Salut les ptits loup!
Bon, ce chapitre était censé arriver genre un mois plus tôt, mais les concours, la vie, tout ça a fait que je ne l'ai fini qu'hier.
J'étais déprimée parce que j'ai eu deux résultats négatifs à mon concours en 15 min, donc je me suis dis, tes lecteurs vont te remonter le moral, alors poste ton chapitre! Et voilà!
Il y a plus de dialogue dans celui-là, alors j'ai tenté une nouvelle mise en page. Dites-moi ce que vous en pensez.
J'ai aussi une nouveauté : je vais mettre en dédicace de fin de chapitre les nom de ceux qui m'ont laissé un commentaire au chapitre suivant. C'est un moyen pour moi de les remercier "publiquement", afin que les autres lecteurs sachent aussi à qui ils doivent la puration plus rapide des chapitres.
(Oui, parce qu'à chaque review, je m'oblige a aller sur ma page word, parfois je corrige juste, parfois je relis et parfois j'avance carrément. Ca me permet d'avancer et de m'y plonger.)
Réponse aux review anonymes :
Claire : C'est vrai que 4 mots, c'est un peu juste, mais même si c'est court, ça fait plaisir ^^. Alors forcément quand c'est plus long, j'adore! Je suis vraiment contente que ça t'a plu au point de ne pas pouvoir t'arrêter! J'espère que tu n'étais pas déçue en arrivant au dernier chapitre^^.
Oui, dans les livres (et donc encore plus dans les films), Leah passe à la trappe. Son personnage n'est pas développé, et pire elle passe vraiment pour la chieuse de service, alors que c'est la plus malheureuse.
En tout cas, merci beaucoup de ton gentil commentaire, j'espère te retrouver pour ce nouveau chapitre.
Guest : Désolé pour le chapitre précédent qui était trop court à ton goût ^^. C'est pas évident de rallonger. Je crois que celui-ci est un peu plus long, et j'espère qu'il te plaira! Et merci pour ta reviw qui m'a fait très plaisir!
Ps : n'hésite pas à remplir la case "guest" quand tu mets une review, comme ça je saurais comment te nommer, tu n'as pas besoin d'avoir un compte pour =).
Plus d'une heure passa ainsi.
Je suivais la discussion d'une oreille distraite, bien plus intéressée par les mimiques faciales de Gavrik lorsqu'il s'exprimait et le jeu de ses mains qui semblaient ne pas pouvoir s'arrêter de bouger.
Puis, une fois qu'il fût décidé que les loups seraient à côté des vampires, sans se cacher – les plus jeunes restant à la réserve, au cas où – chacun retourna à ses occupations.
Mon imprégné retourna à l'étage avec son amie.
- Leah, on va faire un Cluedo, tu veux jouer ? me demanda Nessie.
- Non ça ira merci, je vais juste me reposer.
Elle haussa des épaules et se cala contre Jacob alors que Rosalie apportait le plateau de jeu. Les trois filles Denali étaient aussi de la pertie, ainsi que Bella. Edward était là aussi mais était interdit de jeu, car il « trichait ». Il se contentait donc d'admirer sa femme et sa fille, un livre ouvert sur les genoux.
Je ne doutais pas qu'il vérifiait aussi dans les esprits que tout se passait bien entre les sangsues présentes dans la maison et que la situation restait sous contrôle.
La légère odeur de Gavrik planait dans la pièce et cela me suffisait. Et puis je savais qu'il était dans la maison, même si la curiosité me dévorait. Les pièces de l'étage étaient toutes insonorisées.
- Ha ha ! J'ai trouvé l'arme ! s'exclama la petite au bout d'un quart d'heure.
- Jacob ! gronda Rosalie. Tu n'es pas censé l'aider à gagner !
- En fait, c'est précisément son but, s'esclaffa Edward. Il récolta trois œillades noires alors que Nessie souriait comme une démente.
- Mais elle veut gagner ! se défendit pitoyablement l'alpha.
- Oui et bien elle n'a pas besoin d'avoir tout ce qu'elle veut ! Tu ne lui rends pas service cabot ! lâcha Blondie. Elle prenait toujours très à cœur l'éducation de sa nièce.
- Hooooo aller tata, ce n'est pas grave…. Bon Jake, je veux gagner normalement. Ne me facilite pas les choses d'accord ?, demanda-t-elle, en regardant sa mère pour avoir son accord sur son comportement. Le sourire de Bella la rassura.
Le jeu continua ainsi durant une heure, entre les marmonnements de Jake et les grondements de Rosalie.
Moi j'en profitais pour me reposer, appréciant l'apaisante présence de mon imprégné. Depuis quelques nuits, je dormais plutôt mal…
La porte d'une chambre de l'étage s'ouvrit.
- Oui Anna, tu peux venir jouer aussi, dit Edward sans lever les yeux de son livre avec un amusé. Sitôt dit, sitôt fait. La porte claqua et je l'entendis dévaler les escaliers.
Cette vampire me rappelait Alice dans sa manière de vivre. Toujours joyeuse et vive à l'extrême.
Hélas dès qu'elle entra dans la pièce, s'en fut fini de la tranquillité qui régnait.
Elle portait une odeur qui n'aurait pas dû être sur sa peau, et d'une manière qui ne laissait aucun doute.
Mon esprit eu un temps d'arrêt.
Un millième de seconde durant lequel je cessai d'exister et je ne vis donc pas Edward se lever d'un bond et me regarder, ni même Gavrik entrer, même si j'étais consciente de sa présence.
C'est quand mes jambes bougèrent que je repris connaissance du monde. Il était bien plus moche et plus affreux que tout ce que j'avais pu imaginer.
Je fus sur Anna en un instant et personne n'eut le temps de bouger ni de comprendre sauf Edward. Il se trouva en travers de mon chemin alors que je mutais en plein salon, explosant mes vêtements et renversant la table sur laquelle était posé le jeu. Je lui rentrai dedans pour le dégager, et l'obstacle qu'il y avait eu entre ma proie et moi disparu un instant.
Je plongeai sur elle, tous crocs dehors en hurlant. Il y a eu un craquement alors que je refermai ma gueule sur son bras, cette saleté ayant eu le réflexe d'écarter son épaule alors que je l'attaquais.
On m'attrapa la queue et on me tira, mais je ne desserrais pas les crocs et fermai encore plus ma mâchoire.
Il y eu deux bruits quasiment simultanés : mon bassin qui se déboîtait alors qu'on me tirait violemment en arrière, et l'horrible déchirement des chairs alors que je maintenais ma prise, malgré les mains sur moi. Je ne sentais pas la douleur.
Je ne souhaitais qu'une seule chose et nous étions d'accord, la louve et moi. Nous voulions de toute notre âme la tuer.
Déchiqueter cette salope qui couchait avec notre imprégné, notre oxygène, notre univers. Notre seule et unique raison de vivre.
Je me retournais d'un coup pour faire lâcher prise à l'idiot qui me retenait et qui m'empêchait de finir ce que j'avais commencé, le bras la créature pendouillant lamentablement de ma gueule. Je reçu un coup dans la mâchoire.
Une masse énorme et pleine de poil me bouscula et je roulai jusqu'à la cheminée. Aussitôt debout je grognai, menaçant mon alpha et les vampires présents qui osaient se mettre entre ma colère et ma proie.
Quand celle-ci s'approcha de Gavrik en sanglotant, tenant son moignon d'épaule de sa main valide, j'eus l'impression de doubler de volume et je fonçai tête baissée sur l'espèce de barrière que le groupe formait.
On me parla mais je n'entendis rien et une blonde me réceptionna et enserra ma taille dans ses bras forts.
On prononça mon nom, et je sentis Jacob me donner un ordre. Mais ça ne marchait pas.
De puissantes mains se faufilèrent dans ma gueule et l'ouvrirent de force pour me faire relâcher le membre que je tenais encore. Je me tortillai de toutes mes forces, essayant en vain de garder les crocs serrés.
Un coup plus fort et ma mâchoire céda, déchirant le muscle facial. Je poussai un long hurlement déchirant et m'affaissai totalement dans les bras qui me soutenaient.
J'étais trop faible.
Mais quand je sentis les bras se détendre, je donnai un violent coup de patte et Rosalie, surprise, me lâcha. Je profitai de l'hébétement et du relâchement général pour bousculer Isabella et Carlisle qui était apparu je ne savais quand.
J'étais totalement déchainée, même plus consciente de mes gestes. En fait, c'était comme un black-out. Je réagissais, mais j'étais incapable de me rendre compte de ce que je faisais.
Il la tenait dans ses bras. Gavrik tenait l'ignoble sangsue dans ses bras, son corps collé à elle. Un grondement sauvage monta depuis mon cœur jusqu'à ma gueule et je sautai, voulant qu'il la lâche.
On me retint encore, mais cette fois les bras étaient bien plus puissants. Ma mâchoire claqua dans le vide, en direction d'elle.
Mais IL se mit devant elle pour la protéger. La protéger de moi. Ne savait-il pas que jamais je ne pourrais lui faire de mal ? Qu'il n'avait pas à avoir peur ?
D'autres bras durs comme la pierre se refermèrent sur mon cou. Je gesticulai et la douleur de mon bassin se rappela à moi. Mes dents crissèrent mais cela ne m'empêcha pas de me démener comme un beau diable en grognant, puisque je ne pouvais presque plus bouger la mâchoire, vers la sangsue qui réduisait mon monde en cendre.
- Faites la sortir !
- Leah arrête !, ordonna Jacob
- Jake fait quelque chose ! hurlait Seth.
Des voix me parvenaient et j'essayais de les écouter. Je voulais vraiment arrêter cette fureur meurtrière qui s'était emparée de moi et qui me faisait peur. Mais je ne pouvais pas détacher mes yeux de louve d'elle.
Mon alpha s'échinait à me donner des ordres que j'entendais mais que je repoussais.
- Leah ça suffit ! Arrêtes, hurla-t-il si fort que je gémis malgré tout.
- Anna sors d'ici. Non ! Gavrik reste là ! Cria Edward par-dessus le brouhaha. Lorsque l'objet de ma haine fus hors de vue, mon attention fut reportée sur mon imprégné. Et cela me pompa toute mon énergie.
Il grognait et ses crocs sortis me menaçaient. Il était en position d'attaque. Ses yeux pourpres luisaient.
Le soleil disparu et glaça la Terre entière en commençant par mon cœur. Ma gueule s'assécha, ma vue se brouilla, mes oreilles bourdonnèrent et mes membres tremblèrent. Je m'affaissai, gémissant au sol où j'étais écrasée par les vampires qui me tenaient.
Je ne sentais pourtant plus leur étreinte.
En fait je ne sentais plus rien.
Je me noyais. L'air n'entrait plus dans mes poumons. Ma poitrine ne se soulevait plus.
Je ne le méritais plus.
Je suffoquai, ne respirant plus.
J'étais vraiment en train de mourir.
- Carlisle ! Elle ne peut plus respirer !
La voix alarmée du télépathe était brouillée alors que le manque d'air asphyxiait mon cerveau.
C'était pire que s'il m'avait rejetée. Bien pire… Je n'avais pas tenu mon rôle. Je ne l'avais pas protégé. Il avait peur de moi et souhaitait me voir disparaître.
Et l'imprégnation répondait à son désir.
Je senti ma mutation avoir lieu. Mon épiderme fut couvert d'un drap et on m'ouvrit la bouche pour insuffler de l'air à mes poumons. Des mains appuyaient sur ma poitrine en rythme.
Ça me brulait.
- Tu dois vivre pour le protéger. C'est ton rôle, tu ne peux pas l'abandonner, me chuchota une voix douce à l'oreille.
Et même si mes sens étaient éteints, comme le reste de mon être, cette vérité passa à travers le brouillard.
C'était vrai. Je n'avais pas le droit.
En fait je n'avais aucun droit, si ce n'était celui de lui dédier ma vie.
J'aspirai l'air, et je remplis mes poumons seule cette fois. La brûlure était encore plus intense.
Je ne sais pas combien de temps je restai couchée sur le marbre froid et dur des Cullen. Quand le bourdonnement disparu, j'ouvris les yeux.
Alors je vis ce que j'avais provoqué sans le vouloir. Le salon était ravagé. Nessie pleurait dans les bras de sa mère, je croisais le regard triste d'Edward qui était accroupi près de moi. A ses côtés, Carlisle prenait mon pouls, tenant mon poignet dans ses mains froides. Jacob était au sol, torse nu, ma tête sur ses genoux, posée sur la couverture du canapé qui cachait son intimité.
Le canapé était d'ailleurs à l'autre bout de la pièce, pas loin du plateau de jeu du Cluedo autour duquel étaient éparpillées cartes et pièces. Les objets posés sur le rebord de la cheminé étaient éclatés au sol.
J'avais fait des dégâts. J'avais blessé mon imprégné. J'avais peut-être fait éclater l'entente entre les loups et les vampires.
J'avais envie de pleurer. Je pensais que jamais je ne pourrai me relever du sol contre lequel je restai couchée, complétement tétanisée.
J'avais attaqué un vampire sous le toit des Cullens qui m'avaient accueillie d'une bien meilleure façon que je le méritais.
Comme si tout cela n'était pas assez grave, mon imprégnation me poussait à m'apitoyer telle une gamine.
Il était en couple.
Je me lamentais intérieurement.
A la fois parce que je ne pourrai jamais l'avoir comme j'avais fini par l'espérer, moi qui était sottement tombée amoureuse de lui. Mais aussi parce que j'avais bien failli mettre un terme à son bonheur en tuant sa compagne.
Cette pensée était d'ailleurs la pire, pour la louve. Alors que ma partie humaine pleurait sur un amour qui, encore une fois, lui passait sous le nez.
Je l'aimais, certainement à cause de l'imprégnation. Mais plus que cela, j'en étais imprégnée. Et même si je me sentais déçue et malheureuse, la louve en moi refusait que je ressente ce sentiment car je n'en avais pas le droit. Seul son bonheur à lui importait, et je vivrais avec ce qu'il voudrait bien me donner.
Des miettes.
Je gémis quand Carlisle remis en place mon bassin alors que des mains fermes et froides me maintenaient. Ma mâchoire était douloureuse alors que les muscles se ressoudaient.
L'espèce de dédoublement que j'avais ressenti en m'imprégnant refit surface et je me sentais à nouveau tiraillée par deux sentiments contradictoires. Je me dégoutais et je me plaignais à la fois.
Je voulais mourir pour échapper à ce destin facétieux mais je voulais vivre pour voir mon imprégné heureux avec Anna.
Je me fis pitié.
Voilà ce qui me faisait le plus peur dans l'imprégnation : cette sensation d'être dépossédée de soi. Je n'avais même plus le droit de vie ou de mort sur ma propre existence.
La louve relativisait et se concentrait à nouveau sur le bonheur de mon imprégné. Mais l'humaine en moi hurlait à l'agonie.
Mon avenir m'apparut clairement : déchirée jusqu'à la fin de ma vie – immortelle puisque Gavrik l'était – mon côté loup heureux de faire le bonheur de Gavrik par tous les moyens et mon côté humain souffrant le martyre de voir ce bonheur se faire avec une autre.
J'avais l'impression de me retrouver dans la même situation qu'avec Sam sauf que cette fois, c'était complétement irréversible. Et bien plus douloureux.
Merde et comment Sam avait-il survécu après avoir défiguré Emily ?! La louve ne voulait pas mourir pour s'occuper du bonheur de mon imprégné, mais elle voulait aussi se flageller, se torturer et souffrir pour l'avoir presque attaqué.
Tandis que je continuais à me lamenter, on me fit sortir de la pièce puis de la maison et quand je ne pus plus sentir l'odeur rassurante de mon imprégné, je gémis de nouveau. Mais je n'avais plus la force de me débattre, de vivre. Et je culpabilisai de ressentir tout ça.
- Aller vient, me chuchota la voix apaisante de mon alpha.
Je me laissai aller contre lui, reconnaissante du soutien qu'il me donnait. Je n'en avais pas encore réellement conscience mais je n'avais forcément pas pu contrôler mes pensées pendant mon attaque.
- Ce n'est pas grave, ne t'en fait pas.
Il me serra dans ses bras chauds, puis me souleva du sol et s'éloigna de la maison. C'était une entreprise périlleuse car il tenait aussi de sa main gauche la couverture. Je passais mes bras autour de son cou et le serrai, cherchant du réconfort dans sa chaleur.
Avoir mon alpha collé à moi ainsi était rassurant.
Il me posa au sol en arrivant dans notre campement. Le reste de la meute de regardais tristement.
- Je reviens.
Jake parti après avoir fait un signe dans ma direction. Aussitôt mon frère fut à mes côtés, prenant le relais. Les deux autres se joignirent au câlin.
Embry se mit à chantonner un chant de la tribu. J'étais épuisée, et mon corps souffrait. Je m'endormi au chaud, entourée de ma meute, bercée par sa voix. Même s'il était à peine onze heures du matin.
Ce fut une douleur dans la côte qui me réveilla en sursaut, j'étais en nage, la sueur coulait le long de mes membres. Je n'avais cessé de revivre le pire moment de ma vie, rajoutant des détails macabre : Gavrik hurlant qu'il ne m'aimerait jamais et qu'il ne voudrait même pas de moi pour garder sa maison. Tous les vampires, Cullen compris, riant devant les espoirs que j'avais formés.
Jacob fut aussitôt sur moi. Il avait revêtu un short.
- Tu as mal ?, demanda-t-il inquiet. Le Doc a dit que ça se remettrait tout seul correctement.
Je haussais d'épaules pour montrer que cela n'avait pas d'importance.
- Leah écoute, il va falloir en parler.
Tout de suite je m'affolai, bien sûr qu'il était au courant !
Qui d'autre savait ? Toute la meute ? Les vampires ? Pire, Gavrik ? Mon cœur s'affola à cette idée.
- Ne panique pas ! Personne ne sait à par moi. Et Edward.
Cela me fit l'effet d'une douche froide. Je ne voulais pas bouger, pas en discuter.
- Viens, on va aller là où personne ne pourra nous entendre.
Comme je ne voulais pas bouger pour continuer à broyer du noir il me l'ordonna et j'obéis.
Je suivis en silence Jake. Nous marchâmes une bonne heure avant qu'il estime être suffisamment loin. Aucun de nous deux n'avait décroché un mot. Moi je me triturais l'esprit. Comment était-il possible qu'il soit le seul à savoir ? Je n'avais pas envie de parler mais je voulais être rassurée sur ce point.
- Pourquoi les autres…. Commençai-je. Il me coupa.
- Dès que j'ai compris, je leur ai ordonné de muter et de rester sous leur forme humaine jusqu'à ce que tu sois calmée.
Je hochai la tête.
Aucun de nous ne savait visiblement quoi faire. Je n'osais pas entamer cette conversation que j'aurais préféré fuir. En fait j'aurais aimé pouvoir continuer de faire comme s'il n'y avait rien, et une discussion à ce sujet réduirait mes espoirs à néant.
Il prit une profonde inspiration.
- Depuis quand ?
- Le début, marmonnai-je.
- J'aurais dû le voir et t'aider.
- J'ai tout fait pour que personne ne sache. Ne te flagelle pas.
Il regarda le paysage qui s'étendait à perte de vue. Visiblement, il était aussi coincé que moi et ne savait pas par où commencer.
- Tu aurais pu me le dire, finit-il par dire. Je t'aurais soutenu.
- Ha oui ? Ecoute Jacob, ce n'est pas contre toi mais cette imprégnation, c'est l'horreur d'accord ? Je n'en voulais pas, et j'avais raison de toute évidence. Je n'allais pas sauter de joie et te demander de fêter ça avec moi !
- Mais tu aurais pu en parler ! Je sais combien ça a dû être dur pour toi. Je l'ai vécu ok ? J'ai eu du mal à avaler moi aussi que je m'étais imprégné de Nessie. Tu penses que j'étais heureux au début ? L'enfant de Bella, et d'Edward ?!
- Arrête ! Nessie est adorable, et elle est à moitié humaine ! Elle est chaude et n'a pas d'affreux yeux rouges. Moi je suis liée à un monstre ! Comment veux-tu que je le supporte !
Je me levais, faisant les cents pas devant lui, bougeant les bras aux dessus de ma tête pour me donner plus de poids. Et essayant d'ignorer la douleur dans ma poitrine alors que je parlais de Gavrik avec si peu de respect.
- Leah, arrête, tu ne le pense pas. Arrête de te faire souffrir en le refusant…
- Peut-être que j'aime ça, souffrir ! C'est une sangsue qui boit du sang humain ! Il pourrait tous nous tuer et cette saloperie d'imprégnation m'empêcherait de lever le petit doigt !
- Merde, ce n'est pas un concours de celui qui a eu l'imprégnation la plus foireuse ok ?, cria-t-il en se levant à son tour.
Il y eu un léger silence.
- Pourtant, je pense que je gagnerais haut la main.
- J'avoue, souffla-t-il avec un sourire en coin.
Il se rassit, tapotant la terre à côté de lui pour que je le rejoigne. J'obéis à sa demande.
- Reconnais, tu ne t'attendais pas à ce que ça m'arrive hein ? Tu imagines ma surprise ? Je suis stérile à cause de ma mutation bizarroïde, et voilà que le destin continue à se foutre de ma gueule en m'imprégnant d'un vampire, plaisantai-je avec un sourire amer.
- C'est sûr que tu n'es pas gâtée… mais aller quoi, tu aurais préféré un vieux bedonnant alcoolique et pervers ?
Il me donna un coup d'épaule.
Je ris, même si c'était pourri. C'était certainement nerveux.
- Oui, vu comme ça, je suis chanceuse, c'est certain…
Nous soupirâmes de concert, ne sachant plus très bien quoi rajouter.
- Merci Jacob, murmurai-je après un temps.
- Pas de quoi. Tu étais là quand ça m'est arrivé. Tu m'as soutenu. C'est à moi de le faire maintenant. Et puis c'est mon job que la meute aille bien.
- Ouais.
Je repris après un silence.
- Et je fais quoi maintenant ? Au fait, j'espère que ça a été… tu sais … après.
- T'inquiète. Je suis allé voir Sam avant que tu t'endormes. J'ai dit qu'un vampire était rentré trop vite et trop brusquement dans la pièce, et que la fatigue aidant, tu as réagis. Avec Edward, on a noyé le poisson chez les vampires. Même si je ne suis pas certain qu'ils l'ont tous gobé, personne n'a chercher à en savoir plus. On a recollé Anna aussi.
Je frissonnai. La pauvre, je lui avais arraché le bras…
Je sentis mes larmes couler.
Jacob passa son bras autour de mes épaules.
- Chuuuut.
- C'est horrible ! soufflai-je entre mes larmes.
- J'imagine.
- Que feras-tu si Nessie tombe amoureuse de quelqu'un d'autre ? Jacob cette imprégnation, ce n'est que de la souffrance !
- Je ne sais pas. Je n'y ai jamais réfléchi.
- Sérieux ? Tu n'y as jamais pensé ?
- Non. J'imagine que je me contente de la chérir comme elle souhaite que je le fasse. Ce ne sont pas des pensées appropriées pour l'instant et je crois que ça me rendrait malade rien que d'y penser.
Je le regardai avec des yeux ronds. Alors il m'expliqua.
- Ce que je veux dire, c'est qu'il m'est impossible de m'imaginer amoureux d'elle aujourd'hui. C'est une gamine, elle est mon monde, ma vie, mais je ne peux tout simplement pas m'imaginer avec elle comme un couple. Mon cerveau fait un blocage. Quand elle aura l'âge, j'imagine que ce truc bizarre disparaîtra et que mes sentiments et envies changeront. Mais en ce moment, je ne pense qu'à la rendre heureuse en étant le meilleur des amis possible, et à faire en sorte qu'elle soit une future adulte épanouie. Je suis incapable de voir plus loin – pour ce qui est des relations amoureuses en tout cas, car je sais que je serai à ses côtés jusqu'à la fin.
Sa voix se cassa. Je le pris dans mes bras. Maintenant c'était moi qui le consolais. Personne ne savait combien de temps vivrait Renesmée, et sa croissance accélérée laissait supposer le pire…
Il finit par s'écarter et me fixa avec un petit air triste.
- Vois le bon côté des choses, dit-il. Tu auras l'éternité pour faire flancher ton vampire.
Je reniflai peu élégamment, et lui fis un pauvre sourire.
- Oui et l'autre sangsue aussi va vivre éternellement avec lui… Tu sais, je ne sais pas si j'ai envie de vivre si longtemps… L'éternité, c'est vraiment long. Je ne pense pas que je le supporterai.
- Tu le devras bien, je ne pense pas que l'imprégnation te laisse l'abandonner.
- Non en effet. Pffff c'est carrément déprimant !
- Aller, tu survivras !
- Ouais.
Silence.
Il était évident que je n'avais pas envie de parler de Gavrik, encore moins d'Anna, et Jacob n'osait pas me faire encore plus mal. Nous savions l'un comme l'autre que ces deux-là étaient en couple.
Je me décidai à lancer le sujet le plus douloureux. Jake était le seul à qui je pouvais en parler, et ça me bouffait de l'intérieur.
- J'imagine que l'imprégnation va me pousser à vouloir la protéger elle aussi ?
- Est-ce que tu ne veux pas déjà protéger Anton et Alekseï ? C'est pareil pour Anna, ça sera simplement plus fort. En cas de danger, Nessie sera toujours ma priorité, mais une fois à l'abri, j'irais sans aucun doute aider les Cullens, blondie y compris, même si je risque ma vie. Parce que si l'un d'eux venait à mourir, Nessie serait dévastée.
- C'est vraiment chiant…
Soudain j'étais en colère. Je me levai et recommençai mes allers et venues.
- Alors quoi ? Je vais simplement être leur gentil toutou ? Je resterai ma vie entière à attendre sur le perron, en quémandant une caresse de temps en temps ?! C'est dégueulasse !
- Leah…, souffla Jake, ne sachant plus comment réagir. Il est vrai que je passais d'un sentiment à un autre d'un coup. J'avais l'impression de vivre sur des montagnes russes depuis que je m'étais imprégnée.
- Non Jacob ! Je n'ai vraiment pas envie de me calmer, ou de pleurer encore ! Et puis, je vais devoir quitter la réserve ? Comment je ferais sans meute hein ?! Et ils tuent des humains ! Je ferais quoi ? Du racolage pour les nourrir ? Ho mon dieu, ho mon dieu ! Je ne peux pas faire ça Jacob !
Il ne répliqua rien cette fois. Sachant pertinemment que si mon imprégné me le demandait, je m'exécuterais certainement.
- Tu l'imagines ? Et s'il me demande de muter pour toujours ? Et qu'il me fait faire des choses horribles ? Jacob ! Je n'ai pas survécu à Sam pour vivre ça ! C'est injuste !
- Oui. Il n'a jamais été écrit que l'imprégnation était juste.
- Mais c'est censé être bien ! hurlai-je, hors de moi. J'imaginais le pire.
- Et nous sommes censés nous imprégner d'humains.
- Notre meute est carrément défectueuse Jacob. Chez Sam, il n'y a que des imprégnations normales.
J'eus un temps d'arrêt.
- Jake ! Il ne faut plus que Seth voie des vampires ! C'est peut-être héréditaire !
- Leah arrête ! STOP ! cria-t-il.
Je le fixais, totalement déboussolée.
- Stop. C'est n'importe quoi. Ce n'est pas héréditaire. Et malgré ce que tu sembles croire, l'imprégnation nous montre celle, ou celui, qui est fait pour nous. Ça peut surprendre, être étrange ou bizarre, mais je pense que c'est vrai.
J'ouvrai la bouche pour exprimer mon désaccord, mais il me coupa.
- Je suis heureux d'être imprégné de Nessie. Oui, j'ai eu du mal au début. Mais aujourd'hui j'en suis sincèrement heureux, et je ne peux pas imaginer ma vie sans elle.
- Bien sûr, puisque c'est l'imprégnation qui te fait ça !
- Non. Enfin, je veux dire oui, c'est l'imprégnation qui me fait ressentir tout ça. Mais pas que Leah. J'ai aussi mes sentiments, je sais que ce sont uniquement les miens. Elle m'apaise, je me sens important avec elle et je l'aime vraiment. Non, pas comme ça, râla-t-il devant l'air que j'avais. Je t'ai déjà expliqué ce truc avec les sentiments amoureux et tout ça.
J'ouvrai à nouveau la bouche pour lui lancer une remarque. Et de nouveau il leva la main pour me faire taire.
- Ce que j'essaie de te dire, c'est que Jacob Black l'aime. Ce n'est pas seulement le loup. C'est certainement dur pour toi en ce moment, mais plus tard, une fois que l'imprégnation sera calmée, tu pourras faire la différence entre ce que ton instinct –l'imprégnation- te dicte, et ce que ton cœur, celui de Leah, ressent.
- Wow Jake, doucement. Ça devient un peu trop mièvre là.
Il sourit de toutes ses dents.
- Je sais. Mais tu vois ce que je veux dire non ?
Je ne répondis pas. Oui je savais. Même si la plupart du temps, je ne contrôlais rien, les rares fois où la louve et son imprégnation étaient calmées, je sentais que j'étais en train de tomber amoureuse de Gavrik. Un truc comme pour Sam, mais en mille fois plus fort.
Il prit mon silence pour un acquiescement, et continua.
- Et puis, ne désespère pas. L'imprégnation a sans doute des effets sur l'imprégné.
- Ca, on n'en sait rien.
- Non, mais tu as bien vu que toutes les imprégnations sont heureuses. Chaque imprégnée est tombée amoureuse.
- Oui, mais c'est peut-être juste un hasard. Ou bien c'est parce qu'elles n'ont pas su résister aux attentions qu'elles recevaient. Et aucune n'était déjà en couple.
- Ou bien c'est parce que l'imprégnation te désigne la personne parfaite pour toi, et que ça marche dans les deux sens. Tu es aussi la personne qu'il faut à Gavrik.
- Il n'est manifestement pas d'accord avec toi. Jake, que se passe-t-il s'il me rejette ?
- Il ne rejettera certainement pas ton amitié.
- Aller, c'est des conneries tout ça ! Ce que chaque loup dit à son imprégnée, « je serais ce que tu veux, un ami, un frère, un amant », on sait que c'est faux. Sauf quand la fille n'a pas l'âge. Un loup qui se contente d'un lien incomplet avec son imprégné est un loup malheureux. On l'a bien vu avec Jared, avant que Kim n'accepte de sortir avec lui. Regardes, tu as bien vu ce que ça m'a fait faire. Je n'ai pas supporté de le voir avec Anna. J'ai… J'ai failli lui faire du mal. Non, je lui en ai fait.
Je me laissais tomber à ses côtés, totalement dépitée.
Je sentis à nouveau les larmes monter, et je papillonner des yeux pour qu'elles ne coulent pas.
- Leah, ne t'en fait pas pour ça. Il ne t'en voudra pas. Il te pardonnera. C'est ton imprégné, lui aussi doit ressentir quelque chose. Si tu veux, tu peux en parler avec Nessie, pour savoir ce que ça fait du côté de l'imprégné.
Je le regardai avec horreur. Il n'en était pas question.
- Bon, d'accord, s'inclina-t-il. Mauvaise idée. Et j'imagine que tu ne veux pas le mettre au courant de cette affaire.
Je hochai la tête pour lui donner raison. Il soupira.
- Mais il faut bien qu'on fasse quelque chose. Tu ne vas pas rester là à te morfondre !
- Si. En plus tu ne crois pas qu'on a plus important à faire que de s'inquiéter de ça ? Les Volturi par exemple…
Bien sûr une grande partie de moi n'était pas d'accord, rien n'était plus important que mon imprégné.
- Tu sais qu'il sera avec nous face à eux ?
- Oui. Je grimaçai, et lui aussi.
- Comment tu vas faire ? Tu vas réussir à rester à ta place ? Ça ne serait pas plus simple de lui parler pour que tu restes à ses côtés ?
- Non surtout pas. Je ne veux pas qu'il sache. Jacob, s'il te plait. Je me débrouillerai.
Il me regarda avec son regard de chien battu. Il savait que c'était mon imprégnation et qu'il devait me laisser la gérer comme je l'entendais, même si ça ne lui plaisait pas.
- D'accord, si tu veux. Mais je ne te laisserai pas faire n'importe quoi Leah. Si jamais je vois que ça ne va pas, j'interviendrai.
Je lui lançai un regard noir, mais ne répliquai pas. Il n'en ferait qu'à sa tête.
Après tout, c'était lui l'alpha.
Là-dessus, il tapa sur ses cuisses, puis se leva. Il m'attrapa la main et me tira vers lui, puis me serra dans ses bras. C'était étrange, nous nous étions rapprochés depuis longtemps, mais jamais nous ne nous étions fait un câlin comme cela.
Il me chuchota à l'oreille.
- Ne t'en fait pas. Je serai avec toi quoi qu'il se passe. Cette imprégnation n'est pas quelque chose de mal, tu verras.
Je sentis encore les larmes perler à mes paupières. J'étais devenue une vraie chialeuse.
Il s'écarta et me fit un petit sourire gêné. Je le lui rendis.
- Aller viens, on rentre. Les autres vont se faire des films.
Je le suivis. J'étais plus sereine après cette discussion, même si je ne cessais pas de me demander si Gavrik ressentait les effets de l'imprégnation. Je priai pour que ce soit le cas. Même si je ne voulais pas l'obliger.
Mais honnêtement, je n'avais rien d'attirant comparé à Anna, qui était de la même espèce que lui. Je culpabilisais d'ailleurs de lui avoir fait mal. Enfin, s'il devait choisir entre nous deux, la question de la gagnante ne se posait même pas.
Et cela, à supposer qu'il accepte de me parler, et rien n'était moins sûr après le bordel que j'avais causé.
J'étais soulagée que Jacob sache. Je n'étais plus la seule à porter ce lourd secret. Mais malgré ça, j'étais bien plus malheureuse que je ne l'avais jamais été, alors que l'expression du visage de Gavrik quand j'avais attaqué sa femme me revenait à l'esprit.
J'avais vraiment l'impression d'accumuler les erreurs avec lui, et je me demandai comment l'imprégnation pouvait réellement penser que j'avais été créée pour lui.
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