Salut à tous ! Voici le troisième chapitre de cette histoire !

Je n'avais pas prévu de prendre tant de temps à updater mais entretemps le bouton on/off de mon ordi a rendu l'âme et c'était embêtant. Me voici donc de retour pour vous couper le zizi tout court... euh, pour vous jouer un mauvais tour.

Merci à tous pour vos reviews !

Bonne lecture !


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Chapitre 3

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Hannibal a choisi de diffuser de la musique, ce soir. Le son de la deuxième suite de Peer Gynt (a-t-il dit, car Will n'y connaît rien) emplit l'air jusqu'aux moindres recoins, et Will, assis sur le fauteuil de cuir noir, fait jouer dans sa main un verre de vin blanc offert par Hannibal.

C'est la première fois qu'ils se revoient depuis le baiser. Hannibal a ouvert la porte à Will avec son petit sourire, celui qui touche le coin de ses yeux plutôt que ses lèvres, son «entrez, s'il vous plaît» habituel, comme s'il ne s'était jamais rien passé entre eux, et Will a raidi les épaules en prévision de ce qui l'attendait.

Hannibal, toujours courtois, a d'abord commencé par lui demander s'il voulait un verre de vin, et Will s'est demandé si c'était pour l'empoisonner ou pour lui donner le courage de supporter l'heure de conversation à venir.

Dans les deux cas, il l'aurait pris.

Le vin n'a pas l'air empoisonné – Hannibal en boit aussi, et de toute façon, Will n'est pas certain qu'il soit le genre d'homme à infliger une telle indignité à un bon vin – et Will reste silencieux, les yeux fixés sur son psychiatre. Le Maître Boucher.

Il imagine des tranches de pénis frit ou sauté à la poêle passer entre les lèvres d'Hannibal, et son estomac tressaille un peu à l'idée, mais rien de grave. Étrangement, le meurtre sied à Hannibal. Comme une pièce de puzzle dont les bords correspondraient parfaitement aux extrémités irrégulières du trou dans sa personnalité. Comme un manteau parfaitement ajusté à sa taille. Comme la seule clé qui lui manquait jusque là pour comprendre l'homme.

Will avait raison ; plus que Dieu, Hannibal est Satan. Incomparable au reste du commun des mortels. Et qui peut en vouloir à Satan de suivre sa nature ?

- Est-ce que vous allez finir par manger mon pénis, Dr. Lecter ? demande-t-il brusquement.

Voilà – la bombe est lâchée. Hannibal le fixe pendant un instant, l'air de peser ses possibilités, puis finit par répondre :

- Littéralement, ou métaphoriquement parlant ?

Oh, il est plutôt bon. Will ne s'attendait pas à cette sortie, et il ne peut empêcher un léger sourire de naître sur ses lèvres. En face, Hannibal retrousse les lèvres également, presque imperceptiblement, comme un enfant fier de sa plaisanterie. Will hésite entre briser son verre de vin sur le bras de son fauteuil et lui enfoncer les bords tranchants dans la gorge, ou s'asseoir sur ses genoux et l'embrasser jusqu'à ce que ses poumons crient leur douleur.

Il se lève.

- Ça vous amuse, n'est-ce pas ? crache-t-il. Me voir danser comme un pantin juste pour vous. Me dire qu'il acceptera forcément ma candidature. M'aider à écrire mes lettres. Je commençais enfin à vous trouver intéressant, Dr. Lecter. Ce n'était pas la peine d'aller jusque là pour attirer mon attention.

- Je ne sais pas de quoi vous parlez, Will.

Mais il n'y a aucune trace de confusion sur son visage, juste une expression vaguement suffisante que Will a envie d'effacer à l'acide chlorhydrique.

- Je ne m'attends pas à vous voir admettre quoi que ce soit, dit Will. Vous ne pouvez pas. Mais je préfère les péchés d'omission aux mensonges. Ne me mentez pas, Dr. Lecter.

Hannibal l'observe un instant, la tête penchée sur le côté, une position à la fois étrangement innocente et dangereuse. Il se lève à son tour.

- Qu'est-ce qui vous fait penser que je suis le Maître Boucher ?

- Pitié, ricane Will. La question, c'est plutôt de savoir comment j'ai été aveugle au point de ne pas voir clair dans votre petit jeu depuis le début. C'était tellement évident, pourtant. Vous n'êtes jamais le second choix, Will.

- Je ne peux pas être le seul à être de cet avis, se défend Hannibal.

- Je vous ai dit de ne pas me mentir, gronde Will.

Pendant un bref instant, il se demande s'il ne va pas se mettre à pleurer de dépit. Hannibal s'approche encore.

- Vous m'avez fait manger des queues de porc rôties, se rappelle Will. Est-ce que c'était vraiment du porc ?

Le sourire d'Hannibal est insupportable. Sa réponse inattendue.

- Oui.

- Menteur.

Le vétiver de son aftershave, une nouvelle fois trop proche.

- Vous avez fait exprès, dit Will. Vous vouliez que je vous voie.

- Tout le monde souhaite toujours être vu.

- Mais pourquoi moi ?

Il a peut-être un début de réponse à sa question lorsque les lèvres d'Hannibal se posent sur les siennes – ces lèvres qui ont goûté à des pénis tranchés – et Will se recule avant de s'essuyer la bouche avec force, honteux de constater à quel point, malgré tout, il en a envie.

- Non, dit-il. J'ai promis que je donnerais mon corps au Maître Boucher.

- Jusqu'à ce qu'il accepte votre candidature, vous n'avez pas signé de contrat d'exclusivité avec lui, rappelle Hannibal.

Rien, absolument rien, ne semble le décontenancer, et Will suppose qu'il ne serait pas vraiment Satan s'il ne contrôlait pas absolument tout ce qui se passe, mais c'est agaçant de voir que toutes ses piques ne font jamais mouche.

- Qu'est-ce que vous voulez de moi ? demande brutalement Will.

Il s'est souvent posé la question ; les motivations d'Hannibal sont aussi facilement déchiffrables qu'un livre en japonais ancien lu à l'envers. C'est probablement ce qui le rend si mystérieux.

- Me tuer ? continue-t-il. Me manger le pénis ?

Hannibal sourit.

- Je n'ai absolument pas l'intention de vous tuer, Will.

- Menteur.

- Ni de vous dévorer le pénis, excepté au sens figuré.

Cette fois, Will en reste bouche bée, et l'image le frappe de plein fouet ; et pourtant, bon dieu, on parle d'un cannibale, là… Will se demande ce qui ne va pas chez lui pour qu'il en ait subitement la bouche sèche et le sang qui afflue vers l'entrejambe. Deux réponses : sa morale est plus élastique qu'il ne le pensait, ou les sentiments qu'il éprouve pour Hannibal sont juste la partie émergée de l'iceberg.

Et pour être vraiment honnête, ça tient certainement aux deux.

Il fixe Hannibal dans les yeux, tout près de lui, et réalise brutalement une chose capitale ; même Satan se sent seul, parfois. Ça ne doit pas être drôle de n'avoir personne avec qui partager sa passion. Il ne mentait pas : il ne veut pas mutiler Will, il ne veut pas le tuer ; il veut le recruter.

- Oh mon dieu, murmure Will, ébahi. C'est ça. Vous voulez que je devienne comme vous.

De si près, il peut lire la moindre parcelle d'émotion dans le regard d'Hannibal, et ce qu'il y voit, là, c'est le ravissement. Hannibal ne tente même pas de le cacher.

Will se recule, comme assommé.

- Je ne veux pas devenir comme vous, marmonne-t-il.

Sans attendre de réponse, il récupère ses affaires, se dirige vers la porte d'entrée à grandes enjambées, et la claque derrière lui en sortant, juste parce qu'il sait que ça irritera Hannibal.

Ça fait deux fois en deux séances qu'il sort de ce bureau avec l'impression de prendre la fuite.

Peut-être qu'il n'y aura plus de troisième fois.

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Cher Will,

Si vous êtes toujours intéressé, j'ai le plaisir de vous annoncer que j'ai décidé d'accepter votre candidature. En conséquence, je vous propose un rendez-vous. Sachez que vous avez la liberté de changer d'avis jusqu'au moment où vous vous montrerez au rendez-vous, après quoi je considèrerai que vous approuvez toutes mes conditions.

La rencontre se passera comme suit : vous vous rendrez à un point que je vous stipulerai par message. Quelqu'un de confiance viendra vous chercher à cet endroit pour vous amener jusqu'à moi. Ne m'en veuillez pas de prendre mes précautions.

Si vous êtes d'accord, faites-le moi savoir par retour de mail.

J'attends notre rencontre avec impatience.

Mes sentiments les plus sincères,

Le Maître Boucher.

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Will relit le mail au moins cinq fois – ça y est : Hannibal a pris une décision. Il va le rencontrer sous sa véritable identité.

Le plus étrange, la preuve la plus évidente que Will est en train de perdre la tête, c'est que pendant un instant, il envisage de ne pas en parler à Jack. C'est la consécration, l'objectif qu'il visait depuis le début ; et maintenant qu'il y est, il ne peut s'empêcher de se dire que malgré toute sa prudence, toute sa préparation, Hannibal sera forcément capturé par le FBI, et terminera derrière les barreaux. Il n'arrive pas à l'imaginer. Il ne veut pas l'imaginer.

Il est peut-être amoureux de Satan.

C'est cette pensée, plus que tout le reste, qui le pousse à décrocher son téléphone.

- Jack ? C'est bon. Le Maître Boucher veut me donner rendez-vous.

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Les instructions du Maître Boucher lui sont envoyées par texto, depuis un numéro inconnu que le FBI retrace comme venant d'un portable jetable. Will doit se trouver à la terrasse du café Lily's Coffee à quatorze heures tapantes, après quoi quelqu'un de confiance viendra le chercher pour l'emmener vers le véritable lieu de rencontre.

Naturellement, le FBI s'est mobilisé. Assis à l'une des tables disposées à l'extérieur de la façade, Will entend les instructions que les agents s'échangent à travers la minuscule oreillette, bien cachée par ses cheveux, que Jack Crawford l'a obligé à porter. Il a également un micro de la taille d'un cachet d'aspirine dissimulé dans le col de sa chemise. À ce stade, pourtant, il n'est toujours pas sûr qu'il ne s'en débarrassera pas volontairement lorsque l'homme de confiance d'Hannibal le mènera à lui, et c'est ce qui le perturbe le plus.

C'est peut-être son châtiment divin pour être tombé amoureux de Satan.

Il n'est que treize heures cinquante, et Will espère de tout son cœur qu'Hannibal sera assez sensé pour ne pas se montrer en personne sur le lieu de rendez-vous. Trois agents en civil sont installés avec lui à la terrasse du café, et Will sait qu'une dizaine d'autres hommes se cachent au coin des rues perpendiculaires ou dans des vans stationnés à proximité.

Soudain, à quatorze heures précises, la voix de Jack dans son oreillette attire son attention.

- Will, à ta droite.

Will se retourne. Deux tables plus loin se trouve une jeune femme noire, une tasse de café vidée devant elle, qui tient dans ses mains un panneau sur lequel est inscrit d'une écriture nerveuse «Will Graham».

- Elle vient de le sortir, dit Jack.

Will l'avait remarquée en s'installant, mais son esprit ne s'était pas arrêté sur elle plus d'un quart de seconde. À présent, il l'observe pleinement : ses mains qui agrippent le panneau, son regard vague.

- Elle est aveugle, murmure Will à son micro.

- Prudence tout de même, répond Jack. On te couvre.

Will a envie de lui répondre que couverture ou pas, Hannibal trouvera forcément un moyen d'empêcher Jack de le suivre, mais il garde le silence et se lève. Lorsqu'il s'arrête devant la femme, celle-ci lève le nez, comme si elle sentait sa présence, et sourit.

- Will Graham ?

- C'est moi.

- Je dois vous accompagner quelque part. Mais d'abord... Les miroirs de votre esprit peuvent refléter le meilleur de vous-même...

- Pas le pire de quelqu'un d'autre, répond Will.

C'est le mot de passe que le Maître Boucher lui a envoyé par mail, afin que sa personne de confiance confirme son identité. C'est également l'une des premières phrases que lui a adressées Hannibal Lecter. Will sent un frisson lui courir l'échine.

La jeune femme se lève en souriant. Elle n'a pas l'air bien dangereuse, pour la compagne du diable, mais comme le dit l'axiome, les apparences sont trompeuses. Will se demande comment elle connaît Hannibal. Il a presque envie de lui demander, avant de se rappeler qu'il est sur écoute.

Le FBI et Will ont deux buts différents. Le Bureau veut arrêter son assassin, évidemment. Will, avant toute chose, veut être face à face avec la vraie personnalité cachée sous le masque d'Hannibal. Il regrette d'avoir tenu Jack au courant, à présent ; il aurait préféré le confronter seul.

Ceci étant dit, il ne doute pas qu'Hannibal aura une solution à apporter à ce désagrément.

L'inconnue passe son bras autour de Will, et l'entraîne vers la rue à petits pas hésitants. Sa main libre tient une canne d'aveugle, et pourtant, elle semble savoir où elle se dirige.

Ils continuent leur route d'un pas lent, jusqu'à arriver dans une rue voisine, et la femme s'arrête devant un taxi.

- Après vous, dit-elle en souriant.

Will ouvre la porte et monte à l'arrière du taxi, suivi par la femme.

- Avant qu'on ne démarre, je suis censée vous demander de dire à votre chef que si lui ou son équipe nous suit, les conséquences retomberont sur vous. Vous avez accepté les termes du contrat et vous devez les honorer.

Will hoche la tête, tandis que Jack, qui a tout entendu, lâche une injure.

- Vous devez également vous débarrasser de tout votre attirail.

- Je ne suis pas armé.

- Je parle de votre micro, sourit la femme. Le taxi ne démarrera pas tant que vous l'avez toujours sur vous.

Une autre injure dans l'oreillette.

- Ne t'inquiète pas, Will, on trouvera un moyen !

Will ne répond pas. Il enlève l'oreillette, il détache le micro, et ouvre la fenêtre du taxi pour jeter les minuscules appareils à l'extérieur. Il en profite également pour se débarrasser de la pastille GPS que Jack a collé dans le creux d'une de ses chaussures, même si sa kidnappeuse (concrètement, il est otage) ne le voit pas.

Le taxi démarre lorsqu'il remonte la vitre, et Will se demande si Jack arrivera à le suivre jusqu'à destination malgré tout. En attendant, il discute avec sa ravisseuse.

- Pourquoi faites-vous ça pour lui ? demande-t-il avec curiosité.

- Parce qu'il me l'a demandé.

Il y a une telle foi dans son regard, une telle conviction dans sa voix, que Will ne peut s'empêcher d'être jaloux de la dévotion qu'inspire Hannibal à tout le monde. C'est certainement normal, quand on est plus qu'humain, mais Will aurait voulu être le seul à professer sa foi, sans rival, et recevoir l'attention exclusive de sa divinité.

Lorsque le taxi s'arrête, ils descendent, et montent dans un autre taxi, par mesure de précaution, qui les emmène au pied d'une énorme maison, dont la lourde architecture n'est pas sans rappeler à Will celle d'Hannibal.

La femme le guide jusqu'à la porte d'entrée, et lui ouvre la porte avec un sourire.

- C'est ici que je vous laisse, dit-elle simplement. Amusez-vous bien.

Peut-être qu'elle ne soupçonne absolument pas ce qui se trame ici, et en lisant l'innocence inscrite en grosses lettres sur son visage, Will serait tenu de le croire. Il ne dit rien pour la retenir, et se contente de la remercier ; il ne s'avance à l'intérieur de la maison qu'après avoir vu au travers de la porte vitrée la femme monter dans le taxi et repartir.

Alors seulement, il se prépare pour le reste.

- Hannibal ! crie-t-il. Je sais que tu es là.

- Will Graham, répond une voix depuis une pièce voisine.

Will fronce les sourcils, et s'avance vers la pièce ; il n'a pas reconnu le timbre rocailleux de la voix d'Hannibal, ni son accent si particulier.

(Sexy.)

Lorsqu'il entre dans la pièce, une silhouette se dresse à l'autre bout.

- Je suis absolument enchanté de vous voir enfin, déclare l'homme.

- Qui êtes-vous ?

- Je suis le Maître Boucher.

Ce n'est pas Hannibal Lecter.

Impossible, songe Will. C'est lui. Il sait que c'est Hannibal qui se cache derrière le Maître Boucher.

Mais l'homme qui se trouve devant lui n'a rien en commun avec Hannibal. Il a les cheveux noirs coupés très courts, les yeux bleus, un corps d'athlète, et un bec de lièvre qui lui déforme la lèvre supérieure, quoique sa diction soit presque impeccable.

- Mais...

- C'est moi qui ai mis l'annonce. Moi qui ai correspondu avec vous. Moi qui vous ai donné des instructions pour me rencontrer.

- Non, s'exclame Will avec force. Le mot de passe ! Comment vous pouviez connaître ça ?

Il ne peut pas s'être autant trompé, à moins que...

- Vous avez... capturé Hannibal ? Comme vous m'avez capturé ?

Si Hannibal n'est pas le Maître Boucher, il est innocent. S'il est innocent, il est peut-être en danger.

En face de lui, l'homme se contente de le regarder d'un air curieux.

- Je ne vous ai pas capturé. Vous êtes là de votre propre volonté, comme vous me l'aviez promis.

Doucement, Will réalise le pétrin dans lequel il s'est fourré. Le voici à la merci d'un homme de toute évidence dérangé, qui n'est pas Hannibal, et qui pourrait l'écraser d'un seul coup de poing au corps à corps. Brusquement, il regrette d'avoir enlevé la puce GPS de sa chaussure.

Merde. Merde. Merde !

- Cher Will, dit l'homme avec un sourire. Je suis content de vous voir.

- De même, répond Will, les dents serrées.

(Un peu de politesse lui fournira peut-être deux minutes à vivre en plus.)

- Comment vous appelez-vous ? À moins que vous ne préfériez que je vous appelle Maître ?

- Oh ! J'ai oublié de faire les présentations. Pardonnez-moi, je suis distrait. Je m'appelle Francis.

- Enchanté, répond Will d'un ton raide.

Francis hoche la tête, et s'avance vers Will. Il est habillé d'une étrange robe de chambre ornée de motifs qui laisse entrevoir les muscles dessinés en dessous, et Will ne trouve pas sexy. Il trouve ça terrifiant.

- Si nous passions aux choses sérieuses, Will ?

Will a à peine le temps de relever les yeux vers son visage qu'un poing s'abat sur sa tempe. Il perd connaissance avant même de toucher le sol.

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Pauvre Willou est dans de beaux draps, fu fu fu.

A la prochaine, amigos !