Bonsoir ^^ Je reviens pour ce septième chapitre, en vous annonçant par avance que le huitième ne sortira pas avant deux semaines (mes partiels... T.T). En espérant que celui-ci vous plaise, nous n'avançons pas trop dans l'histoire mais il peut expliquer deux trois choses :) en espérant qu'elles soient assez claires à comprendre :') n'hésitez pas à poser des questions, sinon ^^

Emma : Saluuut :D Ouiii, c'est Twelve, je l'adore donc je ne pouvais pas ne pas parler de lui, puis comme ça, l'histoire est un peu plus récente x) C'est bien son monde d'origine, je ne pense pas qu'il y ait de Gallifrey dans le monde parallèle, dans le sens où ce monde a été créé à partir de Victoria et de Torchwood et que Gallifrey, existant déjà avant, ne pouvait pas y être ^^ puis, ce n'est qu'un avis bien sûr mais je pense que Gallifrey est un rond-point avec une multitude de monde parallèle autour (d'où le fait que les Seigneurs du Temps puissent les contrôler ou y avoir accès), dont celui de Pete, dont celui de Rose et du Docteur :) Et... HAHA, JE NE DEVOILERAI RIEN, CE SERA LA SURPRISE :D Mais l'histoire n'est pas fini, il peut y avoir des rebondissements, pleins de choses inattendus... ou pas d'ailleurs xD et j'espère que la longueur de ce chapitre te conviendra alors, il fait le double des autres (je n'ai pas fait exprès :')) x) et oui, c'est un appareil du genre, moi-même j'en sais rien xD puis comme tu l'as si bien dit, nous sommes des auteurs, on fait ce qu'on veut, comme on veut :D à la prochaine, j'adore toujours tes review merci d'être autant présente :D bisouuuus :3

TenRose11 : coucou ! :) avant toute chose, tu n'as pas à t'excuser de ton retard, puis je ne peux que te comprendre du boulot assommant qu'on a à la fac :') bonne chance pour tes exams d'ailleurs ^^ et j'espère que t'aimera aussi la suite de l'histoire, merci pour ton commentaire, ça fait tellement plaisir ! #TenRose4ever

Bonne lecture à vous tous :)


Clara. Mystérieuse Clara. Même le TARDIS semblait l'avoir effacé. Même le TARDIS n'était d'aucune utilité. Il gratta sa guitare, cherchant une présence au fantôme qu'il n'apercevait que furtivement. Comment, après la disparition de sa chère et tendre Amy, avait-il pu s'en remettre ? Qui était ce bout de femme dont il ne lui restait que des histoires ? C'était ennuyeux. Et le Docteur détestait s'ennuyer. Il préférait même manger des poires plutôt que d'être ainsi. Pour vous dire !

Pourtant, l'univers comme le temps lui tendait les bras. Il suffisait d'une envie et de quelques manipulations de débutants pour aller n'importe où. Mais il était las. Las de ces pertes, las de sauver des gens sans aucune reconnaissance. Il était las d'être le Docteur. Et ce n'était pas bon signe. Du tout.

Alors il s'enfonçait dans ses pensées obscures, se parlait à lui-même et songea qu'il lui faudrait quelqu'un à bord de ce si grand vaisseau. De toute urgence. Une femme, un homme, un chien, peu importe. Quelque chose capable de le supporter lui, son goût prononcé pour le danger, ses longues phrases, ses sautes d'humeur et tant d'autre chose. Quelqu'un qu'il pourrait étonner et qui pourrait l'étonner. Un compagnon, quoi.

Soudain, le téléphone sonna, faisant sursauter le pauvre Seigneur du Temps. Lui qui voulait rester seul, ça semblait impossible. Il fixait l'appareil, assourdi par son chahut incroyable, méfiant. Qui pourrait l'appeler ? Qui avait son numéro ? River aurait été susceptible de le faire ; mais le couple s'étaient dit adieu aux tours de Darillium, la semaine dernière. Il s'approcha du combiné puis décrocha avant de se poser davantage de questions.

– Allô ?

Curieux personnage, ce Gallifreyien. Il n'avait envie de rien, encore moins de sauver une planète -parce que qui l'appellerait, si ce n'était pas pour son aide?- mais suffisait que sa curiosité soit piqué à vif pour trouver une petite étincelle au fond de lui. Bien sûr, ça ne l'empêchait pas d'être rongé par une peine un peu plus profonde à chaque fois mais elle l'illusionnait bien, du moins, pour quelque temps.

– Docteur ?

Cette voix. L'intéressé fronçait les sourcils. Elle lui était familière même s'il ne l'avait pas entendu depuis des années. À qui appartenait-elle ? En fermant les yeux, il se souvint d'un homme. Grand, brun, un peu lourd sur les bords. Oui ! Ça lui revenait. Et cette nouvelle ne l'égayait pas.

– Jack Harkness. Si c'est pour un rendez-vous...

– Vous devriez venir à Cardiff. XXIIIème siècle. Vous saurez tout sur place.

– Je...

– Dépêchez-vous.

Il raccrocha avant que le Seigneur du Temps ne puisse ajouter quoi que ce soit et les coordonnées s'affichèrent sur l'écran principal. Le Docteur se rassit, surpris. Mais pour qui se prenait-il, cet immortel ? Parce qu'il croyait qu'un bref appel après tant de temps allait le bouger ? S'il n'avait pas envie de rencontrer de merveilleuses civilisations, de visiter de magnifiques planètes, ce n'était pas pour se rendre au Cardiff du XXIIIème siècle, fut-il pour un vieil ami. De désagréables souvenirs resurgiraient et il n'avait pas besoin de ça. Il fermait alors les yeux.

Il manquait quelque chose au TARDIS. Un détail qui changerait tant de chose. C'était petit, bruyant et ça lui brisait les cœurs ; mais ce n'était pas important. Sinon, il s'en rappellerait.

Donc. Où en était-il, avant qu'un certain capitaine ne le coupe ? Ah oui. Il lui fallait un compagnon. Un partenaire. Pourquoi pas, un ami. Un humain, les autres n'étaient pas assez attachant, ni même assez surprenant. Mais à quelle période ? De quel pays ?

Puis en fait, non. Il ne voulait plus personne dans son TARDIS. Pour quoi faire ? Il ne gardait pas ses camarades suffisamment longtemps pour pouvoir oublier ses démons. Ou ne s'attachait pas assez. River avait été surprenante, dans son rôle d'épouse mais... Amy lui avait apporté un immense réconfort. Donna était une femme brillante. Martha... Oh, douce Martha. Quant à Rose, tout aurait pu être simple si elle ne lui avait été brusquement arraché. Chacun d'eux... Chacune d'elle avaient tari ses cauchemars. Avant que leurs visages ne deviennent une source de torture intarissable. Son passage ne causait que morts, destructions, chagrins ; tout ce qu'il construisait, aidait, protégeait été anéanti l'instant d'après. La corde de l'espoir s'usait, l'usait et se déchirait, entraînant dans sa chute, le pauvre homme qu'il était.

Une sonnerie s'éleva de nouveau, le coupant une nouvelle fois. Jack avait un sacré culot de le déranger deux fois en cinq minutes. Irrité, il décrocha et ouvrit la bouche pour cracher des réflexions plutôt cinglantes mais le terrien le devança.

– Docteur, je vous attends, où êtes-vous ?!

– Je ne viendrai pas. Si vous avez un problème, demandez à UNIT de vous aider.

Il allait raccrocher quand l'homme insista.

– Ça vous concerne. De près ou de loin, je n'en sais rien. Mais ça vous concerne. Je ne vous appellerai pas, sinon !

L'intransigeant extra-terrestre n'y perdait rien. Un rapide détour ne pourrait que lui changer les idées ; il partirait avant que sa mémoire ne lui fasse des tours, avant qu'elle n'utilise le visage de l'immortel pour rouvrir d'anciennes blessures. Il souffla, agacé.

– J'arrive.

– Merci.

Il scrutait les coordonnées, amer. Puis, avant de regretter, de changer d'avis, les enregistra et baissa les commandes. Le TARDIS partit dans le couloir de l'espace-temps, tourbillonnant sur lui-même.

oOo

Jack, qui avait déprogrammé les protections de Torchwood, les réactiva quand le vaisseau de son alien préféré fut stabilisé.

Un nouvel homme sortit de la si singulière boite bleue mais le capitaine n'était pas surpris ; il s'y attendait même. Après avoir vu le neuvième et dixième Docteur, il allait forcément rencontrer le onzième.

Plus âgé, il semblait plus sévère, plus froid ; peut-être à cause de la rigidité de sa voix, au téléphone. Et il était seul. Pas bon, il n'avait personne pour le freiner dans ses ardeurs.

– Je suis ravie de vous revoir, salua sincèrement Jack.

– Moi de même. Que se passe-t-il ? Le pressa-t-il.

– Écoutez autour de vous.

Le Docteur tendit alors l'oreille. Si, au début, il avait cru percevoir un sifflement sourd provenant de nulle part ou de partout, il constata qu'il s'était trompé. C'était un murmure, presque inaudible. Une plainte indéchiffrable. Une longue lamentation. Puis il vit l'étrange lumière dorée qui sortait de la matrice contrôlant la faille. Étrange. Bizarre. De toute sa vie, jamais il n'avait vu un tel comportement. Il s'y approcha, sans rien toucher.

– Rien n'en sort et rien n'y est happé. Elle se contente de parler, de... Pleurer. Mais il y a plus intéressant. Écoutez attentivement ce qu'elle dit.

Intrigué, le Seigneur du Temps s'exécuta. Il lui semblait que c'était juste perceptible. Pas compréhensible. Pourtant, le capitaine avait raison. Et lorsqu'il capta enfin les mots que la brèche répétait, il eut besoin de s'asseoir. Son souffle se coupait sous ce surprenant coup de fouet. Impossible. Non.

– « Méchant Loup » ? murmura-t-il à haute voix, comme pour se convaincre qu'il ne délirait pas.

– Yep.

Lui qui voulait échapper aux souvenirs, ils revenaient à lui, assassins. Il n'avait aucun repos. Aucun répit.

Le Méchant Loup. Il était la cause de ce lien si étroit que le voyageur temporel avait eu avec la jeune Tyler. Cet entité lui avait également sauvé la vie, sur le satellite 5. Une puissance incroyable, incontrôlable, même par lui. Alors comment une brèche pouvait-elle ressasser ce terme, pourquoi, dans quel but ? Il détestait ne pas comprendre. Encore plus dans ce genre de situation.

– Il y a-t-il un lien avec Rose ?

Rose. Depuis combien de temps n'avait-il pas entendu ce nom ? Il lui fit un coup de poignard. C'était il y a peu de temps. Non. C'était il y a si longtemps. Un millénaire. Une éternité. Le Gallifreyien s'en souvenait, maintenant. C'était une douce période, une trêve avec lui-même. De trop courte durée, il n'avait pas su en savourer chaque instant. Cette Rose avait été un synonyme d'espoir. Elle ressemblait à un soleil. Le sien. Rose. Rose Tyler. Penser à elle laissait dans sa gorge un goût trop mielleux. Âpre. Et la culpabilité le frappait si fort qu'il en serait tombé au sol.

– Certainement.

Bien sûr que oui, même ! Mais il ne voulait pas l'admettre. Puis elle était morte. Morte au côté de son double humain. Qu'avait-il fait ? Avait-il été incapable de la protéger ?

– Qu'allons-nous faire ?

– Y aller.

Jack crut un instant que le Seigneur du Temps plaisantait. Mais sa salive l'étouffa devant son visage plus que sérieux.

C'était un fou. Un fou dans une boite bleue. Aller dans une faille était une mission suicide ; la chance que leurs cellules se décomposent et se disséminent dans tout l'espace-temps était beaucoup trop importante. Et l'immortel n'avait pas envie de tenter l'expérience. Une bombe explosant dans son ventre lui avait suffi. Pourtant, l'occasion de retrouver sa vieille amie le poussait à commettre ce risque. Après tout, il était avec le Docteur. Comme au bon vieux temps !

– Comment ? Demanda-t-il simplement.

– Oh, de simples réglages ! Si j'inverse la polarité de la brèche, nous pourrions peut-être remonter jusqu'à l'origine. Mais je ne vous obligerai pas à me suivre. Ce n'est pas sans danger.

– Et rater la chance de revoir Rose ? Vous rêvez !

Le Docteur se figeait.

– Elle n'est pas de l'autre côté, cracha-t-il froidement. Elle est morte depuis beaucoup de temps. C'est à l'évidence un piège qu'on nous tend, d'où le fait que le TARDIS reste ici.

Puis, sans le prévenir, il disparut dans sa boite bleue. Le capitaine, légèrement sonné, jeta un œil à l'ordinateur principal. Impuissant, il constatait que la courbe représentant l'activité de la brèche avait encore augmenté. C'était de très mauvais augure ; plus elle avançait dans son ascension, plus le risque qu'elle détruise Cardiff voire le pays de Galles tout entier, grandissait. Elle était de moins en moins contrôlable et le reste de l'équipe Torchwood ne pourrait l'aider ; ils rentraient à peine d'une périlleuse mission et étaient tous partis retrouver leurs proches, par quelle audace oserait-il les déranger ? Puis ils n'étaient pas plus hardis que lui, la concernant. Tosh aurait pu. Mais ça faisait tellement de temps qu'elle, comme Gwen ou Owen, ainsi que son cher Ianto, étaient morts. C'était il y a plus de trois siècles.

– Tenez-moi ça, ordonna le Docteur, claquant la porte de son vaisseau.

Ses bras étaient encombrés d'une machine guère habituelle, plutôt difforme, un bouton rouge et vert clignotant simultanément sur le côté. Obéissant sans discuter, Jack prit le fil qu'il lui tendait. Il songea, amusé, que si le Seigneur du Temps n'avait plus la même tête, et qu'il était réellement sévère et froid, sa manie de construire des appareils toujours aussi farfelus n'avait pas disparu.

– Que vous est-il arrivé ? Demanda-t-il, pour combler le silence entrecoupé des bips de l'étonnant équipement.

– Douzième visage, comprit l'interpellé. Onzième, mort de vieillesse. Dixième, par absorption trop importante de radiations. Maintenant taisez-vous si vous ne souhaitez pas voir la Terre exploser dans un magnifique feu d'artifice.

La bouche de Jack se boucla à double tour. Alors ce n'était pas la onzième mais la douzième régénération. Voire la treizième, si l'on ajoutait celle incomplète, quand le Dalek lui avait tiré dessus. Combien de fois pouvait-il utiliser ce procédé ? Et quel âge avait-il, maintenant ? Son regard était rempli d'étoiles. D'explosions. De sang et de miracles. D'amitiés nouvelles, d'amitiés mort-nées. Il était complètement différents. Sombre et fascinant à la fois. Qu'avait-il vu ? Vécu ?

– Très bien, j'ai terminé ! Passez-moi votre bracelet.

– Haha ! vous avouez enfin qu'il peut être utile !

– Ne recommencez pas.

Il empoigna le bras du capitaine et brancha l'objet à la machine. Un crépitement se produisit, l'appareil s'affola dans des bruits alarmants puis se calma. Le Docteur semblait ravi.

– Accrochez-vous sans jamais me lâcher. Mais soyez averti : il n'y a aucune garanti qu'on arrive en un seul morceau, ni même qu'on arrive tout court.

Jack ignora sa remarque en roulant les yeux puis posa sa main sur l'épaule du Docteur tandis que celui-ci s'approchait de la faille. C'est en touchant l'étrange lumière que le monde entier s'évanouit.

oOo

Ils tournaient. Ils hurlaient. C'était douloureux, c'était une agonie. Jack avait déjà ressenti sensation similaire, en s'accrochant au TARDIS, il y a si longtemps. En fait, c'était exactement la même souffrance : un manège infernal qui n'en finit jamais. L'impression d'une gravité omniprésente déchirait son être toutes les deux nanosecondes. Ses organes déclaraient leur indépendance, il n'arrivait pas à tenir. Son cœur lâchait complètement mais redémarrait, puis se stoppait encore ; la course folle qu'il menait entre la vie et la mort ne se terminerait jamais. Quant aux images... Il voyait sa vie défiler dans un tourbillon de couleurs. Ses doutes, ses amours, ses peines se dépeignaient devant lui et son cœur s'arrêtait de nouveau. Il crut rêver quand la cadence s'estompa. Même le choc qu'il eut en se cognant la tête au sol était un apaisement.

Le solide Harkness se redressa instantanément. Il n'avait pas perdu connaissance, contrairement au Docteur. L'inquiétude barra le front de l'immortel, en voyant le Seigneur du Temps avachi par terre. Si lui ne pouvait mourir, ce n'était pas son cas.

Doucement, il tapotait sa joue, sans avoir une seule réaction de sa part. Il le secoua puis, totalement paniqué, lui asséna un violent coup de poing.

– Vous êtes malade ?! Sursauta le Gallifreyien.

Il venait de hurler, parfaitement réveillé par ce choc inattendu. Mais il ne se sentait pas bien. Un malaise, une absence. Deux battements dans sa poitrine. Au lieu des quatre habituels.

– Ouh, qu'un cœur.

Il frappa une fois contre son torse, deux fois puis, agacé, demanda au capitaine de le faire -moins violemment que la fois précédente. Chose faite, le Docteur reprit les couleurs qu'il avait perdu.

– Je ne sais comment vous faites, avec un unique cœur, répéta-t-il, toujours aussi étonné.

Il se levait, espérant que leur vacarme n'avait alerté personne et se dissimula dans l'ombre. Il était surpris d'être seuls. Où se trouvait les gardes, les organisateurs de ce piège si particulier ? Prudence sur les talons, ils avançaient, découvrant ce nouvel environnement. Des couloirs grenats, une architecture si spécifique... Le Gallifreyien connaissait ce lieu. Il se voyait, enfant puis adulte, arpenter ses murs. Son visage pâlit.

-Je dois faire attention, ils savent à quoi je ressemble. Enfin, me semble.

-Où sommes-nous ?

-Loin. Très loin.

Gallifrey. Sa légendaire planète. Pourquoi étaient-ils à la Citadelle ? Si le Haut Conseil insistait pour connaître le nom de l'hybride, ils attendront longtemps. Qu'ils l'enferment encore quatre milliards d'années ! Sa réponse restera l'ignorance. Néanmoins, il y avait quelque chose de bizarre. Une fausse note. Une évidence entre ces derniers événements. Le Docteur écouta attentivement la mélodie de ses pensées. Puis mit le doigt dessus. Et tout lui semblait soudainement clair. Comment ne l'avait-il pas deviné plus tôt ?

Ses cœurs se figeaient, interdits. Le « Méchant Loup ». L'hybride. Il y avait trop de coïncidences. Un jour, les Seigneurs du Temps l'interroge sur cet être improbable, peu de temps après, le Méchant Loup revient à lui. Et si cette entité si mystérieuse été la cause de la prophétie ? Allait-elle détruire Gallifrey ? Mi-humaine, mi-... Déesse ? C'était à peine un être vivant, une abomination. Une créature qui n'aurait jamais dû exister. Et Rose... Elle était alors en danger.

Le Docteur pressait le pas. Il en était certain, son raisonnement était logique. Le Méchant Loup était l'hybride.

Mais Jack le décrocha de ses pensées : des voix s'élevaient dans les longs corridors et se rapprochaient dangereusement d'eux. Tournant alors sur leurs droite, les deux compères s'effacèrent dans le noir.

– Êtes-vous sûr qu'il ne causera aucun problème ?

Le Général, maintenant femme, s'adressait à Denrah ; derrière elles, une dizaine de soldats s'empressaient de limiter la distance les séparant.

– L'humaine est une ancienne voyageuse temporelle, elle est physiquement très solide. Ce n'est pas cette petite faiblesse qui changera quoi que ce soit. Faites-moi confiance, nous y arriverons.

Le reste de la conversation disparut dans une salle exiguë, un peu plus loin.

Le Docteur restait immobile, une colère noire affectant tout son être. Idiot. Il avait été idiot. Que lui avait-il prit de confier Rose à ce clone de bas-étage ? Il le pensait capable de lui offrir une vie convenable et pourquoi pas, de lui donner cet amour qu'elle méritait tant. Et voilà qu'il retrouvait son ancienne amie, mille ans après, si loin de sa planète d'adoption. C'était une véritable déception ; la seule chose qu'il pensait avoir bien fait dans sa vie était en fait une véritable erreur.

Sans annoncer son intention au capitaine, il s'approcha de la pièce où les Seigneurs du Temps s'étaient enfermés. Par chance -hasard?- une petite ouverture montrait l'intérieur de la salle. Il s'y penchait prudemment et jeta un coup d'œil discret ; il se serait effondré si Jack n'avait pas été là.

– Qu'il y a-t-il ?

– Vous n'avez qu'à regarder.

Il ne pouvait rien faire. Rien faire pour l'aider, rien faire sans se faire prendre. S'il comptait sur l'effet de surprise, son résultat ne sera qu'éphémère, ils se feraient aussitôt capturés.

Se baissant une nouvelle fois, alors que l'immortel était médusé, il détailla la jeune femme. Elle n'avait pas changé malgré ses longs cheveux et sa tenue pour le moins étrange ; que faisait-elle en mariée ? Et qu'est-ce-que les Gallifreyiens avaient-ils osé lui faire ? Les électrodes branchées à elle et relié à l'ordinateur l'alarmait.

– Quel est le plan ? Demanda Jack.

– J'ai peut-être une idée.

Sans en dire d'avantage, il posa ses doigts sur les tempes de son compagnon d'un jour.

– Wouah ! S'écria celui-ci dans un chuchotement guère discret, quand il eut terminé.

– Ce sont les plans de ce lieu. Je n'ai pas encore cerné leur intention mais...

– Nous sommes à Gallifrey. Docteur !

– Oui, je sais, plus tard Jack. Allez au régénérateur, je vous ai donné les informations nécessaires pour ne pas vous perdre. Une fois sur place, débranchez tout. Je tiens à vous dire que vous risquerez de mourir une fois ou deux à cause des protections et très certainement de vous faire prendre après ça mais je ne m'inquiète pas pour vous. Je m'occupe de Rose. Dépêchez-vous.

« Je m'occupe de Rose ». Il n'aurait jamais cru prononcer ses mots une nouvelle fois. Ça le faisait sourire. Ça lui faisait mal. Un mélange de tout, une palette de sensations, de sentiments. Après tout, il l'avait aimé, il y a un temps. Et malgré River, il ne l'avait jamais vraiment oublié, comme il n'a jamais pu oublier personne.

Ça le faisait sourire parce qu'il la retrouvait. Parce qu'il allait la sauver, qu'ils allaient s'en sortir, comme toujours, comme avant. Ça lui faisait mal parce qu'il la laissera derrière lui. Elle avait sa famille, elle avait son Docteur. Elle n'avait pas besoin de lui. Il fermait les yeux, submergé par cette sadique douleur.

– Oui, bien sûr ?! Vous jouez les fervents chevaliers et je fais le sale boulot ?! Oh, ne vous inquiétez pas, j'ai l'habitude avec vous.

– Merci, Jack.

Ce dernier le salua ironiquement avant de partir.

Maintenant, il fallait espérer que Rose ne se réveille pas. Pas tout de suite, du moins. Son inconscience empêchait ses exécuteurs de pratiquer leurs expériences sur elle. Il en ignorait la teneur mais tant qu'elle restait dans ce sommeil protecteur, tout ira bien.

Patiemment, le Gallifreyien s'assit dans le couloir : il se ferait attraper si quelqu'un sortait, si quelqu'un venait. Mais il s'en moquait. Il comptait, tendu, les minutes, l'espoir grandissant à chaque tour que l'aiguille faisait. Malheureusement, après un quart d'heure d'attente, Rose Tyler se réveilla.

C'était sans surprise qu'il la vit dissimuler ses émotions. Elle ne lui semblait ni en colère, ni triste, ni effrayé, ni... Rien. Alors qu'en la connaissant, elle devait bouillir à l'intérieur d'elle. Le voyageur temporel donna un coup de sonique, pour pouvoir entendre ce qu'il se disait. Et son visage se décomposa en percevant ce qu'ils souhaitaient faire d'elle. Son sang se glaça.

Extraire d'elle le Méchant Loup, pour contrôler le schisme intemporel, ne serait-ce quelques secondes et remettre Gallifrey à sa place. C'était... Ils n'avaient pas le droit. Les répercussions sur l'espace et le temps seraient désastreuses.

S'ils condamnaient Rose en commettant cette horreur, ils condamnaient aussi des milliers de planètes, de civilisations ; comment pouvaient-ils se permettre de chambouler le passé et le futur de cette façon ? Les Seigneurs étaient toujours en guerre. Mais cette guerre, ils la menaient contre eux-mêmes. Les règles qu'ils avaient écrites ne pouvaient être brisées ainsi ; ils se prenaient pour des dieux mais courraient à leurs pertes.

Il devait agir. De toute urgence. Il devait les empêcher d'atteindre le Méchant Loup, par tous les moyens. Quitte à tuer son hôte, en dernier recours. Cette conclusion le foudroya ; mais il n'avait pas le choix.

– Je vais mourir ?

Non, Rose.

– Oui.

– C'est certain ?

Je suis là. Je vais t'aider.

– Oui.

Il devait se bouger. Au diable Jack. Sinon, ce sera trop tard.

La jeune londonienne tenta une ultime fois de marchander sa vie, de gagner du temps. Mais le Général était connu pour son intransigeance et ne céda pas. Alors Rose cria. Elle tentait de se débattre mais ne pouvait échapper aux chaînes qui la retenaient.

– Voyons Général, il doit bien y avoir une autre alternative, non ?

Il n'avait plus le temps et s'était décidé à agir. Toutes les attentions se tournaient vers lui. Juste avant que la Veilleuse ne lance le drainage ; il avait bien choisi son moment. Se retenant de sourire, il fixait Rose qui le dévisageait curieusement. De la reconnaissance brillait dans ses yeux. C'était bon de la revoir.

– Quelle surprise de vous voir ici.

– Denrah, salua-t-il. Baissez vos armes, je ne vous veux aucun mal.

Enfin, seulement si vous allez au bout de votre idée.

Mais il se gardait bien de le dire.

Soudain, la salle plongea dans le noir. Il bénissait Jack et se promit de lui donner toute sa reconnaissance plus tard. Néanmoins, il devait se dépêcher, le générateur de secours n'allait pas tarder à s'activer.

Aidant son amie à se dépêtrer de ses fils, il lui murmura le petit mot qui avait changé leurs vies à tous les deux :

– Cours.

Et ils coururent comme si leurs vies en dépendaient, puisque leurs vies en dépendaient.