Chères lectrices, merci de prendre le temps de commenter cette histoire. Surtout que la plupart d'entre vous ont repris les cours ou utilisent des appareils sur lesquels écrire devient beaucoup plus difficile (claviers trop petits etc.). Sachez toutefois que même le plus petit message est apprécié.
Léonora, Lise74, Calazzi, Mimija, Angela, Libra10, France-ena, Fifi72, Lisa41, Chjara13, LittleFlicka, Gloria, Emerode, Sophie159, Thays Azelyne, Louise, Rosedeschamps, Laura, Anamika101, Anabelle93, Astree, LNA, Rhysel dernynis et Deana 9 (Sans compter mes précieuses premières lectrices). Je ne sais pas encore combien de chapitres comptera cette histoire puisque je ne l'ai pas encore terminée. Merci également à mes premières lectrices qui se reconnaîtront.
Neuvième partie
-Ça va aller, échappais-je aussitôt que possible afin d'éviter que les infirmiers ne réussissent à convaincre Louis qu'il était nécessaire de m'envoyer à l'hôpital. Je n'ai pas assez mangé, ni assez dormi ces trois derniers jours…
-Tiens, avale ça, me proposa Rosa en me tendant la moitié d'une barre de chocolat qu'elle sortit de sa boîte à lunch. Un peu de sucre ça te redonnera de l'énergie…
Même si mes signes vitaux étaient redevenus normaux et que mon évanouissement avait fort probablement pour causes le manque de sommeil, mon alimentation défaillante et surtout le choc lié à la découverte de l'article, ce n'est qu'une fois que j'eus accepté de signer le formulaire qui les déchargeait et les protégeait d'une éventuelle poursuite de ma part que les ambulanciers acceptèrent de me laisser entre les mains de mes collègues de travail.
-Notre protocole est très strict vous savez. Nous sommes obligés d'emmener avec nous tous ceux qui nous appellent, m'expliqua le plus âgé des deux hommes avant de prendre congé.
Pendant que je terminais le verre d'eau qu'Astrid était allée me chercher avant que Louis ne lui ordonne de retourner à son poste, je l'observai tandis qu'il lisait attentivement les deux pages qui avait tout déclenché. Après avoir reçu un encouragement non verbal de ma part, Rosa se rapprocha de lui et ne fut pas très longue à réagir en découvrant ce que je leur avais caché sciemment.
Je pouvais facilement deviner où ma collègue en était rendue dans sa lecture simplement en observant ses réactions. Alors qu'un léger sourire avait flotté sur ses lèvres pendant presque toute la première partie (correspondant certainement à la description de notre séjour idyllique à Montebello), ses sourcils se haussèrent immédiatement après puis restèrent profondément froncés tant et aussi longtemps qu'elle refusa d'accorder foi à la thèse du journaliste qui laissait entendre que William pourrait bien être le père de Samuel. Lorsqu'elle transita vers l'acceptation, après avoir étudié attentivement les caractéristiques physiques que ces deux-là ont en commun, non seulement ses traits se détendirent-ils, mais encore s'adoucirent-ils avant de se poser sur moi, réussissant à me transmettre toute l'empathie que ma situation lui inspirait.
-Celui qui a écrit cet article doit nécessairement connaître un bon informateur ou être en contact avec une personne de confiance qui travaille pour une compagnie spécialisée dans la cueillette d'informations, opina mon patron avant de me rendre ma revue puis reprendre d'une voix légèrement boudeuse, en tout cas, sois sûre d'une chose Élisabeth Bennet, même si j'avais su que tu avais un fils, jamais je n'aurais donné cette information à un journaliste.
-Je sais Louis… Je m'excuse d'avoir pensé cela, mais il n'en reste pas moins que j'aurais préféré apprendre de ta bouche que tu avais parlé de moi avec un journaliste, insistais-je tout de même en posant mes yeux sur lui.
-Quand donc aurais-tu voulu que j'en discute avec toi alors que ça fait deux jours que je suis enfermé dans mon bureau avec Astrid et Rosa ? Se défendit-il en se passant nerveusement la main dans les cheveux.
-On trouve toujours du temps pour ceux qu'on aime, ironisais-je avant de laisser échapper un petit rire de dépit, je vais vous laisser poursuivre votre travail maintenant… Il est plus que temps que je retourne à mes chiffres.
-Il n'en est pas question, s'opposa aussitôt Louis, la seule chose que je t'autorise à faire, c'est de ramasser tes affaires et rentrer chez toi.
-Je suis parfaitement d'accord avec lui Lizzie… il est urgent que tu avales quelque chose de plus nourrissant et que tu dormes un peu… Avant même de tirer cette affaire au clair, compléta-t-elle en désignant la revue d'un geste de la main.
-Élisabeth, attend ! M'arrêta ensuite Astrid au moment où je passais devant la réception pour me rendre dans mon bureau, William Darcy a laissé un message pour toi. Il veut que tu le rappelles le plus tôt possible à ce numéro.
Lorsqu'elle me vit me rembrunir en jetant un œil sur le billet qu'elle venait de me remettre, elle s'empressa d'ajouter, Il a ajouté qu'il n'est pas arrivé à te laisser un message sur ta boîte vocale…
Écoutant d'une oreille distraite la suite de son explication, dont j'estimais avoir déjà retenu la partie la plus intéressante, je la saluai d'un léger signe de tête puis entrai dans mon bureau, pressée de m'entretenir avec William et surtout curieuse de savoir s'il était au courant pour l'article.
-Élisabeth, enfin ! S'exclama-t-il aussitôt que sa secrétaire lui eut transféré mon appel. Tu n'as pas idée du nombre que fois que j'ai tenté de te joindre depuis ce matin. Depuis 10h00 en fait. Car auparavant, j'étais en réunion.
-Mon cellulaire était fermé, grimaçais-je après avoir jeté un regard mauvais en direction de l'appareil en question, je suis désolée.
-Est-ce que ça va ? S'informa-t-il ensuite, je sais que tu m'as laissé un message hier soir, mais comme il était plus de 11h00 au moment où je m'en suis rendu compte, j'ai préféré attendre à ce matin pour….
-J'ai un problème, Trouvais-je enfin le courage de lui annoncer, ON A UN PROBLÈME en fait, corrigeais-je sans doute un peu trop agressive.
-De quel ordre ? Déglutit-il.
-Un dossier complet sur notre séjour à Montebello vient de paraître dans la revue Affaires de la semaine, lui appris-je alors, me sentant déjà un peu mieux.
Après l'avoir entendu inhaler puis soupirer bruyamment, je décidai qu'il était mûr pour entendre la suite.
-Le journaliste insiste beaucoup trop sur la RESSEMBLANCE qui existe entre toi et Sam…
-Oh ! Échappa-t-il avant de déglutir puis me prier de lui en faire la lecture.
Après avoir pris une bonne inspiration, je m'exécutai, prenant bien soin de mettre l'emphase sur chacune des phrases qui m'avaient personnellement ébranlée.
-C'est tout ce que ça te fait ? M'insurgeais-je finalement, une fois que contre toute attente, j'eus entendu son rire fuser.
-Élisabeth, m'interpella-t-il alors en reprenant son sérieux, tu sais déjà ce que je pense de ce genre d'articles. Mais tu as raison, céda-t-il ensuite, j'oublie toujours qu'en ce qui te concerne, tu n'as jamais été confrontée à ce genre de situa….
-Qu'as-tu l'intention de faire ? Le coupais-je.
-Et bien… Rien, lâcha-t-il après avoir attendu quelques secondes, la meilleure chose à faire c'est de les ignorer, opina-t-il.
-William, soupirais-je bruyamment, ce n'est pas à moi que je pense… mais à SAM. Il n'y a que lui qui importe, affirmais-je froidement.
-Je sais ! Et d'ailleurs, en ce qui me concerne, je ne vois pas en quoi cet article pourrait lui nuire… confessa-t-il.
-On dit de moi que je suis ta « nouvelle flamme » énonçais-je pour commencer, et comme si ce n'était pas assez, on laisse entendre que Samuel est ton fils !
-Qui a-t-il de choquant à cela ? C'est LA VÉRITÉ, me contra-t-il.
-Mais enfin William, tu ne peux pas nier que notre histoire, présentée de cette manière…. Tel que c'est écrit dans cet article… on dirait, on dirait que c'est mal, bredouillais-je, extrêmement frustrée de ne pas arriver à m'exprimer aussi clairement que je l'aurais voulu.
-Il n'en tient qu'à nous de corriger le tir, allégua-t-il après s'être bruyamment raclé la gorge.
-Mais comment? M'enquis-je pleine d'espoir.
-En annonçant nos fiançailles.
-Quoi ? M'étouffais-je.
-C'est une bonne idée non ? M'interpella-t-il avant de se reprendre, en annonçant que nous sommes fiancés, non seulement on détourne l'attention des journalistes, mais en prime – et c'est le plus important selon moi - on protège Samuel.
-…..
-Alors, qu'en penses-tu ?
-…..
-Élisabeth, t'es encore là ?
-Oui, échappais-je dans un souffle, complètement anesthésiée.
-Tu sais que je t'aime, n'est-ce pas ?
-Euh…. C'est-à-dire que…. Oui, bégayais-je.
-Et…. Je ne crois pas me tromper en affirmant que tu m'aimes aussi… non ? Me demanda-t-il, tout à coup beaucoup moins sûr de lui.
-Non…
-Oh, déglutit-il, ne sachant pas vraiment comme interpréter ma réponse.
-Non, tu ne te trompes pas, lui expliquais-je, je t'aime moi aussi.
-Alors… pourquoi attendre?
-Écoute William…. Là, tout de suite… ça va trop vite… et je ne sais plus sûre de rien…
-Je comprends, m'approuva-t-il. C'est normal que tu sois dépassée… Je le suis moi aussi…
-Je sais…
-Mais tu n'es plus seule Élisabeth… je suis là. Tu peux t'appuyer sur moi en toute confiance, affirma-t-il sans doute parfaitement conscient qu'un barrage cédait en moi.
Pendant que des larmes s'écoulaient sur mes joues sans que je sois capable de les arrêter, je l'écoutais me raconter comment il envisageait les semaines à venir. Il commença par m'expliquer qu'il souhaitait que nos fiançailles soient brèves et que d'ici un mois maximum, il prévoyait réunir nos deux familles pour célébrer notre mariage civil au Palais de Justice de Montréal. Comme je n'étais pas plus capable de réagir que de réfléchir, je le laissai poursuivre son long monologue et l'écoutai me raconter de quelle manière une fois revenus d'un long voyage de noces, Sam et moi emménagerions définitivement chez lui et que ce détail domestique étant réglé, ce ne serait plus qu'une question de temps avant que je quitte mon emploi pour venir travailler pour lui.
Après avoir raccroché, cinq minutes plus tard, j'aurais été bien embêtée de dire si j'avais accepté quoique ce soit tant je ne me souvenais de rien, ni ne m'appartenais plus.
La tête couchée sur mon bureau, j'enlignai mon cellulaire, l'activai puis commençai à rassembler mes affaires pendant qu'il chargeait mes derniers messages. Enfin prête à quitter mon bureau, je posai mon portable sur mon oreille et accédai à ma boîte vocale.
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« Il faut donc que je sois horrible à voir » compris-je en sortant mon cellulaire de ma poche. Il n'y a que ça qui peut expliquer que les deux agents assis en face de moi me contemplassent aussi étrangement.
« J'aimais mieux les ambulanciers », décrétais-je avant de me tourner vers celui (le seul d'ailleurs) qui m'avait adressé la parole. Veuillez m'excuser, mais je dois absolument passer un second coup de fil…
-Faites, m'y encouragea-t-il avant de se pencher pour continuer à surveiller ce que son collègue notait sur le rapport d'infraction.
Pendant que je m'entretenais avec la responsable du service de garde afin de la prévenir qu'en raison d'une situation exceptionnelle, j'enverrais quelqu'un d'autre pour aller chercher Samuel, je souris en pensant à la réaction plus que joyeuse de William (avec qui je m'étais entretenu au préalable) et devinai que Samuel serait tout aussi excité sinon plus lorsqu'il verrait qui vient le chercher.
Toutefois, la réaction de William s'avéra nécessairement moins positive lorsque je m'avançai pour lui apprendre qu'une fois ma serrure réparée – en prenant pour acquis que le serrurier y parviendrait dans les temps – j'avais l'intention de me rendre au chevet de cet ami qui s'était retrouvé à l'hôpital, justement parce qu'il s'était soucié de moi et de ce qui semblait se passer dans mon appartement en mon absence.
-Les cambrioleurs l'ont abandonné juste au pied de mon escalier. C'est un passant qui l'a trouvé là qui a appelé l'ambulance, avais-je confié à William en espérant que sa jalousie s'en trouverait amoindrie.
-Très bien… alors voici ce que je te propose. Une fois qu'on aura mangé, Sam et moi on ira te rejoindre à l'hôpital… je ne crois pas que Samuel ait la clé de ton appartement, estima-t-il par la suite.
-Non en effet. Très bien… je vous attendrai, avais-je conclus.
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-Quelle heure était-il encore lorsque votre ami Simon vous a laissé ce message ? Me redemanda l'agent de police aussitôt que je fus revenue près d'eux après que j'eus terminé d'expliquer la situation à la responsable du service de garde. Me voyant me rembrunir, il tenta de m'amadouer, ce n'est pas de votre faute, c'est moi qui ai oublié de noter cette information lorsque vous m'en avez parlé la première fois…
-13h30… ça vous aiderait si je vous pouviez également réentendre son message ? Lui proposais-je en lui tendant mon cellulaire.
-Non, c'est beau merci… l'heure était le seul détail qui me manquait, bredouilla-t-il, penaud.
Deux heures plus tard, mon ventre criait famine, mais j'avais une serrure et des clés toutes neuves et venais de finir de ranger la plupart des choses qui avaient été déplacées par les cambrioleurs. Après m'être entretenue une seconde fois avec William, je fus très surprise de l'entendre me dire qu'il avait laissé carte blanche à Samuel pour choisir l'endroit où ils iraient casser la croûte et se préparait donc à découvrir son restaurant préféré.
-Il t'a amené chez Touski ? M'esclaffais-je alors, sachant qu'il aurait bientôt droit à la petite comptine que Sam avait inventée en découvrant l'endroit pour la première fois.
« Touski se boit, touski se mange, touski reste, touski est bon ».
J'aimais tout particulièrement ce petit restaurant de quartier tenu par deux femmes exceptionnelles qui, après avoir voyagé partout à travers le monde, ont trouvé le courage d'ouvrir un établissement où les familles seraient toujours les bienvenues et surtout, pourraient trouver de mets de qualité (santé) à peu de frais. Toute tentée que je fus d'aller les rejoindre (ils étaient à deux rues de chez moi), je préférai me sustenter le plus rapidement possible (quitte à me contenter d'un bol de céréales tout ce qu'il y a de plus réconfortant) afin de pas laisser Simon trop longtemps seul dans le corridor de l'urgence de l'hôpital Maisonneuve Rosemont où je savais qu'il avait été transporté. Après tout, moi seule connaissait son histoire et savait qu'aucun membre de sa famille ne se manifesterait.
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-On s'est prioritairement occupé de nettoyer ses blessures, me confia l'homme aux cheveux grisonnants devant qui on m'avait conduite. Les plus graves se trouvaient sur son visage… La bonne nouvelle c'est qu'à part ces quelques plaies ouvertes, plusieurs hématomes et deux côtes fêlées, il n'a pas de commotion, me résuma celui-ci avant de m'apprendre qu'il était responsable du service de l'urgence et que c'est lui qui s'était occupé personnellement de mon ami.
-Si son état ne vous inquiète pas plus que ça, puis-je savoir pour quelle raison il a vous l'avez placé dans une chambre privée ? Lui demandais-je alors, tout de même un peu intriguée.
-Euh…. Laissez-moi vérifier dans ses papiers, marmonna-t-il avant de rouvrir le dossier médical de Simon pour consulter attentivement la section se rapportant à sa police d'assurance. Bon et bien d'après ce que je vois ici, il semblerait qu'une personne soit intervenue afin que votre ami reçoive les meilleurs soins.
-Comment ça ? Réagis-je promptement même si le nom de William s'imposait dans mon esprit. J'avais la certitude que c'était lui qui était derrière ce geste généreux. Je le remerciai en pensée et me promis de le faire de vive voix aussitôt que j'en aurais l'occasion. Combien de temps devra-t-il rester dans votre service ? M'intéressais-je ensuite en interpellant une dernière fois cet homme aux traits fatigués qui s'apprêtait à rebrousser chemin.
-Selon moi, il va pouvoir rentrer chez lui demain matin, répondit-il avant de me saluer et me donner le nom du médecin qui viendrait s'entretenir avec moi un peu plus tard. Dès qu'il aura reçu les résultats des tests réalisés à partir des derniers prélèvements sanguins de votre ami, le docteur Arbour viendra s'entretenir avec vous. Si vous êtes encore ici évidemment.
Je l'écoutai ensuite me rappeler que les policiers souhaitaient également interroger Simon quelques minutes avant que je puisse le voir après quoi je le saluai chaleureusement, m'installai confortablement sur ma chaise, allongeai les jambes et fermai les yeux. Après tout, je n'avais rien d'autre à faire qu'attendre ? Sans compter que je n'avais pas assez faim pour me rendre à la cafétéria et ne voulais pas perdre la place que j'occupais dans le seul coin tranquille de cette immense salle d'attente.
-Mademoiselle Bennet ? Élisabeth Bennet ? M'interpella une voix que je ne connaissais pas en me tirant de mon sommeil.
-Oui ? Levais-je les yeux pour tenter d'identifier celui qui se tenait devant moi, tout souriant et qui étonnement avait été capable de m'identifier. Oui, c'est moi… Simon est réveillé ? Lui demandais-je alors avant de froncer les sourcils puis esquisser une grimace, surprise par la non correspondance qui existait entre et le costume trois pièces qu'il portait et le code vestimentaire du médecin type.
-Non, échappa-t-il avec un rire tout ce qu'il y a de plus contagieux. Mon nom est Charles Bingley. C'est William qui m'a donné rendez-vous ici…
-Drôle d'endroit pour parler affaire, ironisais en même temps que je dégageais le siège qu'il y avait tout à côté de moi pour lui faire de la place.
-Non, je suis ne suis pas ici pour affaire… J'ignore s'il vous a parlé de moi, je suis son meil…
-Son meilleur ami, oui, je sais, le coupais-je, plaquant sur mon visage un sourire derrière lequel se cachait un autre détail (beaucoup moins agréable) le concernant qui avait bien failli franchir mes lèvres le prénom de celle qui avait nourri de ses insinuations malveillantes l'article qui venait de paraître dans la revue Affaires. Et j'ai nommé Caroline Bingley.
-Maman…. T'es pas avec Simon ? S'exclama Samuel de l'autre bout de la salle, juste avant de réaliser que tout le monde le regardait, rougir puis se mettre à trotter devant William.
-Je ne l'ai pas encore vu, murmurais-je dans son oreille après avoir posé mes lèvres sur sa joue, mais ne t'en fais surtout pas mon loup, il va s'en sortir.
Trois minutes plus tard, utilisant une stratégie vieille comme le monde, William proposa Samuel d'accompagner Charles Bingley à la cafétéria, l'appâtant avec le fait qu'il me fallait à tout prix un dessert et un café. Je me retrouvai donc seule avec William et eus ainsi l'occasion de vérifier comment il s'y était pris pour que Simon soit transféré dans une chambre privée.
-Au risque de t'étonner, je n'ai rien à voir avec ça, me surprit-il, c'est Charles qui s'en est occupé. Mais encore là, il ne me l'a offert que parce qu'il connaît quelqu'un qui travaille dans cet hôpital et qui était en mesure d'intervenir, m'expliqua-t-il avant de froncer les sourcils puis m'examiner attentivement. Tu as mauvaise mine Lizzie… Tu devrais vraiment avaler le gâteau et le café que Sam va te ramener.
-Les policiers avec lesquels je me suis entretenue cet après-midi sont presque certains qu'il y a un lien entre l'article paru cette semaine et le cambriolage de mon appartement, lui révélais-je ensuite, très heureuse d'avoir trouvé un moyen de détourner son attention de ma personne. Je réprimai un frisson en m'imaginant à quel point il aurait été inquiet s'il avait appris pour ma faiblesse de la matinée.
-Je le crois aussi, grimaça-t-il. Ton ami s'est donc retrouvé au mauvais endroit au mauvais moment, résuma-t-il.
-Tout semble l'indiquer, confirmais-je avant d'esquisser un bâillement puis reprendre, les policiers n'attendent que son réveil pour l'interroger… Mais ils désirent aussi en parler avec toi le plus tôt possible…
-Très bien, acquiesça-t-il avant de se pencher vers moi, me contempler gravement, se racler la gorge puis reprendre, à ce propos Élisabeth et en toute honnêteté, je ne suis pas très rassuré moi non plus à cause de cette histoire de cambriolage… Enfin, bref, je n'envisage pas d'un très bon œil que vous dormiez chez vous ce soir… Me voyant baisser les yeux, il insista ensuite sur la violence gratuite dont avaient fait preuve les cambrioleurs envers Simon et sur l'hypothèse qu'il partageait avec les policiers à l'effet que leur intention n'avait probablement rien à voir avec le vol…. J'aimerais mieux que vous veniez dormir chez moi pendant quelques jours… le temps que les policiers aient terminé leur enquête….
-On annule aussi la sortie de demain soir alors, estimais-je.
-Pas question, s'opposa-t-il promptement, s'attirant quelques regards mauvais. Sam ne sera pas seul chez moi puisque j'ai des domestiques, plaida-t-il avant de réévaluer la situation à la lumière de mon expression contrariée et du soudain raidissement de mon corps, mais si tu préfères, je peux tout aussi bien envoyer mon chauffeur chercher la gardienne à laquelle il est habitué…
-Maman, papa, Monsieur Bingley a parlé avec un médecin et vous savez quoi ? S'excita Sam en revenant seul et les mains vides.
-Qu'est-ce qu'il y a mon loup ? Intervins-je la première.
-Monsieur Bingley m'a demandé de venir vous chercher. Il vous attend dans un bureau privé. Et vous savez quoi ? J'ai vu qu'il y avait un jeu d'échecs, nous apprit-il, les yeux brillants et ronds comme des soucoupes.
-S'il y a un jeu d'échecs là-bas… ça veut dire qu'il y a une table… et s'il y a une table, ta priorité Sam, c'est de faire tes devoirs, le prévins-je en haussant à la hauteur de ses yeux le sac d'école qu'il m'avait laissé avant de partir en quête de nourriture.
-Pas besoin maman, m'annonça-t-il fièrement.
-« Touski faut pour faire des devoirs », chantonna moqueusement William avant de poser ses lèvres contre ma tempe droite et m'ébouriffer les cheveux. Allez Sam… montre-nous le chemin, se dressa-t-il ensuite en ramassant mon manteau, mon sac et m'entrainer avec lui.
J'eus tout juste le temps d'apercevoir le nom du médecin à qui appartenait le bureau où nous pénétrions avant de découvrir les lieux et être impressionnée par ses dimensions.
« Docteur Arbour – Urgentologue »
Me souvenant qu'il s'agissait du médecin dont m'avait parlé celui qui s'était occupé de Simon, je me fis la promesse de ne pas oublier de le remercier personnellement lorsque je le verrais. Car, William avait beau m'avoir assuré que les coûts liés à la chambre privée seraient entièrement pris en charge par sa compagnie, il n'en demeure pas moins que la générosité de ce praticien méritait d'être signalée.
10 minutes plus tard, je m'étais forcée pour avaler, sous forme de très petites bouchées, le morceau de gâteau aux carottes que Sam avait trouvé pour moi, avais troqué la tasse de café que Charles m'avait également acheté pour un grand verre d'eau et surveillais maintenant la partie d'échecs qui se poursuivait entre William et Sam, contente d'avoir enfin l'occasion de laisser mes pensées suivre leur cours avec insouciance.
-On appelle ce coup-là le grand roque, mentionna Sam à voix haute après avoir déplacé les pièces impliquées dans ce coup bien précis qui ne peut être pratiqué qu'en début de partie ou à tout le moins avant que le roi n'ait effectué son premier déplacement.
-Monsieur Darcy? Monsieur William Darcy est-il ici ? Nous interrompit un policier après avoir frappé trois petits coups sur la porte d'entrée.
-Je suis celui que vous cherchez, se présenta William en s'approchant des deux hommes dont l'attitude passa de la méfiance au plus grand respect dans le temps de le dire.
-Pouvez-vous nous accorder quelques minutes ? Nous venons tout juste de nous entretenir avec la victime et aimerions vous poser quelques questions ?
Comprenant qu'il valait mieux que nous leur cédions la place, j'incitai Sam à me suivre puis emboitai le pas à Charles à qui je demandai de garder un œil sur mon fils, le temps que j'aille vérifier s'il m'était enfin possible de me rendre auprès de Simon.
-Vous ne pouvez pas le voir maintenant puisque le docteur Arbour est justement en train de l'examiner…, m'apprit l'infirmière en charge de l'urgence. Mais ne vous en faites pas, le médecin viendra certainement vous rencontrer immédiatement après cela.
-Merci madame Bernier, lus-je sur son badge avant de la quitter pour aller récupérer mon fils et l'entrainer vers le fond de la salle.
Par timidité autant que par manque d'espace, Samuel sauta sur mes genoux, cala son dos contre moi, haussa bon bras gauche afin de prendre mon coup en grippe et me souffla à l'oreille, pourquoi est-ce que l'ami de papa vient pas s'asseoir avec nous ?
-J'sais pas, haussais-je mon épaule tout en posant mes yeux sur l'homme en question alors qu'il s'entretenait avec l'infirmière à son tour.
Cinq minutes plus tard, William n'était pas encore sorti, Sam tournait les pages d'une troisième revue alors que Charles était toujours en grande conversation avec l'infirmière et que pour ma part, je fermai les yeux, assaillie par la vision dérangeante de mon ami gisant sur le sol au pied de mon escalier, le visage ensanglanté et tuméfié.
Comme cette image résistait à toutes mes tentatives pour la chasser, je me résignai à rouvrir les yeux et fixai à plutôt mon attention sur l'ami de William que je découvrais maintenant en compagnie d'un médecin que je ne voyais que de dos. Lorsque Charles se pencha jusqu'à poser ses lèvres sur la seule partie du visage du médecin qui ne se trouvait pas cachée sous son masque, je calculai qu'il devait s'agir de la personne qui était intervenue en notre faveur et que le lien qui les unissait pouvait aisément justifier qu'elle eut accepté de nous aider.
Mon attention fut temporairement distraite par l'apparition simultanée de William et des deux policiers. Deux serrements de mains plus tard, les deux agents quittaient les lieux et je repoussais doucement Sam devinant que le moment était venu de retourner dans l'autre salle.
C'est alors que j'aperçus le visage de celle qui se trouvait toujours à côté de Charles et m'accrochai au dossier de la chaise qui était la plus près de moi.
Je la vis me fixer à son tour, blêmir d'un seul coup, puis accélérer le pas en me voyant défaillir.
-Lizzie ! Entendis-je alors que je m'effondrais sur une chaise, livide et estomaquée.
-Jane ! Échappais-je en passant de ses yeux qui n'avaient pas pris une ride à son badge où je lus un nom qui n'allait pas avec le sien, Arbour.
Je sentis le noir m'envelopper une seconde plus tard et entendis clairement la voix de ma sœur bien-aimée ordonner qu'on me fasse transporter dans une chambre.
…À suivre….
Alors mesdames, vos impressions maintenant...
