Coucou ! :)

Je reviens avec ce nouveau chapitre, qui, je le préviens, sera le tournant de mon histoire ^^ il doit donc me rester... Cinq à dix chapitres, tout comme je l'avais prévu :D Par ailleurs, pour une question de longueur, ce dernier sera coupé en deux mais pas de soucis, la suite sera posté très prochainement (demain, après-demain dernier délai).

Stariella : moi aussi j'aurais voulu que les retrouvailles avec Twelve soit plus longue mais comment bavarder avec les Seigneurs du Temps dans les alentours ? Ç'aurait pas été réaliste :/ Dommage, ils auraient été utiles pour servir le thé et les biscuits:( Avec ce nouveau chapitre, j'espère ne pas trop te décevoir ! :') au moins, tu auras les réponses à certaines de tes questions : qu'est-ce que compte faire Rose, comment la suite de l'histoire se déroulera ? ^^

Bonne lecture à vous tous, à très très bien ! ^^


– Rose ? Rose, tu m'entends ?

Des murmures s'élevaient dans la salle tandis que le Docteur, soucieux, tapotait délicatement le visage de sa fiancée. Tout allait bien quand, sans avertissement autre qu'un brouillard dans son regard, elle s'était écroulée. Il posa sa main froide sur son visage brûlant, attentif au moindre signe de conscience. Mais, mise à part une certaine agitation qui tendait ses traits, la jeune femme ne réagissait pas à ses appels, comme si... Comme si elle dormait profondément.

L'ancien Seigneur du Temps allait demander d'appeler les secours, inquiet de cette absence soudaine quand brusquement, la mariée ouvrit les yeux, reprenant l'air que ses poumons semblaient avoir oubliés d'avaler.

Elle vit, perdue, le brun d'une quarantaine d'année qui louchait sur elle, ainsi que toute une assemblée qui la veillait comme une mourante. Elle sentait, non sans mal, le soleil la fouetter de ses rayons chauffés à blancs ; à moins que ce ne soit une brûlure interne, comme un feu que son âme n'arrivait pas à contenir. La Londonienne eut du mal à atterrir. À savoir où elle était, qui était ces inconnus qui l'observaient curieusement. Puis, ses souvenirs, en retard sur l'horaire, lui revinrent et elle comprit.

Sans réfléchir plus longtemps, elle se précipita dans les bras de Son Docteur, un apaisement intense ébranlant tout son corps. Elle ne prit même pas la peine de retenir les larmes qui coulaient sur ses joues. Le soulagement était telle que Rose en aurait crié de joie.

– Ça va ? s'alarma-t-il, pensant qu'elle pleurait pour une toute autre raison.

– Oh que oui, murmura-t-elle.

Tout était rentré dans l'ordre. Il était là, elle était là, ils étaient tous là. Il n'y avait pas de morts, pas de mal, aucune conséquence à l'affront des Gallifreyiens. Cette conclusion était si rare ! La jeune femme s'accrocha à la veste de son compagnon, respirant son parfum si particulier. Ce n'était qu'une heure dans une transition hésitante, mais il lui avait manquée plus que tout.

Pourtant, elle devait se ressaisir. Rose avait juré de ne rien dire, elle devait s'en tenir. Alors, malgré son manque de force et l'envie de tout envoyer promener pour n'être qu'avec son promis, elle se sépara des bras réconfortants et se leva.

– Où en étions-nous ? fit-elle.

Elle retournait à sa place, devant un maire qui ne savait comment réagir.

– Rose, on peut reporter la cérémonie, tu devrais aller te reposer, chuchota le Docteur.

S'il se montrait poli et doux, la jeune femme entendait bien le « on arrête tout ça, tu vas dormir et après une bonne sieste, attends-toi à ce que je t'arrache les vers du nez pour savoir ce qu'il t'arrive ces derniers temps ». Mais elle fit semblant de ne pas percevoir l'ordre et prit un air faussement outré.

– Dis-le si tu veux te débarrasser de moi ! Non, nous pouvons continuer, je me sens beaucoup mieux.

– Rose ? Insista-t-il.

Un combat silencieux s'installa entre les deux conjoints, que le maire interrompit d'un raclement de gorge.

– Excusez-moi, dit-il, ne dissimulant que très mal son impatience, mais j'ai un mariage juste après le vôtre. Si vous ne voulez plus vous marier aujourd'hui, veuillez-vous rendre au secrétariat pour projeter la cérémonie à une date ultérieure.

– Docteur John Smith ? Le défia Rose.

Il dût alors se plier à la trop forte volonté de sa fiancée. Vaincu, il s'assit près d'elle et indiqua au maire qu'il pouvait reprendre là où le malaise de sa compagne l'avait arrêté.

– Mademoiselle Rose Marion Tyler, consentez-vous à prendre pour époux John Smith, de le chérir dans la richesse et dans la pauvreté, jusqu'à ce que la mort vous sépare ?

Il n'y eut aucun Gallifreyien, aucun alien, rien ni personne pour les arrêter, cette fois. Un sourire illumina le visage de la jeune femme.

– Pour le meilleur et pour le pire... Définitivement, oui.

Gwen Cooper, collègue de travail, amie et témoin du couple, leur apporta les alliances. Ils échangèrent leurs vœux de bonheur et de fidélité puis se passèrent la bague au doigt.

Ils étaient enfin mariés. Tout avait commencé dans une vulgaire boutique londonienne, dans un autre monde, dans une autre vie et ils étaient enfin mariés. C'était une fin ou plutôt, un début que le Docteur n'avait pas l'habitude de vivre.

Une fête battait dans le cœur de chaque personne présentes dans la pièce, heureux du bonheur de leurs proches. Mais c'était incomparable aux explosions de joie que ressentaient les jeunes mariés. Ils sortirent de la salle de réception, accueillis à l'extérieur par un tonnerre d'applaudissement ; un nouveau chapitre s'écrivait pour ces deux personnes dont le destin semblait n'accorder aucune faveur.

Le reste de la journée fut rythmé par la musique, l'amour et la bonne humeur. Si les époux s'étaient donnés les moyens d'avoir un mariage hors norme -il y a des choses que le Docteur ne pouvait refuser à la tempête qui lui servait de belle-mère-, il dépassa la limite de leurs attentes. Ce 11 juillet était un feu d'artifices riche en émotions, en moments inoubliables. En tout ce que l'homme de neuf cents ans n'avait connu qu'aux côtés des Tyler.

Rose aussi était comblé. Un sourire indécrochable pendait à ses lèvres ; elle dansait, chantait, s'amusait, oubliait. Pourtant, le lendemain, la réalité la rattrapa. Tout allait mieux, pour elle, mais qu'en était-il du Seigneur aux deux cœurs et de Jack ? Ils s'en étaient sortis, ils sont assez grands pour pouvoir se débrouiller tout seul. Mais si ce n'était pas le cas ? S'ils couraient un réel danger, comment pourrait-elle le savoir ? L'estomac dans les talons, elle passa son dimanche à se faire du sang d'encre, rejetant les interrogations sous-entendues de son partenaire : bien-sûr qu'il se doutait de quelque chose, rien n'échappe au Docteur.

Le lundi ne fut guère mieux : son impuissance rendait Rose particulièrement irritable, au grand damne de ce dernier. Elle n'était pas ce genre de femme, à attendre les bras croisés qu'un miracle s'opère. Elle aimait l'action et l'action l'aimait. Mais que pouvait-elle faire ? Ce monde la retenait prisonnière et le Méchant Loup n'était pas convocable en un claquement de doigts. Encore moins manipulable. Puis les pics réguliers de son compagnon, qui perdait patience peu à peu, l'agaçaient fortement, rendant l'ambiance particulièrement électrique.

Le mardi et le mercredi, les histoires avec Gallifrey furent écartées et les tensions qu'il y avait dans le couple s'atténuèrent : Torchwood 3 avait besoin d'eux, à Cardiff : la faille devenait incontrôlable les victimes se multipliaient. Main dans la main, ils tentèrent de trouver une cause à cette fluctuation négative, une solution : en vain, bien sûr. Rose priait pour que cette inquiétante activité ne soit pas dû aux agissements des Seigneurs du Temps : elle était loin de se douter ce qui se tramait réellement.

Le jeudi, quand la routine se réinstalla dans le petit appartement de Hyde Park, les disputes éclatèrent de plus belles. Le Docteur ne levait que rarement le ton sur sa compagne, mais ses éclats de voix était l'expression de son incompréhension. Il s'était mis à nu devant elle, n'avait plus aucun secret. Pourquoi lui fermait-elle la porte au nez alors qu'il tentait juste de l'aider ? Était-ce si grave que ça ? Il pensait alors qu'elle était tombée malade et ne savait comment le lui dire : mais l'idée de la perdre le rendant fou, il jeta cette hypothèse au feu sans jamais plus l'en ressortir. L'aimait-elle moins ? Voire plus du tout ? Se rendait-elle désagréable dans le but d'amorcer les choses ? Mais ce n'était pas ça non plus : Rose éprouvait pour lui un amour si pur que ses yeux brûlaient rien qu'en la regardant. Le jour où son image ne fera plus battre le cœur de la belle blonde, les étoiles, endeuillées, cesseront de briller. Alors il insistait, insistait et se heurtait à une Rose faite d'acier.

Elle devait tenir bon, coûte que coûte. Son cœur ne battait que grâce à un miracle appelé Docteur : elle aurait dû mourir. En sachant le fin mot de l'histoire, son sang plus ardent que la lave ne ferait qu'un tour dans ses veines de Seigneur. Elle ne pourrait le retenir et devait le protéger de lui-même, le préserver. Donc mentir.

Le vendredi, faible de devoir se battre tout en cherchant des solutions, Rose tomba subitement malade. Le médecin n'y fit pas grand-chose et le Docteur la veilla toute la journée, horriblement inquiet. Dans son cœur éclataient des souffrances qu'il n'avait plus ressenties depuis longtemps : doutes, haine, chagrin. Rose l'avait guéri mais ce violent rejet semait en lui les graines de la destruction.

– Il n'y a rien, ne cessait-elle de répéter.

Le soir, tandis qu'elle allait mieux, il avait recommencé à poser les mêmes questions. C'était plus fort que lui, il ne pouvait pas laisser la jeune femme dans l'ombre ; il devait comprendre.

– Ne me mens pas, les yeux dans les yeux, murmura-t-il d'une voix beaucoup plus glaciale qu'il ne l'aurait voulu. Je ne te lâcherai pas.

Encore une fois, Rose feint ne pas comprendre, lassée de ce combat permanent.

– Je ne sais pas quoi faire, quoi dire. Mais ça me tue de ne rien savoir. Ton silence me tue. Tu m'as toujours tout avoué, on est marié Rose. Je pensais qu'avec toi, ce serait une relation hors du commun. Me suis-je trompé ? Non. Non, je le sens. Je le sais. Alors pourquoi te renfermer de cette façon ? Est-ce si dure, de devoir te confier à moi ? Je ne suis plus le Docteur. Je n'ai plus de secrets, je n'ai plus de TARDIS, je n'ai plus cette douleur, cette rage qui noircissait mon âme. Je suis un homme ordinaire, qui ne vit que dans la crainte de mourir. Et tu es la seule chose qui me reste. Tu es la seule chose qui égaie ma vie, qui lui en donne un sens. Pourtant, lorsque je te vois réagir si prudemment avec moi, comme si tu mesurais chaque mot, chaque pensée, j'ai l'impression d'être avec une étrangère. D'être en trop. Dois-je partir, pour que tu sois de nouveau la Rose Tyler que j'ai connue à Hendrik ?

Un coup de couteau perfora la poitrine de la jeune femme. Pour ne pas flancher dans son mensonge, elle restait sourde à la douleur que son mutisme infligeait à son mari. Mais jamais elle n'aurait cru qu'il dépeindrait son mal-être pour lui faire cracher le morceau. Comment tenir bon, face à ça ? Elle ne souhaitait que son bien. Comment lui faire comprendre qu'elle se taisait pour lui, pour eux, sans devoir tout avouer ?

Hésitante, elle posa tendrement sa main sur sa joue, essayant par cette caresse de lui transmettre tout l'amour qu'elle ressentait. Mais ses yeux restaient vides, fixant un point qu'elle ne pouvait voir. Risquant une énième approche, la jeune Rose le prit dans ses bras ; mais son corps ne dégageait plus cet entrain si familier. Elle avait l'impression d'enserrer un cadavre.

– Arrête. S'il te plaît, supplia-t-elle. Je ne peux pas... Je ne peux rien te dire. Pas maintenant.

Jamais. Mais toujours remettre les choses au lendemain pour qu'elles soient un jour oubliées. Prends-tu le Docteur pour un idiot ? Crois-tu qu'il abandonnera comme ça ?

– Pourquoi ? Demanda-t-il.

Il était sec. Aigri. Pendant quelques instants, elle entr'aperçut le Seigneur du Temps qu'elle avait rencontré : neutre, froid. Un frisson hérissa les poils de sa nuque.

– Fais-moi confiance, articula-t-elle dans un semblant de voix.

– Confiance ?

Il mettait tout son dédain dans ce pauvre petit mot, crachant dessus comme s'il ne représentait plus rien. Jouait-il vraiment la comédie ? Ou était-elle allée trop loin ?

– J'ai toujours cru en toi, ajouta-t-elle. Depuis le début. À ton tour de me rendre la pareille.

– Confiance ? Répétait-il.

Dans une autre situation, le Gallifreyien l'aurait fait sans hésiter. Mais il sentait, comme un sixième sens, qu'elle prenait d'immenses risques pour lui ; et ça, il ne le tolérait pas. Alors, feintant la déception, la colère, l'incompréhension, exagérant sur ce qu'il ressentait vraiment, il posait sa dernière carte. Ce qu'il ignorait, c'est qu'elle n'avait pas dit son dernier mot ; si son jeu à lui restait bon, le sien était parfait.

C'était le coup final. Le coup fatal. La reine faisait tapis, le roi s'y soumettait. Rassemblant tout son courage, Rose se lança.

– Je...

Malgré sa détermination, elle dut reprendre son souffle. L'heure sur Gallifrey était un secret qu'elle emportera dans sa tombe, elle en était certaine. Mais elle cachait une autre chose qu'elle ne pouvait plus garder ; pas parce que Jackie en connaissait la teneur, parce qu'il lui était tout simplement impossible de le masquer plus longtemps.

Dans sa tête, des centaines de scénarios s'étaient joués, sans qu'elle n'ait réussi à en choisir un. Mais ce pourrait être une bonne diversion : avec cette nouvelle, la jeune femme était même capable de gagner. Néanmoins, comment lui avouer ? C'était un guerrier retraité, dont les horreurs vues et vécues en auraient tué plus d'un ; elle ne voulait rouvrir ses anciennes blessures, lui faire davantage de mal. Puis elle-même avait du mal à réaliser. Ses pieds oscillaient entre un bonheur intense et une terreur innommable tandis que sa vie prenait un cours inédit. Que dire ? Elle décida d'y aller directement, sans réfléchir plus longtemps.

– Nous allons avoir un bébé.

Voilà. Les jeux étaient révélés, le verdict allait tomber.

– Ouais, répéta-t-elle, plus pour elle-même que pour son compagnon. Nous allons avoir un bébé.

Sa grossesse était aujourd'hui une occasion unique : d'abord, elle l'avait crainte. Ensuite, elle l'avait pleurée. Enfin, elle l'avait dénigrée, se focalisant sur son mariage et d'autres détails. Avoir un enfant se prévoit, se décide à deux. Celui-ci tombait du ciel et apportait avec lui, tout un fruit de conséquences. Puis le Docteur avait déjà eu femme et enfants. Et cette famille avait été détruite par la flamme de la guerre, embrasant sous ses yeux impuissants, le bonheur qu'il se construisait péniblement. Son âme, marquée à vif, n'avait jamais guéri. Alors pourquoi fonder une famille et prendre le risque de voir ses yeux de Seigneur, hantés par de douloureux souvenirs ? C'était la question qui ne cessait de tracasser Rose. Si son compagnon avait été un homme ordinaire, sa maternité aurait été une joie immense : mais le Docteur était un Gallifreyien épinglé par un rideau de peines. Elle pouvait s'attendre à un refus comme à un carnaval de confettis.

Après quelques secondes qui parurent être une éternité, l'homme de neuf cents ans rompit le silence.

– Tu rigoles ? Tu me mènes en bateau depuis une semaine, juste pour ça ?

Rose redoutait cette réaction et s'en mordit la langue.

– J'avais peur... De te faire du mal ! s'empressa-t-elle de se justifier, sans réellement mentir. J'étais... Terrifiée par l'idée de te faire souffrir, de faire remonter en toi de vieux souvenirs. C'est un accident, je n'y ai jamais pensé, je n'aurais pas cru mais... Il est là maintenant et...

Elle ne termina jamais sa phrase, coupée par le doigt du Docteur sur ses lèvres. Par désespoir, elle leva la tête vers lui et y croisa une infinie gratitude.

Les nuages qui menaçaient le couple furent frappés par de trop violents rayons de soleil : par lâcheté sans doute, par faiblesse plus certainement, ils disparurent.

– Qu'ai-je dis ou pas dis pour te faire croire quelque chose d'aussi stupide, Rose Tyler ?

– Smith. Rose Smith.

– Rose Tyler. Smith est un pseudonyme. Un nom pour fondre dans la masse, pour les papiers. Tu resteras pour toujours Ma Rose Tyler.

Essayant de paraître sérieux, un rire sortit d'entre ses lèvres : à vrai dire, s'il tentait de le dissimuler, une explosion de bonheur secouait toute son âme.

– Mais... C'est vrai ? Tu...

Même pour lui, c'était trop grand. Il avait besoin de se rassurer. Parce que si, contrairement à la jeune femme, il y avait déjà songé, jamais il n'aurait cru vivre ce jour incertain. Sa vie dépassait ses rêves dans une course qu'il ne maîtrisait même plus.

– Tu...

– Oui. Maman est au courant, je me demande comment...

Il la fit taire en l'embrassant. C'était plus fort que lui, il avait besoin de la sentir, il avait besoin de l'aimer, là, tout de suite. Des larmes coulaient sur ses joues et, hors de contrôle, il la souleva de terre.

Dans un air qu'il hurlait plus qu'il ne le chantait, il prit la main de sa compagne, la forçant à danser. D'abord réservée, la blonde se laissa embarquer dans la folie de son Docteur, éclatant d'un rire qui n'avait plus résonné depuis longtemps.

– Demain, je ne vais pas travailler, au diable Pete. Les téléphones seront éteints, nous partirons plus tôt en voyage de noce pour fêter ce nouvel événement.

– Ce n'est pas sérieux !

– Je m'en fiche d'être sérieux, je t'ai toi et... Et le bébé Rose. Je t'ai toi et le bébé !

Le Gallifreyien n'arrivait pas à y croire. C'était une nouvelle ère. C'était un nouveau jour. C'était une nouvelle vie. Une nouvelle histoire.

En devenant humain, les défauts du Docteur ne cessaient de s'éteindre en lui. Par peur de l'éphémère, de ses chutes et de sa beauté, il avait forgé un mur impénétrable tout autour de son âme. Coup par coup, surprise par surprise, jour après jour, Rose Tyler en avait fait tomber chaque pierre. Aujourd'hui, alors que la pluie sévissait sur la capitale britannique, l'impossible Seigneur du Temps avait conclu un traité de paix avec ses démons.

Puis quelque part dans l'espace, loin d'ici, il y avait un vrai Docteur pour vivre de regrets et ne jamais oublier. Ce n'était plus son rôle à lui. La mort le guettait tandis que le bonheur le consumait : l'avantage d'être humain est de pouvoir être aussi fort ou aussi faible qu'eux, sans personne pour te juger.

Rose, quant à elle, était soulagée. Les jeux étaient révélés, le verdict était tombé : et elle avait gagné. Plus de questions, plus de disputes ; sa victoire était écrasante. Maintenant, fallait jouer la discrétion et la finesse, parce que jamais elle n'abandonnera. Elle attendra la fin de sa grossesse pour mettre en place son plan et se rendra coûte que coûte sur Gallifrey, quitte à traîner le Docteur derrière elle : foncer plutôt que fuir le danger était une habitude que la jeune femme ne saurait délaisser.

Un avenir brillant s'ouvrait au couple. Amour, mariage, famille, enfant : de choses si simples mais si compliquées lorsqu'elles y mêlent un Seigneur du Temps rongé par le remord. C'était presque trop beau. Oui. C'était presque trop beau.