Et oui, j'ai abordé de nouveau un sujet sensible : l'homophobie. Et je suis si dévastée de lire certaines reviews, quelques-unes me relayant avoir vécu la même chose. Ca me brise le cœur et je peux vous le dire : heureusement pour la personne s'étant permise ce genre de remarques que je n'ai pas été dans le coin. Car oui, dans la vraie vie, je vous avoue que je suis un genre de super héros des mots, prenant la défense d'un sombre inconnu quand j'entends des remarques désobligeantes. Je trouve d'ailleurs que les gens sont de plus en plus passifs les uns avec les autres. Enfin, c'est une opinion personnelle, mais nous devrions prendre davantage la défense des autres lorsque nous entendons des remarques désobligeantes, qu'elles soient misogyne, raciste, homophobe…

Courage à vous, assumez ce que vous êtes car vous n'avez pas à en avoir honte. C'est les esprits trop étroits qui devraient se cacher d'être aussi con.


Chapitre 36

Protection (POV Regina)

« Emma ! Emma ! Criais-je à corps perdu à courant vers elle. »

Elle était partie si vite que je n'avais pas eu le temps de la rattraper. Quand elle était en colère, elle avait vraiment le don de marcher d'un pas athlétique ! Il était tel que j'avais peiné à la rattraper du haut de mes talons aiguilles.

J'arrivai enfin à sa hauteur. Elle se stoppa lorsque je l'intimai assez brusquement de se tourner vers moi. Fort heureusement, nous étions dans une petite ruelle déserte.

« Emma. Qu'est-ce que c'était que ça ? Lui demandais-je, inquiète.

_ Oh, tu ne vas quand même pas me le reprocher. Ce connard l'avait bien mérité.

_ Je n'ai jamais rien dit de tel. Mais j'aurais pu me défendre sans ton intervention. Lui répondis-je en croisant les bras.

_ Je ne crois pas non !

_ Et qu'est-ce que tu en sais ?

_ Ce que j'en sais Regina, c'est que ces réflexions, je n'ai fait que les entendre quand j'étais jeune et je les ai ignorés comme tu t'apprêtais à le faire. Dans le bus, dans la rue, à l'école. Maintenant, j'en ai assez t'entends ? Assez ! Tu n'imagines même pas ce que j'ai dû endurer pendant des années ! « Tu es le diable », « vas te pendre », « espèce de sale lesbienne », « tu devrais te faire violer pour aimer ça », « anormale ». Je ne laisserais jamais quelqu'un te dire ça à toi. Tu ne le mérites pas ok ?

_ Personne ne le mérite Emma. Lui dis-je d'un ton plus doux.

_ Tu ne comprends donc rien ? Ca ne s'arrêtera pas Regina. Tout ça, ça ne s'arrêtera jamais ! On ferait mieux d'arrêter. Tiqua-t-elle en voulant se tourner pour me fuir. »

Mes yeux s'écarquillèrent. Vivement une fois encore, je lui empoignai le bras, la faisant se retourner une seconde fois et fit un pas vers elle.

« Tu n'es pas sérieuse Emma. Lui chuchotais-je presque blessée.

_ Regina. Je refuse qu'on te traite comme ça. Les gens seront toujours trop cons pour comprendre. Ils seront toujours trop intolérants. Whale est au courant, Ruby aussi, qui d'autre peut-être ? Et si ça venait aux oreilles d'Henry mmh ? Me dit-elle plus calmement.

_ Mais. Mais Emma. Enfin, je ne peux pas. C'est. Balbutiais-je. »

Je ne pus m'empêcher de bégayer bêtement. J'étais… déstabilisée. Désorientée. Perdue. Toute cette histoire était censée être un jeu de plus, un amusement alors… pourquoi sentais-je le ciel me tomber sur la tête ?

Je devrais n'en avoir rien à faire, tout comme Graham, tout comme les autres amants que j'ai pu avoir. Oui, mais Emma n'était pas n'importe quelle amante. C'était juste… Emma.

« Ce n'est pas grave Regina. Nous survivrons. Après tout, nous nous sommes bien amusées. Me dit-elle d'un regard désolé.

_ Alors c'est ça. On s'est juste « bien amusé ». Répondis-je, amère. »

Je la lâchais, cette fois véritablement blessée. J'avais été si bête, si naïve, si imprudente. Elle m'avait pourtant prévenu. Cette « relation » n'était qu'un échange de bons procédés, rien d'autres. Et j'avais été d'accord avec ça. Et je l'avais cru. Enfin, j'avais préféré le croire et vivre ainsi. Ça avait été plus facile… Mais je n'imaginais pas que ça finirait si brutalement.

« Oui. Regina... Ça ne va pas ?

_ Si, tout va bien. Mentis-je en me redressant. »

Emma sourcilla d'une moue interrogative.

« Regina. Qu'est-ce que tu ressens pour moi au juste ? Me demanda Emma en fronçant les sourcils.

_ Rien du tout. M'énervais-je, prête à partir. »

Cette fois, ce fut Emma qui m'empoigna le bras en me regardant profondément. Elle scrutait mes yeux, et il me semblait à cet instant qu'elle pouvait sonder mon âme et y déceler la moindre pensée.

« C'est faux. Répondit-elle, d'un ton apeuré. »

Je l'observais scrupuleusement. Elle avait peur. Je le savais bien. Oui, elle avait peur d'aimer et d'être aimé. Devrais-je en être vraiment surprise ? Emma est comme ça depuis toujours, elle a toujours eu une relation étrange avec les gens qui tiennent à elle ou auxquelles elle tient. Je ne pouvais pas lui en vouloir, après tout… C'était en partie de ma faute. Moi et cette fichue malédiction. J'en avais payé le prix, plus que ce que j'aurais pu penser.

De toute façon, Emma et moi, c'était stupide et irréaliste. Alors, à quoi bon s'attarder là-dessus ? Autant arracher le sparadrap d'un coup sec au lieu de s'attarder sur des paroles futiles.

« Ce que tu peux être sotte parfois. Lui dis-je en me détachant de son emprise et en tentant de rebrousser chemin.

_ Est-ce que tu m'aimes ? Me demanda-t-elle d'une voix fragile en se postant devant moi.

_ Stop Emma. Ne sois pas stupide. Comme tu l'as dit, nous nous sommes bien amusées. Maintenant, il est temps d'arrêter. »

J'évitais son regard et partit. Cette fois, elle me laissa faire, presque à mon soulagement. Lorsque je fus loin d'elle, je ne pus m'empêcher de tourner vers une ruelle plus étroite et de m'adosser à un mur. Et je me mis à déverser un flot de larmes, traduisant ma colère, ma frustration, ma tristesse.

Cette fois, nous ne pouvions plus faire le chemin inverse. Et il fallait vraiment que je m'y fasse : Emma et moi en avions fini.

J'avais… clairement entretenu des sentiments à son égard qui semblaient ne pas être réciproques. Je m'en voulais oui, je m'en voulais terriblement pour ça. J'avais été faible, ignare. Il fallait toujours que je gâche tout.

Je séchais vite mes larmes et repartit comme si de rien n'était.

J'avais été heureuse qu'elle ne me retienne pas d'avantage… Mais au final, je me surprenais à penser que j'aurais surement préféré qu'elle fasse le contraire et que nous oubliions tout ça.

C'était utopique, voir même stupide, car de toute façon, il était impensable pour moi, pour nous à présent, je retrouver cette complicité et cette affinité que nous avions entretenu durant ces trois semaines. Ces trois courtes semaines que j'espérais oublier très vite.

Ce sera difficile, c'est sûr. Mais après tout, j'aurais dû dire non dès le départ. J'aurais dû refuser tout ça car il se produisait exactement ce que j'avais prédit : un tas de problèmes. Et je commençais à penser que ça n'en valait pas le coup puisque, comme je m'en étais persuadé mainte et mainte fois : Emma ne m'aimait pas. Et elle ne m'aimerait jamais.

Je n'étais qu'une source d'amusement pour elle et… visiblement, cet état de fait ne plaisait pas à tout le monde. Il ne me plaisait même pas à moi-même.

Il fallait que je tourne la page.