Salut les ptits loupiaux!

Hahaha finalement vous avez votre chapitre avant juin! (Bon je sais, après les vacances de Noël mais bon...). Je ne sais spa trop quoi dire de plus, alors je vous laisse à la lecture! J'espère que ça vous plaira =)

Ha si juste une chose! Je me suis rendue compte que j'ai fais une erreur dans la chronologie dans les chapitres d'avant. J'avais complètement oublié qu'Alice et Jasper partaient. Alors voilà, c'est expliqué et corrigé dans ce chapitre. J'ai essayé de l'intégrer au dernier moment ^^. J'espère que ça fera pas trop bizarre!
Bon sinon je prie pour qu'il n'y ait pas de fautes puisque le chapitre n'est pas passé entre les mains de ma bêta.

Je suis désolée pour les réponses aux reviews anonymes, mais ça fait tellement longtemps que j'ai pas posté que je ne sais plus lesquelles étaient pour le dernier chapitre. Sachez tout de même qu'elles m'encouragent beaucoup et je vous en remercie! Je vais reprendre les bonnes habitudes pour le prochain chapitre promis ^^. (J'espère qu'il arrivera plus vite!)

Bonne lecture =)


Chapitre 17: Premier contact

Après être sortie, j'étais restée au campement plusieurs jours, couchée sur mon espèce de paillasse d'herbe, fixant la maison comme si je pouvais voir à travers ses murs et apercevoir mon imprégné.

J'avais réussi à ignorer la partie de moi qui ne désirait qu'une chose : entrer à nouveau chez les Cullen. Aussi je faisais tout pour me changer l'esprit.
Seth lui par contre continuait à accompagner Jacob et je le voyais disparaître deux heures par jour par le pas de la poste. Esmée n'avait rien dit et s'était contentée de déposer des vêtements propres si l'envie de muter pour venir dans la maison me prenait. Je lui avais adressé un de mes rares sourires pour la rassurer sur mon état. Elle paraissait triste.
Je culpabilisais un peu de laisser croire aux vampires que j'avais peur d'eux, surtout Esmée.

Bon, j'avais peur oui, mais pas des sangsues en elles-mêmes. C'était plutôt mon manque de réaction face au danger qui m'inquiétait. Je n'en revenais d'ailleurs toujours pas de m'être endormie. Je soupçonnais mon imprégné d'y être pour quelque chose.
Sa voix était trop envoûtante.

Alors j'avais décidé de ne plus l'approcher. Je me battais contre l'envie d'être près de lui, de lui parler et de le connaître. Peut-être qu'ainsi les symptômes disparaîtraient d'eux-mêmes.

Il y avait maintenant cinq jours, Jacob, Seth et Embry - qui prenait ma place puisque je refusais de retourner dans la maison - nous avaient rapporté un événement soucieux.

Alice avait eu une vision.
D'après elle les Volturis seraient là pour la première chute de neige, ce qui devait arriver à peu près deux semaines plus tard. Plus ou moins, d'après la météo. Environ neufs jours maintenant.

Elle avait alors vivement conseillé à Isabella de réellement s'entraîner et d'essayer de maîtriser son pouvoir. Jusqu'à présent, celle-ci s'exerçait avec Edward, et je doutais, de ce que j'en avais vu, que ce soit efficace.
Le lendemain, Sam était venu trouver Jacob à la lisière du bois. Il portait un morceau de papier serré dans son poing.
Alice et Jasper étaient partis. Sam les avait laissés passer la frontière. Le message que la vampire avait laissé exprimait ses regrets et précisait qu'elle n'avait pas eu le choix. Elle demandait à ce qu'on ne les cherche pas, et que notre confiance lui reste acquise.
Jacob et le message n'étaient pas entrés depuis deux minutes dans la maison que nous avions vu Rosalie sortir à toute vitesse en vociférant après sa sœur absente. Vite rejointe par ce qui restait de la fratrie, ils avaient tous les quatre disparus rapidement, suivant leur trace.
Aucun de nous n'avait alors voulu se risquer à aller demander des explications à l'intérieur. À notre grand soulagement, Jacob avait fini par sortir, la mine grave.
Il nous avait alors annoncé la fuite d'Alice et de Jasper. J'avais cru sur le moment avoir mal entendu. Mais quand les enfants Cullen étaient revenus sans le couple, et que Rosalie s'était mise à hurler des injures en direction du ciel, le doute n'avait plus été permis.

Rien que pour cela, je voulais éviter de peiner plus encore Esmée. Elle avait le cœur déchiré par l'abandon de ses deux enfants, cela se voyait. Jacob nous avait dit que l'ambiance à l'intérieur était insupportable. La fuite d'Alice et de Jasper nous avait tous choqués. Et mit en colère aussi. Enfin personnellement en tout cas…

D'abord parce qu'ils nous privaient de leurs dons exceptionnels pour la bataille. La capacité d'Alice était un atout précieux lors d'un conflit pour anticiper l'ennemi. De plus Jasper était un guerrier extrêmement expérimenté. Il valait au moins trois autres vampires à lui seul lors d'un combat, je l'avais déjà vu à l'œuvre. Nous l'enlever c'était diminuer considérablement nos chances de succès, en cas d'attaque. Il était le meilleur guerrier de la famille.
Mais j'étais surtout en colère à cause de leur lâcheté. Je pense que c'était aussi ce qui mettait Rosalie dans un tel état. Nous allions mettre en péril notre vie et Alice n'avait pas voulu prendre ce risque, et elle avait certainement voulu mettre son mari à l'abri.
Et cela me révoltait de savoir que mon imprégné se battrait peut-être alors qu'elle se permettait simplement de fuir avec Jasper. Parce qu'honnêtement, je ne pensais pas que l'histoire des témoins sera suffisante. J'avais peur que l'on doive se battre, et la fuite d'Alice suite à l'une de ses visions ne faisait qu'accentuer ce pressentiment.
Je lui en voulais tellement d'être à l'abri avec son mari alors que celui qui comptait plus que tout à mes yeux allait risquer sa vie. Et je ne pouvais rien y faire. Non seulement parce que je devais me battre aux cotés de ma meute, mais surtout parce que je ne me voyais pas lui demander de fuir. Je ne pouvais pas l'emmener ailleurs puisque nous étions des étrangers l'un pour l'autre.

Toutes ces réflexions me démoralisaient. Et j'imaginais que c'était le cas pour chacun d'entre nous, car nous étions tous englués dans ce merdier avec des personnes qui nous étaient chères. Moins de deux semaines avant la confrontation avec les Volturis, Alice et Jaspers nous avaient fait un bien triste cadeau….
Au moins nous avait-elle prévenus de la date approximative de la rencontre avant de prendre ses jambes à son cou.

Aussi durant les trois jours qui suivirent leur départ, il ne se passa rien. Esmée nous apportait à manger, nous jetait un regard triste puis repartait. Jacob faisait seul l'aller-retour entre la maison et notre espèce de campement, et il nous rapportait la situation. Rosalie et Emmett restaient dans leur chambre, de même que Bella et Edward. Le salon restait vide et les vampires sortaient la nuit pour chasser.
Et puis rien d'autre.
On attendait. Quoi ? Je ne sais pas. Le retour d'Alice et de Jasper? Les Volturis ? Un signe ?
L'ambiance était vraiment froide, on aurait cru être en deuil.
Même Seth était déprimé. Il ne cessait de ressasser le départ des deux vampires qu'il appréciait. Il n'en revenait pas et ne comprenait pas leur geste. Il se sentait trahi, toutefois il continuait à leur accorder sa confiance.

Le matin du quatrième jour, Isabella et Edward sortirent dans le jardin et l'époux tenta d'apprendre à sa femme comment combattre, encore une fois. C'était totalement inefficace, mais très amusant à observer. Edward n'osait pas frapper fort, et Bella mélangeait les gestes des prises qu'il lui montrait.
L'après-midi, d'autres vampires sortirent avec eux pour les observer également. Finalement cela paru remotiver les troupes et Seth alla avec Jacob voir Nessie dans la soirée.

Même si je ruminais encore à ce propos, Embry et Quil mirent un point d'honneur à entretenir une conversation neutre durant toute la soirée, n'hésitant pas à sortir des blagues pourries pour nous amuser.

Et voilà, j'en étais là, couchée sur le flanc à regarder les vampires qui squattaient le jardin, tandis que Jacob et Seth étaient avec Renesmée, pour changer.
Presque tous les vampires étaient dehors, Gavrik y compris. Ils avaient l'air de vouloir s'entrainer eux aussi, mais je les soupçonnais surtout de vouloir se dégourdir les jambes autrement que pour chasser et de vouloir sortir de l'ambiance étouffante de la maison. Même Rosalie et Emmett étaient là, bien que cette dernière paraissait prête à mordre quiconque la bousculerait.

Moi je me déplaçais pour leur tourner le dos. L'apparition de mon imprégné avait au moins eu l'avantage de me sortir de mes ruminations sur Alice et son mari. Jetant un léger coup d'œil sur le groupe aux dents pointues qui s'agitait, je ne pensais pas à me contrôler suffisamment pour ne pas rêver de lui. Comment était-il en combat ? J'étais certaine qu'il devait être très… viril ? dangereux ? sexy ?

- Houhou ! Et bien Leah, c'est qui ce mec qui te fait avoir des pensées aussi chastes ? , me questionna immédiatement Embry.
- Pffff vous faites chier…. Vous pouvez-pas aller voir ailleurs si j'y suis ?, grommelai-je, peu fière de m'être faite avoir. Encore.
- Notre Leah a trouvé quelqu'un qui a réussi à passer outre son caractère de cochon ! Dis-nous qui c'est cet homme qui a pu plaire à la louve la plus difficile de la terre ? Faut que je l'interview !, continua Quil, apparemment très heureux de son « scoop ».
- Tu t'es enfin décidée à oublier Sam? , renchéri Embry alors que je me concentrais pour l'ignorer et plus encore pour m'empêcher de visualiser le visage de Gavrik. Je pensai alors à cet homme que j'avais croisé plusieurs fois au bar de la Push, bien avant que ma transformation n'ait lieu.
- Ah ouais c'est pas du tout le même style, s'esclaffa Embry. Il est vrai que cet homme faisait un peu… gringalet.
- Bon c'est fini oui ? répliquai-je, malgré tout bien contente de mon petit tour de passe-passe, vous avez fini de discuter de ma vie sentimentale inexistante ?
- Ho aller Leah, c'est bien trop tentant ! Il s'appelle comment ?
- Franchement je ne vois pas trop ce que tu lui trouve d'ailleurs,
dit Embry en retroussant légèrement son museau, alors qu'il repassait sans cesse dans son esprit le visage de cet homme.
Il me regarda puis haussa les sourcils d'un air suggestif.
Quil fit des bruits de baisers dégoutants avec sa bouche, poussant ses lèvres en avant dans une grimace ridicule.
- Ça suffit ! crachai-je, assez furieuse qu'ils se moquent de mes sentiments, même s'ils les pensaient adressés à une autre personne.

Je me retenais de leur sauter dessus alors qu'ils continuaient leurs bruits de succions. Je fermais les yeux pour les ignorer alors que Quil léchouillait le poil de son frère. Mais quand Embry m'imagina en train de passer la main dans les cheveux de cet homme alors que j'entendais ma propre voix murmurer des choses obscènes dans son esprit pervers, mes paupières closes ne furent d'aucune utilité. Quil explosa de rire bientôt suivi du coupable.
Son rire mourut dans sa gorge alors que je lui sautais dessus, tous crocs dehors, outrée qu'il ait pu m'imaginer avec un autre homme… Aussitôt j'entendis tous les vampires et Jacob traversez la clairière en moins de temps qu'il n'en fait pour le dire alors que j'arrivais à atteindre la patte arrière de Quil qui tentait de s'échapper, surpris de mon attaque. Franchement, n'étaient-ils pas habitués à mes réactions depuis le temps ?

« Vas-y Leah ! » hurla Emmett, m'encourageant alors qu'Esmée l'engueulais, excédée par son comportement. J'aimais Emmett et sa manière de toujours m'encourager quand j'essayais de mettre une raclée à mes frères. Je me permettais alors de lâcher rapidement Embry pour lui faire un sourire de ma face de loup. Mal m'en pris puisqu'Embry en profita pour retourner notre position, je me retrouvais sous ses pattes.
Jacob nous demanda gentiment de nous calmer. Nous ne l'écoutâmes pas et je labourai le ventre de celui qui me retenait captive de mes pattes arrières. Il grogna et je me tortillais pour sortir de son étreinte. Reprenant enfin ses esprits, Quil jappa joyeusement avant de me charger alors que je me relevais à peine.
Nous roulâmes au sol et j'entendis une fois encore Jacob nous appeler, exaspéré. Il n'avait toutefois pas encore utilisé sa voix d'alpha alors je considérai que l'on pouvait continuer encore un peu. Je désirais laver l'honneur de mon imprégné. Heureusement nos pensées étaient bien trop confuses pour que mes frères ou Edward ne remarquent à quel point j'étais énervée à ce propos !

Je changeai de stratégie : puisque j'étais moins forte qu'un seul d'entre eux, il était inutile de m'acharner à les battre tous les deux à la fois. Je piquai un sprint dans les bois. J'entendis les deux idiots de loups rire en d'énormes aboiements alors que Jacob les réprimandait gentiment, sans doute amusé par notre nouvelle querelle.
Emmett semblait déçu, comme s'il avait placé beaucoup d'espoir en moi. Les vampires autour reprirent leur conversation. J'avais parfois l'impression que nous, les loups, étions l'un de leur divertissement préféré.
Alors je revins à toute vitesse, la distance que j'avais parcourue me permettant de prendre de l'élan. Dans la clairière plusieurs paires d'yeux dorés et rouges se posèrent sur moi et Embry n'eut pas le temps de se décaler, je le heurtai à plein vitesse. Nous entendîmes un craquement alors qu'Emmett et Benjamins hurlaient de nouveau leur contentement.
Embry se retransforma, me gueulant dessus alors qu'il apparaissait nu aux yeux de tous, se tenant les cotes. Je lançais un jappement joyeux, fière de ma vengeance. Je me tournai légèrement vers Gavrik, comme pour voir sa réaction et je fus plus qu'heureuse de voir un sourire étirer ses lèvres si parfaites. Mon cœur battait tellement fort, mes yeux me piquaient et mes mains tremblaient. Je ne sentais pas ma cheville foulée. J'avais juste une irrépressible envie de me jeter dans ses bras et de chercher ses caresses.

« Aller, laisse-moi voir cette blessure » dit Carlisle, s'approchant de moi après s'être occupé d'Embry. Je le laissai manipuler mon membre, assise sur mon arrière train, la patte avant dans ses mains comme un chien savant. Edward pouffa, et de bonne humeur je lui envoyai un sourire avec ma face de loup. Il parut surpris comme les autres.
Puis les vampires retournèrent d'où ils venaient et Gavrik, après un dernier coup d'œil dans ma direction, se détourna et suivi Anna pour rejoindre Bella qui continua son entrainement sous l'œil attentif d'Edward et de Safrina.
Seth muta et me proposa d'aller patrouiller. J'acquiesçai, trouvant là une bonne excuse pour ne pas céder à mes désirs, ceux qui me poussaient à courir après mon vampire.

Lorsque je me couchais le soir, j'étais fière du contrôle dont j'avais fait preuve et mon imprégnation ne me semblait plus être si horrible. Les sensations qu'elle me faisait ressentir y étaient certainement pour quelque chose mais elles étaient si agréable… Je ne vivais plus que pour des moments comme cet après-midi et même si j'avais eu envie de plus que cela, la situation ne me paraissait plus aussi désespérée.
Je m'endormis en fixant la maison Cullen et les lumières qui en sortaient.

OoOoOoOooo

Dès mon réveil, mon regard se porta sur la maison. Je la fixais comme si j'espérais voir à travers. Ce qui n'était pas loin de la vérité à vrai dire. J'espérais l'apercevoir, ou bien le voir plus tard dans la journée.
Quand Jacob se leva et demanda à ce que l'un de nous l'accompagne, je coupais la parole à mon frère pour répondre avant lui. Après ce à quoi j'avais eu droit hier, je ne pouvais pas me contenter d'attendre sans pousser ma chance. Je me changeai en vitesse et je dû me contenir pour ne pas courir jusqu'à la porte. Je pestais intérieurement contre le pas lent mon alpha, nom de dieu n'était-il pas pressé de retrouver son imprégnée ?

Nous entrâmes et après que nous eûmes dit bonjour aux vampires, Renesmée prit sa place favorite sur Jacob. Celui-ci s'installa avec son fardeau sur le fauteuil et je me dirigeai vers la cuisine où j'avais entendu Esmée. Rien ne m'intéressait dans la pièce principal, j'avais légèrement faim et mon imprégné était à l'étage. Elle m'attendait accoudée au plan de travail un plateau de biscuits chocolatés à la main et un sourire aux lèvres, faisant honneur à son statut d'hôte. De toute évidence elle était contente que je sois de nouveau dans le nid de vampires. Je répondis à son sourire et m'avançai vers elle, l'estomac mit en appétit.
Au moment où j'enfournai le premier gâteau dans ma bouche, je senti son odeur et, une demie seconde après, il était à coté de nous.

« Bonjour Gavrik, le salua Esmée. Tu as finis par fuir Emmett et Benjamin?
-Oui ils sont terribles, se renfrogna-t-il. Andon et Alexeï y sont encore mais je pense qu'ils ne vont tarder à descendre. Rosalie essaye en vain de les calmer… Bonjour, dit-il en se tournant vers moi et en fourrant ses merveilleux yeux dans les miens. Ils étaient si pénétrants...
Je restai là immobile. Je le fixai, encore perturbée par le son de sa voix, le biscuit dans ma bouche s'imprégnant de ma salive et formant une boule de pâte désagréable. J'eus la pensée saugrenue qu'il était heureux que je ne bave pas.
J'avalai avec difficulté et je cru que j'allais m'étouffer tellement ma bouchée était grosse et non mâchée. Il m'avait parlé. À moi. Sa voix m'était destinée, pas à Esmée ni à quelqu'un d'autre. Il avait remarqué ma présence.

Il continuait de m'observer avec un sourire et semblait attendre une réponse mais j'étais bien incapable de lui répondre tellement j'étais tétanisée. Alors pour mettre un terme à cette situation étrange et dérangeante, je me retournai pour échapper à son regard et je me saisis d'autres gâteaux. Je lui fis face à nouveau et, gardant les yeux fixés sur mes pieds et les siens je lui en tendis un. Il le prit et un léger rire passa l'espace entre ses lèvres.
J'avais l'impression que le son entrait dans mon cerveau et prenait toute la place, empêchant mes pensées d'être cohérentes. Si elles l'avaient été, je me serais rendue compte que je venais d'offrir un cookie à un vampire qui, évidemment, ne pouvait pas le manger. Dans un éclair de lucidité mon geste me sauta aux yeux et je cru que j'allais mourir de honte. Je me sentis rougir, j'essayais de m'excuser mais seul un bafouillement incompréhensible sorti de mes lèvres. Aussitôt je me senti me liquéfiée de honte alors je le laissai en plan en m'enfuyant de la cuisine, puis de la maison en lâchant un léger « j'y vais » à Jacob. Si les habitants des lieux n'avaient pas été des créatures surnaturelles, nul doute qu'ils n'auraient pas entendu mon soufflement – et accessoirement mon cœur qui battait bien plus vite que la normale.
J'avais tout de même pris le temps de jeter un coup d'œil à son visage, et je n'avais pas pu manquer son sourcil relevé et l'air surpris qui marquait son beau visage de marbre.

Évidemment, me morigénai-je, il n'avait rien dû comprendre. Pour qui devait-il me prendre maintenant ? Une fille stupide et impolie ! Quelle personne saine d'esprit irait donner de la nourriture humaine à un vampire ? Est-ce que je m'attendais à ce qu'il le mange ? J'imagine qu'un loup aurait accepté mon cadeau avec contentement. Oui mais voilà, ce n'est pas un loup.
En fait face à lui, j'oubliais totalement qu'il n'était pas comme moi.

Non mais quelle idiote….

Complètement dépitée, je m'assis entre Seth et Embry, restant sous forme humaine histoire de pouvoir ruminer en paix mon crétin de geste, alors j'arrachais par petites touffes l'herbe gelée. La neige serait bientôt là, et alors les Volturis arriveraient.
Mais j'avais en ce moment un bien autre problème à l'esprit. Je me sentais parfaitement ridicule. Il était venu me parler de lui-même et je m'étais vraiment conduite comme une sotte. Je n'avais même pas répondu un simple bonjour. Il avait dû me trouver bien malpolie et bizarre…. J'avais été trop stupéfaite pour lui répondre. J'avais juste envie de disparaître de la surface de la Terre tant j'avais honte !

Il ne me restait plus qu'à arranger cette situation maintenant, car je doutais qu'il tente encore une fois de lancer une conversation. J'imaginais déjà les chuchotis dans la maison : la louve était de nouveau grognon et désagréable.
Mais je ne m'en sentais pas capable. D'aller lui parler. Je n'oserais certainement pas le regarder non plus. C'était fou l'effet qu'il me faisait : on se serait cru dans un mauvais roman à l'eau de rose tellement la situation était pathétique. Plus cliché tu meurs…
Et depuis quand un regard pouvait-il être pénétrant ou heureux ? C'est qu'un fichu regard non de dieu. Uniquement des globes oculaires qui bougent pour transmettre l'information au cerveau !
Pourtant aussi ridicule que cela puisse paraître, je ressentais vraiment des émotions dans ces yeux rouge. Ils semblaient observer mon esprit alors que c'était bien entendu impossible…

Certainement un autre effet de cette fichue imprégnation. Est-ce que j'avais laissé entendre la veille que finalement l'imprégnation me convenait? Et bien je venais indubitablement de changé d'avis, encore. Cela me faisait complètement divaguer et je passais pour une cruche !
C'est sûr, l'imprégnation nous fait interpréter des choses, comme le regard, pour qu'on se sente amoureux. Ou complètement subjugué. Ou transporté au paradis. Ou totalement sous …. Bref !

Je clignai des yeux et je passai mes mains dans l'herbe où j'étais assise pour éviter la direction que prenaient mes pensées. Ça ne m'apporterait rien de bon….
En tout cas, la situation dans la cuisine était entièrement due aux perverses machinations de mon imprégnation. Maintenant que je le savais, je pouvais y faire face. Il n'y avait aucune véritable raison pour laquelle son regard et sa voix me paralysaient. Donc, la prochaine fois je parlerais.

Après tout j'avais réussi à vaincre ma timidité de l'époque pour plaire à Sam, alors je pouvais vaincre les effets étranges de l'imprégnation pour mon imprégné. Même si la situation était bien différente et que celui-ci était un vampire.

J'eus soudain une révélation quand le mot vampire se forma dans mon esprit : s'il n'y avait pas eu Nessie, je ne l'aurais jamais rencontré. C'était elle qui m'avait amené mon imprégné. Si sa naissance n'avait pas eu lieu, alors les Volturis n'auraient pas été un danger et aucun des vampires présents à Forks en ce moment, à part les Cullen, n'aurait été là.
Bordel je m'étais imprégnée grâce – à cause ! – de Renesmée… En fait j'aurais pu vivre toute ma vie loin de lui, sans connaître son existence et sans savoir que, à l'instar de mes frères, une personne avait été créée pour moi. Que j'étais comme les autres loups à ce niveau-là. Bon, je ne savais pas trop si je devais la remercier ou l'écorcher.

Qu'est-ce qui était préférable ?
Passer ma vie sans expérimenter l'imprégnation et les sensations qu'elle me faisait ressentir – joie, envie, gène, honte, impuissance, peur- et avoir la possibilité de choisir l'homme qui partagerait ma vie, vivre tranquillement à la réserve avec ma famille. Certes toujours en étant une louve inachevée.
Ou bien avoir oublié la douleur causée par Sam et être rassurée sur mon statut de louve –oui, moi aussi j'ai un imprégné- mais espérer jusqu'à ma mort l'improbable réciprocité de mes sentiments, éprouver la sensation de ne plus être moi, avoir des comportements stupides, connaître la pitié et l'incompréhension de ma meute, me faire chasser de la tribu et perdre ma mère et Seth, avoir successivement le cœur qui bat trop vite puis qui est comme arraché de ma poitrine, ne pas pouvoir me défendre, ne plus posséder le choix de mon avenir et être incapable de tomber amoureuse d'un autre.

Oui vraiment c'est évident !
Pourtant mon cœur refusait de me faire regretter l'imprégnation. Saleté !
N'empêche qu'il n'était pas question que je remercie Nessie. D'ailleurs la situation n'était-elle pas plutôt imputable à la sangsue qui nous avait dénoncés ? Ou encore à Edward qui n'avait pas réussi à garder ses spermatozoïdes pour lui ? Ou bien c'était Isabella la fautive qui n'aurait jamais dû venir à Forks. Et pour en être sûr, Charlie serait resté célibataire. Ou bien les Cullens auraient pu éviter la ville. Ainsi le gène du loup ne se serait jamais activé, l'imprégnation n'existerait pas. Je serais toujours avec Sam, Emily serait encore ma cousine adorée et mon père serait en vie.
Nom de dieu, cette situation était à s'arracher les cheveux !

Toute prise à mes hypothèses pour savoir qui était le plus responsable et à ce qu'aurait été ma vie sans cette personne, je passais une partie de l'après-midi à réfléchir à ce propos, jusqu'à ce que j'aille faire ma ronde. Je restais silencieuse durant celle-ci, continuant à chercher une solution. Embry s'amusa de me voir refaire ma vie à l'aide de « et si… ». Finalement au moment de me coucher, j'avais remonté si loin que je me rendis compte du ridicule de mes réflexions. Alors plutôt que de voir les regards goguenards de mes frères je fermai les yeux et attendis que le sommeil apporte un repos salvateur à mon esprit en ébullition.