Toutes ces reviews positives, alors là, vous me flattez vraiment ! Je suis très heureuse que cette nouvelle fiction vous emballe... Au départ, j'avais hésité à l'écrire. Car je vous le dis : il va falloir vous préparer à sauter de surprise en surprise, parfois bonnes, parfois mauvaises. Mais je pense que vous êtes loin de vous attendre à lire ce que je vous concocte (oui, j'entretiens bien le suspens !). En tout cas, merci à vous pour vos reviews, ça me touche. Et bonne lecture :)


Chapitre 2

Le jeu se corse. (POV Regina)

C'était il y a deux semaines… Tout est encore un peu confus dans ma tête à vrai dire. Je ne sais même plus comment cela a débuté… Même si j'ose en avoir une vague idée.

Il faut dire que tout avait mal commencé. Snow a eu cette merveilleuse idée de penser que nous réunir, moi, elle, son idiot de mari ainsi qu'Emma et mon fils était une riche idée.

Je n'ai pu qu'accepter, par courtoisie… Bien que je trouvais déjà ce repas complétement idiot.

L'ambiance ce soir-là était terriblement électrique. Je faisais des efforts surhumains pour ne pas attaquer ce couple niais se trouvant devant mes yeux. Après tout, j'avais promis à Henry de faire des efforts… D'ailleurs, je le regrettais presque en le voyant s'empiffrer allégrement. Il faut dire que cela m'amusait quelque peu de remarquer qu'il avait hérité des manières de sa mère biologique en terme de savoir vivre à table.

Emma se trouvait en face de moi et prenait garde à manger correctement. Je ne pouvais pas m'empêcher de rire intérieurement, même si je savais qu'il était hors de question de le montrer. Elle faisait des efforts pour paraître distinguée. Est-ce que c'était parce que j'étais en face d'elle ? Je ne sais pas trop. Est-ce que c'était appréciable ? Je ne sais pas trop non plus, mais en tout cas, c'était drôle. Et plutôt adorable.

Avais-je vraiment pensé au mot « adorable » pour la qualifier ? Sans que quiconque puisse le remarquer, j'avais secoué la tête pour chasser cette pensée étrange de ma tête.

Dans tous les cas, je m'étais promis intérieurement de mettre une trêve, le temps de ce repas minable, à notre petit jeu habituel. Je ne sais pas pourquoi, mais chaque personne nous écoutant parler pensait que l'on se détestait… Je ne l'avouerais peut-être jamais ouvertement, mais je ne détestais pas Emma Swan… Je ne l'avais jamais détesté à vrai dire. Je trouvais même que c'était la personne la plus censée de cette foutue ville. Elle me tenait tête, elle n'avait jamais eu peur de moi, elle savait vivre et me supporter, ce qui était assez inhabituel. Et, à la grande surprise que ça pourrait être de tous, j'aimais ça. Parfois, ses manières ancestrales m'agaçaient… Mais elles avaient au moins le don de m'amuser, de me faire rire. Et ce n'était pas chose aisée que de m'arracher ce genre de sentiment.

Je faisais toujours mon possible pour qu'elle puisse lire en moi ce que je voulais qu'elle sache… Mais je sais que, parfois, elle parvenait à percer ce mur et à entrevoir des sentiments que je cache. J'avais abandonné l'idée de comprendre comment elle faisait pour arriver à me cerner de la sorte. Mais j'avais quand même l'impression de mener la danse.

Ce qu'elle n'arrivait pas à voir cependant, c'était tous les regards que j'envoyais discrètement vers elle. Parfois, je me surprenais à rêvasser, les yeux plongés dans son décolleté, sur ses bras ou ses fesses.

Je n'avais pas vraiment honte d'avouer qu'Emma Swan était une jolie femme. Elle était agréable à regarder… En tout cas, plus que la moyenne et plus que n'importe qui dans cette ville. Elle avait une allure sportive, un corps sculpté, de jolies boucles blondes un peu sauvages, des traits fins. Comment pouvait-on deviner que ce corps avait été, autrefois, sous l'emprise d'une grossesse ? En tout cas, mes contemplations étaient involontaires. Il m'arrivait de laisser vagabonder mes yeux rapidement ou, au contraire de les laisser s'appesantir sur elle en me plongeant profondément dans mes pensées, les contrôlant à peine. Et lorsque je pensais à elle, à ce petit jeu, à sa dernière réplique, je me surprenais à fixer sa peau d'une manière presque hypnotisante.

Fort heureusement, j'étais discrète. Vivre avec une mère paranoïaque avait gardé des séquelles chez moi qui, aujourd'hui, me servaient.

Lorsque j'ai demandé un simple pichet d'eau à Henry, je ne sais toujours pas pourquoi Emma l'a saisi en première.

Lorsqu'elle s'était rassise, j'avais cru rêver en premier temps. Avait-je vraiment ressenti ce que je venais de ressentir ou était-ce une hallucination ? A voir le regard fuyant de Miss Swan, c'était clairement réel.

Venait-elle réellement de me faire du pied ?

Je sentais encore sa peau contre mes collants. Son contact avait été bref, mais chaud et électrique. Qui plus est, elle s'était penché pour me servir un verre d'eau, m'offrant une pleine vue sur son décolleté.

J'étais sûre et certaine qu'elle l'avait fait exprès. Oui, elle voulait surement passer le cran au-dessus pour me troubler, me déstabiliser. C'était ce qu'on faisait toujours toute les deux après tout.

C'est à ce moment-là que le plan du retour de bâton s'était élaboré dans ma tête. Parce qu'il fallait suivre la règle numéro une avec application : toujours répondre à chaque attaque. Ou fuir.

Et il était hors de question de se défiler devant ce genre de provocation.

C'est ainsi que j'ai affiché un mépris, une ignorance qui me surpris moi-même.

Elle voulait vraiment faire une entorse à cette règle six, à savoir « jamais de contact physique » ? Parfait.

Il était question maintenant de riposter.

J'entrepris une longue conversation avec Henry sur ses résultats scolaires. Sans que quiconque puisse s'en apercevoir, je cherchais les jambes d'Emma grâce à mes pieds. Mon talon butta contre son pied nus recroquevillé. Je souris intérieurement, sans que quiconque puisse s'en apercevoir. Je passai mon pied durant quelque seconde sur son jean. J'étais sûre qu'elle avait chaud. Et qu'elle frissonnait. J'étais ravie de créer ce genre de malaise chez elle. C'est ainsi que je retirai mon pied, fière de ma répartie.

J'aurais le dernier mot dans cette histoire et il était hors de question qu'elle me mette dans l'embarra sans qu'elle aussi, le soit…

Je pense que c'est chose faite d'ailleurs. J'ai eu le loisir de détourner le regard un instant pour observer son visage. Son corps entier s'était recroquevillé sur sa chaise. Elle s'affaissait et était étrangement rivée sur son dernier morceau de salade.

J'étais ravie. Je me répétais cette phrase, raisonnant comme un mantra dans ma tête.

« Regina Mills gagne toujours. »