Chapitre 11
Les nouvelles règles. (POV Emma)
Regina avait pleuré pendant une demi-heure avant de réussir à enfin s'endormir. Silencieusement, je m'étais contentée de cette forte étreinte. Je refusais qu'elle se force à ne pas pleurer, et bien au contraire, j'étais rassurée qu'elle le fasse sans se préoccuper de moi. J'étais d'autant plus rassurée qu'elle me laisse faire. J'avais craint qu'elle me rejette, mais elle avait été probablement trop blessée et fatiguée pour le faire.
Je faisais la vaisselle. Si ma mère voyait ça, elle en ferait une syncope.
C'était décidé : à partir de maintenant, plus de jeu. On efface tout et on recommence… Même si c'est peut-être temporaire.
Il fallait que je réinvente un nouveau règlement. Oui, c'est ça, de nouvelles règles. Regina et moi ne pourrions décemment pas s'en sortir sans ça. C'est le fondement même de notre relation.
Les tâches terminées, je m'installai sur le canapé et allumai la télé en prenant soin à baisser le son. La première chose sur laquelle j'étais tombée était le dessin animé Aladdin.
Je roulais des yeux devant le ridicule de la situation.
J'étais en train de regarder un dessin animé chez Regina. Finalement, c'était… plutôt drôle. J'entendis la douche couler à l'étage. Elle n'avait pas dormi longtemps.
Je grimaçais en me replongeant dans mes pensées.
Que pouvaient être les nouvelles règles… Peut-être que la règle numéro une pourrait être de toujours la protéger. Oui, bonne idée. Alors, règle numéro 1 : toujours protéger Regina en toute circonstance.
Et il fallait que j'oublie cette règle stupide de contact physique. Ca ne rimait à rien.
Règle numéro 2.
J'étais en train de réfléchir lorsque le génie se mit à chanter à travers la télé. Machinalement, je chantais à mon tour les paroles du dessin animé de mon enfance. J'en étais venue à oublier où j'étais lorsque j'entendis un petit rire à travers la porte d'entrée du salon.
Regina était adossée au cadran de la porte. Elle portait un jean et un long pull. Elle était si simple et si… belle.
Elle vint prendre place à mes côtés, les jambes en tailleur en regardant la télévision tandis que je rougissais face à mes pensées.
« Alors lui, c'est Sidney ? Me demande-t-elle en grimaçant et en désignant le génie de la lampe du doigt. »
Je ne pus m'empêcher de rire.
« C'est ça.
_ Sidney n'a jamais été bleu. S'offusqua-t-elle
_ Et il n'a jamais été drôle non plus. »
On riait toutes les deux, complices.
« Ce film n'est absolument pas représentatif de la réalité. Affirme Regina d'un air incroyablement condescendant.
_ Ne brisez pas mon enfance voulez-vous. Moi, je préfère cette version. »
Elle me regarda les sourcils froncés puis elle réorienta de nouveau son regard vers l'écran.
« Bizarrement… Moi aussi. »
Je souriais. Je me risquai à lui prendre la main doucement, mais elle me repoussa aussitôt.
« Regina… Laissons tomber notre… jeu pour l'instant. Tu… veux bien ? Hésitais-je en employant le tutoiement. »
Nous nous observions intensément. Elle semblait hésiter. « Ce rêve bleu » tournait en rond sonore.
« Seulement si vous éteignez cette horreur. Me demande-t-elle en continuant de me regarder. »
Je ris en empoignant la télécommande et en changeant de chaîne.
« Bon. Qu'est-ce qu'on fait ?
_ Je n'en sais rien. Me répond-t-elle.
_ Qu'est-ce que vous faites de vos journées en ce moment ?
_ Pas grand-chose. »
Je grimaçais et regardais Regina qui était absorbée par la télévision, le visage triste. Je me risquais passa ma main dans son dos pour la caresser affectueusement.
« Tu veux en parler ? Lui demandais-je avec une voix douce qui me surprit moi-même.
_ Non… Souffla-t-elle en se laissant faire. »
Je m'arrêtais dans mes gestes. Je n'arrivais pas à la quitter du regard. Elle se retenait de pleurer, je le savais. J'avais vraiment envie de la réconforter.
« Regina est-ce que je peux… Me risquais-je à lui demander sans savoir si elle comprendrait ou non.
_ S'il te plait… Me chuchote-t-elle en se tournant vers moi, le regard humide. »
Doucement, je pris Regina dans mes bras… Comme j'en avais rêvé tant de fois. J'en avais eu tellement envie lorsque tout Storybrooke était retourné dans la forêt enchantée, j'en avais eu envie lorsqu'elle m'avait sauvé près du puit, lorsque Robin était partie avec Marianne. Je fermais les yeux en resserrant mon étreinte.
Je sentais son cœur battre à tout rompre contre moi. Elle soupirait, apaisée. Je sentais ses cheveux me chatouiller les narines, son parfum si agréable… Mais je sentais également sa tristesse, son désespoir, rendant ce moment à la fois magique, mais aussi terriblement douloureux. Je n'arrivais pas à retenir les larmes de couler sur ma joue. Elles glissaient maintenant sur l'épaule de Regina qui se redressa doucement et me vit sans vraiment que je le veuille. Elle avait l'air coupable et triste de me voir dans cet état.
« J'aurais tellement voulu être là plus tôt, te sortir de là, je te jure. »
Regina me sourit, d'un sourire tendre que j'ai rarement vu sur son visage. Elle me sécha les larmes avec ses pouces.
« Ce n'est pas de ta faute Emma. Arrête de t'en vouloir pour des choses que tu ne contrôle pas. »
Ses paroles me réconfortaient. Elle sortit un mouchoir en tissu de sa poche et effaça les dernières larmes de mon visage.
« Et je te rappelle que tu ne lui a pas fait du bien la dernière fois que je t'ai vu. Me dit-elle, amusée.
_ J'aurais dû le castrer. »
Elle rit à ma réflexion. Je lui souris en coin en me risquant à placer une de ses mèches de cheveux ébène derrière l'oreille.
« En plus, il n'est même pas au poste, il est à l'hôpital. »
Cette fois, Regina haussa les sourcils de surprise, m'intima silencieusement de lui en dire plus.
« Il avait 3 côtés cassées, le nez explosé, l'arcade aussi. Il me semble que je lui ai ouvert la lèvre. Et c'est possible que je lui ai fait légèrement mal au dos.
_ Légèrement ? »
Regina grimaçait. Je lui souriais timidement, lui implorant silencieusement de me pardonner cet accès de colère. Elle me rendit mon sourire. Elle était si belle. Je m'apprêtais à me risquer à poser ma main sur sa joue lorsque soudain, la porte du manoir s'ouvrit et sa claqua instantanément.
Regina et moi eurent le réflexe de nous éloigner l'une de l'autre. Henry était entré en grand fracas dans la maison et se précipita sur Regina pour l'enlacer. Elle sourit dans son dos, attendrie par ce geste et me sourit faiblement tant qu'Henry ne pouvait rien voir.
Règle 3 : ne pas montrer notre affection en public.
