Me revoilà avec la suite de cette fiction. Mille excuses - une nouvelle fois - pour le délai, mais la fin de l'année scolaire arrive et qui dit fin dit remise des dossiers et surtout, rédaction / finitions du mémoire de Master 2. J'ai enfin réussi à conclure ce chapitre (après tous, les étudiants aussi ont le droit à leur fête du travail !). Je vous promets qu'il ne vous faudra pas attendre deux mois pour le prochain chapitre ;-). En attendant, j'espère que cette suite vous conviendra ! Bonne soirée & bonne lecture ! :)


Lycann : Comme d'habitude, merci pour ta review, longue et très intéressante ! J'ai pris en compte tes remarques et j'ai modifié deux-trois trucs dans les chapitres précédents. Rien de très important, si ce n'est le statut de préfet-en-chef qui revient à James (j'étais partie du principe que les préfets devenaient automatiquement préfet-en-chef lors de leur dernière année – grossière erreur de ma part !). Pour Remus, je le vois comme quelqu'un qui a fini par se cacher derrière son masque de timidité, fatigué par les épreuves qu'il a pu endurer (la perte de ses meilleurs amis, la trahison de Peter, sa « maladie » loup-garouienne...). Je pense que, adolescent, il était comme les autres : timide, certes, mais également enjoué. Je le vois comme quelqu'un qui a su apprécier la vie qu'il avait, notamment grâce à James, Peter et Sirius. Tu vois ce que je veux dire ? Pour Lily, c'est un peu pareil au fond. Je la vois un peu barrée, bien que terre-à-terre (si ce terme convient pour une adolescente sorcière des années 1970 :p). Tu l'as deviné, Ron est un personnage que j'aime beaucoup, et je trouve dommage qu'il serve souvent de boulet dans le trio (par contre, je hais le couple Ron / Hermione, d'où le fait que le Ron de mon histoire laisse davantage de « liberté » à Hermione. Quant à Harry, bien que Sirius soit son parrain, Hermione demeure sa meilleure amie. Il sait qu'elle ne restera pas dans le passé et qu'elle a les pieds sur terre. Autant qu'elle en profite à fond, tant qu'elle ne perd pas son objectif initial. En tout cas, merci encore de toutes tes petites remarques très pertinentes qui me permettent d'avancer sans perdre le fil. J'espère que ce chapitre sera à la hauteur de tes attentes. Ne t'attends pas à une grande avancée de la part d'Hermione, elle arrivera au chapitre suivant (j'espère que tu ne trouveras pas ce chapitre trop guimauve, car ce n'est pas mon intention première). J'attends ta review avec impatience !

Merci également à Lilianna, Malau, Bd, Naecov et Aodrenpour vos adorables commentaires.


Chapitre 5 : Le Bal de Noël

Poudlard - Décembre 1977

La veille des vacances d'hiver, les élèves de septième année furent soulagés de pouvoir mettre leurs livres et plumes de côté, pour quelques jours de répit. Les professeurs semblaient s'acharner, leur donnant tellement de devoirs que Hermione ne put mener ses recherches comme elle l'entendait. Les vacances allaient lui faire du bien, car elle était de si mauvaise humeur que même ses amis n'osaient pas s'approcher de trop près. Dès le premier jour des congés, la quasi totalité des élèves rentrèrent chez eux, et le château sembla bien vide et silencieux.

Bientôt, la veille de Noël arriva et l'effervescence envahit une nouvelle fois l'école. Le parc était recouvert d'un épais manteau de neige et les flocons tombaient sans relâche. Très souvent, les élèves sortaient faire de longues batailles de boules de neige avant de rentrer se réchauffer au château. Certains avaient même enchanté de hideux bonhommes de neige et il n'était parfois pas évident d'éviter leurs bombardements de neige glacée.

Une file d'élèves s'était formée dans le Grand Hall. Ils attendaient, trépignant d'impatience, le concierge de l'école qui devait contrôler les autorisations de sortie. Hermione fut obligée d'aller demander la sienne auprès d'Albus Dumbledore, sans quoi elle aurait été obligée de rester au château. Chaudement habillée, Hermione et Lily attendaient en silence le moment où elles pourraient enfin choisir leurs tenues de bal.

La longue marche vers Pré-au-Lard fut ralentie par la neige qui tombait sans s'arrêter. Les élèves frissonnaient et bon nombre songeait déjà au plaisir de savourer une grande choppe de Bièraubeurre au pub du village, Les Trois Balais. Leurs pas crissaient le long de l'allée principale de Pré-au-Lard. Les vitrines avaient été décorées pour Noël et il n'était pas rare d'être saupoudré de paillettes jetées par de petits anges dorés placés sous les porches. Les élèves finirent par se disperser tandis que les professeurs accompagnateurs allaient se réchauffer au pub.

Hermione et Lily visitèrent en premier lieu la boutique de vêtement, Gaichiffon, dans l'espoir d'en ressortir satisfaites. Elles y restèrent une bonne partie de l'après-midi, afin de dénicher la perle rare. Après de longues hésitations, Hermione se décida pour une longue robe noire qui s'attachait sur la nuque, laissant le dos complètement dénudé. Lily, quant à elle, opta pour une robe aux allures médiévales : un corset bleu nuit, serré par de jolis rubans de soie noire, était rattaché à de vaporeux jupons de mousseline noire. Elle choisit un joli ras-de-cou pour habiller cette partie du corps, tandis que Hermione préféra un joli bracelet d'argent. Elles payèrent leurs achats, ravies, avant de se diriger vers un magasin proche et qui offrait un large choix de chaussures. Les deux jeunes femmes choisirent des escarpins noirs très haut mais très élégants avant d'aller acheter leurs cadeaux de Noël. Chargées de paquets, elles décidèrent de profiter du peu de temps qu'il leur restait pour aller boire une pinte de Bièraubeurre.

La Grande Salle ouvrait ses portes pour le bal à vingt heures précises. Sitôt leur choppe avalée, Hermione et Lily étaient rentrées, ne voulant pas perdre de temps pour se préparer. Lily la fit profiter de ses privilèges de préfète-en-chef et quand elles sortirent de la salle de bain réservée aux préfets, un épais nuage de condensation s'échappa de la porte. Lorsque vingt heures sonnèrent au clocher de Poudlard, Hermione et Lily descendirent rejoindre leurs cavaliers qui les attendaient en bas du grand escalier de marbre.

En les voyant descendre lentement les marches, James et Sirius ouvrirent la bouche d'un air ébahi et les jeunes femmes tentèrent de cacher leur jubilation. Lily, élégante dans son longue robe, les cheveux détachés, attrapa le bras que James lui proposait. Ils firent un signe de la main et s'éloignèrent vers la Grande Salle. Hermione avait attaché ses cheveux en chignons et quelques mèches, bouclées pour l'occasion, pendaient ça et là. Souriante, elle s'approcha de Sirius qui se maudit intérieurement d'avoir l'air aussi stupide à dévisager sa ravissante cavalière. Hermione eut du mal à avouer à quel point elle trouvait Sirius beau et du se concentrer de toutes ses forces pour se rappeler le but de sa mission. Ses cheveux étaient attachés, à la manière de Bill Weasley, le frère aîné de Ron, et son costume était parfaitement ajusté. Lorsqu'il lui dit combien il la trouvait magnifique, Hermione ne put que lui retourner le compliment.

Lorsqu'ils eurent rejoint leurs amis, ils franchirent les portes tous ensemble. Ils durent attendre que les élèves les précédant aient passé le choc de la décoration pour pénétrer à leur tour dans la Grande Salle. Il fallait avouer que les professeurs s'étaient mis en quatre. Les tables des quatre maisons avaient disparu, remplacées par de petites tables circulaires pouvant accueillir une dizaine d'étudiants. Des flocons de neige magiques tombaient du plafond sans jamais atteindre le sol. De larges lustres de glace pendaient au-dessus de chaque table, éclairant la salle de lumière magique, douce et tamisée. Une partie de la pièce était aménagée en piste de danse et l'estrade qui servait habituellement de place pour les professeurs était occupée par un orchestre.

Hermione et Lily prirent place à une table avec leurs cavaliers et furent rapidement rejoints par Remus et Susan, ainsi que par Peter et une jeune fille que Hermione ne connaissait pas. Le professeur Dumbledore, vêtu de sa plus belle robe couleur nuit s'avança sur l'estrade et la salle se fit silencieuse.

- Bienvenus à tous, dit-il d'une voix magiquement élevée aux élèves présents dans la salle. Je vous souhaite à tous de passer une excellente soirée de Noël. Et maintenant, place à la musique.

Il s'éloigna et fit signe à l'orchestre de jouer. De douces notes de musique s'élevèrent dans les airs, et les conversations reprirent. Le professeur Dumbledore invita le professeur McGonagall et ils se lancèrent sur la piste de danse. Quelques élèves les suivirent timidement, alors qu'une valse commençait.

Sirius tendit une main à Hermione et ils s'avancèrent en silence jusqu'à la piste de danse. Rapidement, la timidité tomba et de plus en plus d'élèves s'avancèrent à leur tour. Une main dans celle de Sirius, l'autre posée sur son épaule, Hermione regardait son cavalier dans les yeux et ils tournoyèrent. Elle fut surprise que Sirius sache aussi bien danser. Et dire qu'elle avait pensé qu'il ne pouvait y avoir meilleur danseur que Viktor Krum, avec sa démarche gauche. Ils enchaînèrent plusieurs morceaux, toujours en silence. Leurs yeux étaient ancrés et le monde autour d'eux disparaissait alors qu'ils se souriaient.

Lorsque la quatrième danse fut entamée, ils regagnèrent leurs chaises et partagèrent une Bièraubeurre avec leurs amis. Les Elfes de maison s'étaient surpassés et les tables regorgeaient de mets plus appétissants les uns que les autres. Des spécialités culinaires de toutes les régions garnissaient les assiettes de couleurs au milieu de ce palais glacé qu'était la Grande Salle. Hermione et Lily s'excusèrent et, laissant à leurs cavaliers le plaisir de se retrouver quelques minutes, et se rendirent dans les toilettes.

- James est parfait, dit Lily d'un ton rêveur. Tu as vu sa tenue ? C'est le plus beau garçon de l'école !

- Il rivalise avec Sirius, c'est vrai, admit Hermione, tout en vérifiant son maquillage. Qui est la fille qui accompagne Peter ?

- Elena Marshall ? Une élève de cinquième année, je crois. Elle est adorable, bien qu'elle ne parle pas du tout. On dirait qu'elle n'est pas vraiment ravie de son cavalier. Personnellement, avoua Lily à demi-mot, je pense qu'elle est là pour Remus, pas pour Peter. Je trouve cela dommage.

A bien y réfléchir, Lily devait dire vrai. Elena n'avait cessé d'observer Remus à la dérobée à chaque fois que Peter avait les yeux baissés sur son assiette. Décidant qu'après tout, cela ne la regardait pas, Hermione entraîna Lily à l'intérieur de la Grande Salle en riant. Pourtant, lorsqu'elles s'approchèrent de leur table, Hermione s'arrêta et fronça les sourcils. Une ravissante jeune fille, qu'elle savait appartenir à la maison de Serdaigle, s'était approchée de Sirius et lui tendait la main, comme si elle désirait l'inviter à danser, alors que la musique se faisait plus lente et la musique plus tamisée encore. Tentant en vain de cacher son mécontentement, elle s'approcha en douce de la jeune fille et lui tapota gentiment l'épaule.

- Tu es bien mignonne, mais Sirius est mon cavalier, dit-elle en souriant dangereusement, alors si tu veux danser, tu te trouves quelqu'un d'autre.

La jeune fille s'apprêtait à répliquer quand Sirius saisit la main de Hermione et l'emmena sur la piste de danse. La Serdaigle lança un regard foudroyant à Hermione, avant de se retirer, la tête droite.

- Merci Hermione, dit Sirius avec soulagement. Je ne savais pas comment me débarrasser d'elle.

- Tu es mon cavalier ce soir, répondit Hermione en souriant, alors ne compte pas aller voir ailleurs.

- On dirait presque une crise de jalousie, se moqua le jeune homme.

- Presque, oui.

Hermione posa ses mains sur la nuque de Sirius, alors qu'il l'attirait à elle, les mains posées sur ses hanches. Cette fois-ci, ils ne se regardèrent pas. Franchissant la barrière invisible qui se tenait entre eux, Hermione s'était collée à Sirius et avaient enroulé ses bras autour de son cou. Sirius avait laissé glisser ses mains sur les reins de sa cavalière, et ils dansèrent longtemps, enlacés. Quand ils furent finalement capables de se détacher l'un de l'autre, Sirius prit Hermione par la main et l'entraîna dans le parc.

Hermione le suivit sans mot dire, mais ses sourcils froncés indiquaient que quelque chose n'allait pas. Ils parcoururent quelques mètres le long de l'allée principale avant de bifurquer et de se diriger vers le lac. Hermione frissonna et Sirius retira sa veste de costume pour la déposer sur ses épaules. Sirius agita sa baguette et un banc apparut. Il s'assit, invitant Hermione à faire de même. Elle s'exécuta puis ancra son regard au sien pour l'encourager à dire quelque chose. Il ouvrit légèrement la bouche puis la referma à la manière d'une carpe. Hermione allait parler lorsque Sirius se pencha et déposa ses lèvres sur les siennes. Surprise, elle n'eut aucune réaction, ce qui sembla peiner Sirius, qui se recula en baissant les yeux.

- Désolé Hermione, je ne sais pas ce qu'il m'a prit, grommela-t-il en passant une main dans ses cheveux.

- Sirius, c'est moi qui te doit des excuses, dit-elle doucement. Je suis désolée, mais je ne peux pas. Quand bien même j'en aurais envie, c'est impossible.

Sirius la regarda et haussa les épaules, dépité.

- On rentre ? J'ai froid, dit-il brusquement.

Hermione resserra la veste de Sirius autour de ses épaules et acquiesça. Sur le chemin qui les ramenait à l'intérieur, le jeune homme faisait bien attention de rester à une distance respectable. Hermione en fut attristée, mais ne dit rien. Après tout, c'était de sa faute. Elle avait vexé Sirius en repoussant ses avances, et quoiqu'elle dise ne changerait rien à ça. De toute manière, il n'y avait rien à dire.

Ils retrouvèrent leurs amis dans la Grande Salle. Remus dansait avec Lily, tandis que Peter était absent. D'un seul coup d'œil, James sembla comprendre que quelque chose n'allait pas. Hermione ne souriait plus et Sirius regardait dans le vague, se forçant à rire de temps en temps pour garder contenance.

Hermione finit par ne plus supporter cette atmosphère et, après avoir émis un bâillement trop long pour être réaliste, se retira dans la tour de Gryffondor. D'un coup de baguette, elle nettoya son visage de tout maquillage et se déshabilla pour se mettre en pyjama. Quand la grande horloge de Poudlard sonna, clôturant le bal, Hermione était déjà bien à l'abri des rideaux de son baldaquin. Elle entendit Lily et Rebecca monter dans le dortoir, mais fit semblant de dormir lorsque Lily murmura son prénom à plusieurs reprises. Pourtant, Hermione resta longtemps les yeux grands ouverts, à regarder l'étoffe du rideau.

J'ai fait ce que je devais, se disait-elle. Je n'ai pas le droit de m'attacher à Sirius, ni même de lui donner de faux espoirs. Et gourde comme je suis, je serais bien capable de tomber amoureuse de lui, et je n'en ai pas le droit. D'un, c'est le parrain de mon meilleur ami, de deux, il mourra dans quelques années. Sauf si tu détruis l'Horcruxe, lui soufflait une atroce petite voix dans un murmure presque inaudible. Là, tu seras libre de faire ce que tu veux avec Sirius. En changeant le passé, l'avenir serait touché. Hermione se boucha alors les oreilles, priant pour que la voix de sa conscience se taise. Quelques minutes plus tard, elle saisit sa baguette, lança un sort de silence autour de son lit et sortit le miroir de sa poche. L'approchant de ses lèvres, elle murmura Harry Potter et Ron Weasley et attendit de voir apparaître le reflet de ses amis.


Quartier Général de l'Ordre du Phénix – Décembre 1997

Ron ronflait sur le canapé du salon, la bouche grande ouverte. La petite soirée de Noël improvisée par Mrs Weasley avait beau être terminé, les vestiges des festivités semblaient clignoter un peu partout dans la pièce. Des guirlandes brillaient, accrochées aux lustres majestueux – il avait fallu quatre jours entiers pour désincruster la poussière qui s'y était accumulée. Un gigantesque sapin que Hagrid avait ramené trônait dans un coin, recouvert de neige magique qui scintillait grâce au feu de l'imposante cheminée. La table n'avait pas été entièrement débarrassée, et quelques bouteilles vides côtoyaient des assiettes pleines de miettes. De nombreux cadeaux attendaient sagement au pied de l'arbre de Noël.

Tous ceux qui avaient participé à la fête étaient partis se coucher, mais Harry n'avait pas sommeil. Depuis quelques jours, il ne pouvait s'empêcher de penser aux conséquences que la destruction d'un Horcruxe dans le passé pourrait avoir dans le présent. Il songeait avec ardeur à ce qu'il se passerait si Hermione parvenait à détruire le dernier Horcruxe. Il était vrai que, en détruisant le dernier morceau d'âme de Voldemort, ce dernier fragment qui faisait de lui un homme de chair et d'os, de nombreuses choses seraient changées. Il lui faudrait agir très vite, cependant. Pour empêcher Voldemort de créer un nouvel Horcruxe, il n'aurait d'autre choix que de l'affronter dès que Hermione aurait détruit le dernier.

Cependant, Harry sentait que quelque chose clochait. Tout ça était bien trop simple et il savait que Voldemort était quelqu'un de très intelligent. Assez intelligent pour ne pas laisser un morceau de son âme quelque part dans le passé, sans la moindre protection. Il avait forcément créé un piège. Il est arrivé des choses terribles à ceux qui ont essayé de changer le passé, lui avait dit Hermione lors de leur troisième année d'étude à Poudlard. Tu deviens aussi parano que Maugrey, chanta une voix dans la tête de Harry. Après tout, Voldemort avait beau être intelligent, il lui manquait forcément une case quelque part. Il n'avait pas pu réfléchir à tous les détails.

Perdu dans ses pensées, Harry mit quelques instants à se rendre compte que quelqu'un prononçait son nom. Il regarda autour de lui, mais il n'y avait personne. Il mit encore quelques secondes pour comprendre d'où venait ce son, avant de comprendre de quoi il s'agissait. Silencieusement, il s'approcha de Ron et prit le miroir à double sens qui était rangé dans la poche de son ami. Le visage de Hermione le regardait.

- J'ai cru que tu dormais, dit-elle, soulagée.

- Tu as de la chance, dit-il. C'est Ron qui avait le miroir, et il dort comme un loir.

Pour appuyer ses propos, il tendit le miroir vers Ron, qui n'avait pas bougé d'un pouce.

- Quelque chose ne va pas ? demanda Harry.

- Disons que Sirius va probablement m'en vouloir...

Et elle lui raconta sa soirée, sans omettre le moindre détail.

- Je crois bien que je l'ai vexé, dit-elle en soupirant. J'ai paniqué et j'ai eu peur que les choses n'aillent trop loin. Je dois rester concentrée sur ma mission, je n'avais pas d'autre choix, pas vrai ?

Harry la regarda, un sourire sur les lèvres.

- Le pauvre, quand même. Tu dois être une des seules filles de l'école à ne pas vouloir de lui.

- C'est pour son bien ! s'écria Hermione. Je n'ai pas envie qu'il s'attache, alors que je vais bientôt repartir ! Et puis, tout ce qu'il sait de moi, ce n'est que des mensonges.

Harry passa une bonne partie de la nuit à tenter désespérément de faire comprendre à Hermione qu'elle avait le droit de s'amuser un peu, malgré son objectif. Pourtant, lorsque Hermione rompit la conversation pour dormir, elle était décidée à s'éloigner de son groupe de nouveaux amis pour se concentrer pleinement sur la tâche qu'elle devait accomplir.