Bonjour à tous,

Enfin, je poste le chapitre 13. Un peu plus long que d'habitude. La fin approche, j'en ai peur.

Je tiens à remercier chaleureusement : Gomar (oui, ils auront leur moment, je te le garantie), Stephanie1206, Cinochie (j'ai répondu à ta question à la fin), Marion (tu me gênes, mais je suis touchée par ton compliment), DWSH, Ysabelle (merci pour la confirmation) et Margot (eh oui, il y a une suite…j'essaie de poster une fois par semaine).

Bonne lecture!

Chapitre 13 : Peur d'avoir peur.

Molly se réveilla dans les bras de Sherlock en gémissant de douleur. Il avait drapé son corps nu et meurtri avec son long manteau. Ils étaient toujours à l'intérieur de la pièce, mais Moriarty n'était plus à sa vue. Elle se tordit le cou et aperçu un corps masculin sans vie un peu plus loin.

« Je savais que tu viendrais. » Dit simplement Molly tout en grimaçant de douleur.

« Chut Molly, ne te force pas à parler ou à bouger. Une ambulance arrive pour toi. Je te promets de tout te dire, mais pour le moment, je veux juste que tu fermes les yeux. Tu peux faire ça pour moi. S'il te plait? »

« Oui. » Murmura simplement Molly. Elle referma les yeux se sentant merveilleusement bien dans les bras de Sherlock malgré tout ce que Moriarty lui avait infligé. Elle se sentait à sa place.

Le cœur de Sherlock cogna contre sa poitrine. Il regarda Molly, elle semblait si mal au point. Il était arrivé presque trop tard. Le salaud allait abuser d'elle en plus des sévices qu'il lui avait fait subir. Il n'avait pas su la protéger comme il lui avait promis. Sherlock se critiquait sévèrement, car il avait tout de même entré dans cet immeuble et neutraliser les hommes de ce fou assez rapidement. Il entendait les sirènes de police et les bruits précipités de pas. Les pas de John. Son frère allait être très contrarié lorsqu'il constatera la mort de Moriarty, mais Sherlock ne pouvait se permettre de le laisser vivre tout en sachant qu'il pourrait recommencer n'importe quand. Des hommes comme Moriarty ne restent pas enfermer bien longtemps dans une cage. De toute façon, il ne lui aurait pas laissé la vie sauve après ce qu'il avait fait à Molly. Il frémit en revoyant la scène dans sa tête; Molly nue, attachée au mur, le corps rougi par le sang et meurtri. Il n'a pas hésité une seconde, il avait levé son pistolet et, sans état d'âme, il avait abattu Moriarty. Il n'avait pas couru la chance de lui laisser le temps d'achever la femme qu'il aimait. Il se l'avouait maintenant, lorsqu'il a vu Molly inconsciente et ensanglantée, tout l'amour qu'il ressentait pour elle a éclaté en lui. Il ne pourrait pas vivre sans elle, maintenant. Alors, tuer cet homme a été une décision relativement facile à prendre. Plus personne ne se mettrait entre lui et la jeune femme. Sherlock vivait parmi les anges, mais il n'en était pas un.

John arriva le pistolet à la main et le baissa en voyant Molly dans les bras du détective. Son visage se figea dans l'horreur.

« Laisse-moi l'examiner, Sherlock. »

« Non, pas question de la laisser. Je sais ce qu'elle a. Elle a été fouettée, ses blessures suggèrent aussi, des lacérations à l'arme blanche et son genou est terriblement enflé attribuable probablement à un coup de pied violent. Ce dont elle a besoin, c'est des soins à l'hôpital. »

« Sherlock, je suis médecin. Laisse-moi vérifier qu'elle n'a pas de blessures graves. »

« Personne ne touche à Molly. Elle est à moi… à moi. Je refuse que tu l'approches. » Le détective réagissait de manière incohérente, ce qui fit insister John.

« Sherlock, Bon Dieu, calme-toi. Je veux simplement l'aider en attendant les secours. »

« Désolé John. Je…ne…sais pas ce qu'il m'arrive. » John s'approcha de lui et tapa maladroitement l'épaule de Sherlock.

« Tu as eu peur de la perdre. Mais c'est correct. Tu l'as sauvé. Maintenant, je vais l'examiner, ça va être OK. »

« C'est bon. » John soupira de soulagement lorsqu'il entendit Sherlock revenir à la raison.

Sherlock déposa Molly sur le petit lit de la pièce. Elle n'ouvrit pas les yeux, mais elle émit un son de souffrance malgré tout le soin qu'il prit en la déposant. John essaya de garder son flegme, mais il ne put empêcher une larme ou deux de s'échapper en l'examinant. Son corps était une plaie des pieds à la tête. De nombreuses blessures saignaient toujours, mais heureusement, ils ne nécessitaient pas de point de suture. Son genou droit était très enflé et il le tâta délicatement, il ne constata pas de fractures, mais une prothèse sera essentielle pour quelques semaines. Pendant tout ce temps, Sherlock parlait doucement dans l'oreille de Molly pour la rassurer. John n'avait jamais vu Sherlock aussi vulnérable, mais il se garda de lui dire, il savait que Sherlock ne le prendrait pas très bien, s'il en faisait la remarque. Au lieu de cela, il demanda au détective d'aller dans la salle de bains lui chercher une serviette propre et de l'imbiber d'eau afin d'éponger le sang sur le corps de la jeune femme. Il se leva avec réticence et dit à Molly qu'il revenait dans deux minutes.

« John, je vais le faire. » Le médecin allait protester, mais Sherlock lui fit comprendre que c'était non négociable. Il commença par les bras et il s'arrangea pour que le touché soit aussi léger qu'une plume sur sa peau. Mais malgré sa douceur, Molly se crispa sous la douleur. Les secours arrivèrent et Sherlock dû les laisser prendre la jeune femme. Mais il était hors de question qu'il ne monte pas dans l'ambulance avec elle.

« J'irai avec Molly, Sherlock. La police voudra t'interroger pour tout ceci. »

« J'ai mis fin au réseau d'un des plus grands criminels au monde, Lestrade devrait me remercier pour ça. Et, je vais aller avec Molly. Si Lestrade veut m'interroger, qu'il vienne à St-Bart, je serai au chevet de Molly. »

« Sher… »

« John. Je lui dois bien ça avec tout ce qu'elle a enduré. Je dois être à ses côtés. Je veux faire ce qui est bien pour une fois. » John hocha la tête et Sherlock suivi les ambulanciers.

Sherlock était assis dans un fauteuil très inconfortable dans la chambre de Molly à l'hôpital et réfléchissait aux événements passés. À cause de ses nombreuses blessures, le docteur traitant la jeune femme lui avait donné un puissant sédatif accompagné d'antidouleurs et elle dormait profondément. Sherlock savait que dès demain, malgré la douleur, elle voudrait connaître tous les détails. Elle sera en colère lorsqu'elle apprendra ce qu'il avait fait, s'il lui disait, il n'avait pas encore pris sa décision à savoir s'il lui dirait la vérité ou un édulcoré de ce qu'il s'était passé. Mais qu'importe, il ne regrettait rien de ce qu'il avait fait pour elle. Il entendit Molly murmurer dans son sommeil. Il s'approcha d'elle et se pencha. Elle répétait son nom, encore et encore en tournant sa tête de gauche à droite. Sherlock lui prit la main et lui chuchota qu'il était là. Elle se calma immédiatement. Elle ouvrit brièvement les yeux et Sherlock y lut toute la confiance qu'elle avait pour lui et les digues de son cœur se rompirent, et il accepta d'y laisser entrer l'amour qu'il ressentait pour la jeune femme.

Son acceptation de son amour pour Molly ne dura que quelques secondes. Il se rebella aussitôt, car il ne voulait pas de ce sentiment qui allait à l'encontre de sa façon d'être. Il n'y avait que de la place pour son travail, l'amour était une distraction. Sans en avoir conscience, il toucha la bague de fiançailles de Molly dans sa poche. Bague qui lui avait permis de sauver la vie de sa pathologiste. Il l'avait retrouvé dans le garage caché derrière la grille du drain. Molly avait été astucieuse, il l'admettait aisément. Il sortit la bague et l'observa longuement. Il avait acheté cette bague pour la protéger sans intention autre que sa sécurité, mais la voir jour après jour au doigt de Molly l'avait rempli de fierté. C'était comme dire au monde entier, cette femme m'appartient. Il ferma les yeux et chassa ses pensées. Il était assez honnête pour s'avouer qu'il avait des sentiments très forts et inopportuns pour la jeune femme, mais il n'était pas près de lui avouer. Il préférait se faire arracher la langue à la place. Sherlock Holmes ne pouvait pas aimer, tous ceux qui le connaissaient pouvaient le confirmer. Il resterait auprès d'elle, mais dès qu'il saura possible, Molly et lui avertiront la presse qu'ils mettaient fin à leur engagement. Par la suite, il gardera une relation strictement professionnelle. Sa décision prise, il regarda Molly et sa résolution faiblit. Il avait oublié de se dire que ça serait la chose la plus difficile qu'il aura à faire… feindre qu'elle n'était rien pour lui. Mais pour le moment, il pouvait garder la digue de son amour ouverte puisque Molly était endormie et qu'il était seul avec elle. Il regarda chaque parcelle de son corps, chaque blessure et l'enregistra dans son palais d'esprit. Molly avait une pièce réservée rien que pour elle dans son esprit et c'était l'unique concession qu'il était prêt à faire pour le moment. Épuisé, il s'endormit la tête sur le matelas de la jeune femme, sa main toujours dans la sienne.

Le lendemain, Molly se réveilla avec une douleur intense dans son dos et son genou. Une attelle retenait son genou et elle avait des bandages qui couvraient le haut de son corps. Sherlock dormait près d'elle, le cœur de Molly se serra. Il l'avait sauvé d'un sort atroce. Elle lui sera éternellement reconnaissante de tout ce qu'il avait fait pour elle. Mais elle savait, surtout, que tout devait se terminer au plus vite, car elle avait besoin de se détacher de lui. Leur cohabitation avait été tellement naturelle et les baisers si passionnés, qu'elle avait cru possible d'avoir une relation avec Sherlock Holmes. Mais, elle ne regrettait rien des moments passés avec lui, même si tout avait été mis en place pour sa sécurité. Et, elle le connaissait assez pour comprendre qu'il avait certains sentiments pour elle, à tout le moins du désir, mais qu'il les combattrait ou les rejetterait avec toute la force de son esprit, car Sherlock ne faisait pas dans les relations amoureuses. Elle avait l'intention de lui rendre la tâche facile, dès qu'il se réveillera, elle lui offrira sa liberté. Le cœur en lambeau, elle ferma les yeux et laissa couler ses larmes, qu'importe que Sherlock se réveille et la voit, elle pourra toujours mettre ça sous le compte de la douleur.

Sherlock se réveilla en sursaut, une personne était entrée dans la pièce perturbant son sommeil. C'était John avec des fleurs jaunes à la main. Il se releva pour constater que Molly était réveillée et qu'elle avait retiré sa main de la sienne. Il était contrarié par ce fait et sa chaleur lui manquait. « J'ai besoin d'elle, mais je ne veux pas d'elle. Non, ce n'est pas vrai, je la veux. Je ne pourrai pas la quitter. Je suis foutu. » Conclut-il sentant sa résolution prise plus tôt voler en éclat.

« Molly » Dit doucement John en s'approchant d'elle et l'embrassa sur la joue. Elle voyait bien qu'il se sentait coupable de son kidnapping.

« John, ne t'en veux pas, car, moi, je ne t'en veux pas. »

« J'aurais dû… »

« Non, il aurait fini par m'avoir un jour. Ce n'est pas toi que je blâme, mais ce Moriarty. Tu as essayé de me sauver et tu l'as fait en fin de compte. »

« En fait, c'est Sherlock, seul, qui t'a sauvé. Il ne te l'a pas dit? » Lui dit John surpris.

« John, il n'y a rien à dire. J'ai craqué le code pour entrer dans la bâtisse, pris par surprise trois gardes et défoncé la porte menant à Molly. Trois fois rien. Fin de l'histoire. »

« Sherlock! » Dit John scandalisé par le détachement qu'il mettait dans ses mots. Contrarié et surtout égoïste de penser que la présence de John lui volait du temps seul avec Molly, le détective se leva et quitta la chambre sans un mot. Molly et John se regardèrent choqués par le comportement de leur ami.

« John, ce n'est rien. Tu sais que Sherlock n'est pas bon avec les sentiments. »

« Tout de même, Molly. Tu dois savoir qu'il a risqué sa vie pour te sauver. Il a refusé que j'entre avec lui et il est entré seul et avec un seulement un pistolet sans savoir ce qu'il l'attendait au détour, il a demandé l'aide de son frère, et tu sais qu'il déteste le faire, pour s'assurer qu'il serait invisible et ainsi compter sur l'effet de surprise. Je ne sais pas ce qu'il s'est passé dans cette bâtisse, mais il était déterminé à te trouver. Je savais qu'il t'aimait depuis longtemps, mais ce qu'il a fait pour toi là-bas ne laisse plus de place au doute. » Un silence embarrassant s'installa à cause des mots de John, mais elle se devait de lui dire la vérité, il le méritait.

« John, je dois te dire pour Sherlock et moi, ce n'est pas ce que tu penses…nous ne… » Molly ne termina pas sa phrase, car Sherlock entra avec un café à la main. Vraisemblablement, il avait entendu et comprit ce qu'elle allait dire et il lui lança un regard d'avertissement; elle se dépêcha de changer de sujet. John et Molly parlèrent de choses plus légères et Sherlock resta assis sans intervenir dans leur conversation. Après avoir parlé de tout et de rien, John embrassa Molly sur la joue, salua Sherlock qui ne fit pas l'effort d'être poli et partit; laissant Molly et Sherlock seuls face à eux-mêmes. Ce fut Molly qui brisa la glace.

« Sherlock, avant tout chose, je voulais te remercier pour m'avoir sauvé. Mais tu n'as pas à rester ici pour les apparences. Je vais mieux et je sais que tu as probablement plein de choses plus importantes à faire. Comme aller voir Lestrade avec toute cette histoire. » Sherlock se leva en colère par les mots de Molly.

« Tu crois vraiment que je suis ici pour, comment as-tu dit, ah oui, « sauver les apparences ». Tu crois que tu n'es pas importante pour moi. Crois-tu que je serai resté à ton chevet toute la nuit, je n'avais qu'à être larmoyant devant les caméras postées à l'entrée de l'hôpital et là, j'aurais sauvé les apparences. Mais je suis ici…avec toi…pour toi. Alors, ne viens pas me dire ce que tu crois que je pense. » Molly baissa les yeux et murmura un « je suis désolée. » La colère de Sherlock se calma instantanément. Il se traita d'idiot, Molly lui avait offert une porte de sortie élégante, mais il avait été trop offensé par ce qu'elle pensait de lui pour le comprendre.

« Non, ne sois pas désolée, c'est moi, qui m'excuse. Je me suis énervé avant de comprendre ce que tu voulais me dire. Très altruiste de ta part, mais je n'ai pas l'intention de partir tant que tu es à l'hôpital. Fin de la discussion à ce sujet. Maintenant dort un peu, je serai là à ton réveil. » Le ton de Sherlock n'admettait aucune réplique.

Il l'embrassa doucement sur les lèvres. Il avait l'intention de ne pas prolonger le baiser à cause du traumatisme que pourrait avoir Molly, mais elle ouvrit sa bouche et Sherlock ne put s'empêcher d'y glisser sa langue. Il gémissait dans sa bouche, mais pour le moment ce n'était pas important, seul comptait le contact soyeux de la langue de Molly sur la sienne. À regret, et le souffle court, il rompit le baiser. Il lui donna alors un baiser sur le front et lui souffla à l'oreille de dormir. Il entendit Molly maugréer contre lui à savoir comment elle pourrait dormir après ce baiser fantastique. Il rit doucement. Molly ferma les yeux et s'endormit malgré tout et il se dit que finalement, elle n'était pas une faiblesse pour lui, mais sa force. Il ne pouvait plus se voiler la face, il ne pourra pas avoir une relation strictement professionnelle comme il essayait de se convaincre un peu plus tôt et surtout, il ne pourra pas la laisser à un autre homme. Il frémit d'horreur à cette pensée. Elle était sa Molly.

Je pourrais terminer mon histoire avec ce chapitre, mais pour répondre à Cinochie, je tiens à faire un autre chapitre et qui sait peut-être un épilogue. Je ne suis pas encore décidée. Mais pour tous ceux qui n'aiment pas les fins romantiques, vous pouvez considérer celle-ci comme une fin acceptable.

Merci pour vos commentaires que je réponds personnellement lorsque vous postez sous votre pseudo, sinon, je le fais au début de chaque chapitre.

J'espère que mon Sherlock Holmes n'est pas trop OOC dans ce chapitre. Mais je vous avouerai que c'est le chapitre, le plus facile que j'ai eu à faire dans cette fic, il s'est écrit presque tout seul (presque lol).