Bonjour,

Premièrement, désolée pour l'attente. J'avais écrit un chapitre plus sombre et faut croire que mon cœur est trop sensible, je l'ai refait. Je préfère rester dans le suspense et la romance plutôt que la violence et le désespoir pour cette fois-ci.

Je voudrais remercier Isabelle, Stéphanie1206, MollyXSherlock (tu es vraiment très gentille!), « guest », Cinochie et toutes celles qui lisent ma fiction.

« Guest » : merci pour ton commentaire, j'essaie de rester fidèle au personnage, mais un Sherlock qui a un intérêt sexuel pour une femme n'est pas si facile à traiter. Je le décris comme je le pense et surtout comme je le veux.

Bonne lecture!

Chapitre 8 : Le brouillard se dissipe

Ils se déshabillèrent rapidement. Sherlock se dépouilla de ses vêtements beaucoup plus facilement que Molly. La pudeur ne faisait pas partie de son caractère contrairement à Molly qui se tourna afin de se donner l'illusion qu'elle était seule dans la pièce. Elle entendit Sherlock ouvrir l'eau et régler la température. Bien vite, un nuage de vapeur s'insinua dans la salle de bain. Malgré une relative opacité à cause de la vapeur, Molly était incapable d'entrer dans la douche et tenait dans ses mains une serviette cachant le devant de son corps. Sherlock passa sa tête et la regarda avec exaspération.

« Nom de Dieu, Molly, laisse tomber cette serviette et entre dans la douche. Ta pudeur est ridicule. Faut-il te rappeler que je t'ai déjà vue nue auparavant et qu'il y a 10 minutes à peine, tu étais à demi-nue dans mes bras tout en gémissant de plaisir. »

« Tais-toi, Sherlock, juste… te taire, bon sang! » Molly prit une grande respiration afin de se calmer et elle rejoignit Sherlock en se promettant de ne pas reluquer son corps et de penser à quelque chose de vraiment, mais vraiment désagréable.

Sherlock lui laissa assez d'espace pour qu'elle se glisse tout près de lui. Au lieu d'être près de lui, elle resta à l'extrémité de la douche, de dos, raide comme un bâton et nullement détendue. Malgré la chaleur qui s'y dégageait, Molly avait la chair de poule. Sherlock agacé par l'attitude de Molly étira le bras et la tira vers lui tout juste en dessous de la pomme de douche. Elle poussa un petit cri effarouché, mais ne se défit pas de son étreinte.

« Mieux? » Molly hocha la tête. Sherlock attrapa le gel douche et le renifla.

« Je ne peux utiliser ce savon, Molly. Il sent la vanille et les fraises. »

« Sherlock, comme tu as pu le constater, je suis seule. Je n'ai pas de savon pour homme, tu devras t'en contenter pour aujourd'hui. » Il renifla dédaigneusement et prit le gant de toilette afin de se nettoyer. Molly qui s'était promis de ne pas regarder renia sa promesse dès la seconde où il commença à passer lentement le gant de toilette contre sa peau tout en fermant les yeux. « A-t-il besoin de le faire aussi sensuellement, il fait exprès, j'en suis certaine. Oh Dieu! Il est magnifique.» Pensa-t-elle. « Ne pas regarder en bas, surtout ne pas regarder en bas. Ne pas regarder ses superbes fesses. Oh trop tard! » Se dit-ellelorsque Sherlock se tourna un peu lui montrant une vue imprenable de son dos. Pour se changer les idées, Molly prit l'autre gant de toilette et se frotta durement la peau afin de se redonner un semblant de raison. Elle sursauta lorsqu'elle sentit les grandes mains de Sherlock sur elle.

« Tu es en train de maltraiter ton pauvre corps, Molly. Je peux?» Sherlock lui montra son gant rempli de savon. Elle acquiesça mal à l'aise en lui montrant son dos. Il glissa doucement suivant la ligne de son dos et s'attardant à la naissance de ses fesses. Le souffle de Molly s'accéléra de manière exponentielle et s'il continuait à la toucher ainsi, elle allait sûrement faire un geste stupide comme se retourner et l'embrasser à pleine bouche. « À quoi, joue-t-il? Il veut me rendre folle. J'en suis presque à remercier le fou qui souhaite me tuer… je suis malade… » Se dit Molly en jurant dans sa tête.

Sherlock admettait être capable de ressentir de l'excitation, le nier aurait été idiot et il ne l'était certainement pas. Mais il était clair qu'il serait capable de ne pas y succomber. « L'esprit est plus fort que le corps » et il a toujours suivi cet adage… jusqu'à maintenant. Pourtant Molly n'était pas d'une beauté tapageuse ou frappante. Il la trouvait belle évidemment, mais pour être tout à fait honnête, la Femme et Janine étaient beaucoup plus spectaculaires et pourtant, il avait résisté à leur attrait assez facilement. Que ce petit bout de femme l'émeuve autant l'intriguait assez pour tester sa résistance à ces attraits. Il savait qu'il était égoïste et qu'il servait d'elle à ses propres fins, mais il ne pouvait pas résister à une expérience. Ayant pris sa décision, il continua à descendre sa main et se concentra à nettoyer consciencieusement les fesses joliment rebondies de sa pathologiste. Il la sentit se raidir à son contact, mais resta immobile. Il vit qu'elle serra les poings. Sherlock était content du pouvoir qu'il avait sur elle, malheureusement, c'était une arme à double tranchant, car il se sentit durcir. Ignorant son désir pour elle, il remonta et s'attarda sur sa nuque. Il remarqua alors une marque violacée dans le creux de son cou, vestige de la séance près du mur un peu plus tôt. Il se sentait stupidement heureux de l'avoir ainsi marqué. C'est comme si elle lui appartenait.

« Tourne-toi, Molly. » La voix délicieusement rauque de Sherlock la fit frissonner. Hésitante au début, elle pivota et s'obligea à regarder que son visage. Par contre, Sherlock ne se gêna pas pour parcourir de ses mains et de ses yeux le corps frémissant de Molly. « Le pouvoir est un puissant aphrodisiaque, c'est confirmé. » Pensa Sherlock. En apparence, il avait tout de l'homme froid et stoïque, si la personne en face de lui ne portait pas attention à son traître de bas-ventre, mais en dedans, son sang s'était transformé en lave en fusion. Trop vite, il dut cesser de toucher son corps, car il avait passé sur chaque centimètre carré visible de sa peau. Il s'éloigna d'elle, autant le permettait l'étroitesse de la douche, et la laissa terminer ses ablutions plus intimes. Un silence embarrassé régnait dans la douche lorsque Molly constata l'érection de Sherlock, visiblement, il avait apprécié la nettoyer. Sherlock ferma les yeux et laissa l'eau chaude couler sur sa peau. Il trouvait que prendre sa douche avec Molly était très gratifiante, il avait fermement l'intention de recommencer dans un proche avenir.

Le téléphone cellulaire de Sherlock vibra sur le comptoir du meuble-lavabo. Ce qui lui permit de sortir dignement de la douche. Sans même se couvrir, il prit connaissance du message texte.

Vous vous pensez fort… partie remise, M. Holmes. La prochaine fois, les journalistes ne pourront la sauver

Sherlock ne put s'empêcher de lui écrire à nouveau.

Je vous attraperai bien avant

Il faudra que tu aies tous mes pions avant.

Je suis un champion aux échecs…

Oh, moi aussi, Holmes, moi aussi. Profitez de vos fiançailles, bientôt, c'est moi qui en profiterai.

Sherlock ne prit pas la peine de répondre à ce dernier texte. Nu, au milieu de la salle de bain, il réfléchissait. Molly toussa doucement et lui remit une serviette afin qu'il se couvre. Sherlock lui demanda de lui fixer la serviette autour de la taille, rougissante, Molly s'exécuta.

« Mais qui est-il? Je me suis personnellement débarrassé de tous les lieutenants de Moriarty. C'est impossible que j'aie raté une personne. La solution doit se trouver quelque part. Mais où! Il ne me reste plus beaucoup de temps et je suis presque au point zéro. Il semble arrogant, pervers et prudent…je dois trouver. »

« Euh, Sherlock… »

« Pas le temps de m'habiller, Molly, on va au salon, j'ai besoin de faire des recherches et j'ai besoin de parler à quelqu'un pour éclaircir mes idées. »

« Laisse-moi le temps de m'habiller et j'arrive. » Elle fut tirée sans ménagement hors de la salle de bains avec un « pas le temps » de Sherlock. Vêtus seulement de serviettes, Sherlock éparpilla le contenu de l'enveloppe que le criminel leur avait donné et commença à épingler quelques idées sur le mur de salon tandis que Molly l'aida à retranscrire tous les noms de la toile de Moriarty qu'il avait démantelé.

Après deux heures à examiner toutes les pistes, Sherlock poussa un cri d'exaspération.

« Rien, il n'y a rien. Tout est propre, pas d'indices…RIEN! C'est impossible, il a dû faire une erreur quelque part, mais où? Il faut que je me branche sur le réseau de la police et du gouvernement. Je repars à zéro. Je suis presque certain que j'ai laissé glisser un indice. J'ai été distrait par son jeu, ce qui m'a empêché de regarder l'évidence. Oui, c'est ça. » Sherlock passait de l'exaspération à l'exaltation en quelques minutes sous le regard ahuri de Molly. Il s'était connecté facilement sur le site protégé du gouvernement. Il marmonna à Molly, trop facile le mot de passe de Mycroft.

« Comment, j'ai pu laisser passer une chose aussi flagrante. Je suis certain que c'est un faux. Molly vient voir. Regarde les certificats de décès de la famille Moriarty. Père, mère et deux fils sont morts. Fils au pluriel Molly. Nous avons le jeune frère de Moriarty, Patrick Moriarty, mort lors d'une explosion lors d'une mission en Croatie. Le corps n'a jamais été retrouvé. Je vais vérifier cette piste. Comment ai-je pu être assez bête? »

« Sherlock, il a disparu depuis plus de 5 ans, pourquoi réapparaitrait-il soudainement? »

« Évidence. Patrick Moriarty est sorti vivant de cette explosion, il s'est réfugié probablement en Irlande et a travaillé dans l'ombre de son frère sans que personne ne s'en aperçoive. Oui, même moi, je ne le savais pas. Lorsque son frère s'est suicidé, il y a plus de deux ans, il n'avait aucune raison de se venger puisque j'étais considéré mort. Mais mon retour spectaculaire, il y a quelques mois, lui a fait reconsidérer sa vengeance. Bien que je n'aie parlé à personne, un cerveau tortueux aurait pu arriver à la conclusion que tu m'avais aidé. Il a besoin de sublimer son besoin de vengeance et quoi de mieux que de jouer avec le grand Sherlock Holmes et vouloir le battre là où son frère a échoué, soit d'avoir compris, contrairement à son frère, ton importance dans ma vie. Moriarty, t'avait négligé et relégué dans les « personnes pas importantes » dans la vie de Sherlock Holmes et ce fut sa grande erreur; il est mort et j'ai gagné. »

« Bon sang, Sherlock, ce n'est pas un jeu. Disons ce que tu viens de dire... est vrai… » Sherlock l'interrompit.

« Molly, lorsque tu élimines l'impossible, ce qui reste, aussi improbable soit-il, est la vérité. J'ai raison. C'est plus qu'une vengeance, il veut montrer qu'il est supérieur à son frère. Il veut réussir là où son frère a échoué. Même gène, même arrogance » Le cellulaire de Sherlock vibra, un appel entrant de son frère, il leva les yeux, mais y répondit quand même.

« Que me vaut ce douteux honneur, mon frère. »

« Je sais que tu t'es branché sur le système du gouvernement et…avec mon passe. Que je viens de changer d'ailleurs. »

« Mettre le nom de notre mère avec sa date de naissance était idiot, Mycroft, n'importe qui aurait pu le deviner. J'ai craqué ton passe au troisième essai seulement.»

« OK, j'ai fait du sentimentalisme. »

« Tu ne fais jamais dans le sentiment, Mycroft. Si tu as mis un passe aussi facile à découvrir pour moi, il y avait une bonne raison. »

« Tu as fait une bonne recherche, Patrick Moriarty n'est pas mort. Nous le recherchons pour plusieurs meurtres d'agents secrets depuis bientôt deux ans. Mais jusqu'à maintenant, il n'était jamais sorti de sa tanière. Ton poisson rouge a retenu son attention…non, je ne dirais pas « poisson rouge », elle est décidément trop intelligente pour en être un. Dommage, par contre, qu'elle se laisse attendrir, car je lui aurais offert une place de choix dans la section mineur du gouvernement… »

« Mycroft!Si jamais... »

« Ne t'inquiète pas, cher frère, pour la sécurité de Molly et mon offre. Maintenant, va jusqu'au bout du jeu avec lui et rapporte-le-nous…vivant, cette fois ne fait pas comme avec le cas de Magnussen. » Mycroft coupa la conversation et Sherlock lança son téléphone sur le sofa par rage et dépit. Pendant tout ce temps, Molly n'avait pas osé ouvrir la bouche, elle savait qu'elle aurait fait les frais des commentaires désagréables du détective. Pendant quelques minutes, on n'attendait que les pas furieux de Sherlock dans l'appartement. Lorsqu'il finit par se calmer, il prêta attention à Molly, toujours enroulée, dans sa serviette de bain.

« Je préfère me battre contre des criminels au lieu de mon frère. Il m'a manipulé, je déteste ça. » Sherlock ressentit un sentiment de culpabilité, lorsque Molly murmura pour elle-même qu'elle savait comment il se sentait. Il ne releva pas et changea de sujet.

« Allons, nous habiller. Il est temps que tu me parles de certains événements qui te sont arrivés, dernièrement, tu sais, ceux que tu as mis dans ton journal intime. » Sherlock leva les mains en signe de paix lorsque Molly s'apprêta à le gifler. « C'est important, Molly, ne perdons pas de temps à se bagarrer à ce sujet. Ce Patrick Moriarty n'est pas un enfant de choeur et j'ai la conviction profonde qu'il a préparé soigneusement son plan depuis ma résurrection. »

« C'est bon, Sherlock. Je te dirai tout. »

« Merci, Molly. » Dit simplement Sherlock tout en l'entrainant dans la chambre.

J'espère que vous avez aimé ce chapitre.