Bonsoiiiir, ou bonjour. J'espère que vous allez bien.
Voici donc le deuxième et dernier chapitre de cette mini-fiction.
Bonne lecture.
Six mois qu'Hermione Granger travaillait en tant que stagiaire dans la même société que son père. Et elle adorait ça. Tous les jours, elle se levait avec entrain. Impatiente de se rendre sur son lieu de travail. Elle était heureuse. Ou en tout cas, une grande partie d'elle l'était. L'autre, c'était le cas Ginny. Ça faisait longtemps, trop longtemps à son goût que sa meilleure amie avait été mise dans un coma artificielle après avoir eut un accident de voiture. Et cet accident, Hermione s'en souvenait comme si c'était hier. Elles avaient fêté leur vingt ans à deux, dans un bar à quelques kilomètres de chez Hermione. Elles avaient bien bu. Sans doute un peu trop. Et elles n'avaient pas vu le temps passer. Ce n'était que vers trois heures du matin, qu'elles se rendirent compte de deux choses. Premièrement, les transports en commun ne roulaient plus passé minuit. Et deuxièmement, elles avaient déboursé tout leur argent en boisson, et se retrouvaient dans l'impossibilité de commander un taxi. Et c'est tout en pouffant de rire que Ginny avait décroché son téléphone, composant le numéro de son petit ami, encore frais en date. Ni une ni deux, Harry Potter avait décroché, la voix ensommeillée, et Hermione l'imaginait parfaitement, les cheveux en bataille, cherchant d'une main ses lunettes surement tombées à terre.
Quelques dizaines de minutes plus tard, Harry se garait face au bar. De deux ans leur ainé, il avait déjà son permis. Et Ginny sautait sur le jeune brun alors qu'Hermione grommelait qu'il y avait des hôtels pour ça. Mais elle aimait bien Harry. Il était adorable avec Ginny, et étant l'ami de Ron Weasley, avait réussi à recoller les morceaux entre lui et Hermione après des mois sans s'être parlé, suite à une rupture non voulue de la part du roux. Bref, aujourd'hui, tout allait pour le mieux pour Hermione, et c'est sereinement mais totalement ivre qu'elle s'installait sur la banquette arrière de la citroën d'Harry. Il n'y avait que dix minutes en voiture jusqu'à chez la brune. Et Harry était bon conducteur. Mais ce fut sans penser à l'ivrogne qui leur coupa la priorité de droite. S'encastrant dans la petite voiture d'Harry. Et Hermione n'entendit qu'un cri, une douleur sourdre et ce fut le trou noir.
Elle s'était réveillé deux heures plus tard, le bras en écharpe, dans un lit d'hôpital, son père à ses côtés. Et ça avait été l'Enfer avec un grand E. En cinq minutes, elle apprit qu'elle avait eu un accident de voiture, que Ginny avait été la plus fortement touchée et se retrouvait maintenant entre la vie et la mort, et qu'Harry était tombé dans un mutisme profond, refusant de quitter le chevet de sa copine. Et si elle n'avait au début pas voulu y croire, Hermione avait du se rendre à l'évidence. Ginny ne se réveillait pas.
Et trois ans plus tard, c'était toujours le cas. Si la jeune fille brune avait réussit à se relever tant bien que mal, mettant toute son énergie dans son travail et son mémoire de fin d'études, afin de ne pas trop y penser, Harry lui, avait totalement sombré. Vingt quatre ans et il était embourbé dans un déluge de médicaments qu'il achetait sans prescriptions à des gens au détour d'une rue, refusant de voir du monde, refusant les appels de ses amis. Il n'avait jamais supporté la culpabilité d'avoir mis Ginny entre la vie et la mort. Malgré tout ce qu'avait pu lui dire Hermione, il n'en avait jamais démordu. Et aussi nulle se sentait-elle, la jeune fille avait fini par abandonner. Presqu'un an qu'elle n'avait plus vu le brun à lunette et elle n'avait des nouvelles par Ron que quelques fois par mois, et encore. Lui non plus ne savait plus quoi faire.
Poussant un profond soupire, Hermione secoua sa tignasse. Assise à son bureau dans l'open space du magazine, elle se força à ne plus penser à tout ça. Au fond d'elle, elle sentait que Ginny ne mourrait pas. De toute façon, elle le lui avait interdit. Mais trois ans étaient déjà passé, et ça commençait à faire long. Hermione fit craquer ses doigts avant de se remettre à sa machine. Elle devait écrire un article aujourd'hui. Sur un produit de beauté qu'elle n'approuvait pas. Mais ses collègues lui avaient bien fait passer le message. Peu importe si elle était contre, elle restait une stagiaire. Elle avait beau avoir fait un bon article il y a deux semaines, elle ne faisait pas vraiment partie de la boîte, et devait donc écrire ce qu'on lui disait, et basta. Le silence était rarement de coutume à Gala. Aussi, fut-elle surprise lorsqu'elle surprit ses oreilles à entendre une mouche volée. Relevant les yeux de son écran, elle appela sa voisine, petite trentaine mais qui était une vraie crème avec Hermione.
« Hé ! Sophie, que ce passe-t-il » chuchota-t-elle.
« Malefoy arrive dans deux secondes chrono ! »
Haussant un sourcil, la jeune fille ne comprit pas. Le patron était là tous les jours, et pourtant, jamais il n'y avait pareil silence lorsqu'il arrivait. Mais Hermione se retient bien de faire le moindre commentaire. C'est alors que le jeune Malefoy entra dans la pièce remplie de secrétaires, rédacteurs, éditeurs. Et d'un seul coup, un boucan sans nom se fit entendre. Des hurlements éclatèrent un peu partout, et en tendant l'oreille, Hermione se rendit compte que c'était des cris de joie. Et des sifflements.
« Bravo ! Félicitations ! »
« Vous êtes parfait m'sieur Drago! »
« Un an ! Vous vous rendez compte ?! Un an que vous avez repris la tête du magazine ! »
« Et toujours aucuns faux pas, c'est merveilleux »
De sa chaise, Hermione pu apercevoir un coin des lèvres de son boss se relever en un minime sourire. Alors comme ça on fêtait sa première année en tant que chef du magazine Gala. Intéressant. Et personne n'avait pensé à la prévenir. Secouant la tête, Hermione se replongea dans l'écriture de son article. Quelques instants plus tard, elle entendit l'arriver d'un mail.
Chers tous !
Après avoir reçu confirmation de notre patron adoré, je vous propose de se retrouver vers dix-neuf heures au bar ETNA pour fêter dignement cette année écoulée au près de Monsieur Drago Malefoy. Nous avons réservé le bar pour l'équipe de Gala, prenez donc votre carte de membre avec vous pour pouvoir entrer.
Nous vous attendons nombreux,
L'équipe DRH.
Claire Rosier.
Hermione sourit. Finalement, on pensait à elle.
OoO
Il était moins dix. Dans quelques minutes, la jeune fille allait rejoindre ses collègues dans le hall d'entrée. Ça avait beau faire trois mois qu'elle était en stage ici, elle ne connaissait réellement que Sophie, sa voisine. Les autres, elle avait échangé deux mots autour de la machine à café lors d'un matin. Et malgré tout, elle était un petit peu intimidée. La brune était la plus jeune, et de beaucoup pour certains. Du haut de ses vingt et un ans, elle n'en menait pas large. Rien que Sophie avait déjà trente cinq ans, un enfant et un prêt immobilier pour une maison en dehors du centre. Non, elle, Hermione, n'avait qu'un minuscule appartement que son père aidait à payer chaque mois. Elle avait beau être en stage dans une énorme boîte, elle n'était pas rémunérée.
Eteignant son ordinateur, la jeune femme attrapa son sac, se réjouissant d'avoir enfilé ce matin sa chemise préférée. Les talons de ses bottines claquèrent sur le sol lorsqu'elle se rendit aux ascenseurs. Les locaux étaient déjà presque vides à cette heure. Cinq minutes plus tard, Hermione était adossée aux portes vitrées, attendant de voir apparaître une tête connue. Ce qui ne se fit pas attendre. Elle vit Sophie lui faire un signe de main, et rapidement, la rejoignit.
« J'ai croisé Claire en allant remettre mon dossier chez le compta, elle partait déjà pour le bar, on peut directement aller les rejoindre là-bas. » Hermione hocha la tête. Et à deux, elles sortirent de l'immeuble.
Ils étaient une petite vingtaine, tous déjà attablés, attendant de prendre commande pour le diner. Hermione s'installa aux côtés de sa collègue, avec à sa gauche un petit homme un peu joufflu, aux temples déjà bien dégarnies. Il se présenta directement, Sébastien Demacles, comptable. Elle lui adressa un petit sourire. Et observa la tablée. Sophie était déjà dans une grande discussion avec une belle Finlandaise, dénommée Joy. Elle devait d'ailleurs être la plus jeune après Hermione. Alors que la brune laissa son regard vagabonder d'une personne à l'autre, ses yeux tombèrent dans un regard gris. Hypnotisant. Drago Malefoy. De l'autre côté de la table, deux places sur sa droite. De nature non timide, elle sentit néanmoins ses joues rougirent, comme sur commande. Très vite, elle se plongea dans son verre d'eau fraiche. Lorsqu'elle remonta ses yeux vers lui, il avait déjà détourné son visage, parlant avec un homme la quarantaine passée.
Hermione se prit à le dévisager. Chose qu'elle n'avait jamais osé faire. Encore moins lorsqu'il avait lu son article, face à elle. Moment on ne peut plus gênant maintenant qu'elle s'en rappelait. Soit. Secouant sa tête, elle reporta son regard chocolat sur son patron. Il était grand. Très grand. Et pourtant, quand on l'observait vraiment, on se rendait compte qu'il avait toujours un air jeune. Cette façon de retrousser le coin de ses lèvres, comme s'il se moquait du monde entier. Et sa peau était lisse. Aucune imperfection. Son nez droit remontait lentement vers ses yeux. Partie la plus fascinante de son anatomie d'après Hermione, aucun doute là-dessus. Ses pupilles cerclées d'un gris changeant en fonction de ses humeurs. Terrifiant. Et puis ses cheveux. D'un blond presque blanc, toujours ébouriffés, comme s'il ne pouvait s'empêcher de passer ses mains dedans, à tout moment de la journée. Des mains aux longs doigts. Des mains d'artistes. Qui se raccrochaient à des avant-bras musclés. Vraiment. Avant-bras toujours dénudés. Et puis…
« …mione… Hermione ! »
La jeune femme sursauta, rougissant encore un peu plus, tournant son regard vers sa voisine de droite. « Oui ? »
« Ta commande ! Le serveur attend »
Relevant les yeux vers le jeune homme roux derrière elle, la brune s'empressa de commander le plat du jour. Mince alors. Encore un peu et elle se faisait prendre en pleine session de matage intensif. Mais au vu du sourire moqueur de Sophie, c'était chose faite. Elle prit son verre de vin – qui apparemment avait été rempli lorsque son regard était perdu dans sa contemplation – et but une longue gorgée. Dieu que c'était bon.
Et ainsi se passa le début de la soirée. Calme, sympathique. Hermione fit connaissance avec les gens autour d'elle. Ils étaient sympas, et apparemment, très peu savait qu'elle était la fille de Jean Granger. Chose qu'elle se hâta de taire. Parfois, elle sentait un regard gris sur elle. Illusion ou pas, elle se garda bien de vérifier.
Quelques heures plus tard, quelques uns étaient déjà partis, principalement ceux qui avaient des enfants à mettre au lit. Dont Sophie. Et c'est là qu'Hermione se rendit compte qu'elle était loin du compte niveau vie. Elle n'avait personne qui l'attendait chez elle. Encore moins des plans à long terme. Elle n'avait qu'une seule envie, celle de parvenir à décrocher un job en CDI. Chose que même les plus jeunes autour d'elle, avaient déjà. Travaillant tous ici. Plusieurs fois durant la soirée, elle avait poussé quelques soupires. Mais elle avait surtout compris que leur patron n'avait apparemment, rien de concret dans sa vie non plus. Certes, il avait été marié – ce qu'elle n'arrivait pas à comprendre pour quelqu'un d'aussi jeune que lui, vingt-cinq ans merde ! Mais excepté cela, il ne semblait pas avoir d'enfants. Juste un chien. Un berger allemand dénommé The Rock. Son vrai trésor de ce qu'elle avait compris. Son joyeux le plus précieux. Certes, elle avait bien un chat roux appelé Pattenrond, mais de là à lui offrir une minimaison dans son jardin, avec sonnette et tout le bazarre… très peu pour elle.
Le dessert finit, les tables avaient toutes été reculées, et le barman avait commencé à servir des cocktails fais maison. Et Hermione avait adoré son premier. En ce moment, elle discutait avec Claire Rosier, la DRH. Absolument délicieuse. Et son deuxième cocktail aidant, Hermione riait à gorge déployée face aux blagues de la métisse.
D'un coup, les lumières se firent moins agressives, et une musique assourdissante résonna dans l'énorme pièce. Il y eut plusieurs cris, l'homme s'occupant de la musique la baissa quelque peu, et déjà, quelques personnes vinrent envahir la piste de danse. Une femme d'une quarantaine d'année arriva vers Claire et Hermione. Et chuchota quelque chose à la métisse qui acquiesça silencieusement. Quelques instants plus tard, des personnes inconnues entrèrent dans le bar. Hermione haussa un sourcil, se tournant vers Claire.
« La réservation a prit fin, maintenant, c'est l'heure d'ouvrir le bar pour la soirée. Une sorte de bar-dansant si tu veux. Qui n'est plus qu'à nous »
OoO
Hermione sortit son portable de sa poche. Un vieux samsung plus du tout au goût du jour mais qui parvenait encore à envoyer des messages, recevoir des appels et surtout, lui montrer l'heure. Heure qui s'affichait à 01h03. La plupart des gens de Gala était partie. Restait Hermione, Claire, un dénommé Christophe et la Finlandaise Joy. Et Hermione en était à son quatrième cocktail. Un mojito cette fois-ci. C'était diablement bon. Alors qu'elle se déhanchait sur la piste aux côtés de Joy, sirotant son verre à la paille, elle se retourna vers le bar. Assis sur un tabouret, les boutons du haut de sa chemise ouverts, Malefoy laissait glisser son regard sur les gens.
Mince alors, il est toujours là.
En même temps, à vingt-cinq ans, quel jeune travailleur ne profiterait pas d'un vendredi pour fêter la fin de la semaine ? Les yeux un peu plus clairs que d'habitude, il n'en était pas moins absolument stupéfiant. Quittant la piste, Hermione se dirigea vers lui. Pourquoi ? Elle n'en avait aucune idée. De toute façon, elle n'avait jamais réellement tenu l'alcool.
« Salut. »
Il planta son regard sur elle. Relevant le coin de ses lèvres dans un sourcil signé Malefoy.
« Tu ne danses pas ? » Elle remarqua trop tard qu'elle ne l'avait pas vouvoyé. Et s'appesantir dessus ne ferait qu'approfondir la faute. Mais apparemment il ne s'en formalisa pas plus que ça.
« J'évite les mains baladeuses. » Sa voix. Grave, profonde, moqueuse. C'était un signe made in DM apparemment. Ce ton moqueur. Cette lueur moqueuse. Elle suivit son regard, planté sur Joy. Et ça ne l'étonnait même pas Hermione. Si elle aurait du parier sur des ragots croustillants, ça aurait été sur la belle Finlandaise et le ténébreux patron.
« Un autre mojito s'il vous plait ! » Malefoy était à nouveau reparti dans son observation de la salle. Et se sentant de trop, Hermione avait rejoint Claire, fumant une cigarette sur la terrasse arrière.
OoO
« A lundi Hermione, prends un taxi pour rentrer, et fais attention à toi »
La jeune brune fit signe de main à la métisse, et retourna dans le bar. Maintenant que tout le monde était parti, elle allait peut-être enfin se décider à appeler un taxi. 02h47. « Excusez-moi m'sieur le barman ? Ouais, dites, vous n'avez pas un numéro ? »
« Pardon ? »
« De taxi ! Le numéro des taxis, voyez, j'ai pas accès à internet avec ma vieille brique, so voilà quoi. »
« Laissez, je vais la ramener »
Cette voix. Se retournant d'un coup, Hermione tomba nez-à-torse avec Drago Malefoy. Tiens donc, il n'était pas encore parti non plus. Ses épaules étaient recouvertes de sa longue veste noire. « Oh, mais, j'veux pas vous déranger ! »
Sourire en coin. Sourire moqueur. « A nouveau vous maintenant ? Vous n'êtes pas vraiment en état d'appeler correctement un taxi mademoiselle Granger. »
Faisant mine de réfléchir deux petites secondes, elle finit par hocher la tête et se dirigea vers les vestiaires, tanguant dangereusement sur ses bottines à talons qui commençaient doucement à lui faire un mal de chien. Elle reprit son trench brun et rejoignit son patron dehors. Quelques instants plus tard, ils étaient assis à l'intérieur d'un cabriolet aussi gris que ses yeux. Et il faisait une fraicheur réconfortante après la chaleur dense du bar dansant.
Hermione donna son adresse, passa sa main dans ses cheveux. Dieu qu'elle avait eu chaud. Et trop dansé. Et trop bu, beaucoup trop bu. Le chemin se passa en silence. Et une quinzaine de minutes plus tard, il se gara devant son immeuble, sortant en même temps qu'elle, et tel un parfait gentleman la raccompagna devant sa porte.
« Bon, ben, merci beaucoup. Ce fut fort aimable. »
Il ricana. Ricana. Dieu que ce son lui donnait l'air encore plus jeune. Hermione se dit même qu'au final, ils n'avaient que quatre ans de différence. Pas grand chose en somme. Et elle avait beaucoup trop bu.
« Bonne nuit, Hermione. » Elle regarda son dos s'éloigner. Et dieu qu'elle avait bu.
« Tu veux monter ? » Beaucoup, beaucoup, beaucoup trop. Doucement, il se retourna, les sourcils froncés, les mains dans les poches.
« J'ai du chocolat chaud. »
« Oh, si c'est du chocolat chaud. » Et son sourire moqueur était de retour. Et Hermione se sentait réellement idiote. Elle avait invité son patron à boire un chocolat chaud, dans son appartement. Mais le pire, c'était sans doute qu'il avait accepté. Elle ouvrit la porte, du s'y reprendre à trois fois, et finalement, poussa la porte. Elle habitait au quatrième. Ils devraient donc prendre l'ascenseur. Une fois à l'intérieur, elle s'autorisa à lui jeter un coup d'œil, appuyé contre le miroir du fond, il semblait se perdre dans l'observation des boutons d'appels. C'est là qu'elle se rendit compte qu'il avait probablement un peu bu aussi. Peut-être plus qu'un verre. Ses yeux gris étaient trop clairs, sa chemise un peu trop ouverte. Ses mèches blondes encore plus décoiffés qu'il ne fallait.
« Ce que tu vois te plais ? »
Hermione sursauta. Mince. Deuxième fois qu'elle se faisait prendre en flagrant délit d'observation. Elle haussa les épaules. Malheureusement, le regard de Malefoy ne la lâcha plus. Finalement, c'était absolument affreux de se sentir ainsi dévisager. Elle se promit qu'à l'avenir, elle ne contemplerait plus jamais ainsi les gens autour d'elle.
Et puis, ce fut le trou noir. Ou plutôt, le manque de souffle, l'arrêt sur le temps. Alors que l'ascenseur s'arrêtait dans un bruit sourd à son étage, les grandes mains de Malefoy avait entouré son visage, et ses lèvres avaient pris possession des siennes. Par tous les diables. Elle en resta coit. Il se détacha et ouvrit la porte. Ils se retrouvèrent sur le palier, devant la porte de son appartement.
« On a perdu ses clefs ? »
Reprenant ses esprits, Hermione secoua la tête, attrapa son sac et finit par trouver ses clefs. Les joues aussi rouges qu'une tomate, les mains moites, elle ouvrit la lumière. Maintenant, elle se sentait totalement idiote de l'avoir inviter. Et le pire, c'est qu'elle n'avait qu'une envie, recommencer. Il n'avait fait qu'effleurer sa bouche. Un baiser d'enfants. La jeune fille se dirigea vers sa cuisine et sortit deux tasses. « Du sucre dans ton chocolat ? » Le blond lui fit signe que oui, observant les différents tableaux ornant son hall. Hermione avait toujours aimé l'art.
« Tu veux manger quelque chose ? »
« Et toi ? »
Deux mots. Deux putain de mots et son cœur rata un battement. Comment pouvait-il mettre autant d'envie dans deux petits mots ? Elle sentit ses joues devenir un peu plus rouges. Et il ricana. Alors qu'il s'approcha d'elle, Hermione ne put faire qu'une chose. Déposer sa tasse sur sa table de cuisine. La seconde d'après, elle avait ses mains dans son cou, et lui, les siennes dans sa chevelure brune. Ses lèvres chaudes s'écrasaient sur ses lèvres roses. Agrippant l'inférieur avec ses dents, il l'aspira. Et Hermione sentit ses jambes flageoler. Il n'avait eut aucune hésitation avant de fondre sur elle, ses longs doigts descendant le long de ses omoplates, de son dos, venant agripper ses hanches. Aucunes hésitations. Comme si c'était normal, prédit.
C'est là qu'Hermione se rendit compte que ça devait sans doute être la vérité. Drago Malefoy, le chasseur de ses dames. Le patron qui couchait avec ses employées. Parce que dans la tête d'Hermione, c'était la seule explication. Sinon, pourquoi était-il occupé à l'embrasser ? Elle, fille d'un autre de ses employés, stagiaire de surcroit. Et puis son sous-entendu à propos de Joy. C'était ses mains baladeuses qu'il évitait, pas devant les autres. Hermione ouvrit grand les yeux. Merde alors. Et elle tomba dans le regard sombre du blond. Et très vite, toutes ses appréhensions tombèrent. Et puis après quoi ? Elle était majeure, vaccinée, lui aussi. Et dans un mois, son stage était terminé. Et dieu qu'il était beau.
Drago serra la jeune fille contre lui, agrippant l'arrière de ses cuisses dans ses mains, l'obligeant à enserrer ses jambes autour de son bassin. Et Hermione ne put s'empêcher de gémir.
« A gauche. »
Un simple souffle. Parole chuchotée dans le creux de son oreille. Il laissa ses mains se perdre sur ses fesses, alors qu'elle agrippait ses épaules. Ne se lassant pas de s'embrasser, se mordiller les lèvres respectivement. C'était bon. C'était divin. Il finit par la renverser sur son lit deux places. Et déjà, il se plaçait entre ses jambes et faisait courir l'une de ses mains sur son ventre, tandis que l'autre fourrageait dans sa chevelure auburn. Hermione s'empressa d'ouvrir les boutons de sa chemise blanche, laissant apercevoir des pectoraux parfaitement dessinés. Mais alors qu'elle lui retirait complètement son vêtement, une sonnerie se fit entendre dans l'appartement, venant perturber le silence. Et Hermione ouvrit de grands yeux, relevant sa tête d'un coup, se cognant par la même occasion au front de son boss plus que sexy. Ses idées ralenties par l'alcool vinrent la frapper de plein de fouet, et avec une force qu'elle ne se connaissait pas, repoussa Drago sur le côté. Sa propre chemise ouverte, elle se rua dans le corridor, se jetant sur son sac à main et sortit son téléphone.
Parce que cette sonnerie, elle l'avait reconnue. Entre toutes. C'était une sonnerie spéciale, spécialement attribué pour un contact bien spécial.
« Allo ?! »
Il était 3h40.
« Mademoiselle Granger ? » Elle hocha la tête avant de se rendre compte que son interlocuteur ne pouvait la voir. « O… Oui » La personne reprit. « Votre numéro était dans les premiers à appeler, et vous êtes la seule à répondre à cette heure tardive. Nous avons eu des améliorations dans l'état de mademoiselle Weasley. Une machine à stimuli s'est mise en route cette nuit, vers une heure du matin. Nous pensons fortement que mademoiselle Weasley l'a provoqué. »
Et Hermione ne put s'empêcher de lâcher un sanglot. Elle répondit qu'elle arrivait, contre-argumentant comme quoi il était tard, que demain matin pouvait attendre. Non, pas pour elle. Tous les apollons grecs pouvaient se trouver dans son lit, elle attendait ce signe depuis trop longtemps. Elle se précipita dans sa chambre, tombant sur un Drago Malefoy à moitié dénudée, et surtout, totalement dépassé. Merde, une fille venait de l'envoyer valser pour répondre à un coup de téléphone.
« Euh, mais encore ? »
« Désolée, je suis désolée. Je dois partir. C'est urgent. C'était fort sympathique, mais je dois y aller. Claque la porte derrière toi ! »
Et la seconde d'après, la porte claqua derrière une Hermione qui dévala les escaliers à grande vitesse.
Et Drago se laissa tomber en arrière. Chuchotant pour lui même. « Fort sympathique ? Fort sympathique ? Je l'ai encore jamais entendue celle-là. » Mais voilà que la porte s'ouvrait à nouveau et qu'une tête aux cheveux hirsutes se découpait dans l'encadrement de la porte.
« Je… je vais abuser, mais vous pensez pouvoir me conduire à l'hôpital ? »
Il ouvrit encore un peu plus les yeux si c'était possible. Cette fille était étrange. Bizarre. Un peu tapé sur les bords surement. Mais il hocha la tête. Après tout, il devait quand même partir. « Et, eum, je pense que tu peux dire « tu », vu les circonstances. » « Ouais, ça c'est une autre pair de manche. Vite ! »
Et quelques instants plus tard, ils étaient à nouveau dans la voiture. L'hôpital se trouvant à vingt minutes de routes, Hermione se demanda par tous les diables ce qu'elle allait bien pouvoir lui dire. Finalement, ce fut lui qui démarra la conversation, lui demandant pourquoi l'hôpital l'appelait à pareille heure. Et étrangement, l'euphorie de l'appel aidant surement, Hermione lui raconta. Ginny, l'accident et l'attente.
Et finalement, ils arrivèrent devant l'immeuble blanc. La jeune fille sortit de la voiture, et avant de refermer la porte, se pencha. « Merci. Et on remettra ça à une prochaine fois. » Puis claqua la portière.
Drago secoua la tête. Cette jeune femme était vraiment bizarre. Venait-elle réellement de lui proposer une future partie de baise ?
Dans l'ascenseur menant à l'étage de Ginny, Hermione se frappa le front des mains. Elle était une vraie cruche. Rouge de honte, elle se mordit la langue. Merde. Elle venait de dire à son patron qu'elle était plus qu'open pour remettre le couvert, et le vrai cette fois.
OoO
Trois semaines plus tard, Hermione était au comble de son bonheur. Ginny s'était finalement réveillée, Harry s'était reprit après avoir refusé de croire Hermione, et la vie était parfaite pour elle. Si une chose pouvait se mettre dans son chemin de l'épanouissement total, c'était un certain boss. Aux yeux gris et à la chevelure aussi blonde qu'un épis de maïs.
C'était samedi soir, et elle était avec Ginny, dans sa chambre, chez les Weasley. La jeune rousse avait encore énormément besoin de repos. Sortir du coma n'avait pas été facile, loin de là. Et dès que possible, Hermione se rendait chez elle. Lorsque ce n'était pas la brune, c'était Harry, qui passait sa vie chez la rousse. Elles parlaient de tout et de rien lorsqu'Hermione sentit son portable vibré dans sa poche. Elle le sortit et jeta un coup d'œil au message écrit avant de virer écarlate.
« C'est lui ? C'est lui ! J'en suis sûr ! Montre, s'il te plait, moooontre » Hermione tendit son portable à son amie. « Olalaaa, mais c'est qu'il est vicieux le petit. Oh bordel. J'en aurais des picotements partout, si tu vois ce que je veux dire. » La rousse éclata de rire en rendant son téléphone à la brune. « Mais ça fait combien de temps que ça dure ? »
« Je sais pas trop, un peu plus de deux semaines je pense. Mais c'est trop bizarre. J'ose à peine lever la tête de mon ordinateur quand j'entends qu'il entre dans la pièce, c'est affreux. »
Depuis quelques temps, avait en effet commencer un jeu plus qu'étrange entre les deux jeunes gens. Depuis la fameuse soirée, ils ne s'étaient plus reparler, ni réellement revus. Pourtant, ils s'envoyaient des messages. Ou plutôt, Drago s'amusait à lui envoyer des textos. Et Hermione ne pouvait s'empêcher de rougir jusqu'à la pointe de ses cheveux en les lisant. Il était le contraire de subtil. Et elle imaginait très bien son petit sourire moqueur. Néanmoins, elle ne pouvait empêcher ses hormones de chauffer dès qu'elle voyait son nom d'afficher sur son portable.
« C'est totalement malade. Il est totalement malade. Le pire, c'est que j'ai mené mon enquête, et j'avais raison, il a bien couché avec Joy. »
« En même temps, il a vingt-cinq ans et les hormones qui le travaillent le pauvre. Puis c'est à toi qu'il envoie des messages salaces et… »
« GINNY ! » Et voilà que son amie repartait dans un fou rire.
OoO
Hermione chantonnait sur un air de Renaud. Elle adorait ce chanteau français à la voix éraillée. Elle cuisinait une sauce bolognaise, recette héritée de son père. Et dont elle était plutôt fière. Puis, elle entendit sa sonnette sonnée. Vu que c'était celle de sa porte et non de son immeuble, la jeune femme se dit que ça devait être un voisin venu demander un œuf ou une carotte. Ne se préoccupant pas de son chignon à moitié défait sur sa tête, de son short de pyjama à froufrous ou de son t-shirt trop grand, elle ouvrit sa porte. Avant d'en perdre sa cuillère en bois.
« Vu que tu ne répondais pas à mes messages, je me suis dit que je passerais en personne. »
Et sans se faire plus prier, Drago entra dans l'appartement de la jeune brune. Ce mec était malade.
« Mais c'est gênant. La plupart du temps, je les reçois quand je suis au boulot, face aux collègues ! »
Il sourit. « Je sais. » Le goujat ne put s'empêcher de penser Hermione. Il le faisait exprêt en plus. Poussant un soupire, elle croisa ses bras. Faisant ainsi ressortir sa poitrine, qui ne manqua pas d'échapper à Drago. « Pourquoi tu es là ? » « Si tu veux que j'arrête, tu n'as qu'à le dire. »
Hermione vira au rouge. Parce qu'au final, elle aimait bien. Elle était flattée de recevoir des sms de son patron si sexy. « Ou alors, peut-être que tu aimes ça. » Relevant ses yeux qu'elle ne se souvenait pas avoir baissé, elle l'observa se rapprocher doucement d'elle. Et elle, elle recula. Jusqu'à ce que son dos cogne contre le mur. Bloquée. « Peut-être, que ça te donne des idées. » Elle rougit un peu plus. Merde, il allait vraiment falloir qu'elle remède à ce petit problème. « Il suffit juste que tu dises stop, tu sais. » Et le voilà qu'il la surplombait de toute sa taille, ses mains de chaque côté de sa tête. « Tu me contredis si j'ai faux, mais il me semblait que tu m'avais pourtant promis une remise de couvert ? » Ce fut le début de la fin. Poussant un grognement, Hermione agrippa la nuque de Drago et fondit sur ses lèvres. Dieu que c'était bon. Et déjà, il avait ses mains sur sa chute de reins, soulevant son t-shirt pour que ses doigts courent sur sa peau déjà chaude.
Elle détacha sa bouche, et sans un mot, l'entraina à sa suite. Un sourire carnassier prit place sur les lèvres du blond. Il reconnaissait le chemin pris. Et une fois encore, il la fit tomber dos au matelas, reprenant cette place qu'elle lui avait refusé trois semaines plus tard. Les jambes de la brune autour de son propre bassin. Et il replongea sur ses lèvres déjà bien roses. Ses petites mains à elle s'attelaient à détacher les boutons de sa chemise grise. Drago fit glisser sa bouche dans le cou de la stagiaire. Déclenchant des frissons sur sa douce peau blanche. Il alla même plus loin, faisant remonter ses mains sur son corps, et par la même occasion, son t-shirt. Qu'il lui enleva totalement. Et sa tête descendit toujours plus bas, faisant courir sa langue sur les pointes roses de la jeune fille. Et Hermione haleta. Parce que c'était bon. Beaucoup trop bon. Elle attrapa de ses doigts les cheveux de Drago, le remontant contre ses lèvres, l'embrassant.
D'un geste fébrile, elle lui détacha sa ceinture, faisant glisser son pantalon sur ses hanches. Et il fit pareil, envoyant son short à l'autre bout de la pièce. Par Merlin, il fantasmait sur son corps depuis presque trois semaines maintenant. Il s'était juré, lorsqu'elle était arrivée, qu'il ne tenterait rien. Elle était une stagiaire, d'à peine vingt et un ans, et fille d'un de ses plus vieux employés. Mais la voir, là, sous lui, gémissante, les lèvres entrouvertes, il ne pouvait qu'être heureux d'avoir céder. Dieu qu'elle était belle.
Hermione ouvrit les yeux. Il était là, sur elle, à la regarder. Et une fois encore, elle rougit violemment. Elle n'avait qu'une envie, qu'il recommence. Tout. Toujours plus loin. Parce que oui, si elle acceptait la vérité, elle se devait de s'avouer que tous ces messages l'avaient réellement chauffé. Et alors qu'il se tenait en appuie sur ses coudes, à n'avoir fait que l'embrasser, elle pouvait déjà sentir cette moiteur caractéristique envelopper son entrejambe. Elle agrippa alors son boxer, et l'enleva. Se réveillant de ses pensées pourtant focalisée sur elle, il lui arracha par la même occasion son dernier sous-vêtements. Et elle était là, offerte rien que pour lui. Doucement, il fit courir son index le long de son corps, s'approchant toujours un peu plus de son mont de Vénus. Et Hermione rejeta sa tête en arrière. C'était une délicieuse torture. Encore plus lorsque son doigt finit par caresser son intimité avant de s'enfoncer en elle. Doucement. Il fit bouger son doigt, agrippant sa lèvre inférieur entre ses dents, tirant dessus. il rajouta un deuxième doigt et entreprit de faire des mouvements de vas et viens.
« Drago… »
Un souffle. Erratique. Il ne lui en fallut pas plus pour qu'il ne retire ses doigts et vienne lui-même se placer devant son entre chaud. Il la regarda dans les yeux, et elle lui fit un petit signe, tremblant déjà sous son corps. Et sans plus attendre, il s'enfonça en elle. Et grogna. Hermione elle, planta ses ongles dans son dos, rejetant encore une fois sa tête en arrière dans ses oreillers. Il était un amant tellement parfait. La chaleur montait, les gémissements augmentaient. Et Drago redoubla de coups de reins, sentant la délivrance proche. Et les petits cris aigus d'Hermione ne l'aidait en rien à se concentrer. Et puis, il la sentit se resserrer autour de lui, de plus en plus spasmodiquement. Et alors qu'elle criait sa jouissance, il enfouit sa tête dans son cou et atteint à son tour la délivrance.
Il s'écroula sur elle. Reprenant doucement leur souffle, Drago s'allongea à ses côtés. Hermione passa une main dans ses cheveux emmêlés.
« On remettra ça une prochaine fois. »
Un murmure, un chuchotement. Et un sourire qui s'étire, loin d'être moqueur.
Voilà qui est terminé.
J'espère vraiment que l'histoire vous a plu, n'hésitez pas à me laisser vos impressions en review, j'aimerais vraiment avoir des retours sur cet écrit, et particulièrement sur ce tout premier lemon que j'écris.
Pleins de petits baisers de notre Drago national.
Suika.
