Pour ce chapitre, j'ai essayé de me concentrer sur Sherlock. Le tueur fait une apparition timide, mais je le garde pour le prochain chapitre… qui sera plus violent donc mature.

Merci à Stéphanie pour son commentaire ainsi qu'aux nouveaux suiveurs.

J'espère que vous trouverez ce chapitre à votre goût.

Chapitre 5 : Un peu de jalousie

Lorsqu'ils sortirent du taxi, un contingent de journalistes les attendait déjà. Les journalistes accoururent à leur rencontre. Sherlock serra Molly contre lui et donna l'image même de l'homme attentionné. Un journaliste se lança.

« M. Holmes, nous pensions que vous étiez venu rectifier la rumeur de vos fiançailles. Apparemment, il semble que cette fois-ci, la rumeur soit vraie. »

« De toute évidence. Je vous présente Molly Hooper, pathologiste à l'hôpital St-Barthélemy et ma fiancée. » Il prit la main gauche de Molly donnant une belle vue sur la magnifique bague et embrassa son dessus de la main à la manière des gentlemen d'une autre époque.

« Est-ce que ça fait longtemps que vous êtes ensemble? » A dit un autre journaliste.

« Quelque temps. » Sherlock voulant rester volontairement flou sur le début de leur relation.

Une journaliste un peu plus inconsciente demanda à Sherlock si cette fois, c'était de vraies fiançailles.

« Bien sûr que ce sont de vraies fiançailles. » La journaliste semblait vouloir ajouter quelque chose, mais Sherlock répliqua aussitôt. « Si vous faites référence à Janine, elle n'était qu'un cas, qui s'est bien vengée de moi, grâce à vous les journalistes, je tiens à le rappeler. Molly ne sera jamais un cas, elle est la personne la plus importante pour moi. » Sherlock mentait avec un aplomb déconcertant. Molly ne savait pas où se mettre.

« Molly Hooper, comment avez-vous réagi lorsque M. Holmes vous a fiancée? » Elle se retourna vers Sherlock qui lui sourit tendrement. Mais son sourire vacilla un peu lorsqu'il vit une lueur taquine dans les yeux de sa fiancée.

« En fait, ma première réaction fut de lui dire non… » Les journalistes se mirent à parler en même temps, excités par la réponse de Molly.

« Vous voulez nous dire que vous avez refusé le grand détective? » Le journaliste jubilait, car l'histoire devenait intéressante.

« Eh bien oui. » Sherlock fronça les sourcils, stupéfiait du commentaire de Molly. « Sherlock Holmes n'aime pas les distractions surtout lorsqu'il est sur un cas et des fiançailles sont manifestement une distraction. Mais il a tellement insisté que j'ai finalement succombé et accepté. » Molly baissa la tête. Ce qui semblait un signe de timidité de sa part était en fait qu'elle voulait cacher son air espiègle.

« Mais vous l'aimez, n'est-ce pas? » A demandé un autre journaliste. Molly regarda Sherlock Holmes et déclara sans hésiter « Oui, de tout mon cœur. »

« Et vous, Sherlock? » Sherlock était incapable de se concentrer sur la question du journaliste, de toute évidence, le commentaire de Molly l'avait troublé. Le journaliste répéta sa question, mais c'était par pure formalité, il était évident que les deux personnes en avant d'eux étaient amoureuses.

« Je l'ai aimé la première fois que je l'ai rencontré, mais à l'époque, je pensais que les sentiments étaient une faiblesse, éprouvée par le camp de perdants et j'ai combattu longtemps les sentiments qu'elle m'inspirait. Mais, son amour m'a sauvé la vie par deux fois. Alors, je me suis mis à penser que l'amour peut rendre fort aussi. Bon, nous ne répondrons plus à aucune autre question. Merci. » Un chœur de protestation se souleva, mais Sherlock ne leur prêta plus attention et se pencha à l'oreille de Molly, les journalistes n'ont pu entendre ce qu'il lui a dit, mais la rougeur évidente de Molly leur fit pencher pour des mots coquins. Sherlock et Molly rentrèrent au 221B. Une fois la porte refermée, Molly ne put s'empêcher de lui dire qu'il était un excellent acteur, que si elle n'avait pas été mise au parfum, elle aurait cru à ses belles paroles. Bien sûr, ses mots étaient amers. Et pour une fois, Sherlock préféra ne rien répliquer.

Vers 19 h, ils quittèrent Baker Street pour aller prendre un café en compagnie de John. Ils avaient beaucoup d'explications à lui donner. Molly essaya de convaincre Sherlock de lui dire la vérité à leur sujet, mais il refusa catégoriquement. Elle eut beau insister, il resta sur sa position. Mieux valait que personne ne soit au courant, prétendait Sherlock, car il serait plus facile de convaincre les gens lorsqu'ils se sépareront que Molly l'avait finalement rejeté. Il n'était pas certain que son égo le supporterait, mais pour elle, il était capable de faire ce geste de générosité. Ils rentrèrent dans le café, la main de Sherlock posée négligemment sur la taille de Molly.

John était déjà arrivé. Il se leva et vint à leur rencontre. Il embrassa Molly et la serra tendrement. Elle sentit la main de Sherlock se raidir contre elle. Elle le regarda surpris et faillit mourir de honte lorsqu'il déclara « John, tu as déjà une femme, je doute fort qu'elle apprécie ce déploiement d'affection envers Molly, donc pourrais-tu reculer d'un pas et ne pas serrer ma fiancée avec autant de familiarité. »

« Sherlock! » S'exclamèrent en même temps Molly et John. Il leur fit un regard maussade et répliqua « Pas bon? »

« Surtout discourtois et inapproprié, Sherlock » A dit Molly.

« Pour une personne aussi intelligente, tu réagis comme un parfait imbécile parfois. Je ne lui faisais qu'une accolade amicale. » Ajouta John.

« OK, ma réaction a été peut-être exagérée. »

« Alors, si je me fie à ta jalousie mal placée, les fiançailles entre vous sont réelles? » A dit John en souriant.

« Évidemment qu'elles sont vraies, je te l'aurais dit sinon. » Molly ressentait de la tristesse. Elle avait cru que l'éclat de Sherlock était sincère et qu'il éprouvait vraiment de la jalousie envers John. Elle se fit une note mentale, de toujours garder à l'esprit que Sherlock était un excellent acteur.

« Il faudra que tu m'expliques ça. Je me rappelle bien lors du dernier cas comment tu as réagi lorsque je t'ai parlé de l'amour… » Sherlock l'interrompit vivement.

« Qui parle d'amour? Molly et moi avons décidé de nous fiancer parce que nous sommes compatibles et j'ai…hum…quand même de l'affection pour elle. Elle compte. » John regarda Molly qui restait silencieuse.

« Molly, je ne peux pas croire que tu as accepté la proposition de cet imbécile. Sherlock, des fiançailles, c'est sérieux et une étape importante dans un couple. Pourquoi, ne pas sortir ensemble avant. Apprendre à vous connaître et surtout laisser le temps à Molly de se réveiller et t'envoyer promener. » Molly ne put s'empêcher de rire aux remarques de John.

« Complètement ridicule John. Nous savons déjà tout ce que nous devons savoir. Je te prierais de ne plus intervenir auprès de Molly sur ce sujet. De plus, étant donné que je vais passer beaucoup de temps dans son appartement les prochaines semaines, je tenais à officialiser notre relation. » Molly rougit furieusement, les mots de Sherlock laissaient sous-entendre qu'il allait à l'appartement pour des relations intimes et d'après l'expression interloquée de John, il pensa la même chose.

« Stop Sherlock, je ne tiens pas à en savoir plus. Nous sommes britanniques que diable, on ne parle pas de relations intimes entre nous. » Sherlock lui lança un regard énigmatique, mais John ne poussa pas le sujet. Il savait que Sherlock manquait de filtres et il ne tenait absolument pas à avoir une image de son ami et Molly ensemble dans un lit faisant l'amour… « Et merde, trop tard. Le salaud, il va me le payer. » Se dit John. Sherlock qui suivait le processus de John partit d'un grand rire sous le regard incrédule de Molly et de John. Il était rare de voir Sherlock aussi expansif, enfin si nous excluons les cas. Il riait tellement qu'il hoqueta.

La conversation finit par dévier sur Mary et le dernier cas. Molly ne se sentit pas obligée de participer à leur conversation resta silencieuse. Trente minutes passèrent avant qu'elle décide de se lever pour aller à la salle de bains. Elle sentit la main de Sherlock dans la sienne. Prise par surprise, elle enleva vivement sa main et lui dit qu'elle allait seulement à la salle de bains que c'était correct. Il hocha la tête et reprit sa conversation. John qui avait observé la scène entre Sherlock et Molly était sous le choc. Lorsque Sherlock parlait de ses cas, il oubliait tout ce qui l'environnait. Le fait que Molly se soit levée discrètement et que Sherlock l'ait remarqué et touché relevait du miracle. Molly, par contre, a réagi comme si le contact de Sherlock la brulait. « Hum, intéressant. Finalement, Molly semble s'affirmer envers Sherlock, oh, je sens que Sherlock va en baver avec elle ». Curieusement, John était heureux. Il était temps que Sherlock rampe un peu. Molly avait fait plus que sa part dans le passé.

« Pourrais-tu enlever ce sourire idiot de ton visage, John. » Le cellulaire de Sherlock vibra. Un message texte avec une photo était entré. Il l'ouvrit, la photo était floue, mais on voyait Molly qui se levait pour aller aux toilettes, le message était simple… Elle sera à moi, bientôt… ton jouet deviendra le mien. Sherlock se leva précipitamment et au lieu de se précipiter à l'extérieur à la recherche du tueur, il courut vers la toilette des dames et sans se soucier de la décence, il entra vivement. Molly qui était en train de se lever les mains sursauta de peur avant de s'apercevoir que c'était seulement Sherlock.

« Sherlock… Nous sommes dans les toilettes des dames. Tu n'as pas le droit d'être ici. »

« Molly, tu vas bien? »

« Bien sûr. Sherlock, qu'est-ce qui se passe? » Il lui montra la photo et Molly blêmit.

« Il nous suit, apparemment. Il est assez confiant pour nous suivre de près. À partir de ce moment, je ne te quitte plus d'une semelle. » Sherlock semblait énervé.

« Sherlock sortons d'ici et allons rejoindre John! Je crois qu'il doit se demander ce qu'il se passe. Mets-le au courant pour cette histoire. »

« Tu as raison. Une personne de plus pour te surveiller sera bien. »

« Pas pour me surveiller, mais pour t'aider. Et, je te l'ai déjà dit, je suis assez grande pour m'occuper de moi, tu n'as pas besoin de me suivre pas à pas. »

« Ne sois pas bête. J'ai dit que je te protégerai et je ferai ce qu'il faut. » Sachant que cette conversation ne finirait jamais, elle sortit de la salle des toilettes. John les attendait inquiet derrière la porte.

« Bordel, qu'est-ce qui t'a pris, Sherlock. Tu peux me dire ce qu'il se passe? »

« Je vais t'expliquer, John. Mais pas ici. Allons chez Molly. »

Molly offrit une bière à John qui accepta et prépara un café à Sherlock. Pendant ce temps, Sherlock expliqua qu'un tueur pourchassait Molly à cause de l'aide apportée lors de sa chute. L'individu avait décidé de jouer un jeu avec eux. Il expliqua qu'il avait proposé un jeu entre lui et le tueur, mais il avait refusé. Apparemment, l'enjeu final était Molly. Il leur donnait cinq jours de grâce et ensuite, il enlèvera Molly et une véritable course contre la mort commencera. Molly posa sa tasse devant lui et s'apprêtait à s'assoir près de John lorsque Sherlock saisit son bras et la tira contre lui. Il effleura ses lèvres et la remercia. Les yeux de Molly étaient ronds comme des soucoupes, parce qu'elle était stupéfaite de son comportement. Mais rien ne valait le visage de John, la mâchoire était grande ouverte, car non seulement, il avait remercié Molly et il l'avait embrassé, mais elle se retrouvait sur les genoux de Sherlock et il semblait trouver la position parfaitement normale. Un bras possessif ceinturait la taille de Molly, l'empêchant de se relever. Il recommença la conversation comme si de rien n'était.

« Cet individu est trop confiant. Il pense qu'il peut jouer avec moi et gagner. J'ai déjà joué avec un grand criminel et je suis sorti victorieux. »

« Sherlock, sans vouloir t'offenser, tu as aussi un excès de confiance. En ce moment, c'est cette personne qui nous dicte ses règles et tu t'y conformes. » A dit Molly. John s'attendait à une explosion de Sherlock du style de la « reine des drames », mais non, il regarda simplement Molly et lui dit.

« Aie un peu confiance en moi, Molly. »

« J'ai une confiance aveugle en toi, Sherlock. Mais il faut bien admettre que nous savons bien peu sur cet homme. »

« C'est seulement la deuxième journée, Molly. Nous en savons suffisamment pour le moment. »

Il redit à John qu'il était certain que c'était un proche de Moriaty. D'après Molly, il est plus grand que la moyenne et musclé, il sentait le désinfectant, etc. Une fois que tous les indices ont été partagés avec John, Sherlock prit un air ennuyé. C'était le signal pour John de partir. Sherlock ne se leva pas et ne permit pas à Molly de le faire sous l'œil amusé de John qui ne put s'empêcher de tester une théorie en se penchant sur Molly et l'embrasser sur la joue. Il fut récompensé par un regard torve de Sherlock. « Oh, je sens que je vais m'amuser avec la jalousie de Sherlock », se dit John d'humeur taquine en partant avec un signe de la main.

Sherlock était ennuyé, car il ne simulait pas la jalousie, il était vraiment jaloux. Il n'aimait pas qu'on touche à sa Molly. Heureusement pour lui, Molly pensait qu'il jouait un jeu. Elle aurait bien ri s'il avait su que lui, entre tous, était tiraillé par la jalousie, mal placée qui plus est. En fait, il avait toujours été intéressé par Molly, mais il avait toujours enfoui ce sentiment dans les profondeurs de son esprit, le jugeant inopportun. La sensation de danger avait fait remonter ce sentiment. Molly était son rocher, son point d'appui, il ne laisserait personne lui prendre sa pathologiste et surtout pas un imbécile de criminel à deux sous.

Merci pour vos commentaires.

Preview chapitre 6…le tueur se rapproche et Sherlock est vraiment, mais vraiment « sur le dos » de Molly.