La jeune fille avait grandi en regardant sa mère et sa grand-mère travailler tous les jours. Elles tissaient encore et encore pour pouvoir avoir un revenu et nourrir la famille. Le père marchand vendait les tissus au marché en plus de ses autres marchandises et produits. Il était doué pour dénicher des objets qu'il achetais pas cher et les transformer en autre chose qu'il revendait plus cher alors, mais toujours à un prix juste. Elle avait donc éduquée suivant ces deux principes : attribuer à chaque chose la valeur qui lui revient et travailler dur pour gagner sa vie. Elle venait d'une grande ville ou l'anonymat régnait plus ou moins. Elle connaissait les gens de son entourage et voisinage mais pas au-delà. Cela ne la dérangeais pas, elle n'aspirait pas à la popularité. Elle aimait les compliments et que les gens apprécient son travail mais elle n'en était pas obsédée.

Lorsqu'elle eut 15 ans la jeune fille hérita reçu son propre métier à tisser et suivit l'exemple de sa mère et de sa grand-mère et commença à tisser. Elle n'était pas douée au début. Comme chaque débutant elle eut du mal. Emmêlant des fils, faisant tomber la navette, ne travaillant pas assez régulièrement ses tissus étaient loin d'être aussi réussit que ceux des deux femmes plus âgées. Mais elle s'appliqua et travailla. Tous les jours elle s'acharnait et passait des heures à se concentrer pour réussir. Elle sentait qu'elle devait réussir. 2chouer signifierait perdre un revenu dans la famille et ils ne pouvaient se le permettre. Ils n'étaient pas extrêmement pauvres mais n'avaient pas non plus de l'argent à perdre.

Au fils des mois à venir la jeune demoiselle devint douée. Elle apprit les gestes de bases, devait de moins en moins se concentrer pour travailler et son travail devenait correcte. Ses bords étaient droits, ses fils tissé dans un motif réguliers. Bientôt elle tissa plus vite que sa grand-mère et réussissait à obtenir une excellente qualité. Sa famille était fière d'elle et la complimentait pour son travail et à juste valeur. Continuant à travailler dure, elle procurait au père des tissus d'excellentes qualité qui se vendaient très bien.

Mais bientôt elle s'ennuyait. Ses tissus étaient toujours simples ou teints en une couleur. Elle voyait cependant sa mère et sa grand-mère user de milles et une couleur pour certains tissus qui se revendaient plus chère pour le coup, mélangeant les couleurs de la bonne manière pour obtenir un dessin, motif ou une représentation. La famille avait d'ailleurs une toile illustrant le dieu Hermès protecteur des voyageurs et des marchands accroché dans le foyer, tissé par le soin de la grand-mère dans sa jeunesse. Elle avait tellement bien réussit cette toile qu'elle n'avait jamais su se résoudre à la vendre.

La jeune tisseuse voulut alors apprendre. Sa grand-mère armée de plus de patiente lui montra les bases. Comme précédemment sa petite fille eu du mal au début, mais à force de travailler et de s'entrainer elle finit par arriver à un résultat acceptable, ne se trompant que dans quelques détails avant de ne plus se tromper du tout. La vitesse et les aptitudes qu'elles avaient acquises lui permettaient de tisser rapidement tout en se concentrant sur le motif et non sur ses mouvements. De ce fait sa période d'apprentissage s'écoula plus vite que la première. Bientôt ses toiles furent vives de couleurs et ses motifs étaient aussi variés que détaillés. Elle tissa des scènes mettant en scène des héros, dieux ou encore rois en usant de moins en moins d'efforts.

Par un heureux concours de circonstances un conseiller du roi acquis une des toiles de la jeune fille et le montra au souverain qui fut charmé et en demanda d'autres. La réputation de la jeune fille comme tisseuse exceptionnelle était déjà connue dans le quartier et petit à petit dans la ville mais le fait que le roi lui-même voulait de ses toiles fit d'elle une référence de qualité. La popularité du travail de la jeune fille du à ses talents, permit à la grand-mère d'arrêter de travailler sans que la famille ne manque de nourriture ou d'argent. Sa mère se permis un jour de congé par moi. Bientôt elle passa à un jour par semaine. Le père ravit du talent de sa fille ne manquait jamais de souligner son talent du à son travail dur quand quelqu'un venait acheter une des toiles.

Beaucoup de curieux étaient venu voir la jeune demoiselle à son domicile, ne croyant qu'une personne pouvait seule et aussi vite créer de tels chefs-d 'œuvres. Bientôt les curieux, les connaisseurs et les admirateurs s'agglutinaient aux fenêtres de la maison familiale. La fille ne pouvait aller en ville sans qu'on ne lui demande une toile, ce fut à un point qu'elle arrêta de sortir de chez elle. Ce n'était pas la situation plus agréable mais elle passait ses journées à tisser et comme elle aimait cette occupation elle ne s'en plaignait pas trop. Elle appréciait cette activité et e travail qui en résultant. La sensation d'avoir accompli quelque chose et d'avoir de la reconnaissance pour ce travail la satisfaisait, même si la reconnaissance dépassait la valeur qu'elle accordait à ces toiles. Elles étaient certes mais la fille ne se serait jamais permis de rivaliser avec une déesse sur base de celles-ci. Elle n'était pas d'avis que ses toiles étaient de moindre valeur que celles des dieux, mais plus tôt que les deux n'étaient pas comparable. Cependant certaines personnes murmuraient entre elles que la jeune fille tissait mieux qu'Athéna elle-même. La jeune fille ne relevait pas, laissant passer les remarques.

Un jour une vielle dame vint s'ajouter à la foule et observa la jeune fille user habillement de ses mains pour tisser. Lorsque la toile fut achevée et que la file sortit pour aider son père à charger sa charrette pour aller revendre ses biens sur le marché une personne dans l'assemblée s'extasia sr la toile fraichement terminée en rajoutant que même Athéna n'aurait pu faire mieux. La vielle dame intervint en reprenant la personne : nul humain ne devait tenir de tels propos sans craindre la colère des dieux. La foule répliqua alors que la jeune fille méritait amplement ces louanges. Naturellement le fait que l'humaine ait dit quelque jours plus tôt qu'en effet Athéna ne pourrait faire de tels toiles, dans le sens ou le travail ne serait comparable entre celui d'un dieu et celui d'un humain, en présence de la veille ne fit qu'aggraver la colère de celle-ci.

Dans un éclair de lumière cette dernière se redressa de toute sa hauteur et se transformât en quelques secondes en la déesse de la sagesse et de la guerre en personne. Furieuse elle fit taire l'assemblée qui avait poussé des cris paniqués par un simple regard avant de s'approcher de la jeune fille tétanisée et sous le choc de voir une divinité devant elle.

« Alors comme ça tu serrais meilleure que moi ? Nous verrons ça ! »

La déesse entama alors le concours de la meilleure tisseuse. Fière de son travail et en honneur pour sa grand-mère qui lui avait tout appris l'humaine accepta. Les deux femmes se mirent alors à tisser : mélangeant astucieusement les fils et les couleurs, faisant voler leurs navettes respectives à une vitesse ahurissante devant une assemblée silencieuse, jouant de leurs mains fines et délicates pour effectuer ces gestes qui pour les deux étaient des gestes habituels et innés à force de tisser. Le travail finit quelques heures plus tard la foule fut sans voix.

La première toile faite par la déesse représentait les dieux dans leurs splendeurs. Des couleurs claires vives, du blanc et du doré ornait l'image, les dieux étaient représentés avec leurs symboles et attributs et les détails étaient bluffant. La seconde toile elle représentait une image beaucoup moins enchanteresse des dieux et plus précisément de Zeus. Ce dernier était représenté assis sur un trône dans une salle de fête entouré d'un certain nombre de femmes, toutes ses amantes connues jusque-là, qui semblaient s'afférer autour de lui, versant du vin dans son verre, le nourrissant de raison, adossées contres ses jambes à jouer de la musique ou encore sur ses genoux à caresser son torse en le dévorant du regard. A l'arrière-plan on pouvait voir la silhouette d'une femme se dessiner dans l'ombre des colonnes, une larme coulant le long de ses joues. Héra.

L'infidélité du roi des dieux était de notoriété connue, mais cette toile émue la foule présente, éprouvant de la pitié pour la déesse reine et de la rancune envers le tout puissant. Tandis que la première toile faisait rêver la secondes passionnait et fascinait de par les émotions qu'elle déclenchait à sa vue. De ce fait ce fut l'humaine qui gagna d'après l'appréciation de la foule. Athéna la scruta d'un regard froid avant d'avoir un sourire qui faisait froid dans le dos. Instinctivement la jeune fille recula d'un pas.

« Et bien il semblerait que je ne sorte pas victorieuse face à toi. Mais toi non plus crois-moi ! »

Aussi rapide que l'éclair la déesse s'élançât. La jeune humaine écarquilla les yeux et poussa un hurlement mais il était trop tard : la lame de l'épée de la déesse de la guette siffla dans l'air et la grand-mère fut décapitée tandis que la mère fut transpercée. Le père s'était dressé devant sa fille dans une tentative pour la protéger mais cela n'était pas nécessaire. Ce n'était pas cette humaine jugée plus douée qu'elle qui était visée mais bien lui. Transpercé à son tour le père tomba à genoux sur le sol tandis que sa fille se laissait tomber en pleurant à côté de lui, en lui prenant la main essayant de le soigner. Mais il était condamné. La déesse s'avança alors calmement vers la toile et la déchira en plusieurs bouts si bien que l'image ne fut plus reconnaissable. La déesse quitta alors la place en laissant la jeune fille en larmes effondrée sur le cadavre de son père.

La foule s'était dissipée. Personne n'osa reparler à la fille, ni croiser son regard. Elle ne s'était jamais ventée d'être plus douée que a déesse et c'était bien les rumeurs rependue par cette foule qui l'avait condamnée. Cette même foule qui ne voulut plus rien avoir avec elle, de peur de fâcher la déesse. Cette jeune humaine enterra sa famille en respectant les différent rites et avec honneur, ajoutant à la tombe de sa grand-mère sa toile représentant Hermès. Une fois le travail finit elle rentra chez elle le soir et s'assit seule dans le foyer. Le feu ne brûlait depuis la mort de ses proches. Le silence et la solitude se firent tellement oppressantes qu'elle prit une toile résistante et l'accrocha à une poutre avant de faire un nœud coulant. Elle se pendit alors, versant les dernières larmes de son corps.

Lorsqu'elle ouvrit ses yeux elle se trouvait dans une immense grotte avec d'autre gens. Devant elle était un fleuve de l'autre côté il y avait encore des gens. Au loin elle reconnut son père hurlant alors elle attira le regard de toutes les personnes présentant dont son père. Celui-ci la regardait étonné avant qu'un sourire triste se formait sur ses lèvres. Il fut vite rejoint par la mère et la grand-mère. Sa famille lui disait que si elle voulait les rejoindre elle devait traverser le fleuve, ensuite ils pourraient embarquer avec la barque de Charon et être jugés par le jury composé de trois rois. Pas tout le monde ne réussissait à passer ce fleuve cependant. La jeune fille s'arma de son courage et surtout de son désir immense de revoir sa famille. Se jetant alors dans le fleuve elle avança péniblement mais percevais. Elle avait toujours persévéré et rien ne l'aurait fait baisser les bras. Sa famille quant à elle l'encourageait et lui tendis les mains heureuse de voir leur file arriver vers eux.

Ce ne fut pas simple mais la jeune humaine y était presque. Alors qu'elle était sur le point d'atteindre la main de sa mère ses doigts finirent par se refermer sur du vide alors que le noir se fit autour d'elle. Elle eut ressenti une sensation bizarre et inscriptible, mais lorsqu'elle rouvrit les yeux elle était à nouveau chez elle, allongée dans son lit. Vivante. Loin de sa famille. Les larmes coulèrent alors à nouveau. Elle posa sa main sur sa bouche pour s'empêcher de hurler sa douleur. Un bruit dans la pièce lui fit tourner la tête. Athéna se tenait là. Arachné lui lança un regard plein de haine et voulu se lever pour aller se battre avec la déesse de la guerre. Mais au moment où elle voulut bouger elle remarqua que son corps ne réagissait et ne bougeait pas normalement. Baissant alors les yeux elle découvrit avec horreur qu'elle n'avait plus deux jambes mais huit pattes velues. Lança un regard d'incompréhension à la déesse cette dernière se racla la gorge et pris la parole gênée.

« Je venais pour m'excuser de ma réaction d'aujourd'hui, ce n'était pas très sage de ma part je l'avoue, quand je t'ai vue pendue à cette poutre. Je me suis dit que de te ramener à la vie en guise de pardon serrait une bonne chose. Je me suis dit que ce ne serait peut-être pas assez alors je t'ai transformée en araignée histoire que tu puisses tisser tout le temps étant donné que tu aimais faire ça ! »

La déesse semblait fière de son cadeau et estimait que sa dette était effacée et qu'elle avait même fait un cadeau à cette humaine qui allait maintenant pouvoir tisser jusqu'à la fin de temps. Tout ce qu'elle obtint en réponse fut malheureusement un hurlement de douleur et de colère. Furieuse Arachné s'était en effet relevée ayant compris comment bouger et s'était élancée vers la déesse. Cette horreur qui l'avait privée de sa famille par deux fois, qui avait ruiné sa vie et sa mort dans la même journée. La déesse disparut dans un éclair de lumière et dans un cri de surprise. Arachné quant à elle s'écrasa contre le miroir présent dans la pièce qui éclata suite au poids de cette dernière. Se laissant glisser au sol elle ramassa un bout de verre brisé et regarda son reflet : les yeux globuleux et noirs cernés, le teint blême, deux pinces sortant de sa bouche la rendant effrayante, sans parler de ses huit pattes. Fermant les yeux elle se promit pleins de colère qu'elle n'oublierait jamais sa rancune envers Athéna et que chaque fois que la déesse ou sa descendance croiserait le chemin d'une araignée elle pouvait s'attendre à se faire attaquer par celle-ci.

Voyant les premiers rayons de soleil apparaître, la jeune fille ramassa quelques affaires privées qui lui était chères, dont notamment les bouts de la toile qui l'avait déclarée gagnante face à Athéna. Elle n'espérait même pas être acceptée par les villageois sous cette forme te décida de partir se cacher dans une grotte souterraine sèche cultivant sa rancune envers Athéna et tissant encore et encore de jour comme de nuit en honneur pour sa famille décédés à cause de son talent.