Salut les petits loups! Hé non je ne suis pas morte lol.
Désolé de ne pas avoir donné signe de vie depuis...gloups 8 mois? Je m'excuse aussi pour la lectrice à qui j'avais promis ce chapitre il y a deux mois déjà. Finalement ça m'a pris plus de temps pour le fignoler.
Je ne dirai rien de plus, à part que je suis désolée et que je reprend un peu l'écriture (et que je n'attendrais pas aussi longtemps pour la suite). Ce chapitre est un peu plus court que d'habitude encore une fois...
Bonne lecture s'il reste encore quelques lecteurs après tout ce temps!
Edit : Whouaaaaaaa! J'ai posté ce chapitre ce matin, et il y a eu 300 vues depuis. Je ne pensais vraiment pas qu'il y avait encore tant de lecteur. Je pensais que la plupart avaient abandonné. Merci à vous tous! Ça me fait encore plus culpabiliser lol. Promis, je n'attendrais pas aussi longtemps pour le prochain!
ps : Merci à Anne et au guest qui m'ont laissé une review (je me permets d'ailleurs de te répondre ici : non la suite n'arrivera pas dans 8 mois =) )
Chapitre 18
Je me réveillai très tôt le matin suivant, le soleil n'était pas encore levé. Je clignai plusieurs fois des yeux pour m'habituer à la pénombre. Je soulevai ma queue touffue posée sur mon museau et l'air glacé me saisit, cela acheva de me réveiller. Je remuai ma truffe pour faire passer le sang. Mes frères dormaient d'un sommeil profond malgré le froid de l'hiver et l'herbe gelée. Ce n'était l'affaire que de deux ou trois jours avant que la neige tombe.
Je gigotai un peu, essayant de ne pas réveiller ma meute, et je frémis quand l'air frais s'immisça entre mes membres jusqu'alors parfaitement serrés, empêchant ainsi la moindre infiltration. C'est dans un de ces moments qu'il était agréable d'être une louve. Avec le froid nos pelages avaient gonflé pour nous donner une meilleure protection. J'en étais heureuse car je paraissais plus imposante qu'en été, moi qui restais la plus menue si l'on oubliait les gamins qui venaient de se transformer. Quoique, même eux grandissaient vite.
Le ronflement de Quil me fit sourire. Nous étions tous serrés les uns contre les autres. La truffe de Seth était callée contre mon poitrail, là où le poil se transformait en duvet fourni. Et ses pattes étaient regroupées sous la queue de Jacob. Je les observai tour à tour, appréciant la tranquillité qui les habitait tous lorsqu'ils étaient dans les bras de Morphée. C'était assez rare que je sois la première à m'éveiller, mais mon esprit était loin d'être tranquille depuis hier, ressassant mon comportement de la veille.
J'étais bien contente que mes frères aient un sommeil de plomb, sans quoi je n'aurais certainement pas osé remuer mes membres ankylosés par ma position recroquevillée trop longtemps tenue.
Jetant un coup d'œil à la poitrine d'Embry qui se soulevait à un rythme régulier et tranquille, j'étirai mes pattes arrières avant de les replacer. Je fis de même avec celles de devant, frôlant l'arrière train de Jacob.
Je lâchai un léger soupir et posai ma tête sur la queue de Seth qui venait de remuer un peu. Je soufflai un peu dessus pour éviter que ses poils ne chatouillent ma truffe. J'avais un sourire apaisé sur ma gueule de louve.
Il était temps que je réfléchisse à un plan d'attaque. Il fallait que je trouve un moyen de créer un contact avec mon imprégné, si possible de manière à être à mon avantage contrairement à hier. Et j'étais ravie de profiter du sommeil de la meute pour le faire en paix.
Une pensée m'obsédait : en découvrir plus sur lui.
Un léger mouvement de l'autre côté de la clairière me détourna cependant de mes manigances. Le gros loup noir revenait de sa patrouille avec Paul. Nous nous étions mis d'accord avec Sam : chaque nuit une des meutes patrouillait, et nous alternions. Cela évitait que la meute entière soit réveillée par le retour de l'un d'entre nous, et nous pouvions ainsi faire une nuit complète une fois sur deux.
Je n'y avais peut-être pas trop prêté attention jusqu'à maintenant, mais mon imprégnation avait résolu le problème que représentait Sam. Je n'avais plus l'impression de recevoir un poignard en plein cœur à chaque fois que je le voyais m'ignorer. En fait j'étais plutôt indifférente à présent, bien que je chérisse encore les souvenirs que j'avais de lui. Il avait été une partie de ma vie, et même si je lui en voulais encore je ne souffrais plus. Il restait la colère de ne pas avoir été respectée mais je n'attendais plus rien de lui, mon cœur était enfin en adéquation avec ce que voulait ma tête concernant Sam. Et c'était un énorme soulagement. Rien que pour cela mon imprégné méritait que je fasse un effort pour réparer ma gaffe de la veille.
Je pourrais peut-être simplement aller lui parler tout à l'heure.
Oui bien sûr… et pour dire quoi ? Baver comme hier ?
Je grommelai dans mes poils. J'avais sincèrement l'impression d'avoir un dédoublement de la personnalité depuis que l'imprégnation avait eu lieu. Il suffisait juste que je trouve un moyen intelligent et non suspect d'engager une conversation, de réussir à articuler et de ne pas rougir devant lui. Et de ne pas le regarder avec des yeux de merlan frit.
Ouais, c'est mort…
Peut-être en lui demandant quel âge il a ? Ou pourquoi ses cheveux sont blancs ?
C'était d'ailleurs très étrange ces cheveux… Oui mais ils sont si beaux !
Merde mais comment avait fait Isabella ?! Malheureusement si je lui demandais simplement, s'en était finit de mon secret. Peut-être Renesmée ? Non cette gamine était bien trop intelligente pour ne pas comprendre mes motivations si j'essayais de lui soutirer des informations sur cet étrange et magnifique vampire. Emmett ? Ce boulet adorait se mêler des affaires des autres, j'étais certaine de réussir à le faire parler sans qu'il ne s'en rende compte.
Mais avant cela, il fallait que je me bouge aujourd'hui pour le voir et faire disparaître de son esprit l'image de la fille empotée que je lui avais donnée. Je ferai comme si rien ne s'était passé la veille, et je lui dirai simplement bonjour en souriant. S'il me répondait, je lui demanderais d'où il vient.
Bon ça me semblait être un bon début. Il ne fallait pas non plus y aller trop fort d'un coup, ne serait-ce que pour ne pas éveiller les soupçons. Et puis s'il fallait que je me concentre sur les trémolos de ma voix et sur mes réactions physiologiques il était nécessaire que j'y aille en douceur pour m'habituer.
Fière de ma résolution, je n'attendais plus qu'une chose maintenant : que l'aube soit là et que Jake demande à ce que quelqu'un l'accompagne. Je serais volontaire bien sûr, le tout en grommelant pour paraître crédible.
C'est ainsi que j'attendis que mes frères se lèvent. Quand enfin Jacob ouvrit les paupières, j'étais surexcitée, et j'avais passé les deux heures précédentes à m'entrainer à dire bonjour avec la voix la plus agréable possible, testant plusieurs intonations différentes. Dans ma tête évidemment puisque je ne pouvais pas parler sous forme animale.
Je me sentais comme dans ces comédies romantiques que regardaient Rachel et Kim.
J'observais du coin de l'œil mon alpha s'étirer de tout son long puis il donna un coup dans le flanc des autres loups pour les pousser à se lever eux aussi.
N'est-il pas pressé de retrouver son imprégnée ?! Je râlai devant le temps qu'il prenait. Quand ils me fixèrent bizarrement je répliquai.
- Ca fait deux heures que je suis réveillée moi ! J'en ai marre de vous attendre.
- Pitié, pas dès le réveil… faites là taire, gémit Embry.
- Si tu ne mettais pas trois heures pour soulever une paupière, je n'aurais pas besoin de râler fainéant. On a du boulot aujourd'hui, grommelai-je pour me défendre.
- Comptez sur Leah pour vous mettre de bonne humeur au réveil, grogna Quil avec une grimace.
- Allez les lourdauds, debout ! s'exclama Seth alors qu'il mordillait la patte de l'endormi.
- Quil, va rejoindre Sam. Il va chez Emily et Claire y a passé la nuit apparemment. Elle t'y attend, ordonna Jacob qui s'était éloigné et qui était revenu si vite que l'on ne l'avait pas remarqué, prit dans notre dispute.
Dès que le nom de son imprégnée atteint les oreilles du loup, celui-ci fut sur ses pattes en moins de temps qu'il ne faut pour le dire. Jake avait à peine fini de parler que Quil filait déjà en direction du loup noir qui attendait plus loin. Sam nous fit un signe rapide de la tête pour nous saluer puis disparu derrière les arbres, alors que le plus jeune sautillait d'excitation derrière lui.
Je me tournai vers mon alpha, attendant qu'il demande à être accompagné.
- Bon j'irai voir Nessie quand ils reviendront pour que l'on soit assez sur place. Seth tu viens avec moi, on va aller voir près du ruisseau, Sam m'a dit qu'il y avait une drôle d'odeur cette nuit.
Malheureusement je ne pus pas cacher ma déception. Jacob poussa un petit aboiement amusé.
- T'inquiètes pas Leah, tu viendras la prochaine fois et tu pourras te dégourdir les pattes !
Et ils partirent au trot, me laissant là avec mes pensées, ma frustration et Embry.
- Sympa, tu pourrais faire semblant d'avoir envie de rester avec moi au moins, bougonna celui-ci.
Je ronchonnai et me redressai pour faire un petit tour. Histoire faire travailler un peu mes muscles que je sentais perdre en vigueur depuis que nous avions pris racine autour de la maison Cullen.
- Haha haha t'as qu'à faire du fitness ! Tu sais, pour éviter que la graisse s'accumule !, s'esclaffa Embry.
Et cet imbécile me demandait pourquoi cela m'ennuyais de rester seule avec lui….
- Tu ne comprends vraiment rien aux filles pauvre idiot. Ça ne m'étonne pas que la seule personne que tu aies jamais embrassée soit ta mère ! répliquai-je.
- Et toi alors ? A part Sam ?, se défendit-il pitoyablement.
- Si tu crois qu'il n'y a que lui, tu te fourre le doigt dans l'œil mon gars.
Puis je le laissai, totalement excédée par son comportement puéril, et j'allai faire un tour dans les alentours. Je ne m'éloignai pas, consciente que Jacob surveillait nos gestes et que j'étais censée rester au campement.
En chemin j'essayai de me distraire, d'abord pour éviter de penser à mon imprégné alors que la meute était dans ma tête, ensuite parce que je trouvais ça un peu ridicule d'être stressée, impatiente et frustrée simplement à l'idée de lui parler. Je reniflai les champignons qui avaient poussé grâce à l'humidité ambiante. Ils étaient presque tous gelés et ne tarderaient pas à disparaître, tout comme les dernières feuilles des arbres. Un chevreuil fila devant moi et je le regardai s'enfuir devant le prédateur que je représentais. C'était un peu l'effet que me faisait Gavrik. Je secouai ma patte dans l'herbe gelée et me concentrai sur ces sensations pour éviter à mon esprit d'aller vers ce sujet dangereux.
Finalement au bout d'une demi-heure je rejoignis Embry qui était sagement resté au campement. Je m'assis loin de lui et l'ignorai. Il ricana de ce rire transformé par nos gueules de loups. J'avais vu à travers ses pensées qu'Esmée avait apporté notre repas. J'avais faim mais si Jake revenait bientôt je préférais manger à l'intérieur de la maison avec couteau et fourchette.
- Vas-y, t'as le temps avant que je revienne. On est près de la rivière, m'informa Jacob alors que j'hésitais à prendre mon petit-déjeuner.
Au moins cela éviterait une autre situation gênante où j'aurais la bouche pleine comme hier… Quil et Seth ricanèrent. Oui bien sûr, personne dans la maison n'avait raté mon geste stupide, et de ce fait la meute était au courant. Cependant personne ne s'était moqué ou n'en avait parlé et je leur en étais reconnaissante. Ils essayaient sûrement de me comprendre et préféraient éviter de me titiller sur un comportement qu'ils ne saisissaient pas encore…
Je m'approchai de la pierre plate où Esmée posait toujours la nourriture. Apparemment Embry s'était déjà servi. Je marquai un petit temps d'arrêt après avoir remarqué que l'odeur du riz-au-lait était légèrement différente. Mais cela ne rendait le plat que plus appétissant. Sans hésitation je plongeai mon museau directement dans le plat tant l'odeur me tentait. Avalant une grosse bouchée, je ratai le regard incrédule et l'air choqué d'Embry. J'eu à peine le temps de saisir l'étonnement qui envahissait son esprit qu'un grand fracas venant de la maison me fit lever la tête, les babines dégoulinantes.
« Emmett attends !, la voix de Rosalie me parvint comme dans un rêve puis, totalement abasourdie, je vis Emmett sortir en hurlant et foncer vers nous à toute vitesse.
- Quoi ? Je rêve ! », s'égosilla-t-il, me plongeant dans l'incompréhension. Quand il ne fut qu'à une vingtaine de mètres mes réflexes revinrent et je me mis en position de combat et montrai les crocs.
- Mais qu'est ce qui lui prend ?!, hurlai-je à ma meute.
- Jaaaaaaaaaaaaaaaaaaake, brailla Embry, si fort que j'eu l'impression que ma tête allait éclater.
Je vis les autres vampires essayer d'attraper leur frère, sans succès puisqu'il avait de l'avance sur eux. Seul Edward réussi à lui effleurer le bras mais ce n'était pas encore assez. Puis il me percuta et m'enserra dans ses bras alors que je plantai durement mes canines dans son épaule. Je feulai, les poils hérissés.
- A l'aide ! Qu'est-ce qui se passe ?, je ne pouvais pas m'empêcher d'emplir l'esprit de ma meute de mon incompréhension et ma peur alors que je me débattais. Une seconde plus tôt j'étais en train de manger le meilleur riz-au-lait de ma vie puis sans raison et sans préavis Emmett m'attaquait. J'étais complètement déboussolée, partagée entre ma louve qui désirait arracher des lambeaux de la chair que je serrais entre mes crocs et mon esprit qui ne désirait pas blesser Emmett.
Mais rapidement je sentis une pression sur mon épaule et nous fumes détachés l'un de l'autre. On me soutint car je tremblais, totalement dépassée par les évènements. Emmett avait l'air enragé, retenu par ses pairs.
« - Toi ! Tu m'expliques ?! C'est quoi cette arnaque !, gueula-t-il en me fixant. Je jetai un coup d'œil inquiet à Jacob qui venait d'arriver. Apparemment tout le monde avait l'air aussi abasourdi que moi. Je remarquai quand même mon imprégné, malgré la situation. Il était derrière Emmett et semblait extrêmement gêné. Edward éclata de rire et la tension diminua.
- C'est inadmissible, continua à tonner le tas de muscle en face de moi. Ça fait un mois que j'essaie, UN MOIS ! et lui à la première tentative il réussit !
D'un coup il gémit et il redevint celui que tout le monde connaissait. Il leva les bras au ciel dans une ridicule mise en scène, comme s'il implorait le dieu de je ne sais quoi.
- C'est injuste, geignit-il. Rose tu n'es pas d'accord, se tourna-t-il vers sa femme. Celle-ci lui envoya un grand sourire comme si elle le plaignait.
Quand Emmett se tourna vers mon imprégné je dû me faire violence pour ne pas grogner encore une fois. Mais de toute évidence il n'y avait pas de danger et nous venions d'être tout simplement témoin de l'emportement du vampire. J'aurais toutefois aimé que ça ne soit pas à propos de moi.
- J'ai porté des gants, utilisé plus de quatorze épices différentes. Quatorze !, appuya-t-il comme si cette information était capitale. Qu'est-ce que tu as fait ? Dis-moi, supplia-t-il Gavrik qui était visiblement mal à l'aise. Edward ricana encore. Et il offrit d'éclairer la situation.
- Ce n'est pas Esmée qui a préparé le riz-au-lait ce matin. Vous savez Emmett et ses paris stupides ? Il a voulu que Gavrik tente sa chance.
Puis il se tourna vers son frère, un sourire moqueur aux lèvres.
- De toute évidence il a plus de succès que toi Emmett, inclines-toi. » Le groupe qui s'était formé explosa de rire, les vampires comme les loups, tandis que moi je subissais un énorme coup de chaleur, sûre d'être écrevisse sous mes poils.
Je m'étais fourrée dans un sacré pétrin et je ne savais pas comment en sortir. Je jetai encore un coup d'œil rapide à Gavrik mais les baissai aussitôt. Ses yeux rouges étaient fixés sur moi. Je sentis mon échine frémir malgré moi et je su d'une manière inexplicable qu'il l'avait vu.
- Alors ? m'interrogea Emmett.
De toute évidence il ne lâcherait pas le morceau et je sentais à travers le lien que ma meute était tout autant avide de savoir. Arg. je n'aimais pas trop quand Gavrik me voyais sous cette forme. Mais je n'étais pas certaine que l'autre serait mieux puisque cela faisait quelques temps que je n'avais pas vu de douche. Soufflant, je me dégageai d'un coup d'épaule de la prise d'Edward et lui demandais de traduire.
- J'aime le riz-au-lait, grommelai-je de manière incompréhensible. Les lèvres du père de Nessie se relevèrent.
- Elle aime apparemment beaucoup ce plat. Tu aurais dû tenter avec ça Emmett.
Cet imbécile heureux souriait comme un âne. Il rigola légèrement alors que sa femme le couvait du regard. Ecœurant.
- Tu n'as jamais été fan de ça à ce point si ?
La réflexion de Seth me rendit encore plus mal à l'aise et j'étais bien contente que notre moyen de communication ne soit pas perceptible par les sangsues. Sauf d'Edward bien sûr.
La louve en moi me retenait, pour que je ne sois pas blessante alors que mon envie de me protéger grâce à l'agressivité revenait au galop. Mais il m'était impossible de vexer mon imprégné qui, malgré notre « discussion » de la veille avait fait quelque chose pour moi, même si c'était sous la demande d'Emmett. D'ailleurs je n'avais qu'une envie : qu'ils disparaissent tous pour que je puisse savourer son cadeau.
- Bon j'avais faim. Et je ne vois pas pourquoi je devrais me justifier et ce qu'il y a de si extraordinaire à ça. Il est juste comme Esmée : il ne sent pas aussi mauvais que les autres vampires.
Dès que j'eus finis ma tirade qui, j'espérais, me sortirait de ce mauvais pas, les autres loups froncèrent le nez pour indiquer qu'ils ne partageaient pas mon avis. Edward traduisit encore, et personne ne manqua son ton dubitatif. J'aurai bien aimé pouvoir le mordre sans conséquences pour lui apprendre.
- Elle veut me mordre et qu'on la laisse tranquille.
A ses mots la plus part des sangsues rigolèrent encore et mon envie de le mordre s'accentua. Mais comme je ne voulais pas que Gavrik me voie dans un excès de sauvagerie animale, je leurs tournai à tous le dos dans l'intention d'aller bouder mais Jacob m'en empêcha. Nessie était accrochée à son poil.
- Leah, vas te changer on va rentrer avec eux. On est rentré plus tôt que prévu, autant en profiter, acheva-t-il avec un coup de langue sur le visage de son imprégnée. J'eus un brusque moment de jalousie que j'étouffai aussitôt.
Il s'éloigna comme moi dans les fourrés. Arrivée devant la pierre où m'attendaient mes vêtements lavés par Esmée, je vérifiai que le groupe qui nous attendait dans la clairière ne pouvait pas me voir.
- Leah la pudique, épisode six, me railla Embry.
- Ce n'est pas parce que tu aimes avoir les fesses à l'air devant les autres que je dois avoir les mêmes fantasmes !, assenai-je avant de me transformer.
Je m'habillai en quatrième vitesse, pressée de revoir mon imprégné et soucieuse d'éviter qu'un regard perdu ne me vois nue. Je passai ma main dans mes cheveux courts pour les démêler un peu et ils me parurent encore plus moches que d'habitude. Heureusement que la veille j'avais fait une toilette sommaire, même si je détestais laver mon poil avec ma langue. Je n'avais pas trop l'air d'une souillon comme ça.
Soufflant un bon coup pour me donner du courage je sortis des fourrés. Jake était déjà avec les autres. Emmett se dirigea vers moi.
« Petite chipie, avoues que tu as fait ça juste pour m'embêter ! » assena-t-il en me donnant une tape dans le dos qui, si je n'avais pas eu ma constitution particulière, m'aurait certainement envoyée au sol.
Je les ignorai royalement, non sans laisser mon regard dériver un peu sur des cheveux blancs, et les précédai vers la maison. Mon comportement provoqua les rires discrets d'Isabella et de Nessie. Rosalie pouffa aussi. Je savais depuis quelque temps que mon caractère bougon l'amusait, certainement parce qu'elle savait maintenant que finalement, j'aimais assez bien cette famille.
Fallait-il que mon imprégnation m'ait complétement retournée la tête pour que je pense ainsi !
J'entrai dans la maison en écoutant les conversations qu'ils tenaient tous derrière moi, et j'allai directement dans la cuisine puisque mon déjeuner avait été avorté. J'avais encore faim bien que j'étais déçue de ne pas pouvoir manger ce que mon imprégné avait préparé. Jacob et Nessie entrèrent après moi dans la pièce et piquèrent des gâteaux avant de retourner dans le salon.
« - Tu veux que je te prépare quelque chose ? Je n'ai que quelques gâteaux faits ce matin mais je pense que Jacob en a pris les trois quart. Je pensais que vous auriez eu le temps de manger dehors ce matin, s'excusa Esmée avec un sourire penaud.
- Non c'est bon. Vous avez d'autres choses à faire que de préparer à manger pour une bande de loup affamés,objectai-je en répondant à son sourire. Et puis à force je vais oublier comme on fait cuire un steak ! Ce n'est pas plus mal que je cuisine un peu parfois.
Elle passa sa main sur mon épaule puis sorti de la cuisine. J'appréciai plus son contact maintenant, ils étaient toujours furtifs, comme si elle ne voulait pas m'imposer des étreintes mais qu'elle avait besoin d'en donner. Finalement la porte de rouvrit alors que j'étais en train de battre des œufs pour me faire une omelette.
Je suspendis immédiatement mon geste alors que le meilleur parfum du monde m'entourait. Décidément, pourquoi fallait-il que ce soit toujours dans cette maudite pièce ? Il devait penser que je passais mon temps manger, et même si ce n'était pas faux en soit je ne voulais pas qu'il pense cela de moi. Ce n'était pas très flatteur !
Je me retournai vivement, il était en face de moi. Je forçai mes cordes vocales.
- Salut, réussi-je à articuler. Ma voix me parue rauque et nasillarde à la fois. Et j'avais encore le bol dans la main et la fourchette dans l'autre. Il me le prit des mains et je remerciai les dieux qu'il ne m'ait pas effleurée. A coup sûr cela m'aurait tuée ! J'étais déjà proche de la crise de nerfs.
« - Bonjour. Si tu veux je peux refaire du riz-au-lait, puisque tu n'as pas eu le temps d'en manger. Tu avais l'air d'aimer ça. Et je suis content de ne pas trop empester, annonça-t-il avec un petit sourire en coin, ses yeux rouges me regardant sans ciller.
Mes intestins firent un looping et mes bras se couvrirent de chair de poule.
J'avais envie de pleurer. Il engageait la conversation. Et pourquoi avais-je un imprégné si gentil ? Je me détournai et allai prendre le lait dans le frigo.
- Oui. Merci. » Je baragouinai. Je n'aurais pas dû, mais l'idée de le voir cuisiner pour moi était juste extrêmement excitante.
Il s'empara du lait et je me décalai pour lui laisser la place. Je m'adossai au mur en le gardant faire. Il paraissait avoir vécu toute sa vie dans cette cuisine tant il était à l'aise. Je n'avais jamais été si heureuse de ma vie. Mon imprégné était tout seul avec moi dans cette pièce. Encore mieux : il y était de son plein grès et s'activait pour moi. Pour me faire plaisir. Enfin j'imagine.
J'inspirai à plein poumons, espérant que son odeur s'incrusterait en moi pour le sentir encore lorsque je retournerais dans la clairière.
« - Carlisle m'a expliqué la condition de votre tribu. Comment vous vous transformiez en loup depuis des générations. Ça doit être agréable de faire partie d'un ensemble si grand et si puissant non ?, demanda-t-il alors qu'il remuait la casserole.
Je frissonnai malgré moi, sa voix étant absolument merveilleuse. Je ne savais pas s'il désirait vraiment parler ou s'il essayait de meubler le silence, vu que je ne voyais pas son expression d'où j'étais. Je me raclai la gorge puis je répondis. Je voulais éviter de rester bouche bée cette fois.
- Oui j'imagine. Mais ça nous complique la vie, grommelai-je quand même.
Entre l'imprégnation de Sam, ma propre transformation totalement aberrante, la mort de mon père, et mon imprégnation sur un vampire, beaucoup de douleur m'aurait été épargné si ce fameux gène du loup n'avait pas existé.
- Ha oui ? », il se retourna et me tendis un bol plein. Je ne le pris pas et attendis qu'il finisse par le poser sur la table avant de m'en saisir, ne répondant pas à sa question implicite et laissant ainsi un silence inconfortable s'installer. Je le trouvais un peu trop curieux et je n'avais pas envie de me confier à qui que ce soit, surtout pas à un vampire. Même s'il était mon imprégné. Ma louve n'était bien sûr pas d'accord avec moi et grondait de mécontentement.
Le temps sembla s'étirer. Moi mon bol à la main, n'osant pas manger devant lui malgré mon ventre qui gargouillait, et lui me fixant, attendant une réponse qui ne viendrait pas.
Mon salut vient de la vampire qui était venue avec lui. Anne je crois. Elle déboula telle une furie et lui sauta dans les bras. Aussitôt mes poils de bras se hérissèrent de nouveau, je fis un pas en avant et un grognement passa mes lèvres humaines. Leur rire se coupa net en entendant mon bruit et je toussai bruyamment en me détournant pour faire passer ça pour une quinte de toux, même si j'étais certaine qu'aucun n'était dupe.
- Merci, soufflai-je avant de sortir rapidement de la pièce, serrant fort mon bol pour me concentrer sur ce cadeau de Gavrik, plutôt que sur cette pimbêche qui osait lui sauter dans les bras devant moi.
Je passais devant la famille Cullen et me laissait tomber sur mes coussins. Edward était dans la pièce et j'en étais très consciente, malheureusement la louve était bien trop hors d'elle pour s'en soucier.
Je devais me concentrer pour ne pas céder à mon instinct et aller arracher les mains de cette sangsue colleuse. Finalement je canalisai mon attention sur le gout du riz-au-lait et sur son odeur. Il fut rapidement englouti et j'espérai que mes frères n'auraient pas mangé celui qui était dans la clairière. Je n'avais pas envie de parler et personne n'essaya d'engager la conversation. Mes sens étaient concentrés sur ce qui se passait dans la cuisine mais ils n'y étaient plus. Toutes les autres pièces de la maison étaient insonorisées, afin que les vampires puissent conserver une certaine intimité. Jacob m'avait expliqué cela il y avait quelque temps. Je ne pouvais donc pas savoir où il était. Ni ce qu'il faisait. Mais je pensais à l'air avenant qu'il avait eu dans la cuisine et cela me calmait.
Nous restâmes une petite heure avant que Jacob n'embrasse Renesmée sur la joue et se lève.
Le lendemain je passai la journée avec la meute.
