Hello à tous!

Trois reviews pour mon premier chapitre, je n'en attendais pas tant :)

x-Piixie-x: Merci à toi pour cette toute première review! Pour répondre à ta question, j'essaie de m'inspirer autant des livres que de la série. Je pioche un peu dans l'un, un peu dans l'autre, tant que ça reste cohérent et attractif. Je pense aussi suivre le fil conducteur, au maximum en tout cas, car avec un OC, il faut forcément inventer de nouvelles choses... J'essaierai donc d'intégrer un point de vue différent, peut être avec quelques modifications, mais je ferais en sorte qu'elles tiennent la route. :)

Ikki34: Merci pour cette review, ne t'en fais pas, je ne compte pas verser dans le yaoi. Après, ça reste GOT, il y'aura forcément des scènes bien particulières à ce qu'on voit ou lit. Mais promis, les longues descriptions sur qui a fait quoi sur qui et comment, il n'y en aura pas dans cette fic! ;)

Mechanical mind: Wow! Une review aussi longue que mon chapitre :) Tout d'abord merci d'avoir pris le temps de me lire, et surtout d'écrire autant pour me donner ton point de vue :) Je ne peux pas te parler de trop de mon personnage, les détails viendront avec les chapitres, mais pour répondre à ta question, non, Roxanna n'est pas la fille de Ned. Leur lien te sera expliqué plus tard! Et ne te méprends pas, j'adore Catelyn Stark bien au contraire! Mais Roxanna, elle, ne l'aime pas ;) et j'essaie donc de le faire transparaître le plus possible. Je ne compte pas faire de mon personnage une Mary-Sue. Elle est indépendante, mais elle reste jeune. Et une femme dans une époque machiste. Elle n'a donc pas beaucoup de moyens (ou pour l'instant de raisons) de se rebeller :) Désolée pour le résumé, je suppose que j'ai paniqué..? Et plus de "lisez-moi", promis, et ce quelque soit la grandeur de mon désespoir ^^

Brefons!

Enjoy :)


Ces quelques jours apparurent, aux yeux de Roxanna, d'une longueur interminable. Molly l'avait traité comme une bonne à rien, mais lui avait donné malgré tout une charge de travail si importante qu'à chaque coucher de soleil, elle se sentait fourbue et tombait dans un profond sommeil. Elle n'avait plus d'occasion de voir Robb, Jon, ou n'importe qui d'autre de la fratrie, car chaque parcelle du sol de Winterfell se devait d'être récuré, chaque objet rangé et nettoyé, chaque cheval pansé... Et Roxanna devait admettre que même si elle avait eu un peu de temps libre, elle n'aurait certainement pas pris le risque de rendre visite à ses frères et soeurs, de peur que lady Catelyn ne trouve une punition sévère à lui infliger.

Ainsi, quatre jours après l'annonce de l'arrivée du Roi, la jeune femme eut enfin l'occasion de se reposer lorsque le cortège royal pénétra finalement dans la cour du château. Elle n'était pas en train de se prélasser dans son lit, certes, mais elle se tenait simplement debout, légèrement courbée à cause d'une révérence, et c'était bien mieux que de devoir balayer la poussière.

Elle ne reconnaissait pas tout le monde, dans ce déferlement de visiteurs... Seulement les plus connus, ceux dont elle avait entendu parler dans les chansons, les livres, ou simplement les ragots.

Jaime Lannister, le Régicide, d'une beauté insolente comparé à Sandor Clegane, le Limier avec sa face brûlée. Le prince héritier, Joffrey, que Roxanna trouva bouffi de dédain et d'ennui, bien moins beau que ce qu'elle avait entendu à travers les rumeurs qui se colportaient du Sud vers l'austère Nord... Tyrion Lannister, le Lutin, tout l'opposé de son frère, avec son visage écrasé, ses jambes arquées, ses yeux vairons... Le Roi, enfin, tellement énorme que Roxanna dut se retenir de pouffer de rire. Alors c'était ça, le grand seigneur d'Accalmie, le vainqueur du Trident, le pourfendeur de dragon? Un homme si gros qu'il en cachait le soleil à son beau frère le nain? Si gros qu'il tenait plus de la bouffonerie que du royal? Elle l'aurait mieux vu riche commerçant d'épice, ou directeur d'une fastueuse auberge, tellement plein d'argent qu'il pouvait se permettre de dévorer plus que de raison, alors que des enfants mourraient certainement de faim à côté de lui.

Enfin arriva la Reine, Cersei Baratheon, encadrée de ses deux derniers nés. Elle n'avait pas volé son titre de plus belle femme du royaume, songea Roxanna. Son oppulente chevelure blonde, dorée et bouclée, encadrait un visage en forme de coeur parfait, ou étaient incrustés deux yeux verts sombres, rappelant un émeraude qu'elle avait vu un jour sur l'un des bijoux de lady Catelyn. Avec un pincement au coeur, Roxanna du admettre que ses propres yeux, sa seule fierté concernant son physique, devaient paraître bien fades face à ceux de la Reine...

Le Roi avait serré lord Stark dans ses bras avec un rire tonitruant, avait échangé quelques banalités avant de demander à son hôte d'aller se recueillir à la crypte avec lui. Une fois Robert Baratheon et Eddard Stark disparus, et les protestations de la Reine essuyées, les petites gens du château dirigeaient le cortège royal vers leur appartements, ce qui vida considérablement la cour de Winterfell. Lady Catelyn était occupée à discuter avec Cersei Baratheon lorsque Robb s'approcha de Roxanna furtivement pour lui glisser quelques mots.

-Tu seras au banquet ce soir?

-Il y'a de grandes chances. Je crois bien que ton père m'a assignée à sa table, et par conséquent à celle du Roi. Encore un honneur qu'il veut me faire, j'ai l'impression...

-Dans ce cas, je ne serais pas loin de toi, murmura Robb. A ce soir, acheva-t'il en déposant une bise discrète sur la joue de sa soeur de coeur.

Puis il s'éloigna, suivant sa mère de près, afin de rester aux côtés du prince héritier qui regardait Roxanna d'un oeil étrange.

Elle n'avait pas vraiment envie d'aller à ce banquet, car elle savait ce qu'elle y trouverait: des hommes saouls. Depuis quelques années maintenant, son charme naissant ne laissait plus insensible la gent masculine, mais personne n'osait quoi que ce soit envers elle, de peur de subir les foudres de lord Stark. Cependant, lorsqu'ils abusaient de vin, les hommes devenaient plus téméraires, voire dans certains cas grossiers et suffisamment stupides pour croire qu'un regard flou et un discours pâteux se révélaient attirant. Et c'était à ce moment précis que Roxanna se sentait comme un bout de viande sans défense, exposé à une avidité répugnante. Hors, ce soir, lord Stark ne pourrait rien pour elle. Si un homme la désirait, et que le Roi, présent dans la salle, donnait son consentement, elle devrait subir la plus humiliante et douloureuse des situations. Heureusement, Robb serait là. Il l'avait déjà sortie de mauvais pas de ce genre, en affirmant qu'elle était sa maîtresse et qu'en tant qu'héritier de Winterfell, personne d'autre que lui n'avait le droit de la toucher. Elle espérait que ce petit subterfuge de leur invention suffirait à empêcher toute action malheureuse...

Mais elle avait confiance en son frère. Quoiqu'il arrive, il la protégerait, elle le savait.

Ce fût donc avec un léger sourire que Roxanna quitta la cour de Winterfell pour se diriger vers sa chambre.

o0o

Le festin avait débuté depuis plusieurs heures, désormais. Il faisait nuit noire dehors, on n'apercevait plus rien à travers les fenêtres. La salle était remplie d'un joyeux vacarme, tout le monde mangeait, buvait, discutait à son envie, et Roxanna ne cessait de faire des allers et retours entre chaque bout de la table qu'elle devait servir. La plupart du temps, elle restait debout à côté de Robb, une cruche de vin à la main, et discutait allègrement avec lui. Elle ne s'éloignait du jeune homme que lorsqu'un verre se trouvait vide, ou qu'un invité réclamait quelque chose de particulier qui ne se trouvait déjà sur la table.

Il faisait une chaleur digne des Sept Enfers, et la jeune fille rougissait comme une tomate trop mûre. Ses joues s'étaient teintées d'un rose prononcé, et elle ne cessait de sourire, car l'étiquette l'exigeait, mais également parce qu'elle riait avec plaisir aux blagues de Robb. Finalement, ce banquet n'était pas si mal. Seule ombre entachant son humeur, Jon Snow n'avait pas été convié à la table principale, surement à cause de lady Catelyn, songea Roxanna. Elle regrettait de ne pouvoir partager ce bon moment avec lui, mais d'un côté, il semblait s'amuser, lui aussi, à sa manière. Depuis quelques minutes, le bâtard ne cessait de fixer une chose qui se trouvait en dessous de sa table, à ses pieds. Il ne fallut pas longtemps à la petite brune pour comprendre que Jon avait emmener son louveteau avec lui, et que Fantôme était assurément une grande source de distraction pour son maître.

Dans son enthousiasme, elle n'avait pas remarqué les regards insistants du roi, qui la fixait comme un chat fixerait une mouche. Il avait pris un ton violacé inquiétant, car il n'avait cessé de boire depuis que le premier toast avait été porté. Il se jetait sur tout les plats comme s'il n'avait pas mangé depuis plusieurs années, et éclatait d'un rire tonitruant à la moindre plaisanterie. En tapant son gobelet sur la table, il exigea du vin que Roxanna s'empressa d'aller lui servir, bien qu'elle estimât que cet homme avait assez bu pour toute une vie.

Alors qu'elle versait consciencieusement le breuvage dans le verre de métal, le Roi, gourmand, lui mit la main aux fesses si fort qu'elle en fût légèrement projetée en avant, renversant le contenu de la cruche qu'elle tenait. Elle se figea, tel un bloc de glace, son coeur battant à tout rompre alors qu'elle combattait l'envie violente et quasi irrépressible d'attraper la fourchette qui se tenait là, à quelques centimètres, et de la planter dans l'autre main du Roi, restée sagement sur la table. Elle se mordit la joue jusqu'au sang lorsque l'homme obèse glissa ses doigts sous sa jupe, frôlant sa peau, attrapant l'intérieur de ses cuisses raidies par l'effort qu'elle faisait pour ne pas bouger d'un pouce.

-Sympathiques, les gamines que tu te trouves pour te servir Ned, ricana le Roi d'une voix dénaturée par l'alcool. Elle a quelle âge, celle là?

Lord Stark, qui surveillait Rickon à l'autre bout de la table, n'avait rien vu de ce qui venait de se passer. Lorsqu'il comprit, cependant, ce qu'il se passait à côté de lui, son regard devint si froid qu'il aurait pu congeler le Roi sur place. Roxanna, elle, était toujours immobile, les yeux fixés sur un point imaginaire, tandis que sa mâchoire se dessinait sous sa peau diaphane.

-Robert, pas elle.

La voix du seigneur de Winterfell semblait posée, mais la jeune femme savait qu'il bouillonnait intérieurement.

-Et pourquoi pas, hein? demanda le roi d'une voix pâteuse.

-La toucher elle reviendrait pour toi à toucher à l'une de mes filles. Elle m'est précieuse, vois tu, et avec tout le respect que je dois à ta Majesté, si tu t'avises de lui faire quoi que ce soit, je peux t'assurer que notre amitié en serait sérieusement affaiblie.

Le Roi hésita pendant quelques secondes, secondes pendant lesquelles Roxanna n'entendait plus rien à part un bourdonnement sourd. Puis, avec un grognement déçue, il retira sa main de sous ses jupes. La jeune femme, en aspirant une goulée d'air, se rendit compte qu'elle s'était arrêtée de respirer. L'instant d'après, Robert Baratheon avait rejeté son attention sur quelqu'un d'autre, riant fort et buvant trop. Lord Stark prit Roxanna par la main et la tira vers lui, en toute discrétion.

-Sors d'ici, lui dit-il en prenant doucement la cruche que la brune tenait dans ses mains crispées. Va prendre l'air, si tu as faim, passe par les cuisines et prends de quoi manger. Et ensuite, va te reposer. Je vais charger quelqu'un d'autre du service.

Eddard Stark s'était exprimé d'une voix douce, et avait légèrement souris, montrant qu'il était navré de la situation, mais Roxanna, toujours aussi raide, le regard fixe, exécuta une rapide révérence avant de tourner les talons et de trouver la porte menant à l'extérieur la plus proche. Lorsqu'elle fût dehors, elle parcouru quelques mètres, s'appuya sur un portique en bois, et vomit tout ce qu'elle pouvait. Le goût du sang lui avait retourné l'estomac, mais plus que ça, une peur sourde, farouche, l'avait paralysée et rendue malade...

Lorsqu'elle eût fini, un horrible goût de bile lui restait dans la bouche, et elle frissonnait. Ce qui venait de lui arriver lui avait rappelé ces moments qu'elle essayait définitivement d'oublier. Elle n'était qu'une petite fille, alors. Sans défense, et sans personne pour la défendre. Sa mère? Une putain, ivrogne, qui se souciait à peine de sa fille. Son père? Un pervers, brutal, qui prenait plaisir à la violer et à la battre à bras raccourcis dès que l'occasion se présentait, ou simplement parce qu'il s'ennuyait. Elle détestait tout ça, tout ces horribles souvenirs. Pendant huit longues années, personne n'était venu à son secours, personne, dans son village, n'avait pris la peine de la sauver, de l'aider... Qui voudrait d'une bouche à nourrir en plus? Ils étaient tous trop pauvres pour se le permettre, et après tout, ce n'était pas leurs affaires... Il avait fallu que son père devienne un peu plus violent, un peu plus fou que d'habitude, pour que tout cela se termine. Un soir ou il avait encore trop bu, il était rentré en titubant dans la grange qui leur servait de maison. Il avait tué sa mère, en l'étranglant, puis il avait rigolé en voyant la peur s'insinuer dans les yeux de la petite Roxanna, qui avait assisté à toute la scène. Elle avait hurlé, appelé à l'aide, mais personne n'avait répondu, comme toujours... Son père l'avait alors frappée si fort qu'elle ne voyait plus clair, et s'était mis à la violer, encore et encore, tandis qu'elle pleurait et implorait pour qu'il s'arrête. L'espace d'un instant, il s'arrêta, et la petite fille en profita pour le frapper avec le premier objet qui lui était tombé sous la main. Il l'avait regardé, ahurie, puis l'avait assommée, les yeux remplis de haine. Lorsqu'elle reprit conscience, Roxanna se trouvait dans la grange, en feu. Son père l'avait enfermée. Il voulait la brûler vive... Alors qu'elle étouffait, quelqu'un avait défoncé la porte, et lui avait sauvé la vie. Lord Eddard Stark, seigneur de Winterfell, son suzerain, était venu la chercher. Elle avait pleuré tout ce qu'elle pouvait, puis s'était endormie d'épuisement dans ses bras. Le lendemain, son père était retrouvé, et exécuté.

Toute la haine qu'elle avait alors éprouvé pour cet homme s'était transformée en amour pour son sauveur. Elle avait beau être une vulgaire paysanne, il la traitait gentiment, comme un père aurait du traiter son enfant. Elle ne savait pas comment il avait pu la retrouver, s'il l'avait même recherchée parce qu'il avait entendu parler de son histoire, mais peu lui importait. Il était le père qu'elle n'avait jamais eu, l'homme à qui elle dévouerait toute son existence, parce qu'elle l'aimait d'un amour simple et enfantin, d'un amour qui n'avait jamais pu s'exprimer et qui s'était soudainement jeté sur lui, sur ce sauveur. Et cet amour lui fût rendu.

Tel était le lien qui l'unissait à lord Stark, qui n'avait eu de cesse de la protéger depuis lors. Aucun autre homme n'avait osé poser sa main sur elle, jusqu'à aujourd'hui. Et voilà ce qui la rendait malade. Que lui arriverait-il lorsque son protecteur, son père de substitution, ne serait plus? Est qu'un homme comme Robert Baratheon profiterait de son rang pour se satisfaire? Ou est ce qu'un vulgaire garde, paysan, palefrenier, utiliserait leur force pour lui faire ce qu'elle ne supportait même plus d'évoquer?

Pendant sept ans, elle avait oublié, elle s'était crue en sécurité. Mais ce geste du Roi remettait tout en cause, et il la chamboulait au plus profond de son être. Elle ne serait jamais en sécurité. Ou du moins pas éternellement. Car elle était une femme dans un monde d'homme, ou cela signifiait qu'elle finirait, un jour ou un autre, par être considérée comme un objet, asservie comme une esclave, utilisée comme un vide bourse...

Envieuse de l'oubli que lui procurerait le sommeil, elle se hâta vers les cuisines, attrapa une bouteille de lait de pavot qui traînait dans le coin ou Molly avait l'habitude d'en cacher pour son usage personnel, puis ressortit en direction de la tour ou se trouvait sa chambre. Elle désirait tellement trouver le repos qu'elle remarqua à peine Jon Snow, dans un état qui n'était guère meilleur que le sien, ainsi que le Lutin, qui s'approchait de lui en discutant posément.

o0o

Les jours s'étaient enchaînés, et le Roi ne semblait même pas remarquer la présence de Roxanna, ce sont elle s'accommodait parfaitement. Depuis le soir du banquet, lady Catelyn ne lui avait rien demandé, aucune tâche d'aucune sorte, et elle soupçonnait lord Stark d'en être la raison. Par conséquent, elle errait dans la cour du château, sans but, discutant lorsqu'elle en avait envie, s'isolant dans la tour abandonnée lorsqu'elle voulait être seule. Un jour, alors qu'elle se dirigeait vers l'écurie, une main lui attrapa le bras. Elle sursauta et se retourna brusquement, avant de reconnaître le visage de Robb. Elle se rendit compte que son coeur tambourinait contre ses côtes, et qu'elle se sentait faible.

-Que se passe-t'il? Tu es malade? demanda-t'il inquiet.

Elle secoua la tête de droite à gauche, n'osant pas ouvrir la bouche car elle se sentait nauséeuse. En vérité, elle avait eu la peur de sa vie... Elle croyait que le Roi avait fini par la suivre, ignorant la demande de son ami Ned, jusqu'à un endroit peu fréquenté. Lorsqu'elle se mit à trembler, Robb la prit dans ses bras.

-Ou étais tu passé?! Cela fait des jours que je te cherche, tu as disparue au banquet, j'ai cru qu'il t'étais arrivé quelque chose!

Se sentant rassurée par la présence de ce frère que les Dieux avaient refusé de lui donner, elle retrouva ses esprits, s'écarta de Robb avant de prendre une profonde inspiration et de lui expliquer tout ce qui était arrivé au festin. Son visage perdit toute couleur.

-Par les Dieux Roxanna, je suis désolé... J'aurais du faire plus attention, j'aurais du dire à père de...

-Ce n'était pas ta faute, le coupa-t'elle. Maintenant, c'est du passé. J'ai juste un peu de mal à m'en remettre...

Un silence s'insinua entre eux, un long silence qui exprimait tout les regrets de Robb de ne pas avoir pu protéger sa soeur. Trouvant cette situation insupportable, elle finit par reprendre la parole.

-Il n'y a pas que toi que je n'ai pas vu depuis le banquet... Tu as des nouvelles des autres? Comment vont-ils?

-Bran se bât contre Tommen à longueur de journée, avec des épées en bois, histoire de passer le temps et de s'amuser. Sansa essaie de se remettre du fait qu'elle sera la future reine, vu qu'elle est promise à Joffrey, et Arya se rebelle constamment contre la septa, au plus grand désarroi de mère... Aujourd'hui, le roi est parti à la chasse, avec père et une bonne partie du cortège royal. Je suis en retard, ils m'attendent et je suis venu chercher mon cheval.

-Et Jon?

L'aîné des Stark ricana, sans doute à cause de la rapidité de la réplique.

-Il boude.

-Il boude? Ce n'est pas vraiment son genre... s'étonna Roxanna.

-En fait, je dirais plutôt qu'il se cache. Le soir du banquet, il a exprimé son envie à oncle Benjen de rentrer dans la Garde de Nuit. Il a refusé, car il le trouvait trop jeune. La décision est entre les mains de père désormais, et je crois qu'il a peur de la réponse... Donc il se cache.

Roxanna chercha quelque chose à redire, mais aucun son ne sortit de sa bouche. Il fallait qu'elle trouve Jon, le plus vite possible.

-Je... Je viens de me souvenir que Molly a demandé mon aide, je suis désolée Robb, je dois y aller.

Elle s'en alla aussi vite que ses jambes pouvaient le lui permettre. Elle savait ou elle trouverait Jon. Elle se dirigea vers la tour abandonnée, gravit les marches quatre à quatre, et elle le vit là, assit sur le rebord de la fenêtre. Son louveteau, qui avait déjà beaucoup grandi, ne bougea pas, mais sa queue battit l'air, comme s'il était content de voir la jeune femme. Cette agitation attira l'attention du bâtard, qui remarqua alors Roxanna.

-Ca faisait longtemps.

Sans un mot, elle se glissa vers lui d'un pas silencieux. Elle ne répondit que lorsqu'elle fût sûre que sa voix ne tremblerait pas.

-Alors tu intègres la Garde de Nuit?

Elle fixait ses pieds, mais elle se doutait qu'il la regardait d'une manière particulière. Elle n'aurait su dire si c'était de la colère, ou peut être de la honte de lui avoir caché, alors qu'ils se disaient tout.

-Rien n'est sur, Benjen s'y est opposé, et père n'a pas donné son verdict...

-Mais tu aimerais bien?

A présent, sa voix tremblait.

-Oui. C'est un honneur de défendre les Sept Couronnes.

-Tu peux défendre le royaume autrement. En devenant soldat, en aidant père à se battre.

-Ma place n'est pas ici...

-Elle n'est pas sur le Mur non plus!

-Je suis un bâtard!

Il avait crié. Les deux jeunes gens se regardaient à présent droit dans les yeux, et l'atmosphère était vibrante de colère. Le louveteau était allé se nicher entre les jambes de Jon, la queue entre les pattes, craintif.

-Tous auront des destins grandioses, même toi! Père t'adore, et lady Stark n'a aucune raison de s'opposer à ça. S'il veut te donner des privilèges, c'est son droit, et il le fera surement, mais je n'aurais jamais cette chance. Je suis un bâtard, et le seul endroit ou personne n'y fera attention, ou personne ne me jugera à cause de ça, c'est au Mur. Je dois y aller.

Son ton s'était presque fait implorant sur la dernière phrase. Roxanna avait envie de le supplier de rester, de lui crier tout ce qu'elle ressentait pour lui, de tout avouer. Mais au lieu de cela, les mots restèrent coincés dans sa gorge. Elle serra les dents, tourna les talons et disparut dans un bruissement d'étoffe. Elle se sentait mal, elle avait envie de pleurer, et elle s'en voulait, car elle se sentait si faible! Comme une de ces dames de la cour qui tombait en pâmoison pour un rien! Elle se sentait seule, parce que la seule personne qu'elle aimait de cette amour là fuyait vers un endroit inaccessible, et ne pourrais jamais lui accorder son amour en retour. Ayant l'impression d'être aussi stupide que les damoiselles décrites dans les poèmes dont Sansa raffolait, elle s'enfuit vers sa chambre, là ou personne ne pouvait voir ses larmes couler.

Fatiguée, triste, elle pleura tout son saoul, avant de se calmer. Elle ne voulait pas sortir de sa chambre, pas tout de suite. Mais un événement changea la donne.

Même avec la porte fermée, elle l'entendit. Ce hurlement lugubre qui annonçait un malheur. Un des loups garous hurlait à la mort.


Voilà voilà, un peu plus court que le précédent, désolée... J'espère que ça vous a quand même plu!

Comme d'habitude, on ne fait pas attention aux fautes d'orthographe s'il vous plaît... ;)