CARPE DIEM

TOME I

PREMIERE ANNÉE


VI

Jeux d'enfants

Jeux de grands


Ce n'était pas prudent. Mais alors, pas prudent du tout ! Mais qu'est-ce qu'avait ce crétin de Potter dans la tête, enfin ! Il voulait la dénoncer et la mener à l'exécutoire, ou quoi ! Et pourquoi pas à Azkaban, pendant qu'on y était.

Hermione tournait en rond dans la chambre, fulminant après ce sorcier de malheur. Oui, de malheur ! Ce Gryffondor faisait tout de travers, comme d'habitude. Il se pensait intelligent ? Bah loupé. Elle venait de recevoir une lettre de sa part, avec son hibou blanc de malheur ! Niveau discrétion, ce crétin repassera. Il ne regardait donc jamais les films d'espionnage, chez lui ?!

La lettre était concise. Inutile, donc. Et monstrueusement dangereuse. Avec sa stupide signature !

«Granger,

Je sais que le directeur ne souhaite qu'une bonne entente entre nos deux maisons, pas d'alliance pour dévaster une énième pièce de Poudlard, mais rappelles-toi du troll dans les cachots, du chien à trois têtes au troisième étage et de l'objet volé à la banque Gringotts.

Je crois savoir ce qui se passe. Et ça commence par un R.

Potter»

Et c'est tout ! Une lettre au manoir Malfoy pour ça ! Elle allait vraiment le tuer, à son retour, mais vraiment le tuer ! Nom d'une chouette !

...

-C'est stupide. Je ne vois pas pourquoi j'y participerais.

-Non d'une chouette, Draco, tu vas venir ici tout de suite ou je... !

-Ou tu quoi ? Répliqua ce dernier en levant les yeux au ciel, faignant l'ennui.

-Ou je... je... je te lance le plus abominable des sortilèges !

-Qui est ? Ricana le blond en examinant minutieusement ses ongles.

-Ridiculam, cracha la jeune sorcière sous le rire de Blaise.

Draco cessa son sourire narquois et vint à elle en trois enjamber, se postant face à elle, le regard dur. Il ne souriait plus du tout, malgré l'air hilare de son ami.

-Essaye pour voir, Hermione, et moi, je te jetterais un oblitus qui te fera amèrement regretter.

Hermione rougit de colère, serrant les poings. Non mais vraiment, pour qui se prenait-il ? Elle n'avait pas le droit d'être fâché contre lui ? Il était le seul à pouvoir bouder ? Certainement pas.

-Tu n'oserais pas, souffla-t-elle.

-Pousse-moi à bout et tu verras, répliqua le jeune sorcier en plissant les yeux, une lueur amusée dans les yeux.

-Draco, dit-elle alors en changeant de tactique, battant des cils. Fait moi plaisir, tu veux bien ? Juste pour cette fois, promis. C'est notre dernier jour de vacance. Ne nous le gâche pas, je t'en supplie. Viens, aller !

Elle fit la moue, clignant des yeux pour chasser une fine larme factice. Elle savait que cette comédie marchait pour beaucoup, mais sur Draco... c'était bien plus compliqué.

-Allez, Draco.

Hermione fit les gros yeux, penchant la tête sur le côté. Elle décela alors un vague soupir de la part de son ami. Il se retenait, de toute évidence.

-De quoi a tu peur ?

-Je n'ai peur de rien ! S'écria-t-il en reculant, l'air outré. C'est juste que j'ai passé l'âge à jouer à ça.

-Ne nous la fait pas à l'envers, Draco, grogna Blaise en venant empoigner son meilleur ami par sa cape verte. Tu en meurs d'envie mais t'as la trouille, c'est tout !

-Jamais de la vie ! Un Malfoy n'a peur de rien !

-Prouve-nous le contraire, répondit Blaise en souriant. Allez, fais tes preuves.

Draco regarda ses amis tour à tour, furieux. Hermione sourit quand il se baissa pour s'asseoir dans la neige, daignant enfin mettre ses patins. La sorcière sautilla de joie, frappant dans ses mains.

-Je vous attends au centre, cria-t-elle en glissant déjà sur la glace, sous les regards écarquillés des garçons. On se dépêche, allez !

Hermione adorait le patin à glace. C'était son sport préférer et pour cause; à l'école primaire, alors que les petits découvraient la patinoire, Hermione avait senti la symbiose au premier contact avec la glace. Elle avait, comme toujours, épatée toute la classe par son talent naturel. Depuis ses six ans, elle pratiquait. Sorcière ou pas, elle savait que les non moldu connaissaient ce sport.

Par Merlin, heureusement !

En ce levant, ce matin, Hermione s'était poster devant l'une des fenêtres pour admirer la neige tombée. Et qu'elle surprise de découvrir un lac gelé, non loin de l'entrée du manoir, à l'orée de la forêt noire. Aussitôt, elle s'était empressée de rejoindre les garçons dans la chambre d'à côté, ouvrant la porte avec fracas.

-Des patins ! Cria-t-elle en sautant sur le lit de Draco. Draco, il nous faut des patins absolument ! Je sais ce qu'on va faire. Allez, debout !

Blaise, non loin, grommela dans son oreiller avant de se retourner contre le mur, laissant quelques orteils à l'air libre. Draco, lui, se redressa dans son lit, les cheveux hirsutes, les joues rouges et les yeux mi-clos.

Hermione rigola devant ce spectacle, le trouvant mignon. Bien plus mignon quand il faisait la moue que quand il imitait son père.

-Il n'est pas tôt, je le jure. J'ai patienté le plus possible. Mais là, faut vraiment y aller !

Elle était surexcitée. Totalement. Et Draco venait à peine de se réveiller.

-Par Salazar, je vais t'étriper, Hermione ! Fou le camp de mon lit ! Les filles n'ont pas le droit d'entrée dans ma chambre.

-Je ne suis pas contagieuse, comme vous semblez tous le croire. Vous êtes vraiment tous pareil. Allez Draco ! Lèves-toi ! Blaise, ne fait pas le sourd, je sais que tu entends ! Bouges-toi.

Ce dernier émit un long râle plaintif, cacher sous ses draps. Il criait presque pour la supplier de partir.

-Princesse, je t'adores, et tout le tralala, mais par Merlin, épargne-nous ce réveille. C'est de la torture, ta voix, dès le matin.

Blaise reçut à ces mots un lourd oreiller sur la tête.

-Très bien, dit-elle en se relevant. Puisque c'est comme ça, je vais m'amuser toute seule ! Je vais demander à ton père, pour les patins...

Draco ouvrit grand les yeux, soudain réveillé. Il se jeta du lit et vint se poster devant la porte. Hermione cria en reculant, faisant sursauter Blaise, qui passa la tête en dehors du drap, curieux.

-Tu veux ma mort, Hermione, ou quoi ?! On ne dérange jamais mon père ! Encore moins pour s'amuser ! Par Merlin, tu es folle.

Draco était plaqué contre la porte, les yeux fous. Il semblait vraiment terrifié... par son père ? Pourquoi ? Il lui avait paru gentil, au repas. Un peu trop curieux sur sa famille, peut-être, et dur auprès des elfes de maison, mais sinon... il n'était pas un monstre.

À voir la tête de Draco, c'était beaucoup plus compliqué que ça.

...

-Blaise, recommence une fois ce que tu viens de faire, et je t'enferme dans les cachots du manoir ! Hurla Draco en poursuivant son ami à travers le lac gelé, patinant avec maladresse.

Blaise glissa rapidement auprès de la jeune Hermione avant de se réfugier derrière elle, portant les cheveux de cette dernière à son visage dans le but de se protéger. Il la fit presque tomber en s'agrippant à ses épaules, ce qui lui valut un coup de coude dans l'estomac.

-Doucement, doucement ! Cria-t-elle en écartant les bras pour garder l'équilibre.

Draco se rapprocha dangereusement d'eux, les joues rougies par le froid et l'essoufflement.

-Hermione, je t'en prie, retiens-le ! Supplia Blaise en rigolant qu'à moitié. Reste où tu es, Malfoy ! J'ai pris la princesse en otage ! Renonce à ta vengeance et je l'épargnerais.

-Sérieusement ? Demanda Hermione en levant les yeux au ciel. Ta vraiment aucun courage, Blaise.

-Tu oses te cacher derrière une fille, Zabini ?! S'exclama Draco en arrivant enfin sur eux, glissant avec difficulté sur ces patins. Ma vengeance sera terrible !

Hermione secoua la tête face à ces deux idiots, qui utilisait son corps comme forteresse ou bouclier. Toutefois, ses yeux rieurs montraient sa complicité avec les garçons. Après tout, elle avait réussi à convaincre Draco de faire du patin et – Ô miracle – s'amuser avec Blaise et elle. Mission accomplie !

Une heure après, hélas, le jeu s'était transformé en duel magique, et depuis, Blaise se cachait derrière elle, craignant la – gentille – fureur du blond. Décidément, les garçons étaient tous pareil à cet âge-là, sorcier comme moldu !

-Ne fait pas l'idiot, Draco ! Cria Blaise. Tu risquerais de toucher la princesse.

Le jeune sorcier avait en effet levé sa baguette, la dirigeant tant bien que mal sur Blaise. Mais ce dernier, un peu lâche, continuait d'utiliser Hermione comme bouclier. Il finit par sortir à son tour sa baguette, passant un bras autour des épaules d'Hermione, la retenant prisonnière malgré elle. La baguette était dirigée sur sa gorge.

-Hé ! S'indigna-t-elle en tentant de se défaire. J'ai pas donné mon accord pour jouer la prisonnière ! Je sais me battre aussi, y a pas que les garçons ! Lâche-moi, Blaise !

-Non, non, il va me tuer, sinon ! Pépia le garçon en s'agrippant plus fort à elle. Joue le jeu jusqu'à ce qu'on rentre au manoir, là où il y a des témoins.

-N'importe quoi ! Protesta-t-elle. T'es qu'un idiot. Tu n'avais qu'à pas le provoquer.

-Tu entends la voix de la sagesse, Blaise, sourit narquoisement Draco en s'avançant lentement. Maintenant, relâche la princesse et accepte ton sort. Tu as osé me jeter un sortilège pendant que j'avais le dos tourné et tu as ensuite pris Hermione en otage. Ton sort est scellé. Le méchant perd toujours !

Hermione sourit face à la grosse voix de Draco. Il se prenait vraiment pour un chevalier en armure. C'était drôle. C'était la première fois qu'il agissait réellement comme un enfant de son âge. Comme un héros.

-Mais je suis pas le méchant ! Protesta Blaise en reculant, entraînant la jeune sorcière dans son sillage. Au contraire, je suis le grand sorcier venant secourir la princesse des mains du prince blanc.

-Du prince blanc ? Demandèrent Hermione et Draco en même temps, perdus.

-Ouais, avec tes cheveux, quoi. Faut suivre, Draco ! Ne sort pas du personnage.

-J'hallucine, marmonna la sorcière en roulant des yeux. OK, mais explique-moi, Blaise, pourquoi, si tu es le gentil, TU ME MENACE DE TA BAGUETTE ?!

Blaise commença à virer au rouge, balbutiant des excuses à peine audibles quand soudain, un doux rire les firent tous trois sursauter.

Se retournant, les trois enfants découvrirent avec gêne Narcissa Malfoy au bord du lac gelé, le sourire aux lèvres, un long manteau de fourrure sur le dos. Draco changea immédiatement d'habitude et effaça son sourire niais dans la seconde. Il se redressa dignement et regarda sa mère d'un air sombre, dénué de toute expression.

Ce fut la douche froide pour Hermione, qui baissa les épaules, soudain morose.

-Excusez-moi, les enfants, je ne voulais pas vous déranger dans... hum, votre jeu médiéval. Mais il se fait tard, vous devriez rentrer. Le dîner va être prêt.

-On voulait profiter de notre dernier jour de vacance, Narcissa, répondit poliment Blaise en revenant sur la terre ferme, suivit des deux autres enfants.

-Oui, oui, naturellement. Mais vous êtes proche de la forêt et je n'aime pas ça. Je m'inquiétais.

En la suivant dans le dédale de pierre menant au manoir, Hermione risqua un regard vers cette forêt, frissonnant à sa vue. Elle ne lui était jamais apparu effrayante jusqu'à ce que la mère de Draco l'évoque. Désormais, en l'examinant de plus prêt, on pouvait s'apercevoir qu'elle était bien plus étrange que les forêts moldu. Ce n'était pas visible à l'œil nu. Mais quelque chose était différent. Comme une présence dans la nuit.

...

Dobby était en train de servir le dessert quand Lucius Malfoy apparût enfin dans le séjour, faisant relever toutes les têtes. Sa cane en forme de serpent argenté à la main, il parcourut la table d'un air sombre, réajustant sa cape noire sur ces épaules.

-Veuillez excuser mon absence au dîner, dit-il sombrement en prenant place au bout de la table. Une affaire urgence au ministère. Mais tout est réglé. Plus de peur que de mal.

Les trois enfants mangeaient en silence, épuisés par leur journée passée dehors, dans le froid. Ils étaient tous trois pâles, les yeux rouges et le nez coulant. Mais le silence qui prônait à la table était assourdissant. Lucius fronça les sourcils, posant ses couverts brusquement. Son air sombre ne fut que plus palpable.

-J'ai cru comprendre que vous avez passé la journée entière sur ce lac, dit-il en lorgnant sur sa femme un regard noir. Draco, combien de fois t'ai-je dit que c'était dangereux ? Évidemment, tu n'as pas pensé à utiliser un sort pour renforcer la glace, je me trompe ?

Hermione vit Draco serrer sa cuillère avec force, faisant blanchir sa main. Toutefois, le garçon garda le silence, les yeux plongés dans son assiette. Sa mâchoire était contractée.

-Évidemment, soupira son père. Comme toujours, tu passes outre mes conseils. Jusqu'à ce qu'un jour, tes fautes engendrent un terrible accident !

Le ton était monté. Les enfants se ratatinèrent dans leur siège, ne pipant mot. Dobby s'enfuit en cuisine, vite imiter par les autres elfes, et Narcissa regarda son mari avec prudence.

Dans ce tableau sinistre, Hermione, assise au côté de Draco, faufila sa petite main sur les côtes de son ami, captant son regard. Draco fronça d'abord les sourcils, perplexe, avant d'étirer un petit sourire. Elle voulait le soutenir, mais le regard noir de son père la terrifiait un peu. Alors Draco posa sa cuillère et attrapa la main d'Hermione dans la sienne, sous la table.

-Et en plus de cela, j'avais du travail ! Continua son père sans se rendre compte que son fils ne l'écoutait plus. Imagine la réaction de mes confrères, à l'entente de rire d'enfants. Des rires ! Dans mon manoir ! Mon fils ! Moi qui me vantait d'avoir un héritier calme et sérieux, persévérant dans le travail... on entend ensuite des enfants jouer !

-Lucius, s'il te plaît ! s'agaça alors Narcissa, coupant court à la colère de son mari. Ce ne sont que des enfants, et c'est moi qui leur ai donné des patins. C'était leur dernier jour. Alors, par pitié, arrête un peu d'élever la voix et laisse ton fils tranquille ! Il n'a rien fait de mal, il travaille dur à l'école et c'est la première fois qu'il s'amusait autant avec ses amis. Alors au lieu de cracher du venin, regarde vraiment ton fils, pour une fois, et vois comme il a besoin d'être un enfant. Un enfant qui s'amuse, pas qui se prépare à être je-ne-sais-quoi.

Lucius reprit ses couvert sans lâcher des yeux sa femme, faignant l'indifférence.

-Très bien. Après tout, ma chère, tu as raison... c'était leur dernière journée pour... s'amuser.

Les enfants plongèrent simultanément dans leur assiette, inquiets par le ton employé. Lucius les observait, ricanant.

...

Dans la chambre d'Hermione, Blaise et Draco avaient installé des couvertures un peu partout par terre, avec des tas d'oreillers. Comme un immense nid, les garçons préparaient une sorte de cabane pendant qu'Hermione amenait, par la discrète attention de Dobby, des bonbons de toutes sortes. Ils avaient décidé de finir leur jeu, et pour cela, il leur fallait une immense cabane, jonchée de bonbons, de gâteaux et d'oreillers.

-J'espère que tu n'auras pas d'ennui, Dobby, souffla la sorcière en souriant à l'elfe de maison.

-Dobby sert le jeune Malfoy, dit-il. Et c'est avec grand plaisir si les amis de mon maître me demandent.

-Tu es gentil. Je pars demain, mais j'espère qu'on se reverra.

-Sans aucun doute, miss Granger.

En refermant la porte, Hermione sentit soudain des mains l'agripper par les bras et la retourner lentement. Blaise souriait de toutes ses dents, montrant le résultat de son dur travail.

-Sans magie, je tiens à le dire !

Hermione ricana.

La cabane était... digne d'un enfant moldu. Des tas de couvertures accrocher un peu partout recouvraient presque l'intégralité de la chambre, faisant disparaître lits, meubles, valises et... Draco. Ce dernier était caché dessous, mais arrivait à passer la tête entre deux tissus.

-Hé ! Ça fait une fenêtre pour le toit, s'écria Blaise en plongeant dans les couvertures.

Il disparut, laissant Hermione au bord de l'entrée, perplexe.

Plus petite, elle avait fait ça aussi, en retenant les couvertures par des livres posé sur le bout de la commode, ou entre deux lits, créant une sorte de grotte aussi grande que la chambre. Aujourd'hui, c'était le même jeu, mais avec ses amis sorciers.

-Hermiiiiiione ! Siffla Blaise en imitant un fantôme. N'ai pas peur et entre.

-Mes pauvres amis, je vous aie perdu, soupira la jeune sorcière en les rejoignant sous les toiles. Hé, mais il fait trop sombre ! Je ne vois rien.

-C'est ça qui est trop cool ! Chuchota Blaise quelque part.

-Moi, j'aurai fait mieux, quand même, marmonna Draco dans sa barbe. Au moins faire tenir tout ça grâce à un sort.

-Pardon, tu peux répéter, je comprends pas tout, mon prince blanc.

-Tu comprends parfaitement ! Gronda Draco, dans le noir. Et arrête avec ce sobriquet !

-Qui a sa baguette sur lui ? Demanda Hermione, se cognant alors contre quelqu'un. Draco à raison.

-Pas moi, grogna Blaise.

-Draco, toi, tu l'as ?

-Hum.

-Par Merlin, arrête de bouder et sort ta baguette ! cria Blaise. On a compris, c'est mieux avec les sorts, alors bouges-toi !

-Hum.

-Gamin !

-Nom d'une chouette ! Vous êtes deux idiots. Passez-moi la baguette ou je vais chercher la mienne.

-C'est bon, je m'en occupe, soupira Draco.

Soudain, une lueur blanche éclaira l'immense grotte des enfants et Hermione hoqueta en découvrant la cabane de l'intérieur.

-Mon Dieu, c'est stupéfiant ! Souffla-t-elle en se relevant, la bouche grande ouverte, les yeux pétillants.

Draco l'observa à la dérober, perplexe. Pourquoi faisait-elle cette tête ? En regardant dans tous les sens, Draco ne comprit rien à la réaction de la sorcière. Qu'est-ce qu'il y avait ?

-J'adore la magie, murmura-t-elle si bas que Draco ne fut pas sûr de l'avoir entendu.

Oui, bon, pendant que Blaise était aller chercher Hermione, Draco avait trafiqué son immonde cabane avec un sortilège. Au moins, de l'intérieur, ça ressemblait à quelque chose.

-C'est plus grand que la chambre, non ? S'étonna-t-elle en tournant sur elle-même.

-C'est le principe de ce sort, marmonna Draco en roulant des yeux. Maintenant rassieds-toi, tu me donnes le tournis.

-Bon, on fait quoi, maintenant ? Demanda Blaise en se jetant dans un grand coussin, disparaissant presque à l'intérieur. Duel de sortilège, bonbon piégé, histoire qui fait peur...

-Les histoires, sourit machiavéliquement Draco.

Hermione frissonna, allant s'emmitoufler dans une couverture rose.

-On va pas dormir de la nuit, gémit-elle en grimaçant. Non, pas ça.

-Les filles m'énervent, souffla Blaise, affalé dans son coussin, la tête en bas. Vous n'êtes pas drôles.

-Si, mais pas avec ça. Il y a d'autre moyen pour s'amuser.

-Comme quoi ?

-Bah le ciném... heu... le... heu...

Draco pencha la tête sur le côté, imité par son ami. Hermione bafouillait des choses incompréhensibles en rougissant violemment. Ils ne comprenaient pas ce qui se passait.

-Par la barbe de Merlin, vous m'énervez, tous les deux ! S'écria-t-elle alors brusquement, les faisant sursauter. J'ai dit pas d'histoire qui fait peur, point ! Manger donc vos sucreries.

Draco regarda Blaise en fronçant les sourcils, complètement perdu. Les garçons se tournèrent ensuite vers la jeune fille, qui, dans son envie de faire la tête, s'était enfoui sous des couvertures.

-Bataille explosive ? Demanda alors Blaise en ignorant Hermione.

-Prépares-toi à perdre, sourit Draco en arquant un sourcil.

...

La nuit ne s'était pas exactement déroulée comme prévue, mais Hermione espérait que les garçons ne repenseraient plus à ça. Elle avait quand même failli parler du cinéma, en se rattrapant à temps. Quelle idiote ! Pourquoi diable une sang-pur parlerait de ça, pour se divertir ? Et cette expression «Oh mon Dieu»... ! Elle avait vite intérêt à se plier à l'argot sorcier, sinon elle était fichue. Heureusement que Blaise et Draco s'étaient vite désintéressé de ses bafouillages.

Après ça, elle avait préféré se réfugier sous les couettes plutôt que devoir inventer une diversion. Et pourquoi pas parler des DVD, d'internet, de facebook, ou encore de la console WII, pendant qu'elle y était ! Idiote ! Bien sûr, la soirée se serait déroulée sous les rires et les imitations maladroites de Just Dance dans le salon familial... sauf qu'ici, elle était chez Draco, et donc elle pouvait oublier les films et le pop corn.

Faire des duels, des jeux de cartes explosives... voilà ce qu'avaient fait les garçons pendant qu'elle se cachait, rouge de colère contre ses bêtises. Des jeux sorciers, bien loin de son monde à elle. De son monde humain, où les enfants vont à l'école pour ensuite devenir avocat, médecin, coiffeur, vendeur, serveur, ou même soldat et blablabla. Pas des espèces de sorciers se préparant au pire à cause de la magie noire.

Certes, tout n'est pas rose dans son monde non plus, mais si des hommes sont déjà dangereux, alors des hommes avec des baguettes, qu'est-ce que ça donnait ?!

Mais dans quoi s'est-elle embarquée ?


Avec une semaine d'avance, voilà le sixième chapitre ^^

Je tiens à vous dire que vos commentaires à chaque fois me font très très plaisir. J'ai la surprise de découvrir des lecteurs présents depuis le début, donc voilà, merci déjà à ceux-là, qui se montrent enfin ! Bande de petit cachottier. Ensuite, il y a les nouveaux, toujours très enthousiastes. Bref, un vrai bonheur. Merci pour vos avis, et surtout, votre effort à expliciter. J'ADORE ! Et les fidèles, que j'oublie pas. ^^

Pour les petites questions:

de draymione malefoy: Alors, tu veux une histoire entre Blaise et Hermione. Honnêtement, je ne sais pas encore. J'y réfléchis. Pour le moment, ils ont entre douze et treize ans, donc on s'en tiens à l'amitié naissante. Mais qui sait ?

de : Tu n'aimes pas l'histoire de l'ancêtre de Draco... moi non plus ^^ Je voulais justement quelque chose de tragique et suffisamment horrible pour justifier la haine des non sangs-purs. Et qui se rapproche un peu d'Hermione et Draco. Maintenant, effectivement, on ne doit pas faire une généralité. Et ça sera à Hermione de le faire comprendre aux Malfoy.

La suite reprendra les scènes du film après Noël. Pas mal de passage entre Harry et Hermione aussi. Mais une chose: Draco ne découvrira pas le secret d'Hermione avant un bon moment. Blaise, par contre... Surprise !

A bientôt !