Comme je ne pourrai pas publier la suite avant le 25 décembre, j'en profite pour vous souhaitez à toutes un joyeux Noël. J'espère que vous passerez toutes un bon moment auprès de vos familles pour celles qui en ont une ou bien auprès de vos ami(e)s. Merci à toutes celles qui suivent cette histoire et m'encouragent en m'envoyant un commentaire. Vous savez, chaque fois que j'en reçois un (pour cette histoire en construction ou pour celles qui sont terminées) c'est comme un cadeau de Noël. Comme dirait Lizzie lorsqu'elle danse avec William pour la première fois: Quelques mots c'est suffisant. Salutations plus que chaleureuses à mes amies Calazzi et Mimija. Je vous adore mesdames. ps: petite scène chaude entre nos deux héros... alors celles que cela indispose... vous aurez un petit bout à sauter... Bonne lecture, Miriamme.
Cinquième partie
-Souhaites-tu prendre le dessert ici ou dans le salon? S'enquit William après m'avoir enlevé mon assiette.
Repensant aux frissons qui m'avaient gagnée au moment où je m'étais retrouvée seule dans cette pièce, je grimaçai, puis me forçai à sourire en entendant mon compagnon réagir, Restons ici alors… on passera au salon après avoir terminé notre repas et cette intéressante discussion… qu'il nous faut avoir, lança-t-il d'une voix faussement joyeuse.
-Très bien, me contentais-je d'ajouter avant de prendre une dernière gorgée de cet excellent vin blanc que William avait sélectionné pour accompagner notre repas. Je te laisse le choix du sujet (« ou des armes ») passais-je tout près d'ajouter tant j'avais l'impression que nous parlions davantage d'une campagne.
-Avant de parler de Samuel et de tout ce qui le touche de près et de loin, je suggère qu'on discute un peu de nous deux, me ravit-il tant par cette formulation qu'avec la pointe de tarte aux pommes qu'il venait de poser devant moi, thé ou café?
-Thé, répondis-je avant de donner mon opinion sur l'autre proposition, ça me convient qu'on parle de notre relation en tout premier lieu...
-Ce qui m'intéresse pour l'instant… c'est de savoir quel rôle tu es prête à me laisser jouer dans ta vie, m'apprit-il alors tout en prenant place en face de moi et en plongeant son regard dans le mien.
-C'est-à-dire que… je ne sais pas vraiment… honnêtement, pour l'instant du moins, j'ai surtout peur qu'on aille trop vite, bredouillais-je en ayant beaucoup de mal à soutenir son regard.
-Par opposition… de mon côté… à cause du contexte bien entendu, précisa-t-il, j'ai l'impression d'avoir perdu beaucoup de temps, grimaça-t-il en toute simplicité, sans compter que depuis que je t'ai retrouvée, il ne se passe pas une minute sans que je pense à toi, avoua-t-il finalement.
-William, enchaînais-je un peu brusquement, je… je me sens flattée je te l'assure. Tu es vraiment un homme exceptionnel… attirant et tout ça, mais… m'arrêtais-je un instant pour lui désigner la pièce où nous nous trouvions, nous ne venons tellement pas du même milieu…
-Rien de tout cela n'a d'importance Élisabeth. À mes yeux ce ne sera jamais que du matériel, professa-t-il avant de jeter sa serviette devant lui et quitter sa place pour venir vers moi, Lizzie, me surprit-il en utilisant mon surnom, ce qui se passe entre nous est trop important… non, en fait c'est mieux que ça… c'est unique… Comme j'acquiesçais silencieusement, il poursuivit, je n'ai jamais ressenti ça avant toi… Maintenant à genoux, il posa ses deux mains de chaque côté de mon visage, essuya les larmes qui commençaient à descendre le long de mes joues avec ses deux pouces, puis continua sur la même lancée, je sais que ce qui nous arrive te terrifie… je ne suis pas idiot, je le vois bien… et je sais aussi que c'est tout à fait normal vu les circonstances… mais il me semble également qu'on a tout à gagner à être parfaitement francs et honnêtes l'un envers l'autre… Pour ma part, mes sentiments envers toi sont on ne peut plus clairs et ne changeront pas; je suis amoureux de toi, je veux t'épouser et souhaiterais même avoir d'autres enfants…
-Ça n'a aucun sens William, protestais-je pour commencer, comment peux-tu être aussi sûr de toi, l'agressais-je, désormais effrayée.
-Je te l'ai déjà expliqué Élisabeth, il m'a suffi d'une seule soirée avec toi, puis de cette fameuse nuit – que je qualifierais d'inoubliable – pour être certain que je venais de rencontrer la femme de ma vie. Et si tu avais moins bu ce soir-là et si tu étais restée le lendemain matin au lieu de prendre la fuite… qui sait, peut-être en serais-tu venue à la même conclusion que moi.
-….
Préférant sans doute me laisser réfléchir un peu, William se releva, me servit mon thé, retourna poser la théière sur le comptoir puis s'y accouda pour me contempler et poursuivre, essaie un peu de te mettre à ma place Élisabeth. Imagine comment j'ai pu me sentir à mon réveil lorsque j'ai constaté que tu avais non seulement disparue, mais qu'en plus, ton nom ne se trouvait pas sur la liste des finissants…
-C'est Charlotte qui a tout fait pour que mon nom ne figure pas sur la liste officielle des finissants… et crois-moi, elle n'aurait pas pu faire les choses autrement.
-Comment ça?
-Parce qu'elle savait que je ne voulais absolument pas aller au bal… et aussi parce qu'on nous a toutes les deux imposé de faire partie du comité organisateur de l'événement. Moi comme trésorière et elle comme responsable de la logistique. Voilà pourquoi elle a été obligée d'acheter mon billet en cachette et de m'inscrire sous un faux nom. Elle a même attendu deux jours avant la fête pour me mettre devant le fait accompli.
-Et les photos de finissants? Comment se fait-il qu'il n'y en ait aucune de toi?
-Parce qu'elles sont toujours prises quelques semaines avant l'événement. Comme il était hors de question que j'aille au bal, j'ai tout simplement sauté la séance…. Pour ce qui est de la couverture photographique pendant le bal lui-même… j'ai tout fait pour éviter le photographe qui se promenait dans la salle. Le seul moment où je n'ai pas réussi c'est pendant…
-Le repas, compléta-t-il ma phrase en repensant à cette photo qu'il avait découverte dans mon album quelques jours plus tôt.
-J'arrive pas à croire que tu m'aies fait rechercher, repris-je ensuite en prenant une première bouchée de tarte aux pommes.
-Sans connaître de succès évidemment… ton nom n'était pas sur la liste… tu n'apparaissais sur aucune photo et je ne connaissais que ton prénom… Après avoir exhalé un profond soupir, il poursuivit, le détective que j'ai engagé pour mener cette enquête, m'a très rapidement conseillé de laisser tomber… Si ma mémoire est bonne, il est arrivé à retracer ton amie Charlotte grâce à la description que je lui en avais faite, mais lorsqu'il l'a interrogée au sujet du bal, elle a affirmé qu'elle s'était rendue là-bas en compagnie de son petit ami… Il me semble qu'elle avait même des photos pour le prouver….
-Je suis sincèrement désolée William, m'excusais-je avant d'abandonner mon assiette et poser ma serviette tout à côté. Je n'ai plus faim, lui appris-je en me redressant.
-Écoute Élisabeth, commença-t-il après s'être approché de moi et avoir posé un baiser sur mon front, mon intention n'est pas de te faire peur, loin de là…. Mon seul but est que tu sois sûre de mes sentiments à ton égard et que tu acceptes d'envisager la possibilité de me laisser prendre une place dans ta vie…
Le fait qu'à l'instant même il ne fasse allusion qu'à notre unité en tant que couple et n'incluait pas nécessairement Samuel dans sa déclaration me fit monter les larmes aux yeux.
« Se pourrait-il qu'il m'aime réellement? » M'émeus-je. Pour éviter de craquer devant lui, je lui demandai de me rappeler où était la salle de bain et le prévins que tout de suite après, j'étais toute disposée à ce qu'on aille poursuivre notre discussion dans le salon.
-Très bien… je débarrasse la table, puis je t'attends là-bas, m'assura-t-il en me regardant m'éloigner, un léger rictus déformant ses lèvres.
Après avoir utilisé la toilette, m'être lavée les dents et avoir légèrement retouché à mon maquillage, j'osai enfin observer cette jeune femme sans doute déjà trop éprise pour être en mesure de prendre une décision éclairée.
« Devrais-je lui parler des soupçons dont Rosa m'a fait part? » Adressais-je à ce sosie, le voyant aussitôt se rembrunir.
Décodant la même inquiétude sur le visage de William au moment où je revins dans le salon, je le laissai venir vers moi, me saisir la main et me conduire jusqu'au plus grand des deux divans où il m'invita à m'asseoir tout contre lui.
-Bon, et si tu me disais ce qui te tracasse réellement, m'invita-t-il en dégageant les deux mèches qui me cachaient le visage.
-La liste est longue… j'en ai bien peur, déglutis-je en baissant les yeux, me détestant à l'avance pour le coup que je savais que je lui porterais.
-Commence par ce qui t'inquiète le plus… Si tu veux que cette soirée soit aussi bénéfique pour toi que pour moi… on ne doit rien se cacher…
-L'une de mes amies m'a mise en garde contre toi…
-Tu as parlé de nous deux à une amie? Sembla-t-il s'enorgueillir tout d'abord.
-J'en ai parlé avec Rosa… le voyant froncer les sourcils comme s'il cherchait à l'identifier, je déclinai, il s'agit de cette jeune femme qui a remplacé quelqu'un de chez vous qui était en congé de maternité… elle m'accompagnait au restaurant vendredi dernier. C'est elle qui a cru bon de me mettre en garde contre toi…
-Que peut-elle me reprocher puisque je ne l'ai pas connue personnellement, s'étonna-t-il tout en me contemplant attentivement.
-Il semble bien que je ne serais pas la seule femme à avoir porté l'un de tes enfants, trouvais-je enfin le courage de lui dire.
-C'est donc cela, se raidit-il instantanément. Après avoir exhalé un profond soupir, il s'écarta légèrement de moi, se cala plus confortablement puis reprit, il faut que ton amie ait parlé avec Caroline alors… et que celle-ci lui ait rapporté certaines vieilles rumeurs qui ont circulées au bureau…
-Tu as raison… cette information vient de Caroline, admis-je moi-même un peu sèchement, m'attendant au pire.
Pendant que je me demandais à quoi attribuer l'air sombre qui avait gagné son visage, William commença son explication en utilisant une expression consacrée que pour ma part, je n'avais jamais appréciée : « je ne suis pas un saint » comme ci à elle seule, cette phrase excusait tout et donnait tous les droits.
-J'ai laissé quelques femmes entrer dans ma vie au cours des derniers années, poursuivit-il avant de préciser qu'à chaque fois, il avait pris le temps de mettre les choses au clair avec ses amantes en les prévenant qu'en ce qui le concernait, il ne souhaitait ni se marier, ni fonder une famille.
-Comme si on pouvait empêcher une personne d'aimer, échappais-je malgré moi.
-Certaines femmes ont donc justement joué la carte de l'amoureuse pour obtenir davantage de ma part, poursuivit-il s'abstenant de relever ma boutade, en ce qui me concerne, je reste convaincu qu'elles s'intéressaient davantage à ma fortune qu'à moi-même mais bon, ça ne change rien au dénouement… deux d'entre-elles ont été jusqu'à exercer un affreux chantage, me faisant croire qu'elles étaient enceintes, alors que la troisième, a plutôt tenté de me faire endosser la paternité d'un enfant qu'elle avait conçu avec un autre homme.
-Et bien, échappais-je, n'arrivant pas à être totalement satisfaite de son explication, sans être pour autant capable de dire pourquoi.
-N'oublie pas que ma fortune peut être dérangeante pour certains, mais attirante pour d'autres. Après avoir esquissé une petite grimace, il ajouta, je ne suis pas naïf au point de croire que mon charme à lui seul peut expliquer que j'aie autant de succès avec les femmes...
J'allais user de sarcasme pour lui dire qu'il avait tout pour lui, mais préférai garder ce commentaire pour moi.
-Mais pour revenir à ces ragots, sache que Caroline Bingley était ma secrétaire personnelle au moment où ces femmes sont passées dans ma vie. J'imagine que l'autre midi, elle aura compris que tu me plaisais et qu'elle a ensuite tout simplement profité de la curiosité de ton amie pour éliminer une rivale… Caroline est amoureuse de moi depuis toujours.
-Pourquoi ne pas t'en débarrasser alors? Suggérais-je.
-Aussi éprise de moi soit-elle, Caroline est non seulement une employée très efficace, mais est également la sœur de mon meilleur ami, grimaça-t-il avant de reprendre, n'eut-été de mon amitié pour Charles Bingley, tu peux être certaine que je m'en serais débarrassé. Au lieu cela, je me suis empressé de l'éloigner de mon entourage en la nommant responsable des archives.
Je me souvins que c'était effectivement à ce titre qu'elle s'était présentée à moi vendredi dernier.
-Tu dois aussi savoir que c'est grâce à un test d'ADN que j'ai découvert que l'enfant que cette femme attendait n'était pas de moi… Saches aussi que s'il avait été mien, j'en aurais assumé la paternité avec joie, ressentit-il le besoin de préciser.
-En bien, comparée à la mienne, ta vie amoureuse est loin d'être banale marmonnais-je tout occupée que j'étais à digérer ce trop-plein d'informations.
-Autre chose maintenant, m'invita-t-il en retrouvant son sourire.
-Qu'en est-il de tes fiançailles? Repris-je, incapable de ne pas réprouver la facilité avec laquelle il rejetait toute la faute sur ces femmes.
-Eh bien, s'exclama-t-il, ton amie ne t'a pas épargnée…
Comme je me renfrognai davantage et gardais résolument le silence, William prit le temps de se lever et de se délier les jambes avant de se rendre jusqu'au bureau qu'il y avait tout au fond de la pièce pour ramasser un document.
-C'est donc vrai, murmurais-je lorsque j'identifiai l'article qu'il venait de poser sur mes genoux et que j'avais moi-même consulté sur internet.
-Il est vrai qu'une union entre moi et cette jeune femme a été annoncée il y a deux ans, narra-t-il d'un ton froid et rempli d'amertume. Anne DeBourg est une jeune femme exceptionnelle et n'eut été du fait que son cœur appartenait déjà à un autre homme, nous serions probablement mariés aujourd'hui. Ironiquement, c'est justement le soir où je m'apprêtais à la demander en mariage qu'elle m'a balancé toute son histoire. Elle a été très honnête avec moi et m'a parlé ouvertement de cet homme dont elle était désespérément amoureuse mais dont sa mère ne voulait pas pour gendre. Pas assez riche il me semble. Elle m'a ensuite prié d'intervenir auprès de sa mère, ce que je me suis empressé de faire. Cela étant dit, comme ça arrive souvent lorsqu'on est une personnalité connue, la presse avait déjà annoncé nos fiançailles. Si tu avais poussé tes recherches un peu plus loin Élisabeth, tu aurais appris qu'Anne se fait désormais appeler madame Bertrand et qu'elle attend un deuxième enfant, termina-t-il en prenant une gorgée de thé pour se désaltérer.
-Pourquoi n'avez-vous pas publié un démenti… Ne pus-je m'empêcher de renchérir.
-Je ne vais pas me mettre à publier un démenti à chaque fois qu'on publie quelque chose de faux à mon sujet, s'impatienta-t-il avant de se tourner vers moi, soupirer bruyamment puis reprendre, En ce qui concerne la Presse, ne te fais surtout pas d'illusions Élisabeth… Des articles à mon sujet, il s'en publie tous les jours. Il y a fort à parier qu'il y en aura cent fois plus lorsque les journalistes apprendront la vérité à propos de toi et Samuel… Pour ma part, pas de problème, car j'y suis habitué, je sais comment les prendre… Mais qu'en est-il de toi?
Comme j'étais encore en pleine réflexion, il ne put faire autrement que d'insister, j'espère sincèrement que trouveras la force de ne pas te laisser atteindre par les mensonges que ceux-ci véhiculeront…
-Qu'est-ce que tu crois? Bien sûr que ça va m'atteindre. Comment veux-tu que je distingue le vrai du faux de ce que je ne sais pas… Explosais-je, le prenant par surprise. J'ai beau avoir succombé à ton charme, être tombée amoureuse de l'image que tu me renvoies de toi-même - mais quoi c'est vrai! Rien ne me dit que tu ne me mens pas! Des femmes sont trompées tous les jours par des hommes supposément merveilleux, m'enflammais-je.
-Et si on parlait de toutes celles qui laissent des hommes merveilleux parce qu'elles ont peur ou parce qu'elles se laissent influencer par leurs amies? Me contra-t-il en montant le ton à son tour.
-Il n'en reste pas moins que je ne te connais pas et que tu ne me connais pas. Tu crois me connaître William, c'est tout, le bloquais-je dans son élan.
-C'est vrai… je l'admets… tu as parfaitement raison, céda-t-il en se détendant légèrement.
-C'est pour ça que je veux qu'on prenne notre temps…
-Je comprends… je crois que je comprends maintenant ce que tu veux dire, nuança-t-il en reprenant contenance, j'approuve même… Toutefois, si cela veut dire ne plus se voir… alors là je suis en désaccord… Te voir est une nécessité pour moi… Quand tu n'es pas là… Je ne pense qu'à toi… et puis je veux voir Samuel aussi… j'aimerais pouvoir continuer à tisser des liens avec lui.
-Je sais, le rassurais-je en posant ma main sur sa cuisse, moi aussi je veux que Samuel entre dans ta vie. Je n'ai absolument rien contre le fait que vous vous voyez tous les deux… aussi souvent que vous le souhaitez même. C'est en ce qui nous concerne, que je veux qu'on fasse preuve de prudence… qu'on prenne tout notre temps.
-Bon, alors, si tu commençais par définir ce que tu veux dire par prendre notre temps?
-Je ne sais pas vraiment, déglutis-je en rougissant, mais j'imagine qu'on pourrait commencer par se voir une fois par semaine…
-Comme si on pouvait gérer une vie amoureuse avec un agenda, marmonna-t-il en se renfrognant.
-Tu es pourtant d'accord avec la nécessité d'être prudents et de prendre notre temps? Insistais-je.
-Oui bien sûr. Il n'en reste pas moins que c'que tu me demandes et très difficile… surtout maintenant que je sais comment ta présence me fait du bien… combien elle m'est devenue essentielle…
-S'il n'était question que nous deux, je penserais sans doute autrement, peut-être même comme toi, mais nous devons tenir compte de Samuel dans l'équation. Allez trop vite risquerait de le perturber. Une part de moi, sait qu'on doit être très prudents en ce qui le concerne.
-Je suis certain que tu as raison… je sais que tu as raison, se corrigea-t-il, toutefois, tu conviendras avec moi qu'on a du temps à rattraper. Tu n'as qu'à repenser à tous les efforts que j'ai déployés pour te chercher après notre fameuse nuit d'amour.
-Tu vois William, c'est justement quand tu fais allusion à ces choses-là que je prends peur. Excuse-moi, mais je ne trouverai jamais ça normal qu'après avoir passé une seule nuit avec une femme, tu crois déjà avoir affaire à la femme de ta vie!
-Pourquoi? Si c'est la vérité, m'intima-t-il.
-Parce que j'ai vécu la même nuit que toi sans en venir à la même conclusion, argumentais-je avec impatience. Bon, oui, c'est vrai, j'étais saoule, mais tu ne m'empêcheras pas de trouver un extrêmement effrayant le fait que tu sois aussi convaincu.
-Élisabeth, m'interpella-t-il avant de reprendre avec ferveur, tu ne peux tout de même pas nier que ce qui se passe entre nous est exceptionnel? En ce qui me concerne, je n'ai jamais été aussi attiré par une femme que par toi.
-Il s'agit de désir! De sexe! PAS D'AMOUR!
-Sur quoi tu te bases pour dire ça? S'insurgea-t-il avec fougue. Ne parle pas pour moi. Car s'il y en a un qui sait faire la différence entre ces deux pôles c'est moi. J'ai désiré des femmes toute ma vie… J'ai eu des aventures… pas des tonnes évidemment, mais j'en ai eus quand même assez pour saisir la différence. Et je peux te dire que ce que je ressens pour toi n'a rien à voir avec le désir. Je ne sais plus comment te le dire, ni de quelle manière te le prouver, mais depuis que je t'ai revu vendredi dernier… je ne pense qu'à toi… Je t'ai dans la peau Élisabeth.
-Bon très bien, j'ai compris… Alors il te faut accepter qu'on n'en soit pas rendus au même point. Je veux bien te croire lorsque tu affirmes être amoureux de moi, mais en ce qui me concerne, je ne peux pas prétendre la même chose. J'admets que je suis très attirée par toi… que je pense beaucoup à toi aussi… mais… je ne crois pas qu'on puisse tomber amoureux aussi facilement.
-Il me semble que c'est un bon début, non? S'enquit-il en se passant la main dans les cheveux.
-Je refuse de me prononcer là-dessus également. Je réserve mon opinion pour plus tard… une fois qu'on aura appris à mieux se connaître.
-Bon… il semble bien qu'on soit revenus à la case départ. Par contre, certaines choses sont maintenant établies. Je désire te voir le plus souvent possible alors que toi tu veux qu'on prenne notre temps. Tu es d'accord avec ça?
-Oui, approuvais-je.
-Alors, voici ce que je te propose, continua-t-il une fois que j'eus acquiescé, c'est toi qui va décider du rythme de nos rencontres…
-Euh…
-Laisse-moi finir, intervint-il en haussant la main, j'aurai le droit de te faire des propositions… que tu seras libre de d'accepter ou pas? Est-ce que ça te conviens?
Tout en me posant la question, William laissa ses mains descendre le long de mes bras, m'arrachant un soupir de bien être et faisant naître une foule de petits frissons sur mon épiderme. Il avait bien raison de dire que sur le plan physique nous étions totalement compatibles. Pendant que ses mains s'infiltraient sous mon chandail commençaient à pratiquer une lente escalade, ma tête se tourna d'elle-même vers lui afin que ma bouche puisse capturer la sienne. Lorsque ses doigts poursuivirent leur ascension jusqu'à rencontrer des pointes dressées sous ma brassière, un éclair jaillit au creux de mon ventre et un cri s'échappa de ma bouche que ses lèvres avaient délaissées pour descendre dans mon cou. Le feu était pris, l'incendie incontrôlable. Je me débarrassai de ma jupe et de mes petites culottes tout en l'observant tandis qu'il retirait ses vêtements et sortait un préservatif de sa poche. Avant même que je sois tentée de le lui arracher des mains avec l'intention de le lui mettre moi-même, William me ramassa dans ses bras et me transporta jusque dans sa chambre. Après m'avoir déposée sur le lit aussi délicatement qu'il lui fut possible de le faire, il s'installa au-dessus de moi et se mit alors m'embrasser partout, m'arrachant des soupirs d'impatience et me forçant à le prier d'abréger mes souffrances. Lorsque je vis sa tête descendre vers ma féminité, je me tendis brusquement et me dressai pour protester, NON!
-Laisse-toi faire. Je veux te donner du plaisir…
Nerveuse et inquiète tout à la fois, je sursautai lorsque sa langue vint taquiner la partie sensible de ma féminité. Après deux ou trois coups de langue bien placés, je ne pus me retenir de gémir. Encouragé par ma réaction, William accéléra la cadence, m'arrachant des soupirs de plus en plus fréquents et de plus en plus audibles.
-William arrête, le priais-je au bout de quelques instants, je n'en peux plus… si tu continues… je ne réponds plus de rien, terminais-je d'une voix haletante.
Sans me répondre, William enfonça encore plus profondément sa langue au cœur de ma féminité et recommença à me lécher goulument. Je ne pus tenir longtemps et atteignit l'orgasme pendant qu'il continuait à me goûter. Lorsque mon corps eut son dernier soubresaut, William entra en moi et commença une longue série de va et vient ne pouvant s'empêcher de poncturer ceux-ci par des gémissements qui trahissaient son impatience. Je lui offris volontiers ma bouche au moment où il la réclama satisfaite de le voir accélérer la cadence, devinant qu'il approchait du point de non-retour. L'effet combiné de sa langue qui taquinait la mienne, de son bassin qui valsait à ma rencontre et des cris de plus en plus rauques qui étaient amplifiés par leur passage dans ma bouche m'excita tant que je me sentis de nouveau interpellée et ressentit le besoin de réduire l'écart qu'il y avait entre nous deux en faisant pression sur ses fesses. Je n'aurai jamais cru être capable de l'accompagner, mais c'était sans compter sur son souffle qui s'accélérait, ses mouvements qui se faisaient plus précis et ses mains qui continuaient leur exploration en toute connaissance de cause. Une minute plus tard, je ne pus me retenir de hurler son nom et le laissai enrouler ses jambes aux miennes au moment même où il se déversait en moi.
-Ose encore prétendre qu'on n'est pas fait l'un pour l'autre, lâcha-t-il d'une voix haletante.
Aussi naturellement que la dernière fois, me faisant réaliser à quel point on prend vite l'habitude du plaisir, nous nous retrouvâmes sous la douche et entreprîmes de nous savonner, sachant très bien que ces gestes usuels se transformeraient rapidement en autant de caresses et que nous ne pourrions pas échapper à l'envie de refaire l'amour, là sous le jet d'eau chaude. Lorsque nous nous fûmes asséchés puis revêtus à peu près convenablement, nous revîmes dans le salon avec – en ce qui me concerne en tout cas - l'intention de poursuivre notre discussion. Mais c'était compter sans la fatigue tout d'abord, puis sans le sentiment de bien-être que me procura le fait de m'abandonner dans ses bras.
-Peux-tu m'expliquer pourquoi? Soufflais-je en échouant contre lui.
-Pourquoi quoi? M'interrogea-t-il tout en se mettant à jouer avec mes cheveux.
-Pourquoi est-ce que faire l'amour avec toi me paraît aussi naturel que respirer? Complétais-je à voix basse et en gardant les yeux résolument fermés.
-Il n'en tient qu'à toi de m'avoir à ta disposition à tous les jours, rétorqua-t-il, mi-figue, mi-raisin.
-Tu es sans conteste un amant exceptionnel William, commençais-je en reprenant mon sérieux, je ne doute pas non plus que tu aies ce qu'il faut pour devenir un bon père pour Samuel… cela était dit, je suis encore d'avis que nos deux univers sont incompatibles à l'heure actuelle…
Le sentant reprendre son souffle pour prendre la parole, je le pris de vitesse et ajoutai, je ne me sens pas dans mon élément dans un décor comme celui-ci… et toi? Même si tu m'affirmais le contraire, je sais que tu ne pourrais pas vivre dans un environnement comme le nôtre, encore une fois, je me pressai d'intervenir avant lui, veux-tu savoir comment je le sais? J'ai tout vu sur ton visage quand tu as stationné ta voiture devant mon logement, lui expliquais-je une fois qu'il eut haussé les épaules et acquiescé.
-À t'entendre… on croirait presque que nos deux vies sont totalement incompatibles, intervint-il en me serrant tendrement contre lui.
N'ayant rien de bien rassurant à lui répondre, je tournai la tête pour capturer son regard, posai mes deux mains bien à plat de chaque côté de sa mâchoire, puis posai brièvement mes lèvres sur les siennes.
-On trouvera bien une solution William, si on le veut assez fort, murmurais-je une minute plus tard, la tête à nouveau collée dans son cou.
Le temps de partir arriva beaucoup trop vite à mon goût, mais puisque j'avais promis à la gardienne que je rentrerais autour de minuit, je n'eus d'autre choix que de m'arracher de bras aimants de cet homme fascinant afin qu'il puisse me raccompagner chez moi.
-Samuel et moi devons partir tôt demain matin, lui appris-je pendant qu'il ramassait ma veste et la tendait devant moi pour que je puisse la mettre. Il est prévu depuis longtemps que nous allions passer la fin de semaine chez mes parents.
-Très bien, rétorqua-t-il, ne cherchant même pas à me cacher sa déception.
-Mais je vais aussi aller voir Charlotte… celle qui est responsable de notre rencontre, terminais-je ne pouvant me retenir de rougir comme une écolière.
-Vous serez donc partis tout le week-end, répéta-t-il tristement.
-Nous serons rentrés dimanche midi au plus tard, précisais-je.
Nous étions maintenant tous les deux dans l'entrée principale. Je finissais de mettre ma veste tout en observant William attentivement. Je devinai avant même qu'il n'ouvre la bouche qu'il allait se risquer à me proposer quelque chose.
-Ça serait bien si on pouvait faire quelque chose en famille dimanche après-midi, bredouilla-t-il tout en feignant de chercher ses clés, accepterais-tu d'y penser? Termina-t-il d'une voix pleine d'espoir.
-Oui. Bien sûr, me surpris-je moi-même, je t'appellerai en arrivant chez moi dimanche avant-midi, ajoutais-je après m'être approchée à lui et m'être dressée sur le bout de mes pieds afin de lui dérober un baiser. Après tout, j'avais une bonne raison d'être reconnaissante envers lui. Ne venait-il pas tout juste de mettre en application la règle de fonctionnement qu'il avait lui-même édictée et qui me donnait un sérieux avantage sur lui? Une sorte de droit de veto. Un grand pouvoir finalement.
Gardant les yeux braqués sur lui après avoir délaissé ses lèvres, je lui offris mon plus beau sourire, réalisant du coup que sa présence ne m'intimidait plus du tout. Que malgré qu'il soit extrêmement connu et que sa résidence principale se trouvait dans l'un des quartiers les plus riches de Montréal, je ne me sentais plus inférieure à lui.
Et que les nombreuses requêtes qu'il ne pourrait s'empêcher de me faire et auxquelles j'aurais à répondre n'étaient pas mon principal problème. Celui-ci résidait davantage dans la difficulté que j'entrevoyais déjà à lutter contre mon propre désir de le voir entrer dans ma vie. Et Dieu sait que là, maintenant… j'étais prête à le faire.
-Crois-tu que Samuel aimerait venir passer l'après-midi ici? Je parle toujours de dimanche… précisa-t-il en arrêtant sa voiture devant chez moi. Vous pourriez même rester souper avec moi avant de rentrer, continua-t-il.
-Je n'ai rien contre… J'imagine déjà la réaction de Samuel lorsqu'il apercevra la piscine au sous-sol.
-Et ma réaction à moi lorsque je te verrai en maillot tu en dis quoi? Se moqua-t-il avant d'ajouter d'une voix pleine de sous-entendus, Samuel fait-il encore une sieste l'après-midi?
-Pas s'il a déjà dormi pendant le voyage de retour…
-Dommage…
-Vieux pervers…
Une fois rassurée sur le sort de Samuel après avoir jeté un bref regard dans sa chambre, une fois la gardienne partie de chez moi, je gaspillai de longues minutes encore à penser William avant de m'endormir.
Nous n'avions pas abordé tous les points qu'il y avait sur ma liste, mais étions tout de même parvenus à trouver un terrain d'entente et une manière de fonctionner qui me semblait prometteuse. Sur certains aspects, bien entendu, il me faisait toujours peur, comme lorsqu'il prétendait que j'étais la femme de sa vie alors qu'on se connaissait si peu, mais son esprit vif, son intelligence et la considération dont il faisait preuve à mon égard me convenaient parfaitement.
« Restait à voir ce qu'il adviendrait de tout cela au fil des jours… et des semaines…. »
…. À suivre….
Quelle impression vous laisse cette longue discussion... et surtout que pensez-vous de leur petit arrangement? Y croyez-vous?
J'ai hâte de vous lire...
