Chapitre 38
Ivresse (POV Regina)
J'étais dans le salon, emmitouflée dans mon plaid. Depuis cet échange avec Emma, je m'étais renfermée ici, cherchant des réponses à mes interrogations.
J'en été arrivé à la conclusion que j'aimais Emma Swan. Je l'aimais vraiment, comme je n'avais jamais aimé personne d'autre.
J'aimais sa façon de me protéger, j'aimais sa douceur, sa voix, sa présence, sa façon de me toucher, de me regarder. J'aimais quand elle me taquinait, quand elle se mettait en colère contre son smartphone lorsqu'elle n'arrivait pas à franchir le niveau d'un de ses fichus jeux. J'aimais sa façon stupide d'enfiler son jean avec un manque d'élégance notoire.
J'aimais penser qu'elle était prête à tout pour que je sois en sécurité et en bonne santé.
J'aimais… ses attentions, la façon qu'elle avait de toujours vouloir jouer, toujours vouloir ériger un règlement stupide.
J'aimais son impertinence, son imprévisibilité, son répondant, la façon qu'elle avait de se battre. J'aimais même quand elle se mettait en colère !
Je me pris le visage entre les mains.
J'étais mal barrée, vraiment. Je portai ma tasse de chocolat chaud aux lèvres, espérant que le goût sucré apaise ma peine.
Soudain, un son lourd me sortit de mes pensées.
Je me dirigeais vers la porte d'entrée, les sourcils froncés.
« Putain de connard de Whale, ça fait un mal de chien ! Entendis-je d'une voix étouffée à travers la porte. »
J'ouvris soudain la porte d'entrée, choquée par la présence de la blonde qui tenait sa main douloureusement.
« Emma ?
_ Oh Regina, salut ! S'exclama-t-elle. Tu es toujours aussi superbe. Souffla-t-elle, presque déçue. J'aimerais que tu le sois moins, ça m'éviterait d'avoir tant de mal à te résister. Finit-elle par me dire, les sourcils froncés.
_ Miss Swan. Est-ce que vous êtes ivre ? M'exclamais-je, presque en colère.
_ Oh, arrête de m'appeler Miss Swan, s'il te plait. Oui, il se peut que j'ai un peu… un peu bu. Ricana-t-elle. Mais j'avais une bonne raison ! L'alcool est un excellent anti douleur ! S'exclama-t-elle en levant sa main droite. »
Je roulai des yeux. Il y avait encore des entailles profondes sur ses phalanges qu'elle n'avait surement pas désinfectées. Et puis, je ne pouvais pas la laisser ainsi, passablement saoule, dans le froid et en pleine nuit.
« Entre. Lui intimais-je tandis qu'elle pénétra avec hâte dans le manoir.
_ Qu'est-ce que tu faisais ? Oh. Dis-moi que tu mangeais du chocolat, tu es trop mignonne quand tu grignote le soir tu sais. S'exclama-t-elle.
_ Ne dis pas de choses stupides Emma. Va dans le salon, je vais chercher de quoi désinfecter tes plaies. »
Je montai les escaliers, me retrouvant dans ma salle de bain. Je saisis la trousse de secours et m'adossa à l'évier, soufflant lourdement. Décidément, cette soirée était loin d'être facile. Je m'évertuais à essayer de penser à autre chose et il fallait toujours qu'elle arrive juste au moment où je trouvais la force de tenter de l'oublier.
C'est agacée que j'entrai dans le salon et la vit assise sur le canapé. Elle observait étrangement ses mains. Je vins prendre place à ses côtés.
« Donne-moi ta main. Lui intimais-je en sortant le coton et l'alcool. »
Emma me tendis sa main droite. Je passai délicatement le coton imbibé sur ses plaies tandis qu'elle serra les dents face à la douleur.
« Je constate que boire n'évacue pas complétement toute douleur. Répondis-je presque ironiquement.
_ Oh non, surement pas. Il n'y a que les douleurs mentales que l'alcool cache. »
Je relevais mon regard et fronça les sourcils face à sa dernière phrase.
« Et puis, une fois que ça ne fait plus effet, tout nous reviens en pleine face. C'est là tout l'aspect étrangement horrible de la chose. Finit-elle par me dire tristement.
_ Alors, pourquoi est-ce que tu as autant bu ? Lui demandais-je en me reconcentrant sur ma tâche.
_ Pour t'oublier. »
Je fronçais les sourcils tout en passant un bandage autant de sa main.
« Et on ne peut pas dire que ça ait marché en fait. Grimaça Emma en bougeant les doigts, satisfaite de mon bandage.
_ Emma, pourquoi- M'apprêtais-je à lui demander en la regardant de nouveau.
_ Je t'aime. »
Sans le vouloir, mes yeux s'arrondirent un peu et j'ouvris la bouche, sans parvenir à sortir un seul mot durant quelques secondes.
Puis, je la refermais et la regardait plus durement.
« Tu as trop bu Emma. Lui dis-je en me levant.
_ Oui, surement. Mais ce que je dis est vrai. Je t'aime Regina. Me dit-elle en se levant.
_ Je ne devrais pas tenir compte des propos d'une personne sous l'emprise de l'alcool. Tu peux garder le canapé. Lui dis-je en voulant rebrousser chemin tandis qu'Emma m'agrippa le bras, m'amenant auprès d'elle.
_ Je peux te jurer sur la tête d'Henry que c'est vrai. Me dit-elle d'une voix plus grave et sérieuse. »
Je fronçais de plus en plus les sourcils. A quoi jouait-elle ? Nous étions amis, nous jouions à un jeu dangereux. Ensuite, les règles avaient évolués, puis nous avions couché ensemble. Cet après-midi même, elle m'avait intimé de partir, prétextant s'être bien amusé, mais que s'en était assez. Et ce soir, la voilà ivre, dans mon salon, criant à qui veut l'entendre qu'elle m'aime.
Son attitude était aussi déroutante que fatigante. Pourtant, je ne pouvais dégager mon regard interrogatif du sien. Elle finit par s'écrouler sur le canapé en soufflant lourdement.
« Je n'arrive pas à t'oublier c'est plus fort que moi. Et j'ai peur.
_ Peur ?
_ J'ai peur de tout Regina ! Cela faisait des années que je n'étais pas retombée amoureuse d'une femme, j'y avais même renoncé ! Tu sais, je m'en suis prise des réflexions blessantes chaque fois que je m'affichais avec une femme. C'était tellement difficile que j'avais décidé d'arrêter. Sauf que toi, tu as débarqué, avec tes tailleurs sexys, avec ton visage d'ange et ton parfum envoutant. Tu m'as happé et je n'ai même pas su résister. Le problème en plus, c'est que tu n'es pas n'importe quelle femme ! Tu es Regina Mills ! C'est très déroutant. Je suis censé te détester je te rappelle. Me dit-elle, l'index en l'air.
_ Mais-
_ Mais non, au lieu de ça, je ne fais que penser à toi nuit et jour depuis… depuis quand d'ailleurs, je ne m'en rappelle même pas. Bon. Peu importe. Le fait est que j'ai essayé de te rejeter mais c'est plus fort que moi, plus fort que tout, chaque fois que je fais un pas vers toi, il me semble gravé dans la roche ! Je n'arrive plus à faire sans après. Au départ, il y a eu cette habitude de coller nos cuisses l'une à l'autre.
_ Emma, tu-
_ Puis, il a fallu que je te donne des cours. Et tu m'as embrassé. Enfin que je t'ai embrassé. Enfin, je ne sais même plus qui a commencé, mais je savais DEJA que je n'arriverais plus à m'en passer. Et finalement, j'ai eu cette idée DEBILE de te proposer ce pacte. J'aurais dû te faire signer un contrat tiens. Comme dans 50 nuances de Grey. Et au cas où tu ne t'en douterais pas encore, tu tiendrais le rôle de Christian. Répondit-elle en pleine réflexion.
_ Emma. Ne puis-je m'empêcher de prononcer en souhaitant cacher mon rire, en vain.
_ Oh et ça j'aime ça aussi. J'aime tellement ça, t'entendre rire. Me dit-elle en penchant la tête, tendrement. »
Je me mis à rougir en détournant le regard. Emma se leva et me fit face.
« J'aime te voir rougir aussi. Souffla-t-elle.
_ Emma. Tu ne sais pas ce que tu dis. Lui répondis-je en évitant toujours son regard et en croisant les bras.
_ Au contraire, je n'ai jamais été aussi lucide. »
Je me mise à regarder Emma dans les yeux… Ses yeux qui devenaient petit à petit noir de désir. Elle fit un pas vers moi, nous rendant que trop proche. Sentir la chaleur de son corps était une véritable torture.
« Embrasse-moi. Me chuchota-t-elle presque en m'implorant.
_ Je ne peux pas Emma, tu es-
_ Je t'en prie Regina. Me dit-elle en posant sa main sur ma joue et en regardant mes lèvres. »
Emma approcha son visage du mien. Puis, elle posa ses lèvres chastement sur les miennes et les décollant quelques secondes plus tard.
« Je t'aime Regina. »
De nouveau, Emma captura mes lèvres, cette fois plus intensément.
« Je t'aime comme je n'ai jamais aimé personne sur cette fichue planète. »
Encore une fois, Emma m'embrassa. Elle passa la barrière de mes lèvres, contorsionnant sa langue à la mienne. Sans pouvoir le contrôler, je gémissais contre ses lèvres tout en apposant ma main sur son bras. Puis, à mon grand regret, elle se détacha de nouveau de moi.
« Dis-moi que tu me crois. »
Je relevai mon visage, tombant sur son regard. Il était suppliant, tendre et… Aimant. Je le savais. Emma m'aimait, elle était sincère.
« La prochaine fois, ne viens plus ivre chez moi s'il te plait. Lui dis-je en souriant faiblement. »
Emma me sourit à son tour. Je me détachai d'elle, allant chercher le plaid dans lequel j'étais précédemment blottie ainsi qu'un coussin.
Emma s'assise sur le bord du canapé, soucieuse.
« Je ne peux donc pas venir avec toi. Souffla-t-elle, déçue.
_ Nous reparlerons de tout ça demain. Lui répondis-je en un sourire rassurant. »
Emma s'allongea et se tourna vers moi tandis que je m'apprêtais à partir. Elle me saisit une dernière fois le poignet, m'attirant vers elle pour un baiser chaste, chaleureux et tendre.
« Merci de me supporter. Me glissa-t-elle. »
