Chapitre 29

Provocation (POV Emma)

David avait décidé d'être malade. Et ça ne pouvait pas plus mal tomber ! Ce n'était qu'une petite grippe, rien de méchant, mais j'étais débordée. Et puis, je ne faisais que repousser plus encore le moment où je devrais amener les rapports rédigés à Regina.

Elle insistait à chaque fois pour les consulter, devant moi afin de les accepter ou non.

Il était 16h lorsque je me décidai d'arriver à la mairie. Et il y avait toujours la Miss Frigide plantée devant son ordinateur. Elle m'accorda un sourire faux et hypocrite lorsqu'elle me vit.

Ah Dieu qu'elle pouvait m'énerver ! On ne peut pas dire qu'elle m'avait manqué.

« Bonjour Sheriff.

_ Oui, je sais, Madame le Maire ne m'attend pas, mais j'ai mis longtemps à finir ces fichus rapports. Dis-je, déjà agacée.

_ Il n'y a pas de problème. Vous pouvez les déposer sur mon bureau. »

J'haussai un sourcil tout en restant plantée devant elle.

« Je ne pense pas que ce soit très…

_ Ne vous inquiétez pas, c'est Madame le Maire qui m'a demandé d'intercepter ces rapports. Me répondit-elle. »

Ça, ce n'était clairement pas normal. Depuis mon arrivée à Storybrooke, Regina avait toujours insisté pour lire les dossiers d'elle-même le plus vite possible, devant moi, Graham ou David afin de donner son aval. Jamais ils n'avaient été dans d'autres mains. J'étais suspicieuse, mais n'insista pas d'avantage et posai les dossiers sur le bureau de la secrétaire. Après tout, cela m'arrangeais bien de ne pas avoir à parler à Regina.

Je pensais être tranquille lorsque je rentrai au poste. Seulement, un Leroy saoul me sortit de mes rêveries. Rapidement, je réalisai qu'il était 17h et que… une réunion avait été programmée. Et cette fois, j'étais en retard.

Je maugréais en entrant dans la mairie, puis dans la salle de conférence. Tous les regards s'étaient tournés vers moi à mon entrée. Bien sûr, la seule place disponible était celle tant redoutée : aux côtés de Regina.

Décidément, cette journée avait décidé d'être très mauvaise.

Je grognais en m'installant sur ma chaise tout en évitant soigneusement chaque contact avec madame le maire.

« Bien. Cette réunion peut maintenant commencer. »

J'avais décidé d'ignorer Regina et elle en faisait tout autant. La réunion s'avérait être houleuse. En vérité, beaucoup reprochait le retard administratif de la Mairie.

« Vous avez fondé cette ville Regina, à vous de la gérer correctement. S'agaça un des actionnaires.

_ J'ai été absente quelques temps, il est normal que-

_ Qu'est-ce qu'il s'est passé encore ? Quelle histoire de jalousie stupide vous nous avez encore pondu pour déroger à votre rôle ? Snow White s'est acheté un chien et vous projeté de le tuer ?! Se moqua l'homme en costume.

_ PARDON ? M'étais-je écriée en me levant subitement. »

Je m'étais levée prestement, poussant ma chaise et claquant mes mains sur la table en un immense fracas. Regina s'apprêtait à répondre, mais il était hors de question que je laisse ce sombre abruti lui manquer de respect, c'était au-delà de mes forces.

« Retirez immédiatement ce que vous venez de dire. Lui intimais-je d'une voix sombre.

_ Et voilà le sheriff incompétent qui se mêle de ce qui ne la regarde pas ! Vous feriez mieux d'arriver à l'heure pour commencer. Siffla l'actionnaire.

_ Insultez-moi autant que vous voulez Monsieur Light, mais fermez là en présence de Regina sinon…

_ Sinon quoi ? Me demanda-t-il avec dédain en se levant à son tour.

_ Vous n'avez aucune idée de ce dont je suis capable. Lui répondis-je gravement.

_ Le côté sombre de la méchante reine est contagieux ? Se moqua de nouveau Mr Light.

_ Alors vous ! »

Je m'apprêtais à sortir de ma place pour lui faire comprendre la leçon lorsque Regina se leva à son tour, et parla d'une voix forte, sombre et autoritaire.

« Ça suffit ! La réunion est terminée. Miss Swan, dans mon bureau !

_ Mais…

_ Maintenant. Acheva-t-elle tandis que tout le monde plia bagages rapidement. »

Regina tourna les talons et partit en direction de son bureau alors que je lançai un regard noir en direction de cet actionnaire de pacotille. Non mais, pour qui se prenait-il pour oser insulter Regina de la sorte ? Et surtout en ma présence !

Je soufflai lourdement pour reprendre contenance et sortit à mon tour. Arrivée à la porte d'entrée du bureau de la maire, je ne pris pas le temps de réfléchir, encore trop agacée par l'échange houleux venant de se produire.

Regina était assise derrière son bureau, les bras croisés, le regard colérique et la moue renfrognée.

« Asseyez-vous. M'intima-t-elle tandis que je soupirais, encore agacée.

_ Regina, il fallait que-

_ Miss Swan, jusqu'à preuve du contraire, je peux me défendre seule ! Mr Light est un provocateur et vous n'avez fait qu'entrer dans son jeu ! David vous remplacera durant les réunions désormais. M'ordonna-t-elle en remettant ses lunettes sur son nez et en se mettant à lire un dossier.

_ QUOI ? Il en est hors de question.

_ Ce n'est pas une proposition Miss Swan ! Et je pensais que cette situation vous ravirait, vous qui avez une sainte horreur de ce genre de formalité. Siffla-t-elle amèrement en me regardant dans les yeux.

_ Oui je les déteste, mais je continuerais à y aller, quoi que vous disiez. Lui dis-je fièrement.

_ Et pourquoi ça je vous prie ? Me demanda-t-elle, agacée.

_ Parce que c'est le seul moment où… Criais-je tout en me stoppant, apeurée par la réponse s'apprêtant à sortir de ma bouche.

_ Le seul moment pour vous de quoi ? De dormir, de m'humilier, de m'agacer ? Enuméra-t-elle, énervée.

_ Mais non ! Soufflais-je, encore plus énervée par la réponse de Regina.

_ Alors pour quoi ? Me narguer, m'ignorer sciemment comme vous le faites ces derniers temps, vous pavaner en ignorant mes ordres devant tout le monde ? Pourquoi vous tenez tant à aller à des réunions que vous détestez Miss Swan ! Me cria-t-elle en se levant, oubliant sa prestance habituelle.

_ C'est le seul moment où je peux te voir ! Criais-je malgré moi en me levant à mon tour. »

Le visage de Regina sursauta de surprise. Son regard changea. Je regrettai instantanément les mots étant sortis de ma bouche… Mais elle m'avait tant agacée. Parfois, Regina pouvait avoir le don d'être clairement à côté de la plaque. Son ignorance à mon égard m'agaçait. Je pensais sans arrêt à elle, et elle… Elle…

« Ce que vous pouvez être chiante quand vous voulez ! M'exclamais-je en rebroussant chemin vers la porte d'entrée. »

Je voulais absolument éviter une discussion gênante pouvant découler de cette petite révélation à son égard. Je voulais fuir. Je voulais fuir mes sentiments, fuir cette situation, fuir tout autre dérapage. Je voulais me protéger d'une énième blessure.

« Vous n'avez qu'à arrêter de m'éviter pour commencer. Chuchota-t-elle mi blessée, mi énervée en se rasseyant. »

Là, s'en était de trop. Les poings fermés, je contenais ma magie et ma rage en rebroussant chemin. Je contournais son bureau sous son regard interrogateur. Puis, je finis par m'approcher d'un peu trop prêt. Je plantais mes mains de part et d'autre d'elle, sur ses accoudoirs tout en la toisant.

« Et vous n'aviez qu'à pas retourner dans les bras de ce mec complétement stupide.

_ Mes affaires de cœur ne vous regardent pas. Et si ce n'est que ça, je ne suis pas retournée dans ses bras Miss Swan. Me dit-elle en tentant de paraître plus fière, les bras croisés.

_ Tu me crois née de la dernière pluie ? Sifflais-je.

_ Revoyez vos informations. Je ne suis plus avec Robin, c'est clair ? Et arrêtez de me parler comme ça ! Me dit-elle en se levant, nous rendant encore plus proches l'une de l'autre. »

Cette fois, nous nous toisions. J'alternais mon regard entre ses yeux colériques et ses lèvres désespérément tentantes. Comment pouvait-on être aussi agaçante, mais également aussi attirante ?!

« Je peux en dire de même pour vous Miss Swan ! Siffla-t-elle en alternant, elle aussi, son regard entre mes yeux et mes lèvres.

_ De quoi vous parlez encore ?

_ Vous et Hook ! Ce mec est tout aussi misérable, il ne vous mérite pas. Dois-je vous rappeler qu'il s'est associé à Cora, qu'il n'a fait que vous lancez des allusions graveleuses, des sous-entendus vulgaires à votre égard ? Ce n'est qu'un… misogyne. Me dit-elle en croisant les bras.

_ Alors quoi ? Vous vous improvisez coach en amour en me donnant des conseils maintenant ? Je n'en veux pas ! Et qu'est-ce que ça peut vous foutre, qui je fréquente d'ailleurs ?!

_ Je m'en soucis puisqu'apparemment, vous n'êtes pas bien lucide pour détecter que cet homme n'est qu'un sombre abruti. Et je ne vous donne aucun conseil. Me dit-elle en me regardant de haut en bas, presque avec dédain.

_ J'espère bien. Vous êtes bien la dernière personne pouvant donner des conseils en amour au vu de vos relations chaotiques ! Sifflais-je. »

Une ombre de tristesse passa dans son regard. Je m'en voulais déjà. J'étais… odieuse. Depuis que je l'avais vu embrasser Robin dans ce bureau, j'étais exécrable avec tout le monde. J'étais insupportable même. Cette fois, je ressentais une véritable douleur dans la poitrine. Comment avais-je pu lui dire cela en connaissant son passé ? Qui avait-elle connu en amour après tout ? Daniel, puis Robin… J'avais été affreuse de lui faire ce douloureux rappel. Je ne parviendrais jamais à me le pardonner.

Regina se rassise. Elle évita mon regard et arbora un ton plus calme, mais également plus sombre.

« Sortez. M'intima-t-elle gravement.

_ Excusez-moi Regina, je ne voulais pas…

_ Sortez. M'ordonna-t-elle de nouveau, sous un ton cette fois différent. »

Cette fois, la voix de Regina était moins convaincante. Elle était tremblante, fragile, presque un murmure. Je ne valais pas mieux que Robin ou Cora. Je l'avais blessée.

Je m'agenouillais vers elle tandis qu'elle tourna la tête vers le côté opposé pour me cacher son visage. Ses bras entouraient son corps. Elle semblait vouloir se protéger. Je tentai d'apposer ma main sur la sienne, mais elle la retira très rapidement.

Elle passa sa main sur ses joues probablement déjà humides. Mon Dieu ce que je pouvais me détester. Mes yeux s'embrumèrent à cette vision, ces larmes que j'avais provoquées.

« Je ne voulais pas dire ça. Chuchotais-je.

_ Pourquoi vous faites ça Emma ? Pourquoi vous me parlez comme ça ? Pourquoi vous me protéger ? Pourquoi vous m'évitez ? Je… Je n'arrive plus à vous suivre. Me dit-elle en tournant la tête. »

Ses yeux étaient rouges, son regard triste. Je ne pouvais plus contrôler, ni mon esprit, ni mon corps en cet instant. J'apposai ma main sur sa joue. Une larme solitaire vint faire son petit chemin sur mon visage. Je n'en pouvais plus. J'étouffais. Mon cœur étouffait.

Je ne pensais pas que retenir la force de mes sentiments serait si difficile. Comment avais-je pu décemment croire que je ne pourrais plus jamais avoir aucun échange plus approfondi avec Regina ? Je réalisai que je l'aimais trop pour ça. Je l'aimais trop, c'était certain. Et cet amour me rendait carrément folle.