CHAPITRE 20


POV BECKETT


Assise côté passager dans la voiture de patrouille d'Esposito, je tentais de rassembler mes esprits. Je ne savais pas quels sentiments prédominaient en moi, l'angoisse, l'excitation, le stress j'étais une boule d'angoisse électrique. J'allais enfin arrêter le sniper qui avait fait feu sur moi au cimetière et pouvoir connaitre son employeur, autrement dit le nom du meurtrier de ma mère. Treize ans, il m'aura fallu treize longues années pour avoir un nom. Perdue dans mes pensées, je ne m'étais pas aperçue que Javier s'était garé:

- Je vais faire un tour de voisinage pour repérer notre homme

-…..

- Beckett ?

- Oui, pardon. Excuse-moi. Vas-y, je t'attends ici, dis-je perdue au milieu de l'habitacle.

Il sortit en me dévisageant puis partit dans les différents immeubles d'en face. Ouvrant le dossier sur mes genoux, je reparcourais comme un zombie cette affaire. Cole Maddox, militaire extrêmement entrainé, lisais-je pour la quatrième fois de la journée. Ryan avait peut-être raison sur ce coup-là, nous foncions certainement tête baissée dans la gueule du loup mais je ne pouvais plus attendre, j'avais l'impression de vivre avec une épée de Damoclès depuis cette fusillade. Quand mon téléphone retentit, je sursautais de surprise, répondant sans faire attention, je souris en attendant la voix de Rick :

- Alors… l'enquête avance ? me demandait-il sur un ton assez anxieux

- Non. On piétine, et ce discours ?

- Elle m'épate, tu sais. Alexis est devenue tellement intelligente et magnifique...

- Tu l'as bien élevé, qui aurait cru ? Le taquinais-je

- Certainement pas moi crois-moi, sourit-il

- Tu es un père formidable, Castle

- J'ai surtout eu beaucoup de chance, riait-il. Alors si l'enquête piétine, tu pourrais peut-être sortir plutôt ?

- Le discours est à quelle heure ?

- 19 heures mais j'aimerais bien te voir avant

- Je suis désolée mais j'aimerais assez tenter de trouver au moins un indice et ensuite le temps que je rentre et que je me prépare, il sera vite 19 heures…

- Hum… tu as raison, répondit-il sur un ton boudeur

- Tu boudes?

- Non

- Si

- Castle ?

- Ok… ma petite-amie me manque

- J'aime ça, avouais-je un brin gênée

- Quoi ? Le fait que tu me manques?

- Non… enfin si mais je préfère l'idée d'être ta petite-amie

- Et moi, j'adore cette idée

- Rick?

- Oui

- Je t'aime, avouais-je en voyant Javier revenir vers moi.

- Je t'aime aussi

- Je dois te laisser, Gates m'appelle, chuchotais-je avant de raccrocher.

J'avais horreur de mentir, et encore plus à Rick, mais cette affaire nous dépassait tous et je me devais de le mettre en sécurité, car s'il devait lui arriver quelque chose, j'en mourrais. Sortant de la voiture, Espo me fit son rapport :

- Ça y est, on le tient! Le portier de l'hôtel « résidence » de l'autre côté de la rue a identifié sa voiture. Le réceptionniste a confirmé qu'un monsieur Madox a réservé pour un mois, ils veulent bien nous ouvrir sa chambre.

- Ok… mais Espo, je…

- Tout va bien se passer, me coupait-il comme s'il comprenait mes craintes. Cet homme a fait feu sur l'un des nôtres alors allons l'arrêter.

- Merci, souriais-je en le suivant vers l'hôtel

- Tu as mis Castle sur la touche, c'est ça ?

- Il n'est pas flic et il revient à peine d'une opération à cœur ouvert

- Tu as bien fait, m'assurait-il alors qu'un réceptionniste nous attendait.

- Il a réservé la chambre 34

- Très bien, allons-y, ordonnais-je main en poing.

Nous montions les escaliers alors que je murmurais à Javier :

- Je le veux vivant

- Je le sais

Le réceptionniste nous ouvra sa chambre et je lui ordonnais en le sortant dans le couloir :

- Restez pas là.

Entrant dans la chambre de celui qui avait voulu ma mort, je scrutais chaque recoin, chaque détail.

- R.A.S, s'écria Espo en revenant de la salle de bain

- R.A.S, répondis-je en fermant le dressing

- Les dossiers de Montgomery!

- Pardon? Fis-je surprise en le voyant se diriger sur une table basse où trônait une tonne de dossiers au nom du NYPD.

- Il y a aussi sa liste de contact, continua-t-il en regardant dans son PC. Il cherche quoi au juste ?

- Pas quoi, qui ? Ils ont pris son album de mariage, assurais-je en feuilletant les photos

- Pourquoi?

- Pour trouver quelqu'un qu'il connaissait

- Il l'a peut-être trouvé ?

- Non, aucune photo ne manque. Je…

Je fus couper par la sonnerie de mon portable, regardant l'appelant, je m'aperçus que c'était Rick. Que me voulait-il ? Voulant me mettre à l'écart pour répondre, je lançais à Javier en remettant mon cellulaire en poche :

-Écoute, je vais appeler des renforts, récupère ce que tu peux, ajoutais-je en sortant de la chambre quand je fus attrapée violemment contre la paroi du mur et jetée à terre par Cole Maddox.

À terre, gisait le corps du réceptionniste sans vie. Me retournant, je vis qu'Esposito était venu à ma rescousse et qu'il se battait avec mon assaillant. Prenant mon arme de service, difficilement car j'étais quelque peu sonnée, je me relevais alors que Maddox courait hors de la chambre en laissant Javier à terre, inconscient. Courant à sa suite, je fis feu sur lui en le manquant à plusieurs reprises. Il se dirigeait à vive allure sur le toit et mon téléphone n'arrêtait pas de sonner.


POV CASTLE


Il était 16h30 et je venais juste d'avoir Kate au téléphone, tournant en rond dans le loft, je me décidais à sortir mes vêtements pour ce soir. J'avais décidé de mettre un costume sobre et noir mais je voulais ajouter une touche de couleur avec ma cravate, j'hésitais entre la rouge et la bleue quand je vis que Ryan tentait de me joindre, prenant mon téléphone, je répondis :

- Rouge ou bleu ?

- Castle ? Heu… Pardon?

- Avec un costume noir, tu mettrais une cravate rouge ou bleue ?

- Heu… rouge

- C'est ce que je pensais! M'exclamais-je

- Castle, on a un problème

- Lequel ? Souriais-je en posant mes vêtements sur mon lit

- Beckett et Espo sont partis interpeller Maddox, il y a vingt minutes

- Qui?

- Maddox, le sniper

- …

- Castle?

- Vous l'avez identifié, fis-je étonné

- Oui et…

- Attends, ils sont partis l'interpeller seuls , sans renfort? Le coupais-je en prenant enfin compte de ses propos

- Oui

- Non, non, j'ai eu Kate, i peine dix minutes, elle était au poste

- Non… ils sont partis Castle

Elle m'avait menti…

- On connaît l'identité du sniper depuis le début d'après-midi, ajouta-t-il comme pour répondre à mes questions silencieuses.

Et elle m'avait éloigné de l'enquête… mais pourquoi ? À cause de ma crise de panique ?

- Où sont-ils ?

- À dix minutes de chez toi. Je ne sais pas quoi faire et...

- Appelle des renforts et envoie moi l'adresse! M'énervais-je en courant hors du loft ne comprenant pas non plus pourquoi Ryan hésitait.

- Si j'appelle les renforts, Gates sera au courant et elle risque de les renvoyer

- Et alors ? Tu les veux morts ou virés? Ajoutais-je sur un ton haineux. L'adresse Ryan!

- Je te l'envoie et je vais voir Gates, capitulait-il en raccrochant.

Comment avait-elle pu me mentir et foncer la tête baissée dans la gueule du loup. Montant dans le premier taxi que je trouvais, je lui donnais l'adresse en priant pour ne pas arriver trop tard. Je fis tout mon trajet au téléphone en tentant d'appeler Kate mais je tombais sans cesse sur son répondeur après plusieurs sonneries :

- J'espère que tu es en vie, pestais-je en raccrochant au bout du dixième appel.

Arrivé au bas de l'immeuble, je partis en direction de l'hôtel où le portier m'indiqua que les flics étaient montés dans la chambre 34, il y avait à peu près dix minutes. J'avais peut-être une chance alors, pensais-je en montant les escaliers un à un. Mon espoir disparut quand, je tombais nez à nez avec le corps sans vie d'un homme à terre. Rentrant prudemment dans la chambre, je vis Javier à terre. M'agenouillant, je pris son pouls dans le silence de la chambre, sentant qu'il respirait et que son cœur battait, je scrutais les alentours mais ne vis rien. Prenant mon portable, je tentais une nouvelle fois de l'appeler en espérant entendre la sonnerie de son portable, pour avoir une idée d'où la chercher.

- Mais où es-tu bon sang!

Sortant dans le hall, j'entendis un son au loin, m'avançant je m'aperçus que la porte du toit était ouverte.


POV BECKETT


- On ne bouge plus! Hurlais-je sur le toit de cet hôtel alors que Cole Maddox était dans ma ligne de mire à quelques mètres.

Il s'arrêta et se retourna avec un sourire aux lèvres :

- Lieutenant Beckett

- Les mains en l'air Maddox et en évidence! Criais-je en m'approchant

- Vous savez je dois dire que vous avez du cran. Mais vraiment aucune jugeote. Pourquoi continuer dans une voie qui ne vous mènera qu'à votre perte ? me demanda-t-il sans obtempérer

- J'ai dit les mains en l'air!

Il me jaugea du regard quelques secondes puis leva les mains. M'avançant calmement vers lui, je lui saisis les poignets derrière son dos pour lui passer les menottes, mais il se retourna violemment en m'empoignant et en me déséquilibrant tout en me renversant. En quelques secondes, je me retrouvais à terre dans sa ligne de mire, bien au-dessus de moi le canon en joue, il me dit :

- Coriace mais pas de jugeote. Vous pensiez faire quoi ? Désarmer un ancien militaire avec vos jolis talons hauts ? Souriait-il en me surplombant. Alors lieutenant Beckett, pourquoi continuez-vous dans cette voie ? Redemanda-t-il comme obsédé par cette question

- Pourquoi ? Vous avez failli me tuer moi et mon partenaire!

- Failli

- Et votre employeur a tué ma mère!

- Elle ne reviendra pas lieutenant, il serait temps que vous le compreniez. Ce n'est pas en lui rendant justice que vous vous sentirez mieux. D'ailleurs vous avez plus de chances de mourir que de faire le reste, rit-il

-….

- Vous savez quoi ? Je vais vous faire une fleur, juste une. Car vous n'êtes plus dans ma liste des personnes à abattre… alors voilà, écoutez mon petit conseil, arrêtez cette vendetta et vivez votre vie.

- Jusqu'à que je revienne sur le haut de votre liste ? Pestais-je énervée devant son air arrogant

- Non. Votre capitaine a bien fait les choses. Il vous a mis à l'abri. Tant que vous ne continuez pas cette enquête, mon employeur vous laissera tranquille.

- Et le cimetière ? C'est votre façon de me laisser tranquille ?

- Concours de circonstances, haussa-t-il des épaules. Le colis de votre capitaine est arrivé trop tard.

- Quel colis ? Demandais-je intriguée devant ses propos

- J'ai dit une fleur… pas deux, compris ?

- Dites-moi qui est derrière tout ça

- Vous perdez votre temps lieutenant, vous ignorez à qui vous vous en êtes prise

- Et vous aussi, soufflais-je en me relevant brusquement pour pouvoir le déséquilibrer.

Seulement c'est l'inverse qui se produisit, et il me projeta de nouveau en avant, faisant passer mon corps à la bordure du toit, d'un nouveau coup de pied de sa part dans mon bas-ventre, je tombais à raz la façade, luttant de mes deux mains, pour ne pas tomber dans le vide.

- Non, aidez-moi, suppliais-je en voyant le vide sous mes pieds

- Au contraire, on a pris la mesure de l'adversaire, déclara-t-il. Vous auriez dû partir et vivre votre vie. Du cran mais pas de jugeote, souffla-t-il en riant alors que je le voyais quitter le toit me laissant seule dans le vide.

Seule, suspendue à cet immeuble de plus de vingt étages, je me mis à hurler de l'aide à plein poumons. Je ne pouvais pas mourir comme ça, pas aujourd'hui.

- Un petit effort, allez s'il te plaît…

Tentant de remonter mes pieds pour prendre appui sur la façade et permettre à mes bras de me soulever, j'échouais lamentablement. La peur commençait à monter de secondes en secondes dans tout mon être, je me sentais dépassée par les évènements.

- C'est pas vrai… non… pas comme ça, soupirais-je alors que mes articulations commençaient à devenir extrêmement douloureuses à force de porter mon corps à même mes bras.

Regardant le bas, je vis la vie new-yorkaise continuer comme si de rien n'était, le vertige commençait à me saisir et je relevais la tête brusquement. Respirant calmement pour tenter de rester concentrée sur ma tâche, j'espérais que Javier vienne m'aider rapidement. Seule, à même cette façade, je me sentais tellement stupide, Lanie avait raison, j'aurais du tout arrêter, j'aurais dû écouter Rick. Je devrais être avec lui en ce moment, tentant de le calmer face à son excitation de voir sa fille recevoir son diplôme. Lex, je lui avais promis d'y être. Je sortis de mes pensées par la sonnerie de mon portable dans ma poche, cette sonnerie était sans doute ma porte de sortie, tentant de récupérer mon cellulaire, je lâchais d'une main le rebord pour me suspendre dans le vide que par une main. La douleur de mon bras droit m'irradiait tout le corps, je ne tiendrais pas longtemps à cette allure. Voyant l'appelant, je me mis à reprendre l'espoir mais le bruit d'un coup de feu me surpris et je relâchai la prise que j'avais sur mon iPhone.

- Non…! Criais-je de désespoir en le voyant tomber. NON!

Le seul espoir que j'avais venait de tomber dans le vide. Mes doigts commençaient à lâcher, je commençais à glisser le long de cette façade et je n'arrivais à penser qu'à une chose : Castle. Pourquoi n'avais-je pas choisi Rick plutôt que cette obsession de justice. Je me revoyais dans ces bras dans son lit ou sous sa douche, j'arrivais même à sentir son odeur. Fermant mes yeux baignés de larmes de regret, j'entendis hurler :

- Beckett!

Castle ? c'était la voix de Rick que j'entendais ? non ce n'était pas possible, comment pouvait-il être sur ce toit alors qu'il était au loft lors de notre dernière conversation.

- Beckett!

Castle ? c'était vraiment lui, je ne rêvais pas !

- Castle! Castle! Je suis là! Criais-je

- Kate!

- Oh non, je vais lâcher, Rick! vite !

- Accroches-toi

- Oh non, CASTLE! Hurlais-je alors que mes doigts lâchaient la paroi

- Kate!

Je ne sentis que ses mains entourer mon bras de justesse

- Kate, grinçait-il alors qu'il avait du mal à me soulever malgré ses deux mains.

- Rick, je suis désolée, je suis désolée, pleurais-je le voyant se débattre pour ne pas me lâcher

- Accroche-toi, la cavalerie arrive. Je ne peux… pas… te remonter, dit-il péniblement en tentant de réitérer l'action

L'opération à cœur ouvert lui avait laissé une cicatrice sur le flanc qui était douloureuse à l'effort.

- Je suis désolée, murmurais-je en voyant dans son regard la peur

- Arrête de dire que tu es désolée et accroche-toi ! Dès que tu es sur la terre ferme, je te tue de mes propres mains, affirma-t-il alors qu'on entendait les sirènes. Ryan arrive, tiens bon.

- Le coup de feu, fis-je en me souvenant qu'un tir m'avait fait tomber mon cellulaire

- Maddox est mort

- Rick, je vais lâcher, murmurais-je à bout de forces. Je suis désolée

- Tu ne me lâche pas, hors de question!

- Je... t'aime

- Fais pas ça! S'énerva-t-il. Ne me dis pas au revoir.

Pendant plusieurs minutes, nous nous regardions droit dans les yeux, nous nous sondions du regard et je pouvais voir la détresse et la peur de Castle qui faisaient écho avec la mienne. Mes doigts glissaient entre ses mains et je voyais bien qu'il avait de plus en plus de mal à me maintenir.

- Kate, râla-t-il alors que je commençais à lui filer d'entre les mains

- Je… t'aime

- Lâche ta main et revient m'attraper plus haut!

- Je ne peux pas, j'ai plus de force

- Si! hurlait-il la voix brisée

- Castle!

- Ryan! Ryan on est là!… Allez tiens bon, ils sont là Kate

- Je… peux… plus, soufflais-je alors que mes mains avaient lâché leurs prises sur lui.

- BECKETT!


Bon je sais, vous me détestez pour ce cliff de fin de chapitre...mais le prochain chapitre sera certainement le dernier ...alors à très vite et merci de me lire et de commenter aussi régulièrement.