Bonjour et bonne rentrée aux rares lecteurs qui sont encore ici! (S'il y en a encore du moins!)
Bon, ça fait quatre mois que je n'ai pas publié, j'ai déjà fait pire...Bonne nouvelles : j'ai commencé un nouveau cursus qui me donne enfin du temps pour continuer à écrire, je suis plus motivée et surtout, ce nouveau chapitre est en fait la première partie d'un chapitre que j'ai coupé en deux, tellement il était long lol. Et qui donc, et déjà presque finis d'écrire. Et qui sera certainement là dans deux semaines! Oui oui ^^.
Et puis ce chapitre est bien plus long que d'habitude, pour vous faire plaisir!
Il s'agit donc du point de vue de Gavrik, comme j'en avais parlé à certaine d'entre vous. Ce fut dur à mettre en place parce que j'étais habituée à écrire du point de vue de Leah, mais j'ai apprécié de le faire!
Certaines choses vous paraitront familières, car on reviens à zéro!
Dites moi si la lecture est chouette aussi!
Bisous =)
Réponses aux reviews :
- Guest : Non je n'ai pas abandonné, comme tu le verras si tu repasses par ici. Certains auteurs mettent du temps à écrire, c'est comme ça. Personnellement je lis une fiction, et l'auteur a enfin mit un nouveau chapitre après... 2 ans. Mais elle avait dit que ça serait long et qu'elle reviendrait. Il faut croire l'auteur quand il dit qu'il n'abandonne pas, et je l'ai dis aussi =).
Merci en tout cas pour tous les gentils commentaires que tu as posté (si c'est bien une seule et même personne qui l'a fait ^^).
- Sarah B : Merci pour ta review qui m'a fait très plaisir! C'est agréable de savoir que ce qu'on écrit plaît!
Chapitre 21 : Gavrik
Gavrik soupira en entendant Andon entrer dans la maison comme une furie. Mais son sourire discret démentait son agacement feint.
Alekseï le suivait à une allure plus convenable.
- Si tu démonte cette porte, ce sera toi qui la répareras cette fois, grommela Anna.
- Pas de problème chérie ! s'exclama le fautif en s'affalant entre les deux vampires déjà assis sur le canapé. Il regarda le salon d'un œil critique.
- Il faut vraiment qu'on refasse la déco cette année, on se croirait dans un musée…
- Et alors ? demanda Alekseï en passant derrière lui, lui ébouriffant les cheveux au passage avec sa main. Moi j'aime bien, ce sont des souvenirs.
- On pourrait au moins changer le papier peint ! Regardes-moi ces fleurs immondes, c'était à la mode au siècle dernier ! Si je pouvais dormir, je suis certain que j'en ferais des cauchemars tellement c'est laid !râla-t-il en aplatissant ses cheveux d'une main tout en jetant un regard furieux à son compagnon.
Alekseï ne répondit pas, se contentant d'hocher les épaules.
Anna et Gavrik échangèrent un regard amusé par-dessus leur livre respectif face à cette énième querelle de couple. Ils savaient les apprécier à leur juste valeur. Depuis qu'Andon vivait avec eux, leur maison était bien plus animée.
Alekseï se dirigea vers le placard qui renfermait les bouteilles d'alcool et se servit un verre de whisky avant d'aller les rejoindre. Il s'assit à côté de Gavrik, passa son bras gauche sur ses épaules et observa le liquide qu'il faisait tourner dans son verre de son autre main.
Bien sûr, il ne le boirait pas. Il ne le buvait jamais car il était bien incapable d'avaler autre chose que du sang. Mais il aimait la couleur ambrée de l'alcool et cette sensation d'être humain quand il le faisait tourner et qu'il le sentait.
L'odeur était agréable aussi. Certains alcools avaient été bannis de la demeure parce qu'ils agressaient le nez plus sensible de leur sœur. Les eaux de vie et la vodka si chère à leur pays en étaient de parfaits exemples. De plus, sans couleur particulière, les liqueurs n'avaient aucun intérêt pour Alekseï.
- On fait quoi ce week-end ? demanda Anna. Elle reposa son Madame Bovary sur le guéridon à côté du canapé. Quand Andon était là, il était inutile d'essayer de lire tranquillement.
- Nous sommes toujours en week-end, renchéri Gavrik.
Elle lui jeta un regard absolument dépité. Ne se lasserait-il jamais de cette blague pas drôle ?
- J'ai vu l'affiche d'un nouveau cirque hier ! S'il vous plait ! Ça fait un bail que je ne suis pas allé au cirque !, supplia Andon.
Anna le regarda dubitativement.
- Tu veux vraiment aller au cirque ? C'est toujours la même chose !
- Celui-là vient d'Europe ! Il sera plus intéressant que celui de Saint-Pétersbourg.
- Vous savez, remarqua Gavrik, j'ai entendu des humains parler il y a une semaine. Apparemment le cirque de Saint-Pétersbourg n'est plus le même qu'il y a trente ans. Ils n'ont plus la femme à barbe et font des numéros innovants.
Anna le regarda mécontente.
- Quoi ?! C'est vrai ! s'exclama-t-il pour se défendre.
- Ne l'encourage pas ! Je ne veux pas aller au cirque. Les artistes transpirent et ça pue ! Je ne te parle même pas des animaux enfermés dans leurs excréments entre chaque représentation !
Andon soupira, sachant pertinemment qu'il ne gagnerait pas si l'odorat d'Anna était mis sur le tapis. Ses sens étaient plus bien plus développés que la majorité des vampires et des situations dérangeantes pour eux devenaient complètement insupportables pour elle. Il ne pouvait lui en vouloir pour cela.
- Bon donc on fait quoi ?
- Nous pourrions sortir un peu, aller dans la forêt de Komi. Ça fait longtemps non ?
- Tu ne vois pas assez de vert ici ? demanda Andon, apparemment peu motivé.
- Si, mais ce n'est pas pareil. On pourrait courir sur des kilomètres tranquillement. Et il y a les montagnes d'Oural à côté, renchéri Gavrik en jouant des sourcils, essayant de l'amadouer.
Il voulait réellement aller se promener, maintenant que l'idée avait été émise. La tranquillité qu'offrait la forêt, le fait de ne pas être en contrôle lui donnait envie.
Andon tenta alors :
- Et si vous vous y alliez tandis qu'Alekseï et moi on va au cirque ?
- Non ! La semaine on fait ce qu'on veut, mais le week-end on fait un truc en famille. C'est le deal, le reprit Alekseï.
- Bon d'accord, mais alors la semaine prochaine on fait ce que je veux ! Pas de cirque, rajouta-il devant l'air furibond de sa sœur affective.
Cette femme était un vrai démon mais Gavrik l'aimait énormément Elle était sa sœur et sa compagne.
- Bon c'est réglé alors ! Se réjouit celle-ci.
On sonna à la porte.
Tous les regards se tournèrent vers Gavrik, et celui-ci finit par acquiescer et se leva. Il vivait vraiment avec les vampires les plus paresseux du monde !
Il était habitué, car c'était toujours lui qui accueillait les rares de visiteurs qu'ils recevaient. En fait ceux-ci se limitaient à leur vieille voisine qui vivait un kilomètre plus loin, au bout du chemin. C'était pour cela qu'ils avaient choisi cette maison, plus de trois décennies auparavant : elle était suffisamment près de Saint-Pétersbourg pour contenter Anna et Andon, tout en étant cachée et difficilement accessible.
Etrangement l'humaine de 80 ans semblait les avoir pris d'affection. Lors de sa visite mensuelle, toujours le premier vendredi du mois, elle se plaisait à leur apporter un panier garni en prenant le thé.
Encore plus étrangement, les quatre vampires appréciaient ces visites.
Ainsi donc, c'était encore Gavrik qui allait ouvrir la porte. Nous n'étions pas ce fameux vendredi, aussi était-il assez curieux. Toutefois alors qu'il traversait le couloir menant au hall d'entrée, il fut rejoint par les trois autres. Il leur jeta un regard surpris, et Anna tapota son nez en soufflant « vampires ».
Il hocha la tête et mit la main sur la poignée, les autres prêts à attaquer si besoin. Mais quand il ouvrit la porte, tous se détendirent, sauf Andon.
- Carlisle !
- Bonjour Gavrik, sourit-il en entrant alors que l'autre s'écartait pour le laisser passer.
- Annouchka, salua Carlisle alors que la femelle se jetait dans ses bras pour lui plaquer deux baisers sur chaque joue.
- C'est Anna maintenant grand-père ! Ça fait plus moderne, et il faut vivre avec son temps. Alors que viens-tu faire ici ? Ça fait un bail !
Le dit grand-père s'esclaffa.
- Effectivement ça fait longtemps. Mes amis, laissez-moi vous présenter Esmée, mon âme sœur et ma femme.
Celle-ci s'avança, offrant un sourire resplendissant aux amis de son époux.
- Je suis carrément trop enchantée ! Et je suis tellement contente pour toi Carlisle ! Depuis combien de temps vous vous connaissez ? Vous savez que Carlisle est un peu notre sauveur ? dit Anna à Esmée après l'avoir embrassée de la même façon que son époux.
Alekseï rit et poussa sa sœur pour serrer la main de leur ami. Puis il fit un gracieux baise-main à la femme qui l'accompagnait.
- Madame Cullen, c'est un vrai plaisir. Et voici Andon, mon âme sœur.
Celui-ci fit un grand geste de la main. Il était derrière et le couloir n'était pas assez large pour le laisser passer également.
- Avant qu'Anna ne s'emballe trop, je vous propose de rentrer et de s'installer, rit Gavrik, heureux de retrouver le médecin.
Tous se dirigèrent dans le salon, qui fut atteint une seconde plus tard, et chacun s'installa à sa guise. Gavrik fit un aller-retour rapide dans sa chambre pour prendre son fauteuil, puisqu'il n'y avait pas assez de place assise dans le salon.
Une fois qu'il eut posé ses fesses sur les cousins, il regarda tout le monde, incapable de contenir son sourire.
Andon quant à lui intercepta le regard d'Esmée.
- Oui je sais, c'est moche hein ? Ça fait cinq ans que je le dis, mais personne ne m'écoute dans cette maison, dit-il avec un air de Calimero.
- Je suis décoratrice d'intérieur, et même si la pièce mériterait effectivement un petit ravalement, il y a de très beaux meubles, apprécia-t-elle de son œil de connaisseuse, en louchant discrètement sur le guéridon qui soutenait le livre abandonné d'Anna.
- Ça fait plaisir, s'exclama Alekseï. Ces trois-là n'y connaissent rien, et si je les laissais faire, ils meubleraient la maison chez Ikea !
Un sourire vint fleurir sur toutes les lèvres. Mais celui de Carlisle disparut bien vite.
- Je suis vraiment content de vous voir. Mais ce n'est pas une simple visite de courtoisie. Nous avons besoin de votre aide.
Son ton grave les interpella. Gavrik posa ses coudes sur ses genoux et se pencha en avant pour prêter au plus vieux l'attention qu'il demandait.
- Nous t'écoutons, répondit Alekseï.
- Depuis la dernière fois où je vous ai vu, j'ai fondé une famille en Amérique. Esmée ma femme bien entendu, mais j'ai maintenant également 6 enfants.
Anna tiqua.
- Non, s'affola Esmée. Ce sont tous des vampires que Carlisle a transformés ou que nous avons accueillis. Le plus jeune a 17 ans.
La vampire fit un sourire dépité aux autres. Tous savaient le danger des enfants vampires, leur instabilité et leur destruction systématique par les Volturi. Mais Anna et ses deux frères étaient bien plus sensibles que n'importe quel autre vampire sur ce sujet.
Carlisle se racla la gorge même si c'était tout à fait inutile.
- Il y a maintenant un peu moins de deux ans, mon fils Edward est tombé amoureux de Bella, une humaine. Il vit les sourcils de ses interlocuteurs se froncer, mais ils ne dirent rien, aussi il continua son explication.
- Elle savait ce qu'on était et ils ont vécu leur amour durant un an ainsi. Ils se sont mariés. Et ils ont consommé leur mariage alors qu'elle était encore humaine.
- C'est possible ? questionna Gavrik. Anna et Alekseï lui jetèrent un regard compatissant.
Carlisle comprit vite ce qui le dérangeait.
- Oui c'est possible. Mais il faut avoir un contrôle parfait, et c'est un travail de plusieurs années. Et Bella n'est pas sortie complètement indemne de leur nuit de noce. Je suis désolé Gavrik, mais cela ne s'applique pas à toi. Tu n'avais pas le contrôle nécessaire à l'époque…
Gavrik baissa la tête. Non bien sûr qu'il n'aurait pas pu se retenir de la tuer… Il secoua la tête.
- Continue. C'est du passé.
Carlisle hocha la tête, mais il voyait bien que cela faisait encore souffrir Gavrik quoiqu'il en dise. Anna posa ses doigts délicats sur sa main et la caressa en signe de soutien. Le geste n'échappa pas à Carlisle. Leur relation avait apparemment évolué. Il se promit de les interroger plus tard, car ce n'était pas un sujet pour maintenant.
- Donc ils ont consommé le mariage et l'humaine a survécu. C'est quand même extraordinaire. Je n'avais jamais entendu parler de ça…. souffla Anna.
- Nous non plus, confirma Esmée. Mais le plus extraordinaire, c'est que Bella est tombé enceinte.
Cette fois les réactions ne se firent pas attendre. Alekseï se leva vite suivi des autres.
- Quoi ? Mais c'est impossible ?! Nous sommes morts, comment un vampire pourrait-il concevoir un enfant !
- S'il vous plait, calmez-vous ! Je vais vous expliquer mais restons calmes, tempéra le médecin.
Il leur laissa quelques secondes pour se reprendre. Une fois qu'ils se furent rassis, il expliqua.
- Il se trouve que nous avions tort. Apparemment la production de spermatozoïdes fonctionne. Ce qui est figé éternellement c'est l'organe reproducteur de la femme. Et jusqu'à maintenant nous ne pensions pas qu'une humaine pouvait concevoir avec un vampire. Nous avons donc une petite-fille, Renesmée. Sa mère a été transformée juste après l'accouchement car la naissance a été rapide et…sanglante. Le corps de Bella a eu du mal à supporter un fœtus à moitié vampire.
Ils hochèrent la tête, complètement sidérés et désireux d'apprendre le fin mot de l'histoire. Ça leur paraissait complètement fou.
- Renesmée n'est pas un enfant vampire. Elle est à moitié humaine, du sang coule dans ses veines et son cœur bat. Pourtant elle possède certaines des caractéristiques de son père. Elle est presque aussi rapide et forte que nous. Elle peut manger de la nourriture humaine mais aussi boire du sang. Et elle grandi, très vite.
- C'est merveilleux, chuchota Anna. Elle n'osait pas parler trop fort, de peur que ce que racontait Carlisle ne soit qu'un rêve. Les trois autres garçons gardaient le silence, perdus dans leurs pensées.
- Oui, renchéri Esmée, elle est vraiment adorable, et tellement mignonne !
Gavrik ne savait pas trop quoi penser de cette enfant. La situation lui paraissait vraiment étrange, et dieu sait qu'il fallait beaucoup pour étonner un vampire. Il se demandait toutefois en quoi ils pourraient être utiles. Il posa la question.
- Tu as dit que tu avais besoin de notre aide.
- Oui. A cause d'un malentendu, les Volturi pensent que nous avons créé une enfant immortelle. Ils viendront bientôt pour détruire mon clan et Renesmée. Pour éviter cela et prévenir tout conflit, nous rassemblons un maximum de témoins pour que les Volturi nous écoutent. Une fois qu'ils auront vu Renesmée, sa nature ne fera aucun doute et ils nous laisseront en paix. Vous savez comment fonctionnent les Volturi, ils détruisent et interrogent après. Nous voulons simplement vivre en paix avec notre petite-fille.
Ils restèrent silencieux cette fois.
- Je sais ce que cela représente pour vous. Nous ne vous demandons pas de vous battre contre les italiens, seulement de faire acte de présence pour les pousser à nous écouter.
- Tu sais parfaitement qu'ils n'écouteront que s'ils le veulent, peu importe le nombre de témoins que vous aurez rassemblé. S'ils le veulent, ils vous détruiront tous.
Carlisle ne répondit pas face à l'accusation d'Alekseï, car il était conscient que c'était un risque : que les Volturi refusent de voir. Il savait qu'il était possible qu'Aro utilise ce prétexte pour détruire le clan Cullen comme il souhaitait le faire depuis longtemps.
Cela jeta un froid, si tant est que ça n'ait pas déjà été fait.
Les propriétaires de la maison se jetaient des regards en coin, peu rassurés quant à cette affaire.
Carlisle inspira et reprit la parole.
- C'est pour cela que nous sommes là. Pour donner une chance à Renesmée de vivre sa vie avec sa famille.
Gavrik se leva et sorti de la pièce sans un mot. Il monta l'étage en un éclair et claqua la porte, faisant trembler les murs. Puis il poussa un cri de rage et se jeta sur le bureau de la pièce pour le réduire en morceau.
Bien sûr. Bien sûr que le vampire blond savait où appuyer pour ranger le vampire albinos à sa cause. Comment Gavrik pourrait-il rester insensible alors qu'il était question de la survie d'un enfant ? Il savait déjà qu'il ferait ce qu'il fallait pour que les parents puissent profiter de leur enfant. Il aurait tout fait, il aurait donné sa vie s'il le fallait, pour que quelqu'un, n'importe qui, en fasse de même pour lui à l'époque…
Le sourire de son fils s'imprima dans son esprit. Cela faisait longtemps…
Il en voulait à Carlisle de venir le hanter avec cela. Oui, il désirait qu'ils ne soient jamais venus jusqu'à eux. Hélas, le mal était fait. Et sa conscience ne le laisserait plus tranquille jusqu'à ce que la gamine ne soit sauvée. C'était une certitude.
Et cela le chagrinait, car il savait d'avance sa décision irrévocable, et il regrettait d'entraîner sa famille dans cette affaire. Même s'ils avaient eu l'intention de refuser leur aide à Carlisle, aucun doute qu'ils le suivraient lui.
Il s'assit sur le lit, dont l'unique utilité était de supporter ses ébats amoureux. Il avait envie de sangloter. Après tous les efforts qu'ils avaient fournis pour se sauvegarder, pour éviter les Volturi, voilà qu'ils allaient se jeter dans la gueule du loup !
Il releva la tête quand on frappa à la porte. Celle-ci s'entrebâilla pour laisser passer la tête bouleversée d'Anna.
- Gavrik, chuchota-t-elle, inquiète à l'idée de venir trop tôt.
Celui-ci hocha la tête pour lui faire comprendre que ça allait. Elle entra, s'assit à ses côtés et le prit dans ses bras durs. Elle serra fort, sachant malgré tout que son soutien resterait insuffisant. Elle n'avait pas la capacité de changer le passé, ni de lui faire oublier ses démons.
- Carlisle et sa femme sont partis pour nous laisser en discuter en paix. Ils reviendront dans la soirée, ou lorsque je les appellerai.
Gavrik se contenta de la regarder dans les yeux. Elle soupira.
- Je m'en doutais… Tu as déjà pris ta décision n'est-ce pas ?
- Oui. Tu sais pourquoi.
- Oui, nous le savons tous, et nous te comprenons, souffla doucement Alekseï en entrant à son tour, suivit de son compagnon.
- Je suis désolé, s'excusa Gavrik.
- Ne t'inquiètes pas pour ça, de toute façon c'est le choix que nous aurions fait. Je suis redevable à votre ami, car sans lui je ne vous aurais certainement jamais connus. Vous êtes ma famille, et je ne peux imaginer la douleur de vous perdre. Je ne souhaiterais cela à personne, même à ces Cullen que je ne connais pas. Ils ont l'air bon, et Esmée est un modèle de douceur. Je pense que c'est ce qu'il faut faire. C'est juste, dit Andon.
Après sa tirade, les deux autres approuvèrent vivement du chef. Anna se sentit obligée de préciser son accord à haute voix.
- Oui, c'est certainement ce qu'il faut faire. Et si nous sentons qu'il y a un trop grand danger pour nous, nous pourrons toujours partir.
Chacun était conscient que jamais ils n'abandonneraient la famille de Carlisle après l'avoir rencontrée, mais cela les laissait dans l'illusion d'une possible échappatoire.
- Cette gamine ne payera pas pour l'ignorance de ses parents et des Volturi. Aucun enfant de devrait subir les fautes de ses parents, conclu Gavrik, la mort dans l'âme. Cela le renvoyait à ses propres erreurs et à son passé malheureux.
Anna sorti son téléphone portable et tapa rapidement un numéro. Carlisle décrocha après une tonalité.
- Oui ?
- Nous viendrons.
- Mais seulement si nous sommes en première classe, ajouta Andon pour alléger l'ambiance. Ils sentirent le sourire dans la voix du blond quand il répondit.
- Cela va de soi. Merci, sincèrement. Ma famille vous sera redevable pour l'éternité.
- Ne t'engage pas pour aussi longtemps papy, rigola Anna.
Ils entendirent la voix d'Esmée.
- Si cela vous va, il y a un avion ce soir qui part de Saint-Pétersbourg. Si nous passons dans deux heures ça ira ? Nous avons des lentilles de contact avec nous.
- Entendu ! Les garçons vous avez compris ? Allez faire votre valise, il faut qu'on aille manger avant de partir ! Rhaaaa génial, je ne suis jamais allée en Amérique ! New-York me voilà !, s'enthousiasma Anna.
Les vampires obéirent instantanément aux ordres de la jeune femme. Mais avant qu'ils ne partent, ils captèrent tous le rire d'Esmée et ses dernières paroles, vite suivies des exclamations d'indignation de leur sœur.
- Ma chérie, nous vivons à Forks, dans l'état de Washington, j'ai bien peur que tu ne trouves pas ce genre de distraction !
OoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoO
L'avions atterrit, et effectivement cela ne changeait guère de leur ancien lieu d'habitation : tout était vert.
Si Anna avait râlé durant la première demi-heure de vol, parce qu'elle s'était faite dupée selon ses termes, elle avait vite trouvé en Esmée une partenaire de conversation agréable.
Gavrik s'amusait de la voir cligner sans cesse des yeux, ce qui donnait l'impression qu'elle possédait un TOC. Il était vrai que les lentilles de contact lui irritaient les yeux à lui aussi, alors il ne pouvait qu'imaginer ce que subissait la vue affutée de son amie.
Il était installé à ses côtés, puis venait Esmée. Derrière eux les trois autres hommes étaient assis.
Ils parlaient à voix basse, afin qu'aucune oreille humaine ne puisse capter le moindre son. Esmée était intarissable au sujet de sa famille, et Gavrik avait l'impression d'en connaître chacun des membres.
Il avait parfaitement retenu que les parents de la petite s'appelaient Edward et Isabella. Leur histoire lui semblait vraiment invraisemblable. Cette jeune humaine méritait tous son respect, vraiment. Cela lui paraissait vraiment extraordinaire qu'elle ait accepté si facilement la nature de son petit-ami. Tous les humains n'étaient donc pas perdus… bien qu'il pensait malgré tout qu'il s'agissait là d'une exception.
Edward était vraiment chanceux d'être tombé amoureux de cette humaine là en particulier.
Il imaginait bien comme cela devait être merveilleux d'être accepté pour ce qu'il était. Lui-même avait vécu ce sentiment avec sa femme, mais la transformation avait terni ses souvenirs à son grand malheur. Avec Anna, il était bien mais c'était différent. Il n'y avait pas cette communion. Leur amour était né de leur vie commune et reposait essentiellement sur une tendresse infinie pour l'autre ainsi que sur la nécessité de satisfaire certains…besoins.
Aussi il lui était difficile de repenser à ce sentiment de plénitude qui vous prenait les tripes lorsque vous partagiez tout avec une personne, lorsque l'amour était la seule chose qui comptait. Il savait qu'Anna et lui n'avaient pas ce quelque chose. Alekseï et Andon si. Parce qu'ils étaient des âmes sœurs.
Malheureusement pour lui, il avait déjà rencontré son âme sœur, sa femme, et elle était morte depuis bien longtemps maintenant.
Un rire discret le tira de ses pensées : Andon s'amusait d'une nouvelle anecdote que racontait Esmée à propos de sa petite-fille et de son meilleur ami, Jacob. Lorsque Carlisle leur avait expliqué la situation avec plus de détails, leur présentant chaque vampire qui avaient bien voulu se joindre à eux, il n'avait pas manqué d'évoquer le loup-garou.
Il faut dire que les quatre russes n'avaient pas cessé de les questionner sur ce sujet. Un loup-garou ! Voilà une espèce dont Gavrik n'avait jamais entendu parler, malgré l'existence d'un folklore à leur sujet en Russie.
Gavrik imaginait parfaitement à quoi ils pouvaient ressembler d'après les descriptions de Carlisle. Des énormes loups musclés, de la bave coulant de leurs crocs sanguinolents. Il fallait bien ça selon lui pour tenir tête à des vampires. C'était d'après Carlisle l'unique raison à leur existence : détruire les vampires pour sauver les humains.
Cet objectif le faisait bien rire… D'abord tous les humains ne voulaient pas être sauvés. Et ensuite, il y avait des vampires aux quatre coins du monde, et ce n'était certainement pas deux meutes de loups qui y changeraient quelque chose.
Mais malgré un certain mépris, il était tout de même assez émerveillé de découvrir une autre espèce que celle des humains et des vampires. Est-ce que d'autres créatures des légendes humaines existaient également ?
Il adorerait rencontrer une sirène.
En sortant de l'aéroport il ne put que féliciter mentalement le choix de Carlisle de s'établir ici. Le ciel était si gris qu'aucun rayon solaire ne filtrait à travers les nuages.
Une voiture les attendait sagement sur le parking de l'aéroport de Seattle. Finalement ils arrivèrent enfin à la maison Cullen et il entendit Andon pousser une exclamation devant la beauté de la demeure. Il est vrai qu'elle était belle, avec ses multiples baies vitrées.
Ils sortirent et furent accueilli par les enfants Cullen. Gavrik remarqua toutefois le léger mouvement à l'orée de la forêt. Les loups.
- Les enfants, je vous présente Anna, Gavrik, Alekseï et Andon, présenta le père de famille en les pointant du menton successivement.
Le lien existant entre les deux derniers hommes était facilement perceptible pour chacun.
- Et voici Rosalie et Emmett, Alice et jasper, Bella et Edward, dit Esmée. La fierté qu'elle éprouvait à présenter sa famille était facilement perceptible.
Gavrik examina la fratrie avec attention, tandis qu'ils lui rendaient la pareille.
Rosalie était certainement la plus belle femme qu'il n'avait jamais vue même si elle semblait un peu froide. Tout l'inverse de son énorme mari dont les yeux pétillait d'amusement. Gavrik était bien heureux qu'une telle force de la nature soit dans leurs camps.
Il fut surpris en voyant le couple étrange que formaient les deux suivants. De toute évidence Jasper était d'un calme à toute épreuve, et il était impossible de ne pas voir les tressautements d'Alice, comme si elle se retenait de sauter partout. En fait, ces deux-là lui rappelaient étrangement Andon et Alekseï.
Il ne s'attarda pas vraiment sur Edward et Bella, trop concentré sur l'enfant qui se trouvait entre eux, tenant par la main ses deux parents.
Anna s'approcha de l'enfant, et elle s'accroupit pour être à sa hauteur.
- Bonjour, lui sourit-elle. Alors c'est toi la petite fille exceptionnelle dont n'a pas arrêté de parler ta grand-mère ?
La gamine lui répondit d'un grand sourire qu'elle partagea aussi avec Esmée juste après.
Le père, Edward prit la parole.
- Elle souhaiterait te parler. Son moyen de communication est particulier, n'aies pas peur.
Trois paires d'yeux carmin le regardèrent avec étonnement, tandis que la quatrième était fixée sur les grands yeux chocolat de la petite en face d'elle. Anna hocha la tête et une petite menotte se posa sur sa joue.
La vampire ouvrit grand ses yeux, stupéfaite. Puis elle éclata de rire, remercia Renesmée et se releva.
- Les gars, nous n'avons pas fait le voyage pour rien, sourit-elle à ses frère. Gavrik, il faut absolument que tu essaies ça. Puis elle s'adressa aux parents qui regardaient leur progéniture avec fierté.
- Elle est effectivement unique, par bien des aspects. Je peux ? demanda-t-elle en observant le télépathe. Celui-ci sourit.
- Oui, bien sûr.
Aussitôt dit, aussitôt fait. La petite fut soulevée dans les bras de pierre de la jeune femme, et amenée devant les autres nouveaux vampires.
- Bonjour, je m'appelle Gavrik. Et mon frère se nomme Alekseï. Andon est un vrai gamin, ne fait pas attention à lui !
L'enfant éclata de rire, puis posa encore sa main sur la joue pâle de Gavrik.
Celui-ci haussa les sourcils, seule preuve de son étonnement. Il n'avait jamais expérimenté une situation pareille. Lui ne possédait aucun don, et il était toujours impressionné par ceux qu'avaient parfois les membres de son espèce. Mais cette enfant était unique, vraiment.
Les images passaient à une vitesse élevée dans son esprit. Et il apprit tout ce qu'il y avait à savoir de la situation, vue par une petite fille. Si sa détermination à l'aider n'avait pas déjà été totale, nul doute qu'à cet instant, il aurait été tout à fait déterminé à la sauver.
C'était incroyable, de voir dans son esprit ces images qui ne lui appartenaient pas. Ça allait à une vitesse phénoménale, et pourtant il captait à chaque fois ce que l'enfant désirait lui faire comprendre. Ainsi, il connut rapidement les noms de tous les vampires présents dans la maison, associés à leur physique, voir même certains traits de caractères pour quelques-uns.
Quand ce fut fini et qu'elle s'éloigna légèrement, Gavrik croisa le regard d'Anna. Il y lu la même envie qu'il ressentait, celle de se battre s'il le fallait pour Renesmée. Tous deux étaient totalement charmés. Ce fut la pensée qui s'imposa avant qu'on ne le pousse un peu brutalement sur le côté.
- A moi, c'est mon tour, sautilla Andon, pressé d'expérimenter ce qui avait de toute évidence particulièrement ému ses deux amis. Un sourire indulgent fleurit sur les lèvres d'Alekseï, et Emmett ne put retenir son gros rire d'ours.
- Je pense que tu vas aimer tonton Emmett et tata Alice, dit enfin l'enfant de sa voix cristalline.
Cette enfant serait la perte de tout être vivant, pensa immédiatement Gavrik. Personne ne devait avoir le cœur suffisamment dur pour lui résister. Il jeta un coup d'œil au passible Alekseï, et fut plus qu'amusé de le voir lui aussi, totalement sous le charme.
- Elle peut aussi être un vrai petit monstre, dit Edward en le gratifiant qu'un clin d'œil.
Esmée leur avait parlé des pouvoirs télépathiques de son plus jeune fils. Tout comme de ceux de Jasper et d'Alice. Il lui tardait de les voir à l'œuvre.
L'exclamation de ravissement d'Andon le tira de ses pensées, et ce fut au tour d'Alekseï d'être subjugué par la petite.
Puis Alice, n'y tenant visiblement plus, sauta presque dans les bras d'Anna, et se lança avec elle dans une discussion animée sur leurs tenues vestimentaires respectives.
Enfin, les autres vampires de la maison les rejoignirent pour des présentations plus formelles que celles qu'ils avaient déjà eues grâce à Renesmée. Ainsi Gavrik apprit que qu'ils étaient les derniers attendus.
Tout le monde était relativement excité d'être enfin au complet, ce qui rendait les choses plus réelles pour ceux qui étaient présents depuis le commencement du rassemblement.
Enfin, c'était ce qu'il supposait.
Il n'avait jamais vu d'ailleurs autant de vampires en une fois. C'était assez impressionnant pour lui, comme pour sa famille. Eux qui avaient, au contraire, tout fait pour s'éloigner du monde et vivre en paix. Il était conscient que ce besoin de se protéger des autres vampires – de potentiels dangers- ainsi que leur envie de discrétion venaient directement des conditions dans lesquelles ils avaient été transformés.
Il savait aussi que cela pesait parfois à Andon, qui les avait rejoints bien plus tard.
Pour cela il était content que les événements les aient un peu forcés à sortir de l'anonymat. Et puis il ne s'agissait que d'amis de Carlisle, aussi il supposait qu'il n'y avait aucun danger. Il était tout de même assez peu à l'aise. Sentiments qu'il voyait être partagés par Alekseï. Mais il voyait aussi que cet inconfort était plus faible pour son frère que le plaisir de voir la joie sur le visage de son compagnon.
Parfois Gavrik l'enviait…
Quand Eléazar se présenta à lui comme un cousin des Cullen, Gavrik fut étonné de la couleur de ses yeux. Il avait toujours imaginé que Carlisle – et donc sa famille par extension – était le seul vampire au monde à se nourrir différemment de lui. Il rit de sa propre bêtise et de son ignorance.
Finalement, il fut invité, une fois que tout cela serait fini, à venir passer quelques jours en Alaska. Puis Eléazar se tourna vers Alekseï qui avait écouté religieusement jusque-là.
Enfin, une fois que l'effervescence causée par cette arrivée fut redescendue, Esmée leur attribua une des nombreuses chambres de la demeure. Bien sûr ils ne dormiraient pas, mais cela leur donnerait un peu d'intimité s'ils en cherchaient.
Ils redescendirent au salon. Alekseï s'installa confortablement dans un des fauteuils, accompagné d'Andon qui continuait à jacasser gaiement avec Alice. Esmée proposa à Anna de lui montrer sa cuisine. En effet, les deux femmes avaient longuement parlé de la nourriture humaine durant le voyage, et Anna était curieuse de voir comment Esmée cuisinait pour les loups et sa petite fille.
Gavrik les suivit, trouvant là l'occasion d'apaiser sa propre curiosité sur le sujet. Esmée était en pleine explication sur comment fonctionnait le four quand Gavrik entendit la porte d'entrée s'ouvrir, puis la voix d'Alice.
- Esmée ! La meute est là, prévint-elle.
- Ha, enfin. Venez, vous allez pouvoir rencontrer nos amis, dit la maîtresse de maison en éteignant le four et en sortant de la pièce. Anna et Gavrik la suivirent, curieux à l'idée de voir enfin ces fameux loups dont leur avaient tant parlé Carlisle et Esmée.
Gavrik, vieux jeu, laissa sa sœur passer devant lui. En se dirigeant vers le salon, il put entendre parfaitement les quatre cœurs qui battaient à un rythme régulier. Le cinquième s'emballait légèrement.
Etrangement, l'odeur désagréable des loups donc lui avait parlé Rosalie ne l'assaillit pas. Au contraire, bien qu'il n'arrive pas à identifier la fragrance qui lui parvenait, il n'avait qu'un seul qualificatif pour la nommer : agréable.
Esmée enlaça chacun des humains présents rapidement. Anna la suivit tandis que Gavrik restait un peu en retrait.
- Voici Anna, la présenta Edward.
Aussitôt le flot de parole qu'était Anna, quand elle était excitée, apparu. Gavrik était toutefois étonné de la distance qu'elle maintenait avec les loups. Elle n'était jamais timide habituellement, et oublier l'existence de l'espace personnel de ses interlocuteurs ne lui posait pas de problème.
- Vous devez être les humains qui se changent en loup !
Celui qui semblait être le plus jeune acquiesça et sourit.
Gavrik en fit de même : bien sûr que tous les vampires savaient qui ils étaient, et cette tentative d'Anna pour détendre l'atmosphère par une première question anodine lui ressemblait tout à fait.
Encouragée, elle continua sur sa lancée. Gavrik la poussa un peu pour passer tandis qu'elle parlait et pour voir enfin de plus près ces fameux loups.
- Esmée m'a beaucoup parlé de vous pendant le voyage. Nous avions hâte de vous connaître, je trouve ça vraiment cool ! Je ne savais pas que vous existiez, il faut absolument que nous discutions de tout ça ! Enfin si vous êtes d'accord bien sûr.
Gavrik fut étonné de l'apparence juvénile de ces fameux loups. Il s'était attendu à plus… vieux ? Imposant ? Monstrueux ?
Il avait en face de lui une bande de jeunes adultes, dont certains ressemblaient plus à des gamins tout juste sortis de l'adolescence. Celui qui était devant les autres et qui tenait Renesmée dans ses bras était toutefois plus volumineux que les autres. Mais son visage arrondi – reste encore visible de l'enfance – et ses yeux doux étaient bien loin de l'idée qu'il s'en était fait.
Adieu les loups-garous sanguinaires et puissants qui devaient éventuellement les aider à combattre les Volturi.
Dire qu'il était surpris était un euphémisme.
En fait, à part un cœur qui battait un peu plus rapidement et plus fort que la moyenne humaine, rien ne les différenciait des humains dont Gavrik se nourrissait. A part peut-être cette odeur délicieuse qui arrivait à ses narines que n'égalait pas même l'effluve pourtant affolant du sang humain.
Sa déception passée, il les observa un peu mieux.
Le premier dégageait quand même quelque chose de particulier. Il était visiblement le plus fort, et une certaine aura de puissance l'entourait. Même si cette impression était complétement effacée par la manière qu'il avait de tenir contre lui le petit corps de Renesmée. A cet instant, il faisait seulement penser à une énorme peluche musclée.
Gavrik sourit à cette idée, et passa rapidement les yeux sur les autres garçons. Tous étaient typés, mais cela n'avait rien d'étonnant après les informations que leur avaient données Esmée. Ils portaient sur eux leurs origines. Et ils étaient tous torse nu, ce qui fit lever les sourcils de Gavrik.
Finalement, se regard se posa sur la seule femme du groupe. Il ne se souvenait pas qu'Esmée ait mentionné une femme. Elle avait l'air plus âgée que les autres, et son visage était sombre. Il la vit se tourner vers lui, et son regard remonta de sa chemise à ses yeux. La seconde d'après, elle fermait les yeux, détournant légèrement le visage. Gavrik fit de même, ne souhaitant pas l'incommoder par un regard trop insistant.
Mais il était un vampire, et un examen plus approfondi ne lui aurait rien appris de plus sur elle. Il avait remarqué son débardeur légèrement déchiré sur le côté et les multiples petits trous sur son short. Les cheveux coupés court, d'un noir plus profond que le plumage du corbeau, emmêlés les uns aux autres, aussi poussiéreux que le reste de son corps. Comme si la jeune fille s'était roulée allègrement sur un sol terreux. Le même tatouage que celui des autres loups trônait sur son épaule droite, à moitié caché par la terre qui maculait sa peau. Enfin ses pieds nus, les ongles courts noirs de terre, tranchaient avec le sol en marbre blanc.
Elle avait l'air d'un chiot abandonné à lui-même depuis plusieurs mois. Son aspect était très certainement pitoyable.
Pourtant Gavrik ne put s'empêcher de la trouver belle. Cet air hargneux, remplacé durant quelques brèves secondes par un ahurissement total lorsqu'il avait croisé ses yeux. Ce visage mat et sale, l'intensité de ce regard sombre caché par quelques mèches de cheveux. Toute cette sauvagerie séduisit le vampire.
Il avait trouvé la beauté de Rosalie parfaite et froide, comme doit l'être une vampire. Il était subjugué par l'éclat animal et farouche qui se dégageait de cette louve.
Il n'eut cependant pas le temps de s'interroger plus sur ces agréables sentiments, car Carlisle les présenta.
- Jacob, ce sont les derniers que nous attendions. Voici Andon et Alekseï, dit-il en montrant ces derniers toujours affalés sur le fauteuil.
- Et Anna et Gavrik.
- Enchanté de vous connaître. Je suis l'alpha de ma meute. Ici c'est Leah, mon bêta. Et ceux-là ce sont Seth, Quil et Embry. Je ne sais pas ce que vous ont dit les Cullen. Mais nous sommes deux meutes, celle de Sam est dehors.
- Alors vous venez d'où ? demanda le plus jeune, Seth apparemment. Gavrik remarqua qu'à part lui, aucun ne croisait leur regard, certainement mis mal à l'aise par la couleur de leurs yeux. Ce fut Anna qui se chargea de répondre, comme le plus souvent.
- Nous habitons en Russie, à quelques kilomètres de Saint-Pétersbourg. Il y fait bien plus froid qu'ici, rit-elle.
Alekseï les rejoignit.
- Nous n'étions jamais sortis de Russie à vrai dire. C'est assez étonnant, de ce qu'on a pu en voir, la différence de culture avec ici.
- Vous êtes des vampires et vous n'avez jamais voyagé ?
- Non, depuis que nous avons quitté notre créateur, il y a de ça plusieurs décennies, nous nous sommes simplement consacré à vivre calmement et secrètement.
Edward prit alors sa fille des bras de Jacob, jetant un regard entendu aux autres, et sorti de la pièce. Bien sûr, il savait le sujet qu'allait aborder Alice et ce n'était pas des propos pour une enfant, aussi mature qu'elle soit.
- Justement, intervint Alice. Après que Carlisle me l'ait demandé, j'ai essayé, grâce à mes visions, de voir votre créateur. Mais je ne sais pas où il peut être malheureusement.
- Ne t'inquiètes pas pour ça Alice, la rassura Alekseï. Nous n'avons jamais essayé de le retrouver nous-même et nous n'en avons même pas l'envie. S'il est introuvable, il est possible que les Volturi soient allés le voir, comme nous le craignions. Si c'est le cas, nous ne pouvons que nous féliciter d'avoir fuis avant.
Gavrik et Anna hochèrent la tête aux paroles de leur frère. Il y eu un petit silence. Même si les loups ne savaient rien de l'histoire, ils avaient compris ce que l'implication des Volturi pouvait signifier. Le créateur en question était soit mort, soit dans les rangs de l'ennemi.
Jacob finit par se racler la gorge avant de prendre la parole.
- Revenons à maintenant, si ça ne vous ennuis pas. Notre rôle est de protéger les humains mais nous sommes conscients de vos … besoins. Nous vous demandons donc de chasser ailleurs, vous serez accompagnés d'un Cullen à chaque fois pour éviter tout problème.
- Bien sûr. Nous sommes venus aider, pas nous quereller, approuva Gavrik.
Il fallait bien que chacun fasse des efforts pour que la cohabitation se passe sans heurt, il l'avait bien compris.
- Leah ça va ? demanda Seth à la louve.
Immédiatement, tous la regardèrent, curieux de cette question. Elle n'avait pas dit un mot depuis que la meute était entrée, mais cela n'étonnait guère les habitués qui la connaissaient un peu. C'est pourquoi la question de son frère était étrange. Il y eu un petit silence durant lequel aucune réponse ne vint.
- Ouais, t'as l'air bizarre… t'as chopé un truc ou quoi ? demanda Quil, brisant le silence, en jetant un coup d'œil au plus jeune loup.
- C'est peut-être un rhume !, s'amusa Embry.
Les loups rirent. C'étaient des rires raclant dans la gorge, comme si leur identité lupine existait même sous forme humaine.
Gavrik fronça légèrement les sourcils. Apparemment les loups partageaient une blague qu'ils étaient les seuls à connaître. La situation semblait les amuser. Jetant un rapide coup d'œil aux autres, il apparut qu'il n'était pas le seul à être totalement largué.
Alors il tourna à nouveau son regard carmin sur la jeune fille. Elle semblait au plus mal. Et elle n'osait de toute évidence pas relever les yeux. Elle rougi doucement et Gavrik ne put s'empêcher de trouver ça adorable. Il n'avait jamais pu apprécier un rougissement humain depuis qu'il était vampire, puisqu'il limitait les contacts avec eux. Et Anna ne rougissait pas. Cette coloration rendait le visage de Leah moins sévère, et couplé à la terre qui maculait ses joues, le rendu était tout à fait charmant.
Finalement, l'alpha redevint sérieux, alors que les vampires étaient toujours dans l'expectative d'une explication.
Mais tous, vampires et loups, sentirent les mains de la louve trembler légèrement. Son cœur battait la chamade, et bien que ce soit le même rythme, Gavrik trouva ce sont bien plus beau que celui provenant de ses victimes, lorsque la peur prenait possession d'eux.
Mais avant que quiconque n'ait pu dire un mot, elle prit la parole.
- Elle t'a fait bouffer quoi, ta mère, quand t'étais un sale mioche Embry ? Mais c'est surement génétique quand on voit comment elle est. C'est à se demander ce qu'elle a fait pour réussir à te choper ces foutus gènes de loup !
Dire que chacun fut grandement étonné, voir choqué serait un euphémisme.
Ainsi, sa langue était aussi affutée que son aspect sauvage le laissait croire, pensa Gavrik. Son esprit la compara à un animal blessé qui ne s'apprivoisait que difficilement et avec patience.
Il continuait d'entendre le son apaisant des battements de son cœur, aussi rapides que les ailes d'un colibri. Il trouva tout de même ça étrange. Depuis quand trouvait-il du réconfort dans le son d'un cœur ?
Il n'avait pas ressenti cette sensation depuis la mort de Katrina.
Leur chef, Jacob, la questionna, peu content de son éclat.
- Qu'est-ce qu'il y a Leah ? Ça va pas ou quoi ? , grogna t'il.
Elle répondit si sèchement que personne ne pouvait ignorer la colère qui l'animait. Mais personne ne s'en mêla, car même les vampires nouvellement arrivés étaient conscient que s'immiscer dans une dispute de loup était hors propos. Eux n'auraient pas apprécié qu'un étranger vienne fourrer son nez dans leurs affaires.
Et Gavrik la trouvait encore plus belle en colère. C'était comme si elle l'avait ensorcelé par sa beauté de sauvageonne. Toutefois les paroles qui suivirent le firent vite revenir sur terre.
- Si ça va très bien. Maintenant que tous ces foutus buveurs de sang sont là, on va pouvoir sortir de la merde dans laquelle ton hybride nous a tous mis.
S'il avait pu se laisser berner par l'étrange attirance qu'il ressentait pour elle, voilà qui remettait les pendules à l'heure.
Il était stupéfait qu'un si petit corps puisse contenir autant de haine. Et contre son espèce à lui. Vraisemblablement, le fait de s'allier à des vampires ne l'enchantait pas, et Gavrik comprit pourquoi Esmée leur avait parlé d'ennemis naturels dans l'avion.
Bon.
Si elle les détestait autant, tant pis… Il n'apprécia pas vraiment, d'ailleurs, d'être insulté ainsi alors qu'ils apportaient leur aide à cette famille. En fait, étonnement, ces paroles le blessèrent au-delà de ce qui était raisonnable, venant d'une inconnue.
Il était aussi étonné de l'adjectif qu'elle avait utilisé pour nommer Renesmée. Il jeta un rapide coup d'œil à Isabella, qui regardait la scène, impassible.
La louve sembla inquiète quand son chef fit un pas en avant, lui aussi commençait à trembler. Ils se déplacèrent un peu tous les deux. Puis elle prit une voix plus douce.
- Pas la peine de m'étrangler à nouveau, je ne la menace pas.
Chacun entendit le hoquet choqué d'Esmée, mais malgré ce qu'elle venait de dire, Gavrik avait vraiment du mal à imaginer Jacob, cet homme aux yeux si doux, étrangler quelqu'un de son clan.
- Leah, c'était un accident, ok ? J'en suis vraiment désolé, tu le sais bien.
Ils étaient tous les deux en colère, face à face.
- Ouais, sauf que tes crocs dans ma gorge, j'ai du mal à l'avaler.
- Ça suffit. On va s'expliquer dehors. Tu mutes et tu viens, hurla le mâle.
Gavrik vit la louve tomber à genoux. Il failli se précipiter à ses côtés pour la relever, sans trop savoir pourquoi. Esmée le frôla alors qu'elle s'agenouillait devant elle, vite rejointe par Carmen.
Il avait compris ce qu'était la « mutation ». Et même s'il était très curieux de voir à quoi ressemblaient finalement les loups sous leurs formes lupines, il se sentait mal à l'aise d'assister à un pareil conflit, qui aurait certainement dû se passer dans l'intimité de leur meute.
Et voir la jeune fille au sol, dans une position de faiblesse, lui donnait envie d'arranger la situation.
Il se fustigea et l'envie disparu après qu'il se soit raisonné.
Il devait certainement avoir faim, et bien que l'odeur de la fille soit délicieuse, ce n'était pas l'endroit ni le moment de créer un incident diplomatique. Ça ne le serait d'ailleurs jamais.
Leah se releva alors d'un coup, s'écarta rapidement des deux vampires à côté d'elle et s'enfuit sans un mot.
- Leah attend !, s'écria son alpha en la suivant.
Un grand silence accompagna leur sortie. Personne ne bougea, encore étourdis par ce qui venait de se passer. Comment la situation avait-elle pu dégénérer ainsi ?
Gavrik se demanda également s'ils étaient réellement le bienvenu ici…
Est-ce que tous les loups les détestaient ? Est-ce qu'ils attendaient simplement que l'affaire avec les Volturi soit terminée pour planter leurs crocs d'animaux dans leur gorge après que les vampires aient baissé leur garde ?
D'un coup, Renesmée descendit les escaliers, traversa le salon et sortit tout aussi rapidement qu'elle était apparue. De toute évidence elle avait échappé à son père qui la suivait de près. Il fut cependant arrêté dans sa course par sa femme qui lui chuchota des mots à l'oreille.
A cause du silence ambiant, ils entendirent tout ce qui se passait dehors.
- Viens Jake, laisses-la un peu seule. Ça fait combien de temps que Leah n'a pas eu d'intimité ? Ça rendrait folle n'importe quelle fille.
La voix si légère de Renesmée était comme une douce musique destinée à réduire les maux du monde. Mais plus que son timbre, les vampires russes furent étonnés des mots choisis par une si jeune enfant qu'ils ne connaissaient pas encore. Comment pouvait-elle être aussi mature ?
Andon haussa les épaules après avoir échangé un regard avec Gavrik, comme si, après tout, la question ne valait pas la peine d'être posée. C'était ainsi.
Anna se dit que la jeune Renesmée n'avait pas fini de les surprendre.
Après quelques secondes, ils entendirent également la réponse de Jacob.
- Oui, tu as raison. Leah rentres chez toi pour la soirée et reposes toi. Tu reviens demain.
Il semblait apaisé et Gavrik fut étonné du pouvoir de Renesmée sur le loup. De toute évidence, c'était elle qui était à l'origine de ce changement d'humeur.
Un grognement animal retenti, et cette fois l'alpha parla plus fort, en colère.
- La ferme, j'ai encore le droit de faire ce que je veux de mes loups, que je sache ! Tu dis rien quand les loups vont voir leurs imprégnées, mais dès qu'il s'agit de Leah, t'as toujours fait le con. C'est une femme, je pense qu'on peut faire un effort là-dessus.
Puis le silence à nouveau.
Tout le monde tourna la tête lorsque la porte d'entrée se rouvrit. Jacob apparu, suivit de Renesmée qui trottinait à ses côtés, sa petite main disparaissant dans la grosse paluche du loup. Il vint se mettre face à Gavrik et sa famille.
- Désolé. Je m'excuse au nom de toute ma meute, et de celle de Sam. Leah est simplement sur les nerfs à cause de la situation, mais cela n'a rien à voir avec vous en particulier Nous ne voulons pas créer de conflits.
- Ouais... Ce n'est pas exactement l'accueil qu'on attendait. C'est cool de se savoir apprécié par nos « alliés »…, siffla Gavrik.
Lui-même fut surpris du ton qu'il employa. Il n'était pas rancunier habituellement, et pouvait parfaitement comprendre la difficulté de la situation. Mais il se sentait étrangement vexé par l'insulte de la fille, et bien qu'il sache que c'était totalement irrationnel, il n'arrivait pas à apaiser sa colère.
- Oui, notre petite Leah a un sacré caractère, s'amusa Emmett. Mais elle n'est pas méchante au fond, même si elle essaie de nous le faire croire. Elle est ainsi avec tout le monde. Il ne faut pas le prendre contre vous.
- Encore une fois, je m'excuse au nom de ma meute. Je suis vraiment désolé, ça ne se reproduira pas, s'excusa encore Jacob.
- C'est bon, il n'y a pas de problème, assura Anna en faisant les gros yeux à Gavrik. Ça arrive à tout le monde, d'avoir un petit emportement.
- Bien, l'incident est clos alors, fini Carlisle. Puis il lança un autre sujet de conversation qui dériva sur les différences entre les systèmes pénitenciers des pays d'où venaient les vampires présents. Alekseï s'enflamma quand Stefan, un des roumains qui semblaient encore vivre dans un autre siècle, s'attaqua à la Russie et ses goulags.
Finalement, après avoir obtenu encore quatre ou cinq fois l'assurance que l'incident avec Leah ne causerait pas de problèmes pour les futures relations entre les meutes et les vampires, Jacob et ses loups partirent.
Au bout d'une heure, Gavrik était calmé. Mais la rancœur qu'il avait ressentie lorsque Leah l'avait traité de sangsue le perturbait. Depuis quand s'inquiétait-il de l'avis des autres, surtout de ceux d'un loup acariâtre ? De plus, il y avait pire comme appellation, et il ne comprenait vraiment pas d'avoir pris la mouche ainsi.
En fait s'il était honnête, sa colère venait surtout de la sensation de trahison qu'il avait ressentie en entendant ces mots acerbes.
Il en vint à la conclusion un peu bancale qu'il n'avait pas apprécié que quelqu'un, qui ne savait rien de lui, se permette de le juger si méchamment…
Surtout une si jolie créature. Parce que si elle trouvait les vampires abjects, Gavrik était loin d'avoir cet avis sur elle.
Dans la soirée, Carlisle leur expliqua plus en détail la dynamique des deux meutes. Puis il les emmena voir les environs. Forks et ses alentours ressemblaient vraiment à leur lieu de vie en Russie, les montagnes en plus.
Gavrik s'essaya à la chasse au grizzly, mais le goût lui déplu au plus haut point. Andon quand à lui fut plutôt séduit par l'idée de végétarisme. La saveur de l'ours ne le ravit pas non plus, mais il insista jusqu'à goûter un puma qui lui plut assez. C'était la première fois qu'il rencontrait des vampires se nourrissant différemment, contrairement aux trois autres qui avaient déjà rencontré Carlisle quelques centaines d'années plus tôt.
Après deux petites heures de sortie en forêt, ils finirent par rentrer. Après quoi, ils ressortirent, cette fois accompagnés des trois Amazones et d'Amun et Benjamin. Tous les Cullen étaient là, sauf Esmée, pour les encadrer. Ils partirent loin, dans un état voisin, pour se nourrir réellement. Les autres vampires de la maison avaient déjà festoyés deux jours plus tôt.
Déterminé à éviter de nouveau la tentation de s'occuper de la louve, Gavrik bu plus que d'habitude.
Il ne manqua pas les regards déchirés des vampires aux yeux dorés alors qu'il relâchait sa nourriture, qui s'affaissa au sol. Visiblement, ils avaient beaucoup de mal à accepter de les voir se nourrir ainsi, mais tous restèrent silencieux.
Leur retour à la villa fut accueilli par le soleil levant. Une fois arrivé, Gavrik monta dans leur chambre avec Alekseï, en quête d'un lieu plus tranquille. Il n'était guère habitué à tant d'effervescence, surtout la petite Alice qui était une vraie pile électrique. De plus Emmett ne l'avait plus lâché depuis qu'il lui avait avoué qu'il avait trouvé Leah très jolie. Il semblait décidé à lui tirer il ne savait quoi du nez, ce qui l'irritait.
Ils laissèrent donc leurs joyeux compagnons dans le salon. De plus, l'odeur écœurante de toute la nourriture qu'avait préparée Esmée ne l'encourageait pas à rester en bas.
Il tendit l'oreille et se redressa un peu sur son siège lorsqu'il entendit le battement irrégulier et un peu fort. Un son qu'il reconnut immédiatement et il se figea une seconde, abasourdi par la facilité avec laquelle il l'avait différencié des autres sons qui l'accompagnaient. Il était un peu agacé, aussi, de réagir ainsi à sa présence après ce qu'elle avait dit la veille.
Il s'attira un regard interrogateur d'Alekseï auquel il répondit d'un haussement d'épaule.
On frappa à la porte, et la tête d'Alice apparut après en avoir reçu l'autorisation.
- Venez, pépia-t-elle. Les loupiaux sont là !
Ils la suivirent et retrouvèrent Anna et Andon dans le couloir. Après quoi, ils entrèrent dans le salon à la suite du lutin. Gavrik suivit le mouvement et s'assit sur le canapé, à côté d'Anna. Son regard était complètement attiré par la louve qui attendait, debout à côté de son alpha. Mais quand celui-ci s'installa à côté de Bella – elle avait insisté pour être appelée ainsi -, sa fille sur les genoux, et qu'Edward éclata de rire pour on ne savait quelle raison, elle bougea.
Il la regarda se diriger vers un petit coin qu'il avait remarqué hier sans en comprendre l'utilité. Collés contre la bibliothèque, dans un angle, il y avait plusieurs coussins à même le sol. La jeune fille se laissa tomber dessus. A l'odeur exquise qui s'échappa des coussins, Gavrik pu dire que c'était sans aucun doute sa place attitrée. Il vit Edward hocher la tête pour lui signifier, qu'effectivement, la louve s'asseyait régulièrement dans cet endroit, le plus loin possible des canapés.
- Alors ! Faisons ENFIN ces présentations, s'exclama Alice. Gavrik ne manqua pas le regard d'assassin dont elle gratifia Leah, mais celle-ci, complètement imperturbable la fixa avec indifférence.
Ce devait être exactement le genre de comportement qui devait mettre le petit lutin sur les nerfs. Un fin sourire étira les lèvres de Gavrik tandis que celles d'Alice se pinçaient.
- Donc voici Jacob et Leah, ils font partis de la meute. Jacob est leur alpha.
Bien sûr, les vampires le savaient déjà, mais apparemment Alice souhaitait officialiser tout ça.
- Jake, grommela-t-elle, il faudra que tu amènes les autres ! Nous leur avons montré les environs, et nous avons chassé cette nuit donc c'est bon.
- Alice, Leah aimerait que tu présentes à nouveau nos amis, s'amusa Edward.
Le cœur de cette dernière s'emballa encore. Gavrik était fasciné par le rythme qu'il arrivait à prendre, et qui changeait régulièrement et sans préavis.
- J'avais rien écouté, avoua-t-elle, un peu penaude.
Elle était mignonne ainsi. Et Gavrik décida qu'il lui pardonnait tout à fait son comportement de la veille. Il voulait voir si cette sauvageonne pouvait être apprivoisée.
Après tout, les chiens n'étaient que des loups domestiqués.
Edward sourit, lui adressant un clin d'œil. Il souffla presque inaudiblement un « bon courage » d'une voix amusée.
- C'est vrai. Voilà Annouchka - mais elle préfère Anna - Alekseï, Andon et Gavrik, énonça Alice.
- D'ailleurs Jacob, continua-t-elle, il faudrait que…. »
Un bruit de cavalcade l'interrompit, et Emmett, suivit de Benjamin, entra en trombe dans le salon, peu intimidé par le regard glacial que lui lança Alice. Elle semblait sur le point de faire une crise de nerfs.
Gavrik observa ce colosse à l'âme d'enfant s'affaler sur un fauteuil avant de le voir se tourner, l'air taquin, vers la louve.
- Alors Leah-Leah jolie, on a fini de bouder ?, s'esclaffa-t-il, hilare, en jetant un coup d'œil rempli de sous-entendu à Gavrik. Celui-ci se contenta de soupirer face à l'immaturité du plus costaud. Cela lui apprendra à complimenter les femmes…
Le cœur de Leah fit à nouveau une embardée.
Puis elle se leva.
- Dégage de ma tête ! grogna-t-elle après Edward.
Bon dieu, oui, elle grogna. Comme un animal, le bruit sourd parti de sa poitrine pour sortir de sa gorge. Gavrik en resta comme deux ronds de flanc, un peu choqué de ce grognement animal, et de l'effet qu'il avait eu sur lui.
- Arrêtes ça, c'est insupportable ! râla-t-elle encore après le télépathe.
- Mon chéri, tu veux partager une petite chasse ? J'en ai envie, intervint Bella en se levant à son tour.
Son mari ne parut pas aussi motivé qu'elle, apparemment très heureux de tourmenter la louve avec son don.
Lorsqu'ils sortirent, Alice reprit la parole, monopolisant efficacement l'attention. Emmett et Benjamin ne cessaient d'embêter Alekseï et Andon. Mais ceux-là restèrent de marbre, bien que Gavrik puisse voir l'effort que faisait Andon pour ne pas faire le pitre lui aussi. Il voyait le petit frémissement de sa jambe qui indiquait un état d'excitation. Le jeune vampire se retenait certainement pour ne pas donner raison aux deux autres… Et pour soutenir son compagnon aussi.
Leurs chamailleries étaient amusantes à observer.
Ce que Gavrik faisait avec plaisir tout en entretenant une discussion avec Alice, Jacob et Anna au sujet de leur vie en Russie. Bien qu'en réalité il les écoutait plus qu'il ne parlait.
Son attention était plus tournée vers la louve. Il sentait aussi le regard insistant de la fille, qui n'avait plus ouvert la bouche, et qui s'était réinstallée dans son coin.
Joueur, il finit par lever son regard pour rencontrer le sien, pour lui montrer qu'il n'était pas dupe de son attitude. Certes il avait été habitué, à l'époque où il était humain, d'être observé comme une bête de foire à cause de son albinisme, mais il ne l'avait jamais apprécié.
Elle baissa les yeux immédiatement, et son léger rougissement n'échappa pas au vampire qui connaissait déjà par cœur la carnation naturelle de sa peau. Il était content de créer une émotion chez cette louve qui semblait intouchable. Il était aussi heureux qu'elle ne lui ait pas sauté à la gorge pour avoir osé la fixer à son tour.
Mais l'application qu'elle mit ensuite à ne surtout pas prêter attention à lui, effaça bien vite ce sentiment d'allégresse.
Elle se saisit d'un livre qui se trouvait dans la bibliothèque derrière elle. Gavrik pouvait voir le titre d'ici : Fleurs et arbustes des forêts de l'Etat de Washington. Pas vraiment ce qu'il avait imaginé comme lecture favorite de la jeune fille. Un fin sourire étira ses lèvres.
- Leah ! Tu ne vas pas lire quand même ! S'exclama Jacob, coupant la parole d'Anna qui s'était lancée dans une explication détaillée de l'ameublement de leur maison de Saint-Pétersbourg.
L'interpellée le regarda avec des yeux ronds. Il n'y avait pas besoin d'être devin pour deviner qu'elle détestait être le centre de l'attention comme ça.
- Aller, fais pas ta tête de cochon et viens là ! proposa le jeune homme en tapotant la place entre Gavrik et lui.
Le vampire espérait qu'elle cède aux demandes de son alpha, histoire de pouvoir lui parler sans paraître trop insistant. Si elle venait, elle serait bien obligée de participer à la conversation, non ?
En réalité, maintenant qu'il y pensait, il n'avait entendu sa voix que pour balancer ces insanités sur son espèce, la veille. S'il voulait qu'elle se déplace, c'était avant tout pour entendre à nouveau ce son.
Mais à son grand désarroi, elle secoua simplement la tête avant de se lancer dans une lecture apparement passionnée de l'encyclopédie qu'elle tenait entre ses mains.
Voilà qui clôturait définitivement l'inexistante discussion que Gavrik avait espéré avoir avec elle, ainsi que les regards qu'ils avaient échangés. Il attendit encore un peu en la regardant, mais devant l'insistance qu'elle mettait à lire, il finit par abandonner l'idée de pouvoir admirer les yeux de la sauvageonne.
Aussi quand Jacob le questionna sur les activités professionnelles qu'ils avaient tous exercés durant leur vie, il se détourna définitivement d'elle et répondit avec entrain. Tout en gardant une oreille attentive au rythme cardiaque qui s'apaisait de l'autre côté de la pièce.
- Elle dort ? finit par demander Benjamin une heure plus tard. Et en effet, force était de constater que la louve s'était endormie. Ainsi affalée sur les coussins, Gavrik lui trouva le visage plus doux. Le sommeil détendait son visage qui n'avait plus sa sévérité habituelle.
- Laissez-la dormir, chuchota Esmée, tout en lançant un regard aimant à la jeune fille. Alors chacun suivit son exemple et chuchota.
Jasper qui était parti de la maison depuis l'aube revint alors. Il eut un temps d'arrêt et l'étonnement fut facilement visible sur son visage de marbre quand il avisa la louve.
Finalement Esmée la réveilla en effleura son bras nu. Elle rappela à Gavrik le comportement d'un homme qui essaye de ne pas effrayer un moineau.
- Leah tu t'es endormie. On t'a laissé dormir un peu, murmura-t-elle. L'autre cligna des yeux et se redressa. La surprise se peignait sur son visage. Elle semblait ne pas trop comprendre la situation.
- Franchement, tu ne devrais pas autant épuiser les membres de ta meute. Laisses les dormir tout de même ! reprocha Esmée à l'alpha, en voyant à quel point Leah avait du mal à reprendre place dans la réalité.
- Tu vois Jacob, nous ne sommes pas de si mauvaise compagnie, s'exclama Anna.
- Anna, ce n'est pas parce que tu veux rencontrer tous les loups-garous de cette ville, qu'il en est de même pour eux, répondit Gavrik, avec un regard blasé.
- Je pense que Seth sera tout à fait d'accord pour venir. Il me soutiendra, lui, intervient Jacob.
- Il faudrait peut-être demander à sa sœur ? proposa Gavrik.
Il lui semblait que le Seth en question était relativement jeune. D'après ce qu'il avait retenu en tout cas des présentations qui avaient été faites. Cela le faisait penser à son fils. Il n'aurait certainement pas laissé n'importe qui passer du temps avec, à fortiori un inconnu. L'époque est différente toutefois, se morigéna-t-il. Il ne voulait vraiment pas passer pour un vieux jeu…
Hélas, quoi qu'il ait dit cela sembla envenimer la situation, encore, car le cœur de Leah accéléra soudain, et sans un mot ni un regard, elle se leva et sorti de la pièce comme si le diable était à ses trousses.
Et vous voilà à la fin de ce looooong chapitre!
Dédicace à : Chattoncharmant
Annetoutsimplement Milly83
RimeneDarcy
Helo10
Oranemul
Caamie
Le poussin fou
Nicky XYZ
Kaelle Cappuccino
Ley-aha
Merci pour vos commentaires qui m'ont encouragée!
