Notre hôte se rue sur le canapé de notre wagon et allume la télévision, mes sens sont éveillés par tant de découvertes, tout d'abord une table garnie de nourritures de toutes formes et couleurs me donnent l'eau à la bouche, les murs sont couvert d'or et le lustre en cristal me semble un peu trop, mais corresponds bien au style du Capitol, être toujours dans l'excès.
-Et bien ! Venez, mangez, je n'arriverais pas à avaler tout ça toute seule, nous encourage Isabella Moore. Dernière gagnante en date dans notre district, il y a une dizaine d'années je pense. Je la reconnais par sa lèvre supérieur enflée qui prends la moitié de son visage, j'étais trop jeune pour regarder ses jeunes mais à l'école on m'a expliqué qu'un tribut a essayé de lui faire exploser son crâne sur un rocher.
-Moi je peux tout seul, se moque notre deuxième mentor, il s'agit d'Isaac Miller, je suis surprise de le voir sobre.
-Mangez ! Nous ordonne Davio depuis le canapé.
On se joint alors à leur table, Miller à ma droite et Moore et Clamed en face. Ce dernier picore des raisins mal à l'aise, je décide de m'activer moi aussi, me servant une tisane qui me rappelle celle de ma grand-mère. Je porte la tasse à mon nez et inspire les arômes, tant d'odeurs inconnus se mélangent, je bois délicatement comme si chaque goutte était une pierre précieuse.
-C'est bon n'est-ce pas ? S'enquit Moore. Face à mon manque de réaction, elle reprend :
-Vous pouvez m'appelez Isa et n'hésitez pas à venir me voir aux moindres doutes.
-Moi, c'est Isaac point barre. Compris ?
Ses cheveux gris lui tombent devant les yeux alors je ne peux pas voir son regard mais son mince sourire m'indique qu'il s'amuse. Peut-être qu'il n'est pas si sobre que ça finalement.
-Je m'appelle Vinci Clamed, je viens du nord du District, se présente mon camarade en premier.
-Clamed ? Comme Clamed ? Demande Miller bêtement.
-Comme quoi d'autre ? Risquais-je de le froisser, notre mentor lève un sourcil surpris.
-Oui, ma famille s'occupe des compteurs à gaz des centrales, souffle Clamed les yeux embués de larmes. Moore lui caresse tendrement le dos pour le consoler alors que Miller se resserre une part de gâteau, totalement indifférent.
-Et toi ? Tu es la petite fille de Xiao Chen, non ? Me demande Moore.
Qui puis-je être d'autre ? Personne ne me ressemble physiquement au district à part ma grand-mère.
-En effet, soufflais-je en reprenant ma tasse, trouvant ainsi une excuse pour ne pas lui parler.
-Ta grand-mère fait des miracles, grâce à elle j'ai retrouvé le sommeil.
On ne dirait pas vus ses cernes qui pendouillent jusqu'à son menton mais je ne dis rien, Xiao utilise une médecine traditionnelle pour soigner les maux, seuls les fortunés du district peuvent se le permettre alors j'ai la chance de vivre assez confortablement.
-Je lui dirais, merci.
Un silence me répond, comment lui dirais-je ? Je pars dans l'arène.
-La moisson commence ! S'excite Davio sur le canapé. Nous le rejoignons tendus, je sais déjà à quoi ressemble mon premier concurrent mais pas les vingt-deux autres. Le présentateur Flickerman nous explique que cette année encore la moisson est remplie de belles surprises, nous commençons par le district un, deux volontaires qui volent le micro pour crier leurs futures victoires, main dans la main ils sont très confiants. Au district deux, même s'il y a aussi deux volontaires l'ambiance n'est pas la même, les prochains tributs marquants sont dans le district quatre, alors que le tribut masculin s'avance vers l'estrade, une fille sort des rangs et saute dans ses bras, ils échangent un baiser passionné et le tribut se voit obliger de l'écarter avant que les pacificateurs s'en occupent. Nous sommes les prochains, après que le présentateur fait mine de pleurer face au couple séparé, il commente mes traits qui ne sont pas anodins mais c'est tout, au district six et sept, les tributs femelles sont en larmes, avant de passer au district neuf nous voyons le tribut male du huit s'évanouir sur leur hôte, la moisson se termine sur le district douze où le présentateur espère que cette année ils survivront plus longtemps que d'habitude.
-Une moisson habituelle en somme, fit Miller, il attrape deux bouteilles aux hasards au bar et quitte le wagon.
-Qu'est-ce que ça veut dire une moisson habituelle ? Demande Clamed en larmes.
-Cela veut tout et rien dire, souffle Moore en continuant de fixer l'écran.
Les dés sont jetés. Rien ne va plus.
-Tes cheveux sont de la soie ma chérie, je peux te les prendre ? S'enquit mon styliste tout aussi fou que les autres.
-Essayer pour voir, le menaçais-je lui envoyant un regard noir.
Il baisse la tête à ma hauteur et prends quelques de mes mèches pour les placer sur son crâne chauve, ses yeux fuchsia s'illuminent.
-J'A-D-O-R-E ! S'exclame-t-il en insistant sur chaque lettre.
-Pas touche, dis-je en m'éloignant.
-Chérie, je finirais par te les voler que tu sois morte ou vivante, maintenant installe toi sur ce siège.
Je pense qu'il plaisante, j'ai remarqué qu'il avait un humour très décalé.
Après il me semble une éternité où j'en ai profité pour faire de la relaxation malgré l'équipe de préparateurs qui ne cessent de me torturer.
-Ta mère est tombée combien de fois pendant qu'elle était enceinte ? S'enquit Sixte, ma coiffeuse. Mon sourcil s'arque à cause de mon incompréhension et je me fais réprimander par Victor qui l'épilé.
-Pardon ? Dis-je toutefois.
-Je me demandais comment cela se fait-il que tu as une tête comme la tienne c'est tout.
Je la regarde à travers le miroir, elle ne semble pas du tout gêné par ce qu'elle vient de dire.
Ma grand-mère me répète sans cesse qu'on répond aux imbéciles par le silence alors je reste muette, comme depuis toujours. Ce n'est pas la première réflexion que j'entends sur mon physique qui sort de l'ordinaire, j'ai passé mon enfance toute seule subissant diverses moqueries puériles avant de rencontrer Tomas et Pansy.
-Moi je te trouve sublime, il faut mettre en avant tes traits rares. Après tout, ne dit-on pas que tout ce qui est rare est précieux ? Me souffle Victor essayant de me réconforter.
-Vous avez fini ? S'enquit Polux, mon styliste en m'examinant de la tête aux pieds.
-Il ne reste plus que son œil, indique Sixte en s'écartant. Mes cheveux sont plaqués sur mon crâne et finissent en une queue haute très serrée. Victor m'a désépaissit mes sourcils, creuser mes joues déjà fines avec plusieurs poudres, mes lèvres sont rouges pour donner de la couleur à mon visage, sinon à part cela je ne suis pas un arc-en-ciel et j'en suis ravie, je vois chaque année les tributs maquillaient comme les prostitués de mon district et je ne voulais en aucun cas y ressembler.
-Mon œil ? Répétais-je septique.
-Tu vas adorer Liu, j'en suis sûr. S'exclame Polux en sortant.
-Mon œil ? Repris-je remplie de doutes.
-Est-ce que tu nous fais confiance ? Demande Sixte les mains sur mes épaules. Je me secoue pour qu'elle me lâche et je réponds sincèrement :
-Pas du tout.
-Tu n'as pas le choix de toute façon, rit Victor en appuyant sur un bouton pour que le dossier de mon siège soit horizontale, parallèle au sol. Mais moi, je reste droite, toujours méfiante.
- On n'a pas toute notre vie, s'encolére Sixte essayant de m'allonger.
-Pas tout le monde dans cette pièce c'est vrai. Dis-je en capitulant, ma remarque les fait rire.
Plus tard, je retrouve Davio qui tient à m'accompagner jusqu'à la parade. Il ne cesse de regarder mes yeux avec crainte, j'ai du mal à l'admettre mais mes préparateurs ont vus juste, coloré une de mes prunelles en or alors que l'autre est sombre naturellement fait trembler tous ceux qui croisent mon regard. Polux m'a habillé d'une robe « patineuse » d'après ses mots, elle est à première vue transparente, couleur de ma peau mais couverte de bouts de pierres précieuses. Lorsque nous arrivons où toutes les montures se trouvent, je garde mon calme et me dirige vers Clamed, il porte un costume de la même matière que la mienne mais semble moins à l'aise, beaucoup même. Son regard est baissé sur ses mains entremêlées, lorsqu'il nous entend arriver, son regard s'écarquille d'effroi, faut vraiment que je remercie mes préparateurs.
- Salut, bégaye-t-il alors que je monte à côté de lui. Je ne réponds pas et jette un regard circulaire à la salle, je détaille les carrières qui forment une sorte de meute dans un coin, la rousse du district un est happé par mon œil, elle parle tout d'un coup à une vive allure et me pointe du doigt, seul son camarade de district se retourne, me détaille d'un regard perçant, lui il n'a pas besoin d'artifice pour faire trembler ses adversaires, ses prunelles grises me tuent.
-Je me suis faite des amis, ricanais-je alors qu'une voix dans un haut-parleur prie chaque tribut de monter sur son char.
-Ou des ennemis, souffle Clamed, je ne suis pas sûre s'il s'adressait directement à moi ou s'il se parlait à lui-même.
Notre monture se met en route, suivant le district quatre, j'entends avant de voir la foule scander divers noms puis nous sommes à découverts, une foule en délire lance des roses sur n'importe quel char, même si ceux des carrières en reçoivent plus et inutile de regarder derrière moi pour savoir que les trois derniers districts n'en ont pas. Un écran géant défile nos visages et s'arrête longtemps sur le mien, je lève la tête haute et ancre mon regard dans une caméra, pas besoin de regarder l'écran géant pour savoir comment je dois paraître dans tout Panem, je suis loin d'être la souris. Nous arrivâmes en demi-cercle devant le président Snow, les carrières l'adulent, Clamed à mes côtés sanglote en silence. Une fois son discours fort peu intéressant terminé, nos montures reprennent leurs routes, loin de ces fous.
-Magnifique ! S'exclame Polux nous récupèrent à la sortie. Je me contente de sourire et d'appeler un des ascenseurs.
-Où sont Isa et Isaac ? Risque Clamed. Il est vrai que pour des mentors nous les voyons très peu. Polux nous sourit tristement.
-La parade n'est pas très intéressante à leurs yeux, mentit-il. Clamed ne semble pas le voir et lui sourit.
Une fois dans l'ascenseur, je tends le bras sur la plaque de commande des étages mais une large cuirasse en or m'y empêche. Malgré mes talons, je dois lever la tête pour apercevoir le visage du tribut mâle du district un. Il me tend une large main, on dirait que même ces phalanges sont musclées, il pourrait m'écraser la tête rien qu'avec son petit doigt. La tension se fait ressentir dans l'habitacle, personne ne dit mot mais je sens tous les regards sur ma personne. Mes Jeux se jouent certainement maintenant. Fidèle à moi-même, je tends la main et appelle notre étage. Le sourire arrogant du tribut perd de sa splendeur mais sa main reste devant lui, attendant la mienne, que je ne tarde pas à le lui donner. Une poignée de main m'engage en rien.
-Leather Marxwell, se présente t'il.
-Chen, me contentais-je de dire en essayant de cacher mon trouble.
Il penche la tête sur le côté :
-Seulement Chen ?
-Seulement Chen. Répondis-je ne voulant pas qu'il m'appelle par mon prénom, ce qui est beaucoup trop intime sinon.
Il descend le premier sans aucun regard et nous continuons notre montée, toujours dans cet atmosphère gênante.
-Que vient-il de se passer ? S'enquit Polux, son corps parcourus de frissons. Je jette un coup d'œil à Clamed, il a le teint livide.
- hana yori dango, lui répondis-je sachant qu'il ne me comprendra pas. Préférons l'utile à l'agréable.
Yo tout le monde ! J'espère que ce début vous plaît, nous avançons doucement mais surement. Que pensez-vous de Liu, Leather, Vinci Clamed, des mentors et des préparateurs ?
Je suis toute ouïe,
A très vite,
FleurEncre
