Bon je sais, le titre est très étrange ! En tout cas, ce chapitre est clairement Rated M… Il comporte des scènes plutôt violentes et sexuelles. Bon, j'ai évité le langage cru, mais quand même. Âmes sensibles, gare à vos petits cœurs. D'ailleurs, je tiens à préciser que vous allez me détester et détester Robin par la même occasion si ce n'est pas déjà le cas. Vous êtes prévenus les loulous !


Chapitre 4

Hamburger. (POV Regina)

Il était 9h. Et comme d'habitude, Emma Swan était en retard. Devais-je vraiment en être surprise ? Tout le comité était déjà présent. Seule une chaise vide trônait à mes côtés. Je claquais mon stylo contre la table, ça m'aidait à passer les nerfs et ça comblait le silence royal qui régnait dans la salle de conférence.

Au bout de cinq minutes interminables, Emma ouvrit enfin la porte. Elle entra dans la pièce en trombe, rougissante.

Elle paraissait énervée, je ne sais pas pourquoi. Alors, quand elle marmonna un « pardon pour le retard » dans sa barbe, je ne relevai pas. Je préférais ne pas rendre l'ambiance plus glaciale. Je donnai la parole à Sidney.

Je ne l'admettrais jamais ouvertement, mais ces réunions m'ennuyaient. Miss Swan pensait que je les organisais par plaisir, mais être réunis pour débattre de sujets insipides m'ennuyait autant qu'elle. Ses lourds soufflements avaient toutefois le don de me faire rire.

Soudain, elle fit quelque chose… Quelque chose qui me figea. Ce n'était rien, c'était imperceptible, un détail, et pourtant qui eut toute son importance pour moi.

Je ne comprenais pas pourquoi mon cœur se mit soudain à battre la chamade.

Emma venait de coller ma cuisse à la mienne. Rien de plus normal peut-être pour deux personnes assises côte à côte… Mais pas pour nous. Nous nous étions assises des dizaines de fois à ces places sans être en contact. Mon regard croisa le sien.

Il était… Doux. Etrangement doux. Puis, il fut fuyant.

Je ne comprenais rien. J'avais envie de fuir, mais je ne le pouvais pas. J'avais envie de renchérir, mais c'était impossible. Qu'est-ce que je devais faire au juste ? Est-ce que je devais retirer ma cuisse, me recroqueviller, la disputer ?

Le souffle coupée, je continuais à fixer mes feuilles. Je décidais de… la laisser faire. Enfin. Laisser le contact se faire. Pourquoi ? Je n'en sais strictement rien. Je suppose que… j'aimais ça. Même si c'était dur à admettre. Personne n'osait m'approcher et encore moins me toucher en temps normal. Seuls Henry et Robin le faisait. Elle avait du courage, il fallait l'admettre.

Accepter cette première entorse à nos règles fut probablement ma première erreur… Car ce contact devint rapidement la règle numéro sept, constituant une exception à la sixième.

Si nous étions assises l'une à côté de l'autre, nos cuisses devaient se toucher.

Cela faisait maintenant deux semaines que cette règle avait été instaurée, et je n'arrivais pas à m'y faire.

A chaque fois que nous étions assises l'une à côté de l'autre, je n'arrivais pas à réfléchir correctement. Je ne pensais qu'à ce contact, ce simple contact physique. Pourquoi en avais-je désespérément besoin à présent ? Je ne pensais qu'à une chose : m'asseoir aux côtés de cette blonde. Pour ressentir, encore, cette sensation grisante qui me poursuivait l'échine, qui me donnait des frissons. C'était électrisant, addictif. Cette règle était devenue ma drogue.

Parfois, je fermais imperceptiblement les yeux quelques secondes. Je ne ressentais en ces instants, que ma jambe collée à celle d'Emma. Aussi désuet que ce geste pouvait paraitre, dans mon esprit, il était devenu presque… Sexuel. J'éprouvais l'irrésistible envie qu'elle pose sa main sur ma cuisse… Mais c'était tout simplement irréaliste de m'imaginer ce genre de choses. Je suis sûre qu'une telle pensée ne lui venait même pas à l'esprit. Mon propre désordre mental m'empêchait souvent de voir ce qu'Emma ressentait.

Seulement, j'avais bien remarqué que son regard sur moi avait changé… Ou presque. Je la sentais me détailler, observer chaque parcelle de mon corps et l'analyser. Je ne disais rien, mais je remarquais tout. Parfois, s'en était gênant… Mais c'était également terriblement séducteur.

J'en jouais, il fallait bien l'avouer. Mes décolletés, mes jupes fendues et moulantes… Je les enfilais bien souvent pour sentir plus encore son regard sur moi lorsque nous n'étions pas en contact.

Je ne comprends pas comment nous en étions arrivés là finalement. Certes, notre relation a toujours été un jeu… Mais un jeu de quoi ? D'emprise, de pouvoir, de contrôle ou de… séduction ? C'était peut-être une sorte de « tout »...

Ce soir, nous étions l'une en face de l'autre. Nous sommes en juillet et la chaleur est terrassante. Nous sommes également jeudi et c'était le jour du repas en famille d'Henry chez Granny's. Comme cela arrivait parfois, j'étais en compagnie d'Emma. J'avais choisi un débardeur noir pour accompagner mon pantalon tailleur ce soir-là. Je ne pouvais empêcher les gouttes de sueurs de perler sur mon décolleté. Pour la première fois, alors que je tentais désespérément de me rafraichir en me ventilant grâce au menu de chez Granny's, je rencontrai le regard d'Emma.

Du désir.

J'y vis, durant une seconde, du désir. Pourtant, rapidement, elle avait détourné son regard de ma poitrine pour se plonger à son tour dans le menu.

Est-ce que j'avais rêvé ?

Le diner se passa rapidement… Peut-être trop. Surement trop je dirais.

Je savais que ce soir était le tour de garde d'Emma et que, cela faisait partie également de mes soirées avec Robin… Sauf que, depuis quelques temps, je devais avouer que plus rien n'allait entre nous. D'ailleurs, en rentrant du diner, il me fit une énième scène.

Selon lui, je ne lui accorderais pas d'importance… Alors certes, j'avais tendance à parler d'Emma au travail. Puis, en rentrant du travail. Puis, en faisant à manger, et en regardant un film. Bon. Je parlais beaucoup d'elle finalement. Mais je n'y pouvais rien si elle seule arrivait à cet exploit qui est de pimenter mes journées.

Lorsque je ne lui courrais pas après pour ses rapports, je rattrapais ses bêtises, ou je la retrouvais endormie sur son bureau ou alors elle mangeait ou encore, elle me cherchait en me lançant des piques que je ne pouvais décemment pas ignorer.

Mes journées n'étaient rythmé que par elle, alors il était normal que je n'ai qu'elle à la bouche. Il fallait que je me décharge de mes pensées… Mais Robin ne voyait pas les choses de la même manière.

Il semblait voir cette relation comme une compétition, et cela m'agaçait au plus haut point. Il ne pouvait pas rivaliser avec Emma Swan… En tout cas, pas en termes de conversation. Ni de réplique. Ni de sensation.

En réalité, j'ai tendance à trouver tout le monde fade par rapport à elle. Certes, Robin n'a pas peur de moi… mais il est si… si… insipide.

Dans ma tête, j'aimais comparer ces deux personnes à deux plats. D'un côté, Emma était un délicieux plat de sushis haut de gammes agrémentés de wasabi. Un met des plus exquis, se dégustant avec parcimonie, délicatesse. Si on dosait mal, on pouvait se bruler la gorge. Mais en y allant précautionneusement, on pouvait apprécier sa robustesse mélangé à sa douceur. On ne la déguste pas comme les autres plats. Elle ne se mange pas de la même manière, elle est même totalement différente des autres. Et puis, elle arbore de multiples facettes. On pense pouvoir s'en défaire, la déguster une fois de temps en temps mais c'est faux. Elle devient addictive. Et ce qui est encore plus traitre avec cette femme, c'est que les associations de saveurs sont presque infinies et on passe d'une sensation à une autre en un temps éclair. Seulement, elle incarnait un plat trop cher pour se permettre de le déguster sans arrêt, même si l'envie n'en manque pas.

Robin lui, est plutôt comme… un hamburger. Oui c'est ça. Au départ, on adore ça, le goût est plaisant, on s'en régale et on s'en empiffre même… Mais à forte dose, on s'en écœure et on se rend compte que c'est mauvais pour la santé et surtout pour le cœur. On a beau changé la recette, ça reste du pain, un morceau de viande, de la sauce grasse se battant en duel avec une rondelle de tomates et une feuille de salade. C'est simple, facile, pas cher, on en abuse souvent mais il n'est pas forcément des plus bons pour nous.

Voilà. Robin était un hamburger rustique et Emma, un plat de sushis divers et raffinés. Sans m'en apercevoir, je réfléchissais à ça tandis que Robin continuait à me râler dessus. Et je m'étais mise à rire. Doucement. C'était presque imperceptible tellement je pensais avoir été discrète.

Mais je vis le regard de Robin se froncer et il s'arrêta dans sa tirade.

« Pourquoi est-ce que tu ris ? Me demande-t-il tout à coup, désarçonné.

_ Pour rien. La fatigue. Bon. Tu me laisse maintenant ?! »

Sur ce coup, j'avais été un peu sèche. Mais il me fatiguait. C'était toujours le même discours, en boucle, comme un CD rayé. Rapidement, je m'étais mise en nuisette et m'étais couchée sans un mot.

« Excuse-moi… Finit-il par me dire en se collant à moi. »

Je grimaçais. Il faisait toujours ça. Je commençais clairement à trouver tout ça trop facile. Il partait dans des extrêmes, me disputant comme une petite fille puis venait s'excuser comme une âme en peine. Ce mec était vraiment pitoyable.

Lorsqu'il passa sa main autour de moi pour me caresser le ventre et remonter vers ma poitrine, je ne pus m'empêcher de rouler des yeux.

Je m'étais contenté de grogner en m'éloignant de lui.

« Regina, j'ai tellement envie de toi. M'avait-il dit en apposant ses lèvres sur mon épaule et en me pressant un sein. »

Je grimaçais encore plus. Il s'excusait, puis venait ramper pour avoir sa dose. Mon Dieu, Robin semblait être le pire hamburger que j'avais pu ingurgiter depuis des siècles.

« Tu ne vas pas encore jouer à ça avec moi quand même… Glissa-t-il en continuant ses caresses indécentes.

_ Jouer à quoi ? Ne pouvais-je m'empêcher de répliquer sèchement.

_ Ca fait des semaines qu'on a rien fait. Arrête de me rejeter. J'ai des besoins moi. Dit-il.

_ Je veux que tu sois simplement moins… »

« Chiant » avais-je pensé très fort.

Je sentais petit à petit l'excitation de Robin monter contre moi. Mais je n'avais aucune envie de déguster un hamburger ce soir, j'étais clairement trop écœuré de ce genre de plats. Je tentais de m'éloigner de lui, mais il revenait toujours se coller un peu plus.

Soudain, il me saisit les hanches et me plaqua contre lui.

« Hé, lâche moi tu veux !

_ Arrête, je sais que t'en a envie autant que moi.

_ Non. »

Robin me prit les fesses et descendit ma culotte de mes jambes brutalement.

« Robin ! Avais-je crié en me débattant.

_ Je sais que ça t'excite quand je fais ce genre de choses. Tu fais comme si t'en avais pas envie, mais t'es aussi excitée que moi, j'en suis sûr.

_ Pas du tout.

_ Retourne-toi.

_ Non.

_ J'ai envie de toi. Tu me dois bien ça. Continuait-il en se collant à moi. »

Maintenant, je n'étais plus écœuré, j'avais clairement envie de vomir. Qu'est-ce que je devais faire ? Est-ce que je devais me débattre, lui foutre une claque ? Non, c'était Robin, mon compagnon, une part de moi me disait que c'était presque mon devoir de le satisfaire… Mais je n'en avais pas envie. Je venais de lui dire non. Deux fois. Ce n'était pas suffisant ? Je n'allais quand même pas utiliser la magie contre lui, j'ai promis à Henry que je ferais des efforts.

« J'en peux plus, quand tu mets cette nuisette, tu me rends fou, ce n'est pas de ma faute. »

Pas de sa faute ? Donc, c'était de la mienne. Je devais porter une combinaison pour que Monsieur sache retenir ses pulsions ? Je crois que je suis en train de rêver.

« Tu m'agace ! »

Ce fut les seuls mots qui purent sortir de ma bouche alors que je me retenais de toutes mes forces de lui cracher dessus. J'espérais qu'il s'éloigne mais non, il se collait encore plus. Il a dû… penser que ma dernière réplique était un consentement dissimulé puisque, soudain, il monta à califourchon sur moi, m'écartant les jambes pour me pénétrer, dans un râle de plaisir.

Mon cœur battait la chamade, mais pas pour les bonnes raisons. J'avais mal. Je m'accrochais aux draps. Je lui avais dit non, encore et encore, je lui avais fait comprendre que je ne voulais pas par des tas de façons et maintenant, il… Il… Que faisait-il d'ailleurs ?

Je grimaçais tandis qu'il commença des vas et viens douloureux, dans un gémissement rauque qui me filait la gerbe. Je gémissais moi aussi… mais de douleur. Je tentais de serrer les jambes pour m'éloigner de lui, mais il gardait sa prise. Je ne pouvais pas vraiment bouger. Il devrait voir, il devrait entendre, deviner même que ça ne me plaisait pas. J'avais l'impression d'avoir une lime à ongles coincée entre les jambes et qu'il s'amusait à me détruire de l'intérieur. Je relevais les yeux et voyait son visage concentré, gémissant de plaisir. En cinq minutes, il se soulagea en moi comme il pouvait se soulager de n'importe quelle autre manière. Il avait gémit mon prénom en me saisissant les fesses de ses mains presque crochues.

« C'est toujours bon avec toi. J'aime bien quand tu te rebelle un peu. S'extasiait-il en se laissant tomber à mes côtés. »

Cette fois, je dus me retenir de toutes mes forces pour ne pas le regarder. Je me levai doucement.

« Tu vas où ?

_ Dans… La salle de bain. »

Je n'avais jamais été aussi rapide pour aller dans une salle d'eau. Lorsque je fermai la porte, je n'avais pas encore réalisé. J'étais nue sous ma nuisette. Je sentis un liquide couler sur mes jambes. Lorsque j'y glissai les doigts, je reconnu un mélange de la semence de ce… porc mélangé à un filet de sang. Mon sang.

Je ne pus m'empêcher de prendre une douche. Je voulais effacer ces traces, effacer cette douleur de mon entrejambe qui me brulait terriblement, cette odeur désagréable de forêt sur ma peau, je voulais me nettoyer jusqu'à arrêter de me sentir aussi… sale que je me sentais à l'instant présent.

Et je m'en voulais… Oui, je m'en voulais d'être faible au point de ne pas parvenir à stopper ces larmes qui déferlaient sur mes joues.