Un cri strident m'a réveillé en sursaut au cours de la nuit mais en aucun cas le coup de canon a retentit. Contrairement à ce que je m'attendais, les murs sont encore à leurs places, à moins qu'ils aient bougés au cours de la nuit pour retrouver leur emplacement initial au matin. Ce qui voudrait dire qu'on peut se retrouver dans ce labyrinthe, en faisant une carte peut-être ? Je plisse le nez réfléchissant. Tracer une carte n'est pas dans mes cordes, seuls les carrières dominant l'arène par leurs hauteurs peuvent le faire s'ils ont remarqué comme moi que les murs ont une position initiale. Le mur sur lequel je suis adossé commence à trembler signe qu'il va soit déambuler ou s'enfoncer sous-sol, je trempe mes doigts dans la boue et dessine sur la façade une croix en bas à droite. Je l'ai fait juste à temps avant qu'il ne s'enfuit vers ma gauche me faisant tomber en arrière, je me relève et n'essaie même pas de me nettoyer. Mon ventre me supplie de le remplir, mais j'arrive à faire abstraction de ce désir naturel grâce à mon mental et à quelques gouttes d'eau de ma gourde. Tous les murs sont en train de déambuler maintenant, il est temps de bouger, il faut rester en mouvement.
Je n'essaie même plus de lever au plus haut mes jambes, je les laisse trainer dans la boue, un mur libère le passage à ma gauche, je tombe pratiquement nez à nez avec le tribut féminin du district six, elle semble pendant une fraction de seconde apeurée puis déterminée. Dans sa main, un poignard tâché de sang est pointé dans ma direction. Je ne cherche pas à comprendre et m'enfuis à vive allure, elle me suit, nos pas frappent la boue, je manque de glisser plusieurs fois, cela lui permet d'être juste derrière moi, tendant son bras, ses doigts essaient d'attraper mon sac. Je pourrais l'enlever et le lui lancer, espérant que cela suffise, mais sans le minimum que mon sac contient je mourrais en peu de temps alors au temps me battre et mourir maintenant que de le donner. Nous faisant hurler en concert, un mur s'élève juste devant nous, puisant dans mes ressources d'énergie, je saute. Je tombe de l'autre côté sur la tête, heureusement la boue a amortis le choc, je me tiens la tête entre les mains essayant de reprendre mes esprits. Le mur est maintenant à son hauteur maximale, j'ai eu de la chance d'arriver pile à temps lorsqu'il commençait à grimper. J'entends de l'autre côté des gémissements de douleurs, je colle bêtement mon oreille à la façade pour mieux entendre. Erreur. Le mur en ciment s'enfonce dans le sol à une vitesse folle me faisant chanceler en arrière, la tribut a le visage en sang, elle a dû se le prendre en pleine face.
- Connasse, crie-t-elle.
Je remarque immédiatement ses mains vides, l'éclat de la lame brille sur le sol. Lui jetant un regard je remarque qu'elle aussi fixe son arme blanche, nos yeux se croisent et nous nous jetâmes en même temps dessus. Sa main s'apprête à la dérober mais je lui marche dessus sans aucun scrupule, elle se tord de douleur tandis que je ramasse le poignard. La tribut tremble de peur maintenant, s'enfuyant à quatre pattes telle une misérable. Je me poste devant aussi déterminée qu'elle l'était tout à l'heure lorsqu'elle me coursait,.
-Pitié, elle sanglote toujours à terre, dans la boue marron visqueuse.
-Tu t'appelles comment ? Lui demandais-je en serrant fermement l'arme.
Ma question semble la surprendre sur le coup et j'en profite pour lui trancher la gorge comme je l'ai déjà vu dans plusieurs Jeux. Mais cette fois-ci il s'agit de moi, ma lame tranchant sa chair, mes mains ne tremblent même pas, je me répugne.
Un coup de canon est tiré alors que son pauvre corps s'affale au sol, la tête face à la boue.
Un deuxième coup de canon retentit, je ne suis pas la seule meurtrière.
Si ça allège ta conscience de te dire ça Liu, me souffle une voix dans ma tête, il ne s'agit pas de moi pourtant, la voix est plus rauque, mûre et moqueuse que la mienne. Je me tiens la tête quelques instants, essayant de méditer. Mais je n'arrive pas, pas ici dans l'arène, devant un cadavre gisant dans son sang et la boue.
Je suis toi, ou tu es moi ? Reprends cette même voix avant d'éclater de rire.
Ce n'est pas vrai, Liu, concentre toi. Il n'y a personne ici, personne. J'expire un grand coup avant de partir d'ici, laissant le Capitol récupéré le corps pour le ramener à sa famille. Oui, cette fille que je viens de tuer a sûrement une famille, des amis, des voisins, des camarades de classes. Ma famille est Xiao et Tomas, Pansy l'est … l'étais. Je ne reviens toujours pas du comportement qu'elle a eût envers Tomas, ils sortent ensemble depuis qu'ils sont nés pratiquement. Pansy m'a trouvé un jour alors que je pleurais derrière l'école, je devais avoir sept ans, des élèves s'étaient amuser à m'imiter. Tirant sur leurs yeux sur le côté pour qu'ils aient l'air bridé, se creusant les joues au maximum et inventant un langage pour se moquer de celle de mes ancêtres. Elle m'avait consolé et s'était moqué de son nez retroussé comme « celui d'un cochon » d'après elle, je ne voyais pas le rapport avec l'animal, son nez fin se retroussait lorsqu'elle riait, des tâches de rousseurs y prenaient place pour le décorer. Non, son nez n'avait rien avoir avec celui d'un cochon. Je sais bien que des sentiments ne peuvent pas partir du jour au lendemain, cela fait d'ailleurs quelques années que je me force à passer à autre chose mais je n'y arrive pas, je me hais de l'aimer.
-Liu, enfin te voilà. Je sursaute de surprise et me tourne pour faire face à Cercia que je n'avais même pas entendu venir. Il ne manquait plus qu'elle.
Ça va être amusant, recommence cette même voix dans ma tête.
Elle porte aussi un sac mais ne semble pas armé au premier coup d'œil en tout cas, elle s'avance prudemment vers moi paume à l'air face à mon arme que j'ai pointé dans sa direction sans même l'apercevoir.
-Oh, on est amie, non ? S'enquit-elle tout à coup peu sûre de savoir si c'était une bonne idée de m'avoir interpellé.
Non, on ne l'est pas, mais je ne réponds pas. Elle continue face à mon silence :
-Tu n'es pas conne Liu, il faut s'entraider si on veut survivre.
-Chen, la corrigeais-je la faisant légèrement sourire.
-Chen si tu veux, abdique-t-elle.
Vraiment amusant, reprends cette même voix qui commence à me faire peur.
-Ça va ? S'enquit Cercia me regardant perplexe.
-Il ne faut pas traîner ici, dis-je simplement esquivant sa question.
Je me place derrière elle pour l'avoir à l'œil alors que nous nous enfuyons encore et surement toujours.
Yo chères lecteurs, lectrices !
Comment avez-vous trouvé le premier meurtre de Liu alors ? Ses péripéties ne semblent pas s'arrêter là, la rencontre avec Cercia risque d'être intéressante.
Pour les lecteurs de 72HG Une renaissance, sachez que non je n'ai pas abandonné cette fiction qui est pratiquement terminé, mais pour le moment je préfère juste avancer sur celle-ci.
Arya : Tout d'abord milles merci ! Surtout que tes compliments m'ont donné envie de continuer à écrire et à publier plus souvent ! Je te rejoins sur le fait que moi aussi je n'en pouvais plus des fictions "nian nian", toujours le même scénario mais avec des personnages différents. Alors j'ai décidé de briser les règles et je suis contente que ça te plaise. Petite question, ton surnom "Arya" est une référence à Game of Thrones ? Et est-ce que tu as lus mes deux autres fics avant celle-ci ? Pour savoir si tu as une préférence, ou si tu vois des gros changements d'écritures etc ... (Bisous mielleux !)
A bientôt tout le monde,
FleurEncre
