CHAPITRE 22
Castle avait raccompagné Meredith jusqu'au loft dans un silence de plomb….enfin pour sa part, car son ex-femme n'avait pas arrêté une seule seconde de parler d'elle….ses représentations aux théâtres, ses auditions, sa vie à Los Angeles, tous y passaient, mais à aucun moment , elle n'avait évoqué Alexis. Rick , lui n'écoutait pas un mot de ce qu'elle pouvait dire , toutes ses pensées allaient vers Kate et vers sa déclaration. Il n'en revenait pas qu'elle est pue démissionner et qu'elle est renoncée à l'enquête de sa vie pour lui . Il lui en voulait certainement mais pas au point qu'elle puisse penser qu'il souhaitait qu'elle arrête d'être flic, qu'elle arrête d'être ce qui la définissait. Il se sentait dépassé par les évènements, il aurait aimé pouvoir discuter avec elle mais au lieu de ça, il se trouvait piéger dans un taxi avec son ex-femme
- Richard, tu m'écoutes ?
- Hum
- Alors une semaine c'est bon ?
- Bon pourquoi ?demanda-t-il en sortant de sa transe
- J'ai une audition dans cinq jours sur New-York
- Voilà donc la raison de ta venue ici..
- Non, mais c'est une occasion en or alors..
- Alexis vaut plus que ça ! Ta fille est une pépite à l'état brut et tu ne t'en ai jamais rendu compte, cracha-t-il
- C'est toi qui ne m'as pas laissé ma place….vous êtes tellement…..fusionnel. J'ai dû m'effacer et m'adapter
- T'effacer et t'adapter ?
- Je te signale que tu as eu le même problème avec Gina
- Gina n'était pas sa mère ! Sa mère Meredith ! Ta fille était première de sa promotion, elle va rentrer à l'université pour étudier le droit et toi, tu n'as rien vu de tout ça.
- Le droit ? pourquoi donc le droit ? demanda-t-elle comme indigner
- C'est tout ce que tu retiens, vraiment ? pesta-t-il rageusement contre elle
La fin du trajet se fit dans un calme olympien. Castle n'arrêtait pas de se demander comment il avait pu avoir un enfant et même se marier avec une égoïste notoire comme elle. Il chérissait sa fille plus que tout au monde et ne comprenait pas moment sa propre mère ne pouvait pas voir la personne formidable qu'était devenue Alexis.
Kate, elle, était partie de la cérémonie les larmes aux yeux. Elle s'était enfin déclarée et avait démissionné pour lui…alors devoir le laisser partir chez lui avec sa brioche au beurre, lui fendait le coeur. Comment, les évènements avaient-ils pu basculer aussi rapidement. Elle se sentait,elle aussi dépassée. Quand elle était sortie de la salle , Kate avait décidé de marcher pour tenter de reprendre ses esprits, elle avait besoin d'air frais pour ne pas sombrer, et après quelques kilomètres, elle était arrivée là où elle le désirait…là où elle souhaitait faire ses excuses. Face à la pierre tombale, elle sombra et s'agenouilla à terre en laissant enfin ses larmes coulées.
- Je suis désolée….tellement désolé maman.
Le poids de la culpabilité faisait rage dans son coeur, elle allait abandonner sa mère, sa propre mère au profit de sa vie. Elle n'arrivait pas à définir le sentiment qu'il la dominait tant la peine l'envahissait. Les mains à même la terre, les épaules affaissés, Kate laissait tomber toutes ses barrières.
- Je suis désolé, répétait-elle sans cesse d'une voix brisée.
Ces pleurs s'intensifièrent et lorsqu'elle ferma les yeux pour tenter de se ressaisir, elle se revit en bas de sa rue au bras de son père en cette nuit du 9 janvier 1999 où tout avait basculé pour elle. Elle revoyait les gyrophares de la voiture de patrouille et le lieutenant Raglan à sa porte.
Ils avaient décidé de passer une soirée en famille au restaurant mais sa mère n'était jamais venue. Après plusieurs appels sans succès, son père et elle avaient décidé de rentrer à la maison pour l'attendre, mais au lieu de ça , ils trouvèrent une voiture de patouille et …Raglan….John Raglan . Elle se souvenait de la main de son père qui avait glissé dans la sienne comme pour lui signifier sa présence, elle avait relevé son regard sur lui et avait pu y lire une peur…..une terreur sans fin car à ce moment-là, son père aussi savait que leurs vies avaient basculé. Elle se souvenait des mots de son père avant que Raglan n'arrive vers eux :
- Sois forte, Kathie
Le lieutenant s'était ensuite avancé vers eux et avait déclaré d'un ton détaché :
- Mr Beckett ?
- Oui
- Permettez-moi de me présenter, je suis le lieutenant John Raglan et …
- Johanna, vous êtes ici pour Johanna ? avait demandé la voix brisée de son père
- On devrait parler en tête à tête, Monsieur.
- Oh mon Dieu ! s'exclama Jim Beckett en s'agenouillant en pleurs à terre
Oui , elle revivait encore et encore cette nuit-là….c'est à partir de ce moment-là…que Beckett était née et avait chassé Kate. Elle avait l'impression que depuis ce 9 janvier 1999, elle était différente comme si quelque chose avait changé en elle, comme si elle avait monté un mur à l'intérieur d'elle-même pour ne pas souffrir autant à nouveau. Ce mur s'était écroulé face à la force des sentiments de Castle, il l'avait fait écrouler briques par briques, et Kate avait l'impression de se retrouver en fait. Bien sûr cette fêlure, cette cicatrice resterait gravée à tout jamais en elle mais treize ans, après ce drame, elle pensait être enfin capable de pouvoir aimer à nouveau…et ce constat l'effrayait d'autant plus car si elle perdait Castle, elle ne pourrait plus vivre.
Elle était restée plus de deux heures à pleurer sa mère, à caresser entre ses doigts ce qui lui restait d'elle : sa bague. Kate n'arrêtait pas de murmurer des excuses, comme pour s'absoudre d'un péché, elle fixait inlassablement les inscriptions sur la pierre tombale avec un goût amer :
VINCIT OMNIA VERITAS
( La vérité triomphe de tout)
Et sa mère n'avait pas eu le droit à cette vérité….à cette justice que Kate s'avérait à donnée quotidiennement aux victimes et à leurs familles. La pluie commençait à tomber, mais elle restait bloquer sur le sol . Elle n'avait pas remarqué la présence derrière elle. Lui était resté quelques secondes comme figer, à écouter la jeune femme s'excuser et à chaque murmure son coeur se fendait un peu déchirure qu'il ne pouvait pas supporté, il s'était donc approché d'elle.
- Je suis désolé, maman….mais je dois arrêter, je dois arrêter
- Kathie, mon ange….arrête de pleurer mon coeur
- Papa…,ce n'était qu'un murmure, une constatation.
- Tu vas attraper froid
- Je suis désolé…tellement désolé, se remit-elle à pleurer comme si sa présence n'avait rien changer
Son père s' agenouilla à son niveau et lui prit la main sous une pluie battante :
- Arrête de t'excuser, Kathie, tout ceci n'est pas de ta faute
- Je voudrais tellement qu'elle revienne….j'ai besoin d'elle, sanglota Kate brisée. J'ai tellement besoin d'elle papa.
- Je sais…Kathie , elle me manque aussi.
- Je veux ma maman
Quand il entendit cette phrase, la bile dans son estomac se retourna brusquement. Jim Beckett n'avait pas pour habitude voir sa fille pleurer, si faible. Depuis la mort de sa femme, Kate avait toujours été la plus forte, elle n'avait jamais exprimer la perte de sa mère ainsi et Jim se sentit coupable de ne pas pouvoir apaiser sa tristesse. Lentement , il lui caressa le dos comme pour lui démontrer sa présence et lui murmura alors qu'elle frissonnait :
- Tu vas tomber malade, viens rentrons.
Après plusieurs plaintes de refus de sa fille, Jim Beckett avait réussi à la trainer hors du cimetière et à la ramener chez elle. Le trajet avait été très silencieux , Kate regardait le paysage défilé sans un mot. Quand ils étaient rentré , il lui avait fait couler un café et l'avait rejoint sur le canapé lorsque Kate était revenue avec des vêtements secs.
- Merci, chuchota-t-elle en prenant sa tasse sans oser regarder la peine dans les yeux de son père.
Elle savait qu'il devait s'inquiéter pour elle, qu'il ne supportait pas de la voir pleurer ainsi, mais ce soir, elle se sentait tellement démunie sans cette rage folle de vengeance qui l'habitait depuis de drame qu'elle se laissa aller dans les bras de son père.
- Qu'est-ce qui se passe Kathie ?
- Je l'ai abandonné papa, sanglota-t-elle en étreignant son père
- Je ne comprends pas, mon coeur
- Cette enquête devient tellement dangereuse, je ne sais pas qui a fait tuer maman mais cet homme est haut placé
- Hum
- Si je continue l'enquête, je vais perdre Castle et je ne peux pas
- …
- J'ai failli mourir aujourd'hui et…je suis désolé papa, pleura-t-elle
-….
- Je dois arrêter tout ça…..sinon je risque de perdre tout ce que j'ai.
- Je ne comprends pas pourquoi tu es désolé ?
- J'ai démissionné papa, j'arrête tout, l'enquête et
- C'est le plus beau cadeau que tu pouvais me faire chérie, soupira-t-il de soulagement face aux révélations de sa fille
- Pardon ?
- Tu as enfin choisi de vivre….Kathie , c'est tout ce dont un parent puisse espérer un jour. C'est ce que ta mère aurait souhaiter.
- Mais je l'abandonne papa, je la laisse derrière moi, murmura Kate blesser par son propre constat
Jim desserra l'étreinte de sa fille pour venir chasser ses larmes, ses gestes étaient doux, ils rappelaient à Kate son enfance, quand son père venait la border les soirs pour lui raconter des histoires. Ils s'emmitouflaient ensemble dans son lit avec un bon livre et son père lui caressait les cheveux tout en lui comptant les nouvelles aventures de ces héros préfères. Pendant plusieurs secondes, perdu dans leurs pensées, ils se regardèrent puis Jim confia à sa fille :
- Tu ne peux pas laisser derrière toi, ce qui est toujours à tes côtés, Kathie. Ta mère se trouvera toujours là et là, avoua-t-il en lui touchant la tête et le coeur. La vérité est importante mais vivre sa vie l'est encore plus. Voir son enfant épanoui et heureux est le but ultime de tous parents….et ce Castle , te rend heureuse, ta mère l'aurait adoré juste pur ça.
- Maman se battait pour connaitre la vérité quoiqu'il en coute et moi, je…
- Ta mère n'arrêtait pas de me casser les oreilles à propos de ton avenir…..elle rêvait de toi constamment, quand tu serais plus grande tu sais. Elle s'imaginait ton mariage, ton époux….. , elle était même certaine que tu finirais par lui donner trois jolis petits-enfants.
- Trois ! sourit Kate devant les confidences de son père
- Hum, Hum….Ta mère aurait adoré être présente pour tous ses moments là de ta vie…tu sais
-…
- Et je suis certain qu'elle serait la première à approuver ta décision de ce soir. Tu as raison , elle se battait pour connaitre la vérité…vérité qui l'a sans doute tuer , mais chérie, ta mère se battait surtout pour nous, pour notre famille…c'était nous son essentiel, pas ces causes perdues.
- Tu crois ? demanda hésitante Kate
- J'en suis certain. Ou quel soit, elle est fière de toi, fière de ce que tu es devenue et de ta décision…comme je le suis mon ange.
Jim Beckett avait toujours été quelqu'un de réserver, qui n'exposait pas sur la place publique ses sentiments mais ce soir dans ce salon, il s'était laissé abandonner au jeu des confidences avec sa fille. Il avait besoin , lui aussi de ce moment. Sa fille allait enfin arrêter cette enquête et rien que pour ça, il savait qu'il bénirait tous les jours que Dieu faisait Richard Castle.
- Merci papa.
- De rien, Kathie…dit, maintenant que tout est dit, tu pourrais m'expliquer pourquoi tu n'es pas avec Castle à cet instant ?
Castle venait d'arriver au loft, il avait à peine posé son manteau qu'il avait dû tenter de stopper Meredith dans son avancer vers sa chambre, valise en mains.
- Je pourrais savoir où tu vas comme ça ?
- Dans notre chambre, avait-elle souri d'un naturel déconcertant
- Notre chambre ? s'étrangla-t-il. Puis-je te faire remarquer que nous sommes divorcés et que c'est désormais Ma chambre!
- Puis-je te faire remarquer qu'à chacune de mes visites, je ne dors pas dans la chambre d'amie ?
- Meredith, ce temps-là est révolue
- Pourquoi donc ?
- Je suis en couple et…
- Je ne suis pas jalouse, chaton, la coupa-t-elle en se dirigeant vers ladite chambre.
- Meredith! grinça Castle alors qu'elle avait déjà disparu.
Quand il crut pouvoir la retrouver et lui dire ce qu'il pensait de tout ça, c'est sa mère qui entra dans le loft de façon théâtrale :
- L'invasion est-elle terminée ?
- Mère…., souffla-t-il
- Je prends ça pour un non, alors. Ou est-elle ?
- Dans ma chambre
- Richard, ne me dit pas que vous avez ..
- Non ! je suis avec Kate , je te rappelle!
- Alors dis-moi pourquoi ton ex-femme se trouve dans ta chambre et ta petite-amie chez elle ? rétorqua de façon judicieuse sa matriarche
- C'est…compliqué
- Compliquer ? Richard, un divorce s'est compliqué mais une dispute ? Kido, je ne vois pas où est le problème avec Kate.
- Elle m'a menti ! Elle m'a évincé de l'enquête et a failli mourir une nouvelle fois pour sa cause.
- Pour sa mère, le reprit-elle
- Mère…
- Écoute, chéri, Katherine est une femme droite qui a besoin de connaître la vérité et qui se bat tous les jours pour rendre justice à de parfaits inconnus. Elle a besoin de savoir qui a tué sa mère pour avancer..….et c'est normal.
- Ça risque de la tuer! et puis dans quel camps tu hein ? ronchonnait-il
- Tu voudrais qu'elle te considère comme sa priorité alors que vous débutez cette relation…
- Elle a démissionné ce soir
- Pardon?
- Elle m'a dit que tout ce qu'elle voulait c'était moi.
- Alors où est le problème ?
-….
- Je te connais , tu n'es pas du genre à tergiverser pourtant quand il s'agit d'elle , c'est ce que tu as fait à chaque fois qu'il s'agissait de ton histoire avec Katherine. Ça t'a pris quoi ? trois ans pour lui avouer tes sentiments et là , au premier petit problème, tu es prêt à t'enfuir, pourquoi ? Elle t'aime et a démissionné pour toi…..Elle a abandonné l'enquête de sa vie pour toi. Alors pourquoi ?
- Je ne veux pas qu'elle démissionne , je ne veux pas qu'elle abandonne sa mère , avoua-t-il
- Alors là, je suis perdu, Kido !
- C'est ce qu'elle est….être flic, ça fait partie d'elle. Je suis effrayé mère….effrayer à l'idée de la perdre…Kate est devenue essentielle à ma vie et…je suis effrayé, répéta-t-il
- Parle-lui….discuter, vous trouverez une solution.
- …
- Comme tu le sais, Katherine est beaucoup de choses….certaines sont bonnes, d'autres le sont moins. Mais c'est une personne sur laquelle , on peut toujours compter. Et c'est une chose rare, chéri. Quand tu étais à l'hôpital, elle n'a eu de cesse de s'inquiéter pour toi mais aussi pour Alexis et moi. Elle nous a appelés tous les jours, nous a même apporté de la nourriture certains soirs et surtout elle a été présente, nous a écouté. Katherine a toujours été là pour toi, chéri, et tu l'aimes alors ne laisses pas cette peur avoir raison de vous deux. Elle mérite d'être pleinement heureuse et toi aussi.
- Chaton!
- Mère, je…, tenta Rick ému par sa déclaration alors que celle-ci s'approcha pour l'étreinte sans tenir compte de l'arrivée de son ex belle-fille
- Mon chéri, soit honnête avec toi-même et soit honnête avec elle, murmura-t-elle à son oreille
- Merci, mère
- Et vire-moi ton ex-femme , chuchota-t-elle en desserrant son étreinte
- Martha, comment allez-vous ?
- Bien. Je vais vous laisser, je suis juste venue récupérer ma valise pour les Hamptons, déclara-t-elle en montant les escaliers
- Ta mère va au Hamptons?
- Hum
- On va donc être seul ce soir…, dit-elle avec une voix aguicheuse
- Non… toi, tu vas être seul , moi je sors , déclara Rick en sortant du loft pour rejoindre Kate à son appartement.
Le discours de sa mère avait juste suffi à Rick à apaiser ses craintes. Elle avait raison , ils avaient juste besoin de discuter et d'aplanir les tensions. Il était donc monté dans le premier taxi qu'il avait vu mais quand il était arrivé chez elle, il trouva porte close et aucune âme qui vive. Il avait tenté de la joindre mais elle n'avait pas répondu. Il s'en voulait désormais, Kate lui avait ouvert son coeur et il n'avait pas su la retenir. Sortant de son immeuble, il avait décidé de l'attendre sur une des balançoires du parc en face de chez elle. D'où il était placé , il pouvait guetter tranquillement son retour. La pluie avait commencé à tomber mais il n'en avait cure, il était juste inquiet de ne pas la voir arriver. C'est plus de deux heures plus tard, qu'elle arriva avec son père. Il n'avait pas osé intervenir car de là où il était , il avait vu son visage ravagé par les larmes et il se sentait tellement coupable qui l'avait préféré attendre sur ses balançoires qu'elle soit seule pour aller la voir.
Assis côte à côte, son père réitéra sa question :
- Alors où est Richard ?
- Chez lui, soupira-t-elle
- Il y a un problème ?
- Non, tout va bien.
- Kathie, depuis que tu es petite , je sais quand tu me mens, sourit son père attendri devant son mensonge
- Disons, que je lui ai menti et qu'il m'en veut, répondit Kate simplement.
Elle ne souhaitait pas partir dans de grandes explications qui lui auraient encore démontré à quel point elle avait été stupide. Son père , lui, se leva doucement et dans un regard plein de compassion lui avoua :
- Sache qu'aucun homme ne peut résister à de véritables excuses de la femme qui l'aime. Va le rejoindre, parle-lui franchement et tout ira bien.
- Tu crois ? demanda-t-elle hésitante comme une petite fille
- Crois-en mon expérience. Allez maintenant , prends ton manteau et file t'excuser
- Merci , papa, répondit Kate toucher par les confidences de son père ce soir
- Je t'aime, Kathie. Je sais que je ne te le dis pas souvent mais je t'aime, lui avoua Jim en la prenant dans ses bras.
Kate resserra l'étreinte de son père quand il avait prononcé ses trois petits mots si chers à son coeur. C'est vrai, son père ne les avait plus prononcer depuis cette nuit-là. Elle n'en avait jamais douté mais l'entendre le lui dire , lui serra la gorge, ses larmes refaisaient surface. Elle se sentait comme libérer d'un énorme poids ce soir.
- Ne pleure pas, murmura son père
- Je pleure pas, chuchota-t-elle la voix pleine de trémolo dans son cou
- Kathie, je sais quand tu mens, sourit-il en lui embrassant les cheveux. Je suis tellement fier de moi mon coeur.
Après un dernier baiser à sa fille, il était reparti chez lui. Kate, elle ne savait pas quoi faire. Débarquer chez Castle comme ça sans l'avertir ? et si elle le dérangeait ? Après avoir tourner en rond, plusieurs minutes, elle
pris son manteau et descendit par les escaliers en se disant qu'elle allait tout de même l'appeler avant d'arriver, mais lorsqu'elle ouvrit la porte d'entrée de son immeuble , elle tomba sur deux grands yeux bleus qui la contemplaient dans un magnifique sourire. Il était venu, Rick est ici devant chez elle et non pas avec sa brioche au coeur, ce qui la soulagea amplement.
- Castle?
- Hey, je ne voulais pas te déranger mais…
- Je venais justement te voir, avoua-t-elle en le contemplant à son tour.
Il était complètement trempé de la tête aux pieds.
- On devrait peut-être rentrer avant que tu n'attrapes froid, suggéra-t-elle en le voyant frissonner
- Bonne idée
- Tu es dehors depuis longtemps ?
- Un peu plus de deux heures, grelotta-t-il
À son aveu, elle se retourna pour lui faire face comme surprise de sa révélation. Debout en face de l'ascenseur , elle lui demanda :
- Deux heures ? mais pourquoi ne pas être rentré avant ?
- Tu n'es rentrée que depuis 40 minutes et comme tu n'étais pas seul, je….
- J'étais avec mon père, tu aurais dû venir .
- Je ne voulais pas déranger, dit-il en éternuant dans l'ascenseur.
- Tu ne me déranges pas Castle…..au contraire, avoua-t-elle timidement.
Ils se regardèrent pendant tout le trajet jusqu'à son appartement, sans un mot, il était rentré et s'était dévêtu pendant qu'elle lui avait proposé un peignoir et un caleçon propre. À la vue du sous-vêtement d'homme et du peignoir, il l'avait toisé du regard :
- Josh n'a pas encore récupéré ses affaires
- …..
- Arrête de faire cette tête-là….au moins tu seras au chaud.
- Hum, dans les habits de ton ex, ronchonnait-il en le lui prenant des mains
- C'est mieux que rien. Tu préfères que je te prête mes sous-vêtements ? le taquina-t-elle dans un sourire
- Je suis sûr que ça m'irait comme un gant !
- Chiche?
- Non, c'est bon. Je reviens, bougonna-t-il
Pendant qu'il était parti se sécher, elle avait fait couler du café pour tous les deux. Au fur et à mesure que le temps passait , elle s'angoissait. Leur dernière discussion n'avait pas été des plus simple et elle redoutait quelque peu cette confrontation. Le voyant revenir, elle lui proposa timidement :
- Tu veux que je commande à emporter ?
- Non..J'ai pas très faim
- …
-…..Alors tu étais où ? osa-t-il enfin lui demander en prenant son café
- Pardon?
- J'ai raccompagné Meredith au loft et je suis revenu ici mais tu n'étais pas là…..tu étais ou ?
- Je…je suis allée voir ma mère, souffla-t-elle en buvant une gorgée de son nectar préféré
Ils se scrutèrent du regard. Castle se demandait comment amorcer la conversation et Kate, elle, ne savait pas comment débuter ses excuses. Au bout de quelques minutes, ils lancèrent en même temps :
- Je suis désolé
- Désolé ? mais tu n'as pas à être désolé Castle
- Si. Kate , je n'ai jamais voulu que tu démissionnes ou que tu arrêtes cette enquête, je voulais juste que tu prennes un peu de recul.
- Prendre du recul, je ne sais pas faire. C'est mieux ainsi.
- Tu ne pourras pas vivre pleinement ta vie sans savoir , Kate. Je ne peux pas t'en blâmer, je ferais certainement pareil dans ton cas.
- Rick, c'est bon, je t'assure.
- Kate, on peut le faire, insistait-il . Je ne veux pas que tu es de regrets. On peut être ensemble et enquêter , je veux juste que tu sois prudente, que tu ne prennes pas de risques inconsidérés.
- Si je replonge la dedans…..je ne serais plus en sécurité. Maddox a été très clair sur ce point. Sur ce toit, j'ai vraiment pris conscience de mes priorités…et c'est toi.
- Kate..
- Je t'aime Rick….je veux juste être avec toi et c'est tout.
- Tu es certaine ?
- Oui, assura-t-elle en s'approchant de lui pour venir entourer sa taille. Je n'ai jamais été aussi sûr de toute ma vie.
- Je veux juste que tu sois heureuse et que tu n'es pas de regrets.
- Je le suis…heureuse….à tes côtés, souffla-t-elle en l'embrassant chastement
- De toute manière, tu peux changer d'avis
- Je ne suis plus flic, je te rappelle
- Tu pourrais retirer ta démission
- Non…j'ai pris ma décision.
- Que vas-tu faire maintenant que tu as démissionné? demanda-t-il en resserrant son étreinte et en humant son odeur dans ses cheveux
- Je ne sais pas….je n'ai jamais été au chômage.
- Tu pourrais reprendre tes études ?
- En demandant une bourse, rit-elle à sa suggestion
- Oh tu serais superbe en étudiante sexy! se moqua Rick en l'embrassant sur le front. Mais tu sais , tu n'es pas obligé de te décider tout de suite.
- Hum. Tu sais, je suis vraiment désolé Castle, j'ai vraiment pris conscience de mes erreurs
- Je sais. Mais Kate, plus de est ensemble maintenant et si tu as un problème alors on a un problème.
- Promis, je ne te mentirais plus
- Ok.
Pendant plusieurs secondes, ils se jaugèrent du regard amoureusement. Rick caressait le dos de Kate en accentuant sur ses flancs ses caresses, Kate elle s'amusait à tortiller les cheveux de Rick entre ses doigts. Le désir commençait à monter tout doucement entre eux, et ils se délectaient de ce moment, l'un comme l'autre. Doucement, Castle retourna Kate pour la plaquer entre le plan de travail de sa cuisine et son corps.
- Alors tu as prévu quelque chose pour ce soir? demanda-t-il d'une voix rauque en la dévorant du regard
- Je viens de démissionner et j'ai toute ma soirée de libre, répondit-elle amuser en se mordant sensuellement la lèvre
- Ah ça tombe bien, moi aussi, sourit-il alors que Kate avait ouvert le peignoir de Rick pour déposer ses doigts sur son torse ,ce qui le fit frissonner de plaisir
- Ah vraiment?
- Oui
- Alors qu'est-ce que tu aimerais faire ce soir ? demanda-t-il en lui retirant son pull pour tomber sur un soutien-gorge rouge vif. De ses doigts, il caressa le galbe de ses seins pendant que Kate faisait tomber son peignoir à terre.
- heu, j'en sais rien..on pourrait lire?
- Ou regarder la télé?
- Et on pourrait se commander à manger, continua Kate en le dévorant du regard
- Oui..on pourrait faire ça, acquiesça Rick en prenant en otages ses lèvres.
Le baiser était doux et sauvage en même temps, Kate mordillait les lèvres de Castle pendant que celui-ci s'affairait à lui retirer son jean. Il avait un besoin urgent de la posséder, il voulait la sentir vivante sous ses doigts. La journée avait été dure émotionnellement pour lui comme pour elle, et ils n'avaient besoin que d'une seule chose l'un comme l'autre;..se prouver qu'ils étaient là…ensemble.
Les vêtements volèrent dans la pièce à une allure ahurissante et Rick souleva brusquement Kate pour la déposer sur le plan de travail. Elle encercla sa taille de ses longues et fines jambes et le plaqua contre son corps. De sa langue , elle retraça le contour de sa clavicule jusqu'à son cou, le faisant gémir de plaisir.
- Kate
- Hum?
- On ferait mieux d'aller au lit…
- On est bien aussi ici, susurra-t-elle entre ses lèvres
Ce soir-là, ils firent l'amour plusieurs fois….ils s'appartenaient peu plus à chaque étreinte, Kate avait l'impression de se consumer dans ses bras. Ce n'est que très tôt sur le matin, qu'ils s'endormirent éreinter.
