CARPE DIEM

TOME I

PREMIÈRE ANNÉE


II

Danger rime avec courage

Courage ne veut pas dire se mettre en danger


Le moment du courriel était un moment joyeux... ou oppressant.

Après quelques jours pour se familiariser avec le fonctionnement de l'école, Draco vivait ce moment-là comme une lasse torture.

Tous les jours, des hiboux venaient voler au-dessus de leurs têtes, voltigeant à travers toute la salle à manger. Et comme tous les jours depuis trois semaines... Draco ne vit pas son hibou.

Blaise reçut une lettre de sa mère, Hermione aussi. Ils eurent toutefois le tact de rester calme, n'exprimant rien d'autre que de l'intéressement. Pour Draco, ces moments-là étaient à la fois déprimants et jouissifs. Comme une piqûre de rappel: Oui Draco, tu n'as pas besoin du réconfort de ta mère. Tu es grand maintenant. Tu peux te débrouiller seul.

-Regardez Potter ! Ricana-t-il assez fort pour que plusieurs Serpentard et Gryffondor se retournent vers lui. Obligé de demander le journal de Weasley ! On se demande bien pourquoi ses parents ne lui envoient rien.

-Ce n'est pas très gentil ! Répliqua Hermione en le bousculant volontairement.

-Oui, d'autant que tu n'as rien non plus ! Ajouta Blaise d'un air contrit.

Draco plissa les yeux de colère, les observant tour à tour d'un œil mauvais.

-Vous avez un problème, tous les deux ? Peut-être voulez-vous rejoindre Potter et sa bande ?

Blaise secoua énergiquement la tête avant de replonger dans son manuel. Hermione n'en fit pas autant, ne déviant pas son regard du sien.

Pourquoi ne baissait-elle pas les yeux !?

-Tu me reprends un peu trop souvent, quand il s'agit de Potter, l'accusa-t-il en relevant hautainement le menton. J'aime pas ça.

-Eh bien tant pis. Ce garçon ne t'a rien fait, que je sache. Laisse-le un peu. Tu ne voudrais pas que l'on te le fasse, à toi.

-Qu'on essaye ! Railla Draco d'un air dégoutté. Jamais on se moque d'un Malfoy.

-Les Potter sont très célèbres aussi, tu sais. Vous n'êtes pas si différent.

-C'est un sang-mêlé, bien sûr qu'on est différent, Hermione ! Et ne t'avise jamais de redire qu'on est pareil, lui et moi. C'est faux !

-Et pourtant, tu lui as clairement demandé de te rejoindre, il me semble ! Et comme il a refusé, tu es en colère et te prends pour son ennemi, maintenant.

-Et Weasley qui se moque de ton nom... ça en rajoute une couche, pouffa Blaise en s'étranglant quand Draco posa les yeux sur lui. Désolé...

-Ces deux-là ne perdent rien pour attendre ! Ragea Draco en frappant la table du poing.

-Mais Weasley est un sang-pur, non ? Demanda Hermione. Pourquoi n'est-il pas ici, avec nous ?

-C'est un traître à son sang, selon mon père, dit Draco en haussant les épaules. C'est amplement suffisant pour qu'il soit exclu. Et puis... Weasley est bien trop peureux pour être des nôtres !

...

Le premier cours de vol.

En un mot; effrayant ! Un peu comme quand les parents annoncent à leur enfant chérie qu'il va entrer dans un pensionnat. On pense immédiatement à l'ordre militaire et à la discipline exemplaire.

Eh bien, dans ce cours de plein air, ce n'était pas si différent.

Hermione et d'autres enfants se positionnaient tous en deux lignes droites, face à face, des balais en bois posé à leurs pieds. Comme un rang militaire.

Le professeur qui animait ce cours était une femme de taille moyenne à la coupe garçonne et aux cheveux blancs. Elle possédait de drôle de yeux couleurs or et était habillée d'une longue cape noire. Dans l'ensemble, une personne normale, qui pourrait animer n'importe quel cours moldu.

Enfin... jusqu'à ce qu'elle ouvre la bouche.

-Bienvenue à votre premier cours de vol. Allez, dépêchez-vous ! Positionnez-vous à gauche de votre balai, tendait la main droite au-dessus et dîtes: debout. *

Hermione ouvrit la bouche, les sourcils froncés, mais n'eut pas le temps de sortir un son que déjà, les cris des autres élèves – Serpentard et Gryffondor confondu – fondirent tout autour d'elle, faisant lever quelques rares balais.

La jeune sorcière émit un couinement indigné quand son voisin, Harry Potter, fit obéir son balai du premier coup, à la seconde même où il prononça le mot attendu. Cela l'exaspéra malgré elle, refusant d'échouer dans n'importe quelle matière.

Harry lui jeta un coup d'œil et étira un sourire contrit, faisant diminuer la tension de la jeune Hermione. Ce garçon avait au moins la modestie d'être gêné.

Draco, lui, réussi tout autant que l'autre sorcier, mais ne se priva pas le moins du monde pour sourire d'un air machiavélique en observant les autres essayer lamentablement.

Le jour et la nuit. Harry et Draco étaient vraiment faits pour se détester.

-Debout ! Debout ! Debout !

Le balai d'Hermione se tortillait au sol sans obéir, l'énervant au plus au point. Elle répéta encore et encore son ordre, criant de plus en plus fort sans que le balai de vienne dans sa main. Plus loin, des rires éclatèrent alors que Weasley se prenait son manche à balai en pleine figure. Les Serpentard ne se privèrent pas de se moquer ouvertement de lui.

-C'est pas drôle, bordel ! S'énerva faussement le rouquin sous les rires d'Harry.

Hermione du se résoudre, comme d'autres, à prendre le balai traditionnellement. Son orgueil en avait prit un sale coup et elle bouda tout le long du cours. Draco ne faiblissait pas de son grand sourire vainqueur, ce qui l'agaçait légèrement.

Le professeur expliqua ensuite les directives pour commencer la leçon. La jeune sorcière serra le manche fort contre elle, priant pour que cela se passe bien. D'un côté, elle avait très peur. Mais de l'autre, elle voulait faire ses preuves et montrer qu'une... fille de sa condition puisse être à la hauteur des verts et argents.

Ce n'était pas le cas de tout le monde. Un élève un peu gauche de Gryffondor s'éleva dans les airs sans l'autorisation du professeur, volant déjà en direction du château, criant vite à l'aide.

Tous les enfants crièrent de peur ou d'encouragement.

Les Serpentards rirent de la situation pendant qu'Harry hurlait quelque chose au garçon. C'était la cohue partout, et quelques élèves passant devant leur groupe s'arrêtèrent à hauteur raisonnable, visiblement inquiet eux aussi.

Hermione vit Blaise dans le groupe et lui fit un signe de tête, montrant sa nervosité.

Finalement, après de longues secondes angoissantes, le garçon s'écrasa au sol dans un bruit atroce, indiquant clairement un os briser.

Tout le monde se précipita sur lui et le professeur l'emmena à l'infirmerie.

-Tout le monde reste au sol jusqu'à mon retour, dit-elle avant de partir.

Elle s'était exprimée calmement, mais il était clair qu'il valait mieux lui obéir.

Hélas, Hermione sentit les ennuis avant même qu'ils ne commencent, et chercha immédiatement Blaise des yeux pour lui demander mains fortes.

Draco venait de ramasser une étrange boule dans l'herbe, alertant immédiatement le jeune Harry. La sorcière se positionna au côté de Draco, attendant la suite avec appréhension. Blaise les rejoignit précipitamment, bombant le torse devant Weasley et Potter.

Le trio vert et argent commençait à prendre tout son sens, chez les Serpentard.

-Ce rappelle-tout ne fait décidément pas son travail ! Railla Draco en balançant la boule dans sa main, jouant avec sous les yeux retors d'Harry. Si Londubat savait s'en servir, il aurait su qu'il valait mieux oublier la voltige.

-Rends-moi ça, Malfoy ! Ce n'est pas à toi ! S'interposa Harry en tendant la main.

Draco arqua un sourcil, commençant à tenir son balai d'une manière plutôt évidente pour Hermione.

-Non ! Répliqua-t-il sombrement. Je vais le laisser plutôt à un endroit où Londubat le retrouvera pas. Sur le toit, par exemple !

Alors que Draco s'apprêtait à s'élancer dans les airs et qu'Harry s'avance rapidement, Hermione saisit le rappelle-tout dans ses mains, l'écartant de Draco. Ce dernier plissa les yeux, menaçant et visiblement surprit de son geste. Il était en colère contre elle, désormais.

-Qu'est-ce qui te prend, Hermione ?

Elle recula sous son assaut.

-Tu allais nous faire perdre beaucoup de points, voilà ce qui me prend ! Cracha-t-elle en tentant de calquer le regard noir de son ami. Harry ne vaut vraiment pas le coup, alors laisse tomber. Prouve que les Serpentard valent mieux qu'eux.

Elle pensait vraiment tenir tête à Draco et le faire changer d'avis, mais... elle aurait dû comprendre que c'était perdu d'avance, face à son ennemi.

Draco lui arracha le rappelle-tout et s'élança dans les airs, à la suite d'Harry.

Hermione aurait vraiment aimé savoir voler sur un balai, à ce moment-là. Elle les aurait suivis et empêchés Draco de se faire remarquer par le professeur.

-Blaise, suis-les ! S'écria-t-elle en lui balançant un balai. Draco doit arrêter ça tout de suite avant qu'on n'ait des ennuis !

-Laisse-le faire, répliqua Blaise calmement. Que Potter comprenne à qui il a affaire.

-Ce n'est pas lui qui fera peur à Harry, s'agaça Ronnald Weasley en les fusillant tous les deux du regard.

-Laisse tomber, Weasley, se moqua Blaise en croissant les bras sur son torse. Ton copain n'a aucune chance face à Draco.

-Ah, vraiment ? Sourit le rouquin.

Levant les yeux, Hermione vit Draco revenir vers eux, le sourire aux lèvres, tendit qu'Harry se précipitait sur le rappelle-tout que le blond venait de lancer. Harry l'attrapa, sous les regards furieux des Serpentard.

Weasley éclata de rire devant les yeux de Blaise et d'Hermione. Cette dernière commença à ce moment-là à détester le rouquin. Ce garçon était pitoyable, comme disait Draco.

-Ferme là, Weasley ! Cracha-t-elle en le bousculant volontairement.

Blaise et elle rejoignirent Draco rapidement, sous les hourras des Gryffondor. Le trio commença toutefois à étirer de drôle de sourire quand un professeur vint à leur rencontre, les yeux noirs et la bouche sévère.

-Potter va avoir des problèmes, chanta Draco fièrement.

-Match nul, Weasley ! Rigola Hermione.

-J'ai gagné, ajouta Draco avant de tourner les talons, suivit de ses deux complices.

Hermione jeta un dernier regard à Harry, qui se faisait maintenant conduire loin du groupe par le professeur. Le garçon la regarda aussi, quelques secondes. La jeune sorcière trouvait étrange qu'il l'observe à tout bout de champ. Son regard était toutefois très différent des autres fois. Là, il était furieux.

Ce qui la rassurait, au final, c'était que les Gryffondors en pâtiraient aussi, à cause d'Harry.

Du moins, c'était ce qu'elle avait cru.

...

-C'est vraiment injuste ! pleurnicha Draco. Il n'y en a que pour Potter ! Je hais cette école ! Je hais Mcgonagall ! Je hais tous les Gryffondor !

Le garçon était allongé sur le canapé de leur salle commune, la tête enfoncée dans un coussin vert émeraude. Il n'arrêtait pas de se plaindre et de se lamenter sur son sort. Ces deux amis l'écoutaient depuis de longues minutes, n'osant rien dire, de peur de l'énerver. Pourtant, Hermione était plus qu'agacée par son attitude de garçon pourri gâté. Cela devenait laçant à la longue.

-C'est un peu de ta faute, aussi, commença Hermione sous le regard de Blaise, l'intimant de se taire. Si tu m'avais écouté, Potter n'aurait pas été accepté dans l'équipe de Quidditch. Quoique...

-Quoi, quoique ?! Cracha Draco en se redressant. Crache le morceau, Hermione !

-Eh bien, dans le couloir des coupes de Quidditch, j'ai vu quelque chose d'intéressant.

Les deux garçons se penchèrent vers elle, attentifs.

-James Potter, le père d'Harry... c'était un attrapeur. Et un bon, qui plus est. Il n'est donc pas surprenant que son fils rejoigne l'équipe dès la première année de Poudlard.

-Mais... on est entré i peine trois semaines ! S'étrangla Draco, rouge de colère. C'est pas juste !

La sorcière leva les yeux au ciel.

-Tu n'avais qu'à m'écouter, je te dis ! Tu ne peux t'en prendre qu'à toi !

-Toujours écouter Hermione, soupira théâtralement Blaise en secouant la tête. Regarde, elle est déjà la meilleure de la classe. Elle est même devant les Gryffondor ! Tu vas vite devenir la princesse des Serpentard, prends garde. Ne nous oublie pas quand tu deviendras populaire, hein !

-Aucune chance ! Promit Hermione sérieusement.

-Alors que tu ne parles jamais en cours ! Ponctua Draco en se grattant la tête. C'est ça que je ne comprends pas.

-Il n'y a rien à comprendre, Draco. Notre copine est juste la meilleure sang-pur de tous les temps ! Elle n'est ni blonde ni idiote. Chose rare chez nous, tu ne trouves pas !?

-Si tu fais référence à cette idiote de Parkinson...

-Par Merlin, je déteste cette fille ! Siffla la jeune sorcière.

-Tu n'avais pas fait amie-amie avec elle, pourtant ? Demanda Blaise.

-On était juste côte à côte quand nous sommes entrés la première fois dans la grande salle. J'ai effectivement parlé avec elle pour lui expliquer pourquoi le plafond ressemblait à un ciel étoilé. Mais ça s'arrête là ! Cette vipère se prend pour la reine ! Vous devriez voir comment elle est dans les dortoirs. Une vraie meneuse acariâtre ! Pis...

La jeune Hermione dévia légèrement son regard sur Draco, qui fronça les sourcils.

-...elle te colle sans arrêt, finit-elle d'un air renfrogné.

Blaise éclata de rire sous les rougissements de Draco. Ce dernier le frappa derrière la tête à l'aide d'un livre et le fusilla du regard, lui signalant de la fermer.

-Oh aller, c'est drôle, non ? Se justifia le garçon en se frottant la tête. C'est vrai que c'est un pot de colle, cette brunette. T'as vraiment pas de chance.

Hermione adorait l'exubérance de Blaise, et son côté gay, bien qu'il ne le soit pas. C'était toujours mieux que le caractère boudeur de Draco. Celui-ci était vraiment difficile à vivre, par moments.

-T'en fais pas Hermione ! Draco n'est pas assez stupide pour se lier d'amitié avec cette fille. Tu es bien meilleure qu'elle, on voudrait jamais te remplacer !

-Merci, Blaise, sourit Hermione. Mais n'oublie pas que notre Draco est super en potion !

L'intéressé sourit face au compliment, se redressant dans son fauteuil.

-Vous venez de commencer les cours... attendez qu'il se passe un truc, avant de savoir qui est le meilleur, entre vous deux, d'accords !

...

Un mois après la répartition des élèves dans les maisons, Hermione et Draco, s'étant de plus en plus rapprochés, déambulèrent dans les couloirs menant à leur dortoir, empruntant non sans rigolade les escaliers mouvants. La complicité des deux enfants devenait de plus en plus forte, jusqu'à même faire jalouser le pauvre Blaise. Ce dernier avait néanmoins rassuré la jeune fille, affirmant y voir comme une bonne chose, que Draco s'ouvre enfin aux autres.

La jeune sorcière s'attarda un peu devant un tableau où figurait une famille de nobles, appéter de leurs plus belles toilettes. Ils la saluaient d'un signe de la main, des sourires avenants plaqués sur leurs visages. Draco émit alors un râlement, ce qui l'alerta immédiatement.

-Je te préviens, Hermione, s'ils parlent, je ne répondrais plus de rien.

Plus bas, Potter et Weasley montèrent les mêmes marches qu'eux, les nez baissés sur leurs pieds. Ils arrivèrent à leur hauteur en sursautant.

Weasley fit la grimace pendant que Potter leur adressait un regard noir. Le silence dura longtemps, tandis que les quatre enfants restèrent de marbre, face à face, les yeux dans les yeux.

La sorcière fut la première à briser la glace.

-Bonjour Harry, bonjour Ron. Félicitation pour ton poste d'attrapeur, Harry. C'est vraiment super.

Draco contracta la mâchoire, Weasley serra les dents. Seuls Hermione et Harry semblait enclin à la conversation. Mais elle restait maladroite, froide et tendue.

Serpentard face à Gryffondor. La tension montait d'un cran.

-Je devrais remercier Malfoy. C'est grâce à lui tout ça, répondit Harry d'une voix tendue.

Le Serpentard plissa les yeux. Visiblement, il ne souhaitait pas s'attarder.

-Ne t'inquiète pas, Potter. Ça me fais plaisir. Attends-toi juste à me retrouver comme adversaire, un jour ou l'autre.

-Ça serait équitable, dit Harry en hochant la tête. Tu es aussi doué.

Weasley poussa Harry, désapprouvant totalement son avis.

-On devrait y aller, grogna-t-il d'un ton lugubre. On a autre chose à faire.

-Exactement. Nous aussi, souffla Hermione en prenant Draco par le bras. Salut.

Les Serpentard descendirent les marches, tandis que les Gryffondor les montèrent. Sauf qu'au même moment, les escaliers pivotèrent brusquement, les faisant presque tomber les uns sur les autres.

-Par la barbe de Merlin ! Cria Ron, les yeux affolés, les mains crispées sur la rambarde en pierre.

-Espère de crétin ! Vociféra Draco à l'adresse du rouquin. Tu viens de marcher sur mon pied. Dégage de là !

-Mais qu'est-ce qui se passe ?!

-Les escaliers n'écoutent personne ! S'écria Hermione en se tenant fermement à la rambarde. Ils se révoltent sans cesse !

-Tu parles comme s'ils étaient vivants, idiote ! Railla Weasley en lui lançant un regard sardonique.

-Potter, tout est ta faute ! Ragea Draco en le frappant à l'épaule.

-N'importe quoi, c'est toi ! Répliqua Weasley. Vous n'aviez pas à être là, et pis c'est tout !

-Qu'elle répartit ! Se moqua le blond en éclatant de rire.

-Va te faire cuire une bouse de dragon ! Ragea Weasley.

-Ça suffit, les garçons ! C'est pas grave, de toute façon.

-Oui, Granger à raison, marmonna Harry en montant les marches jusqu'au palier. On n'a qu'à continuer par ici.

Les quatre enfants s'engouffrèrent dans le couloir, non sans exprimer quelques grimaces.

Poussant une grande porte, ils pénétrèrent dans une grande salle insalubre et désuète, aux flambeaux de pierre et aux murs recouverts de filaments blancs.

Weasley émit de petits gémissements à la vue des araignées, s'accrochant sans le savoir à la manche d'Hermione. Celle-ci le repoussa violemment et se mit au côté de Draco, la mine inquiète.

-Vous ne pensez pas... qu'on devrait pas être là, chuchota Potter avec une once de peur dans la voix.

-C'est le troisième étage, paniqua Hermione. Personne n'a le droit d'être ici ! C'est très dangereux.

-Mais justement, qu'est-ce qui est dangereux ? Demanda Draco en observant les lieux, vides de tous objets. Il n'y a rien ici...

-C'est sûrement derrière cette porte, chuchota le brun en la désignant de la main. On devrait peut-être partirent, vous croyez pas ?

-Psss, les Gryffondor sont si prévisibles, se moqua Draco en avançant d'un pas. Toujours enclin à respecter le règlement... N'est-ce pas, Potter !

-Fermez là, tous les deux ! S'écria le rouquin en se retournant vivement. J'ai entendu quelque chose.

Une ombre surgit devant eux, faisant apparaître un gros chat gris aux yeux rouges rubis.

-Par Merlin, quelle horreur ! Grimaça Draco en faisant un bond en arrière.

-C'est... mais... balbutia Hermione, les yeux écarquillés d'horreur.

-Rusard ! S'étrangla Harry. Vite, courez !

-Derrière la porte, vite ! Cria Hermione.

Les enfants parcoururent de nombreux mètres avant d'enfin atteindre la grande porte en bois et fer forgé. Hélas, elle était fermée et les garçons s'affolaient tous devant, criant ou pleurnichant.

La jeune sorcière poussa les trois sorciers violemment avant de sortir sa baguette de sa botte. Les autres la regardèrent avec des yeux ronds.

-Alohomora, récita-t-elle en baissant sa baguette d'un mouvement vif.

Suite au sort, elle tira nerveusement sur la porte avant que les garçons ne la suivent à l'intérieur, la refermant derrière eux précipitamment. Le souffle coupé, les quatre sorciers s'effondrèrent sur le bois de la porte.

-Ouf, c'était moins une ! Soupira Weasley en s'affalant par terre.

-On n'est pas sortie d'affaire, je vous signale ! Grogna Draco. Si on nous surprend, on est mort !

-Oh, Malfoy a peur de Rusard, maintenant !? Ricana le rouquin. J'ignorais que les sorciers de votre genre craignaient les cracmols. C'est bon à savoir.

-Ferme là, de temps en temps, tu rendrais service, la belette !

-Tu viens de dire quoi, là ?!

-Chut, taisez-vous ! Murmura Harry et Hermione en même temps, l'oreille collée à la porte.

Les deux garçons se mesurèrent encore du regard, les poings serrés. Une certaine animositée s'était installé entre eux, ce qui inquiéta la jeune sorcière.

Ils n'étaient pas au bon endroit pour te taper dessus.

-Rusard est parti, annonça Harry en se décollant de la porte.

-Une chance que cette porte se trouvait là, dit Weasley.

-Une chance que j'étais là, oui ! S'indigna Hermione. L'un de vous avez pensé à utiliser sa baguette ?

-La porte était verrouillée ! Se défendit le rouquin. Comment je pouvais deviner qu'un sort existait pour ce genre de problème !

-Heu... Hermione ?

-Pas maintenant, Draco ! Pour un Gryffondor, tu n'as vraiment aucune jugeote, Weasley ! Tu écoutes les cours de magie, de temps en temps ? Alohomora a été vu la semaine dernière, pourtant !

-Non sérieux, Hermione...

-Au moins, nous, on récoltes pas injustement des points, en cours de potion, l'accusa Weasley en la pointant du doigt. Rogue nous a dans le collimateur alors qu'on ne fait rien ! Vous, par contre, vous êtes parfait à ses yeux !

-C'est n'importe quoi ! S'indigna-t-elle en serrant les dents.

-Mcgonagall est juste, elle, au moins. Mais bon, venant des Serpentard, c'est pas si étonnant, hein ! Vous êtes tous les mêmes !

-Hermione...

-Quoi, Draco ! S'énerva-t-elle en se tournant vers son ami.

Harry et Draco regardèrent un point fixe, pétrifiés sur place. Weasley plissa le front sans comprendre, alors qu'Hermione s'avança légèrement pour mieux voir ce qu'ils observaient de manière étrange.

Devant eux, dans un coin de la pièce sombre, quelque chose bougea, grandissant au fur et à mesure qu'elle approchait des enfants. Alors ils retinrent tous leurs souffles, les yeux grands ouverts.

-Par Merlin, c'est quoi, cette chose ! Hurla Ron.

Les sorciers hurlèrent de peur face à la créature se trouvant devant eux.

Un chien à trois têtes haut de plus de trois mètres se dressait devant eux, les dents sortit, un grondement sourd les faisant sursauter.

Hermione pensait que la leçon de vol était la chose la plus terrifiante qu'elle n'ait jamais faite. Elle avait tort. Poudlard se révélait être bien plus dangereux qu'il n'y paraissait.


Bonjour, bonjour !

Bon, je reste encore fidèle au film, mais le troisième chapitre va s'en écarté... pas toujours mais oui, je prendrai mes libertés.

J'espère que vous avez aimé malgré tout, et que le fait de ne pas porter Weasley dans mon cœur ne vous gênerez pas.

Dans cette histoire, ça sera lui, le fauteur de troubles... mais ça, vous avez dû vous en rendre compte ^^

A la semaine prochaine !