Bonjour tout le monde !
Voilà le dernier chapitre avant pas mal de temps, étant absence pour presque un mois (désolée, vacances vacances :/). Mais ne vous inquiétez pas, je reviendrai poster la suite et fin, fin-juillet/début-août ^^
Bad Wolf Bay 666 : j'aime ton surnom ;) tout d'abord, j'aimerai te remercier, créer un compte juste pour pouvoir poster une review, ça fait vraiment plaisir :) (après, tu peux poster des reviews sans être inscrite sur le site ^^ c'est ce que je faisais, avant ^^). Et je suis contente que ma fic te plaise, ça fait chaud au coeur :D Pour tout te dire, je voulais écrire un drama pour ma première fanfiction avec un début plutôt sympa et la mort d'un personnage important ensuite (et comme le Docteur ne peut pas mourir, mon dévolu s'est reporté sur Rose x)). L'histoire m'est venue après, suite au revisionnage de la saison 9 (qui m'a bouleversée... Clara... T.T) :') mais j'adore Rose, te méprend pas xD c'est pas parce qu'elle est morte que je ne l'aime pas ! xD et j'avoue, c'était cruel.. Mais c'est la vie, haha :D xD. Le Docteur incrimine Tentoo parce qu'il se sent lui-même coupable, après tout, c'est à cause de lui qu'elle s'est retrouvée dans un monde parallèle, puis il est venu sur Gallifrey malgré les dangers, tout ça pour l'aider et finalement, elle est quand même morte : je trouve que sa colère est compréhensible dans le sens où Rose était importante pour lui, il pensait qu'elle allait être heureuse jusqu'à son très vieil âge et finalement, ce n'est pas le cas du tout :') (ma phrase était trèèèès longue x')). Oui, j'ai déjà vu Torchwood, j'adore cette série (et pas parce que c'est un spin-off de Doctor Who, je trouve qu'elle est vraiment cool à regarder, plus trash xD). La façon dont Hana a absorbé le Bad Wolf sera expliqué au prochain chapitre, dans lequel j'expliquerai tout ^^ bisous et encore merci, ton commentaire était très gentil et c'est très encourageant :p PS : t'as du courage pour lire toutes les préfaces que je laisse en gras xD perso, quand je lis d'autres fics, je n'en ai jamais le courage (par peur de me spoiler, principalement mais quand elle est longue, elle gâche le texte je trouve :'))
Stariella : merciiiii :D Et pour les retrouvailles, je voulais pas non plus m'inspirer de l'épisode des 50 ans, du genre "c'est quoi ces chaussures"/"t'as une tête de vieillard" et c'est vrai que j'ai eu du mal à m'en détacher tout en restant dans l'esprit :') finalement, à t'écouter, ça a marché x) Oh, mais non, c'est pas ça ! L'épreuve était celle de Tentoo, pas celle de Twelve ! (enfin, même si elle n'a pas dû être très différente x)) Je pensais faire la sienne, de base, mais finalement, y'avait trop de chose à dire (Amy, River, Clara... C'est confus et ça aurait été trop long). Qu'est-ce qui t'as induite en erreur ? Je pensais avoir été claire :') Je crois qu'en français, le Void est traduit par le vide :') et moi aussi je préfère Bad Wolf mais bon, Méchant Loup, ce n'est pas non plus trop grave x)
Je sais que ces deux derniers chapitres ont été plus longs que d'habitude, j'espère juste qu'ils ne sont pas lourds. J'essaie de réduire les phrases, les pensées, d'être plus focaliser sur l'action mais ce n'est pas quelque chose dont j'ai l'habitude alors excusez-moi :(
Bonne lecture à tous et bonne vacances pour les étudiants :)
Une maison. Une porte d'entrée. Quatre sacs de courses dans les mains. Et une petite fille qui croisait les bras, derrière lui, impatiente.
– Papa, entre, tu bloques le passage !
Papa ?
Personne à sa droite, ni à sa gauche. Elle s'adressait vraiment à lui.
– Moi ? Demanda-t-il, pointant sa poitrine du doigt.
Ce qui fit rire l'enfant.
– Allez, ce n'est pas drôle, j'ai envie de faire pipi ! Maman !
La porte s'ouvrit, une blonde apparut.
– Ellie, ne cries pas si fort, nous ne sommes pas sourdes !
– Jackie ?! s'exclama le Gallifreyien.
– Bonjour Docteur ! Vous n'allez pas rester sur le perron, si ?
Sa tempête de belle-mère le serra dans ses bras puis, voyant la danse étrange qu'exécutait la fillette, tira John à l'intérieur de la demeure.
Ce n'était pas le manoir de Peter Tyler. Il était dans une maison qu'il ne connaissait pas, dans un quartier méconnu. Que faisait-il là ? Où étaient le Docteur, Hana ? Quelle était cette mascarade ?
– Pose les courses sur la table, j'arrive ! clama une voix dans le fond de la pièce.
Elle était familière. Beaucoup trop familière.
Lentement, l'interpellé se tourna vers le canapé. Sa confusion devint stupéfaction pure. Comme s'il venait de recevoir un coup dans le ventre, il lâcha les sacs ; le contenu de déversa sur le sol.
– Ro... Rose ?
Cette dernière se levait, un paquet dans les bras. Un grand sourire illuminait son visage. Mais voyant l'état de son mari, ses sourcils se froncèrent.
– Ça ne va pas ?
Il recula de deux pas, cherchant un appui de ses mains. Ses jambes tremblaient, il doutait qu'elles puissent le soutenir plus longtemps.
La jeune blonde s'avança vers lui, confiant son bébé à sa mère.
– Tu vas bien ?
Enfin, c'est ce qu'il crut entendre. Il n'était plus sûr de rien.
– Docteur, il s'est passé quelque chose ? insista-t-elle.
– Rose ? répéta-t-il.
Il n'avait que ce mot à la bouche. Jamais il n'aurait pensé le prononcer une fois de plus. Alors deux fois... Était-ce un rêve ? Un mirage ? L'avait-on drogué ?
Hésitant, l'homme frôla la joue de sa compagne. Si ce monde était une illusion, elle semblait vraiment parfaite : même le grain de sa peau restait fidèle aux souvenirs qu'il avait.
Fermant les yeux, il laissa sa chaleur se propager dans tout son corps, ravivant sa flamme intérieure. Son doux parfum lui montait à la tête. C'était impossible. Impossible. Et pourtant...
Sa main se fit plus audacieuse et s'emmêla sauvagement dans ses cheveux. Il traduisait tout le désespoir qu'il ressentait par ce toucher inespéré.
– Rose...
– Je suis là, tout va bien !
Les émotions provoquaient un concert symphonique dans sa tête ; le bonheur de la revoir se bousculait avec la peur de la reperdre, la confusion se mélangeait à la surprise, à lui en donner le vertige.
Que s'était-il passé ? Un flash lui revint, un mal de crâne, un son assourdissant. Puis, plus rien. Et il se trouvait là, dans cette vie qui aurait dû être sienne.
Mais Rose était là. Rose était morte mais Rose était là.
Voyant qu'il ne bougeait plus, cette dernière l'attira contre elle.
– Maman, va jouer dehors avec les enfants, ordonna la Londonienne. Je m'occupe de lui.
– Non ! s'écria le Docteur. Attends.
Il s'avança vers la fillette, qui le fixait sans comprendre et s'accroupit à sa hauteur. Ellie, s'appelait-elle ? Il la dévisagea gentiment, une vive tendresse à son égard ; comme s'il la connaissait depuis toujours. Deux couettes châtaines reposaient sur ses fines épaules, une lueur de malice brillait dans son regard noisette. Il voyait un peu de lui en elle, un peu de Rose. Et surtout, un grand amour, un fruit miraculeux.
Posant une main sur sa petite tête, il se détourna vers Jackie et prit le bambin qu'elle tenait dans les bras. Quel âge avait-il ? À en juger par sa taille et son poids, quelques semaines à peine le séparaient de sa naissance. Un fin duvet brun recouvrait son crâne et ses paupières se refermaient sur de grands yeux bleus. Une fierté ébranla le Seigneur.
Pourtant, il n'aurait pas dû être ici. Que s'était-il passé ? Il sentait le piège, il le voyait comme une évidence. Quelqu'un d'adroit, un ennemi fourbe redessinait son histoire, modelant ses douloureux souvenirs en vie chimérique. Le guet-apens parfait ; le rêveur devait se réveiller, avant qu'il ne soit trop tard.
Seulement, il ne pouvait se battre contre les pensées qui venaient à lui ; elle était une bande-annonce prometteuse et il avait envie de voir la suite.
Alors, des détails plus pertinents se succédaient aux prémisses.
Elena Smith. Sa fille s'appelait Elena Smith. Un prénom qui traduisait tout ce qu'elle représentait ; un bonheur inattendu. Elle avait quatre ans à peine, quatre ans de plus que son frère. James était né le mois dernier et déjà, une vive énergie pulsait en lui, une lumière qui émerveillait son entourage. Comment pouvait-il avoir omis quelque chose d'aussi important ?
Le Gallifreyien fermait les yeux, rejetant ses nouvelles images. Son adversaire était diabolique, de quelle façon pourrait-il lutter contre ces promesses alléchantes ? Personne n'est assez fous pour choisir la douleur alors que le plaisir et la paix se trouve derrière l'autre porte. Non !
Non. Ils devaient détruire le Méchant Loup et protéger l'univers.
Laisse-toi aller. Ne t'en fais pas, tout se passera bien.
Ils devaient...
Son regard passa d'Ellie à Jackie et de Jackie à Rose. Une béatitude s'empara alors de lui ; et de nouvelles lignes s'écrivirent dans son livre, par-dessus les anciennes phrases tâchées de larmes et de sang. Il en oubliait sa quête, lassait de la solitude quotidienne. Pourquoi se battre contre le bonheur ?
Rose était là. Mais Rose a toujours été là.
– Je... Je suis désolé, s'excusa-t-il. J'ai eu un moment d'absence. Mais ce n'est rien, je vais parfaitement bien !
Un grand sourire éclaira son visage. Pourquoi en douter ? Son fils, sa fille, sa femme, tout ce qu'il avait construit battait de loin ces espoirs les plus fous. Il chassa la tristesse d'un revers de la main. D'où venait-elle ? Elle n'était pas légitime. Elle n'était pas la bienvenue. Après tout, il avait tout pour être heureux.
La Londonienne s'apprêtait à ouvrir la bouche quand il plaqua un doigt sur ses lèvres, intimant le silence ; James venait de s'endormir.
Alors, empli d'une adoration sans limite, il s'empressa d'aller le coucher. Qui oserait réveiller un être empli d'une telle innocence ? Pendant plusieurs minutes, il fut hypnotisé par cette pureté. Et si, lorsqu'il revint dans le salon, sa compagne s'acharnait sur lui, essayant de mettre des explications là où il n'y en avait pas forcément, il dissipa son inquiétude par un rayon de bonne humeur ; tout était rentré dans l'ordre.
Elle eut du mal à le croire puis finalement, se laissa embarquer dans son enthousiasme : comment résister à ça ? Le Docteur heureux, elle ne pouvait qu'être épanouie. Lentement, les rires revinrent, la joie aussi. Et le reste de la journée se déroula sous un ciel clément, dans une frénésie qui rendrait jalouse de nombreuses personnes.
Vingt heures sonna. Le four aussi. Un repas animé rythma la soirée et plus tard, bien plus tard, quand seul le couple était encore éveillé, Rose évoqua les événements de l'après-midi : elle voulait comprendre, malgré tout.
– J'ignore ce qu'il s'est passé, avoua-t-il. Un malaise sûrement.
La seule chose dont il se souvenait était une tristesse profonde. Alors pourquoi y repenser ?
D'un baiser, il chassa sa peine. La lumière était trop vive pour être réelle, son cœur battait démesurément ; au fond de lui, une alarme voulait lui ouvrir les yeux mais il taisait cet avertissement. À l'écouter, il pourrait tout perdre. Tout reperdre ?
– Pendant quelques instants, j'ai cru...
Les tourments qu'il avait éprouvé après Canary Wharf lui revint. Pourtant, ils s'étaient retrouvés il y a plus de dix ans et ne s'étaient jamais quittés. Pourquoi ce vide en lui ? Comme si l'absence était toujours à déplorer.
Un besoin le poussa vers elle.
– J'ai cru t'avoir perdu. J'ignore pourquoi mais... J'en étais persuadé. C'est idiot.
Pourtant, c'était le Docteur l'idiot, non ses craintes. Mais pouvait-on lui en vouloir ? Comment ne pas être envoûté par un songe idyllique quand dans nos mains ne reste que la cendre des souvenirs ?
– Je resterai toujours avec toi.
– Oui. Je sais.
Il l'embrassa tendrement et, ne taisant pas le désir qui brûlait dans son ventre, se fit plus entreprenant. Dans un éclat de rire, la jeune femme se laissait faire. Alors, la délicatesse devint passion, rythmée par les souffles, les cœurs, les âmes ne faisant plus qu'une. Presque violents, presque furieux, les ébats se transformèrent en combat où les jeux se perdaient, guidé par un amour intarissable. Et la danse ne se termina que lorsque leurs corps, à bout de force, déclarèrent forfait.
Ils s'endormirent, enlacés. Retrouvés.
Puis vint le jour.
Puis vint la nuit.
Le temps s'écoulait, imperturbable.
Combien de levés de soleil vécut ce nouvel homme ? Combien de journées d'été passaient, sans que rien ne brise son insouciance ?
Le tableau était beau. Trop parfait et trop beau, ce qui aurait dû avertir l'ancien Seigneur du Temps. Aucun nuage au-dessus de leurs têtes, sauf quand la météo en avait décidé autrement. Entre le travail et la famille, le Docteur se perdait dans une vie qu'il n'aurait jamais imaginé avoir : vieillir près de Rose était le plus merveilleux des voyages.
Toujours, il en découvrait ; sur elle, sur les humains et même sur les extraterrestres. Les aventures se multipliaient : des courses folles dans des vaisseaux Sotariens, des combats intenses contre les Cybermen, et tant d'autres entreprises tout aussi passionnantes ! Quant à l'amour...
C'était tout simplement fantastique.
Elena grandissait, James aussi. Il n'y eut pas de cinquième "Tyler-Docteur-Smith" -un accident biologique, comme il en arrive tant de fois- mais la famille était bien heureuse comme ça.
Les albums photos se remplissaient d'années en années, les souvenirs s'empilaient les uns sur les autres, embrasés par une ardeur bienfaitrice. Et si les étés s'achevaient en un temps record, les hivers passaient en un claquement de doigts.
Quand Ellie eut l'âge et le niveau, elle entra à l'université des sciences physiques. Son enfance avait été bercé par les histoires de ses parents, elle rêvait t'intégrer Torchwood plus que tout. Là-bas, elle rencontra Tim et tomba amoureuse de lui. Leur histoire fut magnifique, peut-être pas autant que celle de Rose et du Docteur mais quelque chose comme ça.
Son frère, quant à lui, préférait les matières littéraires. Il avait une passion sans frontière pour l'histoire -terrestre ou alien, peu importe- et s'y adonnait corps et âme. Ce qui ne l'empêcha pas d'avoir une fille merveilleuse.
Le Docteur n'en perdait pas une miette, profitant de chaque instant. À ses yeux, même les plus tristes étaient mémorables.
Magnifiques.
Magiques.
Parce qu'il y avait lui, Rose et les enfants devenus grands.
Pourtant, le temps fit apparaître les premières ombres, les premiers doutes. Rose ne vieillissait pas. Lui non plus, d'ailleurs. Puis la façon dont les jours se passaient étaient bien étrange. Un matin il se levait, l'instant d'après, le soleil se couchait. Une douleur à la tête lui amenait des questions, des questions qu'il tentait de fuir ; mais le sentiment d'avoir oublié quelque chose d'important l'oppressait. Parfois, il en suffoquait.
Cependant, l'ancien Seigneur ignorait ces avertissements. Sa raison envoyait des SOS, il les balayait d'un revers de mains. Ces mots ne valaient rien : pourquoi prendre la peine de tout voir s'effondrer ? La vie ne valait pas le rêve.
Un mardi, peut-être un mercredi, il regardait les étoiles avec son épouse. C'était une habitude qu'il aimait bien, un moment de calme où seul sa présence comptait. Alors, il lui racontait des histoires, son passé et jamais elle ne s'en lassait. Elle l'écoutait parler, bercée par le timbre de sa voix. Comment en étaient-ils arrivé là ?
Ah oui. Un job minable à Henrik's, bien loin d'ici. Dans un souterrain, alors qu'elle venait de frôler la mort. Qui aurait cru qu'elle attiserait la flamme d'un Seigneur, qui puis-est, un Seigneur du Temps ? Et que ce dernier lui donnerait deux merveilleux enfants ?
– ... J'ai voulu lui faire comprendre que son mari n'était pas humain et finalement...
Il cessa de parler et se prit la tête à deux mains, assourdi par un son soudain et particulièrement pénible. Rose se tourna vers lui, inquiétée par le silence.
– Docteur ? Tout va bien ? demanda-t-elle.
– Je ne sais pas. Il y a un bruit étrange, dans mon crâne.
Ses traits se plissaient sous la douleur, un gémissement sortit d'entre ses lèvres. Se levant, il se précipita dans la salle de bain et passa de l'eau fraîche sur son visage. Mais la résonance ne faiblissait pas. Au contraire.
– Tu veux que j'appelle un médecin ? s'angoissa la jeune femme.
– Non, ça ne changera rien, articula-t-il.
Il s'accrochait à son bras, sa vision se floutait. Il aurait juré avoir déjà entendu ce son, cet écho coutumier. Mais un barrage bloquait ses pensées, l'empêchant de trouver les réponses à ses questions.
– Reste près de moi. Je t'en supplie, Rose. Ne m'abandonne pas...
Son cœur se serrait, la nausée monta, tandis que sa température chutait.
Mais il ne clignait pas des yeux et ne quittait du regard sa compagne. Il avait le sentiment qu'elle allait partir, qu'il allait la perdre. La reperdre ?
Une claque mentale l'assomma. Et les masques tombèrent.
Ils devaient tuer le Méchant Loup.
"Mais fais quelque chose, tu ne vas pas le laisser comme ça ?!"
"J'essaie Hana. J'essaie."
Ce nom...
Puis tout le revint. Et il hurla.
C'était le bruit du tournevis sonique.
– Rose ! Cria-t-il.
La jeune femme lui tenait la main mais son sourire avait quelque chose de triste.
– Je ne serai jamais loin, murmura-t-elle. Merci pour tout, je...
Elle s'évapora.
– Non ?! ROSE !
Et le monde se brisa, se brisa en milles éclats de verres.
oOo
L'impression que des aiguilles s'arrachaient simultanément de son corps lui coupa le souffle. Les fils se coupaient un à un, le pantin reprenait sa liberté. Sa douloureuse liberté.
Lorsqu'il ouvrit les yeux, la lumière blanche l'aveugla. Mais il vit les deux ombres penchées sur lui.
– Rose ?
– Tout va bien Docteur, le rassura Hana.
Les couleurs se prononçaient, les contours se dessinaient.
Et Rose n'était plus là. Bien sûr, puisqu'elle était morte.
Mensonge. Tout allait mal. Une énième fois, tourments interminables. Il n'en pouvait plus de vivre cette chute ; pourquoi personne ne voulait l'aider ? Abréger ses souffrances ?
– Que s'est-il passé ?
Il se doutait bien de la réponse mais souhaitait autre chose ; pourquoi ne pourrait-il pas y avoir quelque chose de réel dans cette vision ? Cependant, son incertitude fut confirmée :
– Les murs sont carnivores, ils t'implantent le rêve parfait et te dévorent lentement, si tu tardes à te réveiller. Magnifique piège ! Tu étais sur le point de mourir.
Une pulsion féroce battait dans les veines de l'ancien Seigneur. Il lui en voulait d'avoir interrompu ce songe, aussi mensonger, aussi cruel soit-il. Pourquoi vivre sans Rose, dans quel but ?
– Je ne voulais pas revenir. Tu aurais dû m'y laisser.
– Cesse de te lamenter, elle ne reviendra pas comme ça.
Hana toussa. John le regarda de travers.
– Nous avons besoin de toi, se rattrapa l'extraterrestre. Tu pleureras plus...
... Tard. Une lueur familière brillait dans les yeux de son clone, une lueur que ce visage n'avait jamais eue. Sa phrase resta en suspens.
– C'est facile, pour toi, murmura ce dernier. Quand tout sera fini, tu partiras dans le TARDIS, avec ton amie et vivra d'autres aventures. Ton deuil a été fait il y a plus de mille ans. Mais moi, je n'ai qu'un demi-siècle. Un demi-siècle sans elle et après, c'est terminé. Que me reste-t-il, à part du temps pour vagabonder, pour faire semblant de sourire ? Je ne veux pas porter un masque pour les dernières années qu'il me reste.
– Nous n'avions pas..., commença la Dame du Temps.
– La ferme !
La brune se renfrogna. La tempête devint un ouragan, crachant des éclairs destructeurs. Puis, toute cette rage s'évanouit aussi soudainement qu'elle était apparue, laissant place au silence.
Le dilemme empoisonnait ses veines : rester assis et voir l'univers se détruire, alimenté par le mal corrosif ou, une ultime fois, sauver des innocents et pleurer plus tard, quand la solitude s'obstinera à être son unique compagne.
John soupira bruyamment et dut se faire justice.
– D'accord, accepta-t-il. Qu'ai-je d'autre à faire, de toute manière ?
Ils allaient détruire le Méchant Loup.
Acceptant la main que le Docteur lui tendait, l'homme la saisissait et se leva. Il adressa un sourire défait à Hana, qui l'observait étrangement et suivit le Seigneur du Temps dans la salle face à eux.
Quatre statues de glaces les attendaient au centre de la pièce, créant un bandeau autour d'un cercle de lumière. Cette dernière, venant du dôme au-dessus de leurs têtes, illuminait la denzite, plantant des éclats orangés dans les cristaux incolores de la pierre. Et ces éclats dansaient, ondulaient comme des vagues, puis disparaissaient dans les racines qui se trouvaient à leurs pieds.
C'était le centre du labyrinthe. Ils avaient réussi à venir jusqu'ici et ils ne leur restaient plus qu'à accomplir leur mission.
Le Docteur pointa son tournevis vers le circuit complexe puis marmonna des paroles incompréhensibles. Il touchait tout ce qu'il trouvait, sondait tout ce qu'il pouvait, la concentration suintant sur son front.
– Tu sais ce que nous devons faire ? Demanda la brune après plusieurs minutes de silence.
– Je pense, mettez-vous là, ordonna-t-il.
Cette dernière, guère rassurée, se glissa au centre de la lumière et déglutit.
– J'ai peur, confessa-t-elle.
Le Gallifreyien interrompit ses mouvements frénétiques et se rapprocha d'elle.
– Je suis... Tellement désolé, murmura-t-il.
Il baisa sa main puis la prit dans ses bras, brisant le mur qu'il instaurait pour tout le monde ; après tout, elle n'était pas n'importe qui.
– Dis-moi quand tu es prête.
John observait la scène du coin de l'œil mais n'intervint pas. Ils savaient tous les trois que la jeune femme n'allait pas survivre ; mais la mort, n'est-ce pas la grippe des Seigneurs du Temps ? Elle n'aura qu'à se régénérer et tout finira bien.
Hana hocha de la tête, l'extraterrestre pointa son tournevis sur elle.
– Mes Docteurs. Je suis heureuse de vous avoir rencontré. Et toi, murmura-t-elle à l'adresse de John, surpasse ton chagrin, profite de chaque instant qu'il te reste. La vie est un cadeau et... Et Rose n'aurait pas voulu que tu vives dans cette triste solitude. Un Docteur a toujours besoin d'une compagne. Fais-ça pour moi. Pour ta femme.
Il baissa les yeux, muré dans le silence. Facile à dire. Qui était-elle pour lui donner des leçons ?
Les ondes soniques furent dirigées contre la Dame et se répercutèrent sur la glace. Si au début, rien ne se produisait, une lueur dorée pénétra la pièce, brisant le dôme par son passage. Une pluie de glace tombait sur eux ; ils l'ignoraient, observant le Méchant Loup prendre possession d'Hana.
Cette dernière ouvrit les yeux et dévisagea les deux hommes.
– Ça brûle, articula vainement la brune. Dépêchez-vous, je ne suis pas sûre de pouvoir tenir longtemps. Prenez... Prenez ma main et empoignez les statues. Elles vous aideront.
Ensemble, ils formèrent un cercle et l'énergie se propagea en eux, soulageant la jeune femme.
La denzite aspira le Méchant Loup, qui se mit à crier, à se débattre. Et si le Docteur tenait bon, ces hurlements étaient insoutenables pour John. La douleur physique n'était rien, mais le feu qui le traversait et qui prenait la voix de sa compagne était une torture qu'il ne supportait pas.
Il ne pouvait pas tuer l'entité, aussi dangereuse soit-elle. Mais il eut une idée, une idée qu'une voix répétait dans sa tête, tentatrice.
Pourquoi n'y avait-il pas pensé ? Ses doigts lâchèrent la statue, il se précipita sur Hana et l'embrassa de force. La flamme du vortex temporel passa alors d'elle à lui, coupant la connexion qu'il y avait avec le Docteur.
– Qu'est-ce que tu fais ?! hurla ce dernier.
– Je peux redonner vie à Rose...
Qui l'en empêcherait ?
– Hana, renvoyez la force d'où elle vient, vite !
– Je... Je ne peux pas, murmura-t-elle. Je ne contrôle rien. Docteur...
Le Gallifreyien pointa le tournevis dans son cou et brisa le lien avant que le Méchant Loup ne s'empare de John.
La lumière s'envola et retrouva sa prison, dans une des cellules de la Citadelle. Alors, une cloche sonna, ébranlant la planète tout entière. Cette cloche avertissait la présence d'un nouveau danger et résonna de la matrice jusqu'aux tréfonds de la Zone de la Mort.
Mais ce danger perdit connaissance, assommé par l'énergie dévastatrice qu'il venait d'accumuler en lui. Oubliant ainsi ce qui venait de se passer.
oOo
Il faisait froid. Vraiment très froid. Et puis, un mal de tête lancinant l'assaillait, l'empêchant de réfléchir.
John ne se souvenait de rien. Bonne nouvelle, mauvaise nouvelle, il l'ignorait. La lumière l'aveuglait, néanmoins, il s'y accommoda.
– Nous avons réussi ? demanda-t-il.
Le Docteur vibrait de colère. Hana était en retrait, les yeux dans le vague ; elle avait le même visage. L'ancien Seigneur comprit que tout ne s'était pas passé comme prévu.
Après plusieurs minutes tendues, le voyageur de deux milles ans prit la parole :
– Tu as voulu ramener Rose à la vie. Le Méchant Loup est maintenant dans les mains du Haut Conseil, bien gardé. Je ne sais pas ce que nous pouvons faire. Alors pourquoi ne pas rester ici et regarder l'univers se consumer ?
Une pointe d'ironie marquait sa phrase finale. Mais les reproches ne vinrent pas. Après tout, n'avait-il pas fait de même avec Clara ? Risquer la dislocation de l'espace-temps pour une personne ? Une seule personne ? Ce clone était bien de lui, c'était certain : intelligent, brillant, fantastique et parfois, à de rares occasions, complètement stupide, complètement égoïste. Il ne pouvait lui en vouloir, sachant l'amour qu'il ressentait pour Rose.
Le Gallifreyien fronçait les sourcils. Il eut beau se concentrer, aucune image, aucun son ne lui vinrent en mémoire.
Ramener Rose à la vie, à l'aide du Méchant Loup ? Faire comme elle, elle avait fait avec Jack ? Mais que lui avait-il prit ?
Il passa une main dans ses cheveux, songeant à la catastrophe qu'il avait été sur le point d'engendrer. Pas que le sort de l'univers ne l'inquiète, ce dernier aurait pu s'adapter ; ce n'était pas la première immortelle. C'était pour elle, ce à quoi elle avait échappé : la vie éternelle. La plus horrible des condamnations. Un poison incurable.
Comment vouloir commettre un tel crime ? Transformer l'innocence, l'amour, l'espoir de ce merveilleux bout de femme en une chute interminable parmi le chaos, les ténèbres ? Sa douleur était inimaginable. Chaque souffle, chaque seconde était une torture, c'est vrai. Mais changer le destin de Rose de cette façon, la priver de sa mort pour l'avoir un peu plus était une faute impardonnable. Qu'aurait-il fait s'il avait atteint son but ? Que lui aurait-il dit ? "J'ai voulu faire de ta vie un enfer permanent juste pour te garder quelques années supplémentaires. Sinon, tu m'as manqué !"
Un profond dégoût naissait en lui. L'immortalité était un cadeau empoisonné. Une malédiction. Quel magnifique remerciement pour l'amour qu'elle lui avait offert ! Sans le Docteur, il aurait commis la pire des injustices.
– Merci, articula-t-il.
Depuis quand ne contrôlait-il plus ses sentiments, ses émotions ? La tentation l'avait envoûté avec une facilité déconcertante, simplicité qui lui donnait la nausée. Lui, il avait détruit des Daleks, combattu dans des guerres inimaginables ? Vraiment ? Plus une once de ce héros pulsait en lui, faible, minable petit humain. Il devait mettre un terme à cette détresse. Coûte que coûte. Parce qu'elle lui échappait complètement.
– Merci d'avoir sauvé Rose, termina-t-il. J'ai... Jamais je n'aurais dû faire ça. Je le sais mais... Nous n'avions eu que six ans, si peu de temps. Nous venions de nous marier, elle était enceinte et... Ils me l'ont pris. Ils m'ont tout pris... Qu'est-ce que je suis devenu ?
C'était son désespoir qui s'exprimait. Car la réponse, il l'avait : c'était une aberration, une erreur. Une honte. Un Docteur révolu, une ombre de lui-même. Plus grand chose, pour résumer.
Le Seigneur du Temps se figea et croisa le regard d'Hana. Rose allait être maman ? Comment aurait-il pu le savoir ; la douleur de son double était un peu plus compréhensible. Elle n'excusait pas tout mais d'un pincement aux cœurs, il pouvait se mettre à sa place.
– Nous devons lui dire, suggéra la jeune brune.
Il resta silencieux.
– Maintenant.
Il hésitait, incertain que la vérité soit une quelconque aide ; au contraire, elle pourrait empirer les choses.
– Regarde-le ! insista-t-elle. T'as bien vu ce qu'il était capable de faire. Puis tu n'as plus besoin de moi, si ? Je ne peux pas le voir comme ça, lui mentir plus longtemps. C'est au-dessus de mes forces.
– Hana, taisez-vous.
– Qu'est-ce que vous me cachez ? s'enquit John, le front plissé.
La Dame du Temps se plaça près de lui et lui saisit la main, hésitante. L'extraterrestre l'interdisait d'en dire d'avantage, elle ignora son avertissement silencieux.
– Docteur... Mon... Mon prénom est un nom d'emprunt. Une couverture.
Il haussa les sourcils. Qu'est-ce que ça changeait ?
– Hana... signifie fleur. J'ai choisi ce nom pour... Enfin... La rose est une fleur magnifique, non ?
Le cœur du Gallifreyien s'accéléra. Il n'était pas sûr de comprendre ce qu'elle voulait lui dire.
Voyant son manque de réaction, la jeune impatiente posa la main de John contre sa poitrine. Deux battements réguliers. Juste deux battements. Les yeux de ce dernier s'agrandirent ; elle n'était pas d'ici. Elle n'était pas Gallifreyienne.
– C'est moi, Docteur. Pardonne-moi... C'est moi. Rose.
Elena vient du grec hele qui se traduit par "éclat de soleil". Je me suis dis que ce prénom, pour le coup, correspondait bien à l'histoire du Docteur et de Rose. Et si, au début, je voulais mettre une astérisque pour que vous puissiez lire cette précision quand elle semblait pertinente, la chance que la dernière phrase vous tape dans l'œil et que vous voyez la chute avant d'avoir lu le reste était trop grande, alors je me suis abstenue x)
