– Qu'as-tu fait ?! s'écria le neuvième Docteur.

Elle brûlait comme un soleil.

– J'ai regardé à l'intérieur du TARDIS. Et le TARDIS a regardé en moi.

– Tu as regardé le vortex du Temps. Rose, personne n'est censé le voir !

– C'est une abomination ! affirma l'empereur des Daleks.

– Exterminer !

Le rayon d'un Dalek vola jusqu'à la jeune femme, elle intercepta son tir d'une main. Le laser disparut dans son corps métallique.

– Je suis le Méchant Loup. Je me suis moi-même créé. Je prends les mots. Je les disperse dans l'espace et le temps. Un message pour me guider jusqu'ici.

– Rose, tu dois arrêter cela. Tu dois arrêter ça immédiatement. Tout le vortex est dans ta tête, tu vas brûler !

Ses yeux brillaient d'une lumière pure.

– Je voulais que vous soyez en sécurité. Mon Docteur, protégé du faux dieu.

– Tu ne peux pas me blesser, je suis immortel, répliqua ce dernier.

– Tu es minuscule, déclara-t-elle. Je peux voir l'intégralité de l'espace et du temps, chaque atome de votre existence. Et je les divise.

A ses mots, un Dalek devint particules dans les airs et s'évapora.

– Tout doit revenir à la poussière. Toute chose. Tout meurt. La guerre du temps est terminée.

Deux autres Daleks disparurent de la même façon.

– Je ne mourrai pas. Je ne peux pas mourir ! s'indigna l'empereur.

Comme pour le contredire, le Méchant Loup réduisit à néant son existence, l'existence de ses subordonnées et les vaisseaux eux-mêmes : il n'y avait plus rien d'eux.

– Rose tu l'as fait, maintenant, arrête-toi, ordonna le Docteur. Laisse-le partir.

– Comment puis-je laisser partir ça ? J'apporte la vie.

Elle inspira un souffle d'éternité au premier humain qu'elle trouva.

– Mais c'est mal ! Tu ne peux pas contrôler la vie et la mort !

– Mais si, je peux. Le soleil et la lune. Le jour et la nuit. Mais pourquoi ça fait mal ?

– Le pouvoir va te tuer et c'est de ma faute...

– Je peux tout voir. Tout ce qui est. Tout ce qui fut. Et tout ce qui ne pourrait jamais être…

Un futur heureux pour tous les deux, entre autres.

– C'est ce que je vois. Tout le temps. Ça ne te rend pas folle ?

– Ma tête…

oOo

C'était la fin. Lui, Rose, c'était fini. Il la regardait rire, sans se douter qu'elle n'allait plus jamais revenir. Pourquoi un tel dilemme ?

Il regarda son double humain, si semblable, si différent. Il pourrait le faire disparaître. Garder sa blonde pour lui. Mais le futur qui s'offrait à eux lui glaça le dos. Un point fixe.

Il y avait ce point fixe, cet être qui naîtra d'eux. Un enfant. Un enfant destiné à détruire l'univers : il tuera sa mère, son père, puis tout le reste et rien ne l'arrêtera.

Il pourrait résister à cet amour qui le torturait jour et nuit ; il pourrait tout bonnement mourir que l'effet sera similaire. Pour la garder, il pourrait faire semblant de ne rien ressentir, lui faire du mal, la repousser. Mais après un regard vers elle, il sut que non. Ce sera pire encore que de la perdre. Et elle ne sera pas heureuse.

Le métacrise était le protagoniste d'une prophétie, une légende sombre, un futur obscur. Mais prisonnier de ce monde parallèle, avec Rose près de lui, la menace qu'il représentait pouvait être contenu. Le futur pouvait encore être réécrit.

Son choix était fait. Si lui s'en sortait mal, ne s'en sortait pas du tout, elle, elle aura la paix. Elle sera comblée. Elle sera sauve. Pas forcément d'ailleurs ; sa mort était écrite, trop de détails correspondait. Mais au moins, quelques heures de répit lui sera accordé. C'était toujours ça.

Ouaip. C'était toujours ça.

– Juste le temps pour un dernier voyage. Darlig Ulv Stranden. Mieux connu sous le nom de…

oOo

– Si vous vouliez savoir pour l'Hybride, pourquoi ne pas m'avoir demandé ?

– S'il est une menace pour les habitants de ce monde, pourquoi ne pas nous le dire ?

– Que savez-vous, déjà ?

Le Général prit place à ses côtés.

– L'Hybride est une légendaire…

– Non.

Les Conseillers le regardaient étrangement, il ne bougeait pas.

– L'Hybride est une créature croisée de deux races guerrières, se corrigea le Guerrier.

– Quelles races ?

– Les Daleks et les Seigneurs du Temps, on suppose.

– Oh, il doit être très violent, alors.

– Imbattable. Selon les histoires…

– Si ce ne sont que des histoires, pourquoi êtes-vous si inquiet ?

– Certaine prophétie de la Matrice suggère…

– Non.

Le Docteur hocha de la tête, l'obligeant à se reprendre.

– Beaucoup de prophéties indiquent…

Le Docteur leva un doigt.

– Non, l'interrompit-il.

Le Docteur haussa les sourcils.

– Toutes les prophéties de la Matrice concordent : cette créature se tiendra, un jour, sur les ruines de Gallifrey. Elle démêlera la toile du Temps et détruira des milliards de cœurs pour guérir le sien.

Il affirma d'un geste entendu qu'il soutenait ce que son interlocuteur venait de dire.

– De quelle couleur est-elle ?

– Je ne sais pas.

– Les prophéties ne nous disent jamais rien d'utile, râla-t-il.

oOo

Rose. Un nom si banal pour une femme aussi spéciale. Elle était une reine, elle détrônait sans problème le plus invincible des dieux. Elle était une lionne au regard de braise, au tempérament de feu. Elle était un modèle.

Et je l'ai aimé. Je l'ai aimé avec deux cœurs, je l'ai aimé avec moins. Je l'ai aimé plus que tout. L'amour. Ma faiblesse. Ma limite. Ma fin.

Est-elle heureuse, là où elle est ? Est-elle bien quelque part, au moins ? Je ne pense pas. Pour être honnête, je ne pense plus à rien, à part à elle. Et au pourquoi je ne suis toujours pas mort. Exactement, pourquoi ?

Un mois que j'ai perdu son corps. Oui, je l'ai vraiment perdu : elle n'avait été retrouvée sous les ruines, il s'était comme… Volatilisé. A mon plus grand damne. Un mois que j'erre dans ce nouveau monde, sans rien, pas même un espoir.

Peu à peu, Gallifrey se reconstruit. Le bébé est un enfant qui crie, qui joue, qui apprend. Ses habitants ignorent ce qu'ils ont été, par quoi ils sont passés ; et ne sont pas plus malheureux. Dans le fond, j'ai réussi. Et qu'importe ce qu'en dit le Docteur, les autres, j'ai réussi. J'ai sauvé ma planète, sans goutte de sang d'innocents, sans détruire l'univers. Yep. J'en suis plutôt fier. Il y a un président. Des représentants, des lois, un rôle pour tous ; à vrai dire, cette nouvelle société n'est pas très différente de l'ancienne Gallifrey ; sans l'orgueil. Sans le danger. Elle s'adapte et le fait merveilleusement bien, sans se poser de questions. Le trou de mémoire leur semble normal, puisqu'il est collectif.

J'ai réussi. Mais je n'en ai cure de tout ça. Rose n'est pas là. Rose n'est plus là. Et rien ne vaut sa présence, pas même la plus belle des victoires ; et une victoire n'en est pas une, sans elle. C'est dur. C'est… Impossible. Cette douleur me terrasse, je me demande souvent pourquoi me relever. Qui m'attend sous ce ciel sans étoile ?

Nous sommes allés si haut que rien semblait pouvoir nous ramener sur Terre. Puis, il y a eu sa mort. Puis, la réalité. Et ma chute me traîne toujours plus bas, loin des enfers, loin des abîmes, dans un noir démoniaque. Il ne me reste rien d'autre qu'une déchéance, les décombres souillées d'une forteresse d'acier. Il ne me reste rien d'autre que cette dépression qui ruine mes nuits, ma vie, mes souvenirs si heureux.

Elle est là sans être là, un fantôme, une présence que je ressens sans pouvoir la serrer contre moi. C'est comme avant. En pire. Je n'aurais pas cru pouvoir ressentir pire, la vie aime me prouver à quel point j'ai tort.

Mon tourment est permanent, infini. Et je me déchire entre la raison qui me somme d'avancer, illusion insensible et un cœur qui me supplie de tout arrêter, bout de chair trop fragile. Mon âme, si bien que j'en ai une, est un arbitre blanc, puis noir, contrainte à endurer comme une condamnée à vivre pour l'éternité.

Je deviens fou. Plus fou, plus malade qu'avant. Ce mal est incurable et la trêve que j'exige n'est qu'un fantasme chimérique.

Mes jours se ressemblent, mes nuits ne diffèrent en rien. Rose. Ma Rose. Pourquoi la vie sans toi à ce goût de sang ? Je ne supporte plus rien, mes pas résonnent dans le vide, et avancent aléatoirement. Mes jambes titubent tandis que ma voix te hurle tout mon amour. Je n'ai même plus envie de porter ce masque que je m'étais forcé à mettre, cette dernière année. Où se trouve ces nuances de toi, pimentant, pigmentant tous mes levés de soleil ? Je ne m'en sors plus.

Alors pardonne-moi. Pardonne mon geste. Je suis sûre que tu comprends. Qu'aurais-tu fait, toi, à ma place ? N'aurais-tu pas tenté de mettre fin à cette souffrance ? Peut-être. Peut-être pas. Mais moi, j'étouffe. Je meurs. Je n'y arrive plus.

Rose. Attends-moi. Où que tu sois. Parce que j'arrive. La mort ne sera pas plus forte que l'amour. Pas cette fois-là. Je te le promets.

Je te le promets.

FIN


Voilà. Terminé. J'en ai le coeur qui se brise, comme si mon enfant partait voler de ses propres ailes.

L'épilogue ne devait pas être publié tout de suite, je l'avais déjà écris mais je devais le corriger ; finalement, mon esquisse étant bien à mes yeux, je n'ai pas voulu y ajouter une touche supplémentaire ; n'est-ce pas quand les écrits sont simples que l'émotion circule mieux ?

Bref.

Tout d'abord, merci. Ma fic est longue et si vous en êtes là, c'est sûrement que vous l'avez lu (sauf si vous êtes un finphile et que vous ne lisez pas ce qu'il y a avant). Alors merci du fond du coeur d'avoir pris votre temps. Ensuite, merci à toutes les personnes qui ont mis ma fic en favoris ou qui l'ont suivi : sans vous, j'aurais certainement arrêté. Voir un follower de plus, ça réchauffe grandement, ça aide surtout ; donc ceux du tout début, comme les derniers, merci du fond du coeur. Maintenant, je remercie plus particulièrement ma mère, mon père, mes frères et mes soeurs ("tais-toi Claude")... Non sérieusement x) je remercie Bad Wolf Bay 666 pour tous ses compliments, pour son assiduités, pour tes longs commentaires, pour... Tout ce que tu m'as dit. Et je remercie également Stariella : ta fic m'a donné envie d'écrire, c'est grâce à toi que je me suis lancée. Alors le fait que depuis le début, tu m'as conseillée, suivie, aidée, supporté mes bavardages incessants et mes longs pavés, c'est vraiment à toi que je dédis le plus grand merci : tu m'as soutenue quand je pensais abandonner, merci. Et j'espère que ma fin ne te déçoit pas x'D. Merci à tous.

Je tenais à m'expliquer (même si la plupart d'entre vous s'en fout, me blâme d'avoir terminé ma fic comme ça, ou pense qu'en tant qu'auteur, je fais les choses comme il me plaise ; non. Je dois vous expliquer, ma conscience ne sera pas en paix, sinon) : en commençant cette fic, je n'avais que le début, la mort de Rose et la fin. Ceci était prévu ; le reste n'était que totale impro'. Ce que j'aime bien dans Doctor Who, c'est les situations catastrophiques et les fins ne sont pas forcément bonnes pour les persos mais toujours meilleures que ce que le scénario envisageait. Je n'allais pas détruire Gallifrey ni l'univers ; j'ai donc voulu rendre les Seigneurs du Temps inoffensifs. La phrase de la prophétie dans la saison 9 "démêler la toile du temps" m'a intrigué, j'ai voulu l'interpréter à ma manière : démêler dans le sens où jamais plus, ils ne pourront y faire des noeuds (suis-je claire ? x')) ; ils ne pourront plus jouer avec, le temps sera perçu de la même manière que nous, nous la percevons. Alors j'imagine bien que ce bad-end, Rose étant morte, le Docteur et le Docteur séparés, Gallifrey replongeant dans une société archaïque, ignorant tout de l'espace-temps, Tentoo qui en finit, ne plait pas à un nombre d'entre vous. Mais Doctor Who a tendance à nous frustrer, c'est ce que j'ai voulu faire (même si jamais je n'aurais la prétention de dire que ma fic vaut la série !).

Je tiens également à m'excuser pour plusieurs raisons : mes fautes d'orthographes, de confusions dans mes mots, d'incohérences dans mon récit (même si je ne pense pas qu'il y en ai, j'y ai veillé) ainsi que des erreurs sur la série (je ne connais pas encore la première série, je me suis peut-être trompée ou inventé des trucs).

Si vous avez des questions, n'hésitez pas, je comprendrais que certains points soient obscurs pour vous et j'y répondrais volontiers.

à très bientôt, portez-vous bien et merci, encore :)