Salut!

Je vous ai manqué? Pour ceux qui ne le savaient pas, cette pause dans ma fiction est due au fait que comme toutes personnes censées, je suis partie en vacances. Et dans un endroit si loin de la civilisation que je n'avais même pas internet ^^. J'adore!

Bref! Donc voila le chapitre que je vous ais concocter sur la plage. Bon, j'avoue que ce n'est pas le meilleurs que j'ai écris. Je trouve qu'il n'est pas top, mais j'ai beau l'avoir relu des dizaines de fois, impossible de faire mieux.
Dites moi ce que vous en pensez, honnêtement.

Ha et aussi, pour éviter de vous faire attendre une semaine de plus, ce chapitre n'est pas passé entre les mains de ma bêta... Donc... C'est à vos risques et périls ^^.

Aller, bonne lecture à tous!

Gros bisous

Ps : j'espère avoir le temps d'écrire toute les semaines, mais il faut que vous le sachiez : je rentre en prépa d'orthophonie à la rentrée... Et en plus, j'ai recueillis deux tous petits chatons qu'il me faut nourrir toutes les deux heures jour et nuit, en espérant que ça suffira à les sauver. Donc... Mais je ne désespère pas!

Voilà, le chapitre a été corrigé.


Chapitre 11 : Changement en douceur (ou pas ^^)

Je jetais la carcasse du jeune cerf. Plutôt le cadavre en fait, puisqu'encore une fois, bien trop dégoutée par ce que je faisais, j'avais été incapable d'en avaler plus de la moitié. Manger de la viande crue, directement sur l'animal était vraiment horrible.
Autant dans le goût que dans l'aspect.

Bien que la découverte de mon loup m'apaisait beaucoup, la situation devenait de plus en plus insupportable.

J'aurais voulu être à la réserve, que toute cette situation ne soit qu'un mauvais rêve, et que je me réveille dans mon lit. J'aurais ainsi pu préparer une bonne platée de pates avec ma mère, histoire d'avoir enfin le ventre plein.
Je n'avais vraiment pas envie de rester ici.

Je n'aimais pas les efforts que faisaient les sangsues pour être sympa, parce qu'inconsciemment, je les détestais un peu moins. Et je voulais continuer à les haïr. Tous ces changements n'étaient pas bons. Ma vie d'avant me convenait mieux.
L'amitié que Seth entretenait avec eux me dépassait. Je n'arrivais pas à gérer la situation. Tout m'échappait.

L'esprit de Jacob, qui avait fini par sortir du château de Dracula me fit sursauter.

- Bonjour, Jacob, le saluai-je.
- Super tu es levée. Seth s'est endormi il y a longtemps ?
- Je ne dors pas encore,
annonça ce dernier. Tu as besoin de quoi ?
- Tu crois être capable de bosser une heure de plus ?
- Sur. Aucun problème.
Il se leva aussitôt et se secoua.
- Mission de reconnaissance, nous informa-t-il. Seth, tu te charges des rondes pendant notre absence.
- Ok
, acquiesça mon frangin, slalomant déjà entre les grands pins de la forêt environnante.

- On rend encore service à ces fichus vampires ?, marmonnai-je.
- Ça te pose un problème ?
- Quelle question ! J'adore dorloter ces mignonnes petites sangsues.
- Tant mieux alors ! Voyons un peu à quelle vitesse tu cours.

- D'accord. Toujours partante pour ça !

Je me trouvais à l'extrémité ouest du périmètre. Plutôt que de couper près de la maison Cullen pour rejoindre Jacob plus rapidement, je m'en tins au sentier tracé. Je préférais éviter l'odeur autant que possible. Après mon superbe repas, je n'avais pas l'estomac assez accroché pour la supporter.

- Nez à terre Leah ! Ce n'est pas une compétition, je te rappelle.
- Je suis capable de flairer les traces et de te battre au poteau en même temps !,
répliquais-je, un peu vexée qu'il doute de mes capacités.
- Je sais.

Je ris, heureuse qu'il le reconnaisse. Nous empruntâmes un sentier sinueux qui s'enfonçait dans la montagne. Je ne m'amusais pas à le doubler, et je restais sur son flanc droit, sans le défier.

- Nous sommes drôlement loin,
je lâchai soudain.
- Simple mesure de précaution, répliqua-t-il.
- Oui, il serait dommage que nos précieux parasites risquent leurs peaux.
- En effet
, répondit-il en ignorant l'ironie de ma phrase, avec l'aisance que donne l'habitude.

Il avait beaucoup muri depuis cette histoire de mariage, et depuis qu'il avait quitté la meute. Il ne détestait plus les Cullens, et je pense qu'il commençait même à apprécier sincèrement Esmée, la mère, et son époux, Carlisle.
Il ne cherchait plus à énerver constamment la sangsue d'Isabella. Et les rares fois où je me permettais d'être agaçante, il ne relevait pas.

- Tu as tellement changé Jacob ! Un virage à 180 degrés !

- Tu n'es plus exactement celle que j'ai toujours connue et aimée non plus.

Je trébuchais légèrement lorsque le verbe aimer passa ses lèvres. Mais je repris rapidement un trot léger, espérant qu'il n'avait pas remarqué ma surprise. Il regardait devant lui, évitant de croiser mon regard.
D'un accord tacite, je ne commentais pas, et me contentais de ses aveux sans lui demander plus d'informations.

- C'est vrai. Suis-je moins agaçante que Paul, maintenant ?
- Bizarrement…oui
- Ha ! Quelle promotion !

J'étais heureuse, mine de rien, qu'il reconnaisse les efforts que j'avais fait pour calmer Leah-j 'envoie-bouler-le-monde.
- Félicitations.

Le silence se réinstalla. Il était temps de rentrer mais ni lui ni moi ne le désirions. Il était si agréable de galoper en toute liberté. Nous avions trop longtemps été cantonnés dans le petit cercle entourant la maison des horreurs.

De plus, ce petit moment de calme nous faisait du bien. L'accalmie avant la tempête.
Car nous redoutions toujours une attaque de la meute de Sam. Je me réveillais parfois en sursaut la nuit, en sueur, croyant avoir entendu un hurlement de loup dans le lointain.
Mais les nuits passaient, sans signe d'eux, depuis que nous avions refusé l'offre de Sam, lorsqu'il avait envoyé Jared en émissaire.

Comme nous n'étions pas pressés, Jacob songea qu'il fallait chasser sur le chemin de retour. Il savait que j'avais faim.

- Miam, miam ! pensai-je avec aigreur.
- Ta répugnance est purement mentale. Les loups se nourrissent comme ça. C'est naturel. Si tu cessais de l'envisager du point de vue humain…
- Epargnes-moi ta morale, Jacob. Je chasserai. Toutefois, je ne suis pas obligée d'aimer ça.

Une grimace de dégout déforma ma gueule lupine, en une expression qui n'avait rien d'animale.
- Vrai.

Nous continuâmes notre route, galopant côte à côte. Rien n'avait été dit clairement, mais tellement de choses flottaient dans l'air sans que l'on ait besoin de les nommer. Je décidais que c'était le moment idéal pour remercier Jacob de cette nouvelle vie qu'il m'avait offerte.

- Merci, lâchai-je sur un ton très indifférent, après quelques secondes de réflexion.
- De quoi ?
- De m'avoir gardée. Tu as été plus gentil avec moi que je ne le méritais.

Merci aussi d'être parti, de m'avoir donné la possibilité de m'enfuir loin de Sam.
Merci de me donner la possibilité de vivre librement. Même si j'aimerais être ailleurs.
Je ne formulais pas clairement ces pensées, et s'il les capta, il n'en dit rien.

- Heu. Pas de soucis. Crois-moi, ta présence ne me gêne pas autant que je le craignais.
- Quel éloge !,
reniflai-je, mais j'étais amusée.
- Surtout, que ça ne te monte pas à la tête.
- D'accord. À condition que tu fasses pareil avec ce compliment : je crois que tu es un bon alpha. Pas dans le même sens que Sam, mais à ta manière. Tu es digne d'être suivi Jacob.

Je le pensais vraiment. Il essayait de tout son cœur d'être un excellent alpha, et selon moi, c'étaient ses efforts de plaire à sa meute qui faisaient de lui une personne d'exception.
J'étais sincère.

Durant ces quelques jours au sein de ma nouvelle meute, libérée de Sam, j'avais été plus heureuse que ces trois dernières années.
J'aimais Jacob. Je lui étais dévouée comme j'aurais normalement dû l'être avec mon ancien alpha. J'avais beau de pas le montrer, je le suivrais, dorénavant. Et complètement, même si je pensais que ses choix n'étaient pas les bons.

Il lui fallut quelques secondes pour s'en remettre. J'aimais le surprendre par mon comportement pas aussi farouche qu'il s'y attendait.
- Heu merci. Je ne suis pas certain que je vais arriver à me rengorger en revanche. Qu'est ce qui te prend ?

Je ne répondis pas tout de suite. Je pensais au futur. Je savais que Jacob voulais regagner la forêt lorsque cette histoire serait finie. Comme il l'avait fait après l'annonce du mariage de la fille Swan. Il comptait rester sous sa forme de loup.
Il était donc prévu que Seth et moi, nous rejoindrions la meute de Sam, une fois les Cullens partis. Parce que nous n'aurions plus d'alpha. Et seuls les alphas peuvent exister sans meute.

Je respirais un bon coup et me lançais.

- Je désire rester avec toi.

Il s'arrêta net. Je continuai sur ma lancée, le dépassai et freinai. Je m'attendais à une telle réaction.
Lentement je revins à l'endroit où il s'était figé.

- Je ne t'embêterais pas, je te jure. Je ne te suivrais pas. Tu iras où tu voudras et moi pareil de mon côté. Tu n'auras à me supporter que quand nous serons en loup tous les deux.
J'allais et venais devant lui, ma queue grise fouettant nerveusement l'air. Cela ne se produira peut être pas souvent d'ailleurs, car je compte démissionner dès que possible.

Je le vis reprendre sa respiration. Je continuais rapidement, de peur qu'il me coupe avant que je n'ai eu le temps d'argumenter ma décision.

- Je suis plus heureuse que je ne l'ai jamais été, maintenant que je fais partie de ta meute.
- Moi aussi je veux rester
, lança timidement Seth. Il nous avait donc écoutés. Cette vie-là me plait.
- Hé ho Seth ! Notre meute sera bientôt dissoute
. Jacob essayait de nous convaincre.

- Notre raison d'être est liée à un but. Lorsque ça sera terminé, je resterais loup. Toi Seth, tu as des objectifs. Tu es un chouette gosse. Le genre qui part toujours en croisade. Il est hors de question que tu quittes la Push tout de suite. Tu dois finir le lycée et te construire une vie. Il faut que tu t'occupes de Sue.

- Mais…
- Jacob a raison,
soutins-je. Mon frère était bien trop jeune pour dire adieu à une vie normale.

- Tu es d'accord avec moi ? s'étonna le loup brun.
- Bien sûr. Cependant, aucune de tes paroles ne s'appliquent à moi. De toute façon, je comptais m'en aller. Je trouverais un boulot, loin de la réserve. Je m'inscrirais peut-être à des cours du soir. Je ferais du yoga, de la méditation afin de travailler mon fichu caractère… et je resterais membre de cette meute pour ne pas devenir folle. Comprends-tu le bien fondé de tout ça Jacob ? Je ne t'ennuierais pas, et réciproquement. Tout le monde sera content.

Il était hors de question que je retourne sous l'autorité de Sam. J'en étais tout simplement incapable… Je savais que je ne le supporterais pas.
Je voulais m'enfuir, prendre ma vie en main, ne plus entendre parler ni de vampires, ni de légendes qui transforment des hommes en loups.
Je voulais prendre cette chance qui m'était enfin offerte.

Recommencer ailleurs, rencontrer des gens normaux qui ne risquaient pas de mourir sous les crocs d'une bête assoiffée de sang.
Je voulais être maître de mon avenir, simplement.

Jacob tourna les talons et prit lentement le chemin du retour. Il paraissait encore choqué.

- Laisses-moi y réfléchir, Leah. Ça fait beaucoup de chose à digérer d'un coup.
- Naturellement. Ne te précipite pas.
Je ne voulais pas qu'il me donne une réponse négative parce qu'il s'était senti pressé.

Seth bougonnait dans son coin. Mais il était conscient que nous avions raison. Il n'abandonnerait pas notre mère. Il retournerait à la Push et protègerait la tribu, comme c'était son devoir.
Jake pensait à la question de l'intimité dans une meute à deux, juste avec moi. Je ne commentai pas ses réflexions, pour lui prouver combien notre cohabitation serait facile.

Nous tombâmes sur une meute de cerfs à queue noire.
Je soupirai, mais n'hésitai pas. J'avais bien trop faim, mon ventre me faisait presque mal tellement il était vide, à cause du peu de nourriture que j'avais avalé ce matin.
Les transformations nous prenaient beaucoup d'énergie, et mon corps avait besoin de bien plus pour être en forme.

Mon plongeon fut rapide et efficace, gracieux même. Je vis l'admiration dans les yeux de Jacob. Je tuai le plus gros, le mâle, avant que l'animal n'ait vu le danger.
Devant mon dégout, je sentis Jacob laisser son loup prendre le contrôle, espérant que cela m'aiderait.

Son côté bestial libéré, ses instincts pratiques l'emportèrent, déteignant sur moi. Après un moment, j'essayais de voir les choses comme lui. Cela semblait si facile….
Ce fut très étrange, nos esprits furent plus proches que jamais, car nous essayions de penser ensemble.
Étrange mais efficace.

Mes dents déchirèrent le poil de la bête, poussées par l'instinct animal qui vivait en moi. Plutôt que d'autoriser mon humanité à me diriger, je suivis ma nature lupine et mordis dans la chair.

Plus tard, essuyant mon museau et mes pattes sur l'herbe humide, je le remerciais.
- Ta façon de penser n'est pas si mal, ajoutai-je. Je sentais enfin mon estomac être rassasié, pour la première fois depuis mon changement de meute.
- Tout le plaisir a été pour moi.

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Jacob était retourné chez les Cullens. Je ne savais pas trop ce qui s'y passait, et ne voulais pas le savoir. Je connaissais seulement ce que les pensées de mon alpha et de Seth m'apprenaient : l'état de santé d'Isabella continuait à se dégrader, au fil des jours. Elle était véritablement en train de mourir.
Et je savais que Jake souffrait de cette situation. Il ne supportait plus de la voir déjà dans un cercueil, tandis qu'elle trouvait toutes les excuses du monde au petit monstre qui grandissait en elle et qui la tuait.
Pire : elle semblait l'aimer comme une mère aime son enfant.

C'était absolument horrible pour lui. Tout comme pour la sangsue responsable de ce drame, apparemment.

Et moi, je la détestais encore plus. Son égoïsme et sa bêtise étaient au summum lorsqu'elle disait à Jake que son enfant n'était pas responsable. Lui, ça le tuait à petit feu de la voir se désagréger ainsi, mais il ne pouvait pas s'empêcher d'aller la voir, comme une espèce de voyeurisme morbide.

Avec Seth, nous avions finis notre patrouille matinale, et de ce fait, nous surveillions maintenant la maison des Cullens, tout en nous reposant un peu. Je crois que depuis ma mutation, je n'avais jamais si peu dormi et autant patrouillé sous ma forme animale.

Et mine de rien, c'était vraiment épuisant.

Nous entendîmes soudain des cris venants de l'intérieur. Isabella hurlait. Je ne compris pas vraiment ce qu'elle disait, mais ça ressemblait plus à des exclamations de joie que des cris d''horreur.

- Pour quoi elle s'extasie cette fois, sa sangsue ou son monstre ?,
m'exclamais-je, de mauvaise humeur.
- Aller Leah, tu n'es pas obligée d'être si méchante. Tu sais Bella aimerait bien te connaitre un peu plus, plaida mon frère.
- Oui, et bien il en est hors de question. Pourquoi je voudrais faire copain-copine avec une fille que je trouve détestable ? Franchement, je ne veux pas faire d'efforts. De toute façon, on ne s'entendrait pas.

- C'est sûr que si tu ne lui parles que pour l'insulter, ça risque pas….
- Je ne lui ai jamais parlé. Donc j'aurais difficilement pu l'insulter, comme tu dis. Mais je t'avoue qu'avec Jacob, ce n'est pas l'envie qui me manque !
Sincèrement, c'est bien pour lui que…

Coupée en plein milieu de ma phase par le vrombissement d'un moteur de voiture dernier cris, je tournais la tête vers l'entrée du garage des Cullens.
Stupéfiés, nous vîmes Jacob en sortir dans l'une de leurs voitures luxurieuses. Ça m'étonnait fortement que les Cullens la lui aient prêtée sans une bonne raison.

Je le fixais, essayant de comprendre ce comportement. Il semblait être dans un état pitoyable. Ses mains serraient le volant avec une telle force que je m'étonnais de ne pas le voir craquer. Sa mâchoire, contractée au maximum, témoignait de sa rage. Mais ce furent ses yeux, qui me firent sortir de ma léthargie : une telle tristesse les habitait…

Lorsqu'il passa à coté de nous, à toute vitesse en faisant rugir le moteur, je lui courrais après.

- Jacob ! , j'hurlais son prénom, espérant que cela le ferait revenir vers nous, même s'il ne pouvait me comprendre. Après mon grognement, je croisai son regard dans le rétroviseur. Je vis qu'il hésitait à nous laisser ainsi, Seth et moi. Mais j'y vis aussi une grande douleur, et j'aurais juré voir ses yeux s'humidifier.

Il avait besoin de partir.

J'hochais la tête. Il détourna les yeux, se concentrant sur la route, et en accélérant il disparut dans un virage.

Je m'arrêtais. Mon frère me regardait, éberlué par la réaction de notre alpha, qu'il ne comprenait pas. Il ne voyait pas à quel point les actions et paroles d'Isabella le faisaient souffrir. Il était trop innocent.

Je n'eus même pas le temps de réfléchir, que je me trouvais déjà devant la porte des Cullens. Aussitôt la sangsue d'Isabella était devant moi.
- Je veux parler à ton humaine, pensais-je à son attention.

Il me sourit, et s'écarta après m'avoir fait signe qu'il m'autorisait à entrer uniquement sous forme humaine.

C'était de toute manière mon intention, et je me transformais d'un coup. Je passais le seuil de la maison.

Je ne savais pas trop ce qui me prenait, j'étais seule et nue dans un nid de vampire.
Mais je n'y prêtais que peu d'attention. Toutes mes pensées étaient tournées vers Jacob, qu'Isabella avait de nouveau fait souffrir, une fois de plus, une fois de trop.
Je ne supporterais pas plus longtemps qu'un membre de ma meute soit si mal à cause d'elle. Il fallait mettre fin à toutes ces jérémiades, aux pensées morbides de mon alpha, et à ses sentiments si négatifs.

Et puisqu'il semblait incapable de le faire seul, j'allais moi-même y mettre un terme.

J'arrivais dans le salon, où tout leur petit clan était réuni. Je vis leurs regards surpris, et je fus amusée de voir qu'ils pouvaient toujours aborder une expression choquée sur leur visage de pierre, eux qui étaient d'habitude si placides.
Je les regardais à peine, alors que blondie mettait sa main devant les yeux de son ours.

Plantée devant une Isabella qui n'en revenait apparemment pas, et qui me lançait des regards gênés par ma nudité, je l'invectivais.
Sèchement.

« Je veux te parler ».

Elle hocha timidement la tête. Il faut croire que j'étais assez imposante, à venir comme ça dans leur demeure.

« Seule », précisais-je en désignant sa garde rapprochée.
« Je ne veux pas que tes sangsues écoutent ce que j'ai à te dire. S'ils connaissent la notion d'intimité, dis leur de se casser », je m'expliquais froidement.
« Non, on ne laisse pas Bel.. »

« C'est bon, laissez-nous s'il vous plait », l'humaine coupa la parole à blondie. Je pouvais voir maintenant qu'elle était curieuse de savoir ce qui avait pu me pousser à venir ici, sans défense et vulnérable. Elle me connaissait peu, mais suffisamment pour savoir que je les détestais tous, et que je ne leur faisais pas confiance.

Ils partirent donc à regret, allant dans les bois autour de la maison. Je connaissais l'extraordinaire ouïe des suceurs de sang, et ne me ferais pas avoir. Ils le savaient.
Cependant le blond, accompagné de la voyante, me lança un lourd regard d'avertissement alors qu'ils passaient devant moi. Sans aucun doute, il avait senti que mes intentions n'étaient pas honorables.

Une fois la maison vidée de ses occupants, je me tournais vers Isabella et la toisais méchamment. Je commençais à lui parler.

« Je ne t'aime pas. Tu le sais, et les autres aussi. », Elle cilla légèrement, bien qu'elle fit tout pour que je ne le remarque pas. Je continuais.
« Mais mon alpha voit en toi des qualités qui n'existent pas, et t'apprécie. Et même si j'ai vraiment du mal à le comprendre, je le respecte. C'est pour lui, et seulement pour lui que je vous aide, et ne t'imagines pas que c'est réellement pour sauver tes petites fesses de gamines et celles de tes sangsues. Je me contrefous que tu te fasses dévorer vivante par cette bestiole dans ton ventre. Si vous pouviez mourir toi et lui demain, ça m'arrangerais vraiment la vie. »

Elle était vraisemblablement choquée que j'ose lui dire tout cela en face. Qu'elle sache intérieurement ce que je pensais était une chose, que je le lui dise sans faux semblant en était une autre.

Je continuais sur ma lancée, impitoyable, avant que ses sangsues ne reviennent, alertées par leurs pouvoirs bizarres.

« Donc moi je me fiche de ta vie. Mais arrêtes de mêler Jacob à ton histoire morbide et dégoutante. Il a tout fait pour toi, cet imbécile. Et tu continues à lui en demander plus encore ? Mais ma pauvre fille, après l'avoir fait bannir de sa meute, séparé de son père, mis sa vie en danger trop de fois, qu'est-ce que tu veux de plus ?
Sa mort ? Le rendre plus malheureux que les pierres jusqu'à la fin de sa vie ? »

Elle ne dit rien, laissant les larmes couler librement sur ses joues. Devant son silence, je la pris par le bras et la secouait. Sa léthargie m'énervait au plus haut point !

« Hein ?! Dis-moi ! Tu dis que tu l'aimes, mais ce n'est pas vrai ! Tu n'es qu'une sale égoïste, tellement capricieuse que tu refuses de le laisser en paix ! Fricotes avec ta sangsue si tu veux, mais épargne Jacob. Je ne te le demanderais pas deux fois. Penses un peu à plus tard, quand tu ne seras plus là. Parce qu'il est inutile que tu te fasses des illusions, j'espère que tu le sais. Soit tu meurs, soit tu ne seras qu'une sangsue de plus. Et votre amitié, ou quoi que ce soit, ne sera plus d'actualité. »

J'haletais, le souffle coupé par mon discours.

Elle pleurait face à moi, toujours silencieuse, les épaules secouées par ses sanglots. Sans même chercher à se défendre, elle semblait accepter ce que je lui disais. Et je sentais même qu'elle était heureuse qu'on lui reproche enfin ses agissements. Qu'elle voulait souffrir de cette situation et qu'elle avait attendu cela depuis que Jacob dépérissait.

Elle me regardait de ses grands yeux humides, tel un chiot que l'on puni. Et pour la première fois depuis que je la connaissais, je ressentis pour elle autre chose que la haine et de l'indifférence.

Elle m'émut. Je la fixais, ne sachant plus quoi dire, consciente d'avoir été exécrable.

D'un coup on me tira avec brutalité par le bras, m'éloignant d'elle. J'eus l'impression qu'elle allait me retenir pour que je puisse continuer à la faire souffrir.

Je n'eus cependant pas le temps d'y penser plus, que le vampire qui me tenait me projeta à travers la pièce en feulant comme un chat sauvage. Mon corps eut le réflexe de muter. Je retombais sur mes quatre pattes, faisant face à la famille entière.

Je jetais un coup d'œil à Isabella, qui reniflait toujours, mais qui essayait de reprendre contenance, pour ne pas envenimer la situation.
Je fis alors quelque chose d'impensable. J'étais emportée par mes sentiments, déboussolée par sa réaction, et je savais que les sangsues ne me feraient rien.

Je ne pus cependant retenir un frisson d'effrois lorsque, le cœur battant, je me sentis me transformer, face à des vampires en colère et agressifs. Ils étaient en positions d'attaque, tel un mur protecteur devant l'humaine.
Je leur tournais le dos, et sortis d'un pas mesuré du salon, puis de la maison.

Bien plus tard, quand mon alpha m'engueula pour avoir blessé sa chérie, je m'excusais platement. J'étais bien trop préoccupée pour lui prêter vraiment attention.

Comment avais-je pu leur faire confiance au point de faire ce que j'avais fait ? Je ne me reconnaissais plus. J'avais l'impression que depuis ma désertion de la meute de Sam toutes mes croyances étaient misent à mal…

Il fallut que je l'accepte pourtant : je ne détestais plus les Cullens. Pire, je leur faisais confiance aveuglement en ce qui concernait ma propre sécurité, même si je n'aimais toujours pas que Seth passe autant de temps avec eux.

Je ne restais plus seulement parce que cela m'empêchait de retourner sous les ordres de Sam. Je me rendais compte que je tenais à les protéger eux aussi. Qu'il était important pour moi que je ne les laisse pas se faire assassiner par la meute sans rien faire.

Assassiner… Je les considérais donc comme des personnes à part entière. Même s'ils continuaient à me dégouter pour ce qu'ils étaient.
Ha que c'était dur ! Démêler mes pensées, mes idéaux et mes envies était bien compliqué. Il n'y avait pas d'évidence. Juste les faits et ce que je ressentais.

De plus j'avais vu autre chose chez Isabella. Elle souffrait de la situation. Pas de la douleur que lui causait la chose dans son ventre, mais de celle dont elle était elle-même responsable chez les autres. Elle avait été soulagée, même si déboussolée, que quelqu'un lui fasse sentir qu'elle faisait souffrir Jacob. Parce qu'elle en était consciente, mais qu'elle ne pouvait rien y faire, si ce n'est souffrir un peu avec ceux qu'elle aimait.

Elle n'avait pas que des défauts, contrairement à ce que je lui avais dit.

Ce soir-là, je m'endormis tranquille. Pour la première fois depuis une semaine, je ne râlais pas sur notre situation précaire. Mon frère me regardait, étonné. Il m'observa tourner en rond, puis me coucher sur ma paillasse, la queue battante.

J'essayais de faire comme si de rien n'était. Puis, ne pouvant plus supporter son regard qui semblait pouvoir lire dans ma tête, alors que je me concentrais sur des choses stupides, je lui expliquais, dans un grognement.

- Bon, d'accord. Les Cullens ne sont pas si horribles.

Son sourire niais m'énerva.

- Mais il est hors de question que j'ai des relations avec eux, tu m'entends ! Je ne les apprécie pas, tout comme Bella. Maintenant arrêtes d'avoir cette tête d'idiot et tais-toi !

Je boudais, de mauvaise humeur. Je continuerais à être la même avec eux, je n'allais pas faire amie-amis avec des vampires non plus !
Je lui tournais le dos, dans un mouvement puéril.

Je ratais du coup l'immense sourire de loup qui s'imprima sur son visage lorsqu'il m'entendit appeler cette humaine que je haïssais jusqu'à aujourd'hui, par son surnom.


Je suis désolée pour ceux qui apprécient d'habitude, mais je n'ai pas le temps de composer une chanson.
Je ne dirais que deux mots : chaque review augmente de 10% les chances de survie de mes bébé chats!