RON
« Cours, allez Harry ! Plus vite ! »
« T'es… ma…rrant toi ! », dit-il essoufflé, en essayant tant bien que mal de me rattraper. « Je fais pas… mon jogging… tous… tous les matins ! Et… ça fait… ça fait un moment que… j'ai pas… suivi le… l'entrainement au bureau ! »
« Tu vois que ça sert ! T'es toujours en train de te moquer de moi, comme quoi je veux juste faire du muscle pour épater les filles, mais tu vois bien que ça sert à quelque chose. Allez Harry. On est bientôt arrivés. »
« Si ça se trouve… ils … nous… ont même… même pas vus partir. »
C'est possible en effet, qu'ils n'aient pas remarqué, trop préoccupés à se balancer des insultes à la tête. Cependant, on ne doit pas prendre de risque. On doit courir Harry. Imagine que finalement, ils nous aient vus et qu'ils essaient de nous rattraper ? Imagine ! Il faut courir. Qu'en penses-tu ?
« POTTER ! WEASLEY ! »
Je m'arrêtai net et regardai Harry. Une once d'inquiétude ornait son visage. Il a reconnu cette voix et il a aussi peur que moi. Ce n'est pas que nous le craignons, c'est juste qu'on a pas envie de subir ses foudres. Vous l'aurez compris, c'est Drago Malfoy qui vient de hurler. Il est probablement resté à l'endroit où on était tous ensembles tout à l'heure, et vient seulement de remarquer notre fuite.
Lui qui voulait rester discret, on l'entend gueuler à des kilomètres… quel idiot.
Mais il ne faut pas qu'il nous trouve, ni Hermione d'ailleurs. Harry attrapa mon poignet et me força à avancer. Il a raison, il ne faut pas qu'on reste là. On doit retrouver Blaise et Ginny pour les mettre au courant de notre plan diabolique.
Allez, bouge ton petit cul de sorcier facétieux !
« Harry, attends ! »
« Quoi ? On a pas le temps Ron. »
« Je crois qu'on nous a reconnus. »
« Qui ça on ? »
Discrètement, je lui fis un signe de tête vers la gauche. Une bande de filles avançait dans notre direction, l'une d'entre elle avait une plume à papote prête à écouter et déformer nos dires, journaliste. L'une d'elles se démarquait par ses longs cheveux blonds, plus brillants et clairs que ceux des autres, avec des yeux bleus tirant sur le vert. Astoria.
« Et merde ! On court ! »
« Encore ? »
« Elles viennent vers nous Harry, cours ! »
Ni d'une ni de deux, on dévale à nouveau les rues pavées, manquant de tomber à chaque pas. La chaleur de cet après-midi aura au moins un avantage : le sol n'est pas mouillé alors on ne glisse pas. On entend quelques filles nous suivre et crier après nous. Qu'est-ce qu'elles nous veulent ? Drago n'est pas là, foutez-nous la paix !
On passe devant une petite ruelle. Deux trois filles sont toujours derrière nous à nous poursuivre, elles vont finir par nous rattraper si ça continue comme ça. Bande de groupie ! Et dire que ça me plaisait au début. Le revers de la médaille, il ne fait pas bon être héro de guerre tous les jours. Je m'arrête quelques secondes et regarde Harry. Une vague de panique se lit dans ses yeux, lui qui déteste être au centre de l'attention et qui semble être au bord de la crise d'asthme. Il a compris mon intention.
Drago
« Ca ne sert strictement à rien de gueuler, Drago. Ils sont partis. », balance Hermione.
« J'avais remarqué, merci. »
« Alors pourquoi tu hurles encore ? »
« Parce que ça me fait chier ! »
Ça me fait chier que des amis qui doivent toujours me soutenir, qui me soutiennent depuis longtemps soient partis comme ça ! Ils n'auraient pas pu me prévenir ? Simplement me dire, Drago, très cher, nous nous en allons. Tu te joins à nous ?. Je ne me serais pas retrouvé comme un débile aux côtés d'Hermione.
« C'est pas toi qui voulais qu'on reste discret ? »
« C'est de ta faute s'ils se sont barrés ! »
« Ma faute !? Ma faute, Malfoy ? Tu te fous de qui là ? »
« De toi, comme d'habitude. Tu me fais chier. », dis-je en shootant dans un tronc d'arbre.
Je me fous de toi Hermione. Je me fous de toi parce que tu te fous de moi. Putain de fierté, hein ? Tu t'es foutue de moi. Un Malfoy n'oublie pas. Les Malfoy sont rancuniers. Tu le mérites, tu mérites ma haine, tu mérites mon venin, tu mérites mon mépris envers toi. Tu mérites tout ça Hermione Granger.
Elle s'assit tranquillement sur un muret en soupirant et me regarda droit dans les yeux. Juste l'espace de quelques secondes, je crois déceler de la tristesse dans ses yeux, de la tristesse mêlée à une fatigue et une déception profonde. T'en as marre ? Moi aussi, mais tu le mérites.
« Tu l'as déjà dit. »
« De quoi ? »
« Que je te fais chier. »
« Non, j'ai dit ça me fait chier, pas tu me fais chier. »
« C'est pareil, Drago. »
« Non. »
« Je t'assure que si. »
« Et bien moi, je t'assure que non Miss Je-sais-tout ! »
Finalement, je m'assois aussi. Depuis tout à l'heure, ton regard n'a pas quitté le mien, je ne sais pas ce que tu ressens Granger, je ne sais pas à quoi tu penses. Je le savais avant, quand notre amitié comptait encore. Mais je n'en vois plus l'utilité maintenant. Même si ça me fais encore plus chier de ne pas savoir. De ne pas avoir ce pouvoir sur toi. Tu t'es refermée. Je n'y arrive pas, je n'y arrive plus. On a trop changé Mione. Beaucoup trop, ou pas assez.
Tu me fais chier, je te hais, je te méprise, j'adore te mettre en colère parce que ce n'est pas une chose facile. Tu répliques à chaque fois, mais jamais tu ne t'énerves. Je ne t'ai pratiquement jamais entendu crier. Tu ne m'as presque jamais crié dessus Hermione. Et pourtant tu en as eu l'occasion plus d'une fois. J'aime te provoquer, j'aime te pousser à bout, j'aime quand tu ne ressens plus que de la haine pour moi. Juste de la haine pure et profonde.
La haine est un sentiment puissant.
Par contre, là, je commence à en avoir ras-le-bol d'être assis par terre avec toi, à te regarder dans le blanc des yeux et à t'insulter de temps en temps. J'en ai littéralement ras-le-bol. J'ai bien envie de verser mon venin sur Potter et Weasley, de leur passer un savon monumental.
« On va les retrouver ? »
« Hmm, c'est toujours mieux que de rester avec un petit con prétentieux comme toi ! »
Cette fois-ci, c'est pas moi qui t'ai agressée, ne va pas dire le contraire ! Tu vois, je crois que c'est ça aussi le problème entre nous deux : on est jamais d'accord en même temps. Quand c'est toi qui es à peu près sympa, c'est moi qui commence à te chercher, mais ça arrive rarement parce que tu n'es jamais sympa.
A l'inverse, quand c'est moi qui change de sujet pour détendre l'atmosphère, tu réponds toujours violemment. En fait, c'est toi la moins sympa de nous deux Hermione. C'est toujours toi qui m'agresses, toujours toi qui t'en prends à moi. C'est toi qui as un problème avec moi.
« Je te propose un truc : tu vas à droite et je vais à gauche. »
« Pourquoi ce serait toi qui irais à gauche et pas moi ? »
« Très bien, alors vas à gauche et laisser-moi aller à droite ! »
« Non, à droite c'est mieux. »
Quelle… Quelle harpie ! Cette fille est une harpie ! T'es barge Hermione, vraiment ! Complètement barge. Et peu de gens s'en rendent compte. En plus de ça, t'es chiante. T'es chiante et t'es moche. Non, t'es chiante et t'étais moche. Là, j'avoue que tu es baisable, ce qui te rend encore plus conne et chiante.
Harry
« Heureusement qu'on avait la cape avec nous ! T'as eu une bonne idée Ron. », je chuchotai accroupi sous la cape d'invisibilité.
« J'en reviens toujours pas que tu l'aies constamment sur toi. »
« Les vieilles habitudes se perdent difficilement, tu sais. »
« C'est ça ! Non mais je rêve, quand tu allais en rendez-vous avec ma sœur, tu prenais la cape avec aussi ? »
« Arrête, c'est limite si t'es pas aussi pénible que Drago, là. »
« Alors là, je ne te permets pas de me comparer à cette fouine ! », s'offusqua Ron.
Ça fait deux fois aujourd'hui que tu me reparles de cette époque avec Ginny. Deux fois, Ron. Pourtant tu sais que ça me fait du mal et que ça t'en fais à toi aussi. Si tu as quelque chose à dire, j'aimerais que tu me le dises clairement. Je ne veux pas que tu te retiennes et que tu me balances des sous-entendus à tout bout de champs.
Alors pourquoi tu te retenais, et tu te retiens toujours de tout dire à Ginny ?
« Elles sont parties, on peut continuer. Il faut absolument qu'on retrouve Blaise, Pansy et Ginny. »
« Il faut d'abord que je respire un peu d'air frais parce que l'odeur de la poubelle à côté de moi me file autant la gerbe qu'une merde de Scrout ! »
Qui a dit que Ron Weasley est un poète ?
Salut salut !
Je suis vraiment désolée pour l'immense retard que j'ai pris avec cette fanfiction. Je suis tout juste de retour de mon Erasmus et je n'ai pas eu une minute à moi.
Ce chapitre n'est pas le meilleur que j'ai pu écrire mais j'espère que vous aimerez tout de même!
Je suis actuellement en train d'écrire afin de prendre de l'avance et de ne plus vous laisser dans une telle attente!
Gros bisous
