The exorcist, chapitre 1

9 ans plus tard

D'un air sombre, une jeune fille portant une lourde valise, s'arrêta devant une belle maison à la façade richement fleurie.

De sa poche, elle sortit un bout de papier plié, lut l'adresse qui y était inscrite et la compara avec celle de l'endroit où elle se trouvait. Le numéro confirma ce qu'elle pensait, elle était enfin arrivée.

Elle appuya donc sur la sonnette et attendit. Levant la tête, elle admira un instant le défilé des nuages dans le ciel d'un bleu pur. Ses pensées s'envolèrent vers les dernières années qui venaient de s'écouler : l'orphelinat où elle avait vécu, passant la majorité de son temps à la bibliothèque puis au côté d'un homme féru de magie noire. Douée, elle avait très vite délaissée l'école, pour se concentrer sur ce que son « nouvel ami » lui apprenait. Si la plupart de ce qu'il disait n'était qu'ineptie, elle avait su faire le tri entre le vrai et le faux, et récupérer ce qu'elle avait besoin. L'orphelinat se moquant royalement de ses pensionnaires, elle avait eu le champ libre pour faire ce qu'elle voulait. Ce qui avait donné un résultat contrasté : une apparence plutôt frêle, et un caractère froid et impitoyable. Forgé par les épreuves de la vie.
Et un beau jour, la directrice de l'orphelinat était venue la voir, lui disant que des membres de sa famille la réclamaient. D'une branche qu'elle ne connaissait pas. Indifférente, elle avait donc rassemblé ses maigres possessions et avait quitté l'endroit. Sans regrets.

A 16 ans, Yuka n'éprouvait que très peu d'émotions, et se moquait de ce qui pouvait lui arriver. Du moment qu'elle atteignait son but…

Face à elle, la porte s'ouvrit, dévoilant une femme d'une cinquantaine d'années, à la chevelure d'un rouge flamboyant. Décontenancée, la femme dévisagea cette inconnue, avant que son regard, chaleureux, ne s'embue de larmes, et qu'elle ne presse Yuka contre son cœur.

« «Inutile de me dire qui tu es, tu es le vivant portrait de ta mère, Hikari. Entre donc, ma chérie… »

Yuka s'était raidie devant tant d'affection. La dernière fois que quelqu'un avait montré de la bonté à son égard remontait… à cette époque. Ne pas y repenser.

«- Où puis-je mettre mes affaires, ma tante ? » demanda-elle poliment.

« -Pose les dans un coin, ton cousin les montera en rentrant du lycée. Viens donc boire quelque chose… Tu es une ravissante adolescente », conclut-elle, la gorge nouée. Elle se dirigea ensuite vers la cuisine, fit du thé, et invita Yuka à prendre place dans le salon.

« -Je suis désolée, mais je n'avais jamais entendu parler de vous avant aujourd'hui…

-Par où commencer… murmura la femme. Je suis Sumirê la demi-sœur de ta mère. Mon père s'était remarié avec sa mère, et quelques années plus tard, j'avais une petite sœur. Nous étions très proches…jusqu'à ce qu'elle rencontre ton père. Je ne peux pas te dire que je le porte dans mon cœur… a première vue, il était très gentil et attentionné avec elle… ils étaient comme les doigts de la main, le couple parfait… mais un an après qu'ils se soient mis ensemble, elle s'est mise à changer. Effrayée alors qu'il n'y avait aucune raison. Ton père et moi l'avons soutenu dans cette période difficile. Ensuite… ton père l'a demandé en mariage. Ils avaient 21 ans, bien trop jeunes pour cela et je lui ai déconseillé d'accepter. Le lendemain, elle fuguait, et je ne l'ai plus jamais revu.
Je suis alors allée voir la famille de ton père, qui m'a appris leur mariage. Ma sœur, devenue la femme de Hatake Kakashi, ne m'a jamais recontacté malgré mes efforts. »

Sumirê, les yeux rougis de larmes, fit une pause dans son récit, prit une gorgée de thé, et inspira profondément.

« C'est par les journaux que j'ai appris le drame. Et que le couple avait deux enfants… Je me suis alors lancée à ta recherche. Et je t'ai enfin retrouvé… »

Elle se leva, et vint serrer avec force Yuka dans ses bras, l'étouffant presque. Et, l'espace d'un instant, l'adolescente sentit son cœur se réchauffer. Avant de retomber à sa froideur habituelle.

Au même moment, au lycée de Konoha

D'une démarche lasse, un garçon à la chevelure d'un rouge sanguin se dirigeait vers la cour. En son centre se tenait un majestueux chêne, point de rendez-vous de la bande. Il pouvait d'ailleurs les entendre de là où il était, braillant et se disputant. Il soupira avant de sortir, accueilli par le cri d'un blond déchaîné : « Danna ! ».

Par habitude, il leva les yeux au ciel, avant de se planter face à eux, allongés pour la plupart dans l'herbe printanière. Il y avait là Deidara, le blond survolté, passionné d'art et pyromane à ses heures perdues, Pein, le chef, qui discutait avec calme avec Konan, la seule fille, dont il fallait se méfier des coups de colère, Kisame, qui adorait la mer, Hidan, le pervers de service, toujours prêt pour une baston, Kakuzu, la personne la plus radine qu'il ait jamais vu, et Itachi. Ce dernier, coqueluche des filles de l'école –avec son petit frère- était occupé à lire un bouquin, adossé avec nonchalance à l'arbre. Il fallait dire qu'avec sa haute taille, son visage doux et pourtant viril, et ses yeux d'un noir profond, Itachi avait tout pour plaire.

« Hmmm. Commença Sasori, réclamant l'attention de l'assemblée. Qui la lui accorda immédiatement. Sasori n'étant pas quelqu'un qui parlait pour ne rien dire, il était donc très écouté lors de ses rares prises de paroles.

« - Ma cousine va venir habiter chez moi. Et ira dans notre lycée. Donc soyez sympas avec elle. Conclut-il.

« Depuis quand es-tu si galant, ricana Hidan.

« Depuis que ma mère me le demande, répondit-il avec froideur.

« Elle a quel âge, demanda Konan avec douceur.

« Le même que le petit frère d'Itachi je crois.

« 16 ans donc… Elle est comment ? demanda Konan, heureuse à l'idée de ne plus être la seule parmi cette horde masculine.

« Je sais pas. Je l'ai jamais vu.

« Quoi ? s'étonna la jeune fille. Mais…

« Elle était dans un orphelinat avant. » Au ton coupant adopté par Sasori, Konan comprit que poser d'autres questions serait malvenu. Aussi contint-elle sa curiosité et reprit elle sa conversation avec Pein.

Tous se lancèrent des regards en coin, attendant avec impatience le lendemain. Tous, excepté Itachi.

Sasori poussa la porte de chez lui avec sa délicatesse coutumière. Le battant vint donc claquer avec force contre le mur, annonçant à tous son retour. Entendant des voix dans le salon, il s'y dirigea donc, pour y découvrir sa mère et leur invitée. Surpris par son apparence, il se figea sur le seuil. Face à lui se tenait en effet une jeune fille, très mince, à la peau extrêmement pâle. Ce ne fut pas ses longs cheveux blancs aux reflets mauves qui le choquèrent le plus, non, ce fut ses yeux, deux prunelles améthystes. La couleur d'un songe, pensa-t-il tout d'abord.

Avant d'apercevoir le vide de ce regard. Ce n'était pas exactement du vide. C'était plutôt comme si elle s'était fermement retranchée à l'intérieur d'elle-même, ne laissant rien percevoir de sa personnalité ou de son caractère.

Un léger sourire aux lèvres il la salua. Elle lui répondit par un hochement de tête, se leva, lui serra la main, -d'une froideur inattendue- et quitta la pièce. Elle n'avait pas prononcé un mot.

Il lança un air surpris à sa mère, qui haussa les épaules. Puis une pensée s'imposa brusquement à lui. La rentrée n'allait pas être simple.

FIN DU CHAPITRE

Les premiers chapitres sont surtout là pour poser le cadre de l'histoire. L'action –et de nombreuses et douloureuses découvertes- viendront ensuite. Et l'on découvrira la vérité sur la passé de Yuka, et surtout, la raison de sa venue à Konoha…