Rappel : ceci est la suite directe du chapitre précédent ; le chapitre 9 et 10 forment à eux deux, un seul et unique chapitre.
Le vent caressait l'herbe rouge, frappant tendrement le visage de la rêveuse. Encore vêtue de son pyjama, elle marchait dans cette brise légère, ignorant la raison de sa venue dans ce monde si étrange. Mais sans s'en soucier, elle fermait les yeux, profitant du grand air, de cette infinie quiétude.
La jeune femme ne savait s'il faisait froid, s'il faisait chaud. Elle était bien et allait bien, le reste n'importait guère. Regardant plus loin que ses yeux ne voyaient, son esprit se délecta de cette délicate bénignité.
– Vous vous seriez plu sur Gallifrey. De toute ma longue vie, je n'ai jamais vu autant de rage et de force, autant de déterminisme et de courage, dans un seul être humain sensé ; vous auriez fait une bonne Dame du Temps.
Surprise dans son repos, la trentenaire se retourna et croisa le regard de son interlocutrice. Le vent se leva tandis que sa mémoire, ardent bout de chair, reflétait fidèlement la Veilleuse.
– Vous n'avez pas le droit d'être là.
La journée, qui s'annonçait claire, vira à l'orage. Et la plénitude de Rose devint une amertume noire.
– Dans votre tête ? Il n'y a rien qui l'interdit. La protection que le Docteur a bâti autour de vous ne s'étend pas jusque-là. Vous êtes seule sur ce coup-là. Asseyez-vous. N'ayez pas peur.
Rose obéit, guère convaincue.
– Je n'ai pas peur.
– Je sais.
– Que me voulez-vous ?
– Chaque chose en son temps ! Parlons, avant toute chose. Depuis que j'ai accès à chacune de vos pensées, j'ai pu voir la femme que vous étiez -et que vous êtes bien sûr. C'est impressionnant les personnalités que les voyages du Docteur façonnent. Et la foi que vous lui vouez est saisissante. Elle est compréhensible, malgré son arrogance, c'est un être fascinant, même pour nous. Mais de là à vous lancez dans une bataille qui vous dépasse largement ? Ce n'est plus de la bêtise. C'est de la démence.
– Comment va-t-il ?
– Bien, je pense. Du moins, pour le moment.
Il était encore en vie, alors. Bien qu'elle n'en ait jamais douté, cet aveu la rassura. Néanmoins, elle retournera sur Gallifrey : tant qu'il n'était pas libre, il n'était pas sauf.
Denrah ricana.
– Votre pauvre mari. Comment réagirait-il s'il savait que son épouse le rejetait pour l'original ? Ne croyez-vous pas que je devrais aller lui parler ? Lui dire où vous étiez le jour de votre mariage, pourquoi vous êtes aussi désagréable avec lui depuis une semaine ? Et les projets que vous bâtissez dans son dos, par la même occasion !
– Laissez-le tranquille. Il n'a rien à voir avec ça.
– Vos sentiments, s'adressent-ils à lui ou à son image ?
Le visage de Rose se déforma de dégoût. C'était une question qui ne se posait pas, puisqu'il était le Docteur du TARDIS, sans TARDIS. Et humain. En n'étant pas certaine de ça, comment aurait-elle pu l'épouser ?
– Par désespoir ? Répondit la Veilleuse.
– Vous ne savez pas ce que vous dites. Vous ne le connaissez pas.
– Justement, vous si. Savez-vous qui est le Docteur ? Pas le vôtre, le vrai. Non. C'est un être de mystères et c'est pour ça que vous l'aimiez. Maintenant qu'il n'a plus aucun secret, qu'est-il ? D'où votre amour puise-t-il sa flamme, s'il n'a plus l'étincelle de l'aventure, les énigmes ?
– Le comprendrez-vous, seulement ? L'humanité est une espèce que vous rêvez d'écraser. Alors comment vous expliquer qu'il y a plus beau que le temps et l'espace ? Les choses les plus anodines peuvent être truffées de trésor. Et la banalité peut être bien plus excitante que le danger. Il me convient, je suis heureuse avec lui. C'est tout.
– Mais avez-vous eu le choix ?
La jeune femme, lassée de ses questions, s'agrippa la tête et coupa le robinet de ses pensées.
– J'aime ce que j'ai. Ma vie, mon travail, MON Docteur. J'aime cette paix. Et ce bonheur n'égalera jamais avec le TARDIS et mille autres Docteurs.
– Donc pourquoi vouloir « l'aider » alors qu'il n'a nullement besoin de vous ? Votre mari, votre bébé et votre sécurité passent-ils après votre soif d'aventure ? N'essayez pas de me faire croire quelque chose d'aussi ridicule, miss Tyler.
La gorge sèche, Rose déclara qu'elle n'avait aucun compte à lui rendre. Ses pensées lui appartenaient, ses choix étaient les siens. Jamais elle n'abandonnera son Docteur pour un autre. Mais s'il était question de se battre, elle jetterait son corps et son âme dans la bataille.
– Que me voulez-vous, à la fin ?
– Vous adressez mes plus sincères condoléances.
Le cœur de la jeune femme se figea.
– Pardon ?
Le Docteur allait bien. « Du moins, pour le moment ». Son sang ne fit plus qu'un tour dans ses veines. Il avait définitivement besoin d'elle, peu importe ce qu'ils en disent. Pointant un doigt menaçant vers son interlocutrice, elle fit mine de se lever.
– Je vous préviens, si...
– Oh non ma chère, il y a méprise ! la coupa-t-elle. Je ne parlais pas de lui, je parlais de vous.
– De moi ?
La jeune femme n'était pas sûre de tout comprendre.
– Regardez votre paume.
Instinctivement, elle s'exécuta et tourna, retourna ses deux mains plusieurs fois. Pourtant, elles étaient tout ce qu'il y a de plus normal.
– Me...
– Ne regardez pas seulement avec vos yeux, soupira la femme en rouge. Regardez avec votre esprit.
Ignorant le dédain qui vibrait dans sa voix, Rose posa les yeux sur la paume de ses mains, attentive aux moindres changements. Les nuages lui pleuraient de partir, de courir, de fuir cette étrangère aux deux cœurs ; mais imperturbable, la rêveuse continuait de fixer sa main. Et comme par enchantement, à force de volonté, elle vit un dessin se former : là où rien ne se trouvait, un serpent noir, brillant d'une étrange lumière, dansait sous sa peau.
– C'est un reptile de Reccirius. N'est-il pas... Majestueux ?
Maintenant qu'elle connaissait son existence, elle ne parvenait pas à l'oublier. Qu'était-ce, exactement ? Ensorcelée par ses mouvements envoûtant, elle ne pouvait le quitter des yeux : c'était comme s'il volait, comme s'il était libre. Comme s'il était réel.
–Il draine votre énergie, ce que vous appelez « Méchant Loup », depuis votre départ de Gallifrey. Je vous l'ai dit, nous donnerions tout notre savoir pour l'obtenir, illégalement forcément, par la force s'il le faut. Nous sommes désolés. Désolée pour la douleur et votre mort prochaine.
Ils pourraient s'excuser un bon millier de fois que ça ne modifiera pas la finalité. Heureusement, tout n'était qu'un cauchemar bizarre. En es-tu sûre ?
– Vous êtes un monstre.
– Un monstre qui sacrifie la vie d'une pauvre femme pour la liberté de millions d'enfants ? Appelons les choses comme vous le voulez, nous ne les verrons jamais de la même façon. J'ai déjà la gentillesse de vous prévenir qu'il ne vous reste plus beaucoup de temps.
– Gentillesse ? Appelons les choses comme vous le voulez, nous ne les verrons jamais de la même façon.
– C'est certain, Rose Tyler.
– Que va-t-il m'arriver ? Demanda-t-elle.
Plus fort qu'elle, les questions sortaient de sa bouche sans que son cerveau ne puisse poser un droit de veto dessus ; un rêve reste un rêve, avec ses qualités et ses défauts.
– Ça a déjà commencé : d'où vient vos malaises, à votre avis ? S'ajouteront migraines, nausées, vertiges, hémorragies, paralysie puis vos organes vous lâcheront les uns après les autres en terminant par le cœur. Il n'y a rien que nous puissions faire pour remédier à la souffrance que le serpent vous infligera. Nous sommes navrés.
La folle ne semblait pas attristée pour un sou. Mais c'était déjà un miracle qu'elle se soit déplacée pour s'excuser. Ce n'est qu'un rêve, ce n'est qu'un rêve.Tendant vers la blonde une coupe, elle lui promit de boire en sa mémoire.
– De toute façon, murmura Rose, pourquoi vous croirais-je ? Ce n'est qu'un rêve, répéta-t-elle à haute voix.
– Comme tous les autres, sourit Denrah. Mais lorsque vous vous réveillerez, pensez à moi et regardez votre main. Le serpent ne disparaîtra que lorsque le Méchant Loup vous aura détruite. Bon courage, Rose Tyler.
Un souffle de vent souleva des feuilles mortes dans une tornade de couleurs et quand tout fut retombé, son invité avait disparu.
La jeune femme, seule au milieu de ce champ ensanglanté, s'écroula dans l'herbe. Son corps pesait lourd, si lourd ; et malgré l'improbabilité que ce rêve soit réel, elle avait étrangement peur. Que devait-elle croire ? L'invraisemblance ou le fait qu'un cauchemar ne peut être qu'un cauchemar ? Elle ne mourra pas aujourd'hui. Ni demain. Ni les jours qui suivront. N'est-ce pas ?
Le monde tourna autour d'elle, dans une tâche vermeille qui lui donnait de violentes nausées. Une respiration régulière, juste sur son cou, la précipita dans son appartement de Hyde Park.
oOo
Lorsqu'elle ouvrit les yeux, son visage croisa celui du Docteur. Il était deux heures du matin et la pluie ne s'était pas atténuée, dans la nuit. Au contraire, une tempête faisait rage sur la capitale britannique : les éclairs embrasés le ciel d'une lueur aveuglante et le vent hurlait des promesses de fin du monde.
Ignorant la moiteur de sa main et la sueur qui collait ses vêtements, la Londonienne caressa le visage de son compagnon : il avait l'air d'un enfant, quand il dormait aussi paisiblement. Ce contact volé l'apaisa, lui faisant oublier son effroyable cauchemar. Il avait le don, ces dix dernières années, de la rassurer par sa présence seule ; toutes angoisses, importantes ou non, étaient alors balayées.
En silence, pour ne pas le réveiller, elle se glissa dans la salle de bain et prit un cachet d'aspirine : ses maux de tête empiraient, surtout la nuit. Et ces derniers temps, ils étaient un véritable supplice. Avalant le médicament, sa conscience lui hurlait dans l'oreille qu'elle devait se souvenir : très bien, mais de quoi ? Elle avait beau y réfléchir, un marteau percutait sa tête, sans pause, empêchant le moindre détail de refaire surface.
Soudain, sa vision se troubla ; prise de court, la jeune femme s'agrippa à l'évier, sourde au fracas de son verre se brisant sur le sol. Elle ne se sentait pas bien : entre nausées et migraine, retenant le goût de sang qui montait dans sa gorge, elle ferma les yeux. D'ailleurs, pourquoi pleuraient-ils ?
Un coup, deux coups, trois coups et une crampe la paralysa dans le bas-ventre. Tombant au sol, elle n'eut même pas la force de crier sa douleur. C'était son corps entier, de son âme à sa chair, qui prenait feu d'un seul coup.
Elle regarda sa main, comme si la solution à son malaise y était écrite ; au lieu de quoi, elle vit le serpent danser.
Pétrifiée, elle l'observait faire sa ronde. Espérant jusqu'au bout, elle frotta sa paume au savon, ferma les yeux, se gifla mentalement ; mais le reptile restait là, à la narguer de ses boucles parfaites, un peu plus brillant à chaque tour.
Une autre crampe immobilisa Rose, qui laissa désarmée, la douleur parcourir tout son être. Et elle vit.
Dans le miroir, elle vit le sang qui tâchait progressivement son pantalon.
– Non...
Portant sa main à son ventre, par instinct sûrement, un gémissement rauque sortit d'entre ses lèvres : pourquoi lui enlever son bébé de cette façon ? Elle sombra, sa douleur interne plus forte que sa douleur physique. Comment le Docteur réagira-t-il ? Cette idée lui fit bien plus mal que tout le reste.
Si elle devait se fier à Denrah, ce n'était que le début. Ou plutôt, la fin de son histoire. Pouvait-elle vraiment mourir, comme ça ? Abandonner son mari, de cette façon ?
– Merde, ragea-t-elle.
Et si elle allait le réveiller ? N'était-il pas brillant ? Il pourrait l'aider. Et s'il n'y parvenait pas ? Il te regardera mourir, impuissant ? Il ne mérite pas cette fin.Non. Il ne méritait pas ça.
– Merde, répéta-t-elle.
Des larmes coulaient sur ses joues : de tristesse, de douleur, de peur, elle ne put les retenir. Tremblante, la blonde coucha sa tête contre le carrelage frais mais ne put se familiariser à son vertige. Tout tournait autour d'elle. Et puis, chaque partie de son être bouillait, brûlait, se brisait, se déchirait dans une souffrance qu'elle aurait préféré ne jamais vivre. Ce n'était que par un énorme effort que la jeune femme parvint à ne pas hurler sa folie naissante.
Dans un dernier élan de force, elle se leva, se changea et d'un coup de serpillière, effaça le sang qui s'était répandu sur le sol. Le Docteur ne devait pas voir ça. Il ne devait pas la voir ainsi, dans cet état si pathétique.
Plaquant ses mains contre le mur, Rose passa la tête par la porte de leur chambre et regarda son trésor, plongé dans un sommeil imperturbable. Le sourire qui divisait son visage souleva son cœur d'un amour incommensurable. Emportés dans une tornade de dévotion pure, ses sentiments, plus forts que ses tourments, adoucirent sa peine : que ne donnerait-elle pas pour contempler un millénaire durant, cette paix si singulière ?
Mais intransigeant, un éclair la traversa et l'illusion s'embrasa : demain, ce sourire s'évanouira. Son bonheur était un château de carte, condamné à tomber. Si fort mais sur le point de faillir. Le Docteur ignorait que le gouffre était à ses pieds et que le réveil l'y pousserait.
Cette pensée l'assassinat plus vite que ne l'aurait fait le Méchant Loup.
Alors l'ultime solution s'offrit à elle. Sans aucune hésitation, elle prit son téléphone puis glissa les clés de la voiture, posées sur la commode de l'entrée, dans sa poche. Le mal meurtrier revenait, tandis que ses poignets saignaient ; sans réfléchir d'avantage, elle quitta le petit appartement.
Peut-être, le reverra-t-elle ? Ce serait bien. Ce serait fantastique. Mais Rose ne pouvait se mentir : elle mourrait, sa tête le lui hurlait, son âme le lui murmurait. Entre le noir et le blanc restait son cœur, vêtu des couleurs de l'arbitre, qui tentait de la réconforter. Mais les espoirs étaient bien faibles par rapport à la douleur, bien présente. Son cauchemar avait été un avertissement, non un dessin de ses craintes.
Elle devait donc partir : comment oserait-elle offrir sa dépouille à son Docteur, son Docteur qui lui avait donné tant de merveilles ? C'était au-dessus de ses forces parce que si les rôles avaient été inversé, voir le corps sans vie de son mari à son réveil l'aurait plongé dans une aliénation certaine.
Veillant à ne faire aucun bruit dans les escaliers silencieux, elle s'enfuit de l'immeuble.
Heureusement, elle ne croisa personne et arriva jusqu'à sa voiture, garée dans une rue adjacente. S'écroulant contre le volant, la jeune femme planta ses ongles dans son ventre, dans l'espoir que la douleur cesse de la tourmenter, ne serait-ce, qu'une fraction de seconde. Mais, impitoyable, elle s'accrût un peu plus.
Après de nombreux essais vains, le moteur vrombit dans un grondement familier. La jeune femme éteignit le poste de radio avant que la musique ne lui monte à la tête et se dirigea vers la périphérie londonienne. L'air frais de la capitale contrastait avec sa peau brûlante mais n'apaisa pas son supplice.
Plusieurs fois, elle toussa et crachait un liquide rouge. Plusieurs fois, elle faillit avoir un accident et se fit klaxonner. Elle eut l'impression d'être saoule, d'être la droguée qui subissait les conséquences d'une overdose. Sa vision devenait floue et un son particulièrement dérangeant sifflait dans ses oreilles. Le rouge était vert, le vert était rouge, les détails n'étaient plus les mêmes ; elle délirait complètement. Malgré ça, malgré sa douleur, malgré sa désorientation, elle ne perdait pas connaissance, s'accrochant au minuscule bout de conscience qu'on ne lui avait pas encore volé.
Et le serpent continuait de danser, toujours plus vivant, toujours plus brillant.
Au fil des kilomètres, la campagne prit pied sur la ville. C'était à bout que la souffrante put s'accorder la permission de garer la voiture : cachée par le brouillard et la nuit sans lumière, personne ne la verrait ainsi.
Il pleuvait encore mais les gouttes d'eau ne parvenaient à la soulager : que peuvent un seau d'eau contre un brasier dévastateur ? Ses forces la lâchaient, elle n'arrivait plus à marcher, ni même à tenir debout ; ses jambes cédèrent et ses lèvres embrassèrent la boue, tandis que la pluie teignait en brun, ses beaux cheveux blonds.
Le Méchant Loup se réveillait complètement. Dans un élan de gratitude, il offrit à son hôte, les images de ce que sa vie aurait été sans lui ; deux enfants, des dizaines d'années, des centaines de souvenirs et des milliers d'éclats de rire. Elle aurait été heureuse. Ils auraient été heureux. Pourquoi fallait-il que toutes les histoires se terminent mal ?
Prenant son courage à deux mains, la jeune femme entreprit un combat enragé contre ce réveil prématuré. Ces images de pure tendresse lui donnaient l'étincelle qu'elle n'aurait espérée obtenir : dans un éclat de lucidité, ses doigts s'emparèrent du téléphone portable et composèrent leur dernier numéro.
Le Docteur n'était pas joignable. Elle le savait puis préférait que les choses soient ainsi : son courage n'aurait pas permis un au-revoir direct.
Le plus clairement possible, elle parla une ou deux minutes. Pas longtemps mais suffisamment pour dire tout ce qu'elle avait à dire. De toute façon, aucun adieu ne passerait aux yeux de son compagnon. Elle s'imagina sans mal, sa rage, son incompréhension et surtout, son affliction. Elle s'imagina sans mal, les tourments que son départ lui causerait, bien plus terribles que sa souffrance à elle. Puis cette fois, il n'avait pas de TARDIS pour noyer son désespoir. Aucun voyage pour compléter le vide autour de lui. Ni même des centaines d'années pour se dire qu'un jour, il ira mieux. Cette pensée, comme dix couteaux dans le cœur, fut bien dure à avaler. Et, à bout de mots, à bout de force, elle raccrocha. Et ferma son esprit, attendant patiemment son heure.
La nuit, ultime témoin de cette souffrance, de cet amour, se souviendra longtemps de la passion qui brillait dans les yeux de la petite fleur, avant que ses paupières ne se referment à jamais. Faisant tomber leurs masques d'espoir, les étoiles s'éteignirent en même temps qu'elle.
Stariella : hum... Et non, malheureusement, ce n'était pas le bébé le tournant de l'histoire :/ même si ça aurait pu, et c'est la raison pour laquelle j'ai coupé mon chapitre en deux, en plus de la longueur : l'espoir avant la chute ^^ et oui, c'était l'excellente excuse puis en six ans, ne jamais tomber enceinte, c'est un peu gros quoi, fallait bien que ça arrive x) malheureusement, on ne connaîtra jamais ce bébé... Ou peut-être, qui sait ? Si je suis d'humeur joyeuse... :3 (l'espoir, toujours l'espoir... J'aime être sadique xD) Après, j'en ai parlé plusieurs fois implicitement, de cet enfant, dans les précédents chapitres (avec Jackie, quand elle dit "je ne suis pas en parfaite santé" à Denrah, quand le Docteur entend dans les couloirs "ce n'est pas cette faiblesse qui nous fera obstacle") comme je n'ai jamais caché que l'histoire ne sera pas un merveilleux conte de fée (le genre est : aventure et drame, non aventure et romance x), le premier chapitre annonce déjà la couleur puis dans le résumé tout simplement, qui ne parle pas de Rose mais de Tentoo ^^). Bon, j'espère ne pas trop te décevoir, mais je ne voulais pas casser la routine de Doctor Who "toujours un mort, voire plusieurs" :/ puis j'aime bien les histoires comme ça xD (pas les lire hein, je deviens une madeleine sinon, mais les écrire x)).
