The exorcist 2

Ses yeux s'ouvrirent d'un coup, dévoilant un monde plongé dans l'obscurité.

Se penchant vers le réveil digital, Yuka soupira. Il était 5 heures. Et elle savait déjà qu'elle n'arriverait pas à se rendormir. Une étrange sensation parcourut son corps. Familière. Elle avait faim.

Elle se leva donc, vêtue d'un survêtement noir, et, à pas de loups, descendit les escaliers. Un sixième sens lui fit éviter les obstacles, et s'est sans grand mal qu'elle atteignit la porte d'entrée. Elle s'immobilisa un moment, écoutant le silence, vérifiant que tout le monde dormait, et que personne ne l'avait remarqué. Quant elle en fut sure, elle déverrouilla avec lenteur la porte, son souffle se bloquant quand le verrou sauta, dans un bruit qui lui parut terrible. Elle attendit de nouveau, avant de refermer la porte derrière elle et de s'élancer dans la nuit.

Le jour se levait, sous un chœur mélodieux, celui des délicats chants d'oiseaux. Les senteurs de la terre endormie embaumaient l'air pur, et les effluves de terre boisée, et des fleurs aux corolles récemment ouvertes, dominaient pour l'heure. Après avoir comme de coutume observer le soleil se lever, teintant d'or et d'écarlate l'horizon, Sasori descendit prendre son petit déjeuner. Une fois expédiée cette triviale corvée, il remonta, se lava, enfila son uniforme, et attendit que sa cousine descende.

Les minutes passèrent, sans qu'elle ne vienne. Or, s'il y avait bien une chose que Sasori ne supportait pas, c'était bien le retard. Aussi monta-t-il d'un pas ferme, et, tout aussi fermement, ouvrit la porte de la chambre.
La pensant endormie, il fut donc extrêmement surpris de la voir assise sur le rebord de la fenêtre, perdue dans sa contemplation extérieure.

« On part dans cinq minutes ».

Sans même tourner la tête, elle acquiesça, et s'absorba de nouveau dans son observation. Agacé, Sasori avança, la prit par l'épaule et la secoua vivement. Cette gamine renfermée lui tapait sur le système.

Du moins, c'est ce qu'il eut l'intention de faire. Se tournant vivement, elle intercepta sa main et lui lança un regard sauvage. D'une voix glaciale, elle lui cracha au visage, feulant presque :

« Ne me touche pas. Jamais. Compris ? »

La menace perceptible dans le ton réfréna les ardeurs de Sasori, qui était en général bien trop flemmard pour se battre. Néanmoins, dans un souci de conserver sa dignité malmenée, il entama les négociations.

« Ok. Je ne te touche pas, et tu n'es pas en retard. Ça te va ? »

De nouveau, elle opina du chef, avant de le lâcher, et de sauter du rebord de la fenêtre. Il eut la désagréable surprise de voir qu'elle était presque aussi grande que lui. Elle attrapa un sac, qui se révéla être celui de ses cours, et descendit les escaliers. Elle s'arrêta à mi-chemin, fixant Sasori qui était resté là-haut.

« Je croyais que tu détestais être en retard ? »

Sur ce, elle continua son chemin.

Bougon, Sasori lui emboîta le pas, et tous deux sortirent de la maison. Alors qu'elle lui lançait un regard interrogateur, le jeune homme agita un trousseau de clé, et désigna la belle voiture garée sur le côté : une Audi.

« C'est la tienne ? » demanda poliment Yuka.

-« -Oui », répondit-il sèchement.

Le reste du trajet se déroula dans le silence le plus complet.

Quand Sasori se gara sur un parking, Yuka se décida à sortir de sa rêverie. Face à eux, un vaste et haut bâtiment, qui projetait au loin son ombre. La façade était d'un blanc éclatant, et de larges marches, qui semblaient être de marbre, menaient vers l'entrée de l'édifice. En haut des marches, deux épaisses colonnes soutenaient la structure, tandis qu'une vaste porte vitrée se tenait au milieu. Malgré elle, Yuka eu le souffle coupé par tant de splendeur.

« Ne rêve pas, » la prévint Sasori. « C'est uniquement pour l'administration. »

Haussant les épaules, elle regarda à droite de ce qu'elle appelait dans sa tête « le château », un chemin gravillonné se dirigeait vers un autre bâtiment, bâti en arc de cercle autour d'un arbre visiblement centenaire, si l'on regardait la taille de son tronc. Sinon, à perte de vue, s'étalait un parc bien entretenu, parsemé çà et là de tables et d'une cafétéria.

« Bienvenue sur le campus » commenta Sasori, sarcastique.

Un micro sourire vint adoucir le visage de Yuka, ce qui n'échappa pas à son cousin.

« Wahou, tu sais sourire ! » s'exclama-t-il, continua-t-il avec sa verve habituelle.

« Tu es plutôt gentil, malgré ton air distant et tes répliques sarcastiques. En fait, tu n'aimes juste pas te dévoiler, c'est ça ? » Et avec un sourire éclatant, Yuka ouvrit la portière et sortit.

Cloué sur place, Sasori l'imita un peu plus tard. En silence, méditant sur son étrange cousine, il la conduisit dans la partie lycée.

Et Yuka se retrouva être le point de mire d'une vingtaine de personnes. Qui braquaient sur elle des regards évaluateurs. Emplis de curiosité pour la plupart (notamment chez deux blonds, qu'elle soupçonnait être frères). Intérêt poli chez un garçon qui baillait, pareil pour un qui s'empiffrait de chips. Evaluateurs pour les filles, qui essayaient de voir si elles avaient affaire à une rivale. Charmeur pour un mec qui devait certainement être albinos. Distant pour un garçon aux cheveux noirs. Quant au dernier, il ne lui prêtait aucune attention, plongé dans un livre.

Ne se laissant nullement démonter, elle soutint chaque regard, imperturbable.

« Je vous présente Yuka » commenta Sasori. Puis il alla s'asseoir dans l'herbe au milieu des autres. Ce fut le signal de la curée.

D'un coup, elle se retrouva entourée par une dizaine de personnes surexcitées.

« Salut ! Moi c'est Naruto ! Tu viens d'où ? Pourquoi t'as les cheveux blancs ?

Tais-toi frangin ! Moi, c'est Deidara mais tu peux m'appeler Dei ! est-ce que tu…

Trop classe la couleur de tes yeux ! C'est naturel ? Au fait je suis Sakura ! »

Débordée, Yuka se sentit perdre pieds.

« Stop ! »

Au son de la voix de Sasori, tous se turent. Se tournèrent avec un air inquiet vers le rouquin. Qui les toisait d'un air sombre.

« Vous vous mettez en rang dans le calme et JE vous présente. .calme. »

Et comme par magie, tous obéirent.

« Donc, voilà les frères blonds, Dei et Naruto, aussi agités et stupides l'un que l'autre… *sans tenir compte des protestations, il poursuivit* Sakura, celle qui a les cheveux roses, à côté Ino. Celui qui mange des chips, Choji, et son meilleur ami, Shikamaru. A droite, Kiba, Hinata, Shino, les inséparables. Voilà pour les juniors. On se retrouve ici de temps en temps.

Pour les grands, Pein, le Boss Kakuzu le radin, Kisame, qui adore les poissons et compagnie, Hidan, Konan, et j'ai oublié les frères Uchiha. L'aîné est en train de lire, l'autre… et bien repousse ses fans. » Et il jeta un regard en coin à Sasuke qui tentait tant bien que mal de tenir Sakura et Ino à distance.

Au nom Uchiha,Pein remarqua qu' une étrange lueur passa dans les yeux améthystes, mais il fut incapable de la déchiffrer.

« Voilà une année qui s'annonce intéressante… » Murmura Yuka.

Avant de se raidir, un bras venant d'entourer ses épaules avec familiarité.

« Quelle belle voix ! Je meurs d'envie de la réentendre, allons donc nous promener ! » S'exclama Hidan avec un sourire charmeur.

Calmement, Yuka enleva le bras, avant de le fixer droit dans les yeux.

« Je ne suis pas intéressée par les gorilles. Refais ça et je te casse un bras. »

Sur ce, elle partit à grands pas vers l'entrée du lycée, les laissant tous figés sur place. Puis Naruto réchauffa l'atmosphère en s'élançant derrière elle, braillant à tue-tête « Attends-nous ! »

Sasori soupira, et regarda le reste des premières foncés après lui.

A gauche, Itachi referma avec calme son livre, qu'il n'avait pas quitté des yeux depuis leur arrivée. Il posa un air pensif sur la silhouette qui marchait d'un pas vif, sa chevelure blanche la rendant parfaitement reconnaissable.

Quelque chose d'indéfinissable provoquait en lui un léger malaise. Après réflexion, il reconnut ce que c'était : l'avertissement de son instinct d'un danger imminent.