Bonjour chères lectrices! (ou lecteur que je n'aurais pas vu!)

Voici la suite des aventures de Leah, j'espère que ça vous plaira!

Je m'excuses encore du retard du dernier chapitre, j'ai d'ailleurs été bien punie puisque je n'ai pas reçu autant de commentaires que d'habitude.. foie d'Hachi, vous ne m'y reprendrez plus! ^^

Réponse aux reviews anonymes :

Nicky : Ai-je encore besoin de mettre ton nom? lol. Ne t'inquiètes pas, la meute reconnait la force de Leah, et cette bataille l'aide à s'intégrer plus efficacement. Je suis désolée... mais pour ce qui est du geste de Jacob... je ne dirais pas sa motivation ^^. Hahaha! De toute façon on s'en fiche, ce qui est important c'est l'incidence que son action aura. Après tout, je suis dans la tête de Leah, pas dans celle de Jake ^^.
Enfin, à propos de la taille du chapitre précédent... tout le monde va être content, puisque j'ai augmenté celle des chapitres suivants, afin d'éviter une différence de taille trop importante ^^. Voici donc un chapitre de 8 pages word! Je te fais de gros bisous, et te dis à la prochaine!
Ha! J'oubliais! MERCIIIII pour ta review!

WillySo : Ha j'adore avoir de nouveaux lecteurs! Merci à toi pour ta review, qui m'a fait très plaisir! Par rapport à la chose que tu attend avec impatience... ça arrivera dans 4 ou 5 chapitres. J'espère que tu pourra attendre ^^. Pour ce qui est de mes petites envolées lyriques en fin de chapitres, je suis contente que ça t'ai plus! Je me suis chantée la musique une bonne vingtaine de fois, avant de réussir à trouver les bons mots qui rentraient dans le rythme lol. Je suis heureuse que quelqu'un ai apprécié =). Si tu trouves celle de ce chapitre, je te ferais une surprise! A la prochaine!

Et maintenant, attention Mesdames et Messieurs, que le spectacle commence!

... Heu , la lecture pardon =)


Chapitre 6 : Une meilleure intégration

L'ambiance au sein de la meute était devenue extrêmement pesante. Depuis que l'on savait qu'Isabella et sa sangsue allaient se marier, tout le monde était sur les nerfs.
En effet, nous avions appris juste après la bataille, par l'intermédiaire des pensées chaotiques de Jacob, leur union prochaine.

Il les avait écoutés en parler, alors qu'ils étaient tranquillement sous la tente, juste avant l'arrivée de l'armée vampire. Le sentiment de trahison qui l'avait envahi était comparable à celui qui m'avait pris, il y a de cela trois ans. Isabella, nouvellement fiancée, n'osait pas l'avouer à Jacob, et c'était son vampire qui, par respect pour le loup, avait fait en sorte qu'il soit au courant.

Cela me prouvait encore une fois que mes sentiments à l'égard de la fille étaient justifiés, quoi qu'en dise Jake. Elle était aussi lâche qu'égoïste.
Et elle avait laissé à son futur époux le boulot d'informer l'autre homme qui était amoureux d'elle. Heureusement que la sangsue l'avait fait d'ailleurs, j'imaginais que la réaction de mon frère de meute aurait été bien pire s'il avait dû l'apprendre plus tard. Il lui avait évité de passer trop longtemps pour le dindon de la farce. Genre, il aurait pu le découvrir en écoutant une discussion entre Charlie et Billy.

L'horreur !

Mais je pense que Jacob détestait la manière dont cela c'était fait. En effet, dans son esprit, l'action du suceur de sang le rendait meilleur qu'il ne l'aurait voulu. Il ne voulait pas avoir de dettes, ni apprécier le vampire.

Il avait alors confronté l'humaine, qui avait eu le culot de faire du chantage, expliquant qu'elle avait des sentiments pour les deux hommes, mais qu'elle se mariait malgré tout avec le vampire.
Ils s'étaient embrassés, de sorte que Jacob avait oublié momentanément leur discussion lorsqu'il était arrivé pour se battre.

Je la trouvais terriblement arrogante, de penser pouvoir retenir Jacob dans son existence alors qu'elle faisait sa vie avec un autre…
Mais cela ne m'étonnait même plus.

Toujours est-il que les choix de cette fille avaient des conséquences sur nous autres, les loups.

Car si tous les membres de la meute, mis à part Seth, trouvaient ça absolument répugnant, le plus dur était de supporter les états d'âme de Jacob. Ainsi que ses pensées, tournées continuellement vers son amoureuse des vampires.
La situation devenait de plus en plus pénible à mesure que le temps passait, Jake n'ayant plus de ses nouvelles.

Son humeur était des plus exécrables. Il n'avait plus rien du Jacob heureux et joueur que je connaissais. Il accablait la meute de ses idées, et pire encore, de ses rêves.
Ainsi, nous rêvions parfois la nuit de faire l'amour à cette fille, ou à des réconciliations enflammées après qu'elle ait avoué s'être trompée d'homme.

Encore une raison de détester Isabella Swan.

Les loups qui s'étaient imprégnés étaient épargnés, leurs esprits n'autorisant pas un autre parasite que le visage de leur âme sœur. Pour une fois, je les enviais, eux et leur amour inconditionnel. J'aurais presque pu regretter le fait de ne pas être une prétendante à l'imprégnation…..
Parce que les autres, dont moi, subissaient ce bourrage de crâne incessant.

Ce matin, après avoir rêvé pour la quatrième fois d'Isabella en moins de deux semaines, j'avais décidé de lui remuer les puces. J'étais incapable de supporter cela une nuit de plus. Je commençais à comprendre à quel point me côtoyer avait dû être désagréable pour la meute.

Moi aussi je les accablais continuellement de mes pensées pour Sam.

Cependant, je m'étais calmée un peu. Je faisais vraiment partie de la meute, ils m'avaient fait une place, depuis la transformation de Collin et Brady. Cela était dû au fait que Seth et moi n'étions plus les petits nouveaux. Jusqu'à présent nous étions les derniers à avoir muté. S'intégrer est toujours plus difficile lorsque l'on rentre dans un groupe déjà soudé….

De ce fait, me sentant plus acceptée, j'avais moins envie de leur en faire baver. Ho je n'étais pas gentille pour autant, et s'ils me cherchaient un peu, j'étais toujours capable de répandre mon venin. Cependant, les tensions s'étaient apaisées.

À cela, s'ajoutait le fait que pendant la bataille avec l'armée de nouveaux née, j'avais pu leur montrer ce que j'étais capable de faire. Et je pense que j'avais reçu leur respect, quand il était apparu que j'étais tout aussi efficace qu'eux. Dans des domaines différents, mais tout de même.

Ils avaient enfin compris que je n'étais pas la plus faible, même si j'étais une femme. Depuis, ils continuaient à me taquiner, mais ils se moquaient plus pour s'amuser que pour me blesser. Enfin, la plupart du temps.

Bref, j'étais plus à l'aise au sein de ma meute. Je n'avais donc plus envie d'en sortir, et j'étais contente lorsque les garçons me proposaient une sortie, sans avoir été obligé de le faire par Sam.
Sam. Il continuait de rendre mon appartenance à la meute difficile, parce que je n'arrivais pas à l'oublier….

Et enfin, il y avait Jacob. Et c'était une excellente raison de ne pas cracher mon fiel sur mes frères de meutes. Ils avaient bien assez à faire avec lui et son humeur de chien. Si je m'y mettais moi aussi, ça en serait fini d'eux !
J'aimais les accabler de mes problèmes, mais je n'étais pas sadique au point de leur faire subir deux esprits dépressifs en même temps.

Jacob…. J'avais mis une semaine à digérer son geste lors de la bataille. J'avais encore du mal aujourd'hui à choisir, si j'étais reconnaissante ou agacée. Mais, il m'avait aidé à accepter le reste de la meute, comme des frères ou amis. Grâce à lui, j'avais pris conscience qu'ils ne me détestaient pas, et que si je faisais un effort, ils pouvaient même m'apprécier.
Il m'avait aidé à m'ouvrir un peu aux autres.

Je ne l'avais pas remercié, mais j'espérais qu'il comprenait être à l'origine de mon petit changement de comportement.

Je le rejoignais au bord de la falaise. Il avait tendance à s'y exiler depuis le grand évènement. Il n'y avait que moi qui m'y risquais. Mais puisque j'étais apparemment la seule ayant le courage de lui faire face, je jouais mon rôle de chieuse une fois encore.
Et j'avais l'intime conviction que j'étais devenue reine à ce jeu-là.

Et puis, je voulais l'aider, comme il l'avait fait pour moi, inconsciemment. Je n'aimais pas le voir ainsi.

Je savais parfaitement qu'il ne voulait qu'une chose : être seul. Tout comme je savais qu'il ne voudrait pas m'écouter. Mais, comme disait mon père : qui ne tente rien, n'a rien.

Je m'assis en silence à ses côtés, laissant mes yeux vagabonder sur les vagues qui finissaient leurs vies sur les rochers en contrebas. Comme lui.

Il repensait sans doute à la conversation qu'il avait eue avec Isabella, à propos de leur relation. Une conversation dont nous avions rapidement appris le contenu, dès qu'il avait muté, à son grand désespoir.

Jacob avait plus ou moins renoncé à elle, même si ses sentiments n'avaient pas changé d'un iota. Enfin, il avait promis de rester sage et de ne plus chercher à la draguer, ni à l'embrasser.
Mais il ne perdait pas l'espoir qu'elle reconnaisse son erreur, et nous savions tous qu'il avait l'intention d'attendre son heure.
En ami.

Il acceptait très difficilement leur mariage, même s'il avait essayé de se montrer enjoué lorsqu'il l'avait eu au téléphone, et qu'il lui avait dit avoir besoin de temps pour réfléchir. Temps durant lequel il préférait couper tout contact.

Je pense que le fait qu'elle lui ait avoué avoir des sentiments pour lui rendait les choses un peu plus difficiles qu'une simple rupture, et en même temps plus douces, peut-être.

Il savait qu'elle l'aimait malgré ce qu'elle lui faisait subir, et qu'elle souffrait donc elle aussi de cette situation. Et si le vampire partait, elle se tournerait alors vers le loup.
Mais savoir qu'elle en avait choisi un autre que lui rendait la souffrance de l'abandon encore plus insupportable. Il aurait pu avoir une chance avec elle, si elle l'avait aimé juste un peu plus que l'autre.

Pas facile à digérer, c'est sûr !

Le pire pour lui cependant, et je le comprenais, c'était la certitude qu'elle serait soit transformée, soit tuée. Aucune échappatoire. Il devait lui dire adieu.
Si elle devenait un monstre, ses instincts le pousseraient alors à se battre, et je ne pense pas qu'il arriverait à entretenir une relation amicale.
Seul Seth était capable d'un tel exploit envers les sangsues…

Mes pensées se détachèrent alors des problèmes de Jacob, pour en venir aux miens. Si j'étais dans sa situation, serait-il plus facile pour moi de me détacher des sentiments que j'éprouvais pour Sam? S'il m'avait avoué qu'il m'aimait, mais d'un amour plus faible que celui qu'il avait pour Emily, aurai-je mieux vécu son abandon ?
Savoir qu'il souffrait de me laisser, qu'il m'aimait toujours malgré le fait qu'il soit avec son âme sœur, cela m'apaiserait-t-il ?

Malheureusement pour moi, je ne le saurais jamais. L'imprégnation de Sam pour Emily avait été totale et avait détruit tout sentiment amoureux qu'il pouvait alors avoir à mon égard. L'imprégnation supprimait tout, et le remplaçait par un sentiment qui me paraissait fictif.

Isabella ne s'était pas imprégnée, elle était simplement tombée amoureuse, comme toutes les jeunes filles normales. Comme je l'avais fait.
Et l'on pouvait être amoureux de deux personnes en même temps.

Je secouai la tête pour revenir au moment présent. Je regardais Jacob assit à mes côtés.
« Tu crois que ça va durer encore longtemps, Jacob ? », lui demandai-je en geignant.

Cela faisait bien 40 minutes que nous étions dans un silence complet, perdus dans nos interrogations respectives, et je trouvais que c'était bien assez.
Ressasser le passé sous forme humaine n'était pas bénéfique pour moi. Je souffrais sans en faire profiter les autres.

Quoi ?
Hé ! Je n'ai jamais dit que j'étais devenue un ange. J'aimais toujours les embêter et les mettre mal à l'aise de temps en temps. Je le faisais moins, et d'une manière moins dure qu'auparavant, mais tout de même.
Chacun ses hobbies.

Devant sa superbe tentative pour m'ignorer, je grognais et le poussais légèrement du coude pour le faire réagir.

« Saute de la falaise, Leah. », souffla-t-il, sans me regarder pour autant.
« Quel accueil !, raillai-je. Franchement, gros bébé, tu n'as pas idée de ce que j'endure. »

Je relâchai mon corps et ma tête vint cogner légèrement contre le sol, alors que je me couchais, les pieds dans le vide. Je grommelai, en passant une main dans mes cheveux, massant doucement le point d'impact pour en faire partir la légère douleur qui s'en suivit.

Je poussais un soupir à fendre l'âme pour appuyer mes propos.

« Toi ? » s'écria-t-il, apparemment éberlué que j'ose lui parler de ma propre douleur.
« Tu es la personne la plus égocentrique qui soit, Leah. Mais comme je ne tiens pas à détruire ton petit monde, celui où le soleil tourne en orbite autour de ta chère personne, je ne te dirai pas à quel point ça m'est égal. Déguerpis ! »

Je savais qu'il réagirait comme cela.

J'eus du mal à ne pas lui dire que sa chère ex-potentielle petite amie était plus égocentrique que moi. L'amour le rendait aveugle. Mais ça aurait été vraiment inefficace que je lui face part de mes pensées. Aussi, j'enchainais comme s'il n'avait jamais pris la parole.

« Mets-toi à ma place cinq minutes. »

À ma grande surprise, il éclata de rire, sans aucune raison apparente. Je ne pensais pas que ma phrase susciterait une telle réaction… Je m'énervai un peu, vexée qu'il ne me prête pas attention.

« Arrêtes de rigoler et écoutes-moi. », je me renfrognai, légèrement plus agressive que ce que j'avais voulu.

« Si je fais semblant, partiras-tu ? ». Il me jeta un coup d'œil. Je me retenais de grogner, chose que je m'interdisais à faire sous forme humaine, lorsque je vis l'expression de son visage. Il me regardait comme s'il se faisait un topo de ce que j'étais devenue. Avec un œil sacrément critique.

Je détournai le regard, afin de ne pas perdre le but de ma mission, qui risquait fort d'être compromise si je commençais à prêter attention à lui et ses états d'âmes.
Il ne fallait pas que je m'énerve pour avoir une conversation constructive avec Jacob.

J'attaquais directement le cœur du sujet.

« Ça me rend malade, Jacob. Te rends-tu compte de ce que je ressens, moi? Je n'apprécie même pas Isabella Swan, et tu m'obliges à pleurer cette amoureuse des sangsues comme si, moi aussi, je l'aimais. C'est un peu déroutant, vois-tu ? La nuit dernière, j'ai rêvé que je l'embrassais ! Non mais tu imagines ? »
Je frissonnais d'horreur à ce souvenir.

Il leva les yeux au ciel quand j'utilisai le nom complet de sa chérie, qu'elle même semblait détester. Contrairement à tous je refusais de l'appeler Bella. D'abord parce qu'elle était affreusement banale et que par conséquent ce n'était pas un surnom qui lui allait. Ensuite parce que j'aimais voir sa grimace à chaque fois que je la nommais ainsi.

« Je m'en moque », me répondit-il avec un calme à toute épreuve. Je vis cependant qu'il se forçait à l'être.

« Il n'y a pas que moi. Tu veux vraiment laisser les Paul et Embry faire des choses pas très catholiques avec elle dans leurs rêves ? »

Il ne répondit pas, se contentant de serrer les points. Je continuais ma tirade avec ferveur, essayant autre chose.

« Je ne supporte plus d'être dans ta tête ! Oublie-la ! Elle va épouser ce machin, et il va la transformer en l'un d'eux ! Il est temps de passer à autre chose, mec ! Elle l'a choisi lui, pas toi ! Et elle ne reviendra pas là-dessus, contrairement à ce que tu t'imagines… »

« La ferme ! ». Je le vis se mordre la langue en tortillant sa mâchoire. Il réagissait enfin ! Je décidais alors de donner mon coup de maitre. Il fallait qu'il arrête avec cette fille, et qu'il comprenne qu'il ne pouvait plus rien faire !

Je voulais qu'il passe à autre chose, et qu'il ne passe pas sa vie à pleurer d'amour pour une femme qui l'oublierait.
Je refusais qu'il ait la même vie que moi ! Il ne méritait pas ça….

« De toute façon », ricanai-je, « Il se bornera sûrement à la tuer, un point c'est tout. Les histoires racontent que ça arrive souvent. Si ça se trouve, un enterrement sera une meilleure fin qu'un mariage. »

Il ferma les yeux pour se contenir, tandis que son corps tremblait. Il laissa passer quelques secondes le temps de se calmer, puis me dévisagea. Je souriais malgré moi, fixant mes mains, bien contente du résultat de ma provocation.

Je vis cependant avec inquiétude son regard s'assombrir et un rictus naître sur ses lèvres.

« Quelle blague ! La confusion des genres t'embête, ma vieille, mais songes un peu à ce qu'il en est de nous, à force de regarder Sam à travers tes yeux. Emily doit déjà supporter ta fixation, elle n'a vraiment pas besoin que nous autres, les gars, nous crevions de désir pour lui aussi. », me jeta-t-il.

Aie. Ca faisait mal. Je ne pus m'empêcher de grimacer sous le coup.
Parce qu'il avait raison. Je lui demandais de faire quelque chose que j'étais moi-même incapable d'appliquer…

Mais moi au moins, j'avais refusé de pardonner, ma fierté avait combattue ma douleur, alors que lui restait au pied de la fille.

Tant pis, j'avais essayé. S'il ne voulait pas ouvrir les yeux, ce n'étais plus mes affaires. Je ne pouvais pas le sauver de lui-même. Je pourrais bien combattre ces fichus rêves toute seule…

« Ok. Si tu veux passer ta vie à attendre qu'elle te remarque c'est ton problème. Et tu feras quoi Jacob ? Tu accourras la queue entre les jambes quand elle demandera à te voir, tu t'installeras sur le canapé à côté d'eux alors qu'il l'embrassera devant toi ?
Tu feras le chien de garde devant leur maison ?
Tu as si peu de couilles et de fierté ? En plus cette nana, elle s'en fout de toi. Ça se trouve, elle ne t'aime même pas. Apres tout, ce n'est pas elle qui t'as embrassé, c'est toi qui l'as forcé ! »

Je me levais d'un bond, et filais vers les bois. Au passage j'essayais de cracher sur cet imbécile.

« Raté ! », se moqua-t-il.

« Ce n'est pas ton imprégnée ! Bousille ta vie pour une fille qui n'en vaut pas la peine, mais ne vient pas te plaindre ! », lui hurlai-je.

Espèce d'enfoiré ! Je m'enfuis. Je le laisserais seul avec ses pensées désormais. Il était aussi fort que moi dans la catégorie « j'envoie chier tout le monde ».
Pas la peine de perdre mon temps.

S'il avait envie de déprimer, en regrettant constamment le choix d'Isabella, c'était après tout son problème. J'avais assez à faire avec les miens, comme il l'avait si bien dit.

Je décidais de muter pour aller faire un petit tour. Rien de mieux pour me calmer et réfléchir. Enfin uniquement dans les moments comme aujourd'hui, où aucun des garçons n'étaient transformé.

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Je gambadais depuis un bout de temps, réfléchissant à ce que Jacob m'avait balancé. La nuit était tombée, et je commençais à prendre le chemin de la maison, poussée par mon estomac.

Je sentis soudain un nouvel esprit m'effleurer. Jacob venait de muter, Embry et Quil m'ayant rejoint depuis quelques heures.

- Je suis désolé, souffla Embry dans nos têtes, en réponse aux pensées de Jacob. Nous nous dirigeâmes tous trois vers lui, chacun changeant son itinéraire initial.

- Attends-nous !, gémit Quil. Lui était plus proche de Jacob, juste à la sortie du village.

- Fichez-moi la paix !, grogna-t-il.

- Jacob, reprends-toi, le suppliais-je.

Nous étions inquiets.
J'étais inquiète.

Je sondais son esprit dans l'espoir de voir s'il ne voulait pas attenter à sa vie. C'était une des choses qui m'étaient passées à l'esprit lorsque j'avais appris qu'Emily et Sam s'étaient fiancés. Je comprenais mieux que quiconque les sentiments de Jacob en cet instant, tandis que surgissait dans nos pensée à tous, l'image du carton d'invitation posé sur la table à manger de Billy Black.

Quelle aurait été ma réaction si j'avais reçu une invitation pour le mariage de Sam et d'Emily ?

Connerie de vampire, je ne pus m'empêcher de penser.

Il accéléra, et nous fîmes de même ; les gars avaient pitiés de lui, je le sentais. Jacob devait le sentir également et cela me fit mal pour lui. Je savais à quel point la pitié des autres était malvenue et destructrice…

- Laissez-le partir. La voix de Sam dans nos têtes nous stoppa net dans nos élans. Je ne pus m'empêcher de frémir à la douceur de sa voix.
Jacob avait raison, cela devait être dur pour les garçons de ressentir mes sentiments chaque fois qu'il me parlait.
Mais je n'y pouvais rien.

- Reprenez votre forme initiale, ajouta l'alpha. Je passe te chercher, Embry.

Nous nous transformâmes tous à contrecœur, en geignant. L'instinct de loup nous poussait à venir en aide à notre congénère qui était blessé. Notre frère.
Nous laissâmes Jacob partir je ne sais où.

J'imaginais parfaitement sa détresse actuelle, et j'aurais aimé pouvoir l'aider.
Être un loup était alors la seule chose à laquelle il pouvait s'abandonner, afin de gérer sa douleur.
J'aurais aimé avoir une telle échappatoire à l'époque.

Je me retrouvais nue, au milieu des bois. J'étais à quelques kilomètres de chez moi, et n'avais pas de vêtements.
Bien sûr, Sam allait chercher Embry, mais me laissait seule. Il évitait toujours de se retrouver en tête à tête avec moi, à mes dépends parfois. Comme aujourd'hui.

Le fait que je ne risque rien des dangers, qui par leur seule évocation feraient frémir toute femme normalement constituée, faisait que les garçons ne se sentaient jamais obligés de m'aider. Alors qu'il s'agissait d'une chose qu'ils auraient fait immédiatement pour toute autre personne du sexe féminin.

Ils laissaient une jeune femme nue se balader seule dans les bois, et ce, sur plusieurs kilomètres. Comme j'étais une louve, je ne faisais pas les frais d'une galanterie hors du commun, loin de là.
Certes j'étais tout à fait capable de me défendre. En cas d'agression, ce serait l'auteur de celle-ci qui irait à l'hôpital. Il n'empêche que j'aurai aimé parfois que l'on fasse un peu plus attention à ma condition de femme.
Comme ce soir par exemple…

Je n'avais pas le droit de me transformer pour que Jacob soit tranquille. J'avais donc 50 minutes, environs, de course à pieds pour arriver à destination.
Je soufflais un bon coup pour me calmer.

Je me retournais vivement, et partis d'un pas énergique alors que mon estomac grondait.
Bordel, j'avais la dalle !

Mes pieds s'enfoncèrent dans la boue que formait le sol humide de la forêt. Je pestai, je devrais me laver les pieds directement en arrivant, si je voulais que ma mère me laisse passer la porte d'entrée.

Je stabilisais ma course, tout en râlant sur cette saleté de voix d'alpha, sur ces conneries de mariages et sur ces putains de vêtements alors que le vent frais glissait sur ma peau nue, me faisant frissonner.

Vive l'été à Forks...


Comprends-tu le chant d'espoir du loup qui meurt d'amour?
Les pleurs d'une Leah sauvage au petit jour?
Entends tu chanter les esprits de la forêt,
Peux-tu reviewer mon cher ami lecteur,
Peux tu reviewer lecteur, pour ton auteur?