner, et nous chercherons ce labo.
Elle acquiesça, mais savait bien que la tâche allait s'avérer plus difficile que prévu, avec sa mémoire toujours un peu défaillante.
Le dîner fut pour la cyborg un moment très stressant. Notamment avec le regard insistant d'Howard sur elle et sa langue de vipère vis-à-vis de Mir. Car visiblement le majordome de la maison n'appréciait pas du tout sa façon de vivre, que Krys trouvait pourtant très belle. X-09 avait planté un couteau dans la nappe blanche en guise de réponse, et pour bruit de fond à cette querelle, il y avait eu sans cesse les ricanements sournois de Gabriel et les commentaires distingués de Lydia. Ces deux derniers faisaient d'ailleurs un duo imbattable lorsqu'il s'agissait de critiquer. Et en ce qui concernait les Heart, ou du moins ceux que l'on avait autorisés à venir à la table, Krys avait bien vu qu'ils se tenaient tous à carreau et ne prenaient pas part aux conversations. Même Penguin qui jetait sans cesse des regards à la belle blonde n'ouvrait pas la bouche. Et enfin, il y avait eu le chirurgien à sa droite, qui ne s'était pas gêné pour lancer des allusions tout le long du dîner.
Un Law aussi agaçant, elle n'en avait jamais vu jusqu'à ce soir. Toujours en train de la frôler ou frotter soi-disant par accident sa jambe contre la sienne et faire tomber des choses en ricanant, l'air de rien. Quand Sirius et Howard s'absentèrent à la cuisine, elle finit par déposer ses couverts et lui jeter un regard glaçant.
-Tu trouves ça drôle ?
-Mais ça l'est. Et ça le serait encore plus si tu ne m'ignorais pas.
-Je ne vais pas me mettre à rire devant ces meurtriers, chuchota-t-elle.
-Je ne te demande pas de rire, j'ai seulement besoin que tu m'ignores pas.
-Et pourquoi ?
-Parce qu'ils ne sont pas au courant de notre relation.
Elle haussa les sourcils.
-J'ai dit que je ne voulais pas jouer au couple.
-Je ne te force à rien Krys-ya. Mais c'est bénéfique pour nous deux si tu leur montres que je n'ai pas fait que te ramener à ton père. Tu vois où je veux en venir ?
-Mouais... Enfin, je crois que ma dette sera bientôt payée.
-Trouver ce labo ne suffira pas.
-Je m'en doute. Mais je ferais ce qu'il faudra, Law.
Quand les deux laborantins revinrent, ils se turent et ne conservèrent qu'un sourire sur leurs lèvres, pour ne pas trahir leur discussion. Le chirurgien se leva de table sans prévenir dès qu'il eut finit son dessert et entraîna avec lui la cyborg.
-Vous permettez ? J'ai besoin de m'entretenir avec votre fille.
Le docteur Sirius hocha la tête avec néanmoins un regard assez méprisant. Il n'avait déjà pas confiance et le comportement de Law n'arrangeait rien, songea Krys. Son capitaine la tira loin des regards et des chambres. Il lâcha alors expressément son poignet.
-Bien. Où est-il ?
-Je trouve pas cela correct de mentir à tout le monde...
-Alors fais appel à ton sens des priorités. Ce sont des milliers de gens qui risquent de souffrir si on ne fait pas ce qui doit être fait.
-Parce que tu te soucies du monde maintenant ?
-Moi non, mais toi si. Et quel hasard, la seule manière pour toi d'aider l'humanité est de d'abord m'aider.
-Je vais essayer...
Krys partit devant. Son seul souvenir était un laboratoire souterrain. Mais dans ce nouveau manoir, peu de choses étaient restées les mêmes. La jeune fille tenta bien de plonger plus profondément dans les couloirs, mais ne trouva pas d'escalier ou de porte suspecte. Le chirurgien posa une main sur son épaule avant qu'elle ne rebrousse-chemin.
-Tu peux y aller, je vais continuer tout seul.
-Tu ne le trouveras pas !
La cyborg releva fièrement la tête et continua plus rigoureusement ses recherches malgré les soupirs agacés du supernova. Il devrait pourtant être satisfait de la voir faire de son mieux pour l'aider, se disait Krys.
En passant à proximité de l'aile nord, elle se mit à entendre des murmures, et à la fois des grésillements. Elle se retourna vers Law mais ce n'était pas lui. Alors une idée aussi horrible que stupéfiante lui vint en tête : y avait-il encore d'autres projets comme eux ? D'autres gens à avoir été emprisonnés ? Elle trébucha maladroitement et s'étala de tout son long. Le chirurgien lui tendit la main en esquissant un sourire mauvais. Elle la saisit et se releva en frottant ses genoux douloureux. Comment tomber avec un sol si propre et si lisse ? Krys se retourna et vit une grande boucle de fer noir.
-Law. Tu penses que c'est quoi ?
-Je n'en sais rien, le couloir est trop mal éclairé.
Il s'accroupit et constata une espèce de carré découpé dans le sol : c'était une trappe d'acier, camouflée par de la peinture. Lorsqu'il tenta de l'ouvrir, elle tira doucement sur sa capuche.
-C'est de là que vienne les sons...
-C'est ta folie. Moi je n'entends rien.
-Mais quand même ! Tiens.
Elle lui tendit sa dague, étant la seule à avoir pu garder une arme dans le manoir. Mais il la refusa.
-Prends tes responsabilités.
-Quoi ?
-Si quelque chose doit être fait, c'est à toi de le faire. Tu as l'arme en main. Tu agis.
Krys déglutit. Elle ne savait pas trop comment le prendre. Est-ce qu'il lui demandait de tuer pour lui, en tant que Heart ? Ou alors peut-être souhaitait-il lui montrer ce que faisait les pirates au quotidien, et ce qu'il ne lui avait encore jamais laissé faire. Quoiqu'il en soit, elle serra le manche de sa dague et prit une grande inspiration. Law n'attendit pas de voir son stress retomber pour ouvrir la trappe. Mais rien n'en sortit, si ce n'est l'odeur poussiéreuse qu'ont les vieux bouquins, mélangé à une senteur chimique. Le capitaine se couvrit le nez avec sa manche en toussotant.
-Il y a un problème ? C'est toxique ? s'écria-t-elle en l'imitant.
-Tu ne sens rien ?
-Je sais pas...
-L'air est un peu contaminé. Mais si tu ne sens rien, c'est que tu es immunisée contre ce qu'il y a là-dedans.
Elle jeta un regard effrayé à cet escalier sous la trappe. Justement, qu'y avait-il là-dessous ? Le chirurgien se pencha en avant malgré cette horrible toux qui ne faisait qu'empirer.
-Je vais descendre, suis-moi.
-Mais tu viens de dire que c'était dangereux ! Tu vas tomber malade !
-Je me sentirais mal, mais ça ne peut pas me tuer.
-T'en es sûr ?
-... on verra bien.
Il passa le premier la tête sous le sol et sortit une paquet d'allumettes, car oui, il n'avait malheureusement pu trouver que ça pour les éclairer. Lorsque la cyborg referma la trappe d'acier, cette petite flamiche ne se révéla pas si utile, et ils devaient toujours avancer à tâtons, l'escalier étant déjà étroit. Quand ils en finirent avec les marches, la tâche fut plus facile : ce n'était qu'un couloir en ligne droite, et au bout devait bien se trouver une porte. La jeune fille hoqueta de surprise. Elle sauta sur place et s'agrippa en parfaite sangsue au sweat jaune du chirurgien.
-C'était quoi ?!
-Ma main. Parano.
Krys lui tira la langue. Elle se calma et ils avancèrent, jusqu'à ce que Law soit encore pris d'une violente toux. Le capitaine se plia en deux et s'appuya contre le mur pour ne pas tomber. Un filet de sang coula au coin de sa lèvre, faisant se hérisser la cyborg. Elle lui cria au moins une dizaine de fois de repartir mais il n'en écouta pas un mot. Trafalgar avait la gorge brûlante et les narines en feu. Quand il vit que Krys était dans un état de panique, il reprit son souffle, bien que cela rendait les choses plus douloureuses encore.
-Jusqu'à quand tu vas avoir peur ? Avance ! cria-t-il.
Elle se recroquevilla malgré elle, les mains contre les oreilles, tandis que la terreur prenait le dessus. N'ayant encore jamais vu couler le sang de son capitaine, elle devinait que c'était le plus mauvais des présages. Trafalgar cracha par terre avant de s'étouffer dans les globules rouges. Il souffla, exaspéré, et la jeta sans prévenir sur son épaule. Les tremblements de la jeune fille cessèrent.
-Law ? Tu vas un peu mieux ? Tu respires ? bredouilla-t-elle enfin sortie de son choc.
-Tais-toi. Je ne veux plus t'entendre.
Elle fronça les sourcils, inquiète de l'avoir déçu, et aussi heureuse de l'entendre parler sans tousser. Le chirurgien, lui, savait que rien n'allait mieux, mais il était capable de faire croire le contraire, au moins en apparence. Les muscles tétanisés de la cyborg se détendirent lentement contre lui, et elle resta aussi silencieuse qu'il l'avait ordonné. Car effectivement, il lui en voulait d'être rester tremblante comme une feuille au lieu de le laisser derrière. Mais ce n'était pas une nouveauté, sa cuisinière s'efforçait d'avoir bon fond. Seulement, il ignorait s'il préférait ça ou une personnalité semblable à la sienne, qui sait faire des sacrifices.
Mais pour le moment il continuait de la trimballer sur son épaule, avec son visage boudeur et vexé, d'enfant à qui l'on a encore crié dessus. Law soupira. Marcher dans cette pénombre, sans savoir quand ce couloir se terminerait, commençait fortement à l'exaspérer. C'était du moins ce qu'il pensait avant que son chargement ne se cogne la tête.
-Law ! Tu m'as fait mal !
Sa main rencontra un mur froid : le fond du couloir. Etait-ce une porte ? Un cul-de-sac ? Ne supportant plus du tout cet air toxique, il laissa la jeune fille poser pieds à terre et fit glisser sa main sur toute la surface. C'était bien une porte. Il la déverrouilla aussi rapidement que possible et s'engouffra à l'intérieur sans même voir ce qu'il en était. Mais ce qu'il savait déjà et qui le rassurait, c'était que l'air y était respirable, puisque ses poumons ne lui faisaient plus souffrir le martyr. Il fermait la porte derrière eux, quand un déferlement de lumières les prit par surprise.
Merci d'avoir lu !
Enfin les vacances, et grâce à vous on a passé les 40 favoris ! /CLAPCLAP/
Le prochain chapitre est déjà tout prêt tout frais et... quelle fin imaginez-vous pour cette fic ? C'est juste une petite question, toute simple. Pour y répondre c'est juste en dessous, et puis je vous dis à la prochaine ;)
Bonnes vacances !
