Chapitre 9
De la folie. (POV Emma)
J'étais tellement en manque d'elle. Elle ne voulait plus me voir… Je comprenais. Ça avait été l'une de mes obsessions durant ma vision. Entrer dans son intimité de cette manière, c'était mal.
Maintenant, elle ne venait même plus travailler. J'étais le sheriff, j'avais décidé de ne révéler à personne la raison de l'emprisonnement de Robin… Mais je savais très bien que je ne pouvais pas le garder derrière ses barreaux sans motif bien longtemps. Regina refusait de faire quoique ce soit. Il serait bientôt libre d'aller où il veut et il était hors de questions que je laisse Regina sans protection.
Ça faisait donc plusieurs jours que j'avais décidé de donner le relais à David. Je ne voulais pas qu'on me dérange. Je m'étais enfermée dans ma chambre. Il fallait que je rétablisse le contact avec Regina avant que Robin ne sorte de prison…
J'écoutais ma musique en boucle, le casque dans les oreilles. Je n'entendais rien de l'extérieur, et ce n'était pas plus mal. L'album de Muse dans les oreilles, je fermais les oreilles en réfléchissant à ma relation avec Regina.
Etrangement, je ne faisais qu'écouter Undisclosed Desires en boucle. Plus elle passait, plus je réalisais que les paroles collaient parfaitement à mon sentiment à son égard.
Je ne voulais pas qu'elle soit seule, qu'elle se sente rejetée. J'en ai assez de ça. Regina a sans cesse été seule. Comme moi. Je peux l'aider, nous pourrions… être deux dans la solitude ?
Je veux lui démontrer à quel point elle ne mérite pas ça. Personne ne mérite tout ce qu'elle a vécu, quoi qu'elle pense. J'aimerai tellement qu'elle voit la façon dont je perçois son âme, la véritable Regina. Elle prétend qu'elle est mauvaise, mais c'est faux. Elle avait beau vouloir montrer au monde entier qu'elle n'est que l'Evil Queen, elle ne pouvait pas me le faire croire, à moi. Je veux… qu'elle me fasse confiance. Je veux panser son cœur, lui faire oublier ses démons du passé, je veux son bonheur. Elle le mérite tellement.
Les règles m'interdisaient de lui dire ce que je ressentais. Alors je pris un CD vierge sur lequel je gravai cette seule et unique musique.
Je la plaçai dans une enveloppe sur laquelle je pris le soin de noter le prénom de Regina.
Je savais qu'elle reconnaitrait mon écriture. J'espérais qu'elle y reconnaitrait également la force de mes sentiments envers elle à travers les paroles de cette musique.
J'avais toujours éprouvé des sentiments pour elle. Au début, elle m'intriguait. Elle m'intrigue toujours d'ailleurs… Puis, elle avait titillé mes vieux démons, ma tendance à toujours répliquer et elle avait éveillé en moi ce que j'adorais faire : de la provocation. Cette provocation s'était transformée en jeu, puis en affection dissimulée.
Je suis la mieux placée pour savoir à quel point on peut faire n'importe quoi par rancœur. Je n'avais pas grandi dans un monde féerique, mais dans un autre monde s'appelant le réel. Et dans la réalité, personne n'a l'âme totalement blanche ou noire. La vie est faite de nuance. Chacun avait droit à sa part d'erreur, et c'était injuste de blâmer quelqu'un tentant de devenir meilleure à cause de ses erreurs passées. Peu m'importait ce que Regina avait pu être, je l'avais déjà constaté par moi-même en voyageant à travers le temps.
Ce que je voyais, c'était la Regina actuelle. Certes, elle avait eu peur de moi au début, nos combats pour Henry avaient été… rythmés. Mais je savais bien qu'au fond, elle ne m'en voulait pas à moi. Elle avait juste… peur de perdre son fils. Elle ne m'a jamais détesté, j'en suis sûre.
Regina est comme… une rose. Oui, c'est une rose. Une fleur, magnifique, à l'odeur et l'aspect attractif, au goût subtil et délicat. Si on ne prête aucune attention en voulant la cueillir, elle sort ses piques et se défend comme elle peut. Il fallait savoir s'y prendre pour qu'elle s'épanouisse.
Et Robin lui… Robin était une sorte de… plante toxique. Le premier nom me venant à l'esprit était le chélidoine. Une plante en apparence inoffensive, mais toxique, au goût dégueulasse et ne servant qu'à guérir les verrues.
Je riais de ma réflexion.
Je marchais vers la boite aux lettres de Regina et y laissa tomber soigneusement l'enveloppe. Je fixais sa chambre, dont la lumière était la seule allumée à cette heure. Si seulement elle me laissait entrer dans sa vie une seconde fois, si elle voulait bien lâcher sa carapace juste un instant...
Laisse-moi t'aider Regina…
