Bonjour à tous et à toutes,
Voici le chapitre 15!
Pour ce qui est du chapitre d'aujourd'hui, j'espère qu'il vous plaira. Il est beaucoup plus long que d'habitude mais je ne pouvais pas le couper ^^. Quelques références aux chapitres précédents aussi, j'espère que ça ne vous perturbera pas. L'histoire prend la tournure tant attendue, et j'attends avec impatience vos avis là-dessus =).
Petit hommage à Annetoutsimpleemnt qui a été la première à me parler des chansons que je mettais en fin de chapitre.
Réponse aux reviews anonymes :
SweetyRoxy : Charmant pseudo =). Merci beaucoup pour tes encouragements qui me touchent! Préviens moi dès que tu mets à exécution ton envie d'écrire =). Je suis heureuse de t'avoir fait aimé Leah, c'est un personnage qui comme tu le dis n'est pas très attachant, mais si elle ne l'est pas c'est justement parce qu'elle n'est pas heureuse ^^. J'espère que ce chapitre te plaira : il ne lui arrive pas que des malheurs ^^.
Ps : tu n'as rien du tout à te faire pardonner.
Bises!
Sephora : Tu n'est pas la seule à avoir détesté Jacob ^^. Mais comme tu le dis, ça met un peu d'action, et ça explique en même temps que l'imprégnation peut amener à faire des choses étranges. Pour ce qui est de ta question..;=. tu trouvera la réponse dans ce chapitre. Alors je te laisses lire et te souhaite une excellente lecture!Gros bisous et à la prochaine =)
Luma12 :Merci pour ton message =). Je suis ravie que tu penses à mon personnage de Leah en lisant l'œuvre de SM! Je crois que c'est l'un des plus beau compliments que l'on m'a fait : confondre l'oeuvre original avec ma fiction. Merci encore ^^.
Depassage : Bonjour, je ne sais pas trop si tu lira cette réponse puisque j'imagine que tu ne reviendra pas sur ma fiction. Je me suis excusé d'avoir "réclamé" des commentaires, et j'ai honte de l'avoir fait. J'ai écris cette note sous le coup de la déception. Je n'ai par contre jamais menacé d'arrêter d'écrire. Je ne connais rien du site à part comment poster des chapitres, et je ne sais pas de quoi tu parles à propos des 1000 reviews désolé. Je te remercie cependant de m'avoir donné ton avis.
Ps : Le chapitre a enfin été corrigé, désolé du retard!
Comme prévu j'avais rejoint Jacob directement chez Sam le lendemain, en trainant des pieds bien sûr. Après avoir royalement ignoré son salut gêné, je l'avais suivi à l'intérieur de cette maison que je connaissais par cœur, mais où je n'avais plus mis les pieds depuis longtemps.
Extrêmement mal à l'aise et le cœur battant la chamade, j'avais laissé mon alpha parler, sans prononcer le moindre mot. Je m'étais contentée de fixer Sam dès que je le pouvais.
Comme nous nous y étions attendus, celui-ci eut beaucoup de mal à accepter la demande de Jacob. Mais il finit, comme je l'avais fait, par se ranger à l'avis de mon alpha en reconnaissant que c'était la solution qui nous permettrait d'avoir le plus de possibilité d'agir.
Il prenait la sécurité de la tribu à cœur, et il était maintenant évident que c'était notre meilleur moyen de protection.
De deux maux, il faut choisir le moindre.
La discussion n'avait pourtant pas été facile. Il s'était énervé et avait failli se jeter sur nous lorsque Jacob lui avait exposé son plan. Il avait heureusement un bien meilleur contrôle que nous tous réunis.
J'étais donc restée là, tenant mon rôle de second uniquement par ma présence. Immobile et silencieuse tandis que je pleurais intérieurement, fixant l'anneau au doigt de Sam qui, j'avais l'impression, me faisait bien plus souffrir que ne l'avaient faits les crocs de Jacob.
Emily n'avait pas osée venir, et elle était restée avec les autres garçons chez Jared.
Puis mon calvaire avait pris fin, et nous étions partis. Sam avait fui mon regard et m'avait simplement ignorée, me blessant bien plus que je ne l'aurais voulu.
Je ruminais donc depuis quatre jours, attendant la suite des évènements, évitant Jacob, comme la peste et parlant seulement à ma mère et Charlie, puisqu'il vivait maintenant officiellement chez nous.
Sa fille l'avait vivement encouragé dès qu'elle avait eût vent de cette idée. Elle préférait que son père soit à l'abri durant les prochains jours, et aucun endroit des environs n'était aussi protégé que la réserve. J'avais eu envie de lui rétorquer que si elle ressentait le besoin de mettre son père en sécurité, c'était donc que tout n'allait pas être autant sous-contrôle que ce que les Cullens promettaient. Mais je m'étais tue, parce qu'au final j'appréciais Charlie, et qu'égoïstement je préférais moi aussi le savoir à la réserve avec ma mère.
En fin de compte, il était plutôt sympa. Il me ressemblait un peu : peu causant et légèrement coincé. Mais il ne s'imposait jamais et savait quand je désirais parler ou non. C'était agréable par rapport à l'inquiétude constante de ma mère qui en devenait étouffante depuis qu'elle savait que l'on encadrerait des vampires à Forks.
Oui, ce gars-là méritait à être connu.
Certes un peu taciturne, mais ce n'était décidément pas moi qui allais m'en plaindre. Il nous rapportait des pizzas mais surtout, il faisait rire ma mère…
Depuis cet après-midi, les Cullens étaient tous partis. Edward et Bella avaient amené Renesmée pour qu'elle les aide à convaincre leurs « amis ». Jacob était donc constamment sur les nerfs, raison de plus pour le fuir. Il avait voulu partir avec eux, mais vu nos relations actuelles, il n'avait pas osé laisser la meute sous mon commandement. Il n'avait même pas osé me le demander.
De toute manière, nous savions tous que les Cullens refuseraient qu'il vienne avec eux. Persuader les sangsues allait être suffisamment difficile comme ça, pas la peine de se ramener en plus avec un loup.
Nous autres, loups-garous, restions donc à Forks, afin d'accueillir les vampires pour Carlisle, pour les surveiller d'après Jacob, et pour « les mordre et les tuer au premier faux pas », dixit Paul. Car pour maintenir une bonne défense, ou attaque ça dépendait de qui parlait, nos deux meutes avaient plus ou moins fait la paix depuis trois jours, bien que nos rapports restent occasionnels et plutôt froids.
Une bonne raison de plus à mon humeur massacrante.
Les premières sangsues étaient sensées arriver cette après-midi. Il s'agissait de proches amis des Cullens, d'après ce que j'avais compris. Ils étaient eux aussi végétariens. Bella et Edward nous les amèneraient puis repartiraient ensuite directement, une fois les présentations faites. Ils ne m'inquiétaient pas plus que cela puisqu'ils ne suçaient pas le sang des humains, en théorie.
Nous étions donc rassemblés devant la maison des Cullens, sous forme de loup. La meute de Sam était dans les bois juste à côté. Nous avions décidé qu'il était mieux que les sangsues ne rencontrent que notre meute. Ainsi les tensions seraient moins grandes, et nous aurions également un bon effet de surprise si les choses venaient à s'envenimer, puisque s'il était impossible de cacher aux vampires l'existence d'une autre meute, ils ne pourraient toutefois pas découvrir le nombre de loups qu'elle contenait.
Enfin, nous les sentîmes arriver. Immédiatement Jacob se tendit, reconnaissant l'effluve de son imprégnée mélangée à celles de sangsues inconnues. Je sentis son envie de s'élancer pour la rejoindre et l'éloigner des autres, mais il se fit violence et ne bougea pas.
Ils arrivèrent à découvert et s'arrêtèrent à cinq ou six mètres de nous. Avec Nessie et ses parents, ils étaient huit. Cinq nouvelles sangsues donc. Il y avait un male et quatre femelles. Deux d'entre elles semblaient indifférentes à la situation. La femme brune nous sourit cependant, me faisant penser à Esmée. Nessie sauta des bras de sa mère pour se jeter sur Jacob, et elle s'accrocha à sa fourrure. Les sangsues grimacèrent.
Après de brèves présentations où je tenais à la perfection mon rôle de second, puisque Jacob semblait ailleurs depuis qu'il avait revu son imprégnée, les Denalis, puisqu'ils s'appelaient ainsi, entrèrent dans la maison.
L'une des femelles blondes nous assura qu'ils chasseraient des animaux durant leur séjour, comme ils le faisaient chez eux.
Bien qu'un certain malaise s'installât après le départ d'Edward et sa famille, la couleur des yeux des membres du groupe à l'intérieur nous rassura suffisamment pour permettre à la meute de Sam de s'éloigner faire des rondes.
oOoOoOoOooOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoO
La semaine qui passa amena son lot de soucis.
Les Cullens ramenaient constamment de nouveaux venus. Nous avions eu bien du mal à rester de marbre devant les autres sangsues. Depuis que les premiers yeux rouges étaient arrivés, aucun loup n'avait quitté le jardin des Cullens pour ma meute, et les sous-bois pour celle de Sam. Seul celui-ci passait la moitié de son temps à la réserve : à cause du nombre de vampires présents à Forks, il y avait eu beaucoup de transformations chez les jeunes de la tribu en à peine six jours. Sam s'occupait donc de les rassurer, de les informer et enfin de les préparer à un éventuel combat.
Malgré ce que cela signifiait pour ces gamins, et la peine que j'avais à voir leur vie détruite ainsi, nous étions tous rassurés de voir notre nombre grandir. Les jeunes restaient à la réserve, au cas où, ce qui nous permettait d'être tous présent ici.
Seuls les loups qui étaient imprégnés avaient droit à une heure par jour chez eux.
Me levant, j'étirais mes pattes engourdies par une position trop longtemps tenue. Seth me jeta un tranquille coup d'œil avant de reposer son regard impassible sur la maison. Mon frère m'étonnait. Il semblait avoir tellement grandit en une semaine…
Bien moins insouciant, il prenait son rôle de surveillant très à cœur. Il faisait preuve d'un discernement inquiétant en ce qui concernait les vampires. Je lui avais fait part de mes sentiments à propos de cela, et il m'avait répondu que s'il aimait les Cullens, il aimait plus encore sa famille et sa meute. Sa maturité m'avait laissée sans voix.
Ce qui ne l'empêchait pas heureusement de redevenir ce gamin insupportable et inconscient régulièrement, sans prévenir.
Je me dirigeais vers la couverture posée sur une bâche au sol. Touchant du bout de la patte un morceau de viande cuite posée là à notre intention, j'observais les mets préparés par Esmée. Elle avait insisté pour nous nourrir, puisque tout le monde savait dans la maisonnée que je rechignais à manger de la viande crue, directement sur le cadavre d'un animal.
Cet argument avait fait mouche, et j'avais finis par accepter cet arrangement. Sam et sa meute avaient ensuite fait de même, en voyant que je mangeais sans méfiance les plats. Il faut croire que si je décidais de faire confiance, les autres pouvaient en faire de même.
Etais-je vraiment si méfiante ? Peut-être…
- C'est même sur !, observa Embry, couché à quelques mètres de moi.
- N'empêche que c'est moi qu'ils ont suivis. Faut croire que je suis une référence au moins, bougonnais-je, peu heureuse de m'être faite surprendre.
- Reconnais que tu aurais manqué quelque chose quand même. Esmée est un vrai cordon bleu! , renchérit mon frérot adoré.
- Oui, c'est vrai qu'elle cuisine bien. Je ne sais pas comment elle fait d'ailleurs, puisqu'elle ne goûte jamais ce qu'elle nous prépare, rajouta Quil, tranquillement assis à côté.
- Surement grâce à son odorat, reniflais-je. Seth me fis son sourire de loup, heureux que j'admette à ma manière que les plats d'Esmée étaient très bons.
J'attrapais finalement la dernière tranche de viande, tout en sachant qu'elle serait remplacée avant la tombée de la nuit. Je grignotais avec application, profitant du jus qui coulait dans ma gorge, même si le morceau était froid, puisque je n'en mangerais pas d'autres durant deux jours.
En effet Esmée était partie ce matin même, et je refusais de manger lorsque la nourriture portait une autre odeur que la sienne. Risques de vomissement, d'empoisonnement, et j'en passe. De plus l'odeur des autres vampires me dégoutait.
Je savais qu'il s'agissait d'un jeu dans la maisonnée grâce à mon ouïe de louve et aux puanteurs qui se succédaient quand Esmée était absente. Les vampires présents essayaient chacun à leur tour de me préparer quelque chose pour voir si je le mangerais ou pas. C'était Emmett bien entendu qui avait lancé ce défi stupide à chacune des sangsues du coin. Ils redoublaient d'ingéniosité au niveau des odeurs. Bella avait acheté une tonne d'épices différentes.
Je savais par Jasper que Maggie, une Irlandaise, avait pris une douche juste avant de faire le repas tout en portant des gants. Charlotte, une amie de Jasper et Alice, s'était parfumée abondamment sur le conseil de cette dernière.
Emmett avait fini par me proposer de l'argent pour que je mange son plat, ce que j'avais bien entendu refusé de faire.
Je ne disais rien et laissais faire, même si les loups me taquinaient là-dessus. Après tout, j'imaginais qu'il s'agissait là pour les vampires un moyen de passer le temps et de s'occuper alors qu'ils étaient enfermés toute la journée dans la maison.
Ils avaient tous l'interdiction de sortir, sauf certains. Effectivement, quelques vampires aidaient Bella à contrôler ses nouveaux pouvoirs, et restaient dans ce cas dans le jardin sous notre garde. Ils respectaient cela, ayant été mis au courant de la situation avant de venir en renfort. Tout se passait plutôt bien pour l'instant, même si nos nerfs souffraient de la situation.
Les Cullens accompagnaient les vampires aux yeux rouges chaque nuit pour chasser. Ils allaient dans un autre Etat, et nous respections notre part du contrat en fermant les yeux sur ce qui se passait ailleurs.
Même si cela était dur.
Je finis mon repas, puis retournai à ma place. Là je tournai en rond avant de me coucher en boule, fixant mon regard sur la maison. Je commençais à en avoir assez de cette situation. Cela aurait été très supportable si j'avais pu muter à volonté. Mais l'ordre de Jacob à propos de ça me tenait en laisse.
Nous avions repris tous les deux une relation d'alpha et bêta classique. Nous n'étions pas amis de nouveaux, mais l'on se parlait cordialement. Je lui en voulais toujours beaucoup. Mais en même temps, rester en mauvais termes avec mon alpha était presque impossible, puisque mon instinct de loup me poussait à lui pardonner pour le bon fonctionnement de la meute.
- En pensant au loup on en voit la queue, se moqua Quil.
Seth s'esclaffa à sa réflexion alors que Jacob sortait des bois seulement vêtu d'un short, le torse à l'air. Il continuait à aller à la réserve pour rencontrer le conseil des anciens, puisqu'il était autant alpha que Sam. Il en profitait pour passer voir ma mère et nous rapporter de ses nouvelles.
Il se dirigea vers nous. Voyant qu'il ne prenait pas la peine de muter, je sus ce qu'il allait nous demander. Il voulait aller voir Renesmée à l'intérieur, au milieu d'une bonne dizaine de vampires non-végétariens. Enfin, façon de parler…
« Salut ! », jeta-t-il en arrivant à notre hauteur. Nous lui répondîmes d'un signe de tête, plus ou moins chaleureux selon les personnes. Seth se permis de lui donner un coup de langue qui fit rire Jacob.
« Je vais voir Nessie, quelqu'un peut m'accompagner ? », nous demanda-t-il, arrêtant son regard sur mon frère et moi.
Je soufflais fortement, ce qui devait donner quelque chose d'étrange vu de l'extérieur, puis je me dirigeais directement dans les fourrés.
C'était mes fourrés à moi, et j'avais mis un point d'honneur à ce qu'aucun loup mâle, c'est-à-dire personne à part moi, ne vienne y fourrer ses pattes, toutes meutes confondues. Devant leurs protestations j'avais finis par leur sortir un argument imparable, mais faux, pour qu'ils ne s'y aventurent pas : j'avais expliqué que j'avais besoin d'un coin à moi pour y foutre mes tampons sales.
Suite à ma réplique, nous avions tous entendu les rires des sangsues qui avaient inondés la maison Cullen durant plusieurs minutes. J'avais reconnu celui de Rosalie sans mal et j'avais eu du mal à ne pas laisser mes lèvres frémir.
Heureusement pour moi, les loups me connaissaient et savaient de quoi j'étais capable. Ils avaient tous acquiescé, même Paul et Jared.
La fois suivante, lorsque j'avais accompagné Jacob et Seth dans la maison, Emmett avait placé des tampons imbibés de peintures dans chacune des pièces. Rosalie et Alice, ainsi qu'une autre vampire, Kate je crois, lui avaient hurlé après en passant derrière lui pour supprimer toutes trace de son forfait.
J'avais rougis, ce qui je crois ne m'était pas arrivé depuis bien longtemps…
Cachée derrière les feuilles je mutai, puis je passai immédiatement mes sous-vêtements, de peur que malgré mes menaces un des garçons n'ait décidé de trainer dans les parages. J'enfilai ensuite mon tee-shirt et mon short.
Je rejoignais aussitôt les deux hommes qui m'attendaient dans le jardin. Oui, mon petit frère était un homme maintenant, je n'avais qu'à voir ses muscles pour m'en apercevoir. Pourtant, le fait qu'il ait encore parfois un comportement d'enfant me rassurait.
Suivant les garçons, j'entrai dans le nid de vampires après eux. Jacob ne voulais pas y aller seul car c'était tout de même trop risqué. Surtout quand les Cullens n'étaient pas tous rentrés, principalement Carlisle et Esmée qui étaient ceux qui avaient le plus d'autorité.
Aussi, deux loups l'accompagnaient toujours, et comme je connaissais la gêne d'Embry et Quil, je le faisais. Après tout, je l'avais fait durant des semaines auparavant, et ce n'était pas quelques sangsues qui allaient m'effrayer ou me perturber.
Bon… Je mentais un peu. Bien entendu que j'étais sur mes gardes. J'étais vulnérable au milieu d'eux, même si les Cullens présents restaient toujours avec nous dans ces moments-là. J'étais tendue, et il m'arrivait de sursauter quand un vampire faisait un geste trop brusque.
Lorsque nous étions là, certains restaient dans leur chambre, alors que d'autres plus amicaux venaient à notre rencontre.
Benjamin, un jeune égyptien était de ceux-là. Il adorait Nessie, peut-être un peu trop selon Jacob, et était sympathique, bien qu'un peu trop démonstratif. Carmen et Eléazar restaient toujours aussi. Pour les autres, cela dépendait de leur humeur, ainsi que de la nôtre car nous restions toujours un peu crispés, sauf Jacob qui retrouvait avec bonheur son imprégnée.
« Hello les louveteaux ! », nous salua Emmett qui jouait avec Benjamin sur la console, apparemment fier de sa petite rime.
Rosalie leva les yeux au ciel et s'assit sur le canapé du salon. Edward entama une conversation avec Jasper et Seth à propos des poils de ce dernier.
Je me postais près de la fenêtre, essayant d'oublier les vampires qui me fixaient. Je regardais à l'orée du bois, espérant apercevoir un pelage noir comme l'ébène. Je ne le faisais que sous forme humaine, sinon les autres n'auraient pas attendus une seconde pour se moquer de moi.
C'était aussi une des raisons pour lesquelles j'accompagnais Jacob sans trop rechigner. Comme je n'étais pas imprégnée, je n'avais pas de moments de mutation autorisés et j'avais du mal à supporter de rester sous forme animale aussi longtemps. Venir ici était le seul moyen de me retrouver sur deux pattes, et mieux encore, de garder mes pensées pour moi seule.
J'écoutais la passionnante discussion qu'avaient Seth et les vampires d'une oreille distraite, tout en laissant mon regard vagabonder à l'extérieur.
« C'est pour nous protéger. Il faut traverser la couche avant de toucher la peau », argumentait mon frère, un peu virulent.
« Ou bien c'est pour éviter d'être ridicule, s'esclaffa Emmett, faisant voler sa mannette en l'air et tapant dans la main d'un Benjamin ravi d'une telle conversation. Tu imagines des loups sans poils ? Qu'est-ce que ça doit être moche ! »
« Et un vampire rachitique tu en penses quoi ?! », se défendit le loup. Je ne retins pas mon sourire devant cet argument pitoyable.
« Non je sais ! s'exclama Edward. C'est pour paraître plus imposant. Votre épaisse fourrure vous rend plus gros et donc plus dangereux aux yeux de l'ennemi ! »
Seth coula un regard vers moi, qu'aucune des sangsues ne rata bien entendu, et me décocha un sourire radieux. J'eus envie de le lui faire ravaler.
Je pris la parole, à la surprise de certains qui n'avaient pas l'habitude de m'entendre donner mon avis de ma propre initiative.
« Non tu as tout faux Edward. »J'insistais sur la fin de ma phrase en assassinant du regard mon frère hilare.
« Si les loups ont un pelage si épais, c'est parce qu'ils n'auraient pas l'air de vrais mâles si on pouvait tout voir. », dis-je, m'attaquant à la virilité de mon frère qui comme tous les hommes, ne le supportait pas.
Tout se passa très vite. Seth et Jacob s'empourprèrent immédiatement avant d'hurler que je mentais.
Emmett éclata de rire et leva un point en l'air. Les autres vampires pouffèrent. Benjamin jeta sa mannette et se précipita vers moi, et avant que j'ai eu le temps de reculer, il me percuta et me serra dans ses bras.
Aussitôt je grognais et me mis à trembler alors que je le repoussais violemment. Je tombais à genoux, essayant de me contrôler, le cœur battant à tout rompre, poussé par l'adrénaline. Je voulais éviter de muter dans le salon. Jacob fut sur moi dans la seconde et, posant ses mains sur mes épaules, m'incita à me calmer.
Je respirais doucement, puis après avoir repris le contrôle total de mon corps, je me relevais. Je remarquais que tous les vampires étaient descendus, et se tenaient dans le salon, ne sachant que faire.
« Leah ! Je suis vraiment désolé ! Je te jure, je voulais juste te remercier de rabattre le clapet de ton frère... ». Benjamin avait un air franchement penaud sur le visage. Toutes les sangsues me fixaient, étonnées, et je me sentie obligée de m'expliquer.
« Heu… Ouais c'est bon. C'est juste que… tu m'as foutu la trouille ! », m'exclamais-je à la surprise générale. J'étais la première à être choqué par ce que j'avais dit. Admettre que j'avais eu peur d'une sangsue ?
Heureusement Bella me sauva la mise.
« Bon, Benjamin, essaies de ne pas recommencer. Si on pouvait éviter de se retrouver avec un vampire à recoller sur les bras, ça serais cool. » Elle brisa le silence, et me fit un clin d'œil alors qu'elle sous-entendait que si combat il y avait eu, j'aurais gagné.
Vu le personnage, j'en doutais fortement. Surtout si tous les vampires m'étaient tombés dessus.
Les conversations reprirent et les vampires remontèrent à l'étage comme si l'incident n'avait pas eu lieu. Tout le monde était rassuré que cette petite altercation ne se soit pas envenimée.
Edward m'apostropha alors que je reprenais ma place près de la fenêtre.
« Tiens au fait Leah, puisqu'Esmée est partie, si tu veux te faire à manger, n'hésites pas. »
Je le remerciais d'un signe de tête, un peu refroidie par le conflit qui avait failli éclater. Ce n'était pas la première fois que l'un de nous perdait son sang-froid. Et quelques vampires avaient eu aussi des réactions disproportionnées.
Heureusement chacun veillait à la bonne entente générale, et il n'y avait jamais eu plus que des mots, sauf une fois où une claque était partie, sans conséquences au soulagement de tous.
Je me dirigeai vers la cuisine. Je lavai consciencieusement tous les ustensiles de cuisine dont je pouvais avoir besoin. Je ne voulais pas les utiliser pour préparer ma nourriture si l'un des vampires les avait tripotés auparavant. Surtout avec Emmett dans les parages.
Risques d'infections, d'empoisonnement et de pleins d'autres trucs pas drôles. Je savais que mon geste n'avait échappé à personne, et je savais aussi que certains s'en vexaient.
J'haussais les épaules et allumais le gaz.
OoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoO
Alors qu'Esmée et Carlisle devaient enfin rentrer avec les derniers vampires attendus, nous avions effectués une ronde, ma meute et moi, pour vérifier qu'aucune menace n'était entrée sur le territoire.
La meute de Sam était bien entendu restée autour de la maison pour surveiller les nouveaux venus, même s'ils ne nous inquiétaient pas vraiment.
Maintenant que l'on n'attendait plus personne, nous étions plus confiant puisqu'aucun gros accident n'était à déploré depuis que les dix-sept vampires aux yeux rouges étaient là. Ils avaient été conciliants et coopératifs. Même les plus solitaires, comme celui qui vivait au grenier et dont je ne connaissais pas le nom.
Nous courrions en rythme, moi la première, puisque les garçons n'arrivaient pas à me rattraper. Je ne voulais pas les laisser me doubler, surtout après que Quil m'ait sauté dessus lors de notre patrouille à un moment où je ne me méfiais pas. Nous nous étions battus gentiment, roulant au sol. Cela faisait du bien de se dégourdir les pattes, et de faire jouer un peu nos muscles endormis.
Nous avions fait voler la poussière avec plaisir avant que l'on ne soit obligé de stopper notre lutte, alors que nous éternuions en cœur. Les autres s'étaient bien moqués de nous
C'est pourquoi j'avais les poils plus beiges que gris, d'après l'image que je voyais à travers le regard de mon frère.
Lorsque nous traversâmes la frontières invisibles que nous avions tracée, soit à moins de cinq kilomètres de la maison, la puanteur typique des sangsues ne me fit pas froncer le nez contrairement à d'habitude.
Au contraire, ce fut une odeur agréable qui me fit lever le museau en l'air pour en capter plus d'effluves. Le parfum était à la fois celui des feuilles après la pluie et de la terre humide. Mon loup fut tout autant apaisé par cette senteur qui était synonyme d'une forêt calme, qu'excité par la perceptive de courir sous la pluie et de sentir l'eau glissant sur mon poils, une chose que j'adorais.
Je savais pourtant que ça ne pouvait pas venir des bois alentours puisqu'aucune chute de pluie n'avait eu lieu depuis au moins une semaine. Il faisait trop froid. Bientôt, la neige tomberait.
- Vous sentez ? Ça n'est pas comme d'habitude, l'odeur des vampires est cachée. Vous pensez qu'il y a des humains ou quelque chose comme ça avec eux ?, demandai-je à ma meute, inquiète à l'idée que des humains soient sans défenses au beau milieu d'un groupe de sangsues.
- Bof, moi je trouve que ça sent aussi mauvais que d'habitude Leah, me répondit Quil.
- Tu dois avoir le nez bouché, s'esclaffa Seth.
Jacob haussa simplement les épaules. Nous savions que la présence de Renesmée dans la maison rendait la puanteur bien moins forte pour lui. Ainsi lorsqu'elle était là, son odeur cachait presque celle des autres. Nous pensions que cela était dû à ses origines, même si personne n'était allé vérifier s'il s'agissait d'une particularité des imprégnées.
Quel loup serait assez fou pour laisser son imprégnée près d'une sangsue, toute végétarienne qu'elle soit, pour une simple expérience ?
Alors que l'on se rapprochait toujours du nid à vampire, je me concentrais et je réussi enfin à sentir la puanteur des sangsues. Je devais avoir respiré quelque chose qui troublait mon odorat.
- Peut-être que c'est la poussière de tout à l'heure, renchérit Embry, qui avait suivi le cours de mes pensées.
- En tout cas, c'est plus logique que l'idée débile de Seth. Franchement, un loup enrhumé ?!, rigola Quil.
Mon alpha me rassura tout de même.
- Leah, Sam n'aurait pas laissé des humains seuls là-bas. Ne t'inquiètes pas.
- Bien sûr que non, me morigénai-je. Sam n'aurait pas fait ça. Ce que tu peux être bête ma pauvre Leah. Je ris de ma bêtise. S'il y avait bien une personne au monde qui souhaitait protéger les humains autant que moi, c'était bien Sam.
La maison fut enfin en vue. Nous sentîmes aussitôt que Carlisle et Esmée étaient rentrés. Les derniers vampires devaient donc être là. En effet, l'odeur de trois nouvelles sangsues m'atteignit. Je fus soulagée de sentir leur puanteur, même si elle était toujours atténuée par cette étrange odeur champêtre.
Puisque tout le monde était arrivé, cela signifiait, d'après les visions d'Alice, qu'il ne nous restait environ que deux semaines avant l'arrivée des Volturis. La meute de Sam était bien là, attendant à l'ombre que l'on entre dans la maison pour faire les habituelles mises en garde aux nouveaux venus. J'imaginais que la famille Cullen leur avait déjà expliqué tout ce qu'il y avait à savoir, comme cela avait été fait auparavant avec les autres.
Mais c'était notre rôle, il fallait nous montrer, faire les présentations et parler au nom des deux meutes de la réserves.
Nous nous arrêtâmes tous les cinq juste avant le jardin de Carlisle et sa famille. Je m'éloignais pour rejoindre mes fourrés. Je mutai rapidement et m'habillai avec les vêtements posés sur la pierre plate placée là à cet effet. J'essayai au passage de me dépoussiérer un peu, en vain.
Je rejoignais le groupe près de la porte d'entrée de la maison dans laquelle on devinait une agitation peu commune. Forcément, toutes les sangsues à l'intérieures devaient être excitées comme des puces, puisque les derniers des leurs étaient enfin là.
Ils devaient être pressés de sortir un peu, pour faire autre chose que se nourrir ou travailler.
Jacob poussa la porte, et fut aussitôt bousculé par Nessie qui lui sauta dans les bras, comme si elle ne l'avait pas vu hier….
Il la réceptionna avec l'aisance que donne l'habitude. Carmen vint nous saluer, alors que les autres restaient dans le salon, attendant gentiment que nous arrivions. Cela m'étonna que ce ne soit pas Esmée, puisqu'elle ne nous avait pas vus depuis plusieurs jours.
Seuls six vampires étaient dans les chambres cette fois. À leur odeur, j'identifiai les trois amazones, que je préférais éviter comme chacun d'entre nous. Les deux roumains, qui n'étaient pas rassurants, étaient également à l'étage. Le nomade misanthrope restait comme d'habitude au grenier.
C'était la première fois qu'autant de monde était en bas avec nous. J'imaginais déjà leur excitation.
Suivant mes frères de meute, j'entrai dans le salon. Chacun nous salua. Je remarquai aussitôt que l'odeur que j'avais sentie et qui me perturbait était bien plus forte ici.
Balayant la pièce du regard, je me sentais extrêmement mal à l'aise d'être la proie, avec ma meute, de tant d'attentions vampiriques. Priant pour que les sangsues présentes n'entendent pas les battements de mon cœur s'accélérer légèrement sous l'effet de l'adrénaline, je me déplaçai un peu pour me placer à côté de Seth.
J'étais carrément sur mes gardes, prête à muter au moindre geste suspect.
Personne ne fut dupe de mon état. Bella me fit un grand sourire, alors que Rosalie n'empêchait pas le contentement de se lire sur son visage.
« Hey Crocs Blanc, on ne va pas te manger ! », hurla Emmett, mort de rire face à ma réaction. Je le fusillai du regard et me tournai vers Jasper qui nous interpella.
Il nous présenta deux des nouveaux vampires, deux hommes assis sur le même fauteuil. Ils nous saluèrent de la tête. Pas très loquaces.
Comme toutes les sangsues, ils étaient extrêmement beaux.
« Esmée !, appela Alice. La meute est là ».
J'entendis le rire si rassurant d'Esmée qui venait de la cuisine. Je me décrispai. Elle ne nous avait surement pas entendus à cause de la personne qui l'accompagnait. J'avais en effet senti trois sangsues inconnues, donc la dernière était avec elle.
Esmée était particulièrement excitée à chaque nouvel invité, et elle en oubliait parfois les autres, toute prise qu'elle était à découvrir de nouvelles cultures.
Elle sortit de la cuisine, et vint nous enlacer chacun notre tour. Je m'efforçais de ne pas frissonner à cause de la fraicheur de son étreinte sur mes bras nus. Je refusais de la blesser par un geste de recul, surtout que je ne me sentais pas en danger comme la dernière fois avec Benjamin. Seth fut bien le seul à lui rendre chaleureusement son geste cependant.
Une femme la suivait, et elle nous salua d'un signe de la main tout en restant à distance, certainement répugnée par notre odeur.
« Voici Anna », nous apprit Edward.
« Vous devez être les humains qui se changent en loup », répondit celle-ci, particulièrement enthousiaste.
Seth approuva de la tête, et lui rendit son sourire.
Elle parla alors avec une telle ardeur qu'il fut évident qu'elle était plus que ravie de rencontrer notre espèce.
« Esmée m'a beaucoup parlé de vous durant le voyage. Nous avions hâte de vous connaitre, je trouve ça vraiment cool ! Je ne savais même pas que vous existiez ! Il faut absolument que no… »
Soudain l'odeur entêtante de forêt mouillée me frappa de plein fouet.
Quelqu'un suivait de près Anna. Stupéfaite parce que je n'avais senti que les émanations de trois sangsues étrangères, je me tournai vers le nouveau venu.
Mes yeux tombèrent sur une chemise à carreaux, comme celles qu'avaient les bûcherons des environs. Je levai la tête, et je rencontrai des yeux rouges.
Magnifiques.
Je n'entendis pas Carlisle faire les présentations d'usage.
J'étais bien trop loin d'ici pour remarquer sa présence.
Ce merveilleux parfum m'enveloppa toute entière, et je fermais les yeux, regrettant déjà ce regard incandescent. Avant même que je ne comprenne ce qu'il m'arrivait, la chaleur qui m'avait envahie disparue pour laisser place à un profond et effrayant bouleversement.
Je sentis mon cœur louper plusieurs battements puis reprendre avec une telle vigueur que mon souffle se coupa. J'eus l'impression que mes poumons se vidaient complètement avant de se remplir violement d'un air totalement différent.
Oui, ce n'était plus le même, l'oxygène dans l'atmosphère lui-même avait changé d'arôme. Mon monde, celui que j'avais toujours connu, s'écroulait pour laisser place au nouveau.
Cette métamorphose inattendue poussa la louve qui dormait en moi hors de sa tanière, et ce fut de sa propre initiative qu'elle détruisit tout ce qui me restait de précieux.
Je senti bien contre ma volonté des larmes s'accumuler derrière mes paupières, alors que les sentiments que j'éprouvais pour ceux que j'aimais étaient simplement effacés, comme si je n'eus pas le droit de protester.
Pourtant, contre toute attente, un infini bonheur m'envahit aussitôt après, lorsque tout fut remplacé par quelque chose de tellement merveilleux et dévastateur, de si unique et évident.
« …créateur, je ne sais pas.. »
La voix d'Alice me fit sursauter, brisant ma bulle.
« … possible que les Volturis… »
Me concentrant, j'essayais de reprendre pied dans la réalité. Je n'entendais que quelques mots, et j'avais bien du mal à leur donner un sens.
« … chasser ailleurs, vous serez accompagnés d'un Cullen… »
La voix chaude et grave de Jacob me fit réagir, et je m'obligeai à ouvrir les yeux. Je m'employai désespérément à avoir l'air naturel, et je compris que mon absence avait certainement durée moins d'une demi minute, puisque personne ne me questionna, ne serait-ce que du regard.
« Bien sûr. Nous venons aider, pas nous quereller ».
Excitante, fascinante et rassurante voix que j'idolâtrais immédiatement. Je ne pus m'empêcher de frissonner de contentement, et je serrai les dents devant cette réaction stupide et inconvenante : j'étais entourée d'êtres aux perceptions surdéveloppées.
« Leah, ça va ? », me demanda Seth sans aucune discrétion.
Aussitôt tous les regards se posèrent sur moi. Les Cullens, ma meute, les autres sangsues, et lui.
Je fus soulagée de voir que ma faiblesse n'avait pas été remarquée, au vu de leurs expressions surprises suite à la demande complètement hors propos de Seth.
Rassurée par cette idée, je les fixais à mon tour en évitant l'objet de mes pensées, ne sachant quoi répondre.
J'étais embarrassée. Mon mutisme devenait plus que gênant alors qu'ils attendaient une réponse.
Jasper m'observait étrangement. Je fus plus qu'heureuse qu'Edward ne soit plus présent, même si j'ignorais totalement à quel moment il était parti.
« Ouais, t'as l'air bizarre… t'as chopé un truc ou quoi ? », me demanda Quil, brisant le silence, alors qu'il lançait un coup d'œil joueur à Seth.
« C'est peut-être un rhume ! », s'amusa Embry. Les vampires ne comprirent pas pourquoi mes frères de meutes explosèrent de rire à cette boutade.
J'avais l'impression d'avoir un poids sur le cœur qui refusait de partir. Comment pouvaient-ils s'amuser d'une telle chose ? Si grave, si pénible, si… cruelle ?
Je me consumais sous ce regard si détesté et … aimé… car je savais que ces yeux me fixaient, certainement interrogateurs. Je le sentais.
Alors je fus douloureusement consciente de l'allure que je devais avoir. M'inquiétant de mon apparence, je réalisais l'air pitoyable que je présentais avec ma peau couverte de poussière, mes vêtements déchirés et mes cheveux emmêlés pendant que je me tenais pieds nus au beau milieu du salon richement décoré.
J'aurais tout donné pour pouvoir disparaitre.
Je rougis violement, et plus encore lorsque je compris pourquoi.
Leurs rires emplissaient ma tête. Oui, comme il devait rire de moi lui aussi en voyant l'état dans lequel j'étais. J'avais l'impression qu'un énorme bourdonnement incessant me jetait à la face son amusement, alors que j'ignorai même s'il se moquait aussi.
Jacob repris son sérieux et me fixa calmement, comme s'il essayait de comprendre ma réaction étrange.
J'eus peur. Plus encore que lorsqu'il m'avait attaqué. Terrifiée à l'idée qu'il ne découvre ce qui venait de m'arriver, cette chose qui me terrorisait plus que la mort.
Respirant à grand peine, presque tétanisée, je priais pour sortir d'ici. Comme avant la transformation, je sentis mon corps chauffer et mes mains trembloter légèrement.
Ils le remarquèrent tous.
Avant que qui que ce soit ne prononce un mot, la louve protégea son secret, comme si elle savait que j'allais bientôt m'écrouler.
« Elle t'a fait bouffer quoi ta mère quand t'étais un sale mioche Embry ? Mais c'est surement génétique quand on voit comment elle est. C'est à se demander ce qu'elle a fait pour réussir à te choper ces foutu gènes de loup !»
Tous, Cullens compris, me regardèrent avec de grands yeux, effarés. J'étais certaine que tous les vampires des lieux pouvaient entendre mon cœur qui cherchait à sortir de ma poitrine. Je savais que j'étais injuste mais mon instinct de survie était bien trop fort.
Car c'était bien de cela qu'il s'agissait.
Jacob réagis immédiatement, alors que les autres étaient trop hébétés pour parler.
« Qu'est-ce qu'il y a Leah ? Ça va pas ou quoi ? », grogna t'il.
Irascible, je lui répondis sèchement. Tous nous écoutaient mais personne n'osait intervenir.
« Si ça va très bien. Maintenant que tous ces foutus buveur de sang sont là, on va pouvoir sortir de la merde dans laquelle ton hybride nous a tous mis. »
J'ignorais la douleur que j'éprouvai après avoir osé l'insulter.
Jacob serra les poings et s'avança vers moi. Je reculai immédiatement, faisant un pas vers la droite pour éviter le vampire aux cheveux blancs puisque je savais où il était. J'ignorais comment, mais je savais exactement où il se situait dans la pièce. Tout mon corps était tendu vers lui. Je lui tournais le dos pour ne pas être déconcentrée, même si par ce mouvement je captais sa fragrance qui me déstabilisa un instant.
Repoussant avec hargne le bien être qui m'envahi alors, j'essayais de calmer Jacob qui tressaillait déjà.
« Pas la peine de m'étrangler à nouveau, je ne la menace pas ».
Je vis du coin de l'œil Esmée hoqueter à mes paroles pendant que je continuais de fixer mon alpha. Il est vrai que personne n'était au courant ici. Ce n'était plus le cas désormais.
« Leah, c'était un accident, ok ? J'en suis vraiment désolé tu le sais bien. » Il élevait la voix, et je sentis qu'il avait du mal à se contenir.
Agressive, c'est moi qui me rapprochais finalement de lui dans une attitude provocatrice. Je le détestais à l'instant. Je ne pouvais penser qu'à ce qu'il m'avait fait subir, l'humiliation que j'avais ressentie.
Et bien sûr, la présence du vampire derrière moi n'arrangeait rien. J'étais au fond bien contente de cette dispute qui cachait à tout le monde l'attitude protectrice que j'avais à l'instant, quand je plaçais mon corps entre Jacob et lui.
Trop d'émotions d'un coup, j'avais l'impression que ma tête allait éclater.
Personne n'osait intervenir, tant les garçons qui étaient eux-aussi soumis à Jacob, que les sangsues qui savaient qu'elles ne pouvaient pas se mêler des affaires de notre meute.
« Ouais sauf que tes crocs dans ma gorge, j'ai du mal à l'avaler.»
« Ça suffit. On va s'expliquer dehors. Tu mutes et tu viens», hurla Jacob, hors de lui, enragé que je mette de nouveau à mal son autorité, et devant témoins. De plus faire part d'une telle agressivité envers les vampires n'était pas très bon pour les relations inter-espèces.
Obéissant, mon corps trembla. Je luttais contre moi-même pour ne pas lui céder et je tombai à genoux. Esmée et Carmen se précipitèrent vers moi et posèrent leurs doigts froids sur mon corps brulant. J'aurais aimé que se soit sa fraicheur à lui.
A cette pensée mes spasmes cessèrent brusquement. Je ne pouvais pas muter devant lui. La louve et moi étions d'accord sur ce point : il ne pouvait pas me voir ainsi. Impossible.
Inconsciente du fait que je résistais à un ordre d'alpha, je me relevais vivement en repoussant les deux femmes pour m'éloigner de mon vamp… de la sangsue le plus vite possible.
Bousculant Alice qui voulut me retenir je sortais rapidement de la pièce puis de la maison alors que j'entendais Jacob me suivre en courant.
« Leah attend ! Expliques moi ce qui se passe ! », me supplia-t-il en m'attrapant le bras, me forçant à me retourner pour le regarder. Il comprenait que quelque chose s'était passé, une chose qui me poussait à agir ainsi et qui m'avait donné la force de résister à son ordre.
Avant que j'ai pu dire un mot, Renesmée sorti de la maison et nous rejoignis si vite que je ne la vis pas bouger. Elle attrapa Jacob par la main et le tira doucement.
« Viens Jake, laisses-là un peu seule. Ça fait combien de temps que Leah n'a pas eu d'intimité ? Ça rendrait folle n'importe quelle fille », lui dit-elle, faisant preuve d'une grande maturité, prouvant encore une fois que son esprit se développait bien plus vite que son corps. Elle me fit un sourire mais elle ne croyait pas plus que moi le mensonge qu'elle avait émis pour m'aider. Je le savais.
Acceptant ce répit qu'elle m'offrait, je me dégageai doucement de la poigne de Jacob afin de ne pas le sortir de l'état dans lequel l'avait mis la demande suppliante de son imprégnée.
« Oui tu as raison. Leah rentres chez toi pour la soirée et reposes toi. Tu reviens demain », lâcha-t-il après m'avoir regardée fixement. Il se retourna vivement vers l'orée du bois où se trouvait la meute de Sam après avoir entendu des grognements.
« La ferme, j'ai encore le droit de faire ce que je veux de mes loups que je sache ! Tu dis rien quand les loups vont voir leurs imprégnées, mais dès qu'il s'agit de Leah, t'as toujours fait le con. C'est une femme, je pense qu'on peut faire un effort là-dessus. », beugla-t-il à Sam.
Bien que je lui en veuille encore à mort, j'étais heureuse et reconnaissante qu'il reconnaisse devant tout le monde, car nul doute que les vampires avaient tout entendu, ma condition particulière que Sam avait toujours pris soin d'ignorer.
Sans demander mon reste, je me dirigeais directement vers la réserve, et y allais sans muter. Pas question que ma meute apprenne ce qu'il venait de m'arriver.
Arrivée à la maison, je saluai rapidement ma mère et Charlie sans m'occuper de leur surprise, et montai dans ma chambre. Après quoi je me laissai tomber sur mon lit qui m'avait beaucoup manqué ces derniers jours.
Il fallait que je me concentre, que je fasse le point sur ce qu'il s'était passé.
C'était impossible. Pas à moi.
Cette odeur, cette chaleur, ce visage. Ces yeux… rouges.
Fermant les paupières mon esprit fut envahi par l'image de ce visage si parfait, que je devais probablement imaginer puisque je ne l'avais aperçu consciemment que durant quelques secondes.
Irritée, j'essayai de visualiser Sam. Impossible. C'était comme si je ne me rappelais plus ses traits pourtant si chéris durant des années. Pour tester, je pensai à la bague d'Emily. Rien.
À la place je voyais un corps froid et dur comme la pierre à genou devant moi, un bijou semblable à la main.
Découragée devant l'horreur de cette situation que je n'arrivais pourtant pas à regretter, je passai une main lasse sur mes yeux.
Impossible.
Je ne veux pas.
Ho que non, je ne voulais pas ressentir tout ça… Je savais pourtant que je ne pourrais rien y faire.
J'avais trop entendu d'histoires, trop constaté les effets sur mes frères, pour nier ce qui m'arrivait.
Erreur génétique. Pas possible.
J'étais consciente d'être trop détachée. C'était comme si j'étais en dehors de mon corps. J'aurais dû hurler, griffer, mordre, ou même pleurer. Ces réactions avaient été avortées dans l'œuf dès que j'étais sortie de la maison Cullen. Maintenant que j'étais loin, j'étais mortifiée à l'idée de ce qu'il devait penser de moi.
Je regrettais mes paroles. Pas pour Jacob. Pour lui.
Je n'avais qu'une envie, y retourner, pour lui montrer que je pouvais être aimable et agréable.
Son nom. Je ne connais même pas son nom.
J'eus envie de pleurer. Plus encore quand je réalisais qu'il devait me haïr. Je l'avais insulté et j'avais provoqué un esclandre le jour de son arrivée. L'ambiance là-bas devait être affreuse par ma faute.
Non !
Il devait me haïr ! Moi-même je le détestais de m'infliger cela !
Cause perdue que de se mentir à soi-même…. J'avais beau essayer de toutes mes forces, je n'arrivais pas à penser du mal de lui. Je ne le connaissais même pas !
Bats-toi ! Ne t'apitoie pas sur ton sort, mais cherche une solution.
Si je combattais cette chose je pourrais reprendre ma vie. Partir. Non, je ne peux pas partir sans lui. Si bien sûr ! Je ne laisserais pas un homme décider de ma vie. Même pas un homme : un vampire. Aux yeux rouges. Qui boit du sang humain.
Un monstre !
J'ignorais la douleur dans ma poitrine quand ces mots traversèrent mon esprit.
Ma fille, arrêtes de nier. L'accepter me permettrait peut-être de le contrôler plus facilement, et pour finir de m'en défaire.
Bon.
Pfft.
Ok, ce n'est pas la fin du monde. Peut-être bien que si au final. Mais c'est impossible pourtant…
Je pris une grande respiration pour me donner la force de ne serait-ce que penser ce mot.
Je me suis imprégnée.
Du moins ça ressemblait à l'idée que je me faisais d'une imprégnation.
Ma seule envie consistait à le retrouver. Mon propre bonheur ne pouvait exister que dans le siens. Je le sentais à travers chaque fibre de mon être. Même le bien-être de mon frère, la personne que j'aimais le plus au monde, passait désormais après le sien.
Mais c'est absurde ! C'est un vampire !
Je m'étais imprégnée, soit. La chose que je redoutais le plus et à laquelle j'avais étrangement renoncée avait eu raison de moi.
Mais pourquoi un vampire ? Un homme qui ne pouvait se reproduire, but ultime de l'imprégnation. À moins que les anciens n'aient tout faux. Après tout, ne m'avaient-ils pas certifié que l'imprégnation m'était refusée? Parce que j'étais une femme, qui plus est stérile. Alors pourquoi ?
Et comment pouvait-il être mon âme sœur, alors que nous étions des ennemis naturels ?
Ça n'a aucun sens…
Epuisée par tous ces évènements incompréhensibles, et par la charge émotionnelle qui les accompagnait, je finis par m'endormir sans même m'en rendre compte.
