Petit chapitre de transition avant de se lancer dans le feu de l'action...

.

Drago parcourut la salle des yeux, bien décidé à y retrouver Granger. Mais il était de plus en plus anxieux. Et si quelqu'un d'autre avait mis la main sur elle avant lui ? Mais à y penser, il ne voyait plus du tout son groupe. Où étaient partis ces imbéciles, encore ? Se battre contre des Mangemorts ? Il grogna et se retourna vers Blaise qui croquait un toast au saumon en bavardant avec Pansy et se pencha à l'oreille du métis, comme pour dire une confidence :

-Notre petit groupe de Gryffondors a disparu.

Alerte, le beau métis leva à son tour la tête, scanna la salle de bal du regard, et se retourna vers le blond, une veine palpitant à sa tempe :

-Je me suis promis de me faire la rouquine, siffla-t-il, qu'elle crève entre mes mains. Je veux la retrouver comme toi, tu veux retrouver Granger, n'est-ce pas ?

Drago lui offrit un sourire sournois et se tourna vers le reste du groupe.

-On va se promener, souffla-t-il doucereusement, et voir si on peut mettre la main sur la clique de Granger et Weasley.

Une étincelle de plaisir morbide étincela dans l'œil de Théodore.

-Allons-y.

Daphné tendit un ongle parfaitement manucuré vers la porte avec un sourire mauvais.

-Débutons par les jardins.

.

-Ce jardin m'inspire, murmura rêveusement Luna en inhalant profondément l'air de la nuit.

Ron lui jeta un regard mécontent et se contenta de dire,

-C'est un jardin de Mangemort.

-Je suis d'accord avec Luna, coupa Hermione. Comment des personnes capables de faire autant de mal peuvent être si sensibles à la beauté ?

Elle prit place sur un banc en entraînant Ron. L'immense charme de Réchauffement lancé sur la parcelle des jardins ouverte au public les empêchait d'avoir froid. Quelques personnes se déplaçaient sous le ciel étoilé, toujours au moins à deux, Mangemorts comme Phénix. Bellatrix Lestrange, en compagnie de son époux et de deux ou trois autres Mangemorts, lança un regard prometteur, étincelant de méchanceté, au petit groupe. Neville se tendit brusquement, bandant ses muscles, et la favorite du mage noir éclata d'un rire démoniaque avant de s'engouffrer à l'intérieur du Manoir.

-J'espère être celui qui tuera cette folle, déclara Neville d'une voix dure que personne ne connaissait alors que Ginny lui prenait la main avec sympathie pour la lui serrer.

.

Bellatrix avait une lueur meurtrière dans le regard, un regard que Narcissa connaissait fort bien. Elle s'approcha d'une démarche aérienne de Bellatrix et la tira loin de son mari et de sa clique, pour se diriger vers le buffet de viandes froides.

-Cissy, susurra la brune aux paupières lourdes.

-Bella, je connais cet air. On dirait que tu vas aller exterminer un village entier de moldus, rit Narcissa en claquant des doigts pour qu'un serveur accoure avec du Champagne.

-Pourquoi se contenter d'un simple village de moldus quand le gratin de l'Ordre du Phénix, dont les plus proches amis de Potter, sont ici ce soir ?

Narcissa eut l'air étonnée.

-Tu veux te contenter de gamins ? Alors qu'il y a des Aurors, des professeurs de Poudlard à tuer ?

-Ces gamins sont peut-être de moins bons sorciers, ou en tout cas moins entraînés, mais n'oublie pas, ma chère petite sœur, qu'ils constituent tout ce pour quoi Potter se bat.

Elles échangèrent un regard lourd de sens et Narcissa marmonna,

-J'aimerais que tu t'occupes de la Sang-de-Bourbe d'abord. Non seulement elle est le cerveau du trio Potter-Granger-Weasley, mais en outre, je n'aime pas, mais alors pas du tout la manière de Lucius de la regarder.

-Chérie, tu sais que Lucius te trompe à tour de bras. Qu'est-ce que cela peut faire s'il viole une sale petite moldue ?

-Il a des maîtresses, j'en conviens, mais pas sous mon toit, Bella. Je serai très en colère si Lucius venait à faire son affaire avec elle, j'avoue. Une Sang-de-Bourbe en plus. Quelle honte.

Le cadet Weasley ne laissera personne s'approcher de sa charmante petite moldue.

-Alors occupe-toi de lui d'abord. Et je veillerai à ce que tu puisses également mettre la main sur cet idiot de fils Londubat.

-C'est entendu, ma chérie.

Elles ricanèrent de concert puis se séparèrent.

.

-Ainsi donc, Yaxley est mort, susurra Lucius pensivement. Nul besoin de te demander si c'est la vieille McGonagall qui lui a mis la main dessus ?

-Effectivement, répondit Madame Anna Parkinson en regardant froidement Stanley, son mari.

-Stanley, débarrasse-nous donc du corps, commanda Lucius. Pour l'heure, McGonagall n'est pas ma priorité. Elle le deviendra cependant si elle continue ses frasques.

Stanley s'éloigna et Anna minauda auprès de Lucius.

-Lucius, chéri...

-Pas ce soir, Anna, coupa-t-il fermement. Je dois honorer mes invités.

-Mais...

-Pas de mais, Anna. Par la barbe de Merlin, je sais de qui Pansy a hérité sa stupidité. Je viendrai te voir plus tard.

-Mais j'ai envie, bouda la blonde.

-Eh bien, demande à ton mari, ricana Lucius en s'éloignant. Et rends-moi service, Anna. Envoie-moi Drago et ses amis.

La blonde d'une quarantaine d'années regarda le dos de Lucius disparaître dans la foule et son visage hautain se durcit incroyablement. Elle devait trouver Drago, et décida de commencer par les jardins puisqu'elle ne le voyait pas dans la salle.

Elle fonça presque dans Stanley Parkinson en quittant la pièce.

-Où vas-tu, Anna ?

-Chercher le jeune Malefoy, coupa-t-elle sèchement.

-Je t'accompagne. On ne sait pas ce que tu risques dehors, avec ces vermines ici.

Anna haussa les épaules et l'ignora, tentant d'occulter son pas lourd derrière elle. Un mariage de convenance où lui était follement amoureux d'elle, et elle le détestait. Seule Pansy était née de cette union. Alors que Stanley gardait une fidélité sans bornes à sa femme, elle préférait figurer dans les rangs interminables des maîtresses de Lucius Malefoy, tout en jalousant Narcissa. Quand on gratte les paillettes, l'or, on trouve de la saleté et de la puanteur. Anna encourageait vivement sa fille à mettre le grappin sur l'héritier Malefoy. Elle s'élança dans la nuit, sa longue robe noire scintillant autour de ses jambes.

.

Hermione soupira de bien-être et se laissa aller contre l'épaule de Ron en fermant les yeux. Le rouquin lui caressa lentement les cheveux, à moitié tourné vers Lee, en pleine discussion à voix basse. Luna et Neville se confiaient des choses d'amoureux à l'oreille, et Ginny écoutait d'une oreille distraite son frère et Lee.

Soudain, un ricanement glacial s'éleva derrière eux. D'un bloc, ils se retournèrent.

-Si ce n'est pas mignon, tout ça, souriait un Drago plus que moqueur.

-Je veux vomir, se lamenta faussement Pansy.

-Tu m'étonnes, voir Loufoca et Pudubat ensemble, ricana Goyle.

-La Sang-de-Bourbe et le traître à sa rousseur ne sont pas mieux, s'exclama Théodore.

Hermione lui jeta un regard noir et le brun éclata de rire.

-Attention, Granger. Tu ferais presque peur. À un gamin de quatre ans.

-Tu œuvres pour ton assassinat, Nott, feula Ron en se plaçant légèrement devant Hermione.

-Ôte-toi Ron, je sais me défendre, siffla doucement Hermione.

-Ils sont mignons tout plein, comme c'est touchant, s'esclaffa froidement Daphné. Il défend sa chérie. Et elle le défend.

-C'est bien, Greengrass, tu as su décrypter une action dans toute la scène, ironisa Ginny avec un regard flamboyant.

Daphné, menaçante, fit un pas en avant mais Blaise l'arrêta d'un regard.

-Non, Daph'. Ce soir, c'est moi qui m'en occupes.

-Comme tu voudras, souffla-t-elle en reculant, soumise.

Ginny roula des yeux en même temps que Blaise puis regarda fixement celui-ci.

-Où et quand tu voudras, Zabini.

Le sourire en coin de celui-ci s'agrandit de ravissement.

-Si tu savais ce que je te réserves, tu ne me dirais pas cela, Weaslette.

-Rien de pire que ce que je peux te faire, répondit-elle du tac au tac.

-Tu en es certaine ?

-Absolument.

-Très bien. Toi, moi, maintenant, dans mon lit.

Ce fut un choc. Drago ne bougea pas plus que Blaise. Ils souriaient tous deux, avec méchanceté, fixant la jeune rousse qui se raidit. La bouche de Hermione s'ouvrit en grand, Neville vira au rouge brique, Luna frémit. Daphné, la petite amie attitrée de Blaise, éclata en larmes mais le métis ne réagit pas. Ce fut à ce moment que les témoins comprirent que Blaise était tout à fait sérieux. Il voulait...avec Ginny. Ron démarra aussi vite qu'un Éclair de Feu en pleine démonstration et se jeta avec fureur au visage du beau métis pour lui asséner un coup de poing mémorable à la mâchoire.

-Arrêtez, hurla Luna.

-Allez, s'exclama Astoria.

Neville se jeta à son tour dans la bagarre et pour équilibrer, Théodore s'en mêla. Drago et Lee ne tardèrent pas à les rejoindre alors que les filles commençaient à paniquer et que Crabbe et Goyle hésitaient sur la marche à suivre. Hermione leva les yeux et vit un petit attroupement angoissé de l'Ordre et des Mangemorts se former devant la vitre, dans la salle.

-Arrêtez, les ambassadeurs vont nous voir, cria-t-elle.

Ce fut à son cri que tout partit de travers.