Hermione

« T'es sérieuse Hermione ? Pansy va faire nos tenues ? »

« Oui, elle doit montrer ce qu'elle vaut à Larina Hale. Du coup je lui ai proposé qu'on lui serve de mannequins pour l'occasion. »

« Oh c'est génial ! J'ai toujours rêvé de porter une robe griffée. », rigole-t-elle.

« On va être sublimes ! »

« Les plus belles. » sourit-elle. « Et dire que je pensais boycotter cette soirée… »

« Mais Gin, on ne peut pas ! Tout le monde sera là ! Et on sera au centre de l'attention, comme avant. »

« Toi, t'as pas reçu l'invitation apparemment », elle ricane et baisse les yeux. « On doit s'y rendre avec un cavalier, en couple si tu préfères… »

« Oh… et ton cavalier ne peut pas être quelqu'un d'autre que… »

« Harry. »

« Oh Ginny. »

« Mais c'est pas le seul problème. », reprend-elle en se redressant, braquant son regard de braise sur moi.

« Et c'est quoi ? »

« Avec qui TOI tu vas y aller. Tu seras l'attraction de la soirée, crois-moi. Ton retour n'est pas passé inaperçu ! »

« Oh… je ne peux plus demander à Ron et Blaise est une chasse gardée… »

« T'es lente à la détente toi ! Avec Drago, évidemment. »

« Hors de question, ça ne va pas être possible. Pas du tout, du tout, du tout. »

« Dans ce cas, tu as une semaine pour te trouver quelqu'un qui veuille de toi, Mione. »

« Tu crois que Georges accepterait de sortir avec moi ? »

« Mon frère ne sort plus, Hermione. » dit-elle d'un ton froid. « Mais Blaise m'a dit que Théodore est de retour à Londres… »

« Nott ? Ginny, n'y penses même pas ! », je m'écrie.

« Oh ne fais pas la prude, tu veux. Il est canon ! »

« Mais il me met mal à l'aise ! »

« Comme tu veux. Mais tu as intérêt à te bouger le cul si tu ne veux pas y aller seule… Une semaine, Hermione. Une semaine. »

Tandis que je reprenais une bouchée de ma citrouille glacée, Ginny finissait sa coupe Pur Feu.

Je ne pouvais pas demander à Blaise de m'accompagner, je ne pouvais décemment pas accaparer Ron et en ce qui concerne Harry, c'était juste hors de question. Quant à Drago… n'y pensons même pas. Il ne me restait plus beaucoup de solutions si je ne voulais pas m'afficher seule à ce gala. Pas que ça me gêne, mais je serai la risée de tout Londres ! Et je pense pouvoir me passer d'interviews et articles peu reluisants sur ma vie sentimentale. Surtout en ce moment.

Dans le peu d'options qui me restaient, il y avait Seamus… mais ce serait vraiment en dernier recours. Ou Neville, quoi qu'il sorte avec Luna aux dernières nouvelles.

Théodore Nott… dernière option aussi… je ne veux pas avoir à me rabattre sur Drago. C'est hors de question. Mais qui serait assez proche de moi et d'assez agréable compagnie pour m'accompagner à une des soirées les plus en vue de l'année ? Par exemple… oh !

« Viktor ! », je m'écrie.

« Par le caleçon de Merlin, Mione ! Ne me surprends pas comme ça ! Tu parles de qui ? »

« Mais, tu sais, Viktor ! Viktor Krum ! », je répète tout sourire.

« Et bien quoi ? Qu'est-ce qu'il a ton ami ? »

« Ginny, je peux lui demander de m'accompagner au gala ? »

Ginny parut réfléchir un instant avant de se tourner vers moi, son visage tout illuminé.

« Alors ça, c'est top ! Bien sûr, invite le ! C'est encore mieux que d'y aller avec Malefoy ou Nott ! »


Drago

« Tu sais, Drago, que Larina Hale met Pansy à l'épreuve ? Elle sera de la partie à la soirée de la semaine prochaine pour juger des tenues qu'elle va confectionner. » , annonça Blaise, fier.

A cette question, je relevai la tête vers mon meilleur ami. Bizarre que Pansy ne m'en ait pas encore parlé. Ça m'étonne, vraiment. D'habitude, je suis le premier qu'elle interpelle pour les nouvelles de ce genre. Que Blaise sache avant moi est assez étonnant vu qu'elle a toujours préféré le laisser mariner jusqu'au bout. Oui, ça m'étonne. Je suis son meilleur ami, elle me dit tout en temps normal. Mais c'est vrai que depuis que Granger est revenue, j'ai tendance à passer au second plan. Harry et Ron me laissent entre les griffes de la belette femelle pour aller retrouver leur Miss-je-sais-tout. Ginny a beau se disputer avec elle un jour, le lendemain elles apparaissent dans la presse comme cul et chemise. Et maintenant, Pansy s'empresse de lui communiquer ses scoops qu'elle partageait jusqu'alors avec moi. Foutue Granger. Toujours à se mettre en travers de ma route. Il n'y a que Blaise qui me reste fidèle au fond. Ça c'est un meilleur ami. Ça c'est de l'amitié. C'est fort, c'est pur, c'est beau !

La voix de Blaise me tira de mes pensées.

« Mec, arrête de me regarder avec cet air-là ! Tu fais peur. »

« Je… »

« Et la réponse est non, je ne coucherai pas avec toi. Pansy ne me le pardonnerait jamais, je lui ai juré que je préfère les brunes. »

Qu'est-ce qu'il est con quand même. Con mais toujours présent.

« Arrête de fantasmer Zabini ! » je lançai joyeusement.

Quand je vois Blaise, je repense à notre enfance, à nos pères, à notre éducation. Par conséquent, je repense au Seigneur des Ténèbres qui régulait les activités de nos familles. Je pense aussi à Pansy, ce qu'elle endurait et puis les changements qui ont survenu. Et enfin, je pense à Théodore… notre dernier compère qui s'est fait la malle dès la fin de nos études. Il est de retour mais personne ne l'a encore revu. Je repense à tous ces moments qu'on a partagés, à tout ce qu'on a vécu ensemble.

Quand nos pères nous laissaient ensemble, je repense à tout ça et je me dis que tout est bizarre, tellement bizarre, mais tellement mieux aussi. On est mieux tous les trois… enfin je devrais dire quatre. Mais Théodore et moi avons trop de mauvais souvenirs en commun que pour être vraiment amis. On se tolérait. Le simple fait de penser à lui, à notre vécu, me donne un mal de tête atroce, une migraine insupportable. Probablement un vestige des corrections que l'on recevait ensemble. De la main de nos pères. Tout ça parce que je pense trop. Je me pose tout un tas de questions complètement stupides, je pars tout seul en pleine analyse de ma vie et de celle des autres membres de la relève. De Blaise, de Pansy, de Harry, de Ron, de Ginny et d'Hermione. Mais pas de Théo, il ne fait pas partie de ce groupe. Ou peut-être est-ce moi qui l'exclut ainsi ?

Au fond, on a été élevé comme des frères, lui et moi. On ne choisit pas sa famille, on n'a pas choisi la nôtre. Je veux dire… tout ça est tellement compliqué !

Un jour, Pansy m'a dit 'Il faut apprendre à aimer'. Pour elle, on aime véritablement une personne qu'à partir du moment où on l'aime pour qui elle est en tant que personne et non pour ce qu'elle nous apporte. Elle a totalement raison.

Si vous demandez à un gamin de 4 ans pourquoi il aime sa mère, il vous répondra « parce que c'est ma maman ». Si vous demandez à une jeune fille de 13 ans pourquoi elle aime son petit ami, elle vous dira sûrement « parce qu'avec lui, je me sens moi-même, parce qu'avec lui, je suis une autre personne. Il me fait rire, il m'apporte du bonheur. Je me sens bien quand il est là. il m'apporte tout un tas de choses que j'aime ». et Pansy lui répondra que ce n'est pas suffisant, qu'il manque quelque chose, et elle a entièrement raison. Seulement moi, je n'adhère pas à cette vision de l'amour. Je n'adhère pas à l'amour tout court.

Ce que je vous répondrais moi, si vous me demandiez si j'aime mon père ?

Je ne vous dirai pas que j'aime mon père parce qu'il est un homme honorable et respectable. Il a toujours été mauvais et froussard.

Pas parce qu'il s'est battu pour avoir ce qu'il voulait, il n'a fait que suivre les ordres pour sauver sa misérable peau. Pas parce qu'il est une personne à part entière, quelqu'un de déterminé, non. Il n'était qu'un sous-fifre parmi d'autres.

Non ! Je vous répondrai que je n'aime pas mon père et ne l'ai jamais aimé. Car il n'a fait que nous attirer des ennuis à ma mère et moi. Car les seuls gestes qu'il avait jamais envers moi étaient pour me punir. Car il a tenté de se servir de moi pour se racheter une conduite envers le Seigneur des Ténèbres. Car non seulement il a porté la main sur moi, mais aussi sur certains de mes amis. Et ça, je ne le lui pardonnerai jamais. Non, je n'aime pas mon père, je le hais.

Maintenant, si vous me demandiez pourquoi j'aime ma mère, et bien je ne sais pas. Je vous répondrai, et c'est malheureux, que j'aime ma mère parce qu'elle est ma mère. Peut-être aussi parce que malgré les mauvais choix de mon père, elle n'a jamais cessé de l'aimer, de m'aimer et de me protéger moi. Elle agissait par amour, et pour ça je peux lui pardonner toutes ses fautes.

Et pourquoi j'aime Pansy et Blaise? Parce qu'ils sont mes meilleurs amis.

Et pourquoi je déteste Hermione ? Parce qu'elle est source de souffrance et d'incompréhension, parce qu'elle me fait autant de mal qu'elle me fait du bien. Parce qu'elle me fait me contredire.

Pansy a raison. On doit apprendre à aimer une personne, on doit aimer une personne pour ce qu'elle est à part entière et non pour ce qu'elle représente pour nous. Pour aimer véritablement une personne, il faut faire abstraction de notre moi, abstraction de ce qu'elle nous procure, que ce soit en bien ou en mal. Mais moi, je ne suis pas prêt à faire cette démarche-là. J'existe en tant que moi, pas pour les autres.

La question pourquoi aimez-vous votre mère se poserait en fait plutôt de cette façon : aimeriez-vous votre mère si elle n'était pas votre mère ? Est-ce que vous aimeriez cette personne si aucun lien familial vous unissait ? L'aimeriez-vous quand même ou bien seriez-vous indifférents face à ce genre de personne ? Voilà la véritable question, voilà le véritable problème.

Tout ça pour en venir au fait que quand je vois Théodore, et que je repense à l'enfance qu'on a eu avec Blaise et Pansy, je ne peux m'empêcher de nous comparer à eux. A Harry, Ron, Ginny et Hermione. Harry nous étant plus semblable qu'on le pense. Moi qui n'ai jamais eu de frère ou de sœur, je me demande comment se passeraient nos relations si j'en avais. Ce n'est pas inné d'aimer son frère ou sa sœur, alors est-ce que j'aimerais le mien ? Honnêtement, je pense que non. Je l'aurais détesté.

Je crois que Théodore, Blaise et Pansy sont comme mes frères et sœurs, on a grandi ensembles, on a appris à paraître, mais comme de simples enfants, on évolue. Théodore, en l'occurrence, aurait probablement été ce frère détesté. Et on arrive à un âge où quand on nous demande pourquoi on aime telle ou telle personne, on se voit dans l'obligation de répondre autre chose que 'parce qu'elle représente telle ou telle chose pour moi, même si évidemment, ce qu'elle représente pour nous ou ce qu'elle nous procure a quand même son importance, une grosse importance.

Quand je vois Théodore, je ne peux m'empêcher de me poser toutes ces questions.

Pourquoi Harry aime Ron et pourquoi Ron aime Harry ?

Pourquoi Ginny aimait ou aime toujours Harry, et pourquoi Harry aimait Ginny ?

Pourquoi j'aime Blaise et Pansy, et pourquoi Blaise et Pansy m'aiment ?

Pourquoi Hermione me déteste, et pourquoi je la déteste aussi ?

Pourquoi veut-on se détester ? Parce que oui, ça marche aussi dans les deux sens.

Pourquoi nous, membres de la Relève, nous aimons-nous, ou plutôt nous aimions-nous ? Cela soulève aussi un autre problèmes, celui du temps, celui des souvenirs. Je crois qu'il faut parfois faire attention à nos sentiments. Souvent, quand on connait une personne depuis un long moment et qu'on l'aime, on aime en vérité le passé, ce qu'on a vécu avec elle, mais nous changeons.

Nous sommes parfois amoureux des souvenirs.

Je ne veux pas aimer un souvenir. Je veux un jour aimer une personne pour ce qu'elle est.

« Tu m'as l'air bien pensif, Drago », Blaise interrompt le cours de mes pensées.

« C'est à cause de toi, vieux frère. » je dis dans un sourire.

« Oh, tu te demandes comment je fais pour être aussi parfait ? C'est très difficile à concevoir, je te l'accorde. Surtout pour quelqu'un comme toi. »

« Quelqu'un comme moi ? »

« Disons que », commence-t-il en m'adressant son célèbre sourire moqueur. « La parfaititude n'est pas contagieuse à ce que je peux constater. »

« Parfaititude ? Hum, t'es pire que Weasley toi ! »

C'est dans un grand éclat de rire qu'il me frappa l'épaule avant de m'ébouriffer les cheveux. Il sait parfaitement que j'ai horreur de ça.

« Aller Drago, arrête de penser et prépare-toi pour ce soir. On sort avec la bande pour fêter le retour d'Hermione. » dit-il en se levant du canapé. « En plus, c'est de ta faute si la grande fête de son retour a été annulée… T'as été ignoble, vil Serpent ! »

« Si je vous écoute, je dois arrêter de parler et de penser. J'ai le droit de faire quoi alors ? La plante en pot ? »

« Qui t'a dit d'arrêter de parler ? »

« Hermione. »

« Ah, Hermione ! Quelle femme ! Oser dire tout haut ce que tout le monde pense tout bas ! » s'exclame-t-il en s'éloignant de moi.


Coucou tout le monde :)

Vous passez de bonnes vacances? Désolée pour le retard d'ailleurs ^^ je n'ai pas eu beaucoup de temps pour moi jusqu'ici.

Alors, je voulais dire à Lea Dramione :Merci pour ta dernière review :) ça fait vraiment plaisir d'avoir des lecteurs assidus comme toi! Alors j'espère que ce petit chapitre va te plaire! Bisous! (et merci :) )

et à Miss Plume Acide: Tu veux rire, ta review est la plus belle que j'ai reçue! :) Tout ce que tu dis m'a tellement fait plaisir, j'ai eu les larmes aux yeux. Je suis contente que tu aimes la manière dont je construis cette histoire parce que je sais bien que c'est super ambigü et parfois compliqué à comprendre. Alors merci merci merci :) Et j'espère vraiment que la suite te plaire! :) Bisous

Bonne lecture à tous :)