CARPE DIEM
TOME I
PREMIÈRE ANNÉE
IV
Proche de ses amis
Proches de ses ennemis
Noël approchait à grands pas. Chacun pouvait enfin rejoindre sa famille, retrouver le foyer de leur enfance et vivre loin de la magie. Loin de la magie... c'était le cas de bon nombre d'élèves, finalement. En dehors des Serpentard, en tout cas. Du moins, pour quatre-vingt-dix-neuf pour cent des vert et argent.
Pour la jeune Hermione... tout était différent.
-Je déteste ce jeu, grommela Hermione en serrant les dents. C'est bruyant et affreusement barbare ! Comment peuvent-ils seulement y prendre plaisir ?
Elle parlait de deux élèves de Gryffondor.
-Si je ne te connaissais pas, Hermione, je croirais que tu n'as jamais vu des sorciers en plein jeu d'échecs. C'est pourtant très courant, non ?
-Je te l'ai déjà expliqué. Ma famille... ma famille est très originale.
-Ou trop protectrice, dit Blaise en la regardant dans les yeux, la mettant mal à l'aise. De toute manière, tu nous parles jamais d'eux. C'est vrai, après tout, comment est ta maison ? Est-ce un grand manoir hanté par des fantômes de ta famille ? Non, apparemment non, puisque tu sembles bien ignorante, en matière de magie.
-Pas du tout ! S'écria-t-elle en fronçant les sourcils. Qui est la meilleure de sa maison, Blaise ? Moi ! C'est moi qui suis la meilleure ! Comment peux-tu me voir comme ignorante ?!
-Je ne parlais pas de la magie théorique, insista-t-il en étirant ses lèvres.
Hermione préféra se taire. Blaise était de loin le plus observateur des garçons qu'elle connaissait, et parfois, alors que Draco les ignorait royalement comme à son habitude, il posait de drôle de question. Parfois même, il semblait savoir quelque chose. Ses petits sourires, son regard insistant, la façon qu'il avait de changer de sujet quand Draco se mêlait à la conversation... Tout cela l'intriguait et l'effrayait.
Si l'un des deux garçons... ou pire, si un élève de Serpentard venait à découvrir ce qu'elle était réellement... une née moldu. Mais désormais, la jeune Hermione avait moins peur de sa décision.
Car désormais, quelqu'un partageait son secret.
...
Le bureau du directeur de Poudlard se trouvait en haut d'une tour. L'accès à ce lieu se faisait par un étrange escalier à l'effigie d'un superbe aigle d'or, qui, après avoir soufflé une drôle de formule magique aux effluves sucrés, pivotait sur lui-même.
Amener en haut de la tour, Hermione passa un long couloir avant de s'arrêter, le cœur battant, devant une large porte. Celle-ci était entrouverte, et la jeune sorcière se décida à entrer, retenant son souffle.
Le bureau était bien plus grand que la tour ne pouvait accepter. De grands tableaux entouraient la salle ronde, les visages animés la suivant alors du regard. Elle avança prudemment, cherchant Dumbledore. Mais la personne présente près d'un drôle d'oiseau n'était pas le vieil homme. Il s'agissait d'Harry Potter, et tout comme elle, il sembla surpris de la voir apparaître.
-Pourquoi sommes-nous appelés en même temps ? Demanda-t-elle en s'arrêtant à distance raisonnable du garçon.
-J'attends depuis quelques minutes. J'ignore moi-même de quoi il est question.
Il haussa les épaules et retourna à la contemplation de l'oiseau. Hermione en profita pour détailler plus en détail la salle du directeur. Et alors que plusieurs personnages la regardaient avec de drôle d'air dans leurs cadres d'or, un objet en particulier retint son attention.
-Bonjour, souffla-t-elle en s'avançant prudemment vers le choixpeau. J'ignorais que Dumbledore vous gardait ici.
-Miss Granger, s'anima le choixpeau. C'est un plaisir de vous revoir. Ces quatre premiers mois dans l'antre des Serpentard vous réussit-elle ? Réussissez-vous ce que vous vouliez accomplir à la rentrée ?
-Vous connaissez certainement la réponse, souffla-t-elle doucement, veillant à ce que Potter les entende pas.
-Mais j'aimerais que vous, vous me répondiez, Miss Granger. Après tout, c'était votre choix. Le regrettez-vous ?
La jeune sorcière secoua la tête, déterminée.
-Pas le moins du monde, je vous assure. Malgré les apparences, les Serpentard sont loin d'être aussi froids que les autres le laisse croire. Ils se donnent une image pour prouver leurs valeurs. Mais derrière ces masques sombres, je vois la lumière.
-Vous ne parlez pas de tous les Serpentard, je me trompe ? Un seul correspond à cette description. Comment va monsieur Malfoy ?
Hermione sourit. Le choixpeau, bien que restant un chapeau magique, semblait connaître tous les recoins de son esprit. Elle ne pouvait rien lui cacher.
-Draco est égal à lui-même; arrogant et froid. Mais comme je l'ai dit, il se cache derrière cette apparence. C'est un ami fidèle pour moi. Il se donne des airs mais je sais qu'il m'aime bien. Il est gentil et protecteur. On rigole bien ensemble. Et il aime beaucoup lire, comme moi.
-Et ce charmant Zabini ?
Le choixpeau savait décidément tout.
-Excentrique et jovial. Je me demande bien pourquoi vous l'avez placé à Serpentard. Il est souriant, lumineux, gai. Jamais triste. Il aurait été merveilleux à Gryffondor.
-Tout comme vous, miss Granger, lui rappela le choixpeau. Mais vous aviez plus de qualité pour Serpentard, je ne peux le nier. Votre ambition changera beaucoup de choses, je le sais. Le Trio d'argent que vous formez avec Draco et Blaise ne peut être que bénéfique pour chacun de vous. Les garçons vous rendent plus forte, et de votre côté, votre amour les transforme. Le destin que chacun doit tracer est écrit d'avance, et rien ou presque ne peut le changer. Ce qui arrive doit arriver. À moins d'avoir une très forte volonté ! Vous avez changé le destin, miss Granger. Je le vois et je le sais. Reste à savoir si vos futurs choix et vos futures actions seront bénéfiques pour le monde des sorciers.
-Suis-je véritablement une Serpentard ? Demanda alors Hermione, réfléchissant à ses dires. En dehors de... mon sang. Puis-je réellement prétendre à cette maison ?
-Si vous ne l'étiez pas, croyez-moi, vous seriez à Gryffondor. C'est drôle comme le destin fait bien les choses...
-Que voulez-vous dire ?
-Notre jeune ami ici présent se posait la même question, le jour de la rentrée. Comme vous, il m'a demandé une autre maison.
-Potter ? Et... quelle maison aviez-vous choisie au départ ?
-Harry Potter aurait été brillant aux côtés des Serpentard. Son talent naturel et sa force l'auront mené loin. Son arrogance prononcée aussi, par la même occasion. Mais comme vous, monsieur Potter aspire à un grand avenir. Me demander alors où est sa vraie place... je n'hésiterais pas, comme je l'ai fait la première fois. Potter est Gryffondor dans l'âme, comme vous l'êtes à Serpentard. Mais comme toujours, les destins se croisent...
-Vous est-il arrivé à regretter un choix ? De vous tromper ?
-Jamais, miss Granger. Je lis en vous aisément. Je sais ce qui est enfoui au fond de votre esprit. Et contrairement à votre cœur, l'esprit ne ment pas. La maison ne fait pas de vous ce que vous êtes. Ce sont vos choix qui définissent votre destin.
Après cette entrevu, Hermione s'était demandé si l'idée de départ marcherait.
Draco souriait de temps en temps. C'était peut-être futile, mais Hermione pensait sincèrement que ce geste d'affection lui était difficile. Alors oui, son idée de départ marcherait. Elle en était convaincue.
Si personne ne se prenait d'affection pour Draco Malfoy, elle serait la première.
...
-Les enfants, vous pouvez vous asseoir.
Le professeur Dumbledore venait d'apparaître à son bureau comme s'il était présent depuis longtemps. Hermione s'écarta rapidement du choixpeau et vint s'asseoir, vite imiter par Potter. Ce dernier fronçait les sourcils, perdu.
-Avons-nous fait quelque chose de mal ? Demanda-t-il en remettant ses lunettes sur son nez.
-Pas le moins du monde, les enfants. C'est plutôt un service, que je vous demande.
Les jeunes sorciers se regardèrent sans comprendre. Dumbledore sourit.
-Tous les deux, j'espère que vous avez conscience que depuis le début de l'année, vous enchaîner aventure sur aventure, et ceux, en perturbant l'ordre établi dans le choix des maisons.
Hermione se recroquevilla légèrement dans son siège. Potter ne fit que cligner des yeux.
-Miss Granger, votre choix d'intégrer la maison Serpentard en tant que née moldu est courageux. Je ne peux que vous féliciter. Bien que finalement, je m'interroge beaucoup sur vos motivations. De même, Harry, le choixpeau m'a rapporté ta peur d'entré à Serpentard. Serait-ce la remarque forte intelligente de monsieur Weasley qui t'en aurait dissuadé ?
Le professeur Dumbledore semblait fort bien s'amuser de la situation, riant légèrement face aux regards des deux jeunes sorciers.
Quand le professeur avait étalé à haute voix ce qu'elle était réellement, Potter avait tourné subitement la tête vers elle, étonné. Son regard, toujours légèrement suspicieux envers elle, se transforma. Il ne la regardait plus de la même manière et ça la dérangea.
Que pouvait-il penser, celui-là !
-Professeur, protesta-t-elle, je jure n'avoir aucune idée derrière la tête en me rangeant auprès des Serpentard ! J'ai rencontrée Draco peu avant la rentrée et... je ne voulais pas me retrouver seule. Il m'a paru un peu solitaire alors... j'ai voulu me rapprocher de lui. De toute manière, le choixpeau a toujours le dernier mot, finit-elle en marmonnant dans sa barbe.
Dumbledore posa son menton sur ses mains, une lueur dans le regard. Il semblait ravi.
Par Merlin, le directeur était toujours en train de sourire d'un air malicieux !
-C'est tout à votre honneur, miss Granger. Mais je m'inquiète beaucoup de votre situation. Certains enfants pourraient se montrer dur s'ils apprenaient votre... origine.
-Blaise et Draco sont des amis formidables et loyaux. Je suis la meilleure de ma maison et je fais gagner beaucoup de points.
Comme si cela suffirait à calmer les esprits !
-La jalousie, miss Granger. Elle peut être dangereuse, ajouta le directeur.
-La magie me servira alors à me défendre, assura-t-elle, relevant le menton.
Le professeur Dumbledore ne dit rien, virant alors son regard sur Potter. Celui-ci regardait toujours Hermione d'une drôle de façon.
Quoi encore ?!
-On m'a rapporté votre petit exploit avec le troll, il y a deux mois.
Potter se tourna vers le professeur, haussant les épaules. Fausse modestie, Hermione le voyait. En réalité, Potter rayonnait de fierté.
-Pardonnez-moi, professeur, mais...
Hermione hésita une seconde.
-Pourquoi Harry et moi sommes là, exactement ?
-C'est à cause du troll ? Demanda Potter. Parce que je tiens à dire que nous y sommes pour rien si...
Dumbledore leva une main en souriant, le faisant taire.
-Les enfants, le choixpeau m'a expliqué vos situations, à tous les deux. L'un comme l'autre, vous avez réussi à modifier votre parcours. C'est rare, vous devez en être conscient. Aussi, je m'interroge sur la suite des événements. Harry, tu aurais dû aller à Serpentard, et vous miss Granger, vous auriez dû aller à Gryffondor; vous voyez où je veux en venir ?
Les deux jeunes sorciers secouèrent négativement de la tête, totalement perdu.
-Vous n'êtes pas ignorant de la rivalité entre vos deux maisons, n'est-ce pas ? Aussi, puisque l'un comme l'autre osciller entre ces deux maisons, j'aimerais commencer une nouvelle expérience au sein de Poudlard.
Hermione commençait à comprendre le petit sourire malicieux du directeur de l'école. De qu'elle maison venait-il, déjà ?
...
Le train sifflait le départ. Hermione courut aussi vite qu'elle put afin d'être sûr d'obtenir la cabine tout au fond. Blaise la précédait de peu et riait aux éclats, la poussant légèrement pour gagner la course. Tous les autres enfants durent s'écarter rapidement de leurs chemins, bien que leurs uniformes suffisent pour qu'on s'écarte d'eux.
Arrivée à destination, Hermione donna un coup de hanche à Blaise et se précipita dans la cabine, se jetant littéralement sur la banquette de gauche. Elle rigola pendant que Blaise se massait les côtes d'un air faussement douloureux. Peu de temps après cette course effrénée, leur Trio d'argent fut au complet, voyant Draco arrivé plus sobrement dans la cabine, la mine impassible. Son air guindé fit exploser de rire ses deux amis. Il tiqua mais ne dit rien.
-Oh Draco, je t'en prie ! pouffa Hermione en se tenant les côtes. Détends-toi un peu.
-On dirait Malfoy père ! Rajouta Blaise en tapant du poing.
-Oh mon Dieu, je n'en peux plus !
Pendant que les deux enfants riaient au dépens de leur ami, ce dernier referma doucement la porte de la cabine, s'asseyant sur la banquette de Blaise, le dos bien droit. Les rires moqueurs n'étaient pas méchants, juste taquin.
Pour Hermione, il lui faisait penser à un prince. Un prince qui était blasé et qui avait peur d'être contaminé en s'asseyant ici. Elle ne put donc pas se retenir et continua à rire avec Blaise durant un long moment. Tellement longtemps qu'ils en pleurèrent.
Alors Draco posa l'ultimatum, le ton tranquille, observant ses ongles distraitement.
-Mère veut que vous veniez à la maison, pour les vacances de Noël.
Hermione s'étrangla, virant au rouge rapidement avant que Blaise se précipite sur elle pour l'aider. Elle toussa avant de relever les yeux vers Draco, toujours impassible. Elle frissonna.
-Pour passé Noël ensemble ? Hasarda Blaise en restant assis à côté de la jeune sorcière.
-J'ai parlé de vous dans une lettre. Ma mère veut maintenant rencontrer Hermione.
Draco haussa les épaules, comme si cela l'indifférait.
-Hum... quand tu parles d'aller chez toi... marmonna difficilement Hermione.
-L'elfe de maison viendra vous chercher chez vous, dans quelques jours. En espérant que vous puissiez, bien sûr. J'enverrai une lettre pour les détails.
-Bof, tu sais ce que c'est, à la maison, répliqua Blaise. À choisir, j'aurais préféré rester au château. Tu peux donc compter sur moi, Draco. Comme d'habitude.
Ce dernier hocha la tête puis regarda la jeune Hermione. La sorcière blêmit légèrement, se mordant les lèvres et se cachant derrière ses cheveux.
-Hum... J'en serais ravi mais... seulement après le vingt-cinq au soir. Noël reste très important et doit rester familial.
-Parfait. Blaise et moi t'attendrons donc au vingt-cinq au soir.
Suite à ça, le silence retomba dans la cabine. Et le trajet continua dans un calme palpable. Blaise jetait des coups d'œils vers elle en permanence. C'était perturbant et gênant.
Quelques heures plus tard, le train arriva enfin en gare, et Draco se leva sans qu'Hermione ait eu le temps de lui dire au revoir. Il partit en les saluant brièvement de la tête, comme à son habitude.
-Il est toujours comme ça ? Demanda la jeune sorcière en se penchant vers Blaise. Aussi... froid.
-Ne te fit pas aux apparences, princesse. Draco adore imiter son père, c'est tout. Mais il ne lui ressemble en rien. Intérieurement, je suis sûr qu'il est content. Il déteste montrer ses émotions, c'est tout. Vous vous entendez plutôt bien, tous les deux, non ? Il se détend, pas vrai ?
-C'est vrai... mais pour quelques minutes. Ensuite, il y a comme un éclair dans ses yeux. Comme si... il n'avait pas le droit de sourire ou de rire. C'est triste, dit-elle en descendant du train.
Hermione regardait Blaise partir, mais son attention était orientée vers Draco, en train de saluer son père. Ces deux-là semblaient si éloignés l'un de l'autre qu'on aurait dit deux étrangers se saluant. Cela lui donna froid dans le dos. Le père regardait à peine son fils, comme si venir le chercher à la gare l'ennuyait au plus haut point.
Quelle tristesse.
Les sangs purs étaient-ils tous ainsi ? La jeune sorcière en avait les larmes aux yeux.
...
Quatre jours que la jeune Hermione était de retour dans le monde où elle avait grandit avant Poudlard, chez ses parents, tous deux moldus.
Et contrairement à ce qu'on pouvait croire, ses parents, d'abord fort enthousiaste à l'idée que leur unique fille soit une sorcière, devenaient peu à peu névrosé à l'idée qu'elle soit à Serpentard.
Après tout, avec ce qu'elle leur avait racontée dans « L'histoire de Poudlard », on ne pouvait décemment pas leur en vouloir.
Ainsi, la veille de Noël, Hermione du aborder un sujet épineux.
-... et aussi les grandes tables dans la salle de banquet ! Oh maman, si tu voyais ça ! C'était... c'était immense, incroyable, comme... eh bien, comme la salle à Harvard, tu vois. Mais en mille fois mieux ! Magique, quoi !
La mère d'Hermione riait face à l'exubérance de sa fille, en train de gesticuler dans tous les sens sur sa chaise. Hermione narrait sa description de l'école en faisant de grands gestes, manquant de faire tomber la bouteille de vin.
-Chérie, doucement. Et respire.
-OK, OK, mais deux secondes, j'ai pas fini. Il y a aussi la salle commune et...
-Oh, mon amour ! S'écria sa mère en regardant son mari et l'agrippant par le bras. Minuit va sonner. Vite, vite, va installer les cadeaux sous le sapin...
Hermione soupira gentiment et comprit qu'elle devait changer de sujet. Elle parlait un peu trop, même pour ses parents.
-Je change complètement de sujet mais... il est possible que...
La sorcière jouait nerveusement avec sa glace, la regardant fondre dans son assiette rouge pailletée.
-... qu'un elfe de maison apparaisse à la maison, demain soir.
Son père, debout près de la table, regarda sa fille avec des yeux ronds.
-Un elfe... de maison ? Qu'est-ce que c'est ?
-Heu... pour être honnête, je n'ai pas fait de recherche dessus. Mais les elfes ne doivent pas être bien différents de nos contes, pas vrai ?
-Oh, chérie ! Rêvassa sa mère en joignant les mains. Imagine la personnification de Puck ou du roi des aulnes, ici, dans notre salon. Ce serait merveilleux !
La jeune Hermione leva les yeux au ciel face aux idées romantiques de sa mère.
-Bref... si un elfe vient, c'est pour m'emmener chez Draco. J'ai été invitée pour quelques jours dans son... manoir.
Ses parents froncèrent tous deux les sourcils, soudain soucieux.
-Mais ma chérie... on ne connaît pas ces gens. C'est peut-être dangereux !
-Maman, tu sais très bien qui sont Draco et Blaise !
-Pas tant que je ne les auraient pas vu en face de moi, rétorqua son père.
-Mais papa ! Il ne s'agit pas de ça. Et puis, ce sont de vrais sorciers, alors... les faire venir ici... c'est impossible.
Sa mère fronça les sourcils en bousculant son mari. Ce dernier demanda ce qu'il avait fait de mal.
-De vrais sorciers ? Demanda sa mère.
-Oh, vous savez... qui ont des parents... sorciers.
-Tu as honte de nous ?
-Papa !
-Chérie, enfin ! Écoute ta fille !
-Tu nous disais que tout était parfait, dans cette école, insista son père en croisant les bras.
-Et c'est le cas ! Assura la jeune sorcière. Seulement, c'est un univers différent du nôtre. Les règles sont différentes. Voit ça comme une différence sociale.
-Ou de la discrimination.
-Papa !
Son père leva les mains en signe de résignation, soupirant. Hermione regarda sa mère en faisant les gros yeux.
-Vous savez quoi ? Laissez tomber. J'enverrai une lettre demain matin pour...
-Non... tu... tu peux y aller, ma chérie, dit sa mère. Mais seulement si tu nous appelles pour dire que tout va bien.
Sa mère était toujours présente pour protéger sa fille. Mais son père, bien trop suspicieux et protecteur, la regardait en pinçant les lèvres.
Heureusement qu'Hermione n'avait pas tout révélée à ses parents ! Ils auraient déjà fait plusieurs crises cardiaques s'ils savaient tout.
-Heu... je vous enverrais une lettre, oui. Je ne suis pas sûr qu'un réseau existe, chez eux.
Son père reposa brusquement ses couverts. Sa mère posa une main sur l'épaule de son époux.
-Noël, c'est l'esprit de famille ! Rouspéta son père. Tu n'as pas encore l'âge de déserter comme ça un moment si important ! Tu n'as que douze ans, enfin ! Chérie, pourquoi l'autoriser à partir ?
Son épouse soupira fortement.
-Mais papa ! Cria la sorcière. Je fais partie de leur monde, désormais. Je dois m'intégrer ! Rester ici, c'est... je veux y aller. J'en ai envie. S'il te plaît. Je promets de donner des nouvelles.
Son père soupira en se massant le front. De longues minutes s'écoulèrent alors que sa mère venait déposer un paquet cadeau dans l'assiette de sa fille.
-Ma chérie, tu pourras aller voir tes amis. En attendant, c'est Noël, alors cessons cette discussion immédiatement.
Hermione sourit à sa mère avant de s'emparer du paquet, sous le regard de son père, résigné.
-Les femmes ont toujours le dernier mot, dans cette famille ! Soupira-t-il faussement en souriant. Je ne dis plus rien. Ouvrez vos cadeaux. Et toi, gamine, ton portable restera sur toi, réseau ou non !
...
Hermione savait que l'elfe de la famille Malfoy n'allait pas tarder à arriver. Aussi, la jeune sorcière tournait en rond dans sa chambre, se tordant nerveusement les mains, sa valise posée sur le lit.
Pour ce vingt-cinq décembre, elle avait revêtu une petite robe bleu marine, au col à strass. Elle avait discipliné ses cheveux châtains en jolies boucles, mit une barrette dans les cheveux, déposé de la poudre scintillante sur sa peau et mit du parfum.
Le Noël sorcier, elle ne savait pas commun il était. Mais si les traditions n'étaient pas différentes, il fallait alors s'habiller d'une manière festive, brillante mais aussi élégante. Hermione Granger était élégante et scintillante. Une apparence parfaite pour une jeune fille de douze ans... moldu.
Elle poussa un gros soupir en venant s'effondrer sur son lit. Elle ne savait vraiment pas comment s'habiller ! Ni même se comporter !
Chez des sangs purs, les codes étaient-ils différents d'ici ? Pouvait-elle porter une robe arrivant au-dessus du genou sans que cela choque ? Ou devait-elle porter une robe de sorcière ? Devait-elle emmener des chocolats pour le père et des fleurs pour la mère ?
Hermione stressait beaucoup. Le moindre faux pas pourrait être grave. En même temps, il était maintenant trop tard pour reculer. Elle avait promis à Draco qu'elle viendrait. Et de toute manière, elle voulait y aller. Seulement... elle ne voulait pas qu'il sache ce qu'elle était. Or, l'elfe venait la chercher. Chez elle. Chez des moldus ! Comment ne pas frôler la catastrophe, du coup ?!
Soudain, alors qu'elle s'était enfoui sous son oreiller mauve, un bruit la fit sursauter violemment, avant qu'elle ne se redresse d'un coup, la baguette à la main.
-Ne craignez rien, miss Granger ! S'écria alors une voix devant elle.
Rapidement, Hermione alluma sa chambre et découvrit avec effarement une drôle de créature, pas plus haute qu'un enfant de cinq ans, debout devant elle, habillé de haillons. Alors la sorcière cria.
-Non, non ! Cria à son tour la créature en s'avançant vers elle. Miss ne doit pas avoir peur de moi.
La jeune Hermione continua de crier en montant sur le lit, la baguette levée. Elle avait les yeux braqués sur cette chose étrange.
-Pitiez, dîtes-moi que je rêve ! Un troll est dans ma chambre !
-Miss Granger, tout va bien ! Je suis envoyé par Monsieur Malfoy. Et Dobby n'est pas un troll, miss.
Hermione se tut, fronçant les sourcils en le dévisageant.
-Un elfe devait venir, dit-elle en reculant encore, passant de l'autre coté du lit. Pas... ça.
-Je suis un elfe de maison, miss Granger. Je m'appelle Dobby, dit-il ensuite en faisant la révérence.
-Non, répondit la jeune sorcière. Les elfes sont grands, à l'allure angélique, beau, les oreilles pointues... vous...
La créature secoua la tête en soupirant, baissant ses grandes oreilles... pointues.
-Miss Granger confond les contes de fées et la réalité. Dobby s'excuse de vous avoir effrayé. Mais Dobby est bien un elfe, miss Granger. Un elfe de maison.
Hermione se figea, réalisant son erreur.
-Miss Granger n'était pas difficile à trouver. Dobby n'a pas détecté de protection. Et miss Granger habite au milieu des moldus. C'est plus facile pour moi de trouver l'amie de mon maître.
-Je...
-Dobby sent que miss n'est pas comme son maître. Dobby ne dira rien ? Il voit que vous êtes effrayée... Méchant Dobby ! Il ne voulait pas vous faire peur ! Il ne voulait pas. Méchant, méchant !
La sorcière assista alors, stupéfaite, à la flagellation d'une drôle de créature. Ledit Dobby commençait à se frapper la tête contre le mur. Hermione cria alors, lui disant d'arrêter.
-Vous m'avez fait peur, oui. Mais c'est pas votre faute ! Arrêter de faire ça, vous être fou !
La créature baissa la tête en revenant vers elle. La sorcière commença à baisser sa baguette.
-Donc... Dobby... vous êtes l'elfe charger de m'emmener chez Draco ?
-Oui, miss Granger. Dobby ne veut pas vous presser, mais le maître vous attend.
-Oh... désolée. Deux minutes.
Reprenant ses esprits, Hermione rassembla sa valise et le bouquet de fleurs avant de s'avancer prudemment vers l'elfe. Elle n'avait plus peur... plus vraiment.
-Que fait-on ?
-Dobby va vous faire transplanter, miss Granger. Vous ne devez pas avoir peur.
-Non, bien sûr. Heu... vous avez dit que... j'étais différente de votre maître. Comment ça ?
-Dobby sait que miss Granger a des parents moldus. Mais Dobby garde pour lui ce qu'il sait.
-Merci. C'est très important.
L'elfe prit alors la main de la jeune sorcière, et ils disparurent en un battement de cils. La mère d'Hermione venait à peine d'ouvrir la porte, qu'elle ne vit même pas sa fille unique partir, accompagnée d'une créature bien éloignée des croyances moldus.
Bonjour !
Heu... ouais, ça fait très longtemps, je sais. Très très très longtemps. Je sais ! Pardonnez-moi pour cette longue absence. Les études prennent tellement notre vie en otage qu'on n'a pas beaucoup de temps pour les loisirs. Et quand on en a ENFIN, bah... on n'a pas le courage.
Bref, je reviens enfin ! La motivation et les idées sont de retour, et bien que de gros examens se profilent à l'horizon, je tâcherais d'être présente.
Je remercie donc tous ceux qui resteront fidèles à l'histoire, malgré mon absence LONGUE. Et aux nouveaux, bienvenue !
Je partirais avec une note plus sombre: JE SUIS CHARLIE ! ON ME DIT DE ME TAIRE, EH BIEN JE CRIE !
J'ai participé à la marche de ma ville, et honnêtement, j'ai été impressionner par le monde dans mon centre-ville. Je ne vis pas dans une grande ville comme Paris ou Lyon, ni dans un village comme Vivonne... mais ma ville possède trente mille habitants, et je suis certaines que la moitié était présente. Alors dans ces moments où l'union fait la force, l'inspiration revient !
A bientôt et malgré tout, bonne année 2015 !
