« Alors Hermione, comment était ce séjour à l'étranger ? », demande Molly en attaquant son assiette.

Ce n'est jamais le hasard qui dicte la conduite de nos cinq héros. Alors ce n'est pas un hasard si Drago se retrouve à côté de Harry et face à Hermione, tout comme ce n'est pas un hasard si Hermione se retrouve à côté de Ginny, face à Drago, et que Ron, face à Lavande, est assis à côté de Harry. Harry est donc en face de Ginny, et de cette manière, ils peuvent mieux s'observer.

« Très bien », dit-elle en regardant Molly. « J'ai appris énormément de choses, c'était vraiment enrichissant. Mais bien sûr, je suis ravie d'être revenue ici, je retrouve mes vieux amis qui me manquaient quand même », annonce-t-elle en fixant Drago droit dans les yeux.

Est-ce le fruit du hasard ?

Les voilà les spectateurs principaux de l'Histoire, Molly et Arthur Weasley, les parents de deux de nos protagonistes, les fameuses personnes à protéger, à ménager. Deux personnes adorables, tellement attentionnées qu'on ne peut se résoudre à faire s'écrouler leur monde idéalisé.

Mais derrière eux se trouve le monde sorcier, l'Histoire qui a les yeux braqués sur eux depuis la Grande Bataille, et même bien avant. Ils sont les modèles, la base de la reconstruction. Si l'un faiblit, c'est un pan entier de la société qui s'écroule…

« Tu es nostalgique », constate Molly.

« Pardon ? », demande Hermione en quittant le regard de Drago.

« Le fait d'avoir revu tes parents au cours de tes voyages ne t'a pas donné envie de trouver un contre-sort ? »

« Molly ! », soupire alors Arthur tout en posant lourdement sa fourchette sur la table.

Lavande est gênée, elle n'aime pas se retrouver mêlée à des conversations qui ne la regardent pas. Bien sûr, elle aime les potins et autres cancans, mais la guerre a mis fin à sa recherche avide de rumeurs et secrets. Que chacun porte les siens au mieux et tout ira pour le mieux. Elle sait que Hermione souffre de l'absence de ses parents, elle-même a souffert de la mort de son père, elle ne veut pas qu'on rappelle ces souffrances à qui que ce soit. Molly, c'est différent. Molly aime savoir qu'elle n'est pas la seule à avoir perdu une partie d'elle dans la guerre. Ce n'est pas méchant, mais elle aime se rassurer et dire que tous s'en sortiront. Arthur est plus discret, ils sont si différents mais pourtant tellement proches.

« Oui et non. Je voudrais les avoir près de moi, c'est sûr. Mais ils ont refait leur vie là-bas, et ils semblent heureux. Je ne veux pas les voir refaire à nouveau leur vie ici. Ça fait trop de changements. Ce serait trop bizarre, j'aurai l'impression d'assister à une mascarade » balance la jeune fille en replongeant son regard dans celui de son voisin d'en face, dans celui qui appartenait à son ami d'autrefois. « Je n'aime pas mentir ou jouer avec les sentiments des gens et faire revivre une modification de la mémoire à mes parents qui sont actuellement très heureux et entourés me donnerait cette impression, surtout si ça arrive à cause de moi. »

« Je suis d'accord » annonce Drago en dévisageant lui aussi Hermione. « J'aimerais pas que ma mère retrouve quelqu'un juste pour me faire plaisir. Ce serait trop bizarre. Trop fleur bleue. De toute manière, j'ai du mal à croire en l'amour, à croire qu'on peut trouver la personne qui nous correspond, celle avec qui on doit vivre jusqu'à la fin de nos jours. C'est beaucoup trop romantique, beaucoup trop faux. »

Ce n'est plus Hermione que Drago regarde à présent, mais bel et bien Ginny. Ce petit discours sur l'amour parfait lui était dédié personnellement. Tout le monde l'a remarqué, du moins, nos cinq protagonistes l'ont remarqué, et peut-être Lavande aussi, pour ce qui est de Molly et Arthur, c'est une autre affaire.

« ça fait plaisir de voir que vous êtes toujours sur la même longueur d'onde Hermione et toi, mon petit Drago », annonce Molly dans un sourire. « Mais je ne suis cependant pas d'accord avec vous, regardez Ginny et Harry. Ils incarnent le couple parfait ! L'amour suprême ! Et vous êtes un joli couple heureux aussi bien sûr Ron et toi, chérie », finit-elle en glissant un regard vers Lavande.

Dans un spectacle, il y a les acteurs et les spectateurs, les réalisateurs et les comédiens. Ici, chacun est un peu de tout. Les membres du Monde Sorcier sont à la foi spectateurs et réalisateurs, ceux de la relève – Ron, Ginny, Harry, Drago et Hermione- sont à la fois les acteurs et les metteurs en scène. Ils jouent à cause d'eux, mettent tout en scène pour eux. Comme l'a dit Drago, le réveil vous tire de vos rêves pour vous confronter à la triste réalité. Un réveil est bien souvent brutal, c'est comme une chute. On se réveille parce qu'on a eu un choc, un choc terrible. Heureusement que tout le monde n'est pas disposé à le voir, chacun a son propre choc.

Le réveil risque d'être brutal, une vraie descente aux Enfers.


Vous croyez aux âmes sœurs ? Je veux dire, vous croyez que deux personnes peuvent être faites l'une pour l'autre, que deux personnes peuvent être totalement en phase, que deux personnes peuvent n'en former qu'une seule et unique ?

Vous y croyez ?

Vous croyez qu'on ne peut tomber réellement amoureux que d'une seule et même personne et passer le restant de sa vie avec elle ?

Vous y croyez ?

Vous croyez que votre cœur ne peut réellement appartenir qu'à cette personne-là et que tous les gens que vous rencontrez par la suite, tous, pas un seul d'entre eux n'est à la hauteur de cette personne, de votre personne ?

Vous y croyez ?

J'y croyais moi, et j'y crois toujours. Mais il y a un cas de figure que je n'avais pas envisagé dans toute cette réflexion. Si jamais cette personne ne veut plus de vous, vous êtes condamnés à vivre dans la tristesse, à vivre dans la solitude, à vivre dans la déception. Je n'avais pas prévu de vivre ainsi, surtout pas et encore moins à cause de ça.

C'est ce qui est si beau, mais en même temps si con avec l'amour : il n'y a pas de sens unique. Il faut être deux pour le vivre, il faut tout partager, il faut que ce soit réciproque. Bien sûr, on peut aimer une personne à en mourir, on peut rêver d'elle toutes les nuits, on peut être prêt à faire n'importe quoi pour elle. On peut aimer une personne qui ne nous aime pas ou qui en aime une autre.

Mais au fond, à quoi ça rime ?

A quoi bon s'accrocher à ce sentiment si on sait qu'il n'aboutira à rien ? Est-ce l'espoir qui nous fait tenir ? L'espoir qu'un jour, notre rêve se réalise ? L'espoir qu'un jour, cette personne nous remarque ? L'espoir qu'un jour, on soit à notre tour aimé dignement ? C'est sûrement ça, mais je ne veux pas que ma vie ne tienne qu'à une once d'espoir.

Que fait-on quand il disparaît ? Continuons-nous d'espérer quand même, secrètement ? L'espoir peut-il vraiment s'éteindre complètement ? Et puis cet espoir est-il vraiment bon ?

Est-il vraiment bon de s'accrocher à ce sentiment caché au plus profond de nous ?

Est-il vraiment bon de se persuader que tout ça a un sens ?

Est-il vraiment bon de s'entêter de la sorte ?

Je ne sais pas, je ne sais plus. Je suis totalement perdu(e).

On dit que quand on aime, on doit avoir une entière confiance, on ne doit douter de rien. Je l'aime. Je l'aime, je le sais, mais je doute. Je ne peux pas m'empêcher de douter, tout le temps, sans cesse, ou du moins en ce moment.

N'est-ce pas contradictoire de douter mais d'espérer en même temps ?


Bonjour, Bonsoir,

Voici la suite, alors je ne peux pas répondre aux reviews car ma très chère boite de réception a tout supprimé!

J'espère que ça devient un peu compréhensible :)

N'hésitez pas à me poser des questions si vous ne comprenez pas bien,

bonne lecture et laissez-moi votre avis :)

Bisous les poulets!