Chapitre 5: Grande solitude
Repose-toi, mon âme, en ce dernier asile,
Ainsi qu'un voyageur qui, le cœur plein d'espoir,
S'assied, avant d'entrer, aux portes de la ville,
Et respire un moment l'air embaumé du soir.
Cela faisait deux semaines que Sansa était ici, et elle ne l'avait plus revu depuis. Elle sentait bien qu'elle avait commis une grave erreur, et même si dans les premiers temps sa peur était bien plus forte qu'aujourd'hui, cela ne voulait pas dire qu'elle était partie. Elle avait toujours peur. Elle avait peur car à présent elle était seule, et que petit à petit elle s'y habituait, elle acceptait cette situation. Chaque soir, elle faisait les même rêves. Chaque soir elle revoyait l'océan rouge, la lumière du soleil s'éteindre et sentait l'odeur du sang l'étouffer dans son sommeil. Chaque soir elle revoyait le carrousels et les ombres de ses frères tourner autour d'elle. Elle tentait parfois de les attraper, mais ils se fondaient dans les ténèbres, et elle tombait. Il n'y avait pas de finalité à cette chute, juste la chute, uniquement la souffrance et le sentiment que cela ne s'arrêterait jamais. Puis elle le voyait lui, le garçon qu'elle avait aimé. Il venait l'embrasser doucement, lui caressant les cheveux, puis la prenait par la main pour l'emmener dans les bois. Sa vie passait devant ses yeux, lumineuse, et si elle pouvait pleurer elle l'aurait fait, éblouie par la beauté de son passé, par le sourire de Joffrey, de son père, de ses frères, de sa mère. Elle aurait pleuré oui, mais elle n'y arrivait même plus. Elle se réveillait suffocante alors, le cœur broyé par la tournure de ses rêves. Car il n'y a pas de paradis sur terre, pas de paradis pour elle, même pas dans son sommeil, uniquement l'enfer. Uniquement l'éternelle souffrance. Tout brûlait, tout s'échappait dans les airs sous forme de poussières rouges. Un grand feu sévissait dans son cœur, et elle pouvait presque sentir le goût de la cendre dans sa bouche.
De temps en temps, cependant, un rêve revenait. Toujours le même rêve, et si réel en un sens qu'elle se demandait souvent si tout dans ce rêve était réel. Elle se retrouvait à nouveau plongée dans un océan vert, entourée de lumière et baignée dans cette odeur particulière de menthe. Son odeur, elle le savait à présent. Bien que tout soit flou, Sansa savait très bien que cet homme l'avait soignée, nettoyée, couchée, protégée. Et il n'était pas là. Depuis deux semaines, elle ne l'avait même pas revu une fois. "Je te remercie de ta considération." cette phrase résonnait dans sa tête, devenant de plus en plus douloureuse avec le temps. Non pas qu'elle tienne à lui, ou quelque chose du genre, mais c'était douloureux car elle avait commis une erreur de jugement. Car elle était une véritable idiote, une imbécile. Et que maintenant elle était seule. Et une partie d'elle voulait retrouver cette chaleur, cette attention particulière qu'elle recevait dans ce rêve. Une part d'elle aurait voulu que cet homme revienne, celui de ses nuits, celui qui l'a portée, celui qui lui murmurait dans l'oreille lorsqu'elle était inconsciente. Une part d'elle croyait toujours au paradis. Mais une autre part d'elle se souvenait toujours du regard de Petyr Baelish lorsqu'il était entré dans l'appartement de Joffrey, son regard quand il avait prononcé le prénom de sa mère. Il connaissait sa mère. Une part d'elle se souvenait du visage de Petyr Baelish une fois que Joffrey était mort, sa déception. Il voulait le voir souffrir. Une part d'elle même se souvenait très bien du dos de Petyr Baelish quand il avait quitté la pièce, la laissant. Il ne s'était même pas retourné. Une part d'elle même se souvenait très bien de Petyr Baelish, et il ne n'était pas la même personne que l'homme de ses rêves. Et pourtant de cela, Sansa en était certaine, et elle l'avait su dès qu'il lui avait attrapé son menton et murmuré dans son oreille. Car son touché était le même que dans ses rêves, car son odeur était la même, car sa voix était la même que celle qui avait chuchotait chaque soir dans ses rêves dans son oreille.
Après l'incident avec Joffrey, elle avait vraiment eu peur qu'il la livre aux Lannister, l'accusant du meurtre de Joffrey. Mais ce n'était que la petite voix au fond d'elle-même qui lui susurrait cette idée, petite voix qu'elle n'écoutait plus à présent. Voix qui l'avait conduite sur le mauvais chemin. Lothor s'était assuré qu'elle ait de nouveaux vêtements, et ils avaient quittés l'appartement, laissant le corps de Joffrey derrière eux. Ils avaient alors roulé durant une heure à peu près, et il s'était garé en face d'un bâtiment que Sansa identifia assez rapidement; une maison close. Lothor ne lui avait pas adressé la parole de tout le trajet, et elle comprenait évidemment pourquoi. Elle avait perdu sa confiance, ou le lien fragile qui s'était construit entre eux deux. Néanmoins, il lui avait expliqué qu'elle logerait dans un appartement situé au dessus de l'établissement, et non pas dans l'établissement. Il avait remarqué son regard inquiet, et voulait sans doute éviter toutes questions. Deux semaines après, elle était toujours là, Lothor la surveillant, tournant en rond dans le grand appartement surplombant le quartier rouge de Kings Landing. Elle n'avait pas le droit de sortir, et la nuit elle pouvait entendre la musique se perdre dans le bruit de la ville. La première semaine, elle avait essayé de parler avec Lothor, mais il était muet comme une tombe, elle avait alors visité l'appartement. Elle avait fouillé chaque pièce, touché chaque meuble, et maintenant elle connaissait cet appartement par cœur. C'était un grand appartement, assez vieux et poussiéreux. Il y avait une grande cuisine ouverte sur un salon qui faisait également salle à manger, et il y avait deux chambres à coucher; la sienne et une autre verrouillée que Sansa identifia comme celle de Petyr Baelish. La salle de bain était partagée, mais même de l'intérieur, la porte donnant sur la chambre de Baelish était verrouillée. Lothor dormait dans le salon, sur le canapé supposait Sansa, bien qu'elle ne l'ait jamais vu endormi.
La seconde semaine, elle avait tenté plusieurs fois de sortir mais à chaque fois Lothor l'en avait empêchée, ne disant rien, mais lui lançant des regards désapprobateurs. Elle avait alors passé son temps à regarder la télévision et des séries, le regard perdu dans le vide. La police continuait toujours de rechercher en vain son père, et de la chercher elle également. Accusée du meurtre de ses frères, soupçonnée du meurtre de son petit-ami. Deux semaines. Deux semaines depuis la mort de ses parents, et deux semaines que son corps ne la laissait plus en paix. Deux semaines qu'elle tournait en rond. Elle pensait à tout cela, devant la télévision, observant son poignet. Il lui faisait mal, et gonflait avec le temps, mais quelque chose en elle refusait d'en parler à Lothor. La douleur était apparue après avoir quitté l'appartement de Joffrey, une fois l'adrénaline descendue. Elle n'avait même pas remarqué un quelconque choc, mais elle avait conclu qu'elle avait du l'avoir en tentant de se défendre, ou lorsque Joffrey l'avait jetée sur le canapé. Ou peut-être bien avant. Elle n'avait aucune idée de la manière dont elle avait été transportée de la voiture de Joffrey à son appartement, ni même de ce qu'on avait pu lui faire durant son sommeil. Elle avait bien essayé de se soigner un peu, mais la douleur corporelle avait quelque chose de réconfortant, elle lui faisait oublier ses peines intérieure de temps en temps.
Sansa se leva du canapé, assez lentement, et regarda Lothor qui se tenait dans le coin de la pièce, écrivant sur son téléphone. Elle se décida à faire autre chose de ses journées que de moisir sur un canapé, elle en avait plus qu'assez de se morfondre, seule, dans cet appartement poussiéreux et sans vie. Quelques choses en elle se disait qu'à présent cela serait peut-être sa maison, l'endroit ou elle vivrait durant des années. Elle le pressentait, et l'horizon d'une vie normale et paisible lui semblant impossible, elle décida de s'habituer un peu plus à cet endroit. D'en faire sa propre maison, si elle n'avait pas d'autres choix que d'y rester. Et cela commençerait par visiter le quartier.
– Lothor, commença Sansa, un peu hésitante. J'ai besoin de sortir, sinon je vais devenir folle.
Il regarda la jeune fille, et elle sut qu'il lui en voulait toujours. Après tout, il l'avait prévenue que Petyr Baelish serait énervé contre lui si il lui arrivait malheur, et malgré tout elle était partie. Elle avait laissé Joffrey le frapper et était partie sans remords, elle n'avait rien d'une bonne personne.
– Littlefinger a été assez clair à ce sujet, débuta Lothor sans hésitation, vous n'avez pas le droit de sortir, et si vous...
– Je ne m'échapperai pas, le coupa Sansa, j'ai bien comprit que vous ne me feriez pas de mal.. Mais je ne vais pas passer ma vie entière dans cet appartement, enfermée et protégée du monde extérieur, Lothor.
– Vous ne comprene.. tu ne comprends pas petite, Lothor répliqua un peu plus hésitant, ce n'est pas qu'une question de s'échapper, tu es recherchée par la police, continua-t-il plus doucement. Littlefinger a beau avoir du pouvoir, il ne peut rien faire directement contre Tywin Lannister.
– Je pourrai... murmura Sansa un peu déçue, je pourrai me déguiser, ajouta Sansa tout bas. Vous.. Je veux dire, nous sommes dans un quartier rouge, je pourrai me fondre dans le.. décors, non? termina Sansa, levant les yeux vers Lothor.
Lothor la regarda, un peu étonné, puis sceptique. Il la désigna du menton, et elle sut qu'il pointait ses cheveux; ses cheveux rouges. Elle soupira, et lui rendit son regard, ce n'était pas comme si elle tenait à ses cheveux, ou a leur couleur. Elle ne voulait plus jamais revoir cette couleur, et plusieurs fois elle avait ressenti le besoin de les couper, de les arracher, de se raser la tête. Lothor la regardait comme il aurait pu regarder une enfant qui promettait de ne plus faire de bêtises. Il n'était pas froid, il était chaleureux, et ses yeux riaient. Elle se rendit alors compte que Lothor était d'un bonne humeur, qu'il répondait à ses questions, et qu'il pourrait surement répondre à d'autres questions. Il devait lire dans ses pensées, car elle vit un peu de regret dans ses yeux. Puis il soupira.
– Au point ou nous en sommes, grogna Lothor Vas-y, dis-moi, que veux-tu savoir ? il lui demanda, son intonation lui faisant comprendre qu'il ne répondrait pas à toutes ses questions.
– Pourquoi Baelish connaissait-il ma mère? demanda rapidement Sansa, comme si la question lui brûlait la langue.
– Je ne sais pas, répondit honnêtement Lothor, regardant le téléphone dans ses mains.
– Je vois.. soupira Sansa un peu déçue, je sais bien qu'il a épousé ma tante.. Mais je n'ai jamais entendu parler de lui. Ni de par tante Lysa, ni de par ma mère. Et je..
– Littlefinger est un homme discret, petite, coupa Lothor, rangeant son téléphone. Tu ne sauras rien de lui en lui posant des questions, même si tu penses qu'il a répondu à tes questions.
– Comment ça, même si je pense qu'il y a répondu ? répondit Sansa, un peu vexée, je sais reconnaître un homme quand il ment, je ne suis pas une..
Elle ne termina pas sa phrase. Si, elle était une idiote, qui s'était trompée sur lui, qui n'avait pas su reconnaître un allié en Petyr Baelish. Si elle ne savait même pas reconnaître un homme honnête quand elle en voyait un, et qu'elle avait pu croire durant des années que Joffrey l'aimait, elle n'était certainement pas capable de reconnaître un mensonge. Lothor s'approcha d'elle, et l'amena sur le canapé. Elle cacha son poignet dans sa manche, ne souhaitant pas qu'il le voit. Il risquerait d'arrêter de parler. Lothor s'assit à côté d'elle, puis la regarda dans les yeux, très sérieusement.
– Ce n'est pas une question de savoir reconnaître un mensonge, petite, ajouta Lothor qui semblait lire ses pensées. Il y a des hommes qui ont passé leur vie à mentir, qui ont construit un empire en partant de rien, à partir.. d'illusions, Lothor continua en remuant ses mains dans les airs. Littlefinger est ce genre d'homme, il n'est même pas question de vérité ou de mensonges avec lui, il est bien au delà de tout ça.
– Comment.. Comment pouvez-vous lui faire confiance, alors? demanda Sansa, perplexe, se rendant compte qu'elle ne s'était pas totalement trompée sur Petyr Baelish.
– Mais je ne lui fais pas confiance, répondit Lothor amusé, ce n'est pas mon travail, petite. Il n'est pas le genre de personnes qui mettent en confiance, et ce n'est pas le genre de relation qu'on peut avoir avec lui. C'est un bon patron, j'ai travaillé avec lui durant longtemps et c'est suffisant pour les gens comme moi. Mais peut-être pas pour les petites filles comme toi, il ajouta un peu moins souriant.
Sansa réfléchit quelques instants, et son envie d'en savoir plus sur Petyr Baelish grandissait de plus en plus. Elle voulait demander à Lothor, lui demander comment en savoir plus sur lui, si il ne répondait pas à ses questions. Ce qu'elle était censée faire. Elle se leva et se dirigea vers la fenêtre, regardant dans la rue. Et elle se demanda une nouvelle fois ce qu'elle faisait ici. Elle devait avoir prononcé cette question à voix haute, car Lothor se tourna dans sa direction.
– Littlefinger détient tout le quartier, voilà pourquoi tu es ici, répondit simplement Lothor.
– Tous.. le quartier? s'étrangla Sansa, se tournant rapidement vers lui. Vous.. Vous voulez dire que tous ces établissements lui appartiennent? demanda-t-elle, désignant le quartier rouge.
– C'est un homme de pouvoir, petite, répondit Lothor. Je pense que la plupart des bordels de cette rue lui appartiennent, bien qu'ils ne soient pas géré par lui directement, mais par des associés. Ca serait mauvais pour le business si ses clients savaient que peu importe où ils aillent l'argent revenait à la même personne, répondit Lothor face à l'air interrogatif de Sansa.
– Et l'établissement en dessous.. de nous? Il lui appartient aussi? demanda Sansa
– C'est le seul qu'il gère officiellement à vrai dire, mais c'est aussi le plus fructueux.. L'appartement en faisait partie avant, mais il a fait emménager tous le troisième étage avant votre arrivée..
– Et donc le rez-de-chaussée et les deux autres étages?.. hésita Sansa
– Font partie de la maison, oui répondit Lothor en se levant.
– Et donc c'est ça son travail, elle demanda incrédule, c'est un patron de..?
– Bon sang non, répondit Lothor en rigolant, c'est juste un petit commerce de côté. Mais c'est une autre raison de ne pas vous laisser sortir, il la taquina.
– Et j'ai le droit de.. de le visiter, l'établissement? demanda Sansa, s'attendant à un nouveau refus. Elle eut droit à un regard étonné de Lothor, puis a un petit sourire fatigué.
– Officiellement, vous n'avez pas le droit de sortir à l'extérieur, mais il n'a pas donné d'instructions concernant l'établissement, Lothor ajouta en regardant son téléphone. Mais vous savez.. Il n'est pas ouvert en journée, il n'y a rien à voir d'intéressant à l'intérieur, rien de plus qu'ici, il conclut, mais il semblait comprendre que cela n'était pas la question de trouver une chose intéressante.
– Je.. Je veux juste sortir d'ici, avoua Sansa, je n'en peux plus de cette télévision, de tourner en rond. Et puis, je suppose que la porte est fermée, et que vous avez les clés non? ajouta-t-elle, le suppliant du regard.
Lothor ouvrit la bouche, et elle lut dans son regard ce qu'il lui demandait silencieusement "Ne me fait plus le coup de la voiture, petite" et elle hocha la tête. Elle s'approcha de lui, et elle se sentit un peu plus légère. Heureuse d'avoir pu discuter simplement avec quelqu'un, de trouver un peu de chaleur. Elle se demanda si Petyr Baelish l'avait confiée à Lothor pour cette raison, mais elle se dit qu'il ne devait pas y avoir trop réfléchi. Cependant, de ce qu'elle avait comprit il était un de ses hommes les plus "proche" et fidèle. Baelish devait lui faire confiance, lui, même si Lothor disait que ce genre de relation n'existait pas dans son métier.
– Merci, Lothor, elle lui sourit sincèrement. Et puis, vous savez, elle ajouta feignant d'être vexée, j'ai dix-neuf ans, je ne suis pas si petite que ça.
Il lui sourit sincèrement, et il lui posa une main sur la tête. Le cœur de Sansa se brisa à ce contact, car il lui rappela le toucher de son père. Lothor la regarda un peu amusé, puis sorti son téléphone, enlevant la main de sa tête.
– À mes yeux, tu as plus l'allure d'un petit moineau, il ajouta un peu moqueur, et Sansa rigola pour la première fois depuis longtemps. Je vais envoyer un message à Littlefinger, l'informant que vous êtes partie faire le tour de l'établissement, lui expliqua-t-il. Je ne sais pas vraiment ce qu'il va en penser, mais je ne pense pas que cela lui pose un quelconque problème, évitez-juste d'aller dans son bureau, ajouta-t-il la regardant très sérieusement, il a horreur que l'on fouille dans ses affaires.
– Pourquoi.. Littlefinger, au fait? demanda alors Sansa après un long silence, les yeux fixé sur le téléphone, mais un sourire grandissant aux bords de ses lèvres.
– C'est comme ça qu'on l'appelle ici, avoua Lothor, levant les yeux vers elle. Il n'apprécie pas qu'on l'appelle par son vrai nom, à ce que je sais. Ce surnom lui va assez bien, donc je ne me suis jamais vraiment posé la question.
Sansa examina la nouvelle information, se souvenant du regard qu'avait donné Petyr Baelish à Joffrey, mais n'arrivant plus à se rappeler de son expression faciale, ni même de son visage.
"Au fait, je m'appelle Petyr."
Elle n'arrivait pas à comprendre, et ne parviendrait surement jamais à comprendre cet homme. "Mais tu peux essayer." murmura une petite voix dans sa tête. "C'est ton oncle après tout" continua la petite voix, et pour la première fois depuis longtemps elle l'écouta, bien qu'elle ne le voit pas comme un oncle. Pour le moment elle voulait juste savoir pourquoi il l'aidait, et pourquoi il l'avait sauvée. Ce qu'il comptait faire d'elle. Mais elle ne pouvait pas lui demander, pas maintenant. Car elle ne pourrait pas savoir si il disait la vérité ou pas. Elle devrait d'abord arriver à le connaître, mais il faudrait d'abord arriver à communiquer avec lui pour cela. Elle s'éloigna de Lothor, se dirigeant vers la porte d'entrée. Cette fois-ci Lothor ne l'arrêta pas.
– La clé est sur le meuble à ta gauche, moineau, ajouta Lothor, semblant satisfait du petit surnom qu'il lui avait trouvé. Cela fit sourire Sansa, de le voir si enfantin et souriant, alors qu'i peine un jour il était aussi froid que de la glace.
– Lothor ? demanda Sansa, attendant qu'il regarda dans sa direction. Je voulais.. Enfin.. Merci, ajouta-t-elle, un peu gênée. Je suis vraiment.. désolée.
Il avait arrêté de sourire, et la regardait sérieusement. Elle se détourna de lui, un peu perturbée par ce changement de comportement. Elle ouvrit la porte, trop heureuse de pouvoir enfin sortir de cet appartement. Désirant se sentir chez elle ici. Elle entendit Lothor s'éclaircir la gorge, et elle se figea.
– C'est moi qui suit désolé, petite, ajouta Lothor dans son dos avec une voix sombre. Nous n'avons rien.. pu faire pour ta famille.
– Etait-il énervé, Lothor? elle demanda simplement, maintenant la porte ouverte.
– Il l'était oui, plus que je ne l'avais jamais vu auparavant, répondit l'homme dans son dos.
– Et lorsque je suis partie, il l'était aussi? elle réitéra, maintenant un ton neutre.
– Oui, il l'était aussi. Et j'ai cru que j'allais y passer, moineau, rigola Lothor dans son dos.
– Merci, Lothor, murmura Sansa, avant de fermer la porte.
Elle appuya son dos sur la porte, renflouant sa peine. C'était suffisant, suffisant pour le moment, se rassurait-elle. C'était tout ce qu'elle avait besoin de savoir. C'était suffisant, pour le moment. Mais le cœur de Sansa voulait plus, et elle s'en rendit compte. Cela ne calmerait pas sa douleur, elle avait besoin d'entendre ces mots de la bouche de Tywin Lannister, de l'entendre la supplier. Mais la voix de Lothor continuait de résonner à l'intérieur d'elle, et elle n'avait pas imaginé qu'un simple pardon lui aurait fait un tel effet. C'était une forme de condoléance, une forme de rédemption, et en un sens l'enterrement de sa famille. De ses rêves, et l'excuse de cet homme pour tout ce qu'elle avait vécu.
"Désolé pour la solitude dans laquelle tu es plongée, maintenant."
Voilà pour mon dernier chapitre, c'est un peu un chapitre de transition, car je voulais écrire la suite mais j'ai trouvé préférable de couper le chapitre en deux. Et puis, comme ça vous avez la première partie en avance.
Pas de Petyr Baelish cette fois-ci, et c'est un peu calme après un chapitre plutôt mouvementé, mon esprit d'auteur s'ennuie comme celui de Sansa, et est un peu frustré aussi. Mais une tempête arrive, et mes doigts frémissent rien qu'à l'idée de l'écrire. Ca va être, très, très amusant!
J'ai fait un plan de l'appartement de Petyr, mais je ne sais pas encore comment le poster sur ce site, mais je trouverai bien un moyen.
