Hermione

« Je ne veux pas de Harry ou de Drago pour aujourd'hui. Pour aujourd'hui, je veux juste du Ginny et du Hermione. C'est tout. Je veux juste retrouver ma meilleure amie, est-ce que c'est mal ? »

Je ne te comprends décidément plus Ginny, je n'arrive plus à te suivre. Tu vas beaucoup trop vite pour moi, je crois que j'ai loupé trop d'étapes. Notre vie à tous les cinq, notre vie en tant que membres de la relève, je la vois comme une énorme course ratée. Une énorme course ratée organisée par le Monde des sorciers, tu vois Gin ? Pour moi, notre vie se résume à ça, une course. Une bête course en balais.

On est cinq, le premier commence à voler pour passer son souafle au second qui doit à son tour voler pour le passer au troisième, qui lui doit rejoindre le quatrième. Si l'un d'entre eux se foire, tout le groupe perd. Je ne sais pas lequel je représente, ce que je sais c'est que je ne suis pas le premier. Je suis celui qui foire. Je ne peux pas te passer le flambeau Ginny, parce que tu voles beaucoup trop vite pour moi. Je suis en retard, j'ai trop de choses à rattraper.

« Mais enfin Gin, je comprends pas ! Tu dis que tu veux l'oublier, mais tu cherches à tout prix à le revoir, tu… », je soupire en m'écroulant sur son lit. « Ginny, c'est pour toi que je dis ça, hein. Je veux notre bien à tous les cinq, à tous les sept. Enfin huit si on compte Lavande. »

« Tu comprends rien », balance-t-elle en se posant à la fenêtre pour scruter le jardin, où Ron et Harry s'envoyaient un vieux souafle. « Tu te barres pendant deux ans et tu reviens comme une fleur Hermione. Tu t'attendais à quoi ? A ce que tout soit beau et rose ? »

« Bien sûr que non ! Je m'attendais seulement, enfin j'espérais, que certains d'entre vous auraient grandi. »

« T'insinues quoi ? », dit-elle en se retournant pour planter son regard dans le mien. « T'insinues qu'on est de pauvres gamins incapables de gérer nos vies ? »

« Oui. »

Oui. Oui, c'est ça que j'insinue. Oui c'est ce que je pense. Oui c'est ce qu'on est ! Il faut parfois se rendre à l'évidence Ginny, nous ne sommes que de simples pantins dépourvus de personnalité, ou du moins privés de liberté. On ne peut pas s'affirmer. C'est bien pour ça que je suis partie, entre autre. C'est aussi pour cette raison que vous me trouvez tant changée, aujourd'hui je m'assume et je compte prendre les commandes de ma vie. Je serai mon seul maître…

« C'est vraiment comme ça que tu nous vois ? »

« Oui, oui c'est exactement comme ça que je nous vois, et je ne suis pas la seule. Harry… »

« Oui, Harry pense comme toi, je sais ! Harry est tout à fait d'accord avec ta théorie, je sais ! Harry ceci, Harry cela… Quand est-ce que vous allez arrêter de me parler de Harry ? »

« C'est toi qui en parle depuis tout à l'heure Ginny ! Je ne te demande qu'une chose, une simple petite chose : passer la journée avec moi pour nous retrouver. Mais non, toi tu préfères rester ici à l'espionner. Tu te voiles la face Ginny, tu n'as pas envisagé toutes les solutions comme celle où il ne t'aimerait vraiment plus. »

Cette phrase que je viens de prononcer, ces mots qui sortent à l'instant de ma bouche, ce sont des choses que je ne me serais jamais permise de dire il y a deux ans. Jamais je n'aurais osé parler comme ça à Ginny, je la respectais trop et je ne m'estimais pas assez. Aujourd'hui, c'est différent. J'ai cassé cette routine oppressante, je suppose que je dois en payer le prix.

« Tu sais quoi Hermione ? On va dire que tu dérailles parce que t'as mal dormi à cause de ce foutu rêve. On va faire comme s'il ne s'était rien passé ce matin, à cet instant même, et tu vas rentrer chez toi comme si de rien n'était. Ça te va ? »

« ça me va, mais crois-moi Ginny, rester aveugle n'arrangera pas les choses. Je sais de quoi je parle, malheureusement. »

« Attends, parce que c'est moi qui suis aveugle ? »

Son ton est méchant, menaçant, méprisant. Si elle pouvait me sauter dessus à cet instant précis, elle le ferait sans aucune hésitation. Je ne nous comprends plus Ginny.

Je refais ce putain de rêve parce qu'aujourd'hui, ça fait trois ans, trois ans par Merlin ! Tu sais très bien comment je me sens à cette période, tu le sais Ginny. T'es la seule qui sait tout, c'est pour ça que je viens te voir toi et pas quelqu'un d'autre. Mais tu n'as que Harry à la bouche. Harry, Harry, Harry et encore Harry !

Je ne te demande pas grand-chose, juste un peu de soutien pour aujourd'hui, mais apparemment c'est beaucoup trop pour toi, beaucoup trop pour ton pauvre petit cœur qui ne peut pas loger un trop grand nombre de personnes. Pardonne-moi Ginny de penser que toutes ces années passées à tes côtés étaient les meilleures de ma vie, pardonne-moi de croire en notre amitié, pardonne-moi de croire que tu comptes encore pour moi. Je suis sincèrement désolée.

Ironie quand tu nous tiens.

« T'as même pas remarqué hier que je me suis barrée. T'étais beaucoup trop obnubilée par ton Drago, beaucoup trop occupée à jouer ton rôle stupide devant lui, Mione. Mais ça prend pas avec moi, je sais comment t'es, je sais que tu l'aimes encore, par Merlin ! Y a qu'à voir comment tu le regardes ! »

« Tu parles de moi, mais tu ne te regardes pas, Ginny. T'es pire que ça avec Harry. Et pour te répondre, j'ai vu que t'étais partie, ça je l'ai vu oui ! Pourquoi t'es partie pile à ce moment-là ? T'as un problème avec Drago ou quoi ? Parce que oui, je commence sincèrement à me poser des questions tu vois ? »

« T'es complètement folle. Ce rêve te rend barge, ce jour te rend barge ! Tu viendras me voir demain, quand tout ça sera passé. », balance-t-elle en me tournant le dos.

« Merci de ton soutien Ginny », je dis avant de claquer la porte.

On peut toujours compter sur ceux qu'on aime.


Coucou :)

Un nouveau chapitre! J'espère que l'histoire vous plaît toujours autant.

C'est lequel votre personnage préféré? Et le moment que vous aimez le plus pour l'instant? :)

Bisous!